Pélagie, Pelaya

Pélagie, Pelaya

 

IX, 78

 

2161

 

La dame Grecque de beauté laydique,

Heureuse faicte de procs innumerable,

Hors translatee au regne Hispanique,

Captive prinse mourir mort miserable.

 

Pour Pr√©vost, la cl√© de la compr√©hension de l‚Äôouvrage nostradamien r√©side dans le fait qu‚Äôil employait une licence litt√©raire ‚Äď la teinte proph√©tique ‚Äď pour √©voquer l‚Äôhistoire. Nous avons appr√©ci√© sa fa√ßon de montrer, dans les √©crits de Nostradamus, le fonctionnement d‚Äôun syst√®me de r√©f√©rences et d‚Äôallusions qui, myst√©rieux aujourd‚Äôhui, devait √™tre plus clair pour ses contemporains. Pourtant, nous mettons en question la mani√®re dont il lie le contenu de chaque strophe √† un √©v√©nement historique pr√©cis. La citation suivante, o√Ļ Pr√©vost commente le quatrain 9.78, est significative :

 

Le quatrain suivant nous am√®ne loin dans le pass√©, au XIIIe si√®cle, et nous raconte les tribulations de la belle H√©l√®ne d‚Äô√Čpire, fille de Michel VIII l‚ÄôAnge, empereur de Byzance. [...] S√©par√©e de ses enfants, elle sera jet√©e en prison √† Naples en terre espagnole o√Ļ elle mourra cinq ans plus tard. On notera au passage le clin d‚ÄôŇďil de Nostradamus sur ¬ęlaydique¬Ľ appliqu√© √† une beaut√© c√©l√®bre et qui fait r√©f√©rence √† la grande r√©putation des femmes originaires de Lydie, en Asie Mineure. (Pr√©vost 1999, 83) (Anna Carlstedt, La po√©sie oraculaire de Nostradamus : langue, style et genre des Centuries, 2005 - www.diva-portal.org).

 

Courtisane

 

"procs" : du latin "procus", prétendant, amant (Gaffiot).

 

"laydique" : de La√Įs, c√©l√®bre h√©ta√Įre grecque (Anatole Le Pelletier, Les oracles de Michel de Nostredame, astrologue, m√©decin et conseiller ordinaire des rois Henri II, Fran√ßois II et Charles IX: 2, Tome 2¬† 1867 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - La√Įs de Corinthe).

 

Courtisanes grecques dans la littérature

 

Guzm√°n de Alfarache est un roman picaresque √©crit par Mateo Alem√°n et publi√© en deux parties : la premi√®re √† Madrid en 1599, avec le titre de Primera parte de Guzm√°n de Alfarache et la deuxi√®me √† Lisbonne en 1604, intitul√©e Segunda parte de la vida de Guzm√°n de Alfarache, atalaya de la vida humana. Le livre relate les p√©r√©grinations d‚Äôun jeune p√≠caro et adopte le point de vue autobiographique du protagoniste une fois arriv√© √† l‚Äô√Ęge m√Ľr. L‚ÄôŇďuvre contient en quantit√© √©quivalente r√©cit des aventures picaresques et commentaires moralisants du narrateur adulte, qui avec du recul r√©prouve sa vie pass√©e. Ainsi, le Guzm√°n de Alfarache est con√ßu, et ce d√®s le prologue, comme un sermon doctrinal adress√© √† une soci√©t√© p√©cheresse et fut re√ßu comme tel par ses contemporains. Il s‚Äôagit donc d‚Äôun hybride entre roman de divertissement et discours moral (fr.wikipedia.org - Guzman de Alfarache).

 

On trouve le récit d'anecdotes voisines de celle de Guzman d'Alfarache de Matheo Aleman dans les Hecatommithi de Gian Battista Giraldi Cinthio. La sixième nouvelle nous rapporte la més aventure d'une courtisane ; un jeune homme qui en est depuis longtemps amoureux n'a pas de quoi payer le prix de ses faveurs ; il la trompe en lui présentant une fausse monnaie. Plus proche du passage qui nous intéresse, est la deuxième nouvelle. Vico est séduit par une courtisane grecque. Pour arriver à ses fins sans bourse délier, il demande à un de ses amis, qui est l'amant de la belle, de lui laisser la place pour une nuit. Il se glisse dans le lit , toutes lumières éteintes , et lorsque la Grecque s'aperçoit qu'elle a été trompée il est trop tard. Pour la consoler, le protagoniste lui fait de belles une res promesses et la courtisane finit par accepter cette nouvelle liaison. […]

 

Les deux protagonistes prétendent avoir un besoin immédiat d'argent, qui les place théoriquement dans la position désavantageuse du demandeur prêt à faire des sacrifices : Vico accepte de perdre le tiers du prix de sa bague ; sur un gage évalué à six cent cinquante trois écus, Guzmán n'en emprunte que six cents.

