Pélagie, Pelaya

Pélagie, Pelaya

 

IX, 78

 

2161

 

La dame Grecque de beauté laydique,

Heureuse faicte de procs innumerable,

Hors translatee au regne Hispanique,

Captive prinse mourir mort miserable.

 

Pour Prévost, la clé de la compréhension de l’ouvrage nostradamien réside dans le fait qu’il employait une licence littéraire – la teinte prophétique – pour évoquer l’histoire. Nous avons apprécié sa façon de montrer, dans les écrits de Nostradamus, le fonctionnement d’un système de références et d’allusions qui, mystérieux aujourd’hui, devait être plus clair pour ses contemporains. Pourtant, nous mettons en question la manière dont il lie le contenu de chaque strophe à un événement historique précis. La citation suivante, où Prévost commente le quatrain 9.78, est significative :

 

Le quatrain suivant nous amène loin dans le passé, au XIIIe siècle, et nous raconte les tribulations de la belle Hélène d’Épire, fille de Michel VIII l’Ange, empereur de Byzance. [...] Séparée de ses enfants, elle sera jetée en prison à Naples en terre espagnole où elle mourra cinq ans plus tard. On notera au passage le clin d’œil de Nostradamus sur «laydique» appliqué à une beauté célèbre et qui fait référence à la grande réputation des femmes originaires de Lydie, en Asie Mineure. (Prévost 1999, 83) (Anna Carlstedt, La poésie oraculaire de Nostradamus : langue, style et genre des Centuries, 2005 - www.diva-portal.org).

 

Courtisane

 

"procs" : du latin "procus", prétendant, amant (Gaffiot).

 

"laydique" : de Laïs, célèbre hétaïre grecque (Anatole Le Pelletier, Les oracles de Michel de Nostredame, astrologue, médecin et conseiller ordinaire des rois Henri II, François II et Charles IX: 2, Tome 2  1867 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Laïs de Corinthe).

 

Courtisanes grecques dans la littérature

 

Guzmán de Alfarache est un roman picaresque écrit par Mateo Alemán et publié en deux parties : la première à Madrid en 1599, avec le titre de Primera parte de Guzmán de Alfarache et la deuxième à Lisbonne en 1604, intitulée Segunda parte de la vida de Guzmán de Alfarache, atalaya de la vida humana. Le livre relate les pérégrinations d’un jeune pícaro et adopte le point de vue autobiographique du protagoniste une fois arrivé à l’âge mûr. L’œuvre contient en quantité équivalente récit des aventures picaresques et commentaires moralisants du narrateur adulte, qui avec du recul réprouve sa vie passée. Ainsi, le Guzmán de Alfarache est conçu, et ce dès le prologue, comme un sermon doctrinal adressé à une société pécheresse et fut reçu comme tel par ses contemporains. Il s’agit donc d’un hybride entre roman de divertissement et discours moral (fr.wikipedia.org - Guzman de Alfarache).

 

On trouve le récit d'anecdotes voisines de celle de Guzman d'Alfarache de Matheo Aleman dans les Hecatommithi de Gian Battista Giraldi Cinthio. La sixième nouvelle nous rapporte la més aventure d'une courtisane ; un jeune homme qui en est depuis longtemps amoureux n'a pas de quoi payer le prix de ses faveurs ; il la trompe en lui présentant une fausse monnaie. Plus proche du passage qui nous intéresse, est la deuxième nouvelle. Vico est séduit par une courtisane grecque. Pour arriver à ses fins sans bourse délier, il demande à un de ses amis, qui est l'amant de la belle, de lui laisser la place pour une nuit. Il se glisse dans le lit , toutes lumières éteintes , et lorsque la Grecque s'aperçoit qu'elle a été trompée il est trop tard. Pour la consoler, le protagoniste lui fait de belles une res promesses et la courtisane finit par accepter cette nouvelle liaison. […]

 

Les deux protagonistes prétendent avoir un besoin immédiat d'argent, qui les place théoriquement dans la position désavantageuse du demandeur prêt à faire des sacrifices : Vico accepte de perdre le tiers du prix de sa bague ; sur un gage évalué à six cent cinquante trois écus, Guzmán n'en emprunte que six cents.

