Philippe Auguste et Jean sans Terre

Philippe Auguste et Jean sans Terre

 

IX, 57

 

2145-2146

 

Au lieu de Drvx vn Roy reposera,

Et cherchera loy changeant d'Anatheme :

Pendant le ciel si tresfort tonnera,

Portera neufue Roy tuera soy mesme.

 

Toute la neuvième centurie est ainsi marquĂ©e par une tendance, plus nette qu'ailleurs, Ă  utiliser les toponymes comme Ă©lĂ©ments fondamentaux d'une poĂ©tique. Nostradamus a sans doute trouvĂ©, dans la Guide d'Estienne (ou l'une des Ă©ditions-pirates) une source qui lui a permis de renouveler ses procĂ©dĂ©s. [...] Car Estienne a ouvert Ă  ses contemporains une voie qui n'Ă©tait pas seulement pratique, il a mis en Ă©vidence, par sa manière d'organiser et de disposer les itinĂ©raires, la fonction poĂ©tique des toponymes. [...] A l'origine de cet Ă©lan qui a traversĂ© les siècles sans rien perdre de sa vigueur, les modestes listes d'Estienne Ă©taient lĂ  pour nous rappeler la Force prophĂ©tique du lieu, qui nous dit oĂą nous sommes, et nous somme de dire (Chantal Liaroutzos, Les prophĂ©ties de Nostradamus : suivez la guide. In: Bulletin de l'Association d'Ă©tude sur l'humanisme, la rĂ©forme et la renaissance, n°23, 1986 - www.persee.fr).

 

"Drux" : Dreux

 

Dans le quatrain suivant, "Vitry" désignerait Jacques de Vitry.

 

Né entre 1160 et 1170 dans la région de Reims et mort le 1er mai 1240 à Rome, historien et auteur spirituel, confesseur de Marie d'Oignies, prédicateur populaire (fr.wikipedia.org - Jacques de Vitry).

 

Pareillement, "Drux" nommerait Philippe de Dreux son contemporain.

 

Philippe de Dreux est un religieux français, né en 1158 et mort le 2 novembre 1217. Évêque-comte de Beauvais, il fut élevé à la dignité de pair de France par Philippe-Auguste qui était son cousin (fr.wikipedia.org - Philippe de Dreux (1158-1217)).

 

Philippe Auguste pourra en effet se reposer sur lui. L'"anatheme" ferait référence à l'interdit que le pape jeta sur le royaume de France à l'occasion de la relégation de la première femme de Philippe Auguste ou de l'invasion de l'Angleterre par son fils le futur Louis VIII.

 

Après la signature de la trĂŞve entre les deux rois. le lĂ©gat s'occupa du plus important objet de sa mission : la rĂ©conciliation de Philippe-Auguste avec Ingeburge de Danemark. N'ayant pu rien obtenir de l'obstination du roi, Pierre de Capoue, dans une assemblĂ©e de prĂ©lats rĂ©unie Ă  Dijon le 6 novembre 1199, formula contre la France une sentence d'interdit, qui fut solennellement proclamĂ©e Ă  Vienne le 14 janvier suivant. Philippe de Dreux fut au nombre des Ă©vĂŞques qui refusèrent de se soumettre Ă  l'interdit, et adressèrent, Ă  ce sujet, des reprĂ©sentations au souverain pontife. Au mois de mai de l'an 1200, il assista au traitĂ© de paix conclu Ă  Gueuleton en Normandie, entre Jean sans Terre et Philippe-Auguste. La mĂŞme annĂ©e, il fut pris pour arbitre dans une contestation survenue entre Clarembaud de Monthablon et l'abbaye de Cuissi, au diocèse de Laon. Il dut assister, le 6 septembre, Ă  l'assemblĂ©e de Saint-LĂ©ger en Iveline, oĂą Octavien, Ă©vèque d'Ostie, leva l'interdit qui pesait depuis neuf mois sur la France. Mais Innocent III s'Ă©tait rĂ©servĂ© le jugement des prĂ©lats qui, en refusant d'observer l'interdit, avaient ipso facto encouru la suspension. L'Ă©vèque de Beauvais se rendit donc Ă  Rome en 1201 ; il s'excusa de son insoumission, et promit d'exĂ©cuter la sentence que rendrait le pape tant sur la suspension que sur la peine encourue pour l'inobservation de l'interdit. Le pape lui rendit l'exercice des fonctions Ă©piscopales ; et quant Ă  la punition qu'avaient mĂ©ritĂ©e les prĂ©lats rebelles, il diffĂ©ra pour lors de la prononcer, et n'en parla plus dans la suite. Après sa rĂ©conciliation avec l'Église, Philippe de Dreux sembla renoncer Ă  ses habitudes guerrières pour se renfermer dans l'exercice des fonctions Ă©piscopales. Il fut un des prĂ©lats qui, en janvier 1202, publièrent des lettres confirmatives de la bulle d'Innocent III, par laquelle ce pontife lĂ©gitima les enfants de Philippe-Auguste et d'Agnès de MĂ©ranie (H. GĂ©raud, Le comte-Ă©vĂŞque, Bibliothèque des chartes, Tome V, 1844 - books.google.fr).