 

Dans la fa√ßon dont se d√©roulent les faits, les personnages ont des r√īles rigoureusement parall√®les. Guzm√°n et son jeune parent, Vico et la courtisane grecque restent en t√™te √† t√™te tandis que se d√©roule l'√©preuve de v√©rification. Le tour accompli, les meneurs de jeu quittent la ville ; entre la derni√®re phase de la bourle et leur d√©part, un laps de temps tr√®s court, comme il va de soi. Deux autres similitudes sont √† souligner : Vico, comme Guzm√°n, agit avant tout, par esprit vindicatif ; les bijoux sont √©valu√©s en outre √† des sommes curieusement proches l'une de l'autre : six cents florins, la bague, six cent cinquante trois √©cus castillans, la cha√ģne. L'√©tude des variantes ne manque pas d'√™tre r√©v√©latrice :

 

- il s'agit chez Giraldi Cinthio d'une bague, d'une cha√ģne chez Matheo Aleman.

- Vico vend la bague, Guzm√°n laisse la cha√ģne en gage d'une somme emprunt√©e.

- l'√©preuve de v√©rification : les deux valets, dans l'Ňďuvre espagnole, vont consulter un seul orf√®vre qui leur remet un un papier sign√© ; ce papier fait de lui un expert et un t√©moin.

 

Dans la nouvelle italienne, c'est la propre m√®re de la courtisane qui accompagne le valet de Vico ; on va voir plusieurs orf√®vres ; il n‚Äôy a pas trace de leurs estimations respectives. A la r√©flexion, on constate avec int√©r√™t que ces (Edmond Cros, Contribution √† l'√©tude des sources de Guzm√°n de Alfarache, 1967 - books.google.fr).

 

Le recueil de nouvelles intitul√© les Hecatommiti fut √©crit par un √©crivain ferrarais, surtout connu auparavant pour sa contribution √† la restauration de la trag√©die et pour son Ňďuvre de th√©oricien de la litt√©rature, dans la ligne aristot√©licienne. En 1565, date de publication du volume, Giraldi Cinzio a quitt√© Ferrare pour le Pi√©mont, il enseigne √† l'universit√© de Mondovi, prot√©g√© par le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, √† qui il d√©die la premi√®re partie du recueil. la seconde √©tant plac√©e sous le patronage de son ancien seigneur, Alphonse II d'Este. C'est donc apr√®s la cl√īture du Concile de Trente, en pleine Contre-R√©forme, que para√ģt une Ňďuvre dont le prologue contient une √©vocation particuli√®rement atroce du sac de Rouie. De surcro√ģt, elle est d√©di√©e √† un prince qui vient de remporter la bataille de Saint-Quentin √† la t√™te des arm√©es espagnoles, et une d√©dicace secondaire qui pr√©c√®de le prologue s'adresse √† Girolamo della Rovere, archev√™que de Turin (Marie F. Pi√©jus, La destruction fondatrice, le prologue des Hecatommiti de Giraldi Cinzio (1565), Les discours sur le sac de Rome de 1527: pouvoir et litt√©rature, 1999 - books.google.fr).

 

