Relocalisation beaujolaise

Relocalisation beaujolaise

 

IX, 20

 

2118

 

De nuict viendra par la forest de Reines

Deux pars voltorte Herne la pierre blanche,

Le moyne noir en gris dedans Varennes,

Esleu cap. cause tempeste feu sang tranche.

 

Roger PrĂ©vost a accompli un travail de bĂ©nĂ©dictin. S'est penchĂ© sur La guilde des chemins de France, de C. Estienne, parue en 1552-1553 (notez la date). Et y a dĂ©couvert, sur un trajet qui allait de Mayenne Ă  VitrĂ©, dans l'ouest de la France, les lieux suivants : Vautorte (voltorte), ErnĂ©e (Herne: l'Ă©lision est frĂ©quente Ă  l'Ă©poque), le lieu-dit de la «pierre blanche» et la forĂŞt de Rennes-en-Grenouille (autrefois orthographiĂ©e Raines - pour Reines) ! En 1562, Ă  l'Ă©poque oĂą Nostradamus rĂ©digeait ses quatrains, cette rĂ©gion Ă©tait «le théâtre d'une guerre cruelle entre catholiques et protestants». Le seigneur de Vautorte avait rejoint le camp des RĂ©formĂ©s, tandis qu'ErnĂ©e Ă©tait sous contrĂ´le catholique. Inutile d'Ă©piloguer sur les atrocitĂ©s qui se commettaient lors de cet affrontement! Ne seraient-ce point nos «deux parts» auxquelles fait allusion Nostradamus ? Cette traduction semble ĂŞtre justifiĂ©e puisqu'en descendant vers le sud, PrĂ©vost a dĂ©busquĂ© un Varennes, situĂ© entre la Loire et le Cher, près de Tours. Toujours en 1562, cette ville fut mise Ă  sac «pour l'exemple» («tempeste feu sang tranche») par Antoine du Plessis de Richelieu, nommĂ© par François II capitaine («eslu cap.») d'une compagnie d'arquebusiers. Petit nom du sanglant capitaine : «le moine». Richelieu Ă©tait ainsi surnommĂ©, car il avait quittĂ© cinq annĂ©es plus tĂ´t l'habit des bĂ©nĂ©dictins. Couleur de cet habit monacal ? Le noir («moine noir») ! (www.zetetique.ldh.org - Nostradamus).

 

Celui-ci est un véritable bandit. Dans son enfance, son oncle, Jacques le Roy, avait décidé qu'il en ferait un moine « pour avoir des bénéfices ». Antoine fut donc placé comme profès à l'abbaye bénédictine de Saint-Florent de Saumur; il avait dix ans. Mais sa nature turbulente résistait déjà aux volontés de ses parents. Il disait «qu'il voulait aller à la guerre comme ses frères». Il s'enfuit plusieurs fois; on le ramena à diverses reprises; enfin, il jeta le froc, gagna les camps et servit près de son frère, en Italie. Mais ce fut surtout dans les guerres civiles qu'il donna carrière à ses fougueuses vertus. Il était l'âme damnée des Guise. [...] On a le procès-verbal de l'enquête faite par le cardinal Caraffa, en 1556-1557, pour relever Antoine du Plessis de ses vœux monastiques (Gabriel Hanotaux, Auguste de Caumont de La Force, Histoire du cardinal de Richelieu, Volume 1, 1947 - books.google.fr).

 

On a prétendu que le cardinal avait fait condamner à mort le fils de l'historien De Thou, parce que ce dernier avait maltraité son grand-oncle Antoine de Richelieu dans son histoire (Joseph Fr. Michaud, Jean Joseph François Poujoulat, Nouvelle collection des mémoires relatifs a l'histoire de France despuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, Volume 14, 1857 - books.google.fr).

 

Il est mort le 19 janvier 1576 (Paris, rue des Lavandières) capitaine d’une compagnie d’Arquebusiers de la Garde du Roi François II, chevalier de Son Ordre, Gouverneur de Tours (1562), blessé au siège de Bourges, défend Blois en 1568, défend Poitiers en 1569 contre les Huguenots, assiste Louis de Bourbon, duc de Montpensier, dans la prise de nombreuses places en Poitou (1574, 1575) (racineshistoire.free.fr - Du Plessis-Richelieu).

 

Tout au long de la Loire s'étendent les Varennes d'Onzain (encore en Blésois), de Tours, de Langeais et de Bourgueil. Nature du sol, climat, présence du fleuve, industrie de l'homme, tout est réuni pour faire de ces Varennes de petits paradis maraîchers, horticoles et vignerons dont les châteaux d'Amboise, de Villandry et de Langeais rehaussent encore le charme (Didier Cornaille, Petits Pays de France : Paysages - origines - traditions, 2018 - books.google.fr).

 

Reste "moine noir en gris"

 

Louise de Savoie notait dans son Journal : «L'an 1522, mon fils et moi commençâmes par la grâce du Saint-Esprit Ă  connaĂ®tre les hypocrites blancs, gris, enfumĂ©s, de toutes couleurs, desquels Dieu, par sa clĂ©mence et bontĂ© infinie, nous veuille prĂ©server et deffendre; car si JĂ©sus-Christ n'est menteur, il n'est point de plus dangereuse gĂ©nĂ©ration en toute nature humaine». La liste chromatique Ă©tablie par la mère de François Ier - du noir au blanc, en passant par le gris, leur couleur caractĂ©ristique - dĂ©signait les rĂ©formĂ©s qui Ă©taient recrutĂ©s surtout parmi les moines Ă  la bure grise, d'oĂą le nom de «moines en gris» donnĂ© aux protestants français. Au reste, on accordait au «gris» plus de vertu morale qu'au noir des prĂŞtres catholiques. Calvin considĂ©rait que le religieux qui troquait le froc noir pour la bure grise dĂ©nonçait par ce geste l'hypocrisie romaine. Ce n'Ă©tait pas toujours vrai. En effet, ces «moines en gris» dĂ©sertaient l'Église catholique pour des raisons plutĂ´t frivoles : goĂ»t pour la vie sĂ©culière, voire mĂŞme pour la dĂ©bauche. Marguerite de Navarre dĂ©crivit dans plusieurs nouvelles de de l'HeptamĂ©ron les mĹ“urs relâchĂ©es de ces moines dont le «protestantisme» n'avait rien de vertueux. A force de vouloir se libĂ©rer de la hiĂ©rarchie catholique, ils tombèrent dans le pĂ©chĂ© de luxure (Louis Schlosser, La vie de Nostradamus, 1985 - books.google.fr, Michel Pastoureau, L'Eglise et la couleur, ActualitĂ© de l'histoire Ă  l'Ecole des chartes, 1989 - books.google.fr).

 

Paradoxalement, une longue tradition relie la couleur noire Ă  la vertu et Ă  une forme de rigorisme. Ă€ la sortie du Moyen Ă‚ge, une rĂ©volution culturelle met Ă  l'honneur le noir : c'est l'extraordinaire invention de l'imprimerie. Livres et gravures dĂ©terminent chez les lettrĂ©s un imaginaire en noir et blanc, mĂŞme si les enluminures peuvent rehausser les ouvrages les plus prĂ©cieux. Au mĂŞme moment ou presque Ă©merge une nouvelle rigueur morale chrĂ©tienne, celle de la RĂ©forme, initiĂ©e par Luther et Calvin. Toute la symbolique de la religion protestante se construit autour du blanc, du noir et du gris. Les autres couleurs, en particulier le rouge, trop sensuel, se retrouvent bannies. La morale empreinte d'austĂ©ritĂ© se complaĂ®t dans les couleurs sombres (Yann Caudal, Nicole Masson, Le langage secret des couleurs, 2022 - books.google.fr).

 

Cf. le "bitumen" (que remplace "régiment" dans certaines éditions ce qui change tout) du quatrain IX, 29 et le vitriol pour les encres d'imprimerie.

 

Richelieu, ancien bĂ©nĂ©dictin, ne devint pas pourtant calviniste ou franciscain. Les arbalĂ©triers de la garde du roi sont-ils en gris ?

 

Chartreux, camaldules, moines de Vallombreuse et cisterciens renonceront alors au noir par souci d'humilité. Ces moines blancs — qualifiés de monachi grisei, «moines gris», par opposition aux monachi nigri, «moines noirs», car le blanc naturel, même séché sur le pré, vire au gris et à l'écru — deviendront progressivement emblématiques d'une pureté originelle retrouvée qu'accentuera la querelle qui opposa Pierre le Vénérable à saint Bernard, en 1124, le premier reprochant au second de se vêtir du blanc couleur de la gloire et de la Résurrection du Christ (Nathalie Nabert, Le Jardin des sens, 2011 - books.google.fr).

 

Les Franciscains sont appelés aussi Frères gris et saint François "Saint Gris" (Michel Pastoureau, L'Eglise et la couleur, Actualité de l'histoire à l'Ecole des chartes: études réunies à l'occasion du cent cinquantiéme anniversaire de la Bibliothéque de l'Ecole des chartes, 1989 - books.google.fr).

 

L'abbaye cistercienne ("gris") de Varennes dans la commune française de Fougerolles (Indre), fut créée au XIIe siècle, sur l'emplacement d'une installation antérieure (VIème siècle) de bénédictins ("noirs") (fr.wikipedia.org - Abbaye de Varennes).

 

M. de Momordy, le premier, dit qu'il rencontrait quelques difficultés. Il avait consulté le répertoire des communes de France et avait constaté que Varennes est un toponyme très courant (Georges Dumézil, "Le...Moyne noir en gris dedans Varennes" / Divertissement sur les dernières paroles de Socrate, 1984 - books.google.fr).

 

MĂŞme si les noms de ce quatrain et du prĂ©cĂ©dent (IX,19) semblent reproduirent des itinĂ©raires de la Guide des chemins de France de Charles Estienne (1552) dans l'ancienne province du Maine, Ă  part Varennes (dont le plus proche est dans le Maine-et-Loir : prieurĂ© bĂ©nĂ©dictin ("moines noirs") de Saint RĂ©my la Varenne) (Chantal Liaroutzos, Les prophĂ©ties de Nostradamus : suivez la guide. In: Bulletin de l'Association d'Ă©tude sur l'humanisme, la rĂ©forme et la renaissance, n°23, 1986 - www.persee.fr).

 

Autre "vaultorte"

 

On lit dans un mĂ©moire non signĂ©, conservĂ© Ă  la bibliothèque impĂ©riale, fonds Lamarre, n° 9476-4, page 57, et que M. Auguste Bernard croit Ă©crit vers 1560 par Guillaume Paradin :

 

«La mine de Vaultorte, en la paroisse de Claveyzolles, à demi-lieue de Beaujeu, tient force vitriol et aussi argent, plomb, cuivre et soufre; on a recommencé à y traie vailler puis huit huit ou dix ans. Il y a environ de quatre-vingts à cent ans et plus que les ducs de Bourbonnais y prenaient certain droit comme barons du pays, et lors y faisaient travailler aucuns doyen et autres de Beaujeu, dont j'ay certains enseignements». [...] Il lui était certes bien facile de le savoir, car ce brave chanoine fut lui-même élu, le 29 novembre 1554, doyen du chapitre de Beaujeu, où il mourut le 18 janvier 1590. — Voir Etudes sur les historiens du Lyonnais, par M. Collombet, tome I, p. 35, 1845. Le frère du doyen de Beaujeu, Claude Paradin, de qui il tenait probablement ces enseignements, en a fait autant à propos d'autres mines du Beaujolais qui furent positivement exploitées par Jacques Cœur, et qui pourraient bien être finalement celles qu'il avait payées 2,000 écus d'or. [...] Valtorte ou Vautorte de la commune de Claveisolle (Rhône). Cassini indique d'ailleurs une mine de cuivre au nord de Voltorte. C'est le Valloste de l'état-major, le Valsorte de Rembielinski et le Vauteste de Hellot (M. Poyet, Documents pour servir à l'histoire des mines des environs de Lyon, Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, 1861 - books.google.fr).

 

Le Beaujolais, au XVe et XVIe s., possédait de nombreuses mines. Claude Paradin rédigea un rapport sur ces mines, conservé à la Bibliothèque Nationale, Fonds français 4600, fol. 53 à 57; attribué à G. Paradin, M. Audin l'a rendu à son frère Claude (M. Audin, Le chapitre de Beaujeu, III, pp. 208-210) (Mathieu Méras, Le journal de Guillaume Paradin, ou, La vie en Beaujolais au temps de la Renaissance (vers 1510-1589), 1986 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain II, 35 pour retrouver Paradin.

 

LĂ©gende de Nostradamus

 

La route de la Saône et Loire part de Belleville, traverse le Beaujolais viticole, passe à Beaujeu, célèbre par ses sires, contourne le Tourvéon, la montagne aux légendes de Ganelon et Nostradamus, s'incline vers le Saint-Rigaud, franchit le col des Écharmeaux, puis s'enfonce dans le Brionnais pour atteindre, par Chauffailles, Semur et enfin Marcigny (M. Desvignes, La Route de la Saône a la Loire, Annales de l'Académie de Mâcon, 1957 - books.google.fr).

 

On rapporte que Michel Nostradamus habita long temps la commune de Saint-Didier-sur-Beaujeu. De lĂ , le cĂ©lèbre astronome allait souvent sur la montagne de TourvĂ©on, contempler les astres et prĂ©parer ses prophĂ©ties. Louvet dit ironiquement Ă  ce propos : "Comme celui qui se vantait que le roi, lui avait parlĂ© en lui disant : Ote-toi de lĂ , coquin; l'habitant de Saint-Didier dit que Nostradamus a demeurĂ© dans sa maison, comme si cet Ă©vĂ©nement devait l'avoir anoblie, vu qu'il dit qu'il y vivait en coquin et qu'il n'avait pas de quoi pouvoir payer sa dĂ©pense; et cependant on sait en Provence comme quoi cet illustre personnange a vĂ©cu, qui avait si bien de quoi se passer d'autrui qu'il prodiguait le sien et a laissĂ© un très bel hĂ©ritage Ă  ses enfants qui ont leur domicile Ă  Salon-de-la-Craux; on peut avoir pris renard pour martre et quelque vendeur de baume pour Nostradamus". On n'a pas oubliĂ© que c'est Ă  Saint-Didier-sur-Beaujeu, sur l'emplacement mĂŞme de l'Ă©glise actuelle, construite en mĂ©moire de cet Ă©vĂ©nement, que vint s'arrĂŞter, roulant de la montagne, le tonneau hĂ©rissĂ© de clous dans lequel avait Ă©tĂ© enfermĂ© et lancĂ© du TourvĂ©on, par l'ordre de Louis le DĂ©bonnaire, le fameux Ganelon (Pierre Virès, De Villefranche Ă  Monsols, 1904 - books.google.fr).

 

"Reine" : Reins

 

La forĂŞt de Reines pourrait ĂŞtre la forĂŞt de Reins.

 

Après les deux rivières de la Loire et de la Saône, les deux plus considérables qui parcourent le Beaujolais sont le Reins et l'Azergues qui sortent presque du même endroit au—dessous de Poule. La première coule à l'occident et la dernière à l'orient. Le Reins passe à Ranchal, à Saint-Vincent, à Cublise, à Amplepuis, Reigné et Perreux, d'où il se jette dans la Loire. [...] L'Azergues passe dans l'étang de Poule et va de là à Saint-Nizier d'Azergues, à Lamure, à la Folletière, en Allière, à Chamelet, à Létra, à Châtillon d'Azergues, à Chazay d'où elle se jette dans la Saône, un peu au-dessous d'Anse (J.G. Trolieur de la Vaupierre, Histoire du Beaujolais, 1920 - books.google.fr).

 

Le Reins ou Rhins est un ancien Renus fluvius (879), Reno (882), fluviolus Renus (994) (Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, 1990 - books.google.fr).

 

Le Rhins est appelée le Rahins dans les cartes de Cassini (M. de Tardy, Mémoires, Volume 2, Académie d'agriculture de France, 1824 - books.google.fr).

 

Au sujet de "Herne", dans le patois du Beaujolais "erner" voudrait dire "éreinter" de "rein" organe (du latin renes «reins», pluriel de ren, inusité), ce qui relirait à la rivière Reins.

 

erner (ernĂ´). v. tr. Ereinter en Bresse : — Ă©reinter a remplacĂ© Ă©rener, erner, composĂ© avec la particule Ă© et rein. — Furetière, 1690 : «Esrener... quelques-uns disent esreinter». Admis par l'AcadĂ©mie en 1702. ernire (arnire). s. f. Lumbago, douleur dans la rĂ©gion lombaire, mĂ©d. — Molard, Dict. : «eureinières» — cf. fr. hernie, hargnieux (Bulletin, Volumes 8 Ă  9, SociĂ©tĂ© des sciences et arts du Beaujolais, 1907 - books.google.fr).

 

Les sires de Beaujeu devaient aller chasser dans cette antique forêt, maintenant effacée de la carte, car ils avaient encore au XIIIe siècle une maison de chasse à Pesselay, autre fief de Lay. Tout donne donc à croire que la forêt s'étendait du Reins à un autre petit cours d'eau appelé le Gand. Les montagnes du Forez qui présentaient encore au temps d'Anne d'Urfé d'épaisses forêts de sapins et de hêtres, sont aujourd'hui à peu près dégarnies (Louis Ferdinand Alfred Maury, Les forêts de la Gaule et de l'ancienne France apercu sur leur histoire, leur topographie et la législation qui les a régies, 1867 - books.google.fr).

 

Autre "Varennes"

 

En l'année 1395 Edouard II de Beaujeu, voulant récompenser les services du sieur de Nagu, son écuyer, lui donna la terre de Varennes à Quincié pour lui et ses descendants. Charles de Bourbon, connétable de France et baron de Beaujolais, fit don le 20 avril 1526 à Hugues de Nagu, écuyer, sieur de Varennes, de la justice haute, moyenne et basse des paroisses de Quincié et de Marchampt, pour l'indemniser des démolitions de ses maisons et châteaux, dommages et intérêts par lui et les siens soufferts, et aussi en considération des services à lui faits. La confiscation des biens du connétable ne permit pas à Hugues de Nagu de jouir de cette donation. Le roi ayant pris possession du Beaujolais, le cardinal de Tournon, son commissaire, vendit la justice haute, moyenne et basse de Quincié, avec clause de rachat, à noble Guillaume Barjot, conseiller, maître d'hôtel de Sa Majesté et sieur de la Pallud [1543]. Mais il en fut privé en 1550 par suite de l'arrestation d'un chanoine, opérée par un des officiers de la prévôté, et la seigneurie fut adjugée au chapitre, à titre de réparation. Néanmoins la transaction de 1560 ayant rétabli les héritiers du connétable en possession de la baronnie du Beaujolais, Louis de Montpensier racheta de Philibert Barjot, maître des requêtes au conseil et fils de Guillaume, la justice haute de Quincié et lui céda la moyenne et la basse, à l'exception du ténement de Varennes, en échange de quelques rentes situées sur les paroisses de Claveysoles, les Sauvages, Corcelles, etc. L'acte en fut passé le 24 novembre 1572 (Ferdinand de La Roche La Carelle, Histoire du Beaujolais et des sires de Beaujeu, 1853 - books.google.fr).

