Les conciles et les papes

Les conciles et les papes

 

IX, 28

 

2124

 

Voile Symacle port Massiliolique,

Dans Venise port marcher aux Pannons :

Partir du goulfre & sinus Ilirique,

Vast à Socille, Ligurs coups de canons.

 

"Ligurs coup ce canons"

 

Si l'invention de la poudre, ou plut√īt son premier emploi √† la guerre, produisit une grande r√©volution dans l'architecture militaire, l'influence de ce puissant agent militaire se fit surtout sentir d'une mani√®re d√©cisive sur la forme de la fortification. Quand, o√Ļ et par qui furent invent√©es les premi√®res bouches √† feu, et √† quel si√©ge commen√ßa-t-on √† les employer pour la d√©fense ou pour l'attaque ? Jusqu'√† pr√©sent ces questions n'ont pas √©t√© √©claircies d'une mani√®re satisfaisante. D'apr√®s quelques-uns, ce fut un dominicain allemand, Albert de Bollstadt, qui inventa dans le Xe si√®cle les tubes √† feu et les canons portatifs; d'apr√®s d'autres, cette invention n'eut lieu qu'au milieu du XIVe si√®cle par le c√©l√®bre Berthold Schwarz, auquel on attribua longtemps, mais √† tort, l'invention de la poudre. Hoyer, dans son Histoire de l'art de la guerre, √©met la conjecture que les Arabes, qui poss√©daient presque exclusivement au moyen √Ęge les arts et les sciences, pourraient bien aussi √™tre les v√©ritables inventeurs des bouches √† feu, conjecture en faveur de laquelle d√©posent enti√®rement de nombreux t√©moignages historiques. On peut admettre avec assez de certitude qu'en 1342, au si√©ge d'Alg√©siras, les Maures tir√®rent efficacement avec des bouches √† feu sur les Espagnols assi√©geants. Au combat de Cr√©cy (1346) les Anglais avaient d√©j√† des canons. Quoi qu'il en soit, on peut admettre avec certitude que l'invention et l'emploi des bouches √† feu furent g√©n√©ralement r√©pandus en Europe dans la seconde moiti√© du XIVe si√®cle, car d√©j√†, en 1372, les Ausbourgeois tir√®rent avec 20 canons de m√©tal sur l'arm√©e du duc Jean de Bavi√®re, qui assi√©geait leur ville, et dans la guerre qui eut lieu entre G√™nes et Venise, pour la possession de Chioggia, les bouches √† feu furent d√©j√† employ√©es en grand nombre. Si l'invention de la poudre, ou plut√īt son premier emploi √† la guerre, produisit une grande r√©volution dans l'architecture militaire, l'influence de ce puissant agent militaire se fit surtout sentir d'une mani√®re d√©cisive sur la forme de la fortification. Quand, o√Ļ et par qui furent invent√©es les premi√®res bouches √† feu, et √† quel si√©ge commen√ßa-t-on √† les employer pour la d√©fense ou pour l'attaque ? Jusqu'√† pr√©sent ces questions n'ont pas √©t√© √©claircies d'une mani√®re satisfaisante. D'apr√®s quelques-uns, ce fut un dominicain allemand, Albert de Bollstadt, qui inventa dans le x si√®cle les tubes √† feu et les canons portatifs; d'apr√®s d'autres, cette invention n'eut lieu qu'au milieu du XIVe si√®cle par le c√©l√®bre Berthold Schwarz, auquel on attribua longtemps, mais √† tort, l'invention de la poudre. Hoyer, dans son Histoire de l'art de la guerre, √©met la conjecture que les Arabes, qui poss√©daient presque exclusivement au moyen √Ęge les arts et les sciences, pourraient bien aussi √™tre les v√©ritables inventeurs des bouches √† feu, conjecture en faveur de laquelle d√©posent enti√®rement de nombreux t√©moignages historiques. On peut admettre avec assez de certitude qu'en 1342, au si√©ge d'Alg√©siras, les Maures tir√®rent efficacement avec des bouches √† feu sur les Espagnols assi√©geants. Au combat de Cr√©cy (1346) les Anglais avaient d√©j√† des canons (1). Quoi qu'il en soit, on peut admettre avec certitude que l'invention et l'emploi des bouches √† feu furent g√©n√©ralement r√©pandus en Europe dans la seconde moiti√© du xiv¬į si√®cle, car d√©j√†, en 1372, les Ausbourgeois tir√®rent avec 20 canons de m√©tal sur l'arm√©e du duc Jean de Bavi√®re, qui assi√©geait leur ville, et dans la guerre qui eut lieu entre G√™nes et Venise, pour la possession de Chioggia, les bouches √† feu furent d√©j√† employ√©es en grand nombre.

