Malaucène

Malaucène

 

IX, 39

 

2132-2133

 

En Arbissel à Veront & Carcari,

De nuict conduits par Sauonne attraper,

Le vif Gascon Turby, & la Scerry,

Derrier mur vieux & neuf palais gripper.

 

Résumé

 

A l'√©poque du cadastre, Malauc√®ne √©tait une grosse bourgade, on n'ose pas dire une petite ville puisqu'aucun ordre mendiant ne s'y installa, bien situ√©e, aux limites du Dauphin√© et de la Savoie, √† la fois √† proximit√© et suffisamment √† l'√©cart de la vall√©e de l'Ouv√®ze par o√Ļ passait l'un des chemin pour aller vers Gap et traverser les Alpes. Etait-elle c√©l√®bre ? En 1309 Cl√©ment V avait choisi d'y s√©journer, √† proximit√© de la source du Groseau, dans le site magnifique o√Ļ l'abbaye de Saint-Victor avait un prieur√©. Il en fit sa r√©sidence principale pendant quatre ans et de nombreuses lettres partirent du Groseau. En 1386, le pape Cl√©ment VII y installa un capitaine gascon, Bernardon de Serres, qui avait pris femme dans la noblesse locale, Romane de Vesc. Bernardon de Serres resta fid√®le √† Beno√ģt XIII et fut m√©nag√© par Fran√ßois de Conzi√© jusqu'√† sa mort en 1412 et comment il fallut en venir au si√®ge du ch√Ęteau occup√© par la veuve, son p√®re, ses oncles et ses fr√®res en f√©vrier et mars 1414. En 1408, arriva pour s'y installer un prot√©g√© du comte de Savoie Am√©d√©e VIII, Ronlet Miralheti, qui venait de rendre le castrum de La Turbie. Il eut un diff√©rend avec son successeur qui nous vaut au d√©but d'un registre notari√© de Malauc√®ne la copie d'une lettre du comte dat√©e du 20 novembre 1408 qui pr√©sentait Roulet Miralheti comme son fid√®le serviteur et auquel il donnait en d√©dommagement une somme de 500 florins. Les historiens de Malauc√®ne de la fin du XIXe si√®cle en d√©duisirent que le comte de Savoie agissait comme un souverain dans cette ville qui s'√©tait mise sous sa protection. Arr√™tons-nous sur l'histoire de Ronlet Miralheti. Son installation √† Malauc√®ne fut d√©finitive (Monique Zerner, Le cadastre, le pouvoir et la terre: le Comtat Venaissin pontifical au d√©but du XVe si√®cle, 1993 - books.google.fr).

 

Charles VI et Benoit XIII envoient des ambassadeurs aux Etats italiens pour les rallier √† l'ob√©dience avignonnaise. Mort de Boniface IX en 1404. Election d'Innocent VII. Beno√ģt XIII se dispose √† descendre en Italie mais Louis II d'Anjou et Louis de Bourbon se voient refuser par Charles VI l'autorisation de l'accompagner. Beno√ģt XIII arrive seul √† G√™nes. D'accord avec Boucicaut, Beno√ģt XIII d√©cide de faciliter √† Florence l'acquisition de Pise, moyennant le ralliement de cette ville √† l'ob√©dience avignonnaise. N√©gociations entre Gabriele Maria Visconti et Florence. Le 27 ao√Ľt 1405, le seigneur de Pise c√®de sa ville √† Florence, pour 80.000 florins. Mais les Pisans se r√©voltent et chassent la garnison florentine. Florence l√®ve des troupes et met le si√®ge devant la ville. A Pise, Giovanni Gambacorta est nomm√© capitaine du peuple. Succ√®s florentins. Mais les Pisans se donnent √† Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Celui-ci intime √† Florence l'ordre de lever le si√®ge, et ordonne √† Boucicaut de marcher contre la Seigneurie. Florence proteste aupr√®s de Charles VI, mais poursuitle si√®ge de Pise. Elle s'empare de la ville , le 9 octobre 1406. Des ambassadeurs florentins envoy√©s √† Charles VI sont arr√™t√©s en France par le duc d'Orl√©ans. Florence demande leur lib√©ration et tente de justifier son attitude. Mais Jean sans Peur r√©ussit √† gagner Boucicaut √† sa cause. Florence organise la ville conquise; elle doit, d√®s lors, se d√©fier de Boucicaut qui lui est devenu hostile; elle tente, en vain, d'acheter au mar√©chal la ville et le port de Livourne . 11. Un accord provisoire est conclu , le 29 juin 1406 , entre G√™nes et Venise. La solution des diff√©rends qui s√©parent les deux villes est confi√©e √† des arbitres, puis √† un superarbitre : Am√©d√©e VIII, comte de Savoie. Celui-ci rend une sentence d√©favorable √† G√™nes (Michel de Bo√ľard, Les origines des guerres d'Italie: La France et l'Italie au temps du grand schisme d'Occident, 1936 - books.google.fr).

 

"neuf palais" : le Palais des Papes d'Avignon

 

Le palais d'Avignon a été le siége de la papauté de 1316 à 1376, pendant soixante ans, sous six papes. La papauté était alors française, élue principalement parmi les prélats gascons et limousins. Les papes francais installèrent des candidats de leur choix au sein du sacré collége, et maintinrent leur prédominance pendant la durée'du séjour des papes à Avignon. (Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Tome 7, 1875 - books.google.fr).

 

Apr√®s son √©lection √† P√©rouse, le 24 juillet 1305 et son couronnement √† Lyon, le 15 novembre, le pape Cl√©ment V, qui refusait de rejoindre Rome o√Ļ se d√©cha√ģnait la lutte entre Guelfes et Gibelins, entreprit une longue errance dans le royaume de France et notamment en Guyenne. L'ancien archev√™que de Bordeaux avait √©t√© √©lu gr√Ęce au soutien du roi de France, dont il √©tait le sujet mais non le vassal, en √©change duquel soutien il lui devenait redevable.

 

Le concile de Vienne, qu'il avait convoqu√© pour juger l'Ordre du Temple, n√©cessitait qu'il se rapproch√Ęt de cette ville. Il rejoignit donc le Comtat Venaissin, terre pontificale. Si son choix se porta aussi sur la ville d'Avignon, possession du comte de Provence, c'√©tait que sa situation sur la rive gauche du fleuve la mettait en relation avec le nord de l'Europe, par l'axe Rh√īne/Sa√īne26 et dans cette vall√©e du Rh√īne, fronti√®re commune entre la France et le Saint-Empire romain germanique, seules des villes desservies par un pont pouvaient postuler √† un r√īle de capitales internationales. C'√©tait le cas d'Avignon avec le pont Saint-B√©n√©zet, le lieu de passage oblig√© entre l'Espagne et le Languedoc, la Provence et l'Italie.