 

En 1188, Philippe Auguste vint mettre le siége devant Dreux et en expulsa Henri II, roi d'Angleterre, qui avait livré la ville au pillage et à l'incendie (Les environs de Paris illustrés: avec un appendice sur la guerre de 1870-1871, Guides Joanne, 1872 - books.google.fr).

 

Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion se rencontrent, en décembre 1189, a Nonancourt dans le dessein d'organiser leur départ pour la troisième croisade, à Dreux au mois de mars suivant (Jean François Lemarignier, Recherches sur l'hommage en marche et les frontières féodales, 1945 - books.google.fr).

 

"reposera"

 

Après la signature de la trève entre les deux rois en 1199, le lĂ©gat s'occupa du plus important objet de sa mission : la rĂ©conciliation de Philippe-Auguste avec Ingeburge de Danemark. N'ayant pu rien obtenir de l'obstination du roi, Pierre de Capoue, dans une assemblĂ©e de prĂ©lats rĂ©unie Ă  Dijon le 6 novembre 1199, formula contre la France une sentence d'interdit, qui fut solennellement proclamĂ©e Ă  Vienne le 14 janvier suivant. Philippe de Dreux fut au nombre des Ă©vĂŞques qui refusèrent de se soumettre Ă  l'interdit, et adressèrent, Ă  ce sujet, des reprĂ©sentations au souverain pontife. Au mois de mai de l'an 1200, il assista au traitĂ© de paix conclu Ă  Gueuleton en Normandie, entre Jean sans Terre et Philippe-Auguste (H. GĂ©raud, Le comte-Ă©vĂŞque, Bibliothèque de l'École des chartes, Volume 5, 1844 - books.google.fr).

 

Au siège de Gournay, en 1201, l'inondation fut pour Philippe-Auguste un puissant auxiliaire et Guillaume-le-Breton trace le tableau cet épisode (Maurice Champion, Les inondations en France depuis le VIe siècle jusqu'a nos jours, Tome 2, 1839 - books.google.fr).

 