 

Chioggia, situ√© √† 24 kilom√®tres au sud de Venise, fut √† la fin du XIVe si√®cle (de 1376 √† 1382) le th√©√Ętre de nombreux combats entre Venise et G√™nes. En 1380, Venise y gagna la bataille navale qui lui donna l'empire de la mer sur les G√©nois (A. von Zastrow, Histoire de la fortification permanente ou manuel des meilleurs syst√®mes et mani√®res de fortification, traduit par Edouard de La Barre Duparcq, Tome 1, 1866 - www.google.fr/books/edition).

 

Le Grand Schisme et Marseille

 

L'utilisation des canons à Chioggia permet de donner une date événementielle éventuelle au quatrain.

 

Le Grand Schisme commence en 1378, avec la double √©lection pontificale d'Urbain VI en avril 1378 et de Cl√©ment VII fin octobre de la m√™me ann√©e. Les pr√©tendants rivaux √† la succession de Jeanne optant pour Urbain VI, la reine adopte le 29 juin 1380 le fran√ßais Louis d'Anjou, partisan comme elle de Cl√©ment VII, comme seul successeur l√©gitime. Alors que la nouvelle de l'adoption comme h√©ritier de Louis d'Anjou par Jeanne rencontre l'hostilit√© des Proven√ßaux, qui en conservent un souvenir √† la fois funeste et r√©cent comme lieutenant du Languedoc, Marseille fait le choix de soutenir le prince fran√ßais Louis d'Anjou, partisant de Cl√©ment VII d√®s la captivit√© de la reine, contre Charles de Durazzo, soutenu de son c√īt√© par Urbain VI.

 

D√®s avril 1382, Marseille se retrouve isol√©e face √† la ligue de l'√©crasante majorit√© des communaut√©s proven√ßales, qui se constituent en une ¬ęUnion d'Aix¬Ľ autour des assembl√©es d'√©tats. Une guerre s'engage et se prolonge malgr√© la nouvelle qui se r√©pand de la mort de la reine Jeanne ‚Äď d√®s la fin de l'ann√©e 1382 ‚Äď, puis de celle de Louis d'Anjou au cours de son entreprise de reconqu√™te du royaume de Naples. Le conseil de Marseille, ne variant plus dans son choix de la seconde dynastie angevine, soutient ensuite le jeune Louis II et la r√©gence de sa m√®re Marie de Blois. Ceux-ci ne parviennent √† prendre pied en Provence qu'√† partir de leur entr√©e royale √† Marseille √† l'√©t√© 1385, point de d√©part d'une reconqu√™te du comt√©, essentiellement par ralliements n√©goci√©s successifs. Le conflit ne s'ach√®ve qu'en septembre-octobre 1387 par l'adoption de chapitres de paix entre Aix et les souverains angevins et l'entr√©e solennelle de ces derniers dans la capitale comtale (Fran√ßois Otchakovsky-Laurens, La vie politique √† Marseille sous la domination angevine (1348-1385), 2022 - www.google.fr/books/edition).

 

"Socille" : Sicile

 

La r√©volte des V√®pres siciliennes (1282) priva de l'√ģle de Sicile et provoqua la formation de deux royaumes de Sicile, l'un insulaire, l'autre p√©ninsulaire (Petit Larousse illustr√©, 2007 - www.google.fr/books/edition).