 

Une troupe de Huguenots, forte de près de cent chevaux, qui, venue de Lyon en 1562 ou 1563, du temps de M. de Soubise, pour aller piller en Beaujolais les maisons des gentilshommes, sort de Belleville de grand matin, gagne le carrefour de La Pierre, et là, tournant à gauche et franchissant le gué de l’Ardière, se porte sur Varennes où elle entre les armes à la main. La dame du château était alors Jeanne Mitte de Chevrières, veuve de messire Philibert de Nagu, chevalier, seigneur de Varennes et de Laye en Beaujolais et de Lurcy en Dombes, qu'elle avait épousé le 13 mai 1542. Surprise par l'irruption de ces soudards, Mme de Nagu parvint cependant à s'échapper sous les habits d'une servante; mais son beau-frère, Pierre de Nagu de Varennes, qui était chanoine et comte de Lyon, fut moins heureux. Fait prisonnier pendant le pillage du hâteau, il se vit bientôt dépouillé de tout et jeté sur un mauvais cheval, avec quelques misérables haillons pour se couvrir. Ce fut en ce triste équipage, au milieu d'outrages de toute sorte, qu'il fut emmené à Belleville, puis à Lyon, où il demeura captif plusieurs semaines. Sa délivrance ne fut obtenue qu’à prix d'or et grâce à son frère le commandeur des Eschelles qui déboursa pour cela 200 écus de rançon (Georges Poidebard, Le château de la Pierre en Beaujolais et ses anciens possesseurs, 1895 - books.google.fr).

 

Mais le rachat fut fait par M. le duc de Montpensier, dès le 30 juin 1564, des prévôtés et seigneuries de Beaujeu et Varennes, pour les réunir à son domaine de Beaujolais, la revente desquelles seigneuries lui avait été faite par M. Philibert Barjot, seigneur de La Palu, procureur du roi au bailliage de Maçonnais (Mémoires de Louvet: histoire du Beaujolais, manuscrits inédits des XVIIe et XVIIIe siècles, Volume 1, 1903 - books.google.fr).

 

Philibert Barjot, seigneur de Varennes et de Beaujeu (biens qui lui furent légués par son père), y joignit les terres de la Salle et d'Avenas et tous les biens ayant appartenus à Humbert Chapelet et à Jeanne Barjot, son épouse, à charge de à charge de s'appeler Barjot de Chapelet et d'écarteler ses armes de celles des Chapelet. Il était en 1580 lieutenant-général au bailliage de Mâcon et, en 1588, fut désigné comme député du Mâconnais aux Etats de Blois. L'un des plus zélés partisans de Henri IV en Bourgogne, il fut banni par le duc de Mayenne en 1592 et ne recouvra sa charge qu'en 1594 (Hugues A. Desgranges, Nobiliaire du Berry, Tome 2, 1973 - books.google.fr).

 

Philibert Barjot passa au protestantisme et ce fut lui qui conduisit des exilés protestants devant lers portes de Mâcon pour demander leur réintégration le 8 juin 1563 (Lucien Bély, Les affrontements religieux en Europe, 1500-1650, 2009 - books.google.fr).

 

Les Barjot avaient des intérêts dans la mine de Valtorte, ce qui permet de la relier à Varennes (R.-H. Bautier, La mine de Valtorte à Claveisolles, Actes du 98e Congrès national des sociétés savantes: Saint-Étienne, 1973, 1975 - books.google.fr).

 

En 1502, des Allemands, Nicolas Garlschoff, Louis Schindler et un Hollandais, Nicolas van der Sal, découvrirent les gisements de cuivre de Valtorte à Claveizolles, qui furent mis en exploitation, en 1504, par Antoine Gastaud et Claude Barjot de Beaujeu (André Steyert, Nouvelle histoire de Lyon et des provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, Franc-Lyonnais et Dombes, Tome 2, 1899 - books.google.fr).

 

Pendant les guerres de la Ligue, 20 ans après la mort de Nostradamus, le château de Fougères [cf. quatrain IX,19 si ce ne sont pas les banquiers Fugger] à Poule fut pris à Jean de Chandieu, du parti du roi, et saccagé par François de Nagu partisan de la Ligue (Ferdinand de La Roche La Carelle, Histoire du Beaujolais et des sires de Beaujeu, 1853 - books.google.fr).

 

Fougères, ainsi nommé de la famille des vicomtes d'Oingt du nom de Fougères, que l'on croit issue des Fougères de Poule, maison éteinte en celle de Chandieu. La famille de Chandieu (Dauphiné) était passée au protestantisme et est illustrée par Antoine, ministre et théologien protestant, qui fut un proche du roi Henri IV et un écrivain très connu au XVIe siècle (Ferdinand de La Roche La Carelle, Histoire du Beaujolais et des sires de Beaujeu, Tome II, 1853 - pjpmartin.free.fr).

 

Louis de Montpensier

 

Louis II de Bourbon, comte, puis duc de Montpensier, capitaine français, né le 10 juin 1513, à Moulins, mort le 23 septembre 1582, à Champigny, en Touraine. Par son père Louis Ier, prince de La-Roche-sur-Yon, il se rattachait à la branche des Bourbon-Vendôme, et pat sa mère, Louise, il était neveu du connétable de Bourbon et petit-fils de Gilbert de Montpensier. Le roi lui restitua, en 1538, le comté de Montpensier avec quelques seigneuries, à la condition d'abandonner toutes prétentions au reste des biens de la maison de Bourbon, qui avaient fait retour à la couronne, et en 1539 il fut créé duc et pair. Malgré ses belles qualités, il fut à peu près laissé sans emploi sous les règnes de François Ier et de Henri II. Il prit part comme volontaire au siége de Boulogne ainsi qu'à la bataille de Saint-Quentin, où il demeura prisonnier. Grâce au crédit que sa femme s'était acquis sur l'esprit de Catherine de Médicis, il rentra en possession, par provisions du 27 novembre 1560, du Beaujolais, du dauphiné d'Auvergne et de la terre de Dombes; en 1561, il fut pourvu du gouvernement général de la Touraine, de l'Anjou et du Maine, dont il se démit presque aussitôt en faveur de son fils. Après s'être montré favorable à la réforme, il fit, dès la première guerre, oublier sa modération passée par d'épouvantables rigueurs. «Quand il prenait les hérétiques par composition, dit Brantôme, il ne la leur tenait nullement, disant qu'à un hérétique on n'était point obligé de garder sa foi.» Il réduisit successivement Blois, Tours, Angers, Bourges et Saintes, mit garnison dans La Rochelle et s'empara de l'île d'Oléron. En 1568, il commanda l'armée de Guienne et du Poitou, défit à Messignac les capitaines de Mouvans et de Gourdes, et joignit ensuite le duc d'Anjou. A Jarnac et à Montcontour, il commença l'attaque, et déploya la plus grande valeur. A la fin de 1569, il se démit du gouvernement du Dauphiné, qu'il occupait depuis deux ans pour prendre possession de celui de Bretagne. Mis par Charles IX dans le secret du massacre de la Saint-Barthélemy, il se mêla aux tueurs avec le duc de Nevers, son gendre, criant partout qu'il fallait écraser les huguenots jusqu'au dernier. De 1574 à 1576, il opéra encore dans le Poitou et la Saintonge, assista à la première assemblée des états de Blois, et contribua à la conclusion de la paix donnée en 1577 à Poitiers. Il mourut à l'âge de soixante-neuf ans, laissant la réputation d'un des plus braves capitaines de son temps et du plus riche seigneur du royaume après en avoir été, dans sa jeunesse, le plus pauvre. Il se maria deux fois, et eut de Jacqueline de Longwic, fervente protestante, morte en 1561, un fils et quatre filles, entre autres Charlotte, qui épousa Guillaume, comte de Nassau. Sa seconde femme, Catherine de Lorraine, sœur du Balafré et de Mayenne, ne lui donna point de postérité (Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 36 : Mon-Mur, 1861 - books.google.fr).

 

Louis de Montpensier et le Maine

 

Lors des guerres de Religion, la présence dans le Maine d'une armée royale destinée à faire obstacle à la jonction des protestants de Normandie avec ceux du Vendômois, domaine de Henri de Navarre, engagea le pouvoir royal à veiller à la fidélité du gouverneur du Maine. Parmi les gouverneurs on compte Louis de Bourbon-Montpensier, août 1560, groupant en un seul gouvernement l'Anjou, Maine, Touraine, Blaisois, Perche, Loudunais, et comté de Laval. François de Bourbon-Montpensier (30 septembre 1569), dauphin d'Auvergne...

 

Jean de Boisjourdan (Bouère) né en 1509, soldat ayant servi sous les ordres du maréchal de Vieilleville, rentré dans la région en 1559, fut l'un des capitaines protestants qui s'emparèrent du Mans en avril 1562, puis il se mit en intelligence avec l'évêque et fut l'une des causes de la défection des huguenots. Le 9 août, il reçut du duc de Montpensier la charge de recruter une troupe de cent arquebusiers à cheval pour courir sus aux rebelles, ses anciens camarades. Il n'y épargna pas son zèle; dès le 3 novembre, il reprit Mamers sur les huguenots qui avaient pris part au pillage du Mans. Les protestants l'ont accusé d'avoir jeté une cinquantaine de calvinistes dans ses étangs, et fait assassiner Jean de la Noue en plein marché de Bouère puis, dans des conditions atroces, les deux enfants du receveur de Lassay. Le 19 décembre 1567, il fut nommé gouverneur du château et ville de Sablé où il termina sa carrière, en 1577. Il fut surpassé par Jehan de Champagne, seigneur de Pescheseul (Parcé) (André Bouton, Le Maine, Tome 2 : XIVe XVe et XVIe siecles, 1970 - books.google.fr).

 

De M. Octave PARISOT, on a une pièce sur parchemin qui est un certificat par lequel Louis de Bourbon, duc de Montpensier, gouverneur des pays d'Anjou, Touraine et le Maine, ayant rassemblé un grand nombre de gentilshommes pour réprimer les troubles religieux qui venaient d'éclater, exempte néanmoins du service de l'arrière-ban Ennery Bodin, seigneur de la Massonnière au Maine, à cause de sa grande vieillesse et aussi en raison de ce que ledit gouverneur a et retient auprès de lui Loys Bodin au lieu et place de son père (Angers, 25 mai 1562) Signé de la propre main de LOUIS DE BOURBON (Bulletin de la Société Archéologique, Scientifique et Littéraire du Vendômois, Volume 8, 1869 - books.google.fr).

 

Le Prieuré de Sainte-Catherine de Varennes-l'Enfant (Mayenne, canton de Meslay, commune d'Épineu-le-Séguin) a été fondé en 1209 par Foulques L'Enfant en le rattachant à Château-l'Hermitage suivant la règle des Augustins. À l'extinction du prieuré-cure, la chapelle devient chapelle seigneuriale. Pierre Courapied est prieur, déclaré incapable, pour avoir déserté le couvent de Château-l'Hermitage, en 1574 (fr.wikipedia.org - Prieuré Sainte-Catherine de Varennes-l'Enfant).

 

Les femmes, mineurs et protestants, étaient des personnes «incapables» juridiquement de posséder des bénéfices ecclésiastiques exigeant la tonsure (Sophie Hasquenoph, Histoire des ordres et congrégations religieuses en France du Moyen Âge à nos jours, 2013 - books.google.fr).

 

Innocent IV, voyant que les Augustins avoient, les uns des habits blancs, et les autres, des noirs à grandes manches, ceints de larges courroies de cuir avec de grosses boucles; qu'ils portoient en leurs mains des bâtons de cinq palmes de long; ordonna, pour garder l'uniformité, qu'ils seroient tous vêtus de noir, enjoignant à tous ceux qui avoient des habits blancs de les quitter dans la fête de la Toussaint, sous peine d'excommunication. Il les exempta aussi de porter le bâton. Dans cette bulle, les Guillemins sont mentionnés et compris avec les Augustins. L'habillement moderne des Augustins consistoit en une robe et un scapulaire blanc, avec un chapelet à la ceinture, quand ils étoient dans leur maison. Quand ils sortoient, ils mettoient une espèce de coule noire très-ample, et un grand capuce rond par-devant et pointu par-derrière, tombant jusqu'à la ceinture qui étoit de cuir noir (Aubin Louis Millin, Antiquités nationales, Tome 3, 1791 - books.google.fr).

 

"Reynes" : il existe un forêt de Réno-Valdieu près de Mortagne au Perche dont Montpensier était gouverneur (Gilles Bry, Histoire des pays et comté du Perche et duche d'Alençon, 1620 - books.google.fr).

 

Saint Mard de Réno est noté "Sancti Medardi de Renoto" sur un parchemin conservé à la bibliothèque de l'Arsenal (Henry Marie Radegonde Martin, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de l'Arsenal: Catalogue. 1885-92, Tome 1, 1885 - books.google.fr).

 

Renay, Reneium, Regneium, Renotus, etc., Renay, canton de Selommes (Loir et Cher) (Charles Métais, Chartes vendômoises, 1910 - books.google.fr, Charles Métais, Cartulaire de l'abbaye cardinale de la Trinité de Vendôme, Tome 5, 1897 - books.google.fr).

 

ROUTE DE RENNES par Sèvres, Versailles, Dreux, Mortagne, Alençon, Mayenne, [Vautorte, ErnĂ©e] Fougères. Distance de Paris : 347 kilomètres (ItinĂ©raire gĂ©ographique et descriptif de la France: nouveau guide complet du voyageur, 1843 - books.google.fr).

 

Dans le Maine, la coutume accordait le tiers des bois aux usagers, le seigneur en conservant les deux tiers libres de toute entrave, ce qui lui permit d'en tirer un revenu régulier par une exploitation réglée. Tandis que sur le sol abandonné aux usagers la dent des ruminants empêcha la forêt de se reconstituer; ce fut l'origine de nombreux communaux soumis à la pâture collective. [...] Un arrêt célèbre de la Table de Marbre fut prononcé le 14 juillet 1556 au profit du duc de Guise, marquis de Mayenne, aux dépens des nombreux usagers de la forêt de Mayenne : onze seigneurs laïques, 3 couvents, 1 prieuré et les «fourmentiers», ou redevables de rentes en froment des paroisses de Placé, Saint-Georges-Buttavent, Châtillon-sous-Colmont, Vautorte, Géhard et la Bigottière (André Bouton, Le Maine, Tome 2 : XIVe XVe et XVIe siecles, 1970 - books.google.fr).

 

La mine de Valtorte

 

Le duc Jean II de Bourbon obtient de Louis XI, en 1469, le droit d’exploiter les mines de vitriol en terre beaujolaise : en fait, c’est la mine de Valtorte en la paroisse et prĂ©votte de Claveisolles qui Ă©tait visĂ©e. L’intĂ©rĂŞt de disposer d’une mine de vitriol n’était pas mince car il n’y en avait point d’autre en France. Or cette substance, Ă©tait indispensable pour faire mordre la teinture sur certains tissus, soieries notamment, dont le roi essayait de dĂ©velopper la fabrication, comme aussi sur les cuirs. On l’utilisait aussi pour la prĂ©paration des encres. Elle Ă©tait gĂ©nĂ©ralement importĂ©e d’orient ou d’Italie. Le dĂ©veloppement de la mine nationale de Valtorte servait donc les intĂ©rĂŞts de la politique Ă©conomique de Louis XI. La propriĂ©tĂ© du sol de la zone de Valtorte, en pleine montagne entre Lamure et Beaujeu, formĂ©e de bois, prĂ©s et bruyères, appartenait en indivis Ă  un groupe de pairs et consorts. Elle est rachetĂ©e par la famille de Malleval. Il se fabriquait alors Ă  claveisolles deux types de vitriol : la couperose; le rouge-brun. En outre on y tirait l'argent, le cuivre, le plomb et le soufre (www.claveisolles.net, Marius Audin, Le chapitre de Beaujeu, Tome 3 : Les doyens, 1938 - books.google.fr).

 

En 1504 un document officiel, provenant de la Chambre des comptes de Moulins, indique expressément que la mine depuis longtemps chôme sans profit, au point qu'un Italien qui s'en dit l'inventeur et «qui set l'art de fere ledit vitriol» Me Antoine Gastard, s'adresse à la dame de Beaujeu pour se la faire concéder conjointement à Guillaume Barjot. En fait, Antoine n'est autre que le curé, spécialiste de la technique du vitriol, qui s'était autrefois associé avec Haudry, et son nouveau partenaire est le fils de l'ancien associé de ce même Baudet. La Chambre des comptes finit par accéder à leur requête et le bail leur fut consenti aux conditions qu'ils avaient proposées, soit un versement d'un dixième de la production pendant dix ans et deux dixièmes les dix années suivantes. Contrat et comptes nous sont conservés et nous les étudierons plus loin. Ces comptes ne commençant qu'en avril 1507, nous pensons qu'il fallut deux ans pour remettre les mines en état. Les mines de vitriol de Claveisolles demeurèrent demeurèrent en exploitation aux XVIe et XVIIe. En 1559, elles étaient accensées à Antoine Bernard qui reconstruisit un martinet et avait sur place un facteur allemand. En 1565, Charles IX confirmait par lettres patentes en faveur du duc de Montpensier le don du dixième que Louis XI avait octroyé à Jean II et que Charles VIII en 1493 et 1497 avait déjà confirmé pour la dame de Beaujeu. Cela n'empêcha pas par la suite le commissaire des mines de Beaujolais, Lyonnais et Forez, Villeréal, de procéder à la levée de ce droit en 1609, avec l'accord du surintendant Beaulieu, Henri IV accordant à la duchesse de Montpensier main-levée des sommes induement perçues. Les mines étaient en 1592, 1601 et 1606 accensées à un Allemand de Lyon, Sébastien ou Tobias Hyeberlin ou Hernelin, nouvel entrepreneur des mines et dont la cense avait été doublée en 1601, preuve d'un nouveau développement de la production, il demanda au Conseil du roi qu'on interdise aux Lyonnais de se servir de couperose étrangère. Nous ignorons le sort de cette requête que le Conseil d'Etat renvoya aux Trésoriers de France et à la municipalité de Lyon. Il semble que les années suivantes les mines de vitriol passèrent directement sous le contrôle de l'administration royale, car en 1619 le grand-maître, surintendant et général réformateur des mines et minières, Ruzé d'Effiat, donnait commission à son lieutenant particulier, Alexandre Garnier des Garets, pour qu'il fasse exploiter par lui et ses commis toutes les mines du Beaujolais, y compris celles de vitriol (R.-H. Bautier, La mine de Valtorte 1469-1515, Actes du 98e Congrès national des sociétés savantes: Section de philologie et d'histoire jusquá` 1610, 1973 - books.google.fr).

 

Vers 1450, d'après Paradin, on travaillait déjà à ces mines, qui renfermaient «force vitriol, argent, plomb, cuivre et soufre.» Les ducs du Bourbonnais y prenaient certains droits comme barons du pays. Dans le dix-septième siècle, les travaux y furent interrompus, et, d'après les Mémoires des intendants, la cause de l'abandon devait être attribuée à la mésintelligence des entrepreneurs, à la rareté des gros bois nécessaires au boisage, à la difficulté des transports, à la rudesse extrême du pays. Des travaux y ont été faits dans ces dernières années sans qu'ils aient été poursuivis (Alfred Caillaux, Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la France, 1875 - books.google.fr).

 

"Deux pars" : transport

 

En ancien français (XVIème siècle), herné avec harnois, hernoy, hernois (nom m.) désigne un véhicule attelé (Étienne Hamon, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, 2008 - books.google.fr).

 

Arner (éreinter, casser les reins) existait dans le vieux français et Ronsard a pu encore dire : «S'ils portent le harnais, Une heure sur le dos, ils ont l'eschine arnée, Et en lieu d'un roussin prennent la haquenée» (Jean-Baptiste Jouancoux, Études pour sevir à un glossaire étymologique du patois Picard, Volume 1, 1880 - books.google.fr).