 

Le 4 d√©cembre 1334, √† l'aube, Jean XXII mourut √† 90 ans. Ce fut Jacques Fournier, dit le cardinal blanc, qui lui succ√©da. Apr√®s avoir choisi le nom de Beno√ģt XII en l‚Äôhonneur du patron de l‚ÄôOrdre des cisterciens dont il √©tait issu, le nouveau pape fut couronn√©, en l‚Äô√©glise des dominicains d‚ÄôAvignon, le 8 janvier 1335, par le cardinal Napol√©on Orsini, qui avait d√©j√† couronn√© les deux papes pr√©c√©dents. Install√© dans le palais √©piscopal qu'avait totalement transform√© son pr√©d√©cesseur, le nouveau pape d√©cida tr√®s vite de le modifier et de l'agrandir. Beno√ģt XII ayant expir√© le 25 avril 1342, le cardinal Pierre Roger lui succ√®da le 7 mai sous le nom de Cl√©ment VI. Il entra dans le palais construit pour Beno√ģt XII. Ce dernier ne lui parut point suffisant. Jean du Louvres, dit de Loubi√®res, fut charg√© d‚Äô√©difier un palais neuf digne de lui. Lorsqu'en 1352 Cl√©ment VI d√©c√©da, les r√©serves financi√®res du Si√®ge apostolique √©taient au plus bas. C'est l'une des raisons qui fit que ses successeurs durent se contenter de menus travaux et de finitions (fr.wikipedia.org - Palais des papes d'Avignon).

 

Les antipapes, Cl√©ment VII et Beno√ģt XIII, occup√®rent le palais d'Avignon de 1379 √† 1403 (mars). Beno√ģt XIII fut assi√©g√© dans le palais par le mar√©chal Boucicaut, le 8 septembre 1398; le si√©ge fut converti en blocus jusqu'apr√®s le d√©part de ce pontife, en 1403. Roderic de Luna, neveu de Beno√ģt XIII, fut de nouveau assi√©g√©, ou plut√īt bloqu√©, par les l√©gats du pape de Rome et par Charles de Poitiers, envoy√© par le roi de France en 1409. Il √©vacua le palais, ainsi que le ch√Ęteau d'Opp√®de, par capitulation en date du 22 novembre 1411 (Eug√®ne-Emmanuel Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonn√© de l'architecture fran√ßaise du XIe au XVIe si√®cle, Tome 7, 1875 - books.google.fr).

 

Second siège d'Avignon

 

Apr√®s l‚Äô√©chec d‚Äôann√©es de n√©gociation entre Beno√ģt XIII et les pontifes romains successifs, Boniface IX, Innocent VII (1404-1406) et Gr√©goire XII (1406-1415), la cour de France d√©clara le pape d‚ÄôAvignon h√©r√©tique et schismatique et adopta le parti de la neutralit√© (25 mai 1408). Le 5 juin 1409, le concile de Pise d√©posait Beno√ģt XIII ainsi que Gr√©goire XII. Ces d√©cisions n‚Äôeurent toutefois pas de cons√©quences imm√©diates pour Avignon et le Comtat Venaissin qui rest√®rent dans l‚Äôob√©dience de Beno√ģt XIII m√™me si beaucoup √©taient favorables au nouveau pape √©lu par le concile, Alexandre V. Par pr√©caution, en d√©cembre 1409, le capitaine d‚ÄôAvignon (et recteur du Comtat Venaissin) Rodrigo de Luna, neveu de Benoit III, paracheva la d√©fense du palais en chassant les chanoines de la cath√©drale Notre-Dame-des-Doms. Le 26 janvier 1410, il fit publier √† travers les √©glises d‚ÄôAvignon, une bulle qui excommuniait les cardinaux et l‚Äôuniversit√© de Paris comme h√©r√©tiques et schismatiques. L‚Äôinvasion des terres pontificales √©tait alors imminente

 

Les assi√©geants craignaient les exp√©ditions de secours. L‚Äô√©chec de la flotte catalane permit une sortie du conflit. La cour de France intervint plus directement sur les √©v√©nements en d√©signant comme capitaine g√©n√©ral du si√®ge le chevalier Philippe de Poitiers, seigneur d‚ÄôArcis et de Dormans. Les Avignonnais continu√®rent √† assurer un si√®ge √©troit du palais apostolique, mais avec des troupes moins nombreuses √† mesure que les tractations s‚Äôintensifiaient115. Un accord put enfin √™tre conclu le 29 septembre entre d‚Äôune part, le cam√©rier et le nonce du pape Jean XXIII et d‚Äôautre part, Bernard de So, vicomte d‚ÄôEvol et Rodrigo de Luna. Cet accord concernait le palais apostolique et Opp√®de. Il assurait la cessation des hostilit√©s et un ravitaillement des assi√©g√©s pendant une p√©riode de cinquante jours √† partir du 1er octobre. Ce d√©lai pouvait √™tre mis √† profit par les capitaines pour demander √† Beno√ģt XIII une arm√©e de secours officiellement mandat√©e. En l‚Äôabsence de secours, le palais apostolique et Opp√®de devaient √™tre rendus au s√©n√©chal de Provence qui les remettrait au cam√©rier. Les assi√©g√©s auraient alors des sauf-conduits pour rentrer dans leur pays. Beno√ģt XIII eut beau, de son ch√Ęteau de Peniscola, d√©sapprouver l‚Äôaccord et esp√©rer dans l‚Äôarriv√©e du duc de Bourbon, avec qui il avait trait√©, cela ne changea rien. L‚Äô√©vacuation de la forteresse pontificale eut bien lieu le 23 novembre 1411 (Germain Butaud, Les deux si√®ges du palais apostolique d‚ÄôAvignon (1398-1411) In : Villes en guerre : XIVe-XVe si√®cles, 2008 - books.openedition.org).

 

Cf. quatrain IX, 41 pour le premier siège d'Avignon 1398-1403.

 

Benoit XIII et Savone

 

Le schisme continuait √† d√©soler l'√Čglise et, pour le dompter, on proposa une entrevue aux deux Papes Gr√©goire XII et Beno√ģt XIII; ce dernier s'embarqua √† Marseille en d√©cembre 1404; mais, dans la travers√©e, il r√©solut de s'arr√™ter √† Nice afin d'obtenir des renseignements plus pr√©cis sur le rapprochement √† op√©rer. Les gal√®res catalanes entr√®rent √† Villefranche la veille du jour de l'√Čpiphanie de l'an 1405. Le Pape d√©barqua avec une suite nombreuse dans laquelle se trouvait Saint-Vincent Ferrier. Le Pontife, rev√™tu de ses habits de c√©l√©brant, fit son entr√©e √† Nice, entour√© des cardinaux et d'un brillant cort√®ge. Il logea au couvent des Franciscains. Singuli√®re co√Įncidence, un m√©t√©ore inconnu enflamma, durant ce jour, le ciel si longtemps qu'il r√©pandit l'√©pouvante dans la population.