 

D√®s novembre 1380, Charles Durazzo prend les armes contre Jeanne; il est investi du tr√īne de Sicile et couronn√© par Urbain VI en juin 1381, prend Naples le 16 juillet, et la reine Jeanne se rend le 26 ao√Ľt 1381, apr√®s le si√®ge des forteresses o√Ļ elle √©tait retranch√©e (Fran√ßois Otchakovsky-Laurens, La vie politique √† Marseille sous la domination angevine (1348-1385), 2022 - www.google.fr/books/edition).

 

Après l'avoir retenue prisonnière quelques mois, Charles fit mettre à mort la reine Jeanne en juillet 1382 (Georges Castellan, Histoire de Vence et du pays vençois, 1991 - www.google.fr/books/edition).

 

"Vast" ?

 

D√®s le r√®gne de Marie de Blois et de Louis II, la chancellerie s'√©tait trouv√©e confi√©e √† des pr√©lats, avec Jean Le F√®vre (‚Ć 1390), b√©n√©dictin, abb√© de Saint-Vaast et √©v√™que de Chartres en 1380, docteur dans les deux droits et conseiller, qui a d'abord gravit√© dans l'entourage de Charles V avant de s'attacher √† Louis Ier d'Anjou puis au service de sa veuve la reine Marie de Blois apr√®s 1384. Il dirigea la Chancellerie ducale depuis 1381 (Jean-Michel Matz, No√ęl-Yves Tonnerre, Ren√© d‚ÄôAnjou (1409-1480): Pouvoirs et gouvernement, 2019 - www.google.fr/books/edition).

 

Ou pour "dévaster".

 

"Pannons" : Hongrie

 

En 1378, une large coalition se mit en place contre Venise. Le principal acteur de celle-ci fut G√™nes, qui s'opposait obstin√©ment √† Venise pour assurer son commerce oriental (levantin). Elle parvint √† obtenir le soutien des princes autrichiens, de Padoue, du patriarche d'Aquil√©e et du roi Louis. Venise √©tait assist√©e par Milan et par Chypre. La guerre passa d'Italie en Dalmatie, o√Ļ Venise occupa en 1378 les villes adriatiques tenues par le roi de Hongrie. Mais en 1379 G√™nes eut le dessus et infligea √† Venise une d√©faite navale √† proximit√© de la p√©ninsule d'Istrie (P√°l Engel, Andr√°s Kubinyi, Gyula Krist√≥, Histoire de la Hongrie m√©di√©vale. Tome II: Des Angevins aux Habsbourgs, 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

"Symacle" : Symmaque, "Massiliolique" : Marseille

 

Le pape saint Anastase √©tant mort le 16 novembre 498, on √©lut pour son successeur le diacre Symmaque, fils de Fortunat et natif de Sardaigne, suivant certains manuscrits; de Rome, suivant, d'autres. Mais il y avait √† Rome un √©missaire de l'h√©r√©tique Anastase, empereur de Constantinople. Cet √©missaire √©tait le patrice Festus. Il avait promis √† l'h√©r√©tique empereur de faire en sorte que le Pape souscriv√ģt √† un √©dit imp√©rial en faveur de l'h√©r√©sie, celle d'Eutych√®s. Cet √©dit se nommait l'h√©notique ou l'√©dit d'union. Au moment donc que se faisait l'√©lection du pape Symmaque, Festus gagna par argent plusieurs personnes et fit √©lire en m√™me temps l'archipr√™tre Laurent. Les deux √©lus furent ordonn√©s le m√™me jour: Symmaque dans la basilique de Constantin; Laurent dans la basilique de Sainte-Marie. Ce schisme, ainsi import√© de Constantinople, occasionna comme une guerre civile √† Rome. Il fallut y apporter un prompt rem√®de : le plus l√©gitime et le seul canonique e√Ľt √©t√© un concile des √©v√™ques d'Italie; mais il e√Ľt demand√© plusieurs mois. On fut donc r√©duit √† s'accommoder √† la n√©cessit√© du temps, et l'on convint que Symmaque et Laurent iraient √† Ravenne subir le jugement du roi Th√©odoric, tout arien qu'il √©tait, mais qui avait pour oracle le sage et vertueux Cassiodore. Il d√©cida que celui-l√† demeurerait dans le Saint-Si√©ge, qui avait √©t√© ordonn√© le premier, ou qui avait pour lui le plus grand nombre. Il se trouva que c'√©tait Symmaque : ainsi il fut reconnu Pape l√©gitime, et tint le Saint-Si√©ge, plus de quinze ans (Ren√© Fran√ßois Rohrbacher, Vies des Saints, pour tous les jours de l'ann√©e √† l'usage du clerg√© et du peupl√© fid√®le, Tome 4, 1854 - www.google.fr/books/edition).