"Les eaux dans leur fureur emportent les tours et les murailles, qu'elles étaient accoutumées à orner ou à défendre. Philippe Auguste, avec le torrent, entre par la brèche que chaque flot agrandit avec fracas". Tout cela doit demander la plus grande partie du mois de Juin , pendant lequel Philippe Auguste ne peut manquer de visiter le château de Gerberoy, et peut-être de s'y faire héberger dans des conditions plus confortables que sous les murs de Gournay. Ajoutons que, pendant son séjour dans la région, Philippe Auguste fera l'aller et retour de Beauvais pour arbitrer un conflit entre les bourgeois et l'évêque, et s'emparera du château de Formerie; son passage dans notre cité paraît donc évident. Philippe Auguste s'installe d'ailleurs quelque temps à Gournay pour célébrer les fiançailles de sa fille Marie et d'Arthur de Bretagne, qui a maintenant quinze ans et vient d'être armé chevalier. Cela se passe en juillet 1202, probablement pendant les premiers jours du mois. Arthur rend hommage des fiefs qu'il est sensé posséder à Philippe Auguste, lequel se réserve toutefois la Normandie (Rémy Le Sidaner, Gerberoy, boulevard du Beauvaisis: le Vidamé, les Conquets et Gournay-en-Bray, des origines à Henri IV, 1973 - books.google.fr).

 

En 1193 une guerre terrible eut lieu contre les Anglais qui possédaient la Normandie limitrophe du diocèse de Beauvais; de là des ravages et des dévastations dans les environs de cette cité. Dans cette guerre, Philippe de Dreux, combattant à la tête de ses vassaux, fut pris et chargé de chaînes, conduit à Rouen, puis au château de Chinon, et retenu captif malgré l'offre du chapitre de Beauvais qui réclamait son évêque au prix d'une rançon qui fut refusée jusqu'en 1200. L'histoire nous apprend qu'on livra 6,000 marcs d'argent au roi d'Angleterre pour prix de sa liberté (Dr Voillemier, Essai sur les monnaies de Beauvais depuis la période gauloise jusqu'à nos jours, 1858 - books.google.fr).

 

En 1193, Philippe de Dreux réunit le vidame de Gerberoy à sa mense épiscopale, Pierre et Guillaume étant morts sans héritiers. Les Chanoines de Gerberoy obtiennent de luy une confirmation de leurs revenus & Privilèges. En 1197, au siège troisiéme de Gerberoy par Jean sans terre, où Philippe de Dreux est fait prisonnier (Jean Pillet, Histoire de Château et de la Ville de Gerberoi,1679 - books.google.fr).

 

Orage papal

 

D'une manière imagée, le "ciel" qui tonne peut représenter la colère du pape Innocent III (Lothaire de Segni), élu en 1198.

 

Dans l’histoire parfois conflictuelle entre la papautĂ© et le royaume de France au Moyen Ă‚ge, le pontificat d’Innocent III reprĂ©sente un moment particulièrement difficile. Le long conflit autour du mariage de Philippe Auguste, les questions relatives aux rĂ©gales, la guerre avec l’Angleterre, et enfin l’interdit jetĂ© sur le royaume en 1200 montrent Ă  quel point Innocent III n’entendait pas transiger sur la nature des sacrements ni sur son autoritĂ© apostolique. [...] Son intransigeance Ă  l’égard de l’attitude de Philippe Auguste se manifesta dès le dĂ©but de son pontificat. En effet, dans une lettre Ă©crite fin aoĂ»t 1198 Ă  son lĂ©gat Pierre, cardinal-diacre de Sainte-Marie in Via Lata, il exigea que le roi reprenne Ingeburge en autorisant son lĂ©gat Ă  user de la menace de l’interdit. [...] En juillet 1201, la mort opportune d’Agnès libĂ©ra Philippe de sa bigamie, mais le monarque refusa de reprendre Ingeburge malgrĂ© les lettres d’Innocent III l’y incitant, lequel ne voulut jamais l’autoriser Ă  se remarier. [...] Pour assurer le lancement d’une nouvelle croisade, le pape espĂ©rait conclure une paix rapide entre les rois de France et d’Angleterre, dĂ©sir qui se lit dans la correspondance pontificale dès 1198 et se heurtait aux intĂ©rĂŞts des deux souverains (Olivier Hanne, Le conflit entre Innocent III et Philippe Auguste :affection et dĂ©ception, 6e rencontre de la Gallia Pontificia : ”Schismes, dissidences, oppositions: La France et le Saint-Siège avant Boniface VIII, 2009 - halshs.archives-ouvertes.fr).