 

Le s√©jour de Beno√ģt XIII √† Nice se prolongea huit mois. Le 7 septembre 1405, les gal√®res de la R√©publique de G√™nes re√ßurent, √† Villefranche, le Pape en destination pour leur ville qu'il atteignit promptement. On pr√©sumait que l'entrevue des deux Papes rendrait la paix √† l'√Čglise. Beno√ģt XIII multiplia les difficult√©s et, rompant brusquement les n√©gociations, repartit pour Nice, d√©sol√©e √† cette √©poque par la peste. Le parti oppos√© √† Benoit fil appel aux terreurs superstitieuses de la foule et l'accusa de provoquer la col√®re c√©leste contre la ville qui lui servait de refuge. Le Pape, soit par crainte de la contagion, soit par decorum, fit demander au comte de Savoie un logement dans le ch√Ęteau. Cette faveur fut sollicit√©e par une missive du 19 juillet 1406. Oddon de Villars, lieutenant du souverain et gouverneur de la ville, avant la remise de cette r√©sidence, porta au Pontife un certain nombre de conventions √† approuver.

 

Sur ces entrefaites, le Pontife re√ßut la visite de la bienheureuse soeur Colette, venue tout expr√®s pour solliciter la r√©forme de l'ordre de Ste-Claire. La Cour de France, d√©sireuse de mettre un terme au schisme, persuada Beno√ģt, par l'entremise de l'archev√™que d'Aux et de monseigneur de Montioya, qu'il ne pouvait, sans inconv√©nients, r√©sider plus longtemps √† Nice et qu'il devait imm√©diatement regagner Avignon. En cons√©quence, apr√®s avoir re√ßu les hommages des autorit√©s urbaines, au nom du comte de Savoie, ceux des √©v√™ques de Nice, de Grasse et de Vintimille, des seigneurs Pierre Blacas, des seigneurs d'√ąze, Jean Ca√Įs, Fran√ßois de Berre et Antoine Brandi, il partit le 13 novembre 1406 et, apr√®s avoir s√©journ√© √† l'ile St-Honorat, il arriva √† Marseille le 4 d√©cembre.

 

Les Ni√ßois, ayant √† se plaindre des abus de pouvoir du chancelier de Savoie, envoy√®rent une d√©putation √† Am√©d√©e VIII qui favorisa leurs r√©clamations et profita des satisfactions donn√©es pour demander des subsides destin√©s √† la guerre qu'il √©tait forc√© de soutenir contre le Montferrat. Les d√©put√©s de Nice offrirent, au nom des vigueries, un don de 6,000 francs d'or. La mort de Gr√©goire XII, remplac√© imm√©diatement par Innocent VII, n'am√©liora nullement la position de Beno√ģt XIII, alors domicili√© √† Marseille. Nouveaux pourparlers entre les deux comp√©titeurs. Ils convinrent de se pr√©senter √† Savone devant un conseil de cardinaux et de terminer le conflit √† l'amiable. Deux gal√®res, √©quip√©es par la ville de Barcelone, amen√®rent le Pape Beno√ģt √† Villefranche le 14 ao√Ľt 1407.

 

Le duc de Savoie, bien qu'hospitalier envers de si hauts dignitaires, avait écrit, six semaines auparavant, à Antoine de Chiel sous-gouverneur de la ville de Nice en l'absence d'Oddon de Villars, des instructions confidentielles datées de Chambéry, pour lui prescrire l'abstention la plus circonspecte et pour qu'il enjoignit, sous les peines les plus sévères, à tous consuls, juges et officiers civils ou militaires du Comté et des vigueries, de ne s'immiscer en aucune manière dans les affaires ecclésiastiques. Ils devaient attendre avec calme la décision du concile.

 

Beno√ģt XIII semblait d√©termin√© √† prolonger son s√©jour √† Nice; mais des ambassadeurs florentins survinrent et le press√®rent de se rendre, sans tergiverser, au rendez-vous. Il partit pour Savone o√Ļ il attendit jusqu'aux f√™tes de la Toussaint. Le 3 novembre le Pape Gr√©goire lui fit conna√ģtre qu'il s'abstiendrait d'aller r√©sider dans n'importe quelle ville de la Rivi√®re de G√™nes, car il les savait toutes sous l'ob√©dience de son rival. De l√† nouvelles impossibilit√©s.

 

Le roi de France, fatigu√© de ces difficult√©s sans cesse renaissantes, enjoignit √† Boucicault, gouverneur de G√®nes (ao√Ľt 1408), de s'assurer de la personne du Pape Beno√ģt. Celui-ci pr√©venu √† temps se sauva au port de Livourne. Regagnant aussit√īt la Ligurie sur un navire catalan, il arriva √† Villefranche. Dans la crainte d'etre poursuivi il repartit imm√©diatement et, passant par Marseille, il alla chercher un refuge √† Perpignan o√Ļ, avec une fi√©vreuse activit√©, il r√©unit un concile de pr√©lats. Cette assembl√©e prolongea ses assises jusqu'en f√©vrier de l'ann√©e suivante (Jean-Baptiste Toselli, Precis historique de Nice depuis sa fondation jusqu'en 1860: Nice depuis sa fondation jusqu'en 1789, Tome 1, 1867 - books.google.fr).

 

"nuit"

 

Dans la nuit du 11 au 12 mars 1403, Beno√ģt s'√©vada de son palais d'Avignon, toujours bloqu√©, pour s'installer √† Ch√Ęteaurenard puis √† Carpentras, sous la protection de Louis II de Provence qui lui avait fait amende honorable (Jacques Humbert, Embrun et l'Embrunais √† travers l'histoire, 1972 - books.google.fr).

 

Apr√®s la soustraction d'ob√©dience de 1408, Charles VI manda alors au mar√©chal de Boucicaut d'arr√™ter l'antipape. Beno√ģt XIII ne lui en donna pas le temps et quitta Savone par mer au milieu du mois de juin 1408. Mais Louis II d'Anjou, prenant fait et cause pour le roi de France, fit fermer tous les ports proven√ßaux au pape d'Avignon. Ce dernier, ainsi repouss√© de L√©rins et de Saint-Rapha√ęl, ne put m√™me trouver un asile √† Marseille : il se r√©fugia √† l'ile de Pom√®gues. Enfin un vent violent s'√©tant √©lev√© le 1er juillet le porta en quelques heures √† la c√īte de Roussillon : il aborda √† Port-Vendres. De l√† il gagna Perpignan o√Ļ il tint son concile, de novembre 1408 √† f√©vrier 1409 (Victor-Louis Bourrilly, Raoul Busquet, La Provence au Moyen Age: histoire politique, l'eglise, les institutions (1112-1481), 1924 - books.google.fr).