 

Grégoire XI avait laissé à Avignon six cardinaux seulement : Jean de Blandiac, surnommé le cardinal de Nimes, avec le titre de vicaire et recteur; Anglic Grimoard, dit le cardinal d'Albane; Gilles Aycelin de Montaigu; Gui de Chanac, dit le cardinal de Mende; Pierre de Monteruc, dit le cardinal de Pampelone, et Hugues de Saint Martial

 

Le 27 mars 1378 Gr√©goire XI mourait √† Rome; le 9 avril avait lieu l'√©lection tumultueuse d'Urbain VI, et le 20 septembre son concurrent Cl√©ment VII √©tait couronn√© pape √† Fondi. Cl√©ment s'√©toit retir√© de Fondi dans le ch√Ęteau de Spelongue proche de Gayette, d'o√Ļ il alla √† Naples avec ses cardinaux; mais il y fut mal re√ßu. Le 10 juin 1379 Cl√©ment VII d√©barquait √† Marseille; il √©tait rentr√© √† Avignon le 15 juin (P. Pansier, La livr√©e de Poitiers √† Avignon, Annales d'Avignon et du Comtat Venaissin, Volumes 3 √† 4, 1914 - www.google.fr/books/edition, Claude Fleury, Laurent Etienne Rondet, Histoire eccl√©siastique, Volume 14, 1777 - www.google.fr/books/edition, No√ęl Valois, Louis d'Anjou et le Grand Schisme d'Occident, Revue des questions historiques, Volume 50, 1892 - www.google.fr/books/edition, Philippe Genequand, Les recettes et les d√©penses de la caisse centrale de la papaut√© d‚ÄôAvignon sous Cl√©ment VII (1378-1394). In: M√©langes de l'√Čcole fran√ßaise de Rome. Moyen-Age, tome 114, n¬į1. 2002 - www.persee.fr).

 

Cf. pour le Gévaudan ("cardinal de Mende") les quatrains IX, 24 et IX, 25.

 

Entra√ģn√©e ou non par la parole enflamm√©e et x√©nophobe de Catherine de Sienne, l'opinion publique italienne √©tait acquise au pape de Rome. Les villes d'Italie centrale, Florence, P√©rouse, Pise, restent urbanistes, comme aussi l'Italie du Nord, Venise, ou le duc de Milan, qui ne seront pas pour autant des partisans inconditionnels du pape romain. C'est alors que germe dans le cerveau de Cl√©ment VII l'id√©e de cr√©er, sous le nom de royaume d'Adria, dans la partie septentrionale des Etats de l'Eglise, celle-l√† m√™me que la papaut√© dominait tr√®s mal ou pas du tout, un royaume vassal, sur le type du royaume de Naples et couvrant au nord la Toscane et le Latium pontificaux. Il le confiait √† Louis d'Anjou, fr√®re du roi de France et l'un de ses plus chauds partisans. La bulle d'√©rection de ce royaume marquait bien ce souci d'√©tablir un contrepoids efficace. Ces deux royaumes vassaux de Naples et d'Adria n'avaient le droit ni de se combattre, ni d'√™tre unis par h√©ritage dans la m√™me main. Cette bulle copiait enfin les dispositions majeures de la bulle cr√©ant le 28 juin 1265 le royaume de Naples, pris comme mod√®le. On ne manqua pas de reprocher tr√®s vivement √† Cl√©ment VII cette ali√©nation des terres de l'Eglise et il le reconnut plus tard comme une faute. En fait, n'oublions pas que les terres en question avaient √©chapp√© √† l'Eglise et que ce royaume devait √™tre tout d'abord conquis (Roger Charles Logoz, Clement VII (Robert de Geneve) sa chancellerie et le clerge romain, 1974 - www.google.fr/books/edition).