 

Anathème

 

Les lois ecclésiastiques et l'exemple de ce même Nicolas Ier autorisaient Innocent à frapper d'anathème Philippe-Auguste et sa concubine; il s'était borné à jeter l'interdit sur les domaines royaux [...]

 

Jean sans Terre soutenait contre l'Église, à cause de la promotion de Langton au siège primatial de Cantorbéry. Etienne avait été élu par un certain nombre de moines de Cantorbéry qui étaient en députation à Rome, sous les yeux et sous l'influence directe d'Innocent, qui s'empressa de confirmer ce choix, sans s'inquiéter s'il s'accordait ou non avec les prédilections du roi d'Angleterre. Celui-ci avait déjà investi de l'archevêché son favori, Jean de Gray, évoque de Norwich. Furieux à la nouvelle de ce qui s'était passé à Borne, Jean sans Terre chassa les moines de Cantorbéry, refusa obstinément de recevoir le prélat élu sous l'influence du pape, maltraita les légats du Saint-Siège, et persécuta les évêques de son royaume. Le 24 mars 1208, l'Angleterre fut soumise à l'interdit. Jean ne s'étant pas mis en peine d'apaiser la colère du pape, une sentence d'anathème fut lancée contre lui en 1211, et, une année s'étant écoulée sans qu'il demandât l'absolution et sa réconciliation avec l'Église, Jean fut déclaré indigne du trône et déposé en 1212 (Hercule Géraud, Ingeburge de Danemark, reine de France, 1193-1236, 1845 - www.persee.fr).

 

En 1207, l'anathème est prononcé contre l'hérésie albigeoise.

 

Les barons anglais en rĂ©volte contre leur roi offrirent la couronne Ă  la France. Louis partit pour l'Angleterre malgrĂ© les dĂ©fenses publiques de son père, qui le secourait en secret d'hommes et d'argent. Innocent III excommunia en vain le père et le fils (1216) : les Ă©vĂŞques de France dĂ©clarèrent nulle l'excommunication du père. Remarquons pourtant qu'ils n'osèrent infirmer celle de Louis ; c'est-Ă -dire qu'ils avouaient que les papes avaient le droit d'excommunier les princes. Ils ne pouvaient disputer ce droit aux papes, puisqu'ils se l'arrogeaient eux-mĂŞmes ; mais ils se rĂ©servaient encore celui de dĂ©cider si l'excommunication du pape Ă©tait juste ou injuste. [...] Le fils de Philippe-Auguste fut reconnu roi solennellement dans Londres. Il ne laissa pas d'envoyer des ambassadeurs plaider sa cause devant le pape. Ce pontife jouissait de l'honneur qu'avait autrefois le sĂ©nat romain d'ĂŞtre juge des rois. (1216) Il mourut avant de rendre son arrĂŞt dĂ©finitif. Jean-sans-terre, errant de ville en ville dans son pays, mourut dans le mĂŞme temps, abandonnĂ© de tout le monde, dans un bourg de la province de Norfolk. Un pair de France avait autrefois conquis l'Angleterre, et l'avait gardĂ©e; un roi de France ne la garda pas. Louis VIII, après la mort de Jean d'Angleterre, du vivant mĂŞme de Philippe-Auguste, fut obligĂ© de sortir de ce mĂŞme pays qui l'avait demandĂ© pour roi ; et, au lieu de dĂ©fendre sa conquĂŞte, il alla se croiser contre les Albigeois, qu'on Ă©gorgeait alors en exĂ©cution des sentences de Rome. Il ne rĂ©gna qu'une seule annĂ©e en Angleterre : les Anglais le forcèrent de rendre Ă  leur roi Henri III, dont ils n'Ă©taient pas encore mĂ©contents, le trĂ´ne qu'ils avaient Ă´tĂ© Ă  Jean, père de ce Henri III. Ainsi Louis ne fut que l'instrument dont ils s'Ă©taient servis pour se venger de leur monarque (Oeuvres complètes de Voltaire: Essai sur les moeurs, 1846, 1846 - books.google.fr).