Saint R√©al, dans sa Conjuration des Espagnols contre la R√©publique de Venise (1674), ayant puis√© chez Battista Nani (Historia della Republica Veneta) et d'autres documents, a invent√© surtout l'histoire de cette courtisane grecque, dont il a √©t√© question d√©j√†, et chez qui les conjur√©s tiennent toutes leurs assembl√©es. N√©e dans une Ile de l'Archipel, elle a √©t√© s√©duite autrefois par le gouverneur v√©nitien. Celui-ci s'est d√©barrass√© ensuite par un assassinat des r√©clamations formul√©es par le p√®re de sa victime. La jeune Grecque est venue √† Venise pour demander vengeance de ce meurtre. Elle n'a rien obtenu et la pauvret√© l'a r√©duite √† se faire courtisane. Mais elle conserve une haine violente contre Venise tout enti√®re, et c'est pourquoi elle favorise de tout son pouvoir les plans des conjur√©s. Il n'est pas impossible que les annales de Venise offrent quelque aventure de ce genre. Ce qu'il y a de s√Ľr, c'est qu'il n'est question de cette Grecque dans aucun des documents relatifs √† la conjuration. Gregorio Leti donne un nom √† la courtisane qu'il appelle la Menandra. A cela pr√®s, son r√©cit est presque textuellement identique √© celui de Saint-Real. √Čtant donn√© que Gr√©gorio Leti est un compilateur tort peu scrupuleux, il est tout √† fait probable qu'il a invent√© le nom de la Courtisane et copi√© le reste dans Saint-R√©al. Il n'y a pas lieu de supposer une source commune exploit√©e par les deux auteurs (Gustave Dulong, L'abb√© de Saint-R√©al: √©tude sur les rapports de l'histoire et du roman au XVIIe si√®cle, 1980 - books.google.fr).

 

Courtisanes grecques dans l'histoire

 

Les courtisanes italiennes et surtout les romaines avaient une prédilection marquée pour le costume masculin et presque toutes possédaient, comme la Cleopatra, un travestissement de ce genre dans leur garde-robe. Ce n'est pas que les lois ne leur en défendissent l'usage. Se fondant sur le verset du Deutéronome (XXII, 5) qui déclare abominable cette pratique, le Saint-Siège avait interdit aux femmes, en 1522, de s'habiller en hommes. Néanmoins les courtisanes qui, jusqu'au temps de Pie V, eurent liberté d'en usera leur fantaisie à Rome, ne se faisaient pas faute de violer les règlements. La Nanna, dont l'Arétin raconte les aventures, sortait ainsi et montait à cheval en homme dans les rues de la ville. Dans les interrogatoires de courtisanes impliquées dans des affaires de batterie, il est souvent question de ces vêtements masculins; l'une d'elles poussa même la hardiesse jusqu'à se présenter en costume d'homme chez le magistrat qui l'avait convoquée ! [...]

 

¬ęExaminata fuit in officio meo Angela hispana induta habitu virili¬Ľ (30 mai 1545;, Rome, Archiviodi Stato, Investi gationes , vol. 28, p. 246. [...]

 

A Rome, les courtisanes se plaisaient √† aller √† cheval par les rues de la ville bien que ce leur f√Ľt interdit. Caterina, courtisane grecque, r√©pond dans son interrogatoire (31 mai 1544) : ¬ęJe me divertis comme les autres femmes; depuis vingt jours je sors √† cheval, en selle et non en croupe, tant√īt avec l'un, tant√īt avec l'autre, avec Vitelleschi, Benzoni et des gentilshommes que je ne connais pas.¬Ľ Une autre fois, elle fit une promenade en croupe d'un gentilhomme et alla faire nargue √† une de ses camarades. Rome, Archiv. di Stato, Investigationes, vol. 22. p. 104. Ibid. Relazioni dei Birri, vol. VII, p. 96. [...]

 

Il aurait √©t√© cruel de renoncer √† se v√™tir de la sorte, aussi les courtisanes romaines se laissaient-elles infliger les plus s√©v√®res ch√Ętiments plut√īt que de se plier aux ordres de l'autorit√© pontificale. L'Imp√©ria fut fouett√©e de verges le 22 septembre 1570 pour avoir √©t√© trouv√©e dans les environs de Rome en costume masculin : donna Bernardina, qui portait des pantalons et un b√©ret, fut enferm√©e √† la Torre di Nona (1598), donna Ginevra, donna Diamante eurent le m√™me sort l'ann√©e suivante. En 1604, un officier de police rencontra, pr√®s de la fontaine di Trevi un homme √† cheval avec une femme en croupe, v√™tue en homme. Il conduisit celle-ci, qui s'appelait Bellina, en prison, mais n'osa en user de m√™me √† l'√©gard de l'homme parce qu'il appartenait au cardinal Aldobrandini.