 

Une bulle donn√©e le 17 avril 1379, √† Sperlonga, dans le dioc√®se de Ga√®te, consacra le d√©membrement des √Čtats pontificaux, en attribuant aux territoires que recevrait le duc d'Anjou la d√©nomination singuli√®re et assez mal choisie de Royaume d'Adria (Paul Durrieu, Le royaume d'Adria: √©pisode se rattachant √† l'histoire de la politique fran√ßaise en Italie sous le r√®gne de Charles VI 1393-1394, 1880 - www.google.fr/books/edition).

 

Cf. le quatrain IX, 26 sur l'aliénation des biens ecclésiastiques.

 

D√®s 1379, Pierre Bohier, gallican avant la lettre, tire argument des exemples des papes Conon (686-687) et Serge Ier (687-701) pour d√©fendre la th√®se selon laquelle l'autorit√© de l'√©v√™que de Rome n'a qu'une extension locale. Dans le camp adverse, un √©v√™que anglais all√®gue en faveur d'Urbain VI le pr√©c√©dent du pape Symmaque (498-514), injustement spoli√© et tax√© d'h√©r√©sie par son concurrent le diacre Laurent. Mais c'est plus tard, au moment des d√©bats autour de la soustraction d'ob√©dience et des th√®ses conciliaristes, que les mod√®les du pass√© seront √©voqu√©es avec le plus de constance : pour n'en prendre qu'un exemple, mais celui d'un penseur de grande envergure, Dietrich von Nieheim, qui ne conteste pas la canonicit√© de l'√©lection d'Urbain VI, reconna√ģt pourtant que l'on est en droit de d√©poser un pape qui a forfait; ainsi Jean XII (955-964), perdu de crimes, et Beno√ģt V (964) furent-ils exil√©s par l'empereur Otton 1er, de m√™me que le simoniaque Gr√©goire VI par Henri III (Jean-Yves Tillette, Les le√ßons de l'Histoire : un document in√©dit sur le conclave mouvement√© de 1378, Milieux naturels, espaces sociaux, 2019 - www.google.fr/books/edition).

 

Acrostiche : VD PV

 

PV : provincia (ici Provence) (Adriano Cappelli, Dizionario di abbreviature latine ed italiane, 1899 - www.google.fr/books/edition).

 

VD : Vaud (abrtéviation peut-être un peu trop récente) (Dictionnaire des localités de la Suisse, 1895 - www.google.fr/books/edition).

 