 

Les transporteurs [du vitriol de Claveisolles] semblent ĂŞtre tous du pays, car les mĂŞmes noms se rencontrent plusieurs fois : Corcelles de Claveisolles, Benoit des Ygaux et les Terriers d'Orval (les Igaux et Orval Ă©tant des hameaux voisins), Jean et Martin Martorey, Laurent Châtillon, Guillaume Girson, etc. Normalement un baril constituait la charge d'un cheval, car le 16 avril 1512 il est prĂ©cisĂ© que 4 barils sont chargĂ©s sur 4 juments qui appartiennent chacune Ă  un transporteur Chacun d'eux ne possède d'ailleurs qu'un nombre limitĂ© de bĂŞtes, et pour les expĂ©ditions importantes on a recours simultanĂ©ment Ă  plusieurs voituriers qui fournissent chacun de 1 Ă  4 bĂŞtes. On peut Ă©galement noter l'emploi de chars Ă  bĹ“ufs : le 3 novembre 1511, 10 barils sont transportĂ©s en deux masses, les chars Ă©tant attelĂ©s chacun de deux paires de bĹ“ufs. Le char porte donc environ 750 livres de marchandises, ce qui avec les bois reprĂ©sente environ- 500 kg. Il est vraisemblable que quelques envois groupĂ©s de 5 Ă  10 barils ou de plusieurs caques, dont chacune excĂ©dait le changement d'une bĂŞte, Ă©taient acheminĂ©s par ce mode de transport (R.-H. Bautier, La mine de Valtorte Ă  Claveisolles, Actes du 98e Congrès national des sociĂ©tĂ©s savantes: Saint-Étienne, 1973, 1975 - books.google.fr).

 

Double était le débouché du vitriol : une partie était dirigée sur Roanne, d'où elle pouvait prendre la voie fluviale par la Loire, puisque le compte signale qu'un chargement, porté à Roanne, est destiné à un marchand de Tours - ville de soieries -. La plus grande partie allait vers Lyon en prenant la route jusqu'au port de Belleville, puis en descendant la Saône, et ce rôle de Belleville comme lieu d'expédition des marchandises pondéreuses vers Lyon est pour cette époque incontestablement à souligner; de Belleville, d'autre part, il pouvait arriver qu'un chargement gagnait Chalon, comme en juin 1512. Exceptionnellement aussi, un envoi se fait sur Lyon en septembre-octobre 1512, via Chessy où la marchandise fut entreposée chez un certain Quanquan. Un envoi enfin est fait sur Villefranche et destiné au marchand Jean de Viry (à un moment où le contrôleur se nomme Jacques de Viry). A partir de 1510, on mentionne régulièrement que les envois sur Lyon sont destinés aux foires en général ou plus précisément aux foires des Rois, de Pâques, d'août ou de Toussaint ou encore qu'il s'agit des envois de Carême ou de l'Ascension. La marchandise était entreposée en l'hôtel de Philibert Chivrot. Le transport par terre et par eau, de Claveisolles à Lyon, revenait, tout compris à 5 sous le quintal. Le coût du transport était donc d'un douzième de la valeur ou environ 8 %. Il nous semble donc évident que l'exploitation des mines de vitriol de Claveisolles et son développement sur une nouvelle base au début du XVIe siècle est à mettre en relation avec le rôle croissant de Lyon et de ses foires (R.-H. Bautier, La mine de Valtorte à Claveisolles, Actes du 98e Congrès national des sociétés savantes: Saint-Étienne, 1973, 1975 - books.google.fr).

 

Les mineurs enfermés dans des galeries poussiéreuses, sèches, mal aérées, meurent étouffés, tuberculeux, les poumons engorgés et rongés par les particules de silice en suspension. Leurs collègues des mines de vitriol, fournisseurs de sulfate de cuivre, employé comme mordant en teinturerie, ou des mines de plomb argentifère sont également constamment menacés (L'Information historique: pour l'enseignement, Volumes 43 à 44, 1981 - books.google.fr).

 

La route directe de Claveisolles à Roanne passe par Saint Vincent de Reins et traverse le Reins et sa supposée forêt. La route directe de Claveisolles à Belleville sur Saône passe par Quincié (Varenne).

 

Le vitriol bleu ou vitriol de Chypre ou pierre bleue est le sulfate de cuivre, par opposition au sulfate de fer ou vitriol de Mars ou vitriol vert.

 

"pierre blanche"

 

La Pierre blanche est un lieu dit au Perréon, au sud de Claveysolles (géoportail.fr). On s'intéresse à cette région, marquée d'une supposée présence de Nostradamus.

 

La pierre blanche dont parle Maïmonide dans son glossaire Le Livre de l'explication des noms des drogues à l'entrée "zabad al bahr" (écume de mer, traduction de "halkyonion", chez Dioscoride, qui désignait un mélange d'épongés, d'algues et de polypiers rejetés par la mer) est la pierre ponce, que l'on trouve sur le volcan de Sicile, qaïsûr, transcription arabe du grec "kisèris" une des deux espèces de "briques du pieds" (Egypte) avec la noire. "Racloir" (al hakkaka) au Maghreb (Mémoires, Volumes 40 à 42, Institut d'Égypte, Le Caire, 1939 - books.google.fr).

 

Pierre ponce : roche d'origine volcanique (lave) composĂ©e d'un alumino-silicate double de potassium et de sodium de phase vitreuse; employĂ©e pulvĂ©risĂ©e, poudre amorphe utilisĂ©e comme matière de charge des peintures et comme poudre abrasive en poudre très fine, la pierre ponce mĂŞlĂ©e de graisses (stĂ©arine ou suif) forme une pâte Ă  polir pour les mĂ©taux appelĂ©e "composition blanche". Synonymes : (ThĂ©ophraste) kiseris, pierre de Thera (Santorin), (Laguna) pierre Ă©ponge, (Avicenne) alazarasfengi, lapis spongiae, (Baytar) fĂ®nek, quĂ®chour, (Agricola) spongia, lapis espongie, (Du Pinet) pumex, (Bomare, Thomson) pumex, (Angl.) pumice, pumice stone, (Thomson) lapis vulcani, (Min.) pumicite (Bernard Guineau, Glossaire des matĂ©riaux de la couleur et des termes techniques employĂ©s dans les: recettes de couleur, 2005 - books.google.fr).

 

La pierre ponce servait à frelater le vert-de-gris, principalement celui de Rhodes. On faisait de même avec l'atramentum sutorium (Histoire naturelle de Pline traduite en françois, Tome Premier, 1778 - books.google.fr).

 

On donne plusieurs compositions pour l'atramentum sutorium.

 

atramentum sutorium : noir des cordonniers, couleur utilisĂ©e pour la teinture des cuirs et composĂ© de noir de fumĂ©e et d'un mĂ©lange d'alun et d'un extrait tannant (sumac) (Bernard Guineau, Glossaire des matĂ©riaux de la couleur et des termes techniques employĂ©s dans les: recettes de couleur, 2005 - books.google.fr).

 

Le sulfate de fer (le vitriol vert) ou sulfate de cuivre (vitriol bleu) Ă©tait appelĂ© par les Romains atramentum sutorium ou noir de cordonnier. Les Grecs connaissaient le vitriol bleu, le chalcanthon, littĂ©ralement fleur de cuivre. Ces deux produits permettaient de noircir les cuirs, la couleur noire s'obtient par une rĂ©action chimique entre les sulfates et le tanin du cuir; elle est d'autant que la concentration de tanin dans le cuir est Ă©levĂ©e. Les sulfates minĂ©raux servaient Ă©galement Ă  la fabrication des lettres Ă  l'encre sympathique : on rĂ©digeait des textes sur parchemin ou sur feutre Ă  l'aide de solutions tanniques de brou de noix ou de noix de galle dĂ©layĂ©e. L'Ă©criture s'effaçait en sĂ©chant et devenait illisible, il suffisait ensuite de tremper une Ă©ponge dans une solution de fleur de cuivre (sulfate de cuivre) et d'en badigeonner le parchemin pour faire apparaĂ®tre le texte (Martine Leguilloux, Le cuir et la pelleterie Ă  l'Ă©poque romaine, 2004 - books.google.fr).

 

Atramentum, en françois, Encre, est une espêce de teinture ordinairement noire, mais quelquefois d'une autre couleur, comme rouge, verte bleue, jaune, dont on se sert pour écrire avec la plume, ou pour imprimer sur le papier; il y en a de plusieurs espèces (Nicolas Lémery, Dictionnaire universel des drogues simples, 1748 - books.google.fr).

 

Pour les premiers envois, le baril a Ă©tĂ© estimĂ© grossièrement Ă  150 livres pesant; par la suite, on a procĂ©dĂ© Ă  un pesage et on constate que, net de tare, le poids d'un baril oscille entre 144 et 166 livres, avec une valeur moyenne de 160 livres, celui d'une caque de 290 Ă  300 livres, le petit «vessiau» Ă©tant de 190 livres (ce qui pourrait signifier qu'aux expĂ©ditions sans pesage prĂ©alable, mais estimĂ©es 150 lb, rĂ©pond une lĂ©gère fraude sur la dĂ©claration). On peut ĂŞtre Ă©galement Ă©tonnĂ© qu'un envoi de 8 barils le 20 juin 1508 ne reprĂ©sente que 7 quintaux et demi, au lieu des 12 et demi attendus; sans doute est-ce une faute d'Ă©criture : VII au lieu de XII, mais de telles erreurs sont toujours en faveur de l'entrepreneur. Les comptes Ă©taient rendus Ă  l'auditeur Ă  Villefranche, Ă  intervalles inĂ©gaux, et l'Ă©taient de façon fort sommaire et non sans erreurs de calculs. Au surplus, le contrĂ´leur de la mine Ă©tait Jacques de Viry, fils de l'ancien associĂ© du fermier; et, autre hasard, celui qui achète le dixième du droit ducal Ă  un prix qui nous semble bien faible Ă©tait frère de l'autre associĂ©. La comptabilitĂ© devient progressivement plus dĂ©taillĂ©e, indiquant souvent les noms des transporteurs, les modes de transport et la destination, quelquefois aussi les noms des personnes qui avaient assistĂ© au pesage : cette opĂ©ration se dĂ©roulait en prĂ©sence du contrĂ´leur ducal, d'un des associĂ©s et de deux ou trois autres notables, parfois d'un notaire (R.-H. Bautier, La mine de Valtorte Ă  Claveisolles, Actes du 98e Congrès national des sociĂ©tĂ©s savantes: Saint-Étienne, 1973, 1975 - books.google.fr).

 

Il existe une autre Pierre Blanche à Chasselay, près de Lyon, ainsi qu'un Varenne dans une commune à côté, au nord, Quincieux. Chasselay et Quincieux sont au bord de la Saône entre Villefranche et Lyon sur la route fluviale du vitriol bleu de la mine de Valtorte.

 

Cf. le quatrain IX, 29 - Bretagne et Forez - 2124-2125 pour le "bitumen" qui chez les Romains est un goudron fait avec de l'Ă©corce de bouleaux calcinĂ©e (cf. le gaulois "betulla" : bouleau) (Gaffiot). L’encre mĂ©tallo-gallique est faite Ă  partir d’extraits vĂ©gĂ©taux auxquels on ajoute un sel mĂ©tallique (sulfate de cuivre ou de fer), ce qui provoque un prĂ©cipitĂ© noir auquel on ajoute un liant pour le rendre plus visqueux (gomme arabique).

 

CUPRIACENSIS AGER et Reno/"Reine"

 

Cet AGER est mentionné dans le cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, à l'occasion d'une donation faite à cette église, sous l'épiscopat de Gontard, qui occupa le siége de Mâcon de l'an 879 à l'an 884, par Berninius et Ado. La donation comprend : «quasdam res proprietatis... quæ sunt sitæ in pago Tolvendonense, in agro Cupriacense, in loco qui vocatur Leodretico; habent fines... a mane Reno fluvio, a medio die guttula quæ de Barbariaco pergit in Reno, a circio guttula quæ de Croso valla pergit in Reno.» En récompense, l'évêque permit à Ado de construire une chapelle sur cette propriété, à la condition qu'elle appartiendrait, ainsi que toutes ses dépendances, à Saint-Vincent. Cette donation, ainsi qu'on le verra ailleurs, fut l'origine de la paroisse de Saint-Vincent-de-Rhins, dont le territoire dépendait alors de la paroisse de Saint-Bonnet-de-Troncy. (Voyez à l'article Aubliacensis ager.) Lendreticus paraît être, en effet, l'ancien nom de Saint-Vincent-de-Rhins, qui doit son surnom à la petite rivière qui le traverse, le Reno de la charte; au midi et sur la rive orientale du Rhins on trouve, une autre petite rivière (guttula), qui passe à Barbereis, et au nord, sur la rive occidentale du Rhins, une autre petite rivière appelée la Goutte-Noire, qui rappelle peut-être celle venant de Croso Valla. En tout cas, le chef-lieu de l'ager Cupriacensis ne me semble pas pouvoir être autre que Cublize, au midi de SaintVincent-de-Rhins, et sur le Rhins même. (Voyez aux articles Aibliacensis et Aubliacensis ager des détails essentiels, qui semblent prouver que cet ager comprenait à la fois les paroisses de Cublize, de Saint-Vincent-de-Rhins, de Saint-Bonnet-de-Troncy, de Mardore, de Marnand, de Cours, etc.).

 

M. Ragut pense que l'ager Cupriacensis pourrait avoir tiré son nom d'une très-ancienne mine de cuivre, abandonnée depuis longtemps, et qui se trouve au pied de la montagne de Subran, dans la commune de Claveysolles (Auguste Bernard, Collection de documents inédits sur l'histoire de France: Cartulaire de l'abbaye de Savigny suivi du petit cartulaire de l'abbaye d'Ainay 1853 - books.google.fr).

 

"Esleu cap." ou le capitaine Poncenat

 

On reste Ă  l'Ă©poque d'Antoine du Plessis et des guerres de Religions.

 

En 1562 en effet le Haut-Beaujolais, qui encore une fois n'opprimait en rien les huguenots, avait été saccagé et trempé dans un bain de sang par un sinistre chef de bande calviniste, le baron des Adrets, et son non moins sinistre acolyte Poncenat, seigneur de Changy. Ceux qui, un peu plus tard et non loin de là, à Montbrison, contraindront leurs prisonniers catholiques à sauter du haut d'une tour sur les piques de leurs soldats. Coligny, chef suprême huguenot, traitera Adrets de «bête furieuse», mais le mal sera fait (Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'histoire, 1981 - books.google.fr).

 

Parmi les lieutenants du baron des Adrets, on compte le capitaine Poncenat.

 

François de Boucé, seigneur de Poncenat (vers 1523-1568) a été confondu, à tort, avec Jean Borel, seigneur de Ponçonas. Il est fils de Nicolas de Boucé et de Catherine Leclerc de la Forest, fille de Pierre Leclerc, baron de la Forest-le-Roy et de Claude de Pisseleu tante d'Anne maîtresse de François Ier, duchesse d'Etampes et épouse de Jean de Brosse dit de Bretagne issu des barons d'Huriel. Catherine Le Clerc avait épousé en premières noces Antoine de l'Espinasse et avait eu Martin frère utérin des Boucé. Celui-ci donné sa terre de Lespinasse à Anne de Pisseleu, puis entra dans les ordres et devint abbé du Mont Saint Rigaud dans le Haut-Beaujolais, près de Claveisolles, Poule, à Monsols. François de Boucé se maria le 13 juin 1556 avec Françoise du Mayne du Bourg, fille de Jean du Mayne, baron du Bourg, et de Marguerite de Montceaux. Il embrassa la religion calviniste, comme son frère cadet Charles, prieur d'Ambierle. Les Poncenat, du nom d'une terre de Montaigu-le-Blin, descendaient des Châtel-Montagne eux-mêmes issus avec les seigneurs de Châtelperron des Centabern de Saône-et-Loire. Fort de ses convictions religieuses, il se mit au service de Louis Ier de Bourbon, prince de Condé et se distingua au siège de Lyon en avril 1562 et en Forez devant Feurs, Montbrison, Paray-le-Monial. Il devint ainsi gouverneur de Mâcon et, jusqu'à la paix d'Amboise signée en 1563, se livra à maints pillages et meurtres dans cette région. Il effectuait des pauses dans son château de Changy près de La Pacaudière (Ferdinand de La Roche La Carelle, Histoire du Beaujolais et des sires de Beaujeu, 1853 - books.google.fr).

 

Haut et puissant seigneur François de BoucĂ©, Ă©cuyer, seigneur de Changy, Poncenat et baron de Lespinasse en Bourbonnais, appartenait Ă  cette lĂ©gion de gentilshommes qui versèrent dans le protestantisme, Ă  la suite de CondĂ©, vers 1560. L'on ne sait rien sur les motifs de cette conversion, et c'est une hypothèse en dĂ©saccord avec les faits que prĂ©sente Ă  ce sujet M. Morand. D'après lui, François de BoucĂ© et son frère Charles, prieur d'Ambierle, auraient l'un et l'autre changĂ© de religion sur les instances d'Anne de Pisseleu, leur cousine, et pour obtenir d'elle la terre de Changy, que lui avait jadis reconnue le baron Marc de Lespinasse, leur frère utĂ©rin. Nous serions ainsi en prĂ©sence de gens convertis par l'appât de biens matĂ©riels ? Peut-ĂŞtre : ils allaient spolier tant d'Ă©glises ! Mais si les de BoucĂ© recouvrèrent une partie des biens que Lespinasse avait dĂ» cĂ©der Ă  la duchesse d'Étampes en 1529, ce fut des annĂ©es après leur Ă©volution religieuse et Ă  la suite d'un procès, qui n'Ă©tait pas encore terminĂ© au mois de juillet 1565 (Victor Carrière, Gabriel Morand, Le capitaine Poncenat. Épisodes des guerres de Religion en Bourbonnais, de 1562 Ă  1568. In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 5, n°25, 1914 - www.persee.fr).

 

Boucé veut dire bois, forêt, bosquet (Recueil de voyages et de memoires, publié par la Société de Géographie, Volume 1, 1824 - books.google.fr).

 

Varennes sur Allier est contiguë à Montaigut le Blin et à Boucé. Ces communes avec La Pacaudière se trouvent sur la Nationale 7.

 

L'abbaye bénédictine d'Ambierle est abaissée au rang de prieuré en 1101 par Saint-Hugues (sixième abbé de Cluny) comme l'abbaye de Charlieu l'avait été. L'établissement est ainsi dirigé, à partir du XVIe siècle, par des prieurs commendataires de moins en moins résidents, et des sous-prieurs ou prieurs claustraux. En 1538 c'est Charles de Boucé qui est nommé prieur (fr.geneawiki.com - Ambierle).

 

Charles de Boucé, prieur de Saint-Martin d'Ambierle, est accusé d'avoir profané les autels de son monastère, vendu les vases sacrés, fait prêcher des ministres à Ambierle, Changy et Roanne (Gabriel Morand, Le capitaine Poncenat: Épisodes des guerres de religion en Bourbonnais de 1562 à 1568, 1912 - books.google.fr).

 

"tempeste" : le Baron des Adrets

 

Le baron des Adrets se faisait nommer "colonel des légions du Dauphiné, Provence, Lyonnais et Auvergne, élu général en chef des compagnies assemblées pour le service de Dieu, la delivrance du Roi et de la Reine sa mere, etc." (Théodore Bèze, Correspondance. Tome IV, 1562-1563, 1965 - books.google.fr).

 

A l'occasion de la mort du maréchal de Saint André en 1562 à la bataille de Dreux Estienne du Tronchet envoie une lettre de condoléance à monsieur de Montrond, neveu du premier, où il compare les temps de guerre de l'époque aux tempêtes. Le baron des Adrets sera comparé à une tempête par Brantôme (vers 1540-1614) (Vies des hommes illustres, posthume) qui trouva une de ses sources chez Guillaume Paradin, qui parle déjà de la tempête comme métaphore des guerres civiles (Mémoires de l'histoire de Lyon, 1573), par Joseph de la Pise, historiographe protestant du prince d'Orange (1639) (Estienne Du Tronchet, Lettres missiues et familieres d'Estienne Du Tronchet, secretaire de la royne mere du roy, 1569 - books.google.fr).