 

Cf. l'anathème maranatha de l'interprétation du quatrain VI, 78 - Millénarisme, qui était utilisé dans les formules d'excommunication. Maranatha apparaît souvent, selon Nicolas Flamel, dans le livre d'Abraham le juif qui lui permit d'obtenir la pierre. Cf. aussi IX, 58 et IX, 59.

 

Orage de 1198

 

Les chroniqueurs François Rigord & Nangis, rapportent qu'au mois de Juillet de l'an 1198, il arriva dans le Diocèse de Paris un orage des plus violens, & que la grêle qui tomba de la grosseur des œufs ravagea tout le pays, & endommagea les bleds, les bois & les vignes depuis Trembley jusqu'à l'abbaye de Chelle (M. B.C.R.D.S.A., Suite des météores aqueux, Journal Oeconomique, avril 1756 - books.google.fr).

 

Tremblay en France (Trembley), près de Chelles, est aussi à proximité de Goussainville (cf. quatrain IX, 56). Il y aussi un autre Goussainville en Eure et Loir près de Houdan.

 

"cherchera loy"

 

A la suite de l'interdit, Philippe-Auguste se pourvut auprès du pape, soutenant que le lĂ©gat n'avait pu, après ĂŞtre sorti du royaume, faire un acte de juridiction qui y Ă©tait relatif. Innocent III rejeta le recours, parce que le lĂ©gat, bien qu'il eĂ»t quittĂ© le royaume, n'Ă©tait cependant pas sorti de ses provinces, et qu'il pouvait dès lors publier dans l'une de celles-ci un acte fait pour une autre. (Chap. VII, de Offic. Legali.) (Raoul Henri Bertrand Bompard, Le crime de lèse-majestĂ© : La papautĂ© en droit international, 1888 - books.google.fr).

 

Le Légat, même pendant le temps de sa légation, ne peut point conférer de bénéfices, ni exercer aucun acte de juridiction dès qu'il est hors du royaume. Libertés de l'église gallicane, art. 59 (Joseph Nicolas Guyot, Répertoire Universel et Raisonné de Jurisprudence, civile, criminelle, canonique et bénéficiale, Tome 10, 1785 - books.google.fr).

 

"Portée neuve"

 

Il ne s'agirait pas du mĂŞme "Roy" que celui du vers 1. Le premier serait Philippe-Auguste, et le second son ennemi Jean sans Terre.

 

Arthur Ier de Bretagne ou Arthur Plantagenêt (29 mars 1187 - 3 avril 1203), fils posthume de Geoffroy Plantagenêt et de la duchesse Constance de Bretagne, fut duc de Bretagne et comte de Richmond de 1196 à sa mort, et héritier désigné au trône du Royaume d’Angleterre, devant succéder à Richard Cœur de Lion.

 

De grandes incertitudes demeurent dans la façon dont Arthur trouva la mort :

 

Seules les Annales de Margam donnent une date pour la mort d'Arthur, le 3 avril 1203, date Ă  laquelle on sait par ailleurs que Jean Ă©tait Ă  Rouen : «Après que le roi Jean eut capturĂ© Arthur et l'eut tenu vivant pour quelque temps en prison, après dĂ®ner le jeudi prĂ©cĂ©dant Pâques, comme Jean Ă©tait saoul et possĂ©dĂ© du dĂ©mon [ebrius et daemonio plenus], il tua Arthur de sa propre main et jeta le corps, attachĂ© Ă  une lourde pierre, dans la Seine. Un pĂŞcheur le trouva dans son filet, et ayant Ă©tĂ© ramenĂ© sur la rive et reconnu, il fut portĂ© pour ĂŞtre secrètement inhumĂ©, par crainte du tyran, au prieurĂ© de Bec nommĂ© Notre Dame des PrĂ©s»

 

Les annalistes français et bretons attribuent le crime à la main de Jean et notent que quinze jours après qu'il est commis, les Bretons s'assemblent en force à Vannes et envoient l'évêque de Rennes demander à Philippe Auguste de le faire juger par ses pairs. Il est déchu de ses biens en France et Philippe conquiert la Normandie l'année suivante.