Am√©d√©e se d√©clara pour Cl√©ment VII, son cousin, Robert de Gen√®ve √©tant l'arri√®re-petit-fils de son grand-p√®re, Am√©d√©e V. Am√©d√©e VI n'oubliait pas qu'il √©tait prince de l'empire, surtout lorsqu'il s'agissait de son int√©r√™t. Comme l'a tr√®s bien dit M. Valois, pous assurer le succ√®s de sa politique envahissante, le comte Vert avait coutume de s'appuyer sur l'empire plus encore que sur la France. A la v√©rit√© la politique de Charles IV √† son √©gard, comme √† celui des autres seigneurs du royaume d'Arles, ne laisse pas d'√™tre incoh√©rente; n√©anmoins le comte Vert ne n√©gligea aucune occasion pour revendiquer ou solliciler des faveurs et des privil√®ges, qui se trouv√®rent √™tre parfois, √† vrai dire, plus pompeux qu'efficaces. Souverain d'un fort petit √©tat, l'habile homme qu'√©tait le le comte de Savoie apparut √† ses contemporains tel qu'il voulait √™tre, un des grands princes de l'Europe centrale. Le pape, l'empereur et le roi de France comptaient avec lui, G√™nes et Venise le choisirent pour arbitre, et de tr√®s loin, le roi de Chypre et l'empereur de Constantinople vinrent l'implorer. L'oeuvre du comte Vert a √©t√© grande. Il acquit par guerres ou par trait√©s des provinces √©tendues, le Pays de Gex, en 1354, le Faucigny et de nombreuses villes, en 1355, le Pays de Vaud et le Valromey en 1359, des places importantes en Pi√©mont; il dirigea la politique de sa maison vers la M√©diterran√©e par la Ligurie et la Provence, assez avis√© pour comprendre que le roi de France avait mis une barri√®re infranchissable pour lui en Dauphin√© et avait ruin√© ses esp√©rances en Bourgogne. Le comte Vert assura √† son pays de pr√©cieuses alliances, des amiti√©s utiles et m√©nagea √† son successeur la possibilit√© de poursuivre la route, o√Ļ il s'√©tait si glorieusement engag√© (Jean Cordey, Les comtes de Savoie et les rois de France pendant la guerre de cent ans (1329-1391) 1911 - www.google.fr/books/edition).

 

Ayant embrass√© le parti du prince fran√ßais Louis d'Anjou et de Cl√©ment VII, le Comte Vert p√©n√©tra avec une arm√©e au fond de l'Italie, dans l'automne de 1382 (Antoine Jacquemoud, Le comte vert de Savoie : po√ęme h√©roique, 1844 - www.google.fr/books/edition).

 

Quelques auteurs ont dit qu'Amédée VI était mort de la peste. Nous pensons qu'il faut suivre ici Cibrario qui, d'après les comptes de Mermet Rouget et de Pierre Voisin, secrétaires du comte, a écrit qu'il était mort à Santo Stefano, au pays de Molise en Pouille. Nulle part, dit le même auteur, on n'indique de quelle maladie Amédée VI et plusieurs autres capitaines moururent dans l'expédition de Naples, et l'on ne parle pas de peste. C'est à Albenga qu'après avoir subi une tempête, vint toucher le petit navire qui portait le corps du comte Vert. On le débarqua ensuite à Savone d'ou, par Fossano, Rivoli, Suse et Chambéry, il fut transporté à Hautecombe et enseveli en grande pompe le 8 mai 1383. (CIBRARIO, Storia, III, p. 278 et 279.) (François Mugnier, Lettres aux Comtes de Savoie, Mémoires et documents, Volume 35, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, 1896 - www.google.fr/books/edition).

 

Typologie

 

Le report de 2124 sur la date pivot 1380 donne 636.

 

Athanase et Hilaire s‚Äôopposent au malheureux Lib√®re. Colomban accable Boniface IV, qui sera pourtant canonis√© ! Sophrone r√©siste √† Honorius l‚ÄôAnath√®me. Bruno le Chartreux reprend Pascal II. Thomas Becket refuse d‚Äôob√©ir √† ce grand l√Ęche d‚ÄôAlexandre III, vrai responsable de son cruel martyre. Ah ! non, les papes ne sont pas des dieux ! Bernard exhorte Eug√®ne III. L‚ÄôUniversit√© de Paris condamne l‚Äôh√©r√©sie de Jean XXII. Catherine de Sienne somme l‚Äôindolent Gr√©goire XI de rentrer √† Rome et morig√®ne durement cet Urbain VI qu‚Äôune folie sanguinaire transformait en b√™te f√©roce dans Rome terroris√©e (crc-resurrection.org).

 

En 681, le sixi√®me concile g√©n√©ral condamne le pape Honorius Ier (de 625 √† 638) comme h√©r√©tique monoth√©lite : L√©on II, qui pr√©side le concile, qualifie Honorius, son pr√©d√©cesseur, de tra√ģtre √† la doctrine de saint Pierre. Le septi√®me concile g√©n√©ral confirme l'anath√®me de L√©on II (Fran√ßois-Vincent Raspail, Almanach d√©mocratique et progressif de l'ami du peuple, 1850 - www.google.fr/books/edition).