 

Jacques d'Albon de Saint-André, né en 1512 au château de Saint-André-d'Apchon, en Roannais, et mort le 19 décembre 1562 à la bataille de Dreux, est un maréchal de France, qui se distingue dans les guerres contre les Espagnols et les guerres de religion (fr.wikipedia.org - Jacques d'Albon de Saint-André).

 

"De nuit par la forest..." ne porterait pas sur la mine de Valtorte - un trafic de nuit - mais sur les troupes du baron des Adrets qui faisaient des coups de mains la nuit, en particulier la prise de Lyon et de Monbrison en 1562.

 

C'était en 1562. Le baron des Adrets, après avoir (massacré la garnison de Pierrelatte qui avait refusé de se rendre, reçut les soumissions de Bollène et de Pont-St-Esprit, reprit Grenoble à Maugiron, et dirigea toutes ses forces sur Lyon.

 

Après le massacre de Wassy, le parti protestant lyonnais fait appel aux troupes armées dauphinoises de François de Beaumont, Baron des Adrets (1512-1587), récemment converti au protestantisme, pour assurer le contrôle de la cité. Dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 avril 1562 (ou du 30 avril au 1er mai), l’Hôtel de ville est pris d’assaut, et sont occupées la place du Change et la rue Saint-Jean; le lieutenant-général du Roi doit s’enfuir ainsi que plusieurs seigneurs catholiques et les chanoines (les comtes) de Saint-Jean de Lyon. Le cardinal de Tournon, archevêque de Lyon était mort, une semaine avant, le 22 avril 1562 (Notre-Dame-de-Fourvières, 1838 - books.google.fr).

 

Des Adrets établit pour gouverneur Félix Bourjac, sénéchal du Valentinois et du Diois (en juin). Il entreprit, du 1er au 11 juillet, la conquête du Forez et du Beaujolais (Joseph-Etienne Minjollat de la Porte, Histoire de l'Aubépin en Jarez (Forez) aujourd'hui paroisse de l'Aubépin, diocèse de Lyon, 1874 - books.google.fr, museedudiocesedelyon.com, Joseph Etienne Minjollat de la Porte, Histoire de l'Aubépin en Jarez (Forez) aujourd'hui paroisse de l'Aubépin, diocèse de Lyon, 1874 - books.google.fr).

 

Le Forez ("forest" ?) avait été l'apanage de la reine-mère Louis de Savoie qui le transmit à son fils François (Ier) en 1530.

 

L'idée de gouvernement féminin dans L'Astrée fut-elle suggérée à l'esprit d'Honoré par l'état présent des choses. A l'époque où il écrivait, il y avait près d'un siècle que la province du Forez faisait partie du douaire des reines de France, et longtemps auparavant il avait formé l'apanage de quelques duchesses de Bourbon. Ces faits sont de ceux que les traditions se plaisent à embellir. [...] L'origine de cet établissement est, comme presque toutes les origines, assez douteuse, et se fonde sur deux versions principales qui la font émaner, l'une de la déesse Diane, l'autre de Galathée, femme d'Hercule (M. Bernard, Les d'Urfé, souvenirs historiques et littéraires du Forez au XVIe et au XVIIe siècle, avec fac-similé, 1839 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain IX, 68 sur la bataille de Brignais de 1362 (deux siècles plus tôt) entre Tards-Venus et armée royale de Jean II le Bon. Des deux branches des ducs de Bourbon, l'aînée s'éteignit, en 1527, dans la personne du connétable (Charles III), mort sans enfants; la cadette, issue de Jacques, fils puîné de Louis Ier, premier duc de Bourbon, mort avec Pierre son fils aîné des suites de leurs blessures à la bataille de Brignais en 1362, se continua directement jusqu'à l'avénement de Henri IV.

 

Le Chapitre de Lyon dispersé vit ses membres chercher un refuge dans les châteaux forts de ses domaines, s'apprêtant à soutenir les plus terribles assauts. De temps en temps et avec les plus grandes précautions, ils se réunissaient pour les assemblées capitulaires et pourvoir ainsi aux besoins de l'Eglise de Lyon. Quant à l'abbaye d'Ainay, elle fut livrée par les hordes huguenotes au plus affreux pillage. Plusieurs moines vinrent se réfugier dans la place-forte de Chazay et se hâtèrent d'y organiser une vigoureuse défense. Nuit et jour on veillait sur les murailles de la cité, qui placée aux portes de Lyon était sans cesse menacée.

 

Enfin les catholiques s'entendent et se hâtent de s'organiser; on venait d'apprendre que le baron des Adrets, blessé dans une affaire, était couché sur un lit de douleur au château de Pierre-Scize. Des émissaires sont envoyés dans nos campagnes et dans les montagnes du Lyonnais et du Beaujolais. Partout les catholiques se réunissent à la voix de leurs prêtres, ils s'arment et se groupent autour de chefs habiles. Bientôt une armée de paysans du Forez et du Beaujolais s'avance en menaçant Lyon. L'Arbresle, Sain-Bel, l'abbaye de Savigny, les forteresses de Chazay et d'Anse s'étaient mises en état de défense, ainsi que les châteaux de Varennes, de Châtillon, de Saint-Forgeux, de Vindry et de Tarare. La ville de Thizy était comme le quartier général du parti catholique (L. Pagani, Histoire de Chazay-d'Azergues en Lyonnais, 1892 - books.google.fr).

 

Capitaine Ă©lu

 

L'ancienne convocation des vassaux du roi, le ban et arrière-ban, a gardĂ© son caractère spĂ©cial de charge imposĂ©e Ă  un ordre, Ă  un corps distinct de l'ensemble de la nation. Mais elle a changĂ© de but. Que reprĂ©sente-t-elle au milieu du XVIe siècle ? Les lettres de convocation du 16 janvier 1558 adressĂ©es au sĂ©nĂ©chal Guillaume de Gadagne, baron de Lunel, seigneur de Saint-Victor, conseiller du roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre, vont nous l'apprendre. [...] Le 2 fĂ©vrier 1558, Jean Bruyère crieur public accompagnĂ© de Balmont Bussières, trompette ordinaire de la ville, proclamait la convocation en tous les carrefours de Lyon, tandis que Charles Dormant, sergent royal, entre le 16 et le et le 25, allait la publier Ă  Anse, Charnay, Chastillon-d'Azergues, Chessy, le Bois-d'Oingt, Saint-ClĂ©ment-deValsonne, Valsonne, Charlieu, RĂ©gny, Tarare, L'Arbresle, Riverie, Saint-Symphorien-le-Châtel, Saint-Chamond, Rive-de-Giers, Condrieu et Sainte-Colombe. [...]

 

Comme, en définitive, il n'y eut personne qui servit personnellement, il n'y eut pas lieu à nomination d'un capitaine, d'un lieutenant et de trésoriers pour payer les remplaçants, et encore moins à une montre en armes faite par le sénéchal ou ses commissaires, comme il y en eut une le 15 juillet 1545 à Charlieu. Jean du Peyrat, lieutenant général pour le roi en la sénéchaussée et gouvernement de Lyonnais y avait commis Théode de Saint-Bonnet «capitaine dudit arrière-ban», Philibert Laye, seigneur de Messimy, François de Rébé et le seigneur la Condamine. Ce qu'ils firent en présence de «Messire Ennemond de Néran, juge dud. Charlieu et substitut du procureur du roy en lad. séneschaussée de Lyon». De Saint-Bonnet dressa le procès-verbal.

 

Le compte qui fut rendu par de Rébé nous apprend que cette noble troupe se battit au camp devant Bologne, sous les ordres de Saint-Bonnet, capitaine élu par le Forez, de Varennes, lieutenant élu par le Beaujolais, et d'Ars enseigne élu par le Lyonnais. Le sénéchal de Saint-André s'était contenté de mener la troupe des Lyonnais à Montbrison, où de Saint-Bonnet l'avait prise en charge et conduite pour la montre à Charlieu, ville située au carrefour des trois provinces. D'autres lettres de convocation furent lancées en 1562, en 1587. Ce ne furent que de simples contributions en argent. En tous cas, aucun document ne nous est resté, à Lyon, donnant un rôle nouveau et rapportant un procès-verbal de ces convocations. En tous cas, aucun document ne nous est resté, à Lyon, donnant un rôle nouveau et rapportant un procès-verbal de ces convocations. D'ailleurs, la noblesse de race sert ordinairement aux armées, et en Lyonnais, elle est peu nombreuse. Les seuls membres de cet ordre privilégié qui aient une influence réelle dans le pays et puissent apporter une aide effective à la monarchie appartiennent à cet autre ordre privilégié, dont nous avons été obligé de joindre l'étude à la présente esquisse, le clergé. C'est encore l'Église de Lyon qui représente la plus haute autorité féodale en la sénéchaussée de Lyonnais (Maurice Pallasse, La sénéchaussée et le siège présidial de Lyon pendant les guerres de religion: essai sur l'évolution de l'administration royale en province au XVIe siècle, 1943 - books.google.fr).

 

Cf. pour Charlieu encore le quatrain IX, 29 - Bretagne et Forez - 2124-2125.

 

Les seigneurs de Beaujeu ayant fait entourer de murs, sur la fin du XIe siècle, Villefranche, capitale du Beaujolais, avaient dès lors pourvu à sa défense et à sa garde; des fausses portes, des ponts-levis, des herses, des meurtrières, rendaient alors difiicile l'entrée de la ville. Sur la fin du XIVe siècle, lorsque les canons furent en règne, on fit, aux tours, des embrasures, elles étaient voûtées pour la plupart à double voûte, soit pour mettre l'artillerie, soit pour mettre le corps de garde; nous voyons qu'en 1436, les échevins avaient la liberté d'entreposer leur artillerie dans la chambre au-dessus du bureau de l'hôpital suivant les mémoires qui nous sont restés du sr Favre du temps que le baron des Adrets détacha des troupes de Lyon pour assiéger et prendre la ville, le sr Vaurion de Rébé commandait dans la ville; la ville fut prise par surprise, le 24 mai 1562, et les ennemis firent apporter les armes distribuées aux habitants à la maison de ville, où ils en prirent, disent ces mémoires, ce qu'ils voulurent. Nous avons vu quelques baillis revêtus du titre de capitaine de la ville, ce posœ se donnait par le prince a des gens de condition versés dans le service militaire (J.G. Trolieur de la Vaupierre, Histoire du Beaujolais (1758), 1920 - books.google.fr).

 

En 1557, Guillaume de Saint Point fut élu capitaine du ban et arrière-ban de la noblesse du bailliage de Mâcon, et en 1558 député nommé par la noblesse aux États du Mâconnais. Le rôle qu'il joua dans les événements militaires dont notre pays fut le théâtre en 1562 est assez considérable. Au mois de juillet de cette année-là, "ses gens, qui se préparoient à faire le siège de Belleville [en Beaujolais], et dont une partie bordoit la Saône pour empêcher qu'il ne vint aucun secours de Lyon et Mâcon, ayant surpris les bateaux qui portoient environ la valeur de 40.000 livres en argenterie, s'en emparèrent pour en soudoyer les troupes, se saisirent des conducteurs de bateaux et les envoyèrent prisonniers à Dijon. Ce butin anima M. de Saint-Point pour s'en saisir d'un autre. Etant sorti de Belleville pour aller ailleurs, deux compagnies de calvinistes, l'ayant appris, sortirent de Mâcon et se jetèrent à coup dans la place, dont ils se saisirent. M. de Saint-Point apprenant cette nouvelle, vint avec 200 chevaux, 700 hommes de pieds et quelques fusiliers des communes voisines, pour la reprendre; mais il fut repoussé vigoureusement avec perte des siens ses gens convertirent leur vengeance sur les bêtes à corne qu'ils trouvèrent dans les lieux circonvoisins" (Histoire des révolutions de Mâcon, 1760).

 

Le meilleur de sa célébrité lui vient encore des farces de Saint-Point, jeu qui consistait à noyer en Saône ses prisonniers huguenots et où il conviait en grande pompe tous ses vassaux et amis (Léonce Lex, Histoire de Saint-Point, 1898 - books.google.fr).

 

Conversion du "moine noir" ou travestissement ?

 

Voici une autre proposition qui a l'avantage de se situer dans la même région.

 

Dès une haute antiquité, en qualité de premier suffragant, l'évêque d'Autun avait le privilège d'administrer au spirituel et au temporel l'église métropolitaine de Lyon pendant la vacance. L'archevêque jouissait des mêmes avantages sur le diocèse d'Autun, sede vacante, à l'exception du temporel dont les revenus, depuis une ordonnance de Philippe-le-Long, de 1320, devaient retourner au domaine royal (Hippolyte Abord, Histoire de la Réforme et de la Ligue dans la ville d'Autun, Volume 1, 1855 - books.google.fr).

 

L'Ă©vĂŞque d'Autun, "qui Ă©tait alors Pierre de Marcilly, envoyait des Ă©missaires Ă  Lyon Ă  cette fin. Mais huit jours après le dĂ©cès de Tournon, le 30 avril 1562, les bandes au service des rĂ©formĂ©s s'emparaient de Lyon, pillaient les Ă©glises, dĂ©truisaient les maisons du cloĂ®tre Saint Jean et chassaient tout le ClergĂ© de la ville. Pendant près de deux ans se joua entre le chapitre de Lyon, qui avait pris l'administration de l'ArchevĂŞchĂ©, mais avait fui son cloĂ®tre, l'Ă©vĂŞque d'Autun qui prĂ©tendait Ă  la rĂ©gale et dont l'un des Ă©missaires Ă©tait obligĂ© de se dĂ©guiser en soldat de la RĂ©forme pour pĂ©nĂ©trer dans la ville, le gĂ©nĂ©ral des finances qui avait saisi les revenus de l'ArchevĂŞchĂ©, et le dĂ©lĂ©guĂ© du Cardinal de Ferrare qui ne se dĂ©cida Ă  venir Ă  Lyon qu'en 1564, une vaste comĂ©die. Comme les Protestants occupaient la ville, les pĂ©ripĂ©ties de l'aventure se dĂ©roulent un peu partout : A Vaugneray, puis Montbrison et Saint-Rambert-sur-Loire, oĂą s'Ă©tait rĂ©fugiĂ© le Chapitre; Ă  Ouroux, Varennes, QuinciĂ© et Villefranche oĂą les gens de l'Ă©vĂŞque d'Autun attendaient de pouvoir pĂ©nĂ©trer Ă  Lyon et couraient après quelques chanoines dispersĂ©s; Ă  TrĂ©voux oĂą l'on avait transfĂ©rĂ© le siège de l'ArchevĂŞchĂ© ; et Ă  Lyon enfin oĂą certains ecclĂ©siastiques n'avaient pas craint de rester et oĂą Ă©taient demeurĂ©s la plupart des officiers laĂŻcs de l'ArchevĂŞchĂ©" (Revue des Ă©tudes italiennes, Volume 5, Union intellectuelle franco-italienne, 1958 - books.google.fr).

 

Pierre De Marcilly était fils de Blaise de Marcilly de Cipierre et d'Alix de Saint-Amour, et frère de Philippe de Cipierre, gouverneur du duc d'Orléans, plus tard Charles IX. Prieur de Saint-Symphorien-lez-Autun, abbé de Mortemer, chanoine et chantre de la cathédrale d'Autun, il succéda à Philibert d'Ugny sur le siège de cette ville et en prit possession par procureur le 28 juin 1558. Il mourut le 16 août 1572 en son château de Lucenay-l'Evêque (Revue héraldique, historique et nobiliaire, Volume 5, 1867 - books.google.fr).

 

Jacques Charvot partit le 5 mai, avant-veille de la célébration de la Cène, accompagné de Philibert Deschasaulx, bailli de l'évêque, de Simon Barbotte, son greffier, et de Jean Serrurier. Arrivé le lendemain à Saint-Antoine-d'Ouroux, village situé à environ douze lieues de Lyon, il fut averti, comme il le dit dans un procès-verbal, que la ville avait été surprise par les partisans de la nouvelle religion. [...] Il apprit également que le sieur de Nagu-Varennes, l'un de ces chanoines, était arrivé à Varennes près Beaujeu. Le 7 mai, Charvot se rendit auprès de lui avec Deschasaulx et Barbotte, et lui fit part de sa mission, en le priant de lui indiquer en quel lieu il pourrait trouver ses confrères afin de leur faire semblable communication. Le chanoine répondit qu'il serait difficile d'en réunir un certain nombre à Lyon ou au dehors, « à cause des grands troubles, ruines, calamités et malheureux actes advenus pour le fait de la Religion; que les chanoines de Saint-Jean avoient été ruinés, pillés, saccagés, mis en fuite et dispersés de tous côtés.» Il ajouta que quant à Charvot, il lui serait impossible d'entrer dans la ville, «vu sa qualité et son état, et qu'il ne feroit pas sagement de passer outre, pour le danger qui lui en pouvoit advenir.» Le vicaire-général se prévalant de la nécessité d'exécuter sa commission, Nagu lui dit qu'il ne trouvait nullement cette démarche étrange; «qu'il étoit bien joyeux de ce qui arrivoit à l'évêque d'Autun, et qu'il étoit seulement marri que les choses ne lui succédassent point comme il le désiroit.» Les députés de Marcilly se rendirent alors à Villefranche, où ils connurent avec plus de détails la situation de la ville et l'impossibilité d'en approcher. Cependant, le 8 mai, Serrurier, afin de s'assurer par lui-même de l'état des choses, trouva le moyen d'y pénétrer habillé en soldat et feignant d'être de la religion nouvelle. Il revint dans la soirée, affirmant qu'on n'avait rien exagéré. Charvot prit le parti de déléguer Serrurier pour poursuivre l'affaire par les moyens dont il pourrait disposer (Hippolyte Abord, Histoire de la Réforme et de la Ligue dans la ville d'Autun, Volume 1, 1855 - books.google.fr).

 

Jean Serrurier, argentier ou trésorier de l'évêque de Marcilly, qui prit une part active à cette affaire de la régale, ne nous est connu que par sa correspondance, conservée aux archives de l'évêché; tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il succéda, le 13 septembre 1566, au chanoine Adam Chiquet, dans la cure de Saint-Quentin (Hippolyte Abord, Histoire de la Réforme et de la Ligue dans la ville d'Autun, Volume 1, 1855 - books.google.fr).

 

Serrurier ne semble pas avoir été à Varennes avec Charvot auprès du chanoine Pierre Nagu de Varennes. Charvot revient à Quincié, qui est cependant proche du château de Varennes, et c'est de là qu'ils partent à Villefranche (Jean Tricou, Hippolyte d'Este et la régale de 1562, Cahiers d'histoire, Volume 4, 1959 - books.google.fr).

 

«Grison, espion qu'on envoie ou aposte pour épier quelqu'un, ou découvrir quelque chose.» L'auteur du dictionnaire cite Baron pour illustrer sa définition (Le Roux, Dictionnaire comique, 1718, p. 252). Les gens de la haute société faisaient prendre à leur valet une espèce d'uniforme gris quand ils étaient chargés de messages amoureux, afin que la couleur de leurs habits ne puisse pas indiquer aux yeux de tous de quelle maison ils venaient (Jeanne-Marie Hostiou, "Le Rendez-vous des Tuileries, ou Le Coquet trompé" (1685) de Michel Baron, 2013 - books.google.fr, Philibert-Joseph Le Roux, Dictionnaire comique, satirique, 1718 - books.google.fr).

 

Le gris de l'espion et le gris réformé.

 

Michel Boyron, dit Baron ou Le Baron, serait né vers 1650 et est mort en 1729.

 

Le diocèse d'Autun formait ainsi enclave depuis Bois-Sainte-Marie et Dompierre jusqu'à Propières et Saint-Antoine-d'Ouroux, et divisait le diocèse de Mâcon en deux parties presque égales, l'une au midi, l'autre au nord, reliées ensemble par l'espace étroit qui s'étend de Durette aux Ardillats par Beaujeu (M.-C. Ragut, Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon connu sous le nom de Livre enchaîné, 1864 - books.google.fr).