 

En fait, partant de Savone, Benoit XIII est allé à Porto Venere à l'autre bout de la Ligurie.

 

Neuf cardinaux s'√©taient s√©par√©s de Gr√©goire XII, apparemment avec l'intention de se rapprocher de Beno√ģt XIII. En effet, ils entr√®rent en relations avec lui et, de Pise, o√Ļ ils s'√©taient retir√©s, lui √©crivirent pour le prier de se transporter √† Livourne. R√©cemment annex√© √† l'√©tat de G√™nes, Livourne n'en √©tait pas moins, en r√©alit√©, aux mains du roi de France. Beno√ģt XIII pouvait s'y rendre, par mer, de Porto Venere.

 

L'ignorance dans laquelle on le laissa volontairement au sujet des intentions r√©elles des cardinaux de Livourne fit qu'il ne se pr√©occupa que du danger mat√©riel dont il se croyait menac√©. Il faisait surveiller de nuit les abords de Porto Venere et explorer la c√īte pour s'assurer qu'aucun mouvement ne se pr√©parait le long de la Rivi√®re.

 

Rejet√© de toutes parts, il ne restait plus √† Beno√ģt XIII qu'√† dire adieu √† l'Italie. C'est ce qu'il fit en √©crivant, √† Gr√©goire XII, √† la r√©publique de Sienne, au seigneur de Lucques, aux cardinaux, etc. Il prodiguait √† son rival les hautaines remontrances, se plaignait fort de la conduite des envoy√©s fran√ßais, protestait plus que jamais de son z√®le pour l'union. Enfin, par une encyclique dat√©e du 15 juin, il annon√ßa √† tout l'univers, et particuli√®rement au clerg√© et aux princes de son ob√©dience, qu'il convoquait pour la Toussaint un concile g√©n√©ral dans la ville de Perpignan. Cette h√Ęte indiquerait, √† d√©faut d'autres preuves, qu'il avait vent, quoi qu'il en d√ģt, du projet de concile form√© par les cardinaux, et qu'il sentait le besoin de prendre les devants. Le jour m√™me, il s'embarqua. Sa cour, qu'il emmenait, ne comprenait plus que quatre cardinaux. Les six gal√®res dont se composait sa flottille lev√®rent l'ancre le lendemain matin (16 juin 1408) (No√ęl Valois, La France et le grand schisme d'Occident, Tome 4, 1896 - archive.org).

 

A Pise, un concile sera formé avec les cardinaux séparés de Grégoire XII et de Benoit XIII pour mettre fin au schisme et élire un nouveau Pape, Alexandre V.

 

"Arbissel"

 

Arbiselli, Albissello (Arrigo Castellani, Saggi di linguistica e filologia italiana e romanza (1946-1976), 1980 - books.google.fr).

 

Albissello est écrit pour Albarello qui est un village près de Livourne avec Rasignano (cadastre) (Bruno Casini, Il Catasto di Livorno del 1427-29, 1984 - books.google.fr).

 

"Vif Gascon" : Bernardon de Serres

 

Bernardon n'est pas seulement un Gascon; il est le Gascon par excellence. Il a, pour ainsi dire, perdu son nom de famille pour l'√©changer contre le nom de son pays. Bien des √©crivains italiens, √† la fin du XIVe ou au commencement du XVe si√®cle, ne savent pas ce que c'est que Bernardon de Serres, mais tous connaissent Bernard le Gascon, ¬ęBernardone Guascone,¬Ľ le vaillant capitaine que le vulgaire appelle encore, par un surnom bien significatif : ¬ęLe Grand Bernard (Annales Mediolanenses, dans Muratori, XVI, col. 835.).¬Ľ (Revue de Gascogne : bulletin bimestrial de la Soci√©t√© historique de Gascogne, 1885 - books.google.fr).

 

À la fin décembre 1379, son père Bernardon de la Salle, qui venait de rendre hommage à Clément VII pour ses fiefs d’Oppède, de Mornas et de Caderousse, acheta à Raymond de Turenne, son compagnon d'armes, la Tour-Canillac et le Mas-Blanc, près de Saint-Rémy-de-Provence. Ce fut en cette occasion qu’il lui présenta son fils Bernardon. Celui-ci passa à son service et le suivit dans sa vicomté. Il lutte contre les partisans de Charles de Duras en Provence en 1381, puis passe au service de Louis II d'Anjou-Provence et de Clément VII en 1383. Il combat les troupes du pape de Rome en 1387, et doit se réfugier à Canino [cf. quatrain IX, 41]. Une bnouvelle campagne en Italie a lieu en 1394. En novembre, a lieu la conquête de Savone par Enguerrand de Coucy. Il joue les condottiere au service de Florence contre Milan, pendant qu'il participe à la conquête de Naples avec Louis II. Il entre au service de Louis d'Orléans, frère de Charles VI, en 1404 et devient gouverneur d'Asti donné en dot à la femme de Louis, Valentine Visconti. Le duc d'Orléans est assassiné en 1409, et Bernardon s'emploie auprès de son fils Charles.

 

Apr√®s la mort de son ma√ģtre, Bernardon de Serres quitta le gouvernement d'Asti, rentra dans ses fiefs de Provence et devint bient√īt l'un de ces vaillants Armagnacs qui guerroy√®rent en France pour venger la mort du duc d'Orl√©ans

 

Il meurt dans le Beaujolais tu√© par les Bourguignons (fr.wikipedia.org - Bernardon de Serres, Bibliographie : Les Gascons en Italie de Paul Durrieu, Biblioth√®que de l'√Čcole des chartes, Volume 46, 1885 - books.google.fr).

 

Depuis la derni√®re moiti√© du quatorzi√®me si√®cle, la chr√©tient√© se trouvait partag√©e en deux camps : les uns tenaient pour le Pape de Rome; les autres pour le Pape d'Avignon. Charles VI, d'accord avec l'empereur Wenceslas, s'effor√ßa d'obtenir la renonciation des deux Papes (Boniface IX et Beno√ģt XIII), afin de r√©tablir l'unit√© au moyen d'une √©lection nouvelle. Cette tentative ayant √©chou√©, le Roi convoqua en 1398 une grande assembl√©e du clerg√© : conform√©ment √† ses d√©cisions, la soustraction d'ob√©dience √† Beno√ģt XIII fut proclam√©e (27 juillet). Sous l'influence du duc d'Orl√©ans, Charles VI avait d√©clar√©, √† la date du 28 mai 1403, que son royaume rentrait sous l'ob√©dience de ce Pape. Quelques ann√©es plus tard, le schisme se perp√©tuant, Charles VI convoqua (novembre 1406) une nouvelle assembl√©e de son clerg√© pour examiner les droits des deux papes (Innocent VII et Beno√ģt XIII) et aviser au rem√®de. Des longues et solennelles d√©lib√©rations de cette assembl√©e sortirent les r√©solutions suivantes : il est n√©cessaire qu'un Concile g√©n√©ral soit r√©uni pour proc√©der √† la r√©forme de l'√Čglise dans son chef et dans ses membres; la soustraction d'ob√©dience √† Beno√ģt XIII sera confirm√©e (Gaston Louis Emmanuel du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII: Le r√©veil du roi, 1435-1444, Tome 3, 1885 - books.google.fr).