 

Apr√®s que les papes eurent r√©sid√© 70 ans √† Avignon, le pape Gr√©goire XI retourna √† Rome, & mourut en 1378. Urbain VI, Italien de naissance, fut √©lu √† la place; mais les cardinaux Fran√ßois, dont la faction √©toit tr√®s-puissante, se plaignirent que l'√©lection n'avoit point √©t√© libre & s'√©tant retir√©s de Rome, √©lurent un Fran√ßois, qu'ils nomm√©rent Cl√©ment VII, & qui vint s'√©tablir √† Avignon. Le schisme dura environ quaratite ans; Urbain VI mourut en 1389, & Boniface IX lui succ√©da √† Rome. Cl√©ment VII mourut en 1394, & Pierre de Lune, autrement Beno√ģt XIII, lui succ√©da √† Avignon. A Rome il y eut encore Innocent VII en 1404, & Ange Conrario ou Gr√©goire XII en 1406. Toute la chr√©tient√© √©toit partag√©e entre ces deux ob√©diences; & le fait qui avoit donn√© occasion au schisme, √©toit tellement embrouill√© par les disputes, qu'il n'√©toit plus possible de reconno√ģtre quel √©toit le pape l√©gitime; & aucun d'eux ne vouloit renoncer √† ses pr√©tentions. Ainsi les personnages les plus, s√ßavans & les plus pieux ne trouv√©rent point d'autre voie pour finir le schisme, qu'un concile g√©n√©ral qui d√©pos√Ęt les deux pr√©tendus papes, & en f√ģt √©lire un autre. Ce fut l'universit√© de Paris qui travailla le plus √† cette grande oeuvre. On commen√ßa par la soustraction d'ob√©dience aux deux papes; puis les cardinaux des deux partis, au moins la pl√Ľpart, s'assembl√©rent √† Pise en 1409, avec grand nombre d'√©v√™ques & de docteurs. Le concile fit le proc√®s aux deux pr√©tendus papes, Gr√©goire & Beno√ģt, & on √©lut pour pape l√©gitime Alexandre V, qui mourut l'ann√©e suivante. Jean XXIII lui lucc√©da. Cependant Gr√©goire & Beno√ģt le disoient toujours papes dans leurs ob√©diences, quoique tr√®s-raccourcies. Pour achever d'√©teindre le schisme, Jean XXIII assembla en 1414 le concile de Constance, qui, dans la session quatri√©me, fit cette d√©claration : ¬ęLe concile universel, repr√©sentant toute l'√©glise militante, tient son pouvoir imm√©diatement de Jesus Christ; & toute personne, de quelqu'√©tat & dignit√© qu'elle soit, m√™me le pape, est tenu de lui ob√©ir en ce qui concerne la foi, l'extirpation du schisme, & la r√©formation g√©n√©rale de l'√©glise de Dieu dans le chef & dans les membres.¬Ľ Et dans la session cinqui√©me, le concile r√©it√©re le m√™me d√©cret, & ajo√Ľte : ¬ęQuiconque, de quelque condition, √©tat & dignit√©, m√™me papale, m√©prisera opini√Ętr√©ment d'ob√©ir aux mandemens & ordonnances de ce saint concile g√©n√©ral, sur les choses susdites, c'est-√†-dire, la foi, le schisme & la r√©formation, qu'il soit soumis √† p√©nitence & puni convenablement.¬Ľ Ainsi le concile de Constance a √©tabli la maxime de tout tems enseign√©e en France, que tout pape est soumis au jugement de tout concile universel, en ce qui regarde la toi, l'extinction d'un schisme & la r√©formation g√©n√©rale : ce concile r√©duisit en pratique la maxime. Jean XXIII, reconnu pour pape l√©gitime par le concile, & par la plus grande partie de l'√©glise, fut accus√© & convaincu de plusieurs crimes, jug√© & d√©pos√©. Il acquies√ßa √† 1a condamnation. En la place fut √©lu Martin V en 1417, dans le m√™me concile de Constance. Cependant Gr√©goire XII avoit v√©d√© les pr√©tentions, & s'√©toit foumis au concile. Beno√ģt XIII, pers√©v√©rant dans sa contumace, √©toit abandonn√© de tout le monde. Ainsi on peut compter d√®s.lors le schisme fini, quoique Beno√ģt ait v√©cu jusqu'en 1424, & que deux cardinaux qu'il avoit faits, lui eussent substitu√© un nomm√© Gilles Munios qu'ils nomm√©rent Cl√©ment VIII, dont l'ob√©dience √©toit r√©duite au ch√Ęteau de Panitcole en Arragon, & qui se soumit enfin √† Martin en 1429, onze ans apr√®s la fin du concile de Constance (Claude Fleury, Histoire eccl√©siastique: Depuis l'an 1561 jusqu'en 1563, Tome 22, 1781 - www.google.fr/books/edition).