 

Jean s'était emparé de la personne d'Arthur, son neveu, et l'avait remis à Hubert de Bourgh, lui donnant ordre de l'énucléer et de le castrer comme un animal, le rendant ainsi à jamais inapte à régner. Hubert refusa et Arthur se retrouva dans une geôle sordide à Rouen jusqu'à ce que Jean, accompagné de Guillaume de Briouse, ne vienne l'égorger de sa main (Louise-Marie Libert, La Boîte à Pandore, Les plus mauvaises mères de l'Histoire: Légendes, crimes et vérités, 2014 - books.google.fr).

 

Sa sœur Aliénor de Bretagne, héritière légitime des Plantagenêt après la mort d'Arthur, restera en détention jusqu'à sa mort 38 ans plus tard sous Henri III d'Angleterre (fr.wikipedia.org - Arthur Ier de Bretagne).

 

Deux enfants maltraités d'où une "portée" d'enfants mais non nés en même temps. Aliénor est né entre 1182 et 1184 et Arthur en 1187.

 

Shakespeare semble prendre un malin plaisir Ă  donner Ă  certaines de ses pièces des allures de vĂ©ritable jeu de dupes, tant pour les protagonistes que pour le public. Dans King John, pièce dont les tournures satiriques font hĂ©siter entre comĂ©die et tragĂ©die, le dramaturge a savamment mĂŞlĂ© des lieux communs moraux Ă  l’intrigue historique comme autant d’indices ironiques. Ainsi, devant les manigances du prĂ©lat du pape, le dauphin Louis perd toute mesure dans le jeu du pouvoir et des apparences qu’il croit dominer, et commet l’impair suprĂŞme de transformer le conflit en une partie de cartes (V.II.104-114). Une erreur de taille en termes d’image, qui lui sera nĂ©faste. L’intrigue rejoint alors le niveau de la farce et les protagonistes seront engagĂ©s dans une guerre de pantins. Les termes contradictoires «gallant head of war» ou «lusty trumpets» trouvent ensuite leur reflet dans la description que le Bâtard donne de l’armĂ©e française imberbe : «This harness’d masque and unadvised revel» troublante rĂ©miniscence des jeux d’enfants dans l’art pictural et mĂ©taphore de la folie humaine. [...]

 

Le Bâtard insiste sur le fait que les citoyens ne semble pas prendre au sĂ©rieux leur joutes guerrières par une image de jeu d’enfant : «Talks as familiarly of roaring lions / As maids of thirteen do of puppy-dogs» (II.I.460-61) ("il parle des lions mugissans aussi familièrement que les jeunes filles de treize ans de chiens de manchons !") [...]

 

Aux côtés du Bâtard, courant après la Fortune et la gloire comme ces mêmes fils d’hommes sans toutefois être dupes à l’instar de Louis ou, dans une certaine mesure, du roi Jean, en tant que fils de sa mère, Arthur tient une place particulière. Shakespeare lui donne tous les traits d’un pieux humaniste en herbe et il ressemble de ce fait aux enfants portant un moulinet ou un tourniquet. [...] Le garçon est présenté en quelque sorte comme la personnification de la conscience et il pèse effectivement d’un poids considérable sur la conscience des autres protagonistes, avec l'association troublante du jeune garçon innocent et de l’agneau sacrificiel (Josée Nuyts-Giornal, Shakespeare’s wanton hours. Indices d’un jeu d’esprit moral dans l’art théâtral et pictural, Actes des congrès de la Société française Shakespeare N° 23, 2005 - journals.openedition.org).

 

Les "puppy dogs" sont des chiots qui forment portée (fr.wiktionary.org).