 

Dans la façon dont se déroulent les faits, les personnages ont des rôles rigoureusement parallèles. Guzmán et son jeune parent, Vico et la courtisane grecque restent en tête à tête tandis que se déroule l'épreuve de vérification. Le tour accompli, les meneurs de jeu quittent la ville ; entre la dernière phase de la bourle et leur départ, un laps de temps très court, comme il va de soi. Deux autres similitudes sont à souligner : Vico, comme Guzmán, agit avant tout, par esprit vindicatif ; les bijoux sont évalués en outre à des sommes curieusement proches l'une de l'autre : six cents florins, la bague, six cent cinquante trois écus castillans, la chaîne. L'étude des variantes ne manque pas d'être révélatrice :

 

- il s'agit chez Giraldi Cinthio d'une bague, d'une chaîne chez Matheo Aleman.

- Vico vend la bague, Guzmán laisse la chaîne en gage d'une somme empruntée.

- l'épreuve de vérification : les deux valets, dans l'œuvre espagnole, vont consulter un seul orfèvre qui leur remet un un papier signé ; ce papier fait de lui un expert et un témoin.

 

Dans la nouvelle italienne, c'est la propre mère de la courtisane qui accompagne le valet de Vico ; on va voir plusieurs orfèvres ; il n’y a pas trace de leurs estimations respectives. A la réflexion, on constate avec intérêt que ces (Edmond Cros, Contribution à l'étude des sources de Guzmán de Alfarache, 1967 - books.google.fr).

 

Le recueil de nouvelles intitulé les Hecatommiti fut écrit par un écrivain ferrarais, surtout connu auparavant pour sa contribution à la restauration de la tragédie et pour son œuvre de théoricien de la littérature, dans la ligne aristotélicienne. En 1565, date de publication du volume, Giraldi Cinzio a quitté Ferrare pour le Piémont, il enseigne à l'université de Mondovi, protégé par le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, à qui il dédie la première partie du recueil. la seconde étant placée sous le patronage de son ancien seigneur, Alphonse II d'Este. C'est donc après la clôture du Concile de Trente, en pleine Contre-Réforme, que paraît une œuvre dont le prologue contient une évocation particulièrement atroce du sac de Rouie. De surcroît, elle est dédiée à un prince qui vient de remporter la bataille de Saint-Quentin à la tête des armées espagnoles, et une dédicace secondaire qui précède le prologue s'adresse à Girolamo della Rovere, archevêque de Turin (Marie F. Piéjus, La destruction fondatrice, le prologue des Hecatommiti de Giraldi Cinzio (1565), Les discours sur le sac de Rome de 1527: pouvoir et littérature, 1999 - books.google.fr).

 

Saint Réal, dans sa Conjuration des Espagnols contre la République de Venise (1674), ayant puisé chez Battista Nani (Historia della Republica Veneta) et d'autres documents, a inventé surtout l'histoire de cette courtisane grecque, dont il a été question déjà, et chez qui les conjurés tiennent toutes leurs assemblées. Née dans une Ile de l'Archipel, elle a été séduite autrefois par le gouverneur vénitien. Celui-ci s'est débarrassé ensuite par un assassinat des réclamations formulées par le père de sa victime. La jeune Grecque est venue à Venise pour demander vengeance de ce meurtre. Elle n'a rien obtenu et la pauvreté l'a réduite à se faire courtisane. Mais elle conserve une haine violente contre Venise tout entière, et c'est pourquoi elle favorise de tout son pouvoir les plans des conjurés. Il n'est pas impossible que les annales de Venise offrent quelque aventure de ce genre. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il n'est question de cette Grecque dans aucun des documents relatifs à la conjuration. Gregorio Leti donne un nom à la courtisane qu'il appelle la Menandra. A cela près, son récit est presque textuellement identique é celui de Saint-Real. Étant donné que Grégorio Leti est un compilateur tort peu scrupuleux, il est tout à fait probable qu'il a inventé le nom de la Courtisane et copié le reste dans Saint-Réal. Il n'y a pas lieu de supposer une source commune exploitée par les deux auteurs (Gustave Dulong, L'abbé de Saint-Réal: étude sur les rapports de l'histoire et du roman au XVIIe siècle, 1980 - books.google.fr).