 

En 502, le 6 novembre, il se tint un autre Concile √† Rome, dans la basilique de saint Pierre, o√Ļ le Pape Symmaque pr√©sida. Il s'y trouva quatre-vingts √©v√™ques, trente-sept pr√™tres et quatre diacres, dont l'un √©tait Hormisdas, qui fut depuis Pape. On y examina un statut fait sous le pontificat de saint Simplice, par Basile, pr√©fet du pr√©toire, qui repr√©sentait Odoacre, roi d'Italie. Ce statut portait que l'on n'√©l√®verait point d'√©v√™que de Rome, sans le consentement et la participation du roi d'Italie, qu'il serait d√©fendu sous peine d'anath√®me, aux √©v√™ques de Rome de rien ali√©ner des biens de l'Eglise, et qu'au cas qu'il fut fait quelqu'ali√©nation, elle serait de nulle valeur, que les meubles pr√©cieux et les ornements superflus des √©glises seraient vendus, et que le prix en serait distribu√© aux pauvres. Tout le Concile opina que ce statut ne m√©ritait aucun √©gard, la premi√®re partie qui requ√©rait le consentement du roi d'Italie pour l'√©lection du Pape, √©tant contraire aux canons, et la seconde concernant une mati√®re qu'il n'appartient point aux la√Įques de r√©gler. Mais le Pape Symmaque, voulant pourvoir √† l'avenir aux abus que ce statut avait pr√©tendu r√©former, ordonna qu'il ne serait permis √† aucun Pape d'ali√©ner √† perp√©tuit√©, ni d'√©changer les terres de l'Eglise romaine, ni de les donner en usufruit √† d'autres qu'aux clercs, aux captifs, aux indigents; mais que les maisons des villes, si l'entretien en √©tait trop co√Ľteux, pourraient √™tre laiss√©es √† bail portant rente; que les pr√™tres des titres de la ville de Rome seraient tenus √† la m√™me loi, de m√™me que tous les autres clercs, n'√©tant pas permis de dire que celui qui ne tient que le second rang dans l'Eglise, ne sera pas soumis √† une loi, √† laquelle le souverain Pontile s'est astreint lui-m√™me, par la charit√© de J√©sus- Christ. La peine port√©e contre ceux qui vendent, ou ali√®nent, ou donnent les biens de l'Eglise, est la d√©position; on frappe d'anath√®me ceux qui re√ßoivent la chose ali√©n√©e, de m√™me que ceux qui souscrivent au contrat d'ali√©nation ou de donation. Le Concile permet √† tout eccl√©siastique de revendiquer les choses ali√©n√©es avec les fruits. Mais il d√©clare que cette ordonnance n'est que pour le Saint-Si√®ge, laissant √† chaque √©v√™que, dans les provinces, de suivre selon sa conscience, la coutume de son Eglise (Paul Gu√©rin, Les conciles : g√©n√©raux et particuliers, Tome 1, 1868 - www.google.fr/books/edition).

 

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