 

Arthur supprimé, Jean n'eut pas le bénéfice de son crime. Car Arthur n'était guère que le jouet et l'instrument de Philippe Auguste, et sa disparition ne devait rien changer aux intentions belliqueuses du roi de France. Richard avait pu faire jouer le dévouement humain contre son acharnement, mais Jean, par son caractère, n'inspirait aucune amitié. La Bretagne et les États centraux de l'empire d'Anjou se révoltèrent, cependant que Philippe passait des conventions avec l'une et l'autre province, faisant un voyage dans les pays de Loire jusqu'à Saumur pendant les Pâques de 1203. C'était un fameux coin qui venait d'être enfoncé, et profondément, entre ces deux moitiés, l'une au nord et l'autre au midi, des fiefs que possédait Jean sur le continent (Winston Spencer Churchill, Histoire des peuples de langue anglaise: La naissance d'une nation (1957), traduit par Armel Guerne, 2017 - books.google.fr).

 

DRVX = 500+2+5+10 = 517

 

Hors d'icy, Caphars ! De par le Diable, hay ! Estes vous encores lĂ  ? Je renonce ma part de Papimanie, si je vous happe : g22, g222, g222222 (Rabelais, Prologue au Tiers Livre).

 

G22, g222, etc. n'a aucun sens apparent. Le chiffre '2' représente la lettre 'r', la littera canina: sonat hic de nare canina / littera. Voir A. Persius Flaccus, I, 109. La leçon 'r' serait confirmée par Urquhart, dont la traduction anglaise du Tiers Livre de 1693 donne Grr (J. Dixon, Errata et Addenda, Etudes rabelaisiennes, Volume 31, 1996 - books.google.fr).

 

C'est en 517 qu'Avit, archevĂŞque de Vienne, propose Ă  tous les Ă©vĂŞques du royaume burgonde un concile pour rĂ©flĂ©chir Ă  la situation religieuse nouvelle créée par l'accession au trĂ´ne en 516 de Sigismond, converti au catholicisme. Il convoque en 517 un concile Ă  Épaone. Au concile d’Épaone, les Ă©vĂŞques avaient aussi Ă©tabli certaines règles disciplinaires. Par exemple : en interdisant Ă  un veuf ou une veuve d’épouser un beau parent, sous peine d’excommunication. Ils condamnaient comme incestueuse de telles unions. Cette règle conduisit Ă  l'excommunication un an plus tard du prĂ©vĂ´t du fisc Étienne, qui avait Ă©pousĂ© sa belle-sĹ“ur (fr.wikipedia.org - Concile d'Epaone).

 

Cette littera canina rejoint le DUX et le Veltro de Dante (nonagones.info - Synthèse : Chapitre LVII - Calendrier : Les ratĂ©s du Saint Esprit 3).

 