 

Les femmes honn√™tes suivaient parfois l'exemple, telle la fille du Tintoretto, Marietta, n√©e en 1560, que l'on prit m√™me pendant un temps pour un gar√ßon. Une autre, orpheline et maltrait√©e des siens, s'habilla en homme et alla au loin gagner sa vie (1590). Les nonnes elles-m√™mes ne r√©sistaient pas √† la tentation ; le go√Ľt qu'elles avaient de se mettre en homme √©tait si fort qu'au XVIe si√®cle elles trouv√®rent moyen de tourner la d√©fense qu'on leur en avait faite, en organisant des com√©dies o√Ļ elles jouaient des r√īles masculins. Saint Charles Borrom√©e s'opposa √† ce caprice et interdit, dans sa r√©forme des r√®glements monastiques, que sous pr√©texte d'amusement les nonnes se permissent de danser, de s'habiller en homme ou de se travestir.

 

Hors des couvents à tout le moins la mode persista; un prédicateur du XVIIe siècle, le dominicain Girolamo Fazello, s'élève contre la manie qu'ont, dit-il, les femmes de son temps, de tailler leurs robes et leurs collerettes de façon à avoir l'air de soldats. Au XVIIIe siècle, les femmes se rendaient dans cet accoutrement, au spectacle, voire même à la messe (Emmanuel Rodocanachi (1859-1934), La femme italienne à l'époque de la Renaissance : sa vie privée et mondaine, son influence sociale, 1907 - archive.org).

 

Pélagie

 

Les hagiographes cr√©√®rent des saints √† meilleur compte encore. La l√©gende de sainte P√©lagie, par suite de transformations multiples, a donn√© naissance √† plusieurs saintes du m√™me nom en m√™me temps qu'√† d'autres vierges qui portent un vocable diff√©rent. L'√Čglise d'Antioche au Ve si√®cle c√©l√©brait, le 8 octobre, la f√™te d'une sainte P√©lagie, bien historique, sur laquelle saint Jean Chrysostome et saint Ambroise nous donnent des renseignements pr√©cis. P√©lagie √©tait une jeune fille de quinze ans qui, pour √©chapper aux outrages d'une soldatesque effr√©n√©e, se pr√©cipita du haut de sa maison et sauva sa virginit√© par une mort volontaire. Mais saint Jean Chrysostome, qui nous donne ces d√©tails, parle ailleurs d'une com√©dienne c√©l√®bre dont les d√©bordements √©tonn√®rent Antioche et les provinces avoisinantes, notamment la Cilicie. Cette com√©dienne se convertit et fit une p√©nitence rigoureuse qui lui valut l'admiration de ceux qu'elle avait scandalis√©s. On ignore son nom. Plus tard on la confondit avec une des ballerines les plus d√©bauch√©es d'Antioche, P√©lagie appel√©e aussi Margarite pour la richesse de ses bijoux orn√©s de perles. Celle-ci fut pareillement touch√©e de la gr√Ęce. Pour r√©parer ses fautes elle prit un cilice et une tunique d'homme et se retira √† J√©rusalem, au mont des Oliviers. L√† elle v√©cut dans une petite cellule sous le nom de Pelage durant trois ans apr√®s quoi elle alla recevoir la r√©compense de sa vie p√©nitente. L'Eglise grecque c√©l√®bre sa f√™te le 8 octobre. Le m√™me jour rappelle le martyre d'une troisi√®me P√©lagie, P√©lagie de Tarse, qui pr√©f√©ra le supplice du feu dans un taureau d'airain √† l'amour du fils de l'empereur. Y a-t-il l√† trois P√©lagies diff√©rentes ? Le r√©cit connu sous le nom de P√©nitence de P√©lagie n'est qu'une mise en sc√®ne de l'histoire de la courtisane d'Antioche avec addition du travestissement, qu'il put emprunter √† plus d'un conte. Le r√©dacteur, qui se donne le nom de Jacques, ne vit pas malice √† cet amalgame. Mais si dans sa pens√©e ¬ęl'identit√© n'existait pas entre son h√©ro√Įne et sainte P√©lagie d'Antioche, il √©tait in√©vitable qu'elle s'√©tablit bient√īt.¬Ľ On alla plus loin. ¬ęLa l√©gende de P√©lagie de Tarse en Cilicie nous appara√ģt comme une r√©sultante de la double tradition qui se rencontrait sous le nom de P√©lagie. Elle rappelle par certains traits la courtisane d'Antioche dont la renomm√©e, au t√©moignage de saint Jean Chrysostome, avait p√©n√©tr√© jusqu'en Cilicie et qui, elle aussi , avait eu des relations avec la famille imp√©riale ; mais elle √©tait vierge, et par l√†, comme par son martyre, elle se confond avec l'antique P√©lagie dont le culte √©tait √©tabli d√®s le IVe si√®cle.¬Ľ L'histoire de P√©lagie, sous sa double forme, fit fortune et fournit une floraison l√©gendaire des plus touffues. Qu'on lise les actes de sainte Marie ou Marina (12 f√©vrier), de Marine d'Antioche en Pisidie (chez les grecs, 17 juillet) de Marguerite d'Antioche (chez les latins, 20 juillet), de Marguerite (8 octobre), d'Apollinaria (5 janvier), de Th√©odora d'Alexandrie (11 septembre), etc., on n'y trouvera que des r√©pliques litt√©raires de la P√©lagie du faux Jacques .¬† Les auteurs de ces l√©gendes ont tout simplement repris ¬ęsous la forme primitive du conte, dans le sens strict du mot¬Ľ le th√®me qui leur √©tait donn√© (Elph√®ge Vacandard, √Čtudes de critique et d'histoire religieuse: s√©r. Les f√™tes de no√ęl et de l'√©piphanie. Les origines du culte des saints. Les origines de la f√™te et du dogme de l'immacul√©e conception. La question du meurtre rituel chez les Juifs, 1912 - books.google.fr).

 

La ¬ęP√©nitence de P√©lagie¬Ľ a √©t√© conserv√©e par 29 manuscrits grecs, des versions latines (litt√©rale A, deux r√©fections de A : A' et B, une traduction ind√©pendante C) et des versions orientales : syriaque , arm√©nienne , arabe , et g√©orgienne (Revue des √©tudes augustiniennes, Volume 30, 1984 - books.google.fr).

 

Grecque ?

 

P√©lagien : pelagus, grec pelagos, la haute mer. L'origine du grec pelagos est encore douteuse, car la d√©rivation du grec pelas, proche, pela√ī, approcher, n'est gu√®re acceptable. En sanscrit, paraga, paranga d√©sigue l'√©cume, probablement en tant que produite par l'eau. L'application du m√™me nom √† l'√©cume et √† la mer n'aurait rien d'insolite et se trouve appuy√©e par l'analogie du sanscrit abbhra, ocean, litt√©ralement qui porte les eaux, contract√© sans doute dans abhra, nuage, et que repr√©sente le grec aphros, √©cume. Ce qui confirme d'ailleurs ce rapprochement, c'est la concordance de l'irlandais searg, fairge, mer, vague, o√Ļ p est chang√© en f, et l'analogie de l'erse sal, qui signifie √† la fois la mer et l'√©cume. [‚Ķ]

 

A Paris, Sainte-Pélagie cessa d'être un couvent en 1790 et fut transformée en prison par ordre de la Convention (Grand Dictionnaire Universel Larousse du XIXe Siecle Francais : A-Z, 1874 - books.google.fr).

 

Pelagia :

 

- Ste Pelage, Martyre à Antioche ; louée par St Ambroise. 9 Juin.

 

- Ste P√©lagie, 8 octobre, P√©nitente au Mont des Olives; dont il y a une Eglise √† Paris en la Place de Paits-l'Ermite. A Joarre o√Ļ est son Corps on l'appelle Ste P√©lage. Quelques-uns croyent que c'est elle qu'on a entendue sous le nom de Marine, qui est le m√™me nom en Latin que P√©lagie en Grec.

 

Pelagius :

 

-Palais, Ev. d'Auxerre ; qu'on nomme à présent en Latin Palladius, 8 Avril. Baronius l'a pris en ses Notes pour un S. Pélage honoré à Constantinople.

 

- S. Paye, M. à Cordoue; en Portugais, Payo; en Espagnol, Palaio, 26 Juin,

 

- S. Pelay, 28 Ao√Ľt, M. √† Constance sur le Rhin. Quelques-uns √©crivent Pl√©. On l'appelle en certains lieux, S. Pels ; en d'autres, S. P√™s (Gilles M√©nage, Dictionaire etymologique: ou Origines de la langue fran√ßoise, 1694 - books.google.fr).

 

Aphrodite est la déesse grecque de l'amour.

 

Seleucus Nicator, fondateur d'Antioche, avoit peupl√© cette ville nouvelle de Grecs & de Mac√©doniens ; le territoire √©toit occup√© par les Syriens, naturels du pays ; chaque nation conferva pendant plusieurs si√®cles ses moeurs, ses usages & sa langue propre. Les Grecs habitans d'Antioche, riches & opulens, furent les plus vex√©s par les exactions √©normes du Gouverneur de la province, tr√®s-z√©l√© pour le parti de Pomp√©e. Nous avons d√©j√† remarqu√© que ces habitans, d'un consentement unanime, se d√©clar√®rent pour Jules C√©sar, sur les premi√®res nouvelles de la bataille de Pharsale. Ils ordonn√®rent que l'ann√©e courante, dans laquelle √©toit arriv√© un √©v√®nement si heureux pour leur ville, seroit compt√©e la premi√®re ann√©e d'une √®re nouvelle : l'ann√©e de la bataille de Pharsale avoit commenc√© √† Antioche √† l'automne de l'an 705 de Rome ; & c'est pr√©cis√©ment √† cette √©poque que les dates grav√©es sur les monnoies de la ville font remonter le commencement de l'√®re (Abb√© Belley, Observations sur une m√©dille frapp√©e par les habitans d'Antioche, Histoire de l'academie royale des inscrip tions et belles lettres, Volume 30, 1764 - books.google.fr).

 

"translatée" : translation de reliques en Espagne ?

 

Dans le christianisme, la translation des reliques (en latin translatio) est un processus ritualis√© de d√©placement des restes d'un saint ou d'objets saints depuis un lieu vers un autre. Il s'agit typiquement du d√©placement de reliques depuis une tombe ou un lieu de culte vers un autre plus prestigieux, monast√®re, √©glise ou cath√©drale. La translation donne lieu √† une c√©r√©monie solennelle d'autant plus fastueuse que la relique est d'une classe importante. Elle porte d'ailleurs, dans la litt√©rature hagiographique m√©di√©vale, le titre significatif de ¬ętriomphe¬Ľ (fr.wikipedia.org - Translation (reliques)).

 

La Iglesia de Santa Eulalia del Valle de Carre√Īo consta en la donaci√≥n que hizo el rey Alfonso III El Magno y la reina Jimena, como iglesia anexa a la de San Esteban de Guimar√°n con fecha de 905. En las m√°s antiguas escrituras se la nombraba como Santa Eulalia de Arco o del Carro. Gonz√°lez Posada atribuye esta denominaci√≥n "Santa Olaya del Arco", por el magn√≠fico arco de triunfo que tiene su prebisterio. La denominaci√≥n del Carro le viene atribuida por la pe√Īa del mismo nombre, mirador natural en la cresta del monte Areo y desde donde se denomina todo el valle de Carre√Īo. A lo largo de los a√Īos este templo ha sufrido muchos arreglos y reformas hasta el momento, fue reconstruida al t√©rmino de la Guerra Civil, tras haber sido quemada. Lo m√°s notable del templo es la l√°pida visig√≥tica que se encuentra en el lado derecho de la portada, dentro del p√≥rtico. Perteneci√≥ sin duda a una iglesia desaparecida ubicada en el Monte Areo, la Ermita de San Pedro y San Pablo. Tuvo como misi√≥n primera se√Īalar la presencia de las reliquias de dicha ermita; posteriormente se llev√≥ a la iglesia del Valle en 1874. Su transcripci√≥n dice: En honor de San Pedro y San Pablo ap√≥stoles. En el altar est√°n guardadas las reliquias de San Tirso, Santa √Āgata, Santa Pelaya, Santa Marina virgen, en el templo que edific√≥ Alfonso, hijo del pr√≠ncipe Fruela en la era DCCCCLXXXVIIII (951 dC.). Se alude como Alfonso a Alfonso Froilaz, hijo de Fruela II, rey de Le√≥n de 924 a 925 (www.asturnatura.com, Enciclopedia del prerrom√°nico en: Asturias, Volume 2, 2007 - books.google.fr, Bolet√≠n del Instituto de Estudios Asturianos, Num√©ros 96 √† 98, 1979 - books.google.fr).

 

Pélagie étant une sainte du Proche Orient, il a fallu un transport d'une partie de ses reliques pour qu'elle se retrouve dans les Asturies.

 

"translatée" : traduction de la légende ?

 

Les offices d'un manuscrit des IXe-XIe si√®cles √©crit par un copiste du nom de Sebastianus, Tol√®de, paroisse de Sainte-Eulalie (Ee TOLEDO, Biblioteca capitular, 35-7) indiquent comme origine du manuscrit (ou de son mod√®le) une zone o√Ļ s'exer√ßaient des influences du Midi p√©ninsulaire, de la vall√©e de l'Ebre et de Le√≥n (par exemple l'office de sainte P√©lagie) (Marie-H√©l√®ne Jullien, Les sources de la tradition ancienne des quatorze Hymnes attribu√©es √† saint Ambroise de Milan. In: Revue d'histoire des textes, bulletin n¬į19 (1989), 1990 - www.persee.fr,

 

Un manuscrit de 143 folios du moine Fernandus de San Millan de la Cogolla comporte entre autres une vie de sainte Pélagie (Emilianense 10) (Brian Dutton, La vida de San Millán de la Cogolla de Gonzalo de Berceo, Tome 1, 1984 - books.google.fr).

 

Alors qu'en un premier temps, les ouvrages √©taient achemin√©s de Cordoue vers Tol√®de, puis de Tol√®de vers Saragosse et de l√† vers la Catalogne et Outre-Pyr√©n√©es, il semble bien qu'√† partir du Xe si√®cle, le parcours se soit quelque peu modifi√© et qu'au lieu d'atteindre la vall√©e de l'Ebre √† Saragosse, la route des manuscrits ait travers√© les hauts plateaux de Soria pour aboutir dans le cours sup√©rieur de l'Ebre et faire halte dans les monast√®res de la Rioja. Ce n'est certainement pas le fait du hasard, si l'√©v√™que du Puy Godescalc, le premier jacquet √©tranger dont le nom nous ait √©t√© transmis, s'arr√™te √† Albelda en l'an 950 et si, √† son retour de Compostelle en janvier de l'ann√©e suivante, il prend possession du texte d'Ildefonse de Tol√®de De virginitate sanctae Mariae qu'il y a fait copier afin de le ramener en France. Nous y voyons la confirmation de la renomm√©e dont jouissait √† l'√©tranger le monast√®re de la Rioja et sa biblioth√®que et la preuve du r√īle de plaque-tournante que joua tr√®s t√īt San Martin. La position strat√©gique occup√©e par la r√©gion, l'importance des couvents de San Mill√°n de la Cogolla et de San¬† Martin d'Albelda ont fait de la Rioja un carrefour privil√©gi√© o√Ļ se rencontrent civilisation de la ¬ęMozarab√≠a¬Ľ et civilisation de l'Occident, courants venus de Le√≥n et courants arriv√©s en Espagne par les cols du Somport et de Roncevaux (Janine Wettsetein, La fresque romane : la route de Saint Jacques de Tours √† L√©on, Biblioth√®que de la Soci√©t√© fran√ßaise d'arch√©ologie, Num√©ro 9, 1978 - books.google.fr).

 

P√©lage (en latin Pelagius, en espagnol Don Pelayo), n√© √† la fin du VIIe si√®cle, mort en 737 √† Cangas de On√≠s (Asturies), est le premier roi des Asturies. Il r√®gne de 718 √† 737. ¬†Consid√©r√© comme l'initiateur de la Reconquista, P√©lage est l'un des h√©ros de l'Espagne et le titre de ¬ęPrince des Asturies¬Ľ est donn√© √† l'h√©ritier de la couronne (fr.wikipedia.org - P√©lage le Conqu√©rant).

 

En Catalogne, dans la r√©gion de G√©rone, Santa Pellaia (Cru√Įlles, Monells i Sant Sadurn√≠ de l'Heura), Santa Pelaia de Perles (F√≠gols i Aliny√†) (www.enciclopedia.cat).

 

Typologie

 

Le report de 2161 sur la date pivot 951 (inscription de Santa Eulalia del Valle) donne -259, et 982, -197.

 

Ramire III, roi de Léon en Espagne, battu par les Galiciens révoltés, meurt de chagrin. Bermude II, son oncle, qui avoit été élu par les rebelles, prend possession du Royaume (982) (Nicolas Lenglet-Dufresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde jusqu'à l'an 1775, Tome 2, 1778 - books.google.fr).

 

Les guerres de Syrie sont une s√©rie de six conflits qui ont oppos√© les royaumes lagide et s√©leucide durant la p√©riode hell√©nistique, de 274 av. J.-C. √† 168 av. J.-C., pour la domination de la CŇďl√©-Syrie. Apr√®s la bataille d'Ipsos en 301 av. J.-C., S√©leucos Ier entend √©tendre sa domination sur la Syrie, tout comme le voudrait Ptol√©m√©e Ier, roi d'√Čgypte. Ces conflits ont √©puis√© humainement et en ressources les deux royaumes et ont conduit √† leur destruction finale et leur conqu√™te par Rome et les Parthes.