 

Le 1er ao√Ľt 1405, trois gal√®res g√©noises, command√©es par un capitaine fran√ßais, arrivaient √† Portovenere, puis en repartaient aussit√īt pour Livourne. Boucicaut y √©tait attendu le soir m√™me avec plusieurs autres vaisseaux. En m√™me temps arrivaient, par terre, 600 arbal√©triers et 100 cavaliers pi√©montais. Le mar√©chal avait jur√©, disait-on, de cr√©er chevalier Gabriele Maria Visconti, devant la cath√©drale de Pise. Pendant ce temps, Bernardon de Serres s'√©tait rendu d'Asti √† G√™nes, avec 500 hommes et n'attendait qu'un signe de Boucicaut pour se mettre, √† son tour, en campagne. Le 3 ao√Ľt, Gabriele Maria, qui avait pu sortir de la citadelle de Pise, se rendait √† Portovenere pour y conf√©rer avec Boucicaut. Puis le seigneur de Pise alla s'installer √† Sarzana, tandis que le mar√©chal poursuivait sa route vers Livourne o√Ļ il arrivait le lendemain, avec deux gal√®res dont l'une appartenait √† Beno√ģt XIII; nouvelle preuve, qu'il importe de noter, de l'identit√© de vues qui unissait les deux hommes. Pour tous deux, il s'agissait d'obtenir l'amiti√© de Florence en l'aidant √† annexer Pise. On pouvait esp√©rer que, cette fois, Gabriele Maria Visconti, contraint par la n√©cessit√©, n'y ferait gu√®re d'opposition; d'autant moins que sa ville allait √™tre prise d'assaut par le gouverneur de G√™nes lui-m√™me (Michel de Bo√ľard, Les origines des guerres d'Italie: La France et l'Italie au temps du Grand Schisme, Biblioth√®que des √©coles fran√ßaises d'Ath√®nes et de Rome, Num√©ro 139, 1936 - books.google.fr).

 

En 1405, Vérone tombe dans l'escarcelle de la république de Venise (Guide du Routard Italie du Nord 2022/23, 2022 - books.google.fr).

 

"Scerry" : Quiers ou Chieri ?

 

Certaines éditions ont "Charry" (Torné-Chavigny, Réédition du livre de Prophéties de Nostradamus Publié en 1566 chez Pierre Rigaud: Vie de Nostradamus, 1862 - books.google.fr).

 

En 1347, la république de Quiers se soumit volontairement à la monarchie savoisienne du prince Amédée VI. (fr.wikipedia.org - Chieri).

 

Amédée VI, comte de Savoie, avoit fourni pour l'expédition de Naples, à Louis Ier, duc d'Anjou, des secours qu'on avoit évalués à la somme de cent soixante-quatre mille francs. Il y participe et meurt de la peste à Naples (1383). Louis d'Anjou meurt en 1384 en laissant une jeune enfant sous la tutelle de sa veuve.

 

Lors du convoyage du corps d'Am√©d√©e VI, mort de la peste √† Campobasso (Royaume de Naples) le 1er mars 1383, "le 9 avril d√©j√†, Louis d'Acha√Įe et son entourage, √† l'exception de Gaspard de Montmayeur qui, malade, reste √† Albenga, sont oblig√©s de rembarquer. En effet, les cols derri√®re la ville sont contr√īl√©s par le marquis del Carretto qui refuse, en raison de son hostilit√© envers les Savoie, le passage par terre au groupe. Celui-ci monte √† bord d'un nouveau bateau avec vingt rameurs qui l'am√®ne le soir m√™me √† Savone. Les deux autres bateaux, qui abritent l'un la d√©pouille d'Am√©d√©e VI et l'autre les chevaux des membres de la cour, se rendent √©galement √† Savone. Du 9 au soir jusqu'au 26 avril, l'ensemble du groupe savoyard s'installe √† Savone dans trois auberges diff√©rentes. Il faut toutefois encore deux jours ‚Äď le temps de s'assurer du lieu et de prendre les dispositions n√©cessaires ‚Äď pour que le corps d'Am√©d√©e VI soit port√© √† terre et d√©pos√© dans une chambre d'auberge. Cette installation ne correspond pas √† l'usage g√©n√©ral de placer, lors des √©tapes d'un convoi fun√®bre, la d√©pouille dans un lieu eccl√©siastique" (Nadia Pollini, La mort du prince: rituels fun√©raires de la maison de Savoie, 1343-1451, 1994 - books.google.fr).

 

De 1385 √† 1420, aux foires de Brian√ßon, les marchands ast√©sans sont les plus nombreux et se partagent les ovins avec les clients venus des environs de Chieri-Villanova-Moncalieri; d'autres viennent aussi des autres bourgs, mais en bien plus petit nombre, et aucun n'est originaire de Turin ni de Grugliasco. Au tout d√©but de la p√©riode, avant 1400, les Ast√©sans dominent m√™me au point d'emporter plus de la moiti√© des ovins : la prosp√©rit√© de ces ann√©es leur est due au premier chef. Sans doute le mariage de Valentine Visconti avec le duc d'Orl√©ans en 1387, qui a plac√© Asti sous l'influence fran√ßaise, n'est-il pas √©tranger √† ce fait ? De 1420 √† 1460, la zone de Chieri se maintient au m√™me niveau tandis que les achats d'Asti sont r√©duits √† presque rien; le relais est pris par Turin et Grugliasco, √©paul√©s par les villes voisines qui compl√®tent leur pouss√©e, tandis qu'une part non n√©gligeable revient maintenant √† Sommariva et Sanfr√®, dont les achats atteignent un maximum gr√Ęce √† a pr√©sence de tr√®s nombreux et modestes acheteurs d'agneaux (R. Chanaud, Foire aux ovins de Brian√ßon, Cahiers d'histoire, Volume 25, 1980 - books.google.fr).

 

Les communes devaient au souverain le service militaire comme les vassaux; celle de Chieri fournit à Amédée VIII (premier duc de Savoie en 1417), en 1396, cent lances, ayant chacune deux suivans, cinquante arbalétriers et trente hommes d'infanterie (Alexandre de Saluces, Histoire militaire du Piémont, Tome 1, 1859 - books.google.fr).

