La rébellion de Montmorency

La rébellion de Montmorency

 

IX, 18

 

2116-2117

 

Le lys Dauffois portera dans Nansi,

Jusques en Flandres Electeur de l'Empire,

Neufve obturée au grand Montmorency,

Hors lieux prouvez delivre à clere peine.

 

Neuve : Castelnadaury. (T.)

Obturée : fermée. On ne lui voulut pas ouvrir les portes, (T.).

Prouves : publics. On ne le fit pas mourir en place publique. (T.)

Clere peine : manière de prononcer du Parlement de Toulouse (Les Historiettes de Tallemant des Réaux: mémoires pour servir à l'histoire du XVIIe siècle, Tome 2, 1834 - books.google.fr).

 

Nancy est prise par les Français en 1633 (Henri Torné-Chavigny, L'Histoire prédite et jugée par Nostradamus, 1860 - books.google.fr).

 

Dauffois : Offoy

 

Pierre d'Orgemont, seigneur de Chantilly, de Montjay et autres lieux, et oncle de Guillaume de Montmorency, vieillissait alors, veuf et sans enfants ; il avait décidé, dès 1484, de partager ses biens entre ses neveux et d'attribuer pour sa part à Guillaume les seigneuries de Chantilly, Auffois, Chavercy et Montespillouer (Marc Blancpain, Anne de Montmorency, "le tout-puissant": 1493-1567, 1988 - books.google.fr).

 

Offoy se situe dans le département de la Somme à environ 20 km au sud de Péronne. Dans la chapelle sud de l'église Saint-Léger d'Offoy se trouve la tombe mutilée d'une dame de Luxembourg épouse d'un Montmorency. Dans l'autre chapelle se trouve la tombe de Georges Touquet, capitaine-gouverneur d'Offoy en 1572 (fr.wikipedia.org - Eglise Saint-Léger d'Offoy).

 

La terre d'Offoy était un fief relevant de la seigneurie de Ham. En 1245, il appartenait à la famille de Saint-Simon : Mathieu de Saint-Simon, seigneur de Tricoil, Coituré, Vescelin et du domaine d'Offoy, en fait l'hommage au roi, sous cette année. Cette terre d'Offoy passa ensuite aux Luxembourg, sous le titre de seigneurie; et l'une des filles de cette maison la porta en dot à un Montmorency : ces époux firent élever la chapelle seigneuriale et l'église primitive. Au dernier siècle, cette seigneurie était possédée par M. d'Estrades et relevait du marquisat de Nesle. Enfin elle fut transmise à M. le marquis de Brancas, depuis duc de Céreste, dont le crédit auprès de Charles X obtint un titre de succursale pour cette localité peu importante (Paul Decagny, L'arrondissement de Péronne, ou recherches sur les villes, bourgs, villages et hameaux qui le composent, 1844 - books.google.fr).

 

Montmorency

 

En 1629, Gaston d'Orléans, en exil politique volontaire en Lorraine, rencontre la jeune Marguerite, sœur du duc Charles IV de Lorraine et de Bar, un prince aussi fantasque que lui, alors en guerre contre la France et dont il fréquente alors la cour. Conquis par l'innocence de la jeune princesse, il surnomme la jeune fille, alors coadjutrice de l'abbesse du chapitre noble de Remiremont, «l'Ange». Il en tombe amoureux et, avec l'accord de sa mère vivant en exil (mais pas celui du roi son frère pourtant chef de famille), il l'épouse secrètement dans un couvent de Nancy le 2 janvier 1632. Mais le Parlement de Paris déclara ce mariage nul. Ayant rejoint sa mère, il fit célébrer son mariage une deuxième fois par l'archevêque de Malines dans les Pays-Bas espagnols, et là encore l'assemblée du clergé de France, poussée par Richelieu, annule ce mariage. Pardonné par le roi, le prince rentre en France mais son épouse y est interdite de séjour. Richelieu va jusqu'à prétendre qu'une princesse de Lorraine, pourtant issue d'une Maison souveraine, n'est pas de rang suffisamment élevé pour épouser un fils de France. Dans la mesure où le roi et la reine vivent séparément, où le roi est de santé fragile, il est possible que Gaston succède à son frère. En l'empêchant de vivre avec sa femme, il l'empêche d'avoir des héritiers. Or le cardinal a marié une de ses nièces au duc d'Enghien, héritier du trône après Gaston. Si Gaston meurt sans héritier, la nièce du cardinal deviendra reine de France. Cependant, le roi et la reine finissent par avoir deux fils en 1638 et 1640. Le cardinal meurt en 1642. Le couple royal se reconstruit et le roi permet à sa belle-soeur de venir à la cour. Le couple se marie une troisième fois mais définitivement en mai 1643 (fr.wikipedia.org - Gaston de France).

 

En 1630, Gaston d’Orléans, le propre frère du roi, tente d’organiser un soulèvement général du royaume contre la tyrannie du ministre Richelieu. Montmorency, influencé par son épouse Marie-Félicie des Ursins et l'évêque d'Albi, Alphonse II d'Elbène, le soutient. Grâce à son prestige social, le duc rallie la province de son gouvernement : les États de Languedoc, vexés par l'introduction d'une réforme qui remet en cause leur droit de lever l’impôt, se rallient à leur gouverneur, ainsi que plusieurs évêques et des villes languedociennes.

 

L'appui de Gaston d'Orléans a été fatal au duc de Montmorency. Richelieu combattait l'idée qu'un fils ou frère du roi ou un prince du sang puisse troubler le royaume. Louis XIII n'ayant pas de fils à cette date, Gaston d'Orléans était le prince héritier, destiné à lui succéder. Il était donc impossible de l'atteindre. Le roi choisit de faire un exemple, poussé par Richelieu qui, dans ses Mémoires, explique la nécessité de cette rigueur pour que personne ne se crût au dessus du châtiment et que le duc d'Orléans ne trouve plus de complice. Louis XIII décide donc de livrer le duc de Montmorency au Parlement de Toulouse, lui faisant une seule grâce, celle que l'exécution, prévue en place publique, se fasse seulement dans la cour du Capitole (fr.wikipedia.org - Henri II de Montmorency).

 

En 1629 Schomberg joignit l'armée d'Italie, et reçut un coup de feu dans les reins à l'attaque du pas de Suze; l'année suivante il prit part à la conquête de la Savoie, s'empara de Veillane, et concourut à l'investissement de Casal, qui fut du reste rendu au duc de Mantoue. Il venait, avec le maréchal de La Force, de soumettre la Lorraine (1631), lorsqu'il fut envoyé dans le midi pour y combattre l'armée des rebelles, commandée par le frère du roi et le duc de Montmorency ; il rencontra ce dernier à Castelnaudary; la promptitude et l'habileté de ses manœuvres décidèrent en quelques instants du succès de la journée (1er septembre 1632). Le gouvernement du Languedoc, que l'on ôta à son adversaire, fut le prix de sa victoire. Bientôt après il mourait d'apoplexie, à Bordeaux. Le chagrin très-vif que lui inspira la condamnation de Montmorency, dont il avait imploré la grâce, abrégea, dit-on, ses jours. Schomberg passait pour l'un des plus savants hommes de son temps; il se montra habile dans la politique et dans la guerre, et protégea les gens de lettres. On a de lui une Relation de la guerre d'Italie (Paris, 1630, in-4°) (Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 43, 1867 - books.google.fr).

 

Schomberg était comte de Nanteuil le Haudouin (fr.wikipedia.org - Nanteuil-le-Haudouin).

 

Près de Montépilloy, Charversy (Trumilly) possessions des Montmorency. On a aussi les Fosses de Nancy à Houdancourt, toujours dans l'Oise, sur l'Oise à 12 km au nord de Montépilloy.

 

Le ruisseau de Nancy se forme dans le marais de Chevrières, près de la chaussée du Bout-d'Amont; il se dirige d'abord vers l'Ouest, puis au Sud; et après avoir reçu sur la rive droite un petit cours d'eau nommé l'ancien fossé, venant d'Houdancourt, il rejoint l'Oise au pont de Nancy, sur la limite des communes d'Houdancourt et de Longueil (Louis Graves, Précis statistique sur le canton d'Estrées-St-Denis, arrondissement de Compiègne (Oise), 1832 - books.google.fr).