 

Courtisanes grecques dans l'histoire

 

Les courtisanes italiennes et surtout les romaines avaient une prédilection marquée pour le costume masculin et presque toutes possédaient, comme la Cleopatra, un travestissement de ce genre dans leur garde-robe. Ce n'est pas que les lois ne leur en défendissent l'usage. Se fondant sur le verset du Deutéronome (XXII, 5) qui déclare abominable cette pratique, le Saint-Siège avait interdit aux femmes, en 1522, de s'habiller en hommes. Néanmoins les courtisanes qui, jusqu'au temps de Pie V, eurent liberté d'en usera leur fantaisie à Rome, ne se faisaient pas faute de violer les règlements. La Nanna, dont l'Arétin raconte les aventures, sortait ainsi et montait à cheval en homme dans les rues de la ville. Dans les interrogatoires de courtisanes impliquées dans des affaires de batterie, il est souvent question de ces vêtements masculins; l'une d'elles poussa même la hardiesse jusqu'à se présenter en costume d'homme chez le magistrat qui l'avait convoquée ! [...]

 

«Examinata fuit in officio meo Angela hispana induta habitu virili» (30 mai 1545;, Rome, Archiviodi Stato, Investi gationes , vol. 28, p. 246. [...]

 

A Rome, les courtisanes se plaisaient à aller à cheval par les rues de la ville bien que ce leur fût interdit. Caterina, courtisane grecque, répond dans son interrogatoire (31 mai 1544) : «Je me divertis comme les autres femmes; depuis vingt jours je sors à cheval, en selle et non en croupe, tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, avec Vitelleschi, Benzoni et des gentilshommes que je ne connais pas.» Une autre fois, elle fit une promenade en croupe d'un gentilhomme et alla faire nargue à une de ses camarades. Rome, Archiv. di Stato, Investigationes, vol. 22. p. 104. Ibid. Relazioni dei Birri, vol. VII, p. 96. [...]

 

Il aurait été cruel de renoncer à se vêtir de la sorte, aussi les courtisanes romaines se laissaient-elles infliger les plus sévères châtiments plutôt que de se plier aux ordres de l'autorité pontificale. L'Impéria fut fouettée de verges le 22 septembre 1570 pour avoir été trouvée dans les environs de Rome en costume masculin : donna Bernardina, qui portait des pantalons et un béret, fut enfermée à la Torre di Nona (1598), donna Ginevra, donna Diamante eurent le même sort l'année suivante. En 1604, un officier de police rencontra, près de la fontaine di Trevi un homme à cheval avec une femme en croupe, vêtue en homme. Il conduisit celle-ci, qui s'appelait Bellina, en prison, mais n'osa en user de même à l'égard de l'homme parce qu'il appartenait au cardinal Aldobrandini.

 

Les femmes honnêtes suivaient parfois l'exemple, telle la fille du Tintoretto, Marietta, née en 1560, que l'on prit même pendant un temps pour un garçon. Une autre, orpheline et maltraitée des siens, s'habilla en homme et alla au loin gagner sa vie (1590). Les nonnes elles-mêmes ne résistaient pas à la tentation ; le goût qu'elles avaient de se mettre en homme était si fort qu'au XVIe siècle elles trouvèrent moyen de tourner la défense qu'on leur en avait faite, en organisant des comédies où elles jouaient des rôles masculins. Saint Charles Borromée s'opposa à ce caprice et interdit, dans sa réforme des règlements monastiques, que sous prétexte d'amusement les nonnes se permissent de danser, de s'habiller en homme ou de se travestir.

 

Hors des couvents à tout le moins la mode persista; un prédicateur du XVIIe siècle, le dominicain Girolamo Fazello, s'élève contre la manie qu'ont, dit-il, les femmes de son temps, de tailler leurs robes et leurs collerettes de façon à avoir l'air de soldats. Au XVIIIe siècle, les femmes se rendaient dans cet accoutrement, au spectacle, voire même à la messe (Emmanuel Rodocanachi (1859-1934), La femme italienne à l'époque de la Renaissance : sa vie privée et mondaine, son influence sociale, 1907 - archive.org).