 

Le duc Am√©d√©e VIII semble-t-il, a particip√© √† la construction de l'√©glise du Duomo (Santa Maria della Scala) √† Chieri, puisque on y peut remarquer en la chapelle Saint-Antoine, construite en 1409, une vo√Ľte aux armes de la Maison de Savoie (Cl√©ment Ardet, Princes et artistes dans les √©tats de Savoie au XVe si√®cle, Culture et pouvoir au temps de l'humanisme et de la Renaissance, 1978 - books.google.fr).

 

Il existe un Ceri dans le Pi√©mont atteint par Brissac en 1552 pendant les guerres d'Italie (HISTOIRE ECCLESIASTIQUE: POUR servir de continuation √† celle de Monsieur l'Abb√© FLEURY. Depuis l'an 1550. jusqu'en 1555. TOME TRENTI√ČME, Volume 30, 1731 - books.google.fr).

 

Mais il n'est pas concerné par La Turbie.

 

"Turby" : La Turbie

 

La querelle entre les partisans de Louis II d'Anjou et Ladislas, fils de Charles III de Duras, les attaques des Angevins contre les pays qui refusaient d'adhérer à leur souverain , amenèrent en 1388 l'intervention du comte de Savoie et la conclusion des traités qui mirent la viguerie de Nice, puis le comté de Vintimille, sous sa domination. Il suffit de noter qu'à partir de cette époque l'ancienne seigneurie de la Turbie entra dans le domaine des comtes et ducs, dont la fortune devait être si brillante (L.-H. Labande, Les Seigneuries de Menton, Roquebruiie et la Turbie antérieurement au XVe siècle, Documents historiques relatifs aux seigneuries de Menton, Roquebrune et La Turbie du onzième au seizième siècle, 1909 - books.google.fr).

 

Le 6 octobre 1419, un trait√© fut sign√© entre les deux souverains. Am√©d√©e re√ßut la ville de Nice, objet d√©j√† de la d√©dition de 1388 √† la Maison de Savoie, Villefrance et son port, Eze, La Turbie, Sainte-Agn√®s, la vall√©e de Barcelonnette et toute la c√īte, qu'il occupait d√©j√† (Ernest Hidelsheimer, Rappel des faits, 1388, La D√©dition de Nice √† la Savoie, 2019 - books.google.fr).

 

Rolet Miraillet √©tait vice-ch√Ętelain de La Turbie en 1403, ch√Ętelain de Saorge en 1405 et de La Turbie en 1406 (L'art religieux ancien dans le comt√© de Nice et en Provence, 1932 - books.google.fr).

 

Antoine de Chiel, lieutenant d'Oddon de Villars, est nommé par Amédée VIII castelan de la Turbie (Michel Bourrier, Gérard Colletta, Chronologie illustrée de l'histoire du Comté de Nice, 2000 - books.google.fr).

 

"Carcari" : Charcari arx

 

Charcari arx (Andrea Petrini, La tabula officianorum di Paolo II, Offices et papauté (XIVe-XVIIe siècle): Charges, hommes, destins, 2013 - books.google.fr, Historia genealogica della famiglia Carafa, divisa in tre libri, 1691 - books.google.fr).

 

Associé dans la tabula à CASTRUM MONTIS SANCTI PETRI DE ALLEIS.

 

Instrumentum concessionis ecclesiæ Sancti Petri in castro Montis Sancti Petri ultra Tennam, factæ per venerabilem Nicolaum abbatem et sindicum monasterii Sancti Petri de Florentillo, Spoletanæ dioecesis, domino Iohanni priori Sancti Salvatoris de Firmo, nomine et vice communis Firmi recipienti; sub anno Domini 1266; rogato Petro Petri (Marco Tabarrini, Gaetano De Minicis, Cronache della città di Fermo, 1870 - books.google.fr).

 

Le fleuve Tenna se trouve dans la Marche d'Anc√īne (Dictionnaire g√©ographique universel, Tome 2, 1825 - books.google.fr).

 

N√© vers 1385, b√Ętard du c√©l√®bre routier Bernardon de la Sale, Antoine de la Sale, fr√®re de Bernardon de Serres d'une autre m√®re, auteur de la Salade entra d√®s l'√Ęge de quatorze ans au service de Louis II d'Anjou. A la suite de ses ma√ģtres, il s√©journa en Italie, en Provence, en Flandre, prit part √† la ¬ęcroisade¬Ľ de Ceuta (1415), devint viguier d'Arles. Le roi Ren√© lui confia le pr√©ceptorat de son fils a√ģn√© Jean. Antoine se mua en p√©dagogue, et c'est √† l'intention de son √©l√®ve que fut confectionn√©e cette Salade au titre si bizarre et fleurant le calembour de mauvais go√Ľt. On y trouve un incroyable m√©lange de consid√©rations philosophiques et de pr√©ceptes moraux, tir√©s de Cic√©ron et des historiens de l'antiquit√©, des des conseils sur l'art militaire et les ruses de guerre o√Ļ abondent encore les anecdotes et r√©miniscences antiques; des descriptions g√©ographiques plus livresques que personnelles, une curieuse relation de voyage, connue sous le nom de Paradis de la reine Sibylle, o√Ļ l'auteur raconte l'ascension qu'il fit, en 1420, dans les Apennins, entre Anc√īne et Spol√®te, du mont de la Sibylle; enfin, un r√©sum√© des chroniques de Sicile et un tableau g√©n√©alogique de la maison d'Anjou. L'int√©r√™t de tout cela, aussi bien pour l'histoire que reste tr√®s limit√©. Mais nous avons la chance de poss√©der, de la compilation, trois versions successives, qui nous montrent comment l'auteur ajoutait et corrigeait sans cesse √† son texte. (Revue historique, Volume 184, 1938 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Antoine de La Sale).

 

L'Apennin central, dont le point le plus √©lev√©, le mont de la Sibylle, atteint une hauteur de 1,127 toises au-dessus de la mer , court du N. O. au S. E., √† travers cette contr√©e qu'il divise en deux versants presque √©gaux. Celui de l'Adriatique est sillonn√© par des cours d'eau nombreux, qui suivent une direction perpendiculaire √† la cha√ģne et ont par cela m√™me une √©tendue d'au plus 17 l. : tels sont, en allant au N., le Tronto, la Tenna, le Chienti, la Potenza, le Musone, l'Esino, le Cesano, le Metauro grossi du Cantiano, la Foglia, la Conca, la Marecchia, le Savio, le Ronco et le Lamone, qui coulent g√©n√©ralement dans des vall√©es √©troites et affluent directement √† la mer (Dictionnaire g√©ographique universel, Tome 3, 1826 - books.google.fr).

 

Carcary

 

Il existe un Carcary en Ecosse dans le comté d'Angus.