 

Trois voies Nord-Sud Ă  partir de Autun :

 

1) Autun, Le Creusot, St Gengoux-le-National, Cluny, Mâcon. Cette voie suit le tracé actuel du TGV depuis Le Creusot jusqu’à Mâcon.

2) Autun, St Vallier, Suin, Ouroux, Avenas, Beaujeu, Belleville.

3) Autun, Toulon-sur-Arroux, Génelard, Charolles, La Clayette, Chauffailles, Les Echarmeaux, Beaujeu, Belleville (ou depuis Les Echarmeaux : Lyon par le Val d’Azergues). Cette route passe en limite sud d’Azolette (www.patrimoine-haut-sornin.fr).

 

Charvot et ses compagnons étant passés par Ouroux-Saint-Antoine auraient utilisé la voie 2 en 1562 pour aller à Lyon.

 

En 1567-1568, Poncenat et Mourans, avec sept mille hommes, entrent en Bourgogne, attaquent Saint-Jangons le royal. Le sieur de Tavannes y envoie son cousin de Vantoux avec sept cents chevaux. Après une légère escarmouche, chacun, en crainte de son ennemi, font retraite la nuit de dix lieues, et étaient le matin à vingt l'un de l'autre. Le nom du sieur de Tavannes, que Poncenat pensait y être, lui avait attaché des ailes aux pieds. Cependant M. d'Anjou fault à combattre les huguenots à Notre-Dame de l'Epine et Sainte-Menehould, par manquement de capitaines; eux, passent à Epernay, vont au-devant de leurs reîtres (Berthold Zeller, L'histoire de France racontée par les contemporains: extraits des chroniques et des mémoires, Tome 15, 1890 - books.google.fr).

 

Le corps de Saint Gengoux est revendiqué par deux Varennes : Varennes-sur-Amance près de Langres et le célèbre Varennes-en-Argonne (Jacques Le-Long, Bibliotheque historique de la France avec des notes critiques et historiques, augmentee par Fevret de Fontette, Tome 1, 1768 - books.google.fr).

 

A l'Est de Saint Gengoux se trouve Joncy, où Saulx-Vantoux battit en 1562 les Huguenots (Pont de Joncy). A Joncy, il y a le hameau de Rains (Claude Courtépée, Edmé Béguillet, Description historique et topographique du duché de Bourgogne, Tome IV, 1779 - brionnais.fr).

 

Le diocèse actuel d'Autun ne comprend plus que deux localités où sainte Reine soit encore solennellement honorée. Dans la contrée appelée le Petit-Balay, vulgairement Bala, ou Ballas, à l'est de la paroisse de Joncy, on rencontre une petite chapelle qui lui est dédiée. C'est là qu'autrefois, le sept septembre, de nombreux pélerins se réunissaient pour vénérer son image. Mais le délabrement de la chapelle, joint à d'autres causes, a fait transférer depuis la statue dans l'église de la paroisse.

 

Parmi les confréries établies à Autun en 1560, on trouve celle de Sainte-Reine. Les anciens bréviaires et missels du diocèse mentionnent fréquemment sainte Reine martyre. Il en est de même du manuel à l'usage des curés de l'insigne Eglise d'Autun, imprimé à Paris, au mois d'avril 1523 (François Grignard, La vie de sainte Reine d'Alise, 1881 - books.google.fr).

 

"Moine noir"

 

Cependant on ne sait si l'émissaire de l'évêque d'Autun était bénédictin (moine noir).

 

Pour relier Jean Serrurier aux bénédictins, on s'attardera sur son nom.

 

Je crois que St-Symphorien Ă  Paris Ă©tait bien l'ancienne prison romaine, et que St-Denis-de-la-Châtre a dĂ» son surnom Ă  sa proximitĂ© du carcer Glaucini : une fois dĂ©nommĂ©e «de la Châtre», cette Ă©glise St-Denis devait ĂŞtre tenue Ă  la longue pour le local oĂą le Saint avait Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©. Avant d'ĂŞtre consacrĂ© Ă  s. Symphorien, l'Ă©difice carrĂ© romain dont il s'agit l'avait Ă©tĂ© Ă  ste Catherine (Berty, dans Rev. arch., 1860, II, 384) : ste Catherine, comme s. Denis, avait Ă©tĂ© jetĂ©e en prison et comme Ă  s. Denis, le Christ lui Ă©tait apparu, pour la conforter, dans son cachot. Les serruriers au XVe s. se rĂ©unissaient Ă  St-Symphorien (Berty, op. l., p. 386), parce que, travaillant pour les geĂ´les, ils n'avaient pas cru trouver une Ă©glise plus convenable pour leurs rĂ©unions que celle-lĂ , qui Ă©tait une ancienne prison. St-Symphorien-en-la-CitĂ© dura jusqu'en 1698, oĂą cette petite paroisse fut rĂ©unie Ă  l'Ă©glise toute proche de la Madeleine-en-l'Ile (Sauval., I, 344; LC, II, 503; Bournon, p. 170; Rochegude, p. 40; BrĂ©v. de Ph. le B., p. 95). Une chapelle de s. Symphorien avait Ă©tĂ© construite, Ă  l'abbaye St-Vincent-Ste-Croix (plus tard St-Germain-des-PrĂ©s), contre le flanc mĂ©ridional de l'abbatiale, par s. DroctovĂ©e, premier abbĂ© de ce monastère, et l'Ă©v. de Paris, s. Germain, avait voulu y ĂŞtre enterrĂ©. Germain avait fait venir DroctovĂ©e d'Autun, oĂą celui-ci Ă©tait abbĂ© de St-Symphorien. Le dĂ©votion du Saint d'Autun a donc Ă©tĂ© introduite Ă  Paris par un Autunois (LC, III, 9; Bournon, p. 237 ; RĂ©g. du bourg St-G., p. 100 et 113 ; Rochegude, p. 543) (Paul Perdrizet, Le Calendrier parisien a la fin du Moyen age d'apres le Breviaire et les livres d'heures, 1933 - books.google.fr).

 

Plusieurs confréries avaient leur siége dans l'église de Saint-Symphorien; on nomme celle des maitres serruriers de Paris, établie en 1491, et celle des maitres paveurs de la Ville, établie sous le titre de Saint-Roch, le 26 août 1499, auxquelles il faut ajouter celle des maîtres couvreurs, qui s'y installa en verlu d'un traité, le 14 mai 1492 (Adolphe Berty, Les trois îlots de la Cité, Revue archéologique, Volume 17, 1860 - books.google.fr).

 

L'union introduite à Saint-Jean-de-Latran par Grégoire le Grand servit de modèle à Syagrius et à Brunehilde dans l'organisation de l'église d'Autun. Les Bénédictins de Saint-Martin étaient unis aux clercs réguliers de Saint-Symphorien, chargés du service de la Cathédrale; la liturgie des deux abbayes était commune. Un missel servant à toutes deux au VIIe siècle, dit que saint Martin était le père des moines de Saint-Symphorien. [...] Dans un concile tenu à Autun, vers 663, saint Léger astreignit les clercs réguliers de Saint-Symphorien à une clôture plus sévère et les éloigna du service de la Cathédrale dont ils avaient été chargés jusque-là (Jacques G. Bulliot, Essai historique sur l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoit: Par J.-Gabriel Bulliot, Volume 1, 1849 - books.google.fr).

 

"serrurier" est le nom donné en Provence (sarralhier) et en Côte-d'Or (Châtillonnais) à la mésange charbonnière, ailleurs elle peut s'appeler petit-moine, moinoton, nonnette.

 

La charbonnière a sur la tête une espèce de capuchon d'un noir brillant et lustré qui, devant et derrière, descend à moitié du cou, et a, de chaque côté, une grande tache blanche presque triangulaire; du bas de ce capuchon, pardevant, sort une bande poire, longue et étroite, qui parcourt le milieu de la poitrine et du ventre, et s'étend jusqu'à l'extrémité des couvertures inférieures de la queue; celles-ci sont blanches, ainsi que le bas ventre; le reste du dessous du corps, jusqu'au noir de la gorge, est d'un jaune tendre. [...] Le chant ordinaire du mâle, celui qu'il conserve toute l'année, et qu'il fait entendre sur-tout la veille des jours de pluie, ressemble au grincement d'une lime ou d'un verrou, et lui a valu, dit-on, le nom de serrurier; mais au printems il prend une autre modulation, et devient si agréable et si varié, qu'on ne croiroit pas qu'il vint du même oiseau (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle, Volume 23, 1787 - books.google.fr, S. J. Honnorat, Dictionnaire Provençal-Français, ou Dictionnaire de la Langue d'Oc, ancienne et moderne, suivi d'un vocabulaire Français-Provençal, Volume 2, 1847 - books.google.fr).

 

C'est ainsi qu'en OrlĂ©anois le Pinçon est nommĂ© Riche-Prieur, parcequ'on lui fait dire, Je suis le fils d'un riche Prieur; tandis qu'en Normandie on lui fait dire : Qu'est-ce qui veut venir Ă  Saint Symphorien ? C'est ainsi qu'on s'imagine que la grosse MĂ©sange dit, Comme il te fait fais lui, ou fils de Dieu. Les Solognots prĂ©tendent que la grosse MĂ©sange dit, Que de petits, & que la petite MĂ©sange bleue lui rĂ©pond, tout drus. [...] En un mot il en est du chant des Oiseaux, comme du son des Cloches [et des quatrains], auxquelles on fait dire tout ce qu'on veut (John Ray, L'Histoire Naturelle Ă©claircie dans une de ses parties principales, l'Ornithologie, traduit par M. Salerne, 1767 - books.google.fr).

 

En rapport aux oiseaux, "voltore" en ancien français désigne le vautour dont Dom Pernéty gratifie d'une pierre blanche (article "Quandros") dans la tête, ayant la propriété de faire venir le lait aux femmes (Antoine Joseph Pernety, Dictionnaire mytho-hermétique, 1758 - books.google.fr).

 

Beaujolais

 

Par ainsi, Sainct Auban continua son chemin vers Orléans, & les images estans abatues, on commença d'y prescher le vingtroisiesme de may; comme aussi deux iours après [25 mai 1562] à Beaujeu, où les images furent pareillement abatues par le capitaine Montauban, que le baron des Adrets y envoya de Lyon [Il s'agit peut-être de Gaspard de Montauban, sieur du Villard et Jarjayes, compagnon de Lesdiguières, qui fut gouverneur de Serres en 1576, et devint en 1590 grand maître de l'artillerie du Dauphiné (France protest., VII, 455)]. Le mesme se fit és villages d'alentour, & notamment à Drassey (Dracé), où fit prescher le gentilhomme du lieu en préfence du curé & [de] deux autres prestres. Mais cela ne dura guères; car la semaine mesme, le gentilhomme se retira du costé des adversaires. Ainsi demeura Belleville sans estre pressée de trop près, iusques au vingtneufiesme de iuillet, auquel ils furent assaillis comme s'enfuit (Théodore de Bèze, Histoire ecclésiastique des églises réformées au royaume de France: publiée d'aprés l'édition de 1580, Tome 2, 1882 - books.google.fr).

 

Saint-André délègue à Moulins son lieutenant Marconnay, seigneur de la Fin et de Montaré, avec charge de réprimer l'agitation protestante. [...] Montaré fait arrêter d'abord le ministre Cougnat et le seigneur de Foulet, Rapine; il fait pendre ensuite deux artisans, un menuisier et un coutelier, coupables, disent les catholiques, d'avoir tenu des «propos outrageux» et tenté une sédition. Enfin, il convoque le ban et l'arrière-ban des gentilshommes du pays, qui arrivent à Moulins du 1er au 3 juin. Mais déjà l'ennemi s'annonce; il approche sous la conduite du dauphinois Saint-Auban et de François de Boucé, seigneur de Pontecenat, un Bourbonnais issu des anciens seigneurs de Saint-Martin-des-Lais. Partis de Lyon avec «cinq à six cents chevaux, 14 ou 15 enseignes» et des pièces d'artillerie, Saint Auban et Pontcenat ont gagné Roanne par le Beaujolais, fait provision de bâteaux pour embarquer leurs canons, suivi la Loire jusqu'à Digoin, non sans divaguer un peu, piller les églises et monastères, rançonner les paysans d'alentour (M. Litaudon, Histoire du canton de Chevagnes, Tome 2, 1952 - books.google.fr).

 

Les protestants font appel au chef dauphinois Montbrun, qui s'empare de Villefranche, Belleville, Mâcon, Tournus, et s'installe à Chalon le 22 mai. Des troubles ont également lieu dans le Brionnais et le Charolais. Des protestants sont massacrés à Auxerre pendant l'été, et jusqu'en octobre. Mais Tavannes reprend Tournus et Chalon et, plus difficilement, Mâcon (19 août) (Actes des synodes provinciaux: Bourgogne (1601-1682), 2022 - books.google.fr).

 

Le prieuré de Saint-Nizier-Lestra, dans la commune de Quincié où se trouve un château de Varenne, était sous la protection du prieur bénédictin de Charlieu depuis 1428. De sept religieux qui s'y trouvaient habituellement, il n'y avait plus que le sacristain (Revue du Lyonnais, 1898 - books.google.fr).

 

Quelques-uns même affirment que cette destruction fut commise par les bandes protestantes du baron des Adrets (Revue du Lyonnaise, 1895 - books.google.fr, Adolphe Vachet, Pierre-Hector Coullié, Les paroisses du diocèse de Lyon: archives et antiquités, 1899 - books.google.fr).

 

Ce petit prieuré était déjà affaibli en 1250 aussi lorsqu'en 1562-1563 les huguenots sous la conduite de Soubise et du baron des Adrets vinrent piller le Beaujolais, ils contournèrent le château de la Pierre par le gué de l'Ardières, ils détruisirent le prieuré de Saint-Nizier qui était peut-être très peu occupé et par contre respectèrent la Palud dont les Barjot d'alors s'étaient prudemment mis de leur religion (Grande encyclopédie de Lyon et des communes du Rhône: Arrondissement de Villefranche, Tome 4, 1980 - books.google.fr).

 

Les Barjot étaient détenteurs du bail d'exploitation de la mine de Vaultorte (1505) (Huillard-Bréholles, Titres de la maison ducale de Bourbon, Tome 2, 1874 - books.google.fr).

 

Azergues

 

La voie qui sort de Lyon au nord-ouest, par Vaise, gagne Dardilly, la Tour-de-Salvagny, l'Arbresle et le Trève de Bully, où elle se bifurque : la branche méridionale (le «portage» se dirige sur Tarare, Saint-Symphorien-de-Lay et Roanne, l'autre (iter lugdunense, iter franciscum, magna via francisca, magna strata francheschi, disent les terriers), sur Saint-Clément, Valsonne et Thizy (péage de Thizy cité dans un acte de 1302). P. FUSTIER a reconnu une voie secondaire de Lyon à Roanne par la vallée d'Azergues, Valsonne, les Salles, Amplepuis, Huissel et Pradines (Léon Blin, Le grand chemin de Paris à Lyon, Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1610) du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1958 - books.google.fr).

 

Les tronçons que Guigue signale entre Belleville et Quincié, entre Saint-Georges-de-Reneins et Quincié, peuvent expliquer les toponymes le Pavé et Pierreux relevés par M. Chaume (Annales de Bourgogne: revue historique, Volumes 11 à 12, 1965 - books.google.fr).

 

Le duc de Bourbon meurt à Lyon lors du couronnement du pape Clément V en 1305 (cf. quatrain VI, 51).

 

Le cortège funèbre, formé au monastère de l'Ile-Barbe le 20 novembre, défile par «Dous Rues» (21 novembre), Tarare et Saint-Symphorien-de-Lay, pour atteindre à Roanne, le 24, la rive gauche de la Loire (Léon Blin, Le grand chemin de Paris à Lyon, Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1610) du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1958 - books.google.fr).

 

En 1543, Rabelais emballe le corps de Guillaume du Bellay de Langey mort à Saint Symphorien de Lay (à 17 km de Roanne) avec de la toile goudronnée : cf. quatrain IX, 29.

 

De Villefranche, le baron des Adrets se porta dans la vallée de l'Azergues, où ses soldats mirent tout à feu et à sang, comme à Oingt et Ternand (Achille Raverat, Autour de Lyon: excursions historiques, pittoresques & artistiques, Tome 3, 1889 - books.google.fr, Alexandre Bérard, Le Bois d'Oingt à travers les âges, 1902 - books.google.fr, Bourgogne, Morvan, Nivernais, Lyonnais, Guide bleus, 1959 - books.google.fr).

 

Poudre de sympathie

 

Au XVIIe siècle, le vitriol bleu servait à fabriquer la poudre de sympathie du Chevalier Digby, qui l'apprit à Turquet de Mayerne, médecin du roi d'Angleterre, qui lui-même l'enseigna au duc de Mayenne, fils du frère d'Henri de Guise (Albert de Rochas d'Aiglun, L'extériorisation de la sensibilité: étude expérimentale et historique, 1895 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Henri de Mayenne).

 

Georges Dumézil et la forêt de Bondy

 

La forêt de Bondy, qui nous est imposée, je le répète, par le second vers, ne mérite cette royale périphrase que par la conjonction de deux destinées personnelles, par les malheurs jumeaux, l'un sur place, l'autre à terme, de Blitilde et de Marie-Antoinette. [...]

 

Suscité par le lieu du premier relais de la fuite de 1791, le rapprochement entre les fins de Blitilde et de Marie-Antoinette, «les Reines», est une pure construction, à la fois intellectuelle et esthétique, pleine de puissances philosophiques et dramatiques (Georges Dumézil, Le moyne noir en gris dedans Varennes: sotie nostradamique suivie d'un divertissement sur les dernières paroles de Socrate, 1984 - books.google.fr).

 

En 584, Chilpéric fut assassiné lui-même à Chelles, en revenant d'une partie de chasse dans la forêt de Bondy. Les historiens ne sont pas d'accord sur les auteurs de cet attentat; quelques-uns l'attribuent à Brunéhaut, d'autres à Frédégonde: ce qu'il y a de certain, c'est que ces deux reines étaient assez méchantes, l'une et l'autre, et assez hardies pour oser se le permettre (Jean Passeron, De l'homme et de la société : esquisses, 1844 - books.google.fr).

 

La forĂŞt de Bondy et la basoche

 

BASOCHE. Ce mot vient du grec bazôchein, plaisanter, ou plutôt par corruption du latin basilica [grec "basilikè" : royal]. En 1502, lorsque Philippe-le-Bel eut rendu le parlement sédentaire et l'eut installé solennellement dans le palais de son aïeul, les procureurs demandèrent la permission, qui leur fut octroyée, d'avoir des clercs pour les aider dans leur surcroît de fonctions. Ces clercs formèrent une association qui prit le nom de basoche du mot basilique, synonyme de palais, parce qu'elle siégeait dans le palais de la Cité, habité par les rois, et qu'on appelait fréquemment, dans le moyen âge, Palais-Royal.

 

En 1548, lors des troubles de la Guienne, cette puissante corporation offrit à Henri II 6,000 volontaires dont la discipline et la brillante tenue émerveillerent ce prince. En récompense de leur dévouement, il leur accorda le droit de prendre dans leurs armes casques et morions, et d'aller choisir tous les ans, dans la forêt de Bondy, trois chênes pour la plantation du mai dans la cour du palais, cérémonie pour laquelle il leur alloua une somme à prendre sur ses revenus particuliers. Ce prince leur assigna encore une promenade de 100 arpents, dite le Pré aux clercs, dans l'ile Saint-Louis, près de la rue actuelle de Bretonvilliers. Un arrêt du 31 décembre 1562 permit aux basochiens de planter leur mai pendant la nuit, à la lueur des torches. Cette cérémonie se faisait au son des tambours et des trompettes, sous la présidence du roi de la basoche, entouré de tous ses officiers et de ses turbulents sujets divisés en douze compagnies, la pique à la main et le morion en tête (Dictionnaire des dates, des faits, des lieux et des hommes historiques, Tome 1, 1842 - books.google.fr).

 

Les fêtes de la Basoche offraient un caractère exceptionnel, dont on se rend compte difficilement aujourd'hui. Elles se divisaient en trois catégories :

 

La première comprenait les fêtes exceptionnelles que motivaient constamment l'entrée des souverains et des ambassadeurs dans Paris, le couronnement du Roi, les naissances et les mariages des princes, les événements heureux de la politique ou de l'armée victoires, traités de paix, etc. Toutes les corporations y prenaient part, avec les fonctionnaires de tous ordres, et c'était, à travers les rues, une immense cavalcade richement costumée et équipée qui excitait l'admiration du peuple et son enthousiasme.

 

La deuxième comprenait les fêtes religieuses ou nationales qui réunissaient annuellement le même cortège et donnaient lieu à de nombreuses réjouissances. Le six janvier, jour des Rois, le mardi gras, Pâques, la Saint-Jean, la Saint-Louis, la Toussaint et Noël étaient les principales fêtes.

 

Enfin, la troisième comprenait les fĂŞtes corporatives, annuelles aussi, oĂą figuraient un nombre plus ou moins grand de corporations amies. Un arrĂŞt du parlement, du 31 dĂ©cembre 1562, permet aux officiers du royaume de la Basoche, de passer et repasser par la ville, soit de nuit, soit de jour, ayant flambeaux ou torches pour assister aux aubades : le Mai, la Montre, le CarĂŞme, la Saint-Nicolas, fĂŞtes communes Ă  la jeunesse en gĂ©nĂ©ral, Ă  l'UniversitĂ©, et Ă  la Basoche en particulier.

 

Le Mai donnait lieu à une réunion extraordinaire très en faveur et que suivait de près une autre réunion non moins importante, «la Montre», nombreuse et imposante (Lucien Genty, La Basoche notariale: origines & histoire du XIVe siècle à nos jours de la cléricature notariale et de la cléricature en générale, 1888 - books.google.fr, Jacques Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris, Tome 1, 1839 - books.google.fr).

 

En 1667, pour la cérémonie du Mai, qui se célébrait alors aux premiers jours de juillet, les clercs désignés allaient chez leurs dignitaires et chez les principaux membres des cours du parlement et des aides, faisant exécuter devant la porte de chacun de ces magistrats, des morceaux de musique; puis ils parcouraient les rues de Paris, pendant plusieurs jours, précédés de leurs drapeaux et de leurs armes; et se rendaient ensuite à la forêt de Bondy pour y couper l'arbre qu'ils devaient planter au bas de l'escalier du palais (Adolphe de Chesnel, Coutumes, mythes et traditions des provinces de France, 1846 - books.google.fr).

 

Plusieurs basoches se créèrent sur tout le territoire français, la plupart inféodées à la Basoche du Palais, mais certaines se revendiquaient comme indépendantes (fr.wikipedia.org - Basoche).

 

Les luttes confessionnelles deviennent ainsi un moyen d'exprimer les conflits socio-politiques, par exemple à Paris où les officiers des cours souveraines soupçonnés d'hérésie deviennent dans la décennie 1560 la cible préférée des hommes de la basoche (procureurs, huissiers, notaires, avocats), jaloux de leur position et mis dans l'incapacité, avec la fermeture du marché des offices, de poursuivre ou entreprendre une ascension sociale (Hugues Neveux, Prélêvements et contrôles urbains, La ville des temps modernes: de la Renaissance aux Révolutions, 1998 - books.google.fr).

 

La "forest" et la "nuit" placeraient le quatrain en mai : dans la nuit du samedi 30 avril au 1er mai 1562, les calvinistes du DauphinĂ© rĂ©unis Ă  ceux de Lyon se rendent maĂ®tres de Lyon. Et dans les jours qui suivent, l'Ă©vĂŞque d'Autun envoie des ambassadeurs pour rencontrer l'Eglise de Lyon.

 

En 1532, l'année où Rabelais vint s'installer à Lyon, paraissaient dans cette ville les Grandes et inestimables chroniques du grand et énorme géant Gargantua, qui étaient sans doute de Charles Billon, prince de la basoche d'Issoudun (Élie Decahors, Histoire de la littérature française : Le XVIe siècle, Tome 2, 1949 - books.google.fr).

 

Testenoire-Lafayette (Notaires de l'arrondiss. de Saint-Etienne) croit que Pierre Gaultier, le «Roi de la Basoche» célébré par Girinet, était fils de Guillaume Gaultier, notaire à Saint-Romain-en-Jarez. Cela est en contradiction avec les vers 11-12 du poème de Girinet qui déclarent que le héros était de haute et ancienne noblesse (Pierre Ronzy, Un humaniste italianisant, Papire Masson (1544-1611), 1924 - books.google.fr).

 

Philibert Girinet, chevalier de l'Église de Lyon, trésorier de l'église Saint-Étienne dans la même ville, naquit à Saint-Just-en-Chevalet. Il était oncle du célèbre Papyre Masson, et lui servit de père; car ce fut lui qui le fit élever et placer au collége de Villefranche, tenu alors par Pierre Godefroy. Voyez la Descriptio Fluminum Galliæ de Papyre Masson; Paris, 1618, in-8°, page 17 et 390; le livre du même De Episcopis urbis; 1586, in-4°, fol. 220 recto, et l'Hist. litt. de Lyon, par le P. de Colonia, tom. II, page 765 et suiv. Nous ne savons à quelle époque mourut Girinet; il fut inhumé en son pays natal, dans l'église de Saint-Thibaud, dont il était prieur. Son poème date du milieu du XVIe siècle; il dut être écrit avant 1550 (Philibert Girinet, Le Roi de la Basoche: poème latin inédit, traduit par Bréghot Du Lut, 1838 - books.google.fr).

 

À Lyon, le roi de la Basoche faisait planter des Mais devant l'hôtel du lieutenant du roi, et du Juge ordinaire (Audin, La Bazoche, p. 21 sq.) (Jacques Rossiaud, Lyon 1250-1550: Réalités et imaginaires d'une métropole, 2014 - books.google.fr, Philibert Girinet, Le Roi de la Basoche: poème latin inédit, traduit par Bréghot Du Lut, 1838 - books.google.fr).

 

Les marchands lyonnais, lorsqu'ils se sont quelque peu enrichis, s'empressent d'envoyer leurs enfants conquérir leurs grades pour devenir gens de loi, et de Maître devenir Messire. Ainsi se constitue au long du XVe siècle, un groupe non négligeable d'hommes, souvent proches par leurs origines et leur parentèle, du monde des riches marchands, mais dont la promotion sociale exige une autre image de marque celle du lettré instruit, capable de mettre en forme les actes essentiels de la vie, de trancher les litiges entre citoyens et d'intervenir dans la direction des affaires de la Cité. Grâce à la thèse de M. René Fédou, on connaît aussi exactement qu'il est possible ce que représentait ce groupe à Lyon. Numériquement, une centaine de «clercs» vers le milieu du siècle, 160 à peu près vers 1500 : groupe réduit donc, mais qui détient une part essentielle de la fortune lyonnaise et domine le consulat. Beaucoup parmi ses membres sont d'honnêtes praticiens clercs chargés de tenir les registres consulaires ou ecclésiastiques, procureurs ou «notaires» - au sens le plus large du - terme. Au terme d'études sommaires, achevées par un stage, ils savent écrire couramment en français — voire en latin, rendre compte de délibérations, mettre en forme un acte parfois compliqué. Ainsi commence à se constituer au bas de l'échelle robine un petit monde parfois trop négligé celui de la Basoche qui joue son rôle dans la cité, par exemple dans l'organisation des mystères ou la représentation des farces qu'on voit alors se multiplier, parfois à la fureur des consuls. Un demi-siècle plus tard, le poète lyonnais Maurice Scève qui connaît bien ce milieu, n'hésitera pas, en 1537, à remonter la Saône en compagnie des Basochiens, au jour de leur fête et à leur réciter de ses poèmes sous les ombrages de l'Ile-Barbe (J. Vrin, L'Humanisme Francais Au Debut de la Renaissance, 1973 - books.google.fr).

 

Laura L.T. McClure, dans «Baugé ou Beaujeu ? Du nouveau sur l'identité du Roi de la Bazoche d'André de la Vigne,» Bibliothèque d'Hu- manisme et Renaissance, 42 (1980), suggère que cette oeuvre satirise Pierre de Beaujeu, qualifie l'auteur de «clerc de la bazoche» (Cynthia Jane Brown, La ressource de la chrestienté d'André de La Vigne, 1989 - books.google.fr).

 

Supposons aussi que le poète-bazochien ait voulu Ă©crire une satire amère d'un homme mĂ©prisable par son manque d'intelligence et de qualitĂ©s morales, et cependant destinĂ© Ă  recevoir tous les privilèges du royaume. On ne chercherait pas un tel homme parmi les basochiens-clercs, amis et collègues de l'auteur. On chercherait parmi les grands «de haut lignage» et on trouverait un vrai Pierre, personnage historique : Pierre de Beaujeu, mari d'Anne de Beaujeu, fille de Louis XI et lui-mĂŞme duc de Bourbon Ă  partir de 1488. ConsidĂ©rons, donc, l'Ă©pitaphe finale, pour faire des comparaisons :

 

La similaritĂ© des noms BaugĂ© et Beaujeu est facile Ă  noter : les sonoritĂ©s sont voisines, Ă©tant donnĂ© en particulier les licences de prononciation de l'Ă©poque. Pierre de Beaujeu Ă©tait certainement «de grant lignage», Ă©tant de la famille illustre des Bourbons. Pierre de BaugĂ© Ă©tait beau et avait noble caractère; Beaujeu Ă©tait tout le contraire. Il y aurait donc parodie Ă©vidente. BaugĂ© avait environ 20 ans Ă  sa mort, Beaujeu en avait 65. Pourtant, Ă  sa mort en 1503 il avait rĂ©gnĂ© ou prĂ©sidĂ© en France pendant vingt ans, depuis la mort de Louis XI en 1483 jusqu'Ă  sa propre mort. Donc, comme roi de la bazoche, il avait vĂ©cu vingt ans ! Autre indice : «Du nom cinquième, de son règne deuxième» devrait se lire Ă  l'envers. Pierre de Beaujeu s'appelait Pierre II et semble avoir Ă©tĂ© le cinquième duc de Bourbon de sa ligne. La date du 16 juillet 1501 est mentionnĂ©e pour la première fois dans l'Ă©pitaphe française de la troisième Ă©dition de ce poème, celle de la bibliothèque de Dresde sur laquelle l'Ă©dition Montaiglon-Rothschild est basĂ©e. (Laura L.T. McClure, BaugĂ© ou Beaujeu ? Du nouveau sur l'identitĂ© du Roi de la Bazoche d'AndrĂ© de la Vigne, Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance n° 42, 1980 - books.google.fr).

 

Pierre de Beaujeu, deuxième des ducs Pierre, est le cinquième fils de Charles Ier, et le 8e duc de Bourbon. Il est l'époux de la dame de Beaujeu qui tirait des bénéfices de la mine de Vautorte et qui était la fille de Louis XI, Anne (fr.wikipedia.org - Pierre II de Bourbon).

 

L'encre et la basoche

 

La Basoche avait ses armes; sa charte de constitution en faisait mention, d'après l'historien anonyme que nous avons cité. Les armes étaient un écu royal d'azur à trois écritoires d'or, et au-dessus, timbre, casque et morion, avec deux anges pour supports. Félibien dit que les armes étaient compos es d'un écritoire sur un champ fleurdelisé, le tout surmonté de casque et morion, en signe de royauté.

 

L'encrier, la plume et l'épée

Etaient les armes de Pompée;

La Basoche est son héritière;

Elle en est fière.

Soldat-clerc, le basochien

Est bon vivant et bon chrétien (Lucien Genty, La Basoche notariale: origines & histoire du XIVe siècle à nos jours de la cléricature notariale et de la cléricature en générale, 1888 - books.google.fr).

 

La basoche et la mine de Vautorte

 

Après l'Ă©chec final de Jacques Coeur et vu la mĂ©diocritĂ© des rĂ©sultats de l'administration chargĂ©e de gĂ©rer ses exploitations, Louis XI tenta une nouvelle fois de relancer l'activitĂ© minière. De son cĂ´tĂ©, le duc Jean II de Bourbon, qui venait de se rĂ©concilier avec le souverain, esquissa Ă  son tour une grande opĂ©ration Ă©conomique et financière. En juillet 1467, il obtenait de Louis XI le droit d'exploiter les mines d'alun de glace, situĂ©es aux portes de Lyon, Ă  Vaise et Ă  Pierre-Scize puis, en juillet 1469, il se faisait octroyer par le roi tout le droit auquel celui-ci pouvait prĂ©tendre sur les mines de vitriol qui se trouveraient dans les terres de Beaujolais, y compris le droit rĂ©galien du dixième qu'il percevrait Ă  perpĂ©tuitĂ© Ă  son profit. En fait c'Ă©tait la mine de vitriol de Valtorte, en la paroisse et prĂ©vĂ´tĂ© de Claveisolles, qui Ă©tait visĂ©e; le roi ordonnait, par un mandement du 29 septembre, Ă  ses agents de faire en sorte que le duc pĂ»t la faire exploiter pour autant qu'elle fĂ»t situĂ©e en la totale juridiction ducale. L'intĂ©rĂŞt de disposer d'une mine de vitriol n'Ă©tait pas mince, car il n'y en avait point d'autre en France; un document de 1505 le dit expressĂ©ment : «ladicte mine de victriol... est unique en ce royaume...». Or cette substance - le sulfate de cuivre - Ă©tait tenue pour indispensable pour faire mordre la teinture sur certains tissus, les soieries notamment dont le roi essayait de dĂ©velopper la fabrication dans son royaume, comme aussi sur les cuirs. On l'utilisait aussi pour la prĂ©paration des encres. Elle Ă©tait gĂ©nĂ©ralement importĂ©e, soit d'Orient oĂą le vitriol de Chypre Ă©tait rĂ©putĂ© le meilleur, soit d'Italie, tant de Volterra que de Maremme autour de Massa. Le dĂ©veloppement d'une mine nationale de vitriol servait donc les intĂ©rĂŞts de la politique Ă©conomique de Louis XI, d'autant plus que Genève Ă©tait un des marchĂ©s de cette substance et que le roi tenait essentiellement Ă  l'essor de ses foires de Lyon, dĂ©bouchĂ© immĂ©diat de ces mines beaujolaises Mais si juridiquement rien n'empĂŞchait le duc de Bourbon et son entourage de lancer l'exploitation d'une mine situĂ©e dans le domaine direct de sa baronnie de Beaujeu, la situation locale Ă©tait fort embrouillĂ©e. En effet, la propriĂ©tĂ© du sol de la zone de Valtorte, en pleine montagne, entre La Mure et Beaujeu, formĂ©e de bois, prĂ©s et bruyères, appartenait en indivis Ă  un groupe de pariers ou consorts (parerii et consortes in bonis communes), soit qu'il s'agisse d'une frĂ©rèche de type classique, soit qu'on ait affaire Ă  une association de petits mineurs ayant mis leurs ressources en commun pour l'exploitation du sous-sol. Profitant de leurs Ă©videntes difficultĂ©s financières, un notaire de Villefranche, AndrĂ© Adzolles, qui fut greffier du bailliage et en 1429 consul de sa ville, leur avait achetĂ© une part de leurs biens de Valtorte, prenant ainsi pied dans la zone minière de Claveisolles, localitĂ© oĂą dĂ©jĂ  son oncle Jacques de Vareilles avait par testament fondĂ© en l'Ă©glise de Saint-Laurent une chapellenie de Saint-Denis qu'il accrut Ă  son tour. Sans doute profita-t-il de l'ordonnance de 1413 pour entreprendre l'exploitation du vitriol. Car en 1469 on nous dit qu'il y a soixante ans mais ce peut fort bien ĂŞtre une indication chronologique très approximative — il avait commencĂ© l'exploitation de la mine de Valtorte, et il possĂ©dait Ă  Claveisolles mĂŞme une grange, sur les bords de l'Azergues, Ă  cĂ´tĂ© du lieu oĂą nous savons qu'un martinet Ă©tait plus tard Ă©tabli. A sa mort, ses deux petits-enfants, Claude de Maleval, prĂŞtre, et Jean de Maleval qui devint docteur en droit et notaire, hĂ©ritèrent de ses biens, sous l'administration de leur père Humbert de Maleval, lui-mĂŞme notaire Ă  Beaujeu puis Ă  Villefranche et Ă©chevin Ă  deux reprises de cette dernière ville. En 1467, l'exploitation, interrompue, avait repris : les Maleval disposaient d'un bois Ă  Valtorte, oĂą il y avait mine - sans doute l'actuel lieu des Fouilloux et deux martinets, l'un près de la grange d'Adzoles, l'autre au pont Bataillard, peut-ĂŞtre l'actuel Pont-Gaillard. D'autre part, en 1468, le doyen du chapitre de Notre-Dame de Beaujeu, Hugues Baudet, bachelier en dĂ©cret, d'une famille riche et amplement possessionnĂ©e dans la rĂ©gion, acheta Ă  ces mĂŞmes pariers de Valtorte d'autres prĂ©s, contigus au bois des Maleval, lĂ  oĂą on avait trouvĂ© du vitriol. L'homme Ă©tait extrĂŞmement entreprenant : les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, il avait dĂ©jĂ  Ă©tabli de l'autre cĂ´tĂ© de la montagne, sur les rives de l'Ardière, ce qu'on peut dĂ©jĂ  appeler Ă  l'Ă©chelle de l'Ă©poque un complexe industriel, comprenant un moulin Ă  papier le plus ancien qu'on connaisse en Beaujolais —, une scierie et une tuilerie avec les indispensables constructions annexes. Cette mĂŞme annĂ©e 1468, le 6 septembre, et toujours aux mĂŞmes pariers, un autre chanoine de Beaujeu, ami de Hugues Baudet, Me Jean Teste, chanoine aussi de Saint-Vincent de Mâcon, achetait pour vingt francs d'or une rente d'une ânĂ©e de froment assignĂ©e sur des prĂ©s de Valtorte, et un troisième chanoine, le chantre Me Nicolas Pelletier, lui aussi liĂ© Ă  Hugues Baudet, y acquit des biens. Peu après, en 1476, dans cette mĂŞme paroisse de Clavesolles, mais au lieu - dit Montbovet, un certain Hugonnet Vacheret achetait pour une rente d'une ânĂ©e de seigle, toute la mine existant dans une terre d'un habitant de la paroisse, fer, cuivre, argent et tout autre mĂ©tal, avec droit de l'exploiter, droit d'accès avec tous instruments de charroi, etc. On voit ainsi la spĂ©culation se prĂ©cipiter sur le sol et, contre des rentes modestes en grains, en dĂ©possĂ©der les occupants traditionnels. Mais les nouveaux possesseurs du sol se heurtèrent aux prĂ©tentions contraires du duc de Bourbon qui, en qualitĂ© de baron de Beaujeu et seigneur haut-justicier, entendait exploiter la situation Ă  son profit et se rĂ©server les richesses du sous-sol Ă  l'encontre des trĂ©fonciers. Comme toujours en pareil cas, on assiste donc Ă  un vĂ©ritable rush et Ă  une prolifĂ©ration de procès. Les Maleval, possesseurs d'un manoir et du sol, interjetèrent appel au Parlement contre les agissements du duc. A l'occasion d'un procès, on apprend que la mine de Valtorte se trouve sise juxta et desubtus nemus domni Claudii et Johannis de Malavalle et nemus dicti Pelleterii ( Arch . dĂ©p . RhĂ´ne , 18 G 153 , 14 mai 1480 ). En revanche, Hugues Baudet, en relations constantes avec l'autoritĂ© ducale en sa qualitĂ© de doyen de la collĂ©giale du château, mĂ©nagea le duc (R.-H. Bautier, La mine de Valtorte 1469-1515, Actes du 98e Congrès national des sociĂ©tĂ©s savantes: Section de philologie et d'histoire jusquá` 1610, 1973 - books.google.fr).