 

Pélagie

 

Les hagiographes créèrent des saints à meilleur compte encore. La légende de sainte Pélagie, par suite de transformations multiples, a donné naissance à plusieurs saintes du même nom en même temps qu'à d'autres vierges qui portent un vocable différent. L'Église d'Antioche au Ve siècle célébrait, le 8 octobre, la fête d'une sainte Pélagie, bien historique, sur laquelle saint Jean Chrysostome et saint Ambroise nous donnent des renseignements précis. Pélagie était une jeune fille de quinze ans qui, pour échapper aux outrages d'une soldatesque effrénée, se précipita du haut de sa maison et sauva sa virginité par une mort volontaire. Mais saint Jean Chrysostome, qui nous donne ces détails, parle ailleurs d'une comédienne célèbre dont les débordements étonnèrent Antioche et les provinces avoisinantes, notamment la Cilicie. Cette comédienne se convertit et fit une pénitence rigoureuse qui lui valut l'admiration de ceux qu'elle avait scandalisés. On ignore son nom. Plus tard on la confondit avec une des ballerines les plus débauchées d'Antioche, Pélagie appelée aussi Margarite pour la richesse de ses bijoux ornés de perles. Celle-ci fut pareillement touchée de la grâce. Pour réparer ses fautes elle prit un cilice et une tunique d'homme et se retira à Jérusalem, au mont des Oliviers. Là elle vécut dans une petite cellule sous le nom de Pelage durant trois ans après quoi elle alla recevoir la récompense de sa vie pénitente. L'Eglise grecque célèbre sa fête le 8 octobre. Le même jour rappelle le martyre d'une troisième Pélagie, Pélagie de Tarse, qui préféra le supplice du feu dans un taureau d'airain à l'amour du fils de l'empereur. Y a-t-il là trois Pélagies différentes ? Le récit connu sous le nom de Pénitence de Pélagie n'est qu'une mise en scène de l'histoire de la courtisane d'Antioche avec addition du travestissement, qu'il put emprunter à plus d'un conte. Le rédacteur, qui se donne le nom de Jacques, ne vit pas malice à cet amalgame. Mais si dans sa pensée «l'identité n'existait pas entre son héroïne et sainte Pélagie d'Antioche, il était inévitable qu'elle s'établit bientôt.» On alla plus loin. «La légende de Pélagie de Tarse en Cilicie nous apparaît comme une résultante de la double tradition qui se rencontrait sous le nom de Pélagie. Elle rappelle par certains traits la courtisane d'Antioche dont la renommée, au témoignage de saint Jean Chrysostome, avait pénétré jusqu'en Cilicie et qui, elle aussi , avait eu des relations avec la famille impériale ; mais elle était vierge, et par là, comme par son martyre, elle se confond avec l'antique Pélagie dont le culte était établi dès le IVe siècle.» L'histoire de Pélagie, sous sa double forme, fit fortune et fournit une floraison légendaire des plus touffues. Qu'on lise les actes de sainte Marie ou Marina (12 février), de Marine d'Antioche en Pisidie (chez les grecs, 17 juillet) de Marguerite d'Antioche (chez les latins, 20 juillet), de Marguerite (8 octobre), d'Apollinaria (5 janvier), de Théodora d'Alexandrie (11 septembre), etc., on n'y trouvera que des répliques littéraires de la Pélagie du faux Jacques .  Les auteurs de ces légendes ont tout simplement repris «sous la forme primitive du conte, dans le sens strict du mot» le thème qui leur était donné (Elphège Vacandard, Études de critique et d'histoire religieuse: sér. Les fêtes de noël et de l'épiphanie. Les origines du culte des saints. Les origines de la fête et du dogme de l'immaculée conception. La question du meurtre rituel chez les Juifs, 1912 - books.google.fr).

 

La «Pénitence de Pélagie» a été conservée par 29 manuscrits grecs, des versions latines (littérale A, deux réfections de A : A' et B, une traduction indépendante C) et des versions orientales : syriaque , arménienne , arabe , et géorgienne (Revue des études augustiniennes, Volume 30, 1984 - books.google.fr).

 

Grecque ?

 

Pélagien : pelagus, grec pelagos, la haute mer. L'origine du grec pelagos est encore douteuse, car la dérivation du grec pelas, proche, pelaô, approcher, n'est guère acceptable. En sanscrit, paraga, paranga désigue l'écume, probablement en tant que produite par l'eau. L'application du même nom à l'écume et à la mer n'aurait rien d'insolite et se trouve appuyée par l'analogie du sanscrit abbhra, ocean, littéralement qui porte les eaux, contracté sans doute dans abhra, nuage, et que représente le grec aphros, écume. Ce qui confirme d'ailleurs ce rapprochement, c'est la concordance de l'irlandais searg, fairge, mer, vague, où p est changé en f, et l'analogie de l'erse sal, qui signifie à la fois la mer et l'écume. […]

 

A Paris, Sainte-Pélagie cessa d'être un couvent en 1790 et fut transformée en prison par ordre de la Convention (Grand Dictionnaire Universel Larousse du XIXe Siecle Francais : A-Z, 1874 - books.google.fr).

 

Pelagia :

 

- Ste Pelage, Martyre à Antioche ; louée par St Ambroise. 9 Juin.

 

- Ste Pélagie, 8 octobre, Pénitente au Mont des Olives; dont il y a une Eglise à Paris en la Place de Paits-l'Ermite. A Joarre où est son Corps on l'appelle Ste Pélage. Quelques-uns croyent que c'est elle qu'on a entendue sous le nom de Marine, qui est le même nom en Latin que Pélagie en Grec.

 

Pelagius :

 

-Palais, Ev. d'Auxerre ; qu'on nomme à présent en Latin Palladius, 8 Avril. Baronius l'a pris en ses Notes pour un S. Pélage honoré à Constantinople.

 

- S. Paye, M. à Cordoue; en Portugais, Payo; en Espagnol, Palaio, 26 Juin,

 

- S. Pelay, 28 Août, M. à Constance sur le Rhin. Quelques-uns écrivent Plé. On l'appelle en certains lieux, S. Pels ; en d'autres, S. Pês (Gilles Ménage, Dictionaire etymologique: ou Origines de la langue françoise, 1694 - books.google.fr).

 

Aphrodite est la déesse grecque de l'amour.

 

Seleucus Nicator, fondateur d'Antioche, avoit peuplé cette ville nouvelle de Grecs & de Macédoniens ; le territoire étoit occupé par les Syriens, naturels du pays ; chaque nation conferva pendant plusieurs siècles ses moeurs, ses usages & sa langue propre. Les Grecs habitans d'Antioche, riches & opulens, furent les plus vexés par les exactions énormes du Gouverneur de la province, très-zélé pour le parti de Pompée. Nous avons déjà remarqué que ces habitans, d'un consentement unanime, se déclarèrent pour Jules César, sur les premières nouvelles de la bataille de Pharsale. Ils ordonnèrent que l'année courante, dans laquelle étoit arrivé un évènement si heureux pour leur ville, seroit comptée la première année d'une ère nouvelle : l'année de la bataille de Pharsale avoit commencé à Antioche à l'automne de l'an 705 de Rome ; & c'est précisément à cette époque que les dates gravées sur les monnoies de la ville font remonter le commencement de l'ère (Abbé Belley, Observations sur une médille frappée par les habitans d'Antioche, Histoire de l'academie royale des inscrip tions et belles lettres, Volume 30, 1764 - books.google.fr).

 

"translatée" : translation de reliques en Espagne ?

 

Dans le christianisme, la translation des reliques (en latin translatio) est un processus ritualisé de déplacement des restes d'un saint ou d'objets saints depuis un lieu vers un autre. Il s'agit typiquement du déplacement de reliques depuis une tombe ou un lieu de culte vers un autre plus prestigieux, monastère, église ou cathédrale. La translation donne lieu à une cérémonie solennelle d'autant plus fastueuse que la relique est d'une classe importante. Elle porte d'ailleurs, dans la littérature hagiographique médiévale, le titre significatif de «triomphe» (fr.wikipedia.org - Translation (reliques)).

 

La Iglesia de Santa Eulalia del Valle de Carreño consta en la donación que hizo el rey Alfonso III El Magno y la reina Jimena, como iglesia anexa a la de San Esteban de Guimarán con fecha de 905. En las más antiguas escrituras se la nombraba como Santa Eulalia de Arco o del Carro. González Posada atribuye esta denominación "Santa Olaya del Arco", por el magnífico arco de triunfo que tiene su prebisterio. La denominación del Carro le viene atribuida por la peña del mismo nombre, mirador natural en la cresta del monte Areo y desde donde se denomina todo el valle de Carreño. A lo largo de los años este templo ha sufrido muchos arreglos y reformas hasta el momento, fue reconstruida al término de la Guerra Civil, tras haber sido quemada. Lo más notable del templo es la lápida visigótica que se encuentra en el lado derecho de la portada, dentro del pórtico. Perteneció sin duda a una iglesia desaparecida ubicada en el Monte Areo, la Ermita de San Pedro y San Pablo. Tuvo como misión primera señalar la presencia de las reliquias de dicha ermita; posteriormente se llevó a la iglesia del Valle en 1874. Su transcripción dice: En honor de San Pedro y San Pablo apóstoles. En el altar están guardadas las reliquias de San Tirso, Santa Ágata, Santa Pelaya, Santa Marina virgen, en el templo que edificó Alfonso, hijo del príncipe Fruela en la era DCCCCLXXXVIIII (951 dC.). Se alude como Alfonso a Alfonso Froilaz, hijo de Fruela II, rey de León de 924 a 925 (www.asturnatura.com, Enciclopedia del prerrománico en: Asturias, Volume 2, 2007 - books.google.fr, Boletín del Instituto de Estudios Asturianos, Numéros 96 à 98, 1979 - books.google.fr).

 

Pélagie étant une sainte du Proche Orient, il a fallu un transport d'une partie de ses reliques pour qu'elle se retrouve dans les Asturies.

 

"translatée" : traduction de la légende ?

 

Les offices d'un manuscrit des IXe-XIe siècles écrit par un copiste du nom de Sebastianus, Tolède, paroisse de Sainte-Eulalie (Ee TOLEDO, Biblioteca capitular, 35-7) indiquent comme origine du manuscrit (ou de son modèle) une zone où s'exerçaient des influences du Midi péninsulaire, de la vallée de l'Ebre et de León (par exemple l'office de sainte Pélagie) (Marie-Hélène Jullien, Les sources de la tradition ancienne des quatorze Hymnes attribuées à saint Ambroise de Milan. In: Revue d'histoire des textes, bulletin n°19 (1989), 1990 - www.persee.fr,

 

Un manuscrit de 143 folios du moine Fernandus de San Millan de la Cogolla comporte entre autres une vie de sainte Pélagie (Emilianense 10) (Brian Dutton, La vida de San Millán de la Cogolla de Gonzalo de Berceo, Tome 1, 1984 - books.google.fr).

 

Alors qu'en un premier temps, les ouvrages étaient acheminés de Cordoue vers Tolède, puis de Tolède vers Saragosse et de là vers la Catalogne et Outre-Pyrénées, il semble bien qu'à partir du Xe siècle, le parcours se soit quelque peu modifié et qu'au lieu d'atteindre la vallée de l'Ebre à Saragosse, la route des manuscrits ait traversé les hauts plateaux de Soria pour aboutir dans le cours supérieur de l'Ebre et faire halte dans les monastères de la Rioja. Ce n'est certainement pas le fait du hasard, si l'évêque du Puy Godescalc, le premier jacquet étranger dont le nom nous ait été transmis, s'arrête à Albelda en l'an 950 et si, à son retour de Compostelle en janvier de l'année suivante, il prend possession du texte d'Ildefonse de Tolède De virginitate sanctae Mariae qu'il y a fait copier afin de le ramener en France. Nous y voyons la confirmation de la renommée dont jouissait à l'étranger le monastère de la Rioja et sa bibliothèque et la preuve du rôle de plaque-tournante que joua très tôt San Martin. La position stratégique occupée par la région, l'importance des couvents de San Millán de la Cogolla et de San  Martin d'Albelda ont fait de la Rioja un carrefour privilégié où se rencontrent civilisation de la «Mozarabía» et civilisation de l'Occident, courants venus de León et courants arrivés en Espagne par les cols du Somport et de Roncevaux (Janine Wettsetein, La fresque romane : la route de Saint Jacques de Tours à Léon, Bibliothèque de la Société française d'archéologie, Numéro 9, 1978 - books.google.fr).

 

Pélage (en latin Pelagius, en espagnol Don Pelayo), né à la fin du VIIe siècle, mort en 737 à Cangas de Onís (Asturies), est le premier roi des Asturies. Il règne de 718 à 737.  Considéré comme l'initiateur de la Reconquista, Pélage est l'un des héros de l'Espagne et le titre de «Prince des Asturies» est donné à l'héritier de la couronne (fr.wikipedia.org - Pélage le Conquérant).

 

En Catalogne, dans la région de Gérone, Santa Pellaia (Cruïlles, Monells i Sant Sadurní de l'Heura), Santa Pelaia de Perles (Fígols i Alinyà) (www.enciclopedia.cat).

 

Typologie

 

Le report de 2161 sur la date pivot 951 (inscription de Santa Eulalia del Valle) donne -259, et 982, -197.

 

Ramire III, roi de Léon en Espagne, battu par les Galiciens révoltés, meurt de chagrin. Bermude II, son oncle, qui avoit été élu par les rebelles, prend possession du Royaume (982) (Nicolas Lenglet-Dufresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde jusqu'à l'an 1775, Tome 2, 1778 - books.google.fr).

 

Les guerres de Syrie sont une série de six conflits qui ont opposé les royaumes lagide et séleucide durant la période hellénistique, de 274 av. J.-C. à 168 av. J.-C., pour la domination de la Cœlé-Syrie. Après la bataille d'Ipsos en 301 av. J.-C., Séleucos Ier entend étendre sa domination sur la Syrie, tout comme le voudrait Ptolémée Ier, roi d'Égypte. Ces conflits ont épuisé humainement et en ressources les deux royaumes et ont conduit à leur destruction finale et leur conquête par Rome et les Parthes.

 

Antiochos II succède à son père Antiochos Ier Soter en 261, et adopte très rapidement une politique agressive. La plupart des informations relatives à cette deuxième guerre de Syrie ont été perdues. Les causes de cette deuxième guerre de Syrie sont encore débattues aujourd'hui. En effet, certains ont considéré que c'était peut-être une alliance entre le roi de Pergame et le roi lagide Ptolémée II qui aurait entraîné ce deuxième conflit, mais cette hypothèse ne peut être justifiée. Beaucoup ont tendance à penser que c'est plutôt la mort d'Antiochos Ier qui nourrit une volonté d'expansion égéenne chez son fils Antiochos II (fr.wikipedia.org - Guerres de Syrie).

 

L'ère des Séleucides commence en -311 du temps de Seleucos Ier Nicanor, père d'Antiochos Ier Soter qui meurt à Antioche, fondée en -300 par le premier, au retour de sa campagne malheureuse contre les Egyptiens (Antoine Jean Saint-Martin, Fragments d'une histoire des Arsacides, Tome 1, 1850 - books.google.fr).

 

Acrostiche : L HH C

 

HH : Hispaniae duae, les deux Espagnes, Hispania citerior et Hispania Ulterior (www.arretetonchar.fr).

 

Dès -197, la partie de la péninsule ibérique tombée sous la dépendance de Rome est divisée en deux provinces : l'Hispanie citérieure au nord (future Tarraconaise, avec Tarragone pour capitale), l'Hispanie ultérieure au sud avec Córdoba pour capitale. L’administration en incombe deux fois par an à deux préteurs même si, celle-ci n’était pas toujours effective. de -29 à -19, Auguste puis Agrippa avec 5 légions soumettent difficilement les montagnards Asturiens et les Cantabres. Leurs chefs soumis furent relégués dans une fondation au nord des Pyrénées, Lugdunum Convenarum (fr.wikipedia.org - Conquête romaine de la péninsule Ibérique, Eugeen Roegiest, Vers les sources des langues romanes: un itinéraire linguistique à travers la Romania, 2009 - books.google.fr).

 

L... C = 150 en numération romaine.

 

En 150, Sulpicius Galba avait conclu un traité avec les Lusitaniens, puis en avait massacré sept mille par trahison. Viriathe, pâtre et brigand, avait échappé par miracle. Il dirigea depuis 147 l'insurrection des Lusitaniens, s'allia aux Celtibères, et, par ses victoires, obligea Rome à lui donner le titre d'ami et d'allié. Mais peu après l'alliance fut brisée par les Romains, qui firent assassiner Viriathe (André Piganiol, Esquisse d'histoire romaine, 1931 - books.google.fr).

 

O Elpaña amiga,o España belicosa

quieres dette mi pendon alguna cosa ?

Que aqui tengo tres raros Españoles.

a Bernardo del Carpio, al Cid famoso,

Ambos de nuestra España raros soles,

Y el gran Pelayo norte luminoso,

Que en la tierra mi trompa eternizaua

Con voz süaue y canto sonoroso ;

que aunque muertos, sus hechos infinitos,

como ellos en mi coro tengo escritos.

No menos en mi tierra y real teatro

Tengo por su valor tan sin segundo,

A esse valiente y fuerte Biriato,

Y á Isabel y á Fernando, luz del mundo,

A quien confío con honroso trato

Darle a Granada que en su honor me fudo

espero vn Carlos Quinto vn gran Filipo

para quien guardo a Apeles y a Lisipo (Lope de Vega, Las comedias del famoso poeta Lope de Vega Carpio. Recopiladas por Bernardo Grassa, 1609 - books.google.fr).

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