 

Richard of Ayre, son of the deceased Brice Ayre, possessed the sixteenth part of the lands of Little Carcary, and the eighth part of Kinnaird. On 28th September, 1401, he granted a wadsett or bond to Duthac Carnegie over these lands, and on forty pence of annual rent of Balnamune, for the sum of ten merks sterling, these lands and annual rent to be held by the said Duthac and his heirs, without challenge from Kichard and his heirs, till the latter shall pay to the former, upon St Michael's altar in the Church of Farnell, the said ten merks. The produce of the farm and other profits of the foresaid lands and annual rent to be enjoyed by the said Duthac and his heirs, as a free gift from the said Richard and his heirs during continuance of the wadsett (Alex Johnston Warden, Angus Or Forfarshire: The Land and People, Descriptive and Historical, Tome 3, 1882 - books.google.fr).

 

Les rois de Chypre et d'√Čcosse compt√®rent parmi les plus fid√®les soutiens de Beno√ģt XIII, m√™me pendant la soustraction d'ob√©dience fran√ßaise (1398-1403). Ils furent imit√©s en cela par le comte Am√©d√©e VIII de Savoie... futur antipape F√©lix V (G√©rard Touzeau, Beno√ģt XIII : le tr√©sor du pape catalan, 2009 - books.google.fr).

 

Vérone en Italie

 

Contrairement à l'Ecosse, Venise était partisan de Rome.

 

D√®s le mois de d√©cembre 1404, Venise √©crivait √† l'un de ses ambassadeurs que Boucicaut s'appr√™tait √† conduire l'¬ęantipape¬Ľ jusqu'√† Rome (No√ęl Valois, La France et le grand schisme d'Occident, Tome 3 : Efforts de La France pour obtenir l'abdication des deux pontifes rivaux, 1967 - books.google.fr).

 

Mais avant sa conquête par Venise en 1405, Vérone dépendait des Visconti de Milan.

 

Apr√®s la mort de Cl√©ment VII, les grands projets italiens de Jean Gal√©as Visconti et de son gendre le duc d'Orl√©ans s'√©taient √©croul√©s. Ni Jean Gal√©as ni le fr√®re du roi ne purent s'opposer √† l'√©tablissement de l'autorit√© de Charles VI √† Savone. Les intrigues des Milanais indispos√®rent vivement contre lui la cour de France. C'est le moment de la disgr√Ęce de Valentine Visconti. Florence toujours inqui√®te et m√©fiante, non sans raison, √† l'√©gard de Jean Gal√©as, trouva le moment propice pour s'assurer l'alliance du roi de France. Elle organisa toute une intrigue diplomatique, rechercha l'appui de Bernard VII d'Armagnac, ennemi personnel de Jean Gal√©as, envoya en mai 1396 en mission √† Paris Maso degli Albizzi, s'assura le concours de l'actif Bonaccorso Pitti. Ils trouv√®rent √† la Cour de France des dispositions particuli√®rement favorables chez la reine et le duc de Bourgogne qui partageaient les rancunes de la maison de Bavi√®re contre Jean Gal√©as. Aussi la mission de Maso degli Albizzi aboutit-elle rapidement le 29 septembre 1396 √† la conclusion d'un trait√© 1396 √† la conclusion d'un trait√© d'alliance entre le roi de France et la R√©publique florentine (Alfred Coville, Gontier et Pierre Col et l'humanisme en France au temps de Charles VI, 1977 - books.google.fr).

 

Après la mort de Jean Galéas en 1402 après avoir, sept ans auparavant en 1395, obtenu l'élévation au rang de duc de Milan, le jeune fils naturel du duc de Milan, Gabriel-Marie Visconti, avait reçu en partage Livourne, Pise et Sarzana, et, pour se défendre contre les Florentins, il avait fait appel à la France (Georges Pillement, Pedro de Luna: Le dernier Pape d'Avignon, 1955 - books.google.fr).

 

Louis d'Orl√©ans, fr√®re de Charles VI, qui avait √©pous√© Valentine Visconti, fille de Gian Galeazzo Visconti, seigneur (et bient√īt duc) de Milan, avait une politique italienne autonome soutenue par Beno√ģt XIII. Aussi √©tait-il lui-m√™me un partisan de l'ob√©dience avignonnaise et d√©clarait-il ¬ęque c'√©tait mal fait de lui avoir fait soustraction¬Ľ (Bertrand Schnerb, Jean sans-Peur : le prince meurtrier, 2005 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain IX, 41.

 

"Véront" ou "Vérone"

 

Il existe un ch√Ęteau de V√©rone √† Vinsobres.

 

Ventes par noble Andr√© Margius, de Vinsobres, √† Astorge Colet, capitaine, d'un pr√© au Moulin, pr√®s de l'Eygues, pour 4 florins (2 mars 1484); par Nicolas Patier √† Fran√ßois Arnaud d'une terre √† Quinquaron, pr√®s de l'Eygues, et de la terre de noble Marin Guers, pour 3 florins (19 janvier 1484); par noble Antoine de V√©rone, coseigneur de Vinsobres, au m√™me Arnaud d'autre terre, pour 9 florins (19 janvier 1484) (Inventaire sommaire des Archives d√©partementales ant√©rieures √† 1790, Dr√īme, Volume 4, 1886 - books.google.fr).

 

Sibylle de Moroce, fille de Barth√©lemy, porta le fort sup√©rieur de Mollans √† Baudon ou Baudoin de Grol√©e-M√©vouillon et Pierre, leur fils, le vendit en 1407, pour 4,000 florins, √† Bernardin ou Bernardon de Serres (et non Ferrus) [...], gratifi√© par le pape Cl√©ment VII du port de Noves sur la Durance et, en 1386, de la seigneurie de Malauc√®ne. Mari√©, en 1412, avec Romaine de Baschi, d'une ancienne maison de l'Ombrie √©tablie dans le Comtat et illustr√©e au XVIIe si√®cle par le marquis d'Aubais, il mourut sans enfant, peu de temps apr√®s son alliance, car sa veuve rendait hommage au dauphin en 1413 et c√©da ses droits sur Mollans, pour 3,000 florins, en 1425, √† Jean d'Urre, coseigneur de Vinsobres (Bulletin de la Soci√©t√© d√©partementale d'arch√©ologie et de statistique de la Dr√īme, Volume 24, 1890 - books.google.fr).

 

Mollans est près de Malaucène.