 

La basoche Ă©tait une corporation d'Ă©tudiants, de juristes comprenant notaires, huissiers, juges, avocats, procureurs et gens de justice (fr.wikipedia.org - Basoche).

 

Les Maleval détenteurs de droits sur la mine de Vaultorte avaient, de part leur métier, rapport avec la basoche.

 

Il y avait une basoche Ă  Villefranche sur SaĂ´ne en 1634 peut-ĂŞtre avant : Pierre ThĂ©venon, sieur de Soulzy, prince de la bazoche de Villefranche (Inventaire sommaire des Archives dĂ©partementales antĂ©rieures Ă  1790, RhĂ´ne: E suppl. 668 Ă  E suppl. 1251, 1902 - books.google.fr).

 

La basoche Ă  Autun

 

Les clercs des bazoches frappaient des mĂ©dailles dont ils se servaient comme de signe de ralliement ou pour perpĂ©tuer le souvenir d'un Ă©vĂ©nement important. Le musĂ©e d'Autun en possède une fort bien conservĂ©e, qui porte la date de 1545. Elle n'a d'empreinte que sur une de ses faces. Dans le champ est un personnage tenant un sceptre de la main droite. Il est assis sur un trĂ´ne, revĂŞtu d'un costume de l'Ă©poque de François Ier, avec une fleur de lis de chaque cĂ´tĂ© de son siĂ©ge. Ce mĂ©daillon est en plomb et d'un grand module; il porte en lĂ©gende ces mots en gros caractères romains : ANTHONIVS PRIMVS BVRGVNDIE JWENTVTIS ET BAZOCHIE REX OPTIMVS (1545). Cet Antoine Ier Ă©tait donc Ă  la fois roi de la Jeunesse bourguignonne et roi de la Bazoche. On avait trouvĂ© en 1808, et on conservait Ă  Besançon, un sceau en cuivre jaune portant la mĂŞme effigie, et la mĂŞme lĂ©gende rappelant la royautĂ© d'Antoine Ier. La mĂ©daille d'Autun est probablement l'empreinte du coin de Besançon (Adolphe Fabre, Les Clercs du Palais. Recherches historiques sur les Bazoches des parlements & les sociĂ©tĂ©s dramatiques des Bazochiens & des Enfants-sans-Soucis, 1875 - books.google.fr).

 

L'existence de la bazoche bourguignone a été contestée, et "BVRGVNDIE" pourrait renvoyer à l'Hôtel de Bourgogne à la comédie duquel, cependant, la Basoche de Paris jouissait du privilège d'une loge (Charles Muteau, Les clercs à Dijon: note pour servir à l'histoire de la Bazoche, 1857 - books.google.fr).

 

"forest de reines" : reine des forĂŞts

 

A peine a-t-il abordé à Cumes, le pieux Énée, fidèle aux avis d'Hélénus et d’Anchise, se rend vers la montagne où s'élève le temple d'Apollon; aux environs de ce temple se trouve l'antre effrayant, retraite de cette terrible Sibylle à qui le dieu prophétique de Délos donne de vastes inspirations et révèle l'avenir. Pour arriver au temple d'or d'Apollon, il faut traverser le bois qui l'entoure et qui est, comme les environs de l'Averne, consacré à Hécate, déesse infernale.

 

Virgile confond Diane avec Trivia-Hécate, et qu'il fait de cette dernière la sœur de Phébus-Apollon; c'est, d'ordinaire, le même prêtre ou la même prêtresse qui sert à la fois les deux divinités composant le couple fraternel.

 

Le temple de Cumes est peut-ĂŞtre consacrĂ© Ă  Apollon seul : mais la forĂŞt qui l'entoure appartient Ă  Trivia. Ce temple a Ă©tĂ© Ă©levĂ© par DĂ©dale en tĂ©moignage de sa reconnaissance pour Apollon qui lui a permis de s'Ă©chapper du royaume de Minos et d'arriver Ă  Cumes sain et sauf; il a dĂ©posĂ© ses ailes en ex-voto dans le temple et gravĂ© sur les portes d'or divers Ă©pisodes oĂą il joue lui-mĂŞme un rĂ´le. Au dire de Servius, Salluste, dans ses Histoires, aurait constatĂ© l'origine de ce temple d'Apollon Ă  Cumes, bâti par DĂ©dale.

 

La prêtresse du temple est la Sibylle servante à la fois de Trivia et d'Apollon; elle se nomme Déiphobe et est fille de Glaucus (Henri La Ville de Mirmont, La mythologie et les dieux dans les Argonautiques et dans l'Énéide, Apollonios de Rhodes et Virgile, 1894 - books.google.fr).

 

Reine des bois (regina nemorum), qui seule entre les immortels te plais sur les montagnes, et sur leurs cimes dĂ©sertes, dĂ©tourne les sinistres prĂ©sages qui nous menacent ! O dĂ©esse puissante, dont la majestĂ© remplit les forĂŞts; astre brillant du ciel, ornement de la nuit (SĂ©nèque, Hippolyte, Acte II) (DĂ©sirĂ© Nisard, Théâtre complet des Latins comprenant Plaute, TĂ©rence et SĂ©nèque le Tragique, 1844 - books.google.fr).

 

Nemoris serait l'étymologie de la ville de Nemours. Jacques de Savoie (1531 - 1585), duc de Nemours, sera gouverneur du Forez, Beaujolais et Lyonnais en l'absence et après la mort du maréchal de Saint André mort à Dreux en 1562.

 

Dreux se trouve près de Villiers-en-Désoeuvre dans l'ancienne Sylva Dianae (Louis-Étienne Charpillon, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, Tome 2, 1879 - books.google.fr).

 

Le domaine de Villiers, érigé en baronnie au XVe siècle, a appartenu à Diane de Poitiers (fr.wikipedia.org - Villiers-en-Désoeuvre).

 

Tavannes, après avoir battu à Tournus Poncenat qui s'était porte a sa rencontre, s'avançait par la Bourgogne, prenait successivement Chalon, Macon, et penetrait en Beaujolais où il occupait Belleville, menaçant Villefranche, que les protestants effrayés abandonnerent. En meme temps, la resistance commençait a s'organiser. Le roi envoyait Jacques de Savoie, d'une branche cadette de cette famille qui avait ete apanagee du duche de Nemours, et il l'avait investi, en l'absence de Jacques d'Albon, non seulement du gouvernement de toutes les provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais et Dombes, mais aussi du Dauphiné et de l'Auvergne. Les environs de Lyon furent bientot repris, Montbrison evacué et le duc de Nemours établit son quartier général à Saint-Genis-Laval, en meme temps que Christophe de Saint-Chamond tenait la campagne dans les montagnes du Lyonnais et du Beaujolais.

 

Nemours tenta l'escalade de Lyon du côté de Saint-Just en mars 1563 (André Steyert, Nouvelle histoire de Lyon, Tome III, 1899 - books.google.fr).

 

Autre "Nuit" et autre "Reine"

 

Au midi, d'abord, Charentay, de l'ancienne famille des Verneys, avec son antique fief d'Arginy, qui, en 1523, appartenait à Jean Camus, échevin de Lyon; les Camus le possédèrent jusqu'en 1742, époque à laquelle la terre passa aux de Monspey (Pierre Virès, De Villefranche à Monsols, 1904 - books.google.fr).

 

Jean Camus laissa quatre fils qui formèrent autant de branches. L'ainé, Antoine, hérita de Feugerolles et devint la tige des seigneurs de Riverie et du Perron; le deuxième, Jean, fut seigneur de Saint-Bonnet; le troisième, appelé Claude, n'eut pas la moindre part, car il fut seigneur de Châtillon-d'Azergues, de Bagnols, d'Arginy, de Frontenas, de Vaise et de la Roche. En 1562, Claude Camus fut commis, avec son frère Antoine, au recouvrement de la subvention accordée au Roi par le clergé de France, pour le rachat du domaine royal. Pendant l'occupation de la ville par les protestants, le 12 juin 1562, de Blacons, lieutenant du baron des Adrets, fit saisir, entre leurs mains, une somme de 13,000 livres, provenant de ces deniers et les offrit au consulat pour les employer aux réparations des fortifications de la ville; mais cette libéralité fut refusée, par le motif qu'on ne pouvait accepter des sommes qui appartenaient au Roi. Néanmoins, cette saisie illégale paraît avoir arrêté la perception de cette contribution pendant tout le temps de l'occupation. de Lyon par les protestants (A. Vachez, Vieux château du Lyonnais, Revue du Lyonnais, 1869 - books.google.fr).

 

Le Père MĂ©nestrier (Bibliothèque curieuse et instructive, 1704) estime que les quatre dames, Rachel, Pallas, Judic, qu'il nomme Judith, et Argine, qu'il croit ĂŞtre l'anagramme de regina, expriment les quatre manières de rĂ©gner, par la beautĂ©, par la sagesse, par le droit de la naissance. Le Père Daniel propose d'autres conjectures sur les quatre dames : "La dame de trèfle, continue le Père Daniel, s'appelle Argine. C'est un nom qui ne se trouve, ni dans les histoires, ni dans les fables, ni dans la mythologie des dĂ©csses. Je dis que c'est la reine de France Marie d’Anjou, femme de Charles VII. Il Ă©tait convenable qu'on lui donnât une place dans ce jeu mystĂ©rieux, oĂą elle voulut dĂ©guiser son nom" (Journal de TrĂ©voux, 1720) (Bullet, Recherches historiques sur les cartes Ă  jouer (1757), Collection des meilleurs dissertations, 1826 - books.google.fr).

 

Ou bien Argine est Argie ou Argia, fille du roi d'Argos et femme courageuse de Polynice, fils d'OEdipe avec son frère Etéocle, rois de Thèbes (Larousse du XXe siècle: en six volumes, Tome 1, 1936 - books.google.fr).

 

En 1850, selon l'avis de l'Inspection des Eaux et Forêts, la forêt d'Arginy entame sa déforestation. Et 15 ans plus tard, en 1865, le magnifique lieu où il était possible de pratiquer la chasse commune, celui du chevreuil, du sanglier, du loup et même de l'ours, n'était plus qu'un souvenir (Albert Champeau, Jacques Breyer, L'Expérience d'Arginy, 2022 - books.google.fr).

 

A quelques centaines de mètres du village de Charentay, le château d'Arginy, construit au XIe siècle fut entièrement remanié au XVIe. De la demeure moyenâgeuse ne subsiste qu'une tour, dite des Huit Béatitudes. Des travaux récents ont permis de dégager les restes de deux autres tours et d'un pont. Peu de temps après en 1388 c'est la demeure des Beaujeu qui passe dans les mains des Vernet qui deviennent ainsi seigneurs d'Arginy, mais sans hériter du droit de justice de leurs prédécesseurs. Ce sera Claude de Vignolles, propriétaire des lieux en 1539, qui rachètera ce droit au roi François Ier, et qui restaurera et agrandira le château. Claude et Pierre de Vignolles ou de Vinolo étaient membres d'une famille florentine, anoblis par leurs fonctions publiques exercées à Lyon. Antoinette de Vignolles, dame d'Arigny, fille d'Antoine de Vingnolles, épousa Jean Camus, et la lignée des Camus y résida pendant plus de 2 siècles. Depuis 1883, le domaine est devenu propriété de la famille de Rosemont, dont le fief se trouvait autrefois à Figeac, dans le Lot. Si l'on connaît bien la généalogie des seigneurs d'Arginy, un point d'histoire n'a jamais pu être éclairci l'étymologie exacte du nom d'Arginy. Certains ont pensé qu'il s'agissait là d'une déformation d'arguros («argent» en grec), tandis que d'autres en tiennent pour Argine, anagramme de Régina, la Dame de trèfle, reine des trésors (Alain Lameyre, Guide de la France templière, 1975 - books.google.fr).

 

L'évêque de Belley Jean-Pierre Camus (Paris, 1584 - Paris, 1652) est le neveu de Claude Camus, époux de la Dame d'Arginy. Il se montre par ailleurs assez critique, dans ses écrits, à l'égard des moines (L'Antimoine bien préparé, 1632) (fr.wikipedia.org - Jean-Pierre Camus).

 

La piste gauloise entre le gué de Grelonges, à l'est de Saint-Georges-de-Reneins, et la région de Quincié et Beaujeu a été étudiée en dernier lieu par J. BALLOFFET, Autour de Ludna, Villefranche, 1933, p. 10; elle gagnait Beaujeu par les chapelles de Rofray et de Saint-Pierre à Charentay, passait le col de la Poyebade et atteignait Quincié dont le hameau Saint-Nizier était dit Saint-Nizier l'Estra jusqu'au XVIIIe siècle (BLIN) (Emile Thevenot, Les voies romaines de la Cité des Éduens, Volume 98 de Collection Latomus, 1969 - books.google.fr).

 

Bourg important sur la Vauxonne, Saint Georges de Reneins possède plusieurs hameaux et écarts, entre autres Nuits, qui font ceinture à ce beau centre communal, près duquel eut lieu, le 8 avril 1814, le combat entre les troupes françaises commandées par le maréchal duc de Castiglione et les Autrichiens sous les ordres du prince de Hesse-Hombourg. Les châteaux de la Vallière et de Longes sont situés sur le territoire de Saint-Georges. Le surnom de Reneins est la corruption du mot latin Arenae et rappelle les ensablements qui existaient entre la Saône et le bourg posé sur la rive droite de cette rivière (Joseph Bard, Le Département du Rhône. Histoire, statistique, géographie, 1858 - books.google.fr).

 

Guillaume Paradin écrivait : «La mine d'Odenaz, près la montagne de Brullon (Brouilly), chemin de Beaujeu à Charentay, payait et satisfaisait en plomb à toutes mises et frais, restant de gain l'argent. L'eau empêche le travail» (Alfred Caillaux, Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la France, 1875 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DDLE, DĂ©dale

 

Dedales envyrez d'un vin Imperial,

Que mille Phaëtons vous suyvans veulent boire,

Et mille autres Typhis, qui dessur l'onde noire

Souffrent presomptueux du desastre fatal :

Que vous sert de peiner en faisant tant de mal

Aux peuples innocents, Ă  qui vous faicte accroire

Que l'honneur est la honte, et la honte une gloire,

En voilant vostre orgueil d'ombre Justicial ?

Que vous estes meschans ! il vous plaist qu'on decore

(Voire ainsi que Mahon qu'un pervers monde adore)

Vos vices outrageux comme pures vertus.

Vous voulez imiter des Cesars d'entreprendre,

Qui corsaires plus grands ont fait les petits pendre,

Mais tels vainqueurs comme eux sont à la fin battus (Sonnet CXLVII) (Marc Papillon de Lasphrise, Diverses poésies, Nerina Clerici Balmas, 1988 - books.google.fr).

 

Ces Dédales que suivent mille Phaetons, ce sont les protestants assurés du soutien de l'empereur Rodolphe II. Pourquoi Dédale (le père d'Icare), pourquoi Phaëton (le fils d'Apollon) ? Parce que tous les deux sont à l'origine de grandes catastrophes (Jean Paul Barbier, Ma bibliothèque poétique, Tome 4, 2002 - books.google.fr).

 

Le «vin Impérial» est à notre avis une claire allusion à l'Empereur d'Allemagne Rodolphe Il qui en 1578 envoya aux Pays-Bas une armée aux ordres de son frère l'archiduc Mathias pour soutenir la cause des Réformés, dans l'intention de contrebalancer le crédit dont Guillaume d'Orange jouissait auprès des protestants (Un poète du XVIe siècle: Marc Papillon de Lasphrise, 1983 - books.google.fr).

 

Marc Papillon fait l'éloge dans un Sixain de Roger Sarrieu, ou dit Sarriou, qui servit avec beaucoup de distinction à la tête d'une vieille Bande et qui fut incorporé avec sa compagnie, en 1562, dans le Régiment de Richelieu, et en fut tiré en 1563 pour entrer dans celui des Gardes françaises que Charles IX formait ; et du Dauphinois Ponçonat dans un quatrain ("Race de Mars").

 

Marc Papillon parle du "DĂ©dale Amour" de NoĂ©mie qui serait sa nièce ou sa cousine Polyxène Papillon, de religion protestante :

 

Alors que NOEMIE honoroit la douleur

De son Dedale Amour par ses larmes piteuses,

Par l'or blond de son chef, trois deitez soigneuses

Offrirent à ses yeux leur puissante faveur (The Amours of Marc Papillon de Lasphrise : A Critical Edition of Les Amours de Theophile and L'amour Passionnée de Noémie, Margo Manuella Callaghan, 1974 - books.google.fr).

 

Marc Papillon, seigneur de Lasphrise, né près d'Amboise vers 1555 et mort vers 1599, est un poète baroque satirique et érotique français. Il s'engage très jeune dans les armées catholiques y acquérant le nom de Capitaine Lasphrise. Il fait de nombreux séjours à la Cour, se rallie à Henri IV, avant de se retirer à Lasphrise, près de Tours (fr.wikipedia.org - Marc Papillon).

 

Sa première grande aventure au-delà des mers le conduit à Lancelote (aujourd'hui Lanzarote), c'est-à-dire les îles Canaries. Le deuxième grand voyage sur mer est probablement, d'après notre reconstruction, celui qui conduisit notre poète sur les côtes de Corfou et de Navarin, à la suite du duc de Mayenne (en 1572-73), ce Charles de Mayenne, frère d'Henri de Guise, qui deviendra le protecteur en titre de Lasphrise (Nerina Clerici Balmas, Un poète au XVIe siècle. Marc Papillon de Lasphrise. In: Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, n°17, 1983 - www.persee.fr).

 

En Beaujolais, le vignoble devient la culture dominante au XVIe siècle, grâce aux marchés lyonnais et parisien (Andrée Girard, Recueil des vins de France, 1999 - books.google.fr).

 

Il existe un Promontoire Dédale à Chypre regardant la Phénicie ou la Judée (Etienne de Lusignan, Description de toute l'isle de Cypre: et des roys, princes et seigneurs, tant payens que chrestiens qui ont commandé en icelle, 1580 - books.google.fr).

 

Mes recherches dans les ouvrages anciens ne m'ont fait dĂ©couvrir aucune preuve de l'existence de l'or en Chypre. C'est seulement dans les temps modernes que ce mĂ©tal a Ă©tĂ© indiquĂ©. On lit dans la Description de Chypre, par Étienne de Lusignan : «Cinaras, fils d’Agrippe... Trouva en Chypre une mine d'or et d'airain, et mesme pour le iourd'hui on y voit plusieurs veines et mĂ©taux, et principalement en Amathe, Crusocque et Solie, qui a donnĂ© occasion Ă  Virgile d'appeler Amathe grosse de mĂ©taux. A Crusocque, on tire aussi le vitriol, come anciennement on faisoit Ă  Thamasse. Or, les VĂ©nitiens craignoient de tirer l’or Ă  cause du Turc pour ce qu'en l'isle n'y auroit aucunes forteresses. Aucuns toutefois ne laissaient en cachette de prendre de la terre, et de la porter Ă  Venise et l'appeloient rose-coupe ou coupe-rose.» On voit que Lusignan parle simultanĂ©ment d'or, de cuivre, de couperose, de vitriol, comme un homme qui a des notions peu nettes sur ces substances. Il Ă©crivait en 1580, Ă©poque oĂą la mineralogie Ă©tait dans l'enfance. Il nous dit que Cinyras trouva une mine d'or, mais pourquoi ne cite-t-il pas l'auteur ancien auquel il a empruntĂ© ce renseignement ? En deux endroits diffĂ©rents de son Histoire du monde, Pline nous apprend que Cinyras dĂ©couvrit en Chypre les minerais de cuivre; mais il ne parle point d'or. Dans le paragraphe mĂŞme que je viens de citer, Lusignan montre que ses souvenirs bibliographiques ne sont pas toujours fidèles, car il attribue Ă  Virgile une citation qui appartient Ă  Ovide : «Amathonte rendue lourde par ses mĂ©taux.» (Albert Gaudry, GĂ©ologie de l'ile de Chypre, 1862 - books.google.fr).