M. HouzĂ© a bien voulu appeler mon attention sur Épaone, qui, d'après lui, doit ĂŞtre placĂ© Ă  Albon. Examen fait de la question, je suis de son avis, et je crois que M. Delacroix est dans l'erreur, lorsqu'il place Épaone Ă  Épinouse. Charvet, [...] MacĂ©, Lacroix, Berthin, Dessaix ont soutenu avec raison qu'Albon reprĂ©sente l'antique Épaone. Je me bornerai donc Ă  rĂ©sumer les motifs donnĂ©s par ces auteurs. Épaone, dit saint Avit, Ă©tait un point central pour les vingt-cinq prĂ©lats du royaume de Bourgogne, lorsqu'il les engagea, en 517, Ă  se rendre in parochiĂ  Epaonemi, qui appartenait alors Ă  l'Ă©glise de Vienne; les empereurs en gratifièrent plus tard le comte Abbon (Abbo comes); en 831, sur la demande d'Abbon, le vicus Épaonis fut restituĂ© Ă  l'Ă©glise de Vienne par Louis-le-DĂ©bonnaire. Cet acte mentionne deux Ă©glises ruinĂ©es sous le vocable de Saint-AndrĂ© et de Saint-Romain; or, l'Ă©glise d'Albon est consacrĂ©e Ă  saint Romain, et l'on voit dans cette paroisse les ruines de l'ancienne Ă©glise de Saint-AndrĂ©. Un acte, fait vers 860, caractĂ©rise mieux encore la position d'ÉPAONE. Arlulfus donne Ă  l'Ă©glise de Vienne des biens qu'il possède dans le Viennois, in agro Ebbaonensi, in villa et loco ubi dicitur Anarioni (Annairon, Ă  3 kil. d'Albon). Enfin, d'après un acte passĂ© vers 887, Barnoin cède villam Meutulam et aliam villam nomine Ebbaonem; or, Mentula est Mantaille, Ă  3 kil. d'Albon. On s'explique facilement comment I'Épaone du VIe s. est devenu l'Ebbaone du IXe s.; mais le changement d'Ebbaone en Albon est plus difficile Ă  comprendre. Est-il dĂ» au souvenir du comte Abbon qui avait possĂ©dĂ© ce fief ? A-t-on substituĂ© Ă  un ancien nom qui n'offrait peut-ĂŞtre plus aucune signification un autre nom qui en diffĂ©rait peu et dĂ©rivait d'un radical qui a fourni un contingent considĂ©rable Ă  l'onomatologie de la province ? Je signale le problème sans pouvoir le rĂ©soudre (M. de Coston, Etymologie des noms de lieu de la DrĂ´me, Bulletin d'archĂ©ologie et de statistique de la DrĂ´me, Volume 6, 1871 - books.google.fr, J.D. Notice sur le concile d'Epaone, Histoire, MĂ©langes, PoĂ©sie, Documents, Volume 4 de MĂ©morial de Fribourg, 1857 - books.google.fr).

 

Jacques d'Albon de Saint-André est le fils de Jean d'Albon, Seigneur de Saint-André. Frère de Marguerite d'Albon de Saint-André, il devient, en 1523, le beau-frère du neuvième Artaud de Saint-Germain. Il est marquis de Fronsac, seigneur de Montrond et de Saint-André-d'Apchon, d'où son nom. Le 19 décembre 1562, il bat les protestants à la bataille de Dreux, mais est tué après la bataille car s'étant éloigné sans escorte, il est pris par un groupe de chevau-légers huguenots commandés par un certain Bobigny qui le tue d'un coup de pistolet (fr.wikipedia.org - Jacques d'Albon de Saint-André).

 

Paradin & quelques auteurs, trompés par la ressemblance du nom, font venir cette famille des anciens dauphins de Viennois, comtes d'Albon (Gustave de Rivoire de La Bâtie, Armorial du Dauphiné, 1867 - books.google.fr).

 

Acrostiche : AEPP, AEPPe

 

Aeppe : Eppes commune de l'Aisne proche de Notre Dame de Liesse et de Laon (Auguste Matton, Dictionnaire topographique du dĂ©partement de l'Aisne comprenant les noms de lieu anciens et modernes, 1871 - books.google.fr).

 

D'autres seigneurs, ceux de Coucy et de Rozoy, se mettent Ă  piller les Ă©glises: les ecclĂ©siastiques appellent Ă  leur secours Philippe-Auguste qui commence par leur demander de l'argent; et puis « moyennant cela, prit en main leur dĂ©fense.» (Mss. de Dom Leleu (mort vers 1732), t. I. f 447 et 494 verso. Manuel historique du dĂ©partement de l'Aisne, par Devisme, p. 49). De 1200 Ă  1339, le pays semble se reposer un peu; mais il est loin d'avoir Ă©puisĂ© l'amère et profonde coupe de ses malheurs. C'est le calme qui prĂ©cède la tempĂŞte. Au printemps de 1339, Edouard d'Angleterre s'avança sur le Laonnois, oĂą ses troupes faisaient des courses, pillant, robant et brