La colère des dieux

La colère des dieux

 

IX, 100

 

2177

 

Naualle pugne nuit sera superee,

Le feu aux naues à l'Occident ruine:e

Rubriche neufue, la grand nef coloree,

Ire à vaincu, & victoire en bruine.

 

"Rubriche"

 

Le mot Rubrique, rubrica, √©tait autrefois synonyme d'√©criture en caract√®res rouges : on s'en servait pour d√©signer certaines parties du code des lois romaines, comme les titres, les sommaires, etc., qui √©taient √©crits avec de l'encre de cette couleur; quelquefois on d√©signait par ce mot les lois elles-m√™mes : Perlege rubras majorum leges, dit Juv√©nal (sat. 14). C'est probablement ce qui a fait que dans le langage eccl√©siastique on a appel√© du nom de Rubriques les r√®gles qui indiquent la mani√®re d'offrir le saint Sacrifice et de pratiquer les c√©r√©monies qui doivent accompagner cette oblation. Gavanti fait trois observations assez dignes d'attention sur l'origine et l'antiquit√© de ce mot. Il dit : 1¬į. qu'il a trouv√© des manuscrits tr√®s-anciens, quoique en petit nombre, dans la biblioth√®que du Vatican, o√Ļ les r√®gles du Missel √©taient √©crites en rouge; 2¬į. que le mot Rubrique, employ√© dans les Rituels, Directoires et autres livres de ce genre, remonte √† une haute antiquit√©; qu'on le trouve dans un inventaire de la sacristie pontificale, dress√© sous Boniface VII avant la fin du Xe si√®cle; 3¬į. que ce mot parait n'avoir √©t√© introduit que plus tard dans le Missel m√™me. Je n'ai pas connaissance, ajoute ce savant liturgiste, que le mot de Rubrique ait √©t√© employ√© dans les Missels avant l'an 1857, ni que personne, avant saint Pie V, l‚Äôait fait figurer comme titre g√©n√©ral des r√®gles √† la t√™te desquelles il se trouve aujourd'hui. Ce m√™me mot est maintenant d'un usage universel, et tout le monde l'entend dans le sens de saint Pie V (Pierre Fran√ßois Richaudeau, Nouveau trait√© des saints myst√®res conforme aux r√®gles de la Liturgie Romaine, 1853 - books.google.fr).

 

Les premiers missels apparaissent vers la fin du Xe si√®cle et au XIe. Pendant le XIe si√®cle, sacramentaires et missels se c√ītoient puis, au cours du XIIe si√®cle, le premier dispara√ģt au profit du second. Le missel est le livre dont se sert le pr√™tre √† l'autel pour c√©l√©brer la messe (Ecriture et enluminure en Lorraine au Moyen Age: catalogue de l'exposition "La plume et le parchemin", 1984 - books.google.fr).

 

On pourrait donc situer temporellement le quatrain à la fin du Xe siècle.

 

"grand nef coloree" : couleurs liturgiques

 

La "grand nef" pourrait être le vaisseau d'un église pris comme le symbole de l'Eglise.

 

Le ph√©nom√®ne de l'apparition et la premi√®re diffusion des couleurs liturgiques s'inscrit pleinement dans le vaste mouvement de ¬ęmise en couleurs¬Ľ des √©glises qui se produit entre le IXe et le XIIIe si√®cle et que j'ai √©tudi√© par ailleurs. Bien des pr√©lats sont alors ¬ęchromophiles¬Ľ (Suger en est peut-√™tre l'exemple le plus achev√©) et, comme bien souvent sur ces questions, art, arch√©ologie, th√©ologie et liturgie ne peuvent ici √™tre dissoci√©s. Toutes les couleurs, qu'elles prennent place sur le tissu ou sur le verre, sur la pierre ou sur le parchemin, qu'elles soient permanentes ou √©ph√©m√®res, se parlent et se r√©pondent √† l'int√©rieur de l'√©difice. La couleur articule l'espace et le temps, exprime des rythmes et des accents, distingue les acteurs, les lieux et les moments. √Ä partir de la fin du XIIe si√®cle, il n'y a pas de th√©√Ętralit√© sans couleur, pas de culte sans couleur.

 

√Ä partir de l'√©poque carolingienne, peut-√™tre m√™me ant√©rieurement (d√®s le VIe si√®cle, lorsqu'un certain luxe fait son entr√©e dans l'√©glise), l'or et les couleurs brillantes s'emparent des tissus et du vestiaire cultuels. Mais les usages varient grandement selon les dioc√®ses, et il est bien difficile de mettre en valeur avant le XIIIe si√®cle des pratiques de la couleur qui seraient communes √† toute la chr√©tient√© romaine. [...] Apr√®s l'an mil, les textes sur la symbolique religieuse des couleurs se font plus nombreux 12. Anonymes, difficiles √† dater et √† localiser, ces textes restent purement sp√©culatifs et ne pr√©tendent en rien d√©crire les usages de tel ou tel dioc√®se, encore moins ceux de la chr√©tient√© dans son ensemble. Au reste, ils glosent sur un nombre de couleurs ‚ÄĒ sept, huit, douze ‚ÄĒ sup√©rieur √† celui dont se sert alors le culte chr√©tien et dont il se servira par la suite. Pour l'historien, la difficult√© est d'appr√©cier la port√©e qu'ont pu avoir ces textes sur les r√©flexions et les recommandations des grands liturgistes des XIIe et XIIIe si√®cles. √Ä partir du XIIe si√®cle, en effet, les liturgistes commencent √† parler de plus en plus fr√©quemment des couleurs. Ce n'est pas qu'ils d√©taillent des pratiques v√©ritables, mais, √† les lire, on sent bien que la couleur a d√©sormais acquis dans le rituel de la messe une place importante

 

Il existe quatre couleurs principales par lesquelles l'Eglise romaine distingue les v√™tements sacr√©s en liaison avec les f√™tes de l'ann√©e : le blanc, le rouge, le noir et le vert. Dans la loi [mosa√Įque], il y avait aussi quatre couleurs : le blanc, le pourpre, le violet et le vermillon (Ex. 28, 15).

 

Comme la liturgie, comme la théologie, comme l'héraldique, la société a mis le temps en couleurs (Michel Pastoureau, Le temps mis en couleurs : des couleurs liturgiques aux modes vestimentaires (XIIe-XIIIe siècles). In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1999, tome 157 - www.persee.fr).

 

Nuit de No√ęl

 

L'erreur qui consiste √† confondre Yule (Solstice) et No√ęl, ¬ęla Messe du Christ¬Ľ, comme si ces deux c√©l√©brations avaient la m√™me origine, se produit encore de nos jours. Des expressions telles que ¬ęl'origine de No√ęl remonte √† quatre mille ans¬Ľ ou ¬ęles origines pa√Įennes de No√ęl¬Ľ et d'autres formules erron√©es n'ont pu qu'ajouter √† la confusion, alors qu'il est certainement exact que certains symboles et traditions populaires de notre c√©l√©bration de No√ęl √† la maison ont leur origine parmi les coutumes pr√©-chr√©tiennes du temps de No√ęl Mais No√ęl, en tant que f√™te, dans sa signification et son message, n'est aucunement rattach√© √† la mythologie pa√Įenne. La Nativit√© devint bient√īt une f√™te d'une telle importance que, d√®s le Ve si√®cle elle marque le d√©but de l'ann√©e liturgique. Apr√®s le Xe si√®cle cependant, la p√©riode de l'Avent fut incluse dans le cycle de No√ęl; et ainsi l'ann√©e liturgique commen√ßa le premier dimanche de l'Avent. En 425, l'empereur Th√©odose supprima les jeux cruels du cirque le jour de No√ęl, et l'empereur Justinien, en 529, interdit tout travail, d√©clarant No√ęl jour f√©ri√©. En 506, le Concile d'Agde invita tous les chr√©tiens √† recevoir ce jour-l√† la Sainte Communion. Le Concile de Tours (567) proclama que les douze jours qui relient No√ęl √† l'√Čpiphanie sont une p√©riode sainte et sacr√©e, et institua le devoir du je√Ľne pendant l'Avent pour pr√©parer la f√™te. Le Concile de Braga (563) interdit de je√Ľner le jour de No√ęl. Ainsi tout fut fait pour qu'on c√©l√®bre dans l'all√©gresse la Nativit√© du Seigneur, non seulement dans la maison de Dieu, mais aussi dans les cŇďurs et dans les foyers des fid√®le.

 

Les grands pionniers de la religion et les missionnaires qui apport√®rent le christianisme aux tribus pa√Įennes d'Europe, introduisirent aussi chez elles la c√©l√©bration de No√ęl. Ce fut en 461 que saint Patrick l'introduisit en Irlande, saint Augustin de Cantorb√©ry en Angleterre en 604, saint Boniface en Allemagne en 754. Les moines irlandais saint Colomban (en 615) et saint Gall (en 646) l'introduisirent en Suisse et en Autriche occidentale. Les Scandinaves la doivent √† saint Ansgar (865). Les tribus slaves √† leurs ap√ītres, les fr√®res saint Cyrille (869) et saint M√©thode (885), et la Hongrie √† saint Adalbert (997). La plupart de ces saints furent les premiers √©v√™ques des pays qu'ils avaient convertis et c'est en tant que tels qu'ils y √©tablirent et y r√©glement√®rent la c√©l√©bration de la Nativit√©. En Angleterre, saint Augustin l'entoura d'une grande solennit√©. Le jour de No√ęl 598, il baptisa plus de dix mille britanniques. En Allemagne, l'observance des f√™tes de No√ęl fut r√©glement√©e officiellement par un synode qui se tint √† Mayence en 813. Aux environs de l'ann√©e 1100, toutes les nations d'Europe avaient accept√© le christianisme (Francis Xaver Weiser, F√™tes et coutumes chr√©tinennes: de la liturgie au folkore, 1961 - books.google.fr).

 

Bien longtemps avant saint Gr√©goire l'usage s'√©tait √©tabli de c√©l√©brer une messe pendant la nuit de No√ęl. Le Liber pontificalis en parle dans la vie du tr√®s ancien pape T√©lesphore, √† qui il en attribue l'institution. A P√Ęques et √† la Pentec√īte on c√©l√©brait aussi deux messes solennelles, l'une au Latran pendant la nuit, l'autre √† Sainte-Marie-Majeure ou √† Saint-Pierre. La premi√®re √©tait comme le dernier acte de la liturgie baptismale, l'autre √©tait imm√©diatement en rapport avec la f√™te du jour. A No√ęl on n'avait pas la m√™me raison de c√©l√©brer une messe de nuit, mais on en avait une autre, le d√©sir de solemniser le moment pr√©cis o√Ļ, comme le marque l'Evangile selon saint Luc, l'enfant J√©sus √©tait venu au monde, o√Ļ les anges avaient annonc√© sa naissance aux bergers et fait retentir les airs de l'acclamation : Gloire √† Dieu dans les hauteurs des cieux. Cette intention est tr√®s clairement indiqu√©e par l'usage romain, d√©j√† introduit au Ve si√®cle, de chanter le Gloria in excelsis √† la messe de nuit. Le pape Symmaque (498-514) prescrivit, il est vrai, d'ex√©cuter ce cantique tous les dimanches et √† toutes les f√™tes des saints; mais avant lui il avait √©t√© propre √† la solemnit√© de No√ęl et √† la seule messe de nuit (L. Duchesne, Notes sur la topographiqe de Rome au Moyen √āge, M√©langes d'arch√©ologie et d'histoire, Volume 7, Ecole fran√ßaise de Rome, 1887 - books.google.fr).

 

Le roi Su√©non √† la barbe fourchue pr√©parait, comme plusieurs sagas nous le racontent, un grand festin √† Ringsted, o√Ļ il voulait vider avec ses hommes le gobelet de bi√®re fun√®bre en l'honneur de son p√®re. Strut-Harald en Scanie et Vescte dans l'√ģle de Bornholm √©taient aussi morts. Le roi envoya alors √† Iomsborg inviter les fils de ces chefs √† venir assister au festin, afin de vider dans cette occasion le gobelet de bi√®re fun√®bre en m√©moire de leurs parents.

 

Le roi avait charg√© quelques-uns de ses hommes de verser aux chefs des Iomsvikingues la boisson la plus capiteuse, ce qui les mit en tr√®s belle humeur. Le roi les d√©fia alors de faire √† leur tour des promesses dignes de h√©ros si illustres. Sigvalde leva aussit√īt le gobelet et le vida le premier en souvenir de son p√®re en faisant le voeu de tuer, avant que trois hivers fussent √©coul√©s, Hakon jarl de Norv√©ge ou de l'expulser du pays; Thorkel √† la grande taille fit le vocu de suivre son fr√®re; Bue digre et plusieurs des chefs des Iomsvikingues promirent, de la m√™me mani√®re solennelle, d'accompagner Sigvalde, et Vagn ajouta √† son voeu de ne point revenir en Danemark avant d'avoir tu√© le grand chef norv√©gien, Thorkel leira, et de s'√™tre couch√© avec sa fille la belle Ingeborg, sans en avoir demand√© l'assentiment de ses parents. Apr√®s avoir prononc√© ces voeux, ils se s√©par√®rent pour aller se reposer; le lendemain, en se rappelant la mani√®re irr√©fl√©chie dont ils avaient parl√©, ils s'en repentirent, mais il √©tait trop tard d'y rem√©dier.

 

A peine le festin fut-il termin√©, que les lomsvikingues r√©solurent de partir pour la Norv√©ge, afin que Hakon iarl et ses fils ne fussent pas pr√©venus de leur projet. Avec leur flotte bien arm√©e qui se composait de 60 vaisseaux longs, ils arriv√®rent la nuit de no√ęl √† la c√īte de Iadar; doublant ensuite le cap Stad, ils d√©pass√®rent les √ģles de Hereyiar et celle de H√∂d, et entr√®rent dans la baie de Hj√∂rung, de mani√®re que Bue y arriva le premier avec ses navires, puis Vagn et ensuite Sigvalde qui fut le dernier. Ils y rencontr√®rent les iarls qui ayant √©t√© inform√©s de leur arriv√©e, y avait rassembl√© une flotte de cent cinquante navires. Il fut livr√© alors un combat naval tr√®s imp√©tueux, dont le bruit se r√©pandit au loin. Les Iomsvikingues attaqu√®rent avec une intr√©pidit√© tout-√†-fait h√©ro√Įque les Norv√©giens qui leur √©taient tr√®s sup√©rieurs en nombre, de mani√®re qu'il y eut une lutte de cinq contre un (C.-C. Rafn, Inscriptions runiques du Slesvig m√©ridional, M√©moires de la Soci√©t√© Royale des Antiquaires du Nord, 1850 - books.google.fr).

 

Après avoir vainement tenté de reprendre la Norvège en personne, le roi danois envoya contre Haakon les Vikings de Jomsborg, mais ils furent massacrés par le jarl à la bataille du détroit de Hjörung (ou de Hjörungavágr). Une saga précise qu’il avait sacrifié un de ses fils à une déesse pour s’assurer de la victoire

 

La Bataille de Hj√∂rungav√°gr (Hj√łrungav√•g en norv√©gien moderne) ou du d√©troit de Hj√∂rung est un affrontement naval semi-l√©gendaire qui aurait eu lieu √† la fin du xe si√®cle et qui aurait oppos√© les Jarls de Lade aux envahisseurs danois men√©s par les Jomsvikings. La bataille est d√©crite dans les sagas des rois norv√©giens telles que la Heimskringla, la J√≥msv√≠kinga saga ou la Gesta Danorum de Saxo Grammaticus. Quoique ces textes soient souvent fabuleux les historiens s'accordent sur le fait qu'ils reposent sur des faits r√©els sur l'ile de Hareidlandet.

 

La bataille est décrite dans les sagas royales norvégiennes (comme la Heimskringla) ainsi que dans la Jómsvíkinga saga et la Gesta Danorum de Saxo Grammaticus. Ces apports littéraires tardifs sont quelque peu fantaisistes, mais les historiens leur accordent une part de vérité (fr.wikipedia.org - Bataille du détroit de Hjörung).

 

"feu"

 

Une fois arriv√©s en Norv√®ge, les Jomsvikingar mettent le pays √† feu et √† sang. Ayant eu vent de ces √©v√©nements, le souverain norv√©gien, H√°kon Sigurdarson, mobilise le lei√įangr, la ¬ęlev√©e navale¬Ľ et fait voile vers le sud pour repousser l'ennemi (Nicolas Meylan, ,Religion, mythe et politique en Islande m√©di√©vale, 2020 - books.google.fr).

 

Paganisme et christianisme : "ire à vaincu", la colère des dieux

 

Le jarl de Lade (Hla√įir) Haakon Sigurdsson (vieux norrois H√°kon Sigur√įarson, norv√©gien H√•kon Sigurdsson), surnomm√© le Puissant, est n√© vers 937 √† Lade et mort en 995 √† Romol, aujourd'hui Melhus en Norv√®ge. Il exer√ßa le pouvoir dans ce pays avec le titre de jarl jusqu‚Äôen 995. Sa vie nous est connue principalement gr√Ęce √† la Heimskringla, Ňďuvre de l'Islandais Snorri Sturluson.

 

En 974, le jarl Haakon vient renforcer son souverain au Jutland lorsque Harald √† la Dent bleue se trouve menac√© par une exp√©dition men√©e par Otton II du Saint-Empire. La bataille a lieu autour du Danevirke et Haakon et Harald sont vaincus. Harald est converti au christianisme par Otton et Haakon, rest√© pa√Įen, va √™tre √† son tour forc√© d‚Äôaccepter le bapt√™me et de renoncer aux idoles. Cependant Haakon, apr√®s avoir quitt√© la cour du roi et mis les voiles avec toute sa flotte pour retourner en Norv√®ge, en profite pour chasser les pr√™tres qui lui avaient √©t√© allou√©s pour entamer la christianisation de son pays. (fr.wikipedia.org - Haakon Sigurdsson).

 

Harald imposa au Jarl Hakon et √† ses partisans l'obligation de se soumettre √† la c√©r√©monie du bapt√™me, et lui persuada de prendre √† bord de sa flotte quelques pr√™tres Chr√©tiens pour essayer la conversion de la Norw√©ge. Mais le Jarl profita d'un vent favorable pour traverser le Sund, y laissa les missionnaires Chr√©tiens, et fit voile pour la c√īte du Gothland. Il d√©barqua et offrit un grand sacrifice pour apaiser la col√®re des Dieux offens√©s de son apostasie, et leur demanda conseil sur la direction qu'il devait suivre. A cet instant, deux corbeaux, oiseaux consacr√©s √† Odin, s'envol√®rent audessus de sa t√™te; il interpr√©ta ce fait comme un augure favorable. Il br√Ľla ses vaisseaux, poursuivit sa route √† travers la Su√®de, rencontra sur son passage et massacra le Jarl de Gothland, mit toute la contr√©e √† feu et √† sang, et retourna en Norw√©ge par l'int√©rieur d√©s terres; de l√†, Hakon se dirigea vers le port o√Ļ mouillait l'escadre Danoise qui avait transport√© d'autres missionnaires pour essayer de convertir la Norw√©ge; mais les Danois, pr√©venus √† temps, √©taient retourn√©s dans leur contr√©e. D√®s ce moment, Harald et Hakon devinrent ouvertement ennemis (Henry Wheaton, Histoire des peuples du Nord, ou des Danois et des Normands, 1844 - books.google.fr).

 

Un des jarl norv√©giens, Haakon Sigurdsson, doit ses victoires, selon les po√®mes des Skaldes, √† l'intervention des dieux dont ¬ęil a rendu les temples au peuple¬Ľ, en opposition aux tentatives d'unification politique et de la christianisation qui avaient √©t√© faites durant la premi√®re moiti√© du 10e si√®cle par Haakon le Bon. Ce caract√®re politique des apostasies des seigneurs s'opposant avec leur peuple au pouvoir central, qui, pour de nombreuses raisons ‚ÄĒ nous les laisserons de c√īt√© ‚ÄĒ identifiait du 9e au 11e si√®cle ses int√©r√™ts propres avec le avec le christianisme, appara√ģt dans de nombreux pays au cours d'une m√™me √©tape pr√©liminaire de la formation des institutions monarchiques et de la propagation de la nouvelle religion (H√©r√©sies et soci√©t√©s dans l'Europe pr√©-industrielle 11e‚Äď18e si√®cles, 2017 - books.google.fr).

 

En osant ¬ęporter atteinte aux temples¬Ľ, l'ancien roi avait provoqu√© la col√®re des dieux, qui avaient envoy√© le mauvais temps, ruinant les moissons et chassant les harengs de leur lieu habituel de reproduction. La Norv√®ge avait connu la faim. Maintenant, dans les ann√©es 970, sous le r√®gne du jarl pa√Įen H√•kon Sigurdsson, les sanctuaires pouvaient rouvrir et les dieux manifester leur joie avec un temps id√©al et de riches prises de harengs. Tel est message que H√•kon voulait faire entendre au peuple de Norv√®ge : dans sa grande sagesse, il avait remis les anciens dieux √† leur place, contrairement aux chefs pr√©c√©dents qui avaient r√©cemment tent√© d'introduire en Norv√®ge cette nouvelle religion √©trang√®re, le christianisme (Anders Winroth, Au temps des Vikings, traduit par Philippe Pignarre, 2020 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain VIII, 92.

 

Acrostiche : NL RI, N√Ęl et Rigr

 

N√Ęl (aiguille) ou Laufey (√ģle de feuillage) est la m√®re de Loki d'avec le g√©ant Firbauti.

 

Divinit√© majeure, Loki ("le feu") est le dieu du feu, de l'air, de la sorcellerie et de la fourberie et va devenir le symbole du mal √† l'√©tat pur. Poss√©dant l'art de s√©duire les hommes et les Dieux, il s√®me la discorde parmi eux. Son plus grand m√©fait est son complot pour la mort de Balder. Les Dieux, pour le punir, l'attach√®rent √† 3 rochers o√Ļ un serpent d√©verse son venin douloureux sur son visage. C'est l√† qu'il attend le Ragnar√∂k pour mener les arm√©es du mal sur Asgard o√Ļ il p√©rira sous les coups d'Heimdallr qui en mourra aussi. Heimdallr ("qui √©claire") est le dieu du ciel, de la lumi√®re et le gardien des Dieux. Un de ces surnoms est Rigr ("roi" en Islandais). (ragnarok.fr.pagesperso-orange.fr).

 

Rigr, is derived from the Irish word for 'king', ri (oblique cases rig) (Matthias Egeler, Celtic Influences in Germanic Religion: A Survey, 2013 - books.google.fr).

 

"bruine/brune" et "ruine/rune"

 

Sur la brune, à la brune, Vers le commencement de la nuit (Dictionnaire de l'Académie française: A-H, 1878 - books.google.fr).

 

Un moyen de conna√ģtre les d√©cisions des ¬ęregin¬Ľ √©tait la consultation des runes. Ces signes s'appelaient en effet reginkunnar, ¬ęvenant des regin (ou dieux)¬Ľ. Sur la pierre runique de Stora Noleby, on trouve, par ex, runo... raginaku [n]do, a runes venant des dieux¬Ľ. De l√† aussi, le verbe vieux-norois ragna, ¬ęconjurer¬Ľ, c'est-√†-dire ¬ęmettre au pouvoir des dieux¬Ľ. Quand, √† la fin des temps, l'ordre du monde s'√©croule, c'est le ¬ęRagnar√∂k¬Ľ, c'est-√†-dire le ¬ęcr√©puscule des dieux¬Ľ, le ¬ęd√©clin de l'√Ęge des dieux¬Ľ); leur pouvoir, qui maintenait l'ordre universel, prend fin (R. L. M. Doroley, Les dieux et la religion des Germains, 1962 - books.google.fr).

 

Ce monde n'est pas √©ternel. Il finira par p√©rir, entra√ģnant dans sa ruine les dieux eux-m√™mes. Un jour viendra o√Ļ les g√©ants et les d√©mons ¬ęmauvais¬Ľ qui vivent dans les r√©gions recul√©es ou souterraines de l'univers chercheront √† bouleverser l'ordre √©tabli et maintenu par les dieux. Et leur entreprise ne sera point vaine : ce sera le cr√©puscule des dieux et l'effondrement de l'univers (Arzh bro Naoned, Energies sacr√©es, les runes, 1991 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de sur 2177 la date pivot 985 donne 207.

 

Le po√®te Tindre Hallkelson, dans sa description de la bataille livr√©e dans la baie de Hj√∂rung, en 985, cite au nombre des adversaires des Norv√©giens √©galement des Slaves probablement des Obodrites et des Wagres. Un autre scalde, Halldor Okristni, chante la mort du roi norv√©gien Olaf Tryggvasson, au cours de la bataille d'√ėresund en l'an 1000, √† laquelle avaient pris part √©galement des contingents slaves (Acta Poloniae Historica, Volumes 23 √† 24, 1971 - books.google.fr).

 

L'Allemand Wersebe, dans le savant ouvrage qu'il vient de publier sur l'origine des races germaines, dit, en propres termes : ¬ęLes Goths de la Scandinavie n'ont rien √† faire avec ceux de la Styrie¬Ľ (Steyermarck), et l'assertion de Jornand√®s, que les Goths de la Hongrie, qui au commencement s'appelaient plut√īt G√®tes, y √©taient venus de la Scandinavie, est une pure fable (eine blosse fabel [ch. IV, p. 245] );¬Ľ et plus loin, p. 252 : ¬ęLe nom de G√®tes s'est chang√© plus tard en celui de Goths...¬Ľ Les Goths se trouvent dans le pays jadis habit√© par les G√®tes. Spartianus (In Caracalla, cap. x) prouve leur identit√© : ¬ęCaracalla, vainqueur des Goths, qu'on nomme aussi G√®tes.¬Ľ Inde GETICUS Caracallam (Eug√®ne Rosseeuw Saint-Hilaire, Histoire d'Espagne depuis les premiers temps historiques jusqu'√† la mort de Ferdinand VII, Tome 1, 1844 - books.google.fr).

 

Le premier Auteur Romain qui fait mention des Goths, est Spartien (Histoire Universelle depuis le commencement du monde jusqu'à present, d'apres l'Anglois, Tome 13, 1752 - books.google.fr).

 

Caracalla, né Lucius Septimius Bassianus le 4 avril 188 à Lugdunum (Lyon) en Gaule lyonnaise et mort assassiné le 8 avril 217 près de Carrhae (dans la province romaine de Syrie), est un empereur romain, qui régna de 211 jusqu'à sa mort en 217 sous le nom de Marcus Aurelius Severus Antoninus Augustus (fr.wikipedia.org - Caracalla).

 

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