 

Les vitriols se nomment plus ordinairement dans le commerce & dans les arts couperose ; ainsi on appelle celui-ci couperose bleue ; on le nomme aussi vitriol de Chypre (Pierre Joseph Macquer, Dictionnaire De Chymie, Tome 3, 1789 - books.google.fr).

 

Par une coïncidence extraordinaire, deux auteurs anciens, Hérodote (III, 115) et Diodore (V, 22-23) relient clairement les deux matières, ambre et étain, pour en souligner l'origine lointaine. Faire dériver les deux matériaux d'une localité quasi-légendaire, les îles Cassitérides et Électrides respectivement, est un indice que les Grecs de l'époque n'avaient pas d'accès direct aux régions productrices. Le mythe de Dédale fuyant la Crète et érigeant sur les îles Électrides deux statues, une d'étain et l'autre de bronze, rapporté par Aristote, rend le rapprochement encore plus attractif (Dimitris Paléothodoros, L'origine de l'ambre mycénien, Revue des archéologues et historiens d'art de Louvain, Volume 31, 1998 - books.google.fr).

 

En mĂŞme temps chemine souterrainement, entre La Espositione di Geber (Venise, 1545) de G. Bracesco et le Dictionnaire mytho-hermĂ©tique (1787) de Dom Pernety en passant par les Alchimia hierogliphica (1653) d'Athanasius Kircher, une constante rĂ©fĂ©rence au labyrinthe, modèle et laboratoire du Grand Ĺ“uvre alchimique, et Ă  DĂ©dale, guide de l’adepte. L’alchimiste ne rĂŞve-t-il pas d’accomplir la tentation de dĂ©miurgie propre Ă  l’homo faber en parachevant le perfectionnement de la matière ? Les longues et complexes opĂ©rations que requiert l’obtention de la pierre philosophale – longissima via, selon le Rosarium Philosophorum –, appellent le modèle du cheminement labyrinthique. Mircea Eliade observe que «les alchimistes alexandrins ont projetĂ© sur les substances minĂ©rales le scĂ©nario initiatique des Mystères», le schĂ©ma d’une descente aux enfers. La figure de DĂ©dale, dès l’origine proche de celle du mage qui guide les jeunes gens parce qu’il travaille la materia prima et maĂ®trise le feu, apparaĂ®t dans les textes qui croisent alchimie et mythologie : le TraitĂ© du vray secret des Philosophes et de l’esprit gĂ©nĂ©ral du monde, de Hesteau de Nuysement (1621), les Alchimia hierogliphica (1653) d’Athanasius Kircher, le Dictionnaire mytho-hermĂ©tique de Dom Pernety. [...] Après le cheminement dans les tĂ©nèbres qui correspond au nigredo, la deuxième phase de l’opus alchymicum, l’albedo, est aussi figurĂ©e comme un labyrinthe, selon Nicolas Flamel, «parce qu’ici se prĂ©sentent mille voyes Ă  mĂŞme instant, outre qu’il faut procĂ©der Ă  la fin d’icelle, justement tout au rebours du commencement, en coagulant ce qu’auparavant tu dissolvais, et en faisant Terre ce qu’auparavant tu faisais Eau». «Sublimation» et «prĂ©cipitation» sont au point de rencontre de la fable d’Icare et de l’opĂ©ration alchimique. Le Mutus Liber (1677) s’achève sur l’image d’un adepte illuminĂ© montant vers le soleil (Michèle Dancourt, DĂ©dale et Icare: MĂ©tamorphoses d’un mythe (2002), 2016 - books.google.fr).

 

Suivant la fameuse devise : «Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem» ou VITRIOL («Visite les parties intĂ©rieures de la terre; en rectifiant tu trouveras la pierre occulte»), il semble nĂ©cessaire d'orienter sa recherche vers le monde souterrain. La tradition invariable des philosophes hermĂ©tiques veut que la première matière soit tirĂ©e de la terre, et plus prĂ©cisĂ©ment des mines mĂ©talliques : «De cavernis metallorum occultus est, qui Lapis est venerabilis» («La pierre vĂ©nĂ©rable a Ă©tĂ© cachĂ©e dans les cavernes des mĂ©taux.» VIIe TraitĂ© d'Hermès Trismègiste, chap. II) (Fabrice Bardeau, Les clĂ©s secrètes de l'alchimie, 2010 - books.google.fr).

 

La formule est d'origine alchimique, citĂ©e pour la première fois, semble-t-il en 1581 par GĂ©rard Dorn, un disciple ou un Ă©lève de Paracelse. Mais c'est le grand Basile Valentin qui lui donnera une certaine notoriĂ©tĂ© avec la parution de l'Azoth en 1653. Voici ce qu'Ă©crit Basile Valentin en 1651 : Le Vitriol est un important et notable minĂ©ral auquel nul autre ne saurait dans la nature ĂŞtre comparĂ©. Cela car le Vitriol s'accouple avec tous les mĂ©taux plus intimement que tous les autres principes... Bien que tous les mĂ©taux soient douĂ©s de grandes vertus, seul le Vitriol est suffisant pour en tirer et faire la bĂ©nite pierre (la pierre philosophale) (Jean FerrĂ©, Dictionnaire des symboles maçonniques, 2013 - books.google.fr).

 

Le D, dans l'Alphabet Chimique, désigne le vitriol. Le D est un caractère par lequel on distingue les monnoies qui se fabriquent à Lyon. Le D est aussi un caractère de Musique qui indique la note que l'on appelle ré (Le grand vocabulaire françois, Tome 7, 1769 - books.google.fr).

 

La gangue est une pierre spatheuse, molle, blanchâtre, brillante, très-pesante. Cette pierre est non seulement l'indice d'une mine vitriolique; mais elle aide Ă  suivre les dĂ©tours de ses labyrinthes : le plus communĂ©ment elle couvre les mines de vitriol cuivreux (Dictionnaire portatif de commerce, Tome 4, 1770 - books.google.fr).

 

Nous pouvons aussi comprendre la Teinture des philosophes HermĂ©tiques, dont la matière première est notre HylĂ©. Ce qu'on appelle le Grand OEuvre consiste Ă  choisir une matière dont la vie ne soit pas très Ă©nergique, de façon Ă  pouvoir la tuer, ce qu'on symbolise par matière noire, caput mortuum, cadavre, putrĂ©faction, etc. On obtient ainsi la vĂ©ritable matière première, la HylĂ©, ou tout au moins une matière qui en est bien voisine, et dans laquelle la substitution peut s'opĂ©rer. Il ne reste plus qu'Ă  lui communiquer la Teinture, c'est-Ă -dire l'influx qui lui donnera la vie aurique. Pour cela, on la met sur un feu doux, un feu de fermentation, qui lui donne les propriĂ©tĂ©s femelles : la rĂ©ceptivitĂ©, la possibilitĂ© d'ĂŞtre fĂ©condĂ©e, ce qui est dĂ©jĂ  une vie Ă©lĂ©mentaire moins incomplète. A ce moment, elle est devenue la Reine. Il ne reste plus qu'Ă  introduire le Roi dans l'Athanor. Il faut pour cela prendre'une parcelle d'or, quelque minime qu'elle soit, lui fait subir des rĂ©actions chimiques (le vinaigre fort), qui le mette dans un Ă©tat comparable Ă  ce qu'on appelle en chimie l'Ă©tat naissant, Ă©tat que nous appellerons le rut. La copulation a lieu, elle est suivie d'un grand silence, puis la matière prend successivement et lentement diverses couleurs, diverses consistances : queue de paon, matière blanche, matière rouge, etc.; elle se liquĂ©fie, se solidifie, et finalement reste Ă  l'Ă©tat d'une poudre rouge : c'est la pierre philosophale ou poudre de projection. Tout ce travail est comparable Ă  ce qui se passe dans l'organisme animal, pour la production du spermatozoĂŻde, d'une part, et de l'ovule, d'autre part. La poudre de projection, rĂ©sultant de la copulation du Roi et de la Reine est hermaphrodite, et les alchimistes la reprĂ©sentent souvent ainsi, c'est-Ă -dire qu'elle est un oeuf fĂ©condĂ©, ou plutĂ´t une multitude d'oeufs fĂ©condĂ©s, Ă  qui il ne manque que la nourriture et les conditions extĂ©rieures favorables pour se dĂ©velopper. Le plomb fondu, portĂ© Ă  une tempĂ©rature plus Ă©levĂ©e que son point de fusion, reprĂ©sente l'albumine de l'oeuf, autrement dit, la nourriture. La tempĂ©rature ne doit pas varier au delĂ  d'un point maximum et en deçà d'un point minimum. Entre les deux se trouve la condition qu'en Histoire Naturelle on appelle l'optimum. Dans ces conditions, l'oeuf aurique se dĂ©veloppe, se nourrit de plomb, qu'il assimile en s'accroissant, et finalement devient adulte, si tout est bien conduit. Le plomb disparaĂ®t, tout se solidifie; il faut alors pousser le feu graduellement jusqu'Ă  ce que tout entre de nouveau en fusion, et alors on a une masse d'or pur, d'une plus grande valeur que l'or gĂ©nĂ©ralement en circulation. On trouve au fond du creuset la partie non assimilable, sous forme de scories; ce sont les excrĂ©ments (Fernand Rozier, Les puissances invisibles : les dieux, les anges, les saints, les Ă©grĂ©gores, ste Philomène, 1907 - books.google.fr).

 

Dans son volumineux dictionnaire mytho-hermĂ©tique intitulĂ© VeritĂ©s fabuleuses et hermetiques, ouvrage qui dĂ©passe d'ailleurs largement le cadre de la mythologie antique puisqu'il porte jusque sur la littĂ©rature mĂ©diĂ©vale, Jean Vauquelin des Yveteaux (1651-1716) tente de synthĂ©tiser les diffĂ©rents textes de Bracesco, de Brouaut, de Della Riviera et de Fabre :

 

C'est le cahos, le sel de la terre dit Saturne, où touttes choses sont contenues confusement, le Soleil la Lune les planettes, les etoiles, les elements, le vegetal, animal et mineral; c'est la premiere matiere, le hylé, la forest des sages (car hylées et napées signifie en grec Silvains et forestiers) où se trouve ce veritable guy de chesne des anciens druides; c'est la partie vegetable d'où naissent tous les elements car ce Jupiter de Virgille, ce Jeovah des cabalistes, ce Pan dieu de la forest ou cahos, ce Saturne fils de Cœlus, mari d’Opis (opem ferens) sont ce dont il est dit Jovi somnia plena, l’esprit solaire (Sylvain Matton, La figure de Démogorgondans la littérature alchimique, Alchimie, art, histoire et mythes, 1995 - books.google.fr).

 

Pasiphaé, ensorcelée par Poséidon, fut séduite par le taureau blanc que Minos voulait sacrifier contre la volonté du dieu de la mer. Elle demanda à Dédale de lui fabriquer un simulacre de vache en bois. Elle accoucha du Minotaure qui fut enfermé dans le labyrinthe que Minos avait fait construire exprès par Dédale. On nourrissait le Minotaure de chair humaine; il fut tué par Thésée.

 

Theyzé, Thizy, nous rappèlent le nom grec de Thésée; Denicé celui de Denys, nom que les Grecs donnaient à Bacchus; Montmélas, le mont Noir, Talancé, Tarare, Le Pyre, Moiré sont des noms presque entièrement grecs. Tous ces noms rassemblés dans un espace bien rapproché ne semblent-ils pas des indices frappants d’une colonie grecque et de l’Asie-Mineure, qui cherchait à rappeler dans les lieux nouveaux qu’ils fondaient les noms si doux de la patrie et les dieux de leurs ancêtres (Émile Jolibois, Dissertation sur l'Atlantide: suivie d'un essai sur l'histoire de l'arrondissement de Trévoux, aux temps des Celtes, des Romains et des Bourguignons, 1846 - books.google.fr).

 

Lien avec le quatrain IX, 10

 

Louis Schlosser met en rapport les "moines gris" protestants avec le quatrain IX, 10 ("Moyne moynesse...)" où l'interprétation de ce site parle des loups-garous du Chambaran, région où passa le baron des Adrets, en particulier à Saint Marcellin.

 

Au XVIe siècle, Saint-Marcellin devient la proie des partis. Le baron des Adrets s'y était enfermé. Maugiron s'avance et la ville ouvre ses portes. En 1562, des Adrets, furieux, revient avec 12,000 hommes. Maugiron quitte de nuit la place, en promettant du secours. Le lendemain, le feu s'engage vers la porte de Romans et l'on se bat d'une manière acharnée. Une partie de la population s'était retirée à Chevrières. La ville est emportée d'assaut et des Adrets fait précipiter les soldats du haut d'une tour élevée. A des Adrets succède Montbrun (P. Fissont, Guide pittoresque et historique du voyageur dans le département de l'Isère et les localités circonvoisines, 1856 - books.google.fr).

 

Jean de Léry était originaire de Lamargelle, en Bourgogne près de l'abbaye de Saint-Seine et de Dijon, où il naquit en 1534. Outre son histoire de la malheureuse expédition du Brésil, il est surtout connu par son journal du siège de Sancerre en 1574 (France protest., VI, 566).

 

Jean de LĂ©ry Ă©tablit le culte Ă©vangĂ©lique Ă  Belleville en Beaujolais. C'est lĂ  qu'il dĂ©buta dans la prĂ©dication Ă  son retour du BrĂ©sil oĂą il avait, Ă  l'âge de vingt-deux ans, rejoint une colonie protestante que protĂ©geait l'amiral de Coligny et qui Ă©tait conduite par Villegagnon. Il nous a laissĂ© de cette entreprise la relation la plus exacte et la plus fidèle sous ce titre : Histoire d'un voyage fait en la terre du BrĂ©sil, autrement dite AmĂ©rique, contenant la navigation et choses remarquables, vues sur mer par l'auteur, le comportement de Villegagnon en ce pays-lĂ , les mĹ“urs et façons de vivre Ă©tranges des sauvages brĂ©siliens, avec un colloque de leur langage; ensemble la description de plusieurs animaux, arbres, herbes et autres choses singulières et dutout inconnues par deçà; le tout recueilli sur les lieux. Cet ouvrage, aujourd'hui encore, fait autoritĂ©. En 1564, de LĂ©ry quitta Belleville et desservit successivement les Eglises de Nevers et de La CharitĂ© (Jules Bonhoure, L'annĂ©e protestante ou Vies de protestants Ă©minents de langue française pour chaque jour de l'annĂ©e, 1889 - books.google.fr).

 

Dans les pays andins sévit un personnage que l'on appelle pishtako, au Pérou, likichiri ou kharisiri en Bolivie, et qui présente un certain nombre de traits qui le rapprochent de façon étonnante de notre loup-garou bas-dauphinois (Charles Joisten, Robert Chanaud, Alice Joisten, Les loups-garous en Savoie et Dauphiné. In: Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d'ethnologie, n°1-4/1992 - www.persee.fr)

 

Pour Léry, comme pour Thevet, le cannibalisme trouve sa cause dans la vengeance. Il n'est nullement question pour les Indiens tupi de manger de la chair humaine pour simplement s'en nourrir. Ce trait les distingue de leurs ennemis, les Waitaka (Ouetacas), présentés dans le chapitre V comme l'archétype du barbare ("comme chiens et loups") (Agrégation de Lettres 2023: Tout le programme du Moyen Age au XXe siècle en un volume, 2022 - books.google.fr).

 

Dans le quatrain IX, 10 il est question d'enlèvement par un verrier ("Mourir par ourse, & ravy par verrier").

 

Le mot vitriol dérive du bas latin vitriolum lequel découle de vitrum verre. En effet, les sulfates se présentent en général, sous forme de cristaux transparents, et ont pour certains, une ressemblance physique avec le verre pilé. Les sulfates sont des sels métalliques cristallisés, de différentes couleurs, suivant la nature (fer, cuivre, étain, zinc...), le degré d'oxydation (fer ferreux Fe ++, fer ferrique Fe +++...) de l'ion métallique qui entre dans leur composition, et le degré d'hydratation. [...]

 

Tout comme on reconnaissait aux encres (qu'elles soient au carbone ou métallo-galliques) des vertus curatives, cicatrisantes ou autres, le vitriol bleu outre son usage en tannerie et son rôle dans la fabrication des encres, était doué de propriétés intéressantes Celse (V, 1) le cite parmi les remèdes qui arrêtent le sang ou (VI, 8, 1) contre les ulcérations des narines; cf. H. LE BONNIEC dans ses notes relatives à l'alinéa 126 du Livre XXXIV, de Pline, p. 298. De plus, «on le prend pour chasser les vers intestinaux à la dose d'une drachme et dans du miel. Délayé et distillé dans les narines, il purge le cerveau... Il guérit les granulations et les douleurs des yeux... Il arrête les saignements du nez et fait disparaître les hémorroïdes» (Monique Zerdoun Bat-Yehouda, Les encres noires au Moyen Age (jusqu'à 1600), 1983 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2118 sur la date pivot 1562 donne 1006.

 

Selon Mulsant, Saint Laurent de Mardore est une «Abbaye de moines prêtres et laiques, fondée en 1006 par Paul Trumel, prieur de l'abbaye, près l'église Saint-Laurent. Après un incendie arrivé en 1007, Hubert de Monteillier seigneur de Montchlar, leur donna asile près de son château, fut leur bienfaiteur et les fit ses héritiers, à la condition d'être enterré lui et ses parents, dans leur chapelle. Le seigneur de Courcenay, Guillermin (ce doit être un Foudras), qui était héritier de droit, suscita un procès aux moines. L'affaire se traita à l'amiable, les moines conservèrent leurs revenus et le châtelain de Courcenay se réserva à perpétuité la sépulture de sa famille dans la chapelle du couvent. Dans le XII et le XIIIe siècle ils reçurent des illustres, entre autres celle d'Innocent IV, qui siégeait alors à Avignon.» (Henri Billet, Beaujolais, Forez, Dombes: histoire des possessions des Sires de Beaujeu et des Maisons de Bourbon, de Bourbon-Montpensier et d'Orléans, en Beaujolais, Lyonnais, Forez et Dombes, Tome 1, 1998 - books.google.fr).

 

Le Mardoret est un petit cours d'eau de demi-montagne né vers 750 m d'altitude, coulant à peu près exclusivement à l'intérieur de la commune de Mardore à laquelle il doit son nom; seules les dernières centaines de mètres de son cours concernent la commune de Pont-Trambouze. Il se jette dans la Trambouze en rive gauche au lieu-dit Pont-Gauthier à 400 m d'altitude après avoir parcouru environ 5,5 km. Pont-Trambouze est une localité de la commune de Cours, situé dans le Haut-Beaujolais, au sud de Cours-la-Ville, en limite du département de la Loire. L'axe de la localité est constitué par la rivière Trambe ou Trambouze, affluent du Rhins (fr.wikipedia.org - Mardore, fr.wikipedia.org - Pont-Trambouze).

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