 

VINSOBRES, près de Nyons, a appartenu à un grand nombre de coseigneurs d'après Guy Allard, en 1281 ils étaient vingt; en 1330, la directe de cette terre fut attribuée au Dauphin, auquel le Pape et le comte de Valentinois la contestaient. Depuis cette époque, il y a eu les Durfort (1400); les d'Urre (du XVe au XVIIe s.); les de Véronne (XVe s.); de Cornillan (XVe s.); Sainte-Jalle (XVe s.); des Alrics (XVIe s.), et les Roquard, qui succédèrent à cette branche (XVIIe s.); Tolon (XVIe s.); Amieu de Feautrier, auxquels succédèrent les d'Agoult (XVIIIe s.).

 

En 1789, les coseigneurs étaient Madame de Montpezat, MM. Moreau de Véronne et Jean-Baptiste Doize ou Doyze, capitaine et chevalier de Saint-Louis, du Bourg-Saint-Andéol, qualifié de comte de Vinsobres. Son père avait réalisé une fortune considérable à l'époque de la banque de Law et acheté une charge de secrétaire du Roi; il laissa plusieurs fils, tous morts sans postérité : l'un d'eux était qualifié de seigneur de Pigeron, près de Vinsobres; un autre, président à la Chambre des comptes de Grenoble, fut tué, vers 1760, par une tuile qui lui tomba sur la tête pendant la procession de la Fête-Dieu; le comte de Vinsobres mourut vers 1792, laissant pour héritiers MM. de Lespinasse et Fabry.

 

VINSOBRES est appel√© castrum de Vinsobriis en 1263, 1284 , 1314 et 1378; de Vinsobris en 1339; de Vinsobrio en 1284 et 1342; de Vinezobriis en 1349. Ce village, construit sur le penchant d'un coleau, produit du vin excellent. Suar√®s, dans sa Chorographia, s'exprime ainsi en jouant sur le nom de VINSOBRES : Son territoire porte un vin doux et picquant; Vinsobre ou Sobre-Vin, prenez-le sobrement (M. de Coston, Etymologie des noms de lieux de la Dr√īme, Bulletin d'arch√©ologie et de statistique de la Dr√īme, Volume 6, 1871 - books.google.fr).

 

VESERONTIA (F. E., 36). C'est la forme actuelle de ce nom de lieu que Grégoire de Tours appelait Verontia, Vézeronce près de Morestel en Isère. Nous avons fait remarquer déjà cette singularité d'un nom qui s'est allongé au lieu de se contracter, suivant le mode habituel (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Tome 2, 1862 - books.google.fr).

 

Lieu de la bataille o√Ļ meurt Chlododmir, Visorontia a √©t√© identifi√© aussi √† Verizieu dans l'Ain, pr√®s de Briord, dont un seigneur √©tait Guy de Grol√©e, mari√© √† Bonne de Chalant dont un fr√®re, Antoine, fut un cardinal nomm√© en 1404 par Benoit XIII (Edmond de Rostaing, Ambariacus et Visorontia, Revue de la Soci√©t√© litt√©raire, historique et arch√©ologique du d√©partement de l'Ain, 1878 - books.google.fr, Samuel Guichenon, Histoire de Bresse et de Bygey, 1650 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2133 sur la date pivot 1408 donne 683.

 

Selon les sources √©crites, un premier √©tablissement religieux, d√©di√© aux saints Victor et Pierre, aurait √©t√© construit au Groseau (in loco Grasello) en 683 par Petruinus, √©v√™que de Vaison; la fondation de ce monast√®re fut approuv√©e par Clovis III en 692. Apr√®s un long silence, correspondant aux p√©riodes difficiles que v√©cut l'√Čglise proven√ßale pendant le haut Moyen Age, il faut attendre l'ann√©e 1059 pour voir Pierre, √©v√™que de Vaison, et les seigneurs de Malauc√®ne, Richaud et Rostaing, faire don √† l'abbaye Saint-Victor de Marseille de l'abbatiola Saint-Victor et Saint-Pierre du Groseau, ainsi que d'un certain nombre d'√©glises et de domaines qui se trouvaient autour. Vingt ans plus tard, une bulle du pape Gr√©goire VII confirmait √† Saint-Victor la propri√©t√© du monasterium sanctae Mariae de Grausello, vocable que cet √©tablissement conservera jusqu'√† son abandon par les b√©n√©dictins en 1432. Au d√©but du XIVe si√®cle, Cl√©ment V, le premier pape d'Avignon, s√©journa souvent en ce lieu, o√Ļ il se fit m√™me construire une demeure aujourd'hui disparue. Amput√©e de sa nef, l'√©glise actuelle, tr√®s remani√©e au cours des si√®cles ne montre plus qu'une trav√©e de choeur couverte d'une coupole octogonale sur trompes d√©cor√©es des symboles des √Čvang√©listes et port√©e par de grandes arcades, aveugles √† l'origine au Nord et au Sud; elle s'ouvre √† l'Est sur une abside semi-circulaire vo√Ľt√©e en cul-de-four, dont l'arc de t√™te retombe sur deux colonnettes mont√©es sur un haut soubassement. Un bandeau orn√© de palmettes r√®gne √† la base de la coupole, dont les angles internes sont d√©cor√©s de petits pilastres cannel√©s surmont√©s de chapiteaux corinthiens tangents √† l'oculus central. A l'ext√©rieur, l'aspect du monument a √©t√© sensiblement modifi√© par les restaurations du XIXe si√®cle (Jean-Maurice Rouquette, Provence romane: La Haute-Provence, 1974 - books.google.fr).

 

Acrostiche : EDLD, Edalde

 

En memoire de nostre premier Apostre, & long temps apres sa passion soubs Neron, à son retour des Espagnes, le Pape lean cinquiesme enuoya des cheueux de S. Paul à Edalde Archeuesque de Vienne pour en honorer son Eglise, ainsi qu'il est contenu en son Epistre, qui se commence Ioannes Episcopus Edaldo Episcopo Viennensi (Jean Le Lievre, Histoire de l'antiquite et sainctete de la cite Vienne en la Gaule Celtique, 1623 - books.google.fr).

 

Cet évêque serait Cadéolde, dont le nom s'écrit de différentes manières dont Edalde (Le Dauphiné: courrier des eaux thermales de la région, Tome 1, 1866 - books.google.fr).

 

D'autres auteurs parlent de Jean III (Rémi Ceillier, Histoire generale des auteurs sacrés et ecclesiastiques, Tome 8, 1740 - books.google.fr).

 

Le pape Jean V exerce du 23 juillet 685 au 2 ao√Ľt 686. Depuis l'invasion byzantine, Jean V est le premier pape de la Papaut√© byzantine, √©lu au sein de l'√Čglise, non d√©sign√©, mais autoris√© et consacr√© par l'Empereur byzantin Constantin IV, et le premier d'une lign√©e de dix papes, originaires de l'Orient, n√© en Syrie. Sa papaut√© est marqu√©e par la r√©conciliation entre la ville de Rome et l'Empire (fr.wikipedia.org - Jean V (pape)).

 

nostradamus-centuries@laposte.net