 

Philippe de La Motte-Houdancourt, duc de Cardona, maréchal de France, né en 1605, mort à Paris en 1657, fit ses premières armes à l'âge de dix-sept ans sous le duc de Montmorency, et se distingua dans un grand nombre de combats en France, dans les Pays-Bas et en Piémont, où sa conduite aux siéges de Chiers (1637) et de Turin le signala comme digne d'un commandement supérieur (Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, 1838 - books.google.fr).

 

En 1625, il se trouva au combat naval où le duc de Montmorency battit les Rochellois, le 15 septembre, et à la défaite des Anglais dans l'île de Ré, le 8 novembre 1627. En 1629 il assista aux siéges de Soyon, de Pamiers, de Réalmont, de Saint-Sever, de Castelnau et de Privas. Il concourut à l'attaque de Pignerol en 1630, de Brigneras, du pont de Carignan, où il fut blessé, le 6 août, et se trouva à l'affaire de Castelnaudary, le 1er septembre 1632. Il obtint la même année le gouvernement de Bellegarde. Nommé mestre de camp d'un régiment d'infanterie qu'il leva en 1633, il assista au siège de Nancy, combattit à Avein, le 20 mai 1635, au siège de Louvain, et à la prise du fort de Schenk (Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, Tome 29 : La Liborliére - Lavoisien, 1862 - books.google.fr).

 

"Lys"

 

Les Maréchaux de France portent, pour marque de leur dignité, deux bâtons d'azur, semés de fleurs de Lys d'or, passés en sautoir derrière l'écu de leurs armes. Louis de la Chastre, mort en 1630, fut maréchal en 1616, et Henri II de Montmorency en 1630 (Le Grand dictionnaire historique, Tome V, 1733 - books.google.fr).

 

À la suite de la perte de sa charge d'amiral, Henri continue le combat sur terre. Lors de la guerre de succession de Mantoue, Henri II remporte le 10 juillet 1630 la bataille de Veillane où il s'illustre à la tête des gendarmes du Roi capturant le général Carlo Doria, duc de Tursi. Il fait lever le siège de Casal et prend Saluces. Ces exploits en Piémont lui valent le bâton de maréchal de France en novembre 1630 mais le promu conserve rancune contre Richelieu qui, lors de cette campagne d'Italie, lui a adjoint un second commandant, le surintendant des Finances Effiat (fr.wikipedia.org - Henri II de Montmorency).

 

Nançay ou "Nancy" ?

 

Nancy : lisez Nançay (Mémoires pour L'Histoire des Sciences et des Beaux Arts, 1723 - books.google.fr).

 

Déjà dans une édition de l'Histoire de Sablé de Ménage, la confusion est faite : "Gabriel de la Chastre, Seigneur de Nancy" sous François Ier (Gilles Ménage, Histoire De Sable, Partie 1, 1683 - books.google.fr, Jean Chenu, Liure des offices de France, 1620 - books.google.fr).

 

A une certaine époque, le comte de Nançay, Edme de La Châtre, fut un proche du duc Gaston d'Orléans. Il est le petit-fils de Gaspard de La Châtre à qui Charles IX confia la garde, en 1574, du connétable de Montmorency qu'il avait fait arrêter. Charles de l'Aubépine, appelé Châteauneuf, ancien page de Montmorency dont il deviendra l'un des juges en 1632, était le fils de Marie de La Châtre (Nouvelle biographie générale, Volumes 27 à 28, 1861 - books.google.fr, Mémoires du comte de la Châtre: contenant la fin du règne de Louis XIII et le commencement de celui de Louis XIV. Extraits des mémoires de Henri de Campion, 1826 - books.google.fr).

 

De fait, dans ces années où Tristan L'Hermite tarde à retrouver la faveur de Gaston d'Orléans, un élément intervient qui perturbe quelque peu sa production littéraire: la maladie. Les premières atteintes de la phtisie qui va l'emporter quelques années plus tard commencent à se faire sentir. Dans une réponse au comte de Saint-Aignan, qui le presse d'achever sa Panthée malgré les maux dont il souffre, il se plaint de façon prémonitoire de mourir «à petit feu de la fièvre lente qui (le) consume». Une constitution fragile, des ennuis de santé divers l'amènent à consulter en permanence les médecins - ce dont témoignent les nombreux vers et lettres qu'il leur adresse -, et ralentissent son activité littéraire qui se réduit dans ces années-là, outre ses deux tragédies, à la publication en 1638 des Amours, dont le privilège remontait à 1635, et qui n'offrent en fait, par rapport aux Plaintes d'Acante, que soixante-douze poèmes nouveaux sur les quelque cinq cents proposés. L'inspiration du recueil, manifeste dans son titre même, renvoie aux plaisirs galants de la société mondaine qu'il fréquente. La dédicace en est adressée au comte de Nançay, qui est à ce moment-là, avec le comte de Saint- Aignan, un des protecteurs du poète. L'un et l'autre dans les faveurs de Gaston d'Orléans, ils sont aussi les amis d'Esprit de Modène et d'un autre seigneur auquel Tristan va lier son sort, Henri de Lorraine, futur duc de Guise, pour l'heure archevêque de Reims (Roger Guichemerre, Oeuvres complètes de François Tristan L'Hermite, Tome 1,  1999 - books.google.fr).

 

Edme de La Châtre est à Bourbon lors de la venue de Gaston d'Orléans en 1642 (M. Dimoff, Cures thermales et curistes au XVIIe siècle : Scarron et Madame de Sévigné, Mémoires de l'Académie de Stanislas, 1962 - books.google.fr).

 

"Electeur de l'Empire"

 

Qui ne rime pas avec "clere peine" (Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France: formation et fortune, Tome 3, 1999 - books.google.fr).

 

Cet électeur peut être Frédéric V électeur du Palatinat, concurrent à la couronne de Bohême de Ferdinand II, ce qui occasionna la guerre de Trente Ans. Il meurt d'ailleurs en 1632, comme Schomberg, le roi de Suède Gustave-Adolphe et Montmorency.

 

Flandres

 

Pour lutter contre Frédéric V, des troupes impériales stationnées en Flandres sont envoyées pour conquérir le Palatinat. Dans le même temps le "massacre sacré de la Valteline" (sagrada matanza de Valtelina) est perpétré pour assurer la domination espagnole dans cette région clé faisant la liaison entre Italie et Empire (Alain Hugon, Au service du roi catholique: Honorables ambassadeurs et divins espions : représentation diplomatique et service secret dans les relations hispano-françaises de 1598 à 1635, 2004 - books.google.fr).

 

Le duc d'Orléans a trouvé refuge à Bruxelles aux Pays-Bas espagnols au mois de novembre 1632, après la mort du duc de Montmorency. Il y demeure jusqu'au mois d'octobre 1634, en compagnie du président Le Coigneux et de Puylaurens, ses deux principaux conseillers. Ce n'est qu'à cette date qu'un accommodement est trouvé avec Richelieu. Monsieur regagne alors le royaume avec Puylaurens, tandis que Le Coigneux reste en exil auprès de la Reine mère (Marie-Catherine Vignal Souleyreau, Le cardinal de Richelieu à la conquête de la Lorraine: correspondance - 1633, 2010 - books.google.fr).

 

En échange du soutien de l'Espagne dans sa rébellion, Gaston d'Orléans promettait l'établissement d'une «forte paix entre les deux couronnes d'Espagne et de France», sur la base d'une reddition mutuelle des places prises et régions occupées appartenant à l'adversaire avec, pour la France, l'obligation d'abandonner ses alliés protestants, Suédois et princes allemands. Monsieur ne s'engageait qu'en son nom propre, pour garantir la sécurité de ses complices en leur ouvrant l'asile de Sedan (Georges Dethan, Gaston d'Orléans: conspirateur et prince charmant, 1959 - books.google.fr).

 

"portera"

 

Pierre de La Porte servait d'intermédiaire ("portera") entre le duc Charles IV de Lorraine et le duc de Feria ainsi qu'avec le comte d'Emden, gouverneur espagnol de Thionville. Il ne semble pas qu'il servit de même entre Montmorency, dont il parle dans ses Mémoires, et la Lorraine. Montmorency était au courant du mariage effectif de Gaston d'Orléans et de Marguerite de Lorraine qu'il avoua pendant son procès.

 

Le 15 janvier 1634, Richelieu écrit à Bouthillier Avenel (éd.), Lettres, instructions..., ouvrage cité, t. V, p. 571] : «je ne sçay ce que c'est que La Porte, armee à Lyon, mais bien qu'un enseigne ou exempt des gardes de Monsieur de Lorraine, qui y Fust arresté lorsque le Roy y omit, et qui depuis s'est sauvé de Pierre-Ancize, s'appeloit ainsi. Vous pourrez sçavoir si c'est le mesme». Détenteur de la charge de portemanteau de la Reine, Pierre de La Porte (1603-1680) est entré au service d'Anne d'Autriche en 1621. Serviteur aussi dévoué que discret, La Porte devient l'intermédiaire de la souveraine dans les relations épistolaires secrêtes qu'elle entretient avec le roi d'Espagne, l'infante Isabelle-Claire-Eugénie et la duchesse de Chevreuse. Disgracié en 1625, Pierre de La Porte est éloigné de la cour mais peut intégrer une compagnie de gendarmes. Il ne s'en fait pas moins l'ennemi déclaré de Richelieu, et est emprisonné à Pierre-Encise en janvier 1630, pendant le séjour de la cour à Lyon. Rétabli dans ses fonctions de portemanteau en 1631, il continue à faciliter les correspondances illicites d'Anne d'Autriche. Au mois d'août 1637, impliqué dans l'affaire du Val-de-Grâce, il est embastillé. Durant sa détention, il subit de nombreux interrogatoires mais ne dévoile rien. Il fait aussi la connaissance du comte de Cramail. Sa discrétion et sa loyauté absolue envers la Reine contribuent certainement au rapprochement qui peut s'opérer avec le Roi en 1638. Libéré au mois de mai de cette année, il se retire à Saumur, où il réside jusqu'au décès de Louis XIII. Devenue régente, Anne d'Autriche le rappelle et lui permet d'acquérir la charge de premier valet de chambre de Louis XIV. Mais sa franchise concernant les rumeurs nées de la familiarité de la Reine avec Mazarin entraîne une seconde disgrâce en 1653. Il est l'auteur de Mémoires contenant plusieurs particularités des règnes de Louis XIII et de Louis XIV, que Tallemant des Réaux a certainement consulté dans leur forme manuscrite pour la rédaction de ses Historiettes. Les Mémoires du Pierre de La Porte paraissent à Genève en 1756 (Le cardinal de Richelieu à la conquête de la Lorraine: Correspondance, 1633, 2010 - books.google.fr, Georges Avenel, Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'état du Cardinal de Richelieu, Tome 4, 1861 - books.google.fr, Pierre de La Porte, Mémoires contenant plusieurs particularités des règnes de Louis XIII & de Louis XIV, 1756 - books.google.fr).

 

Le duc de Feria

 

Au début du règne d’Henri IV des projets pour soutenir les «vrais catholiques» (par opposition aux Politiques) sont ébauchés, le gouverneur Fuentes met ses moyens à la disposition des conjurés. Les conspirations de Biron et d'Auvergne se traitent depuis cette base milanaise. Par la suite, le prince de Condé y trouve un exil que seule la disparition du Vert Galant lui permet de quitter. A partir des années 1620, Milan devient une véritable place d'armes, à cause de la question de la Valteline, de la guerre de Mantoue, de l'approvisionnement des fronts hollandais (rouvert en 1621) et allemand (Madrid intervient dans la guerre de Trente ans dès 1618 par des aides constantes à l'empereur). Ces engagements souterrains depuis le Milanais sont d'autant plus importants que Madrid place à la direction de ces territoires des faucons pour les éloigner de la direction des affaires espagnoles, ainsi que l'illustre le cas du comte de Fuentes, écarté par le valido, le favori, de Philippe III, le duc de Lerma. A Gênes, poumon financier de Madrid, on tente d'éviter toute immixtion française susceptible de modifier l'équilibre favorable à l'Espagne, instauré depuis 1527. L'ambassadeur espagnol auprès de la république ligure est un des piliers de l'information sur la situation en Provence et en Languedoc, sur les relations françaises avec les Barbaresques et les questions de la course. Marseille constitue une des étapes privilégiées des indicateurs espagnols. Enfin, le soutien financier et militaire de Madrid à la révolte du duc de Montmorency en 1632 passe par cette mission remarquablement située à l'intersection de Naples et de Milan. Située entre les possessions de la maison d'Autriche et le royaume de Naples, à proximité des cantons suisses et de la route des tercios, Venise constitue le centre d'information idéal sur la Méditerranée orientale (Alain Hugon, Le renseignement espagnol face à la France à l'aube du XVIIe siècle : vocation internationale et catholicité, Revue d'histoire diplomatique, Volume 111, 1997  - books.google.fr).

 

Alors que le maréchal de la Force oblige le duc de Lorraine à livrer Nancy, le duc de Feria, avec une armée de 15,000 Espagnols, qui avait traversé la Valteline et le Tyrol, arrivait dans la Souabe, se réunissait à l'armée impériale d'Altringer, passait le Rhin à Bâle et entrait en Alsace, d'où les Suédois et le maréchal de la Force le repoussèrent et l'obligèrent à repasser le Rhin (Louis Dussieux, Les grands Généraux de Louis XIII, 1887 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain IX, 16 - Guerre de succession de Montferrat - 2115-2116 où le duc de Feria serait appelé par le nom de sa femme ("Ribiere" : Ribera).

 

Typologie

 

Le report de 2117 sur la date pivot 1633 (siège de Nancy) donne 1150.

 

Raymond Trencarel, 2e fils de Bernard Aton, ne recueillit pas sans contradiction la succession que Roger son frère lui avoit laissée en 1150. Elle lui fut d'abord contestée par Bernard Aton, vicomte de Nimes, son autre frère, mécontent de n'avoir point eu de part dans le testament de Roger ; mais ils s'accommodèrent au moyen de la ville d'Agde que Raymond Trencavel céda à son frére. D'un autre côté, Raymond Bérenger IV, comte de Barcelone, voulut faire revivre ses droits sur le Carcassez et le Razez; pour le satisfaire, il fallut que Trencavel reprit en fief, de lui, le Carcassez, le Rasez et le Lauraguais, avec toutes leurs dépendances. Cet hommage étoit, de la part de Trencavel, un acte de félonie envers le comte de Toulouse, son suzerain. Raymond V, qui possédoit alors le conté de Toulouse, déclara la guerre à Trencavel l'an 1153, et l'ayant fait prisonnier, il le mit dans une étroite prison d'où il ne sortit que l'année suivante, après avoir reconnu la suzeraineté des comtes de Toulouse et promis une forte rançon. L'an 1157, R. Trencavel se ligue avec le comte de Barcelone qu'il reconnoit de nouveau pour son suzerain, et avec Henri II roi d'Angleterre, contre le comte de Toulouse. L'an 1163, Trencavel se réconcilie avec ce dernier, par ordre et en considération du roi de France, Louis le jeune. L'an 1167, le 15 octobre (un dimanche), il est assassiné par les bourgeois de Beziers, dans l'église de la Madeleine de cette ville. Raymond Trencavel avoit épousé : 1° Adélaïde, dont on ignore l'origine ; 2. Saure, qui se qualifioit comtesse. Du 1er lit, il eut : Cécile, mariée en 1151, à Roger Bernard comte de Foix ; du 2me lit, Roger qui lui succéda dans tous ses domaines, et Raymond qui fut simplement apanagé; et deux filles : Adélaïde, femme de Sicard vicomte de Lautrec, et Beatrix, mariée à Raymond VI comte de Toulouse (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, Tome 5, 1867 - books.google.fr).

 

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