 

Antiochos II succ√®de √† son p√®re Antiochos Ier Soter en 261, et adopte tr√®s rapidement une politique agressive. La plupart des informations relatives √† cette deuxi√®me guerre de Syrie ont √©t√© perdues. Les causes de cette deuxi√®me guerre de Syrie sont encore d√©battues aujourd'hui. En effet, certains ont consid√©r√© que c'√©tait peut-√™tre une alliance entre le roi de Pergame et le roi lagide Ptol√©m√©e II qui aurait entra√ģn√© ce deuxi√®me conflit, mais cette hypoth√®se ne peut √™tre justifi√©e. Beaucoup ont tendance √† penser que c'est plut√īt la mort d'Antiochos Ier qui nourrit une volont√© d'expansion √©g√©enne chez son fils Antiochos II (fr.wikipedia.org - Guerres de Syrie).

 

L'ère des Séleucides commence en -311 du temps de Seleucos Ier Nicanor, père d'Antiochos Ier Soter qui meurt à Antioche, fondée en -300 par le premier, au retour de sa campagne malheureuse contre les Egyptiens (Antoine Jean Saint-Martin, Fragments d'une histoire des Arsacides, Tome 1, 1850 - books.google.fr).

 

Acrostiche : L HH C

 

HH : Hispaniae duae, les deux Espagnes, Hispania citerior et Hispania Ulterior (www.arretetonchar.fr).

 

D√®s -197, la partie de la p√©ninsule ib√©rique tomb√©e sous la d√©pendance de Rome est divis√©e en deux provinces : l'Hispanie cit√©rieure au nord (future Tarraconaise, avec Tarragone pour capitale), l'Hispanie ult√©rieure au sud avec C√≥rdoba pour capitale. L‚Äôadministration en incombe deux fois par an √† deux pr√©teurs m√™me si, celle-ci n‚Äô√©tait pas toujours effective. de -29 √† -19, Auguste puis Agrippa avec 5 l√©gions soumettent difficilement les montagnards Asturiens et les Cantabres. Leurs chefs soumis furent rel√©gu√©s dans une fondation au nord des Pyr√©n√©es, Lugdunum Convenarum (fr.wikipedia.org - Conqu√™te romaine de la p√©ninsule Ib√©rique, Eugeen Roegiest, Vers les sources des langues romanes: un itin√©raire linguistique √† travers la Romania, 2009 - books.google.fr).

 

L... C = 150 en numération romaine.

 

En 150, Sulpicius Galba avait conclu un trait√© avec les Lusitaniens, puis en avait massacr√© sept mille par trahison. Viriathe, p√Ętre et brigand, avait √©chapp√© par miracle. Il dirigea depuis 147 l'insurrection des Lusitaniens, s'allia aux Celtib√®res, et, par ses victoires, obligea Rome √† lui donner le titre d'ami et d'alli√©. Mais peu apr√®s l'alliance fut bris√©e par les Romains, qui firent assassiner Viriathe (Andr√© Piganiol, Esquisse d'histoire romaine, 1931 - books.google.fr).

 

O Elpa√Īa amiga,o Espa√Īa belicosa

quieres dette mi pendon alguna cosa ?

Que aqui tengo tres raros Espa√Īoles.

a Bernardo del Carpio, al Cid famoso,

Ambos de nuestra Espa√Īa raros soles,

Y el gran Pelayo norte luminoso,

Que en la tierra mi trompa eternizaua

Con voz s√ľaue y canto sonoroso ;

que aunque muertos, sus hechos infinitos,

como ellos en mi coro tengo escritos.

No menos en mi tierra y real teatro

Tengo por su valor tan sin segundo,

A esse valiente y fuerte Biriato,

Y √° Isabel y √° Fernando, luz del mundo,

A quien confío con honroso trato

Darle a Granada que en su honor me fudo

espero vn Carlos Quinto vn gran Filipo

para quien guardo a Apeles y a Lisipo (Lope de Vega, Las comedias del famoso poeta Lope de Vega Carpio. Recopiladas por Bernardo Grassa, 1609 - books.google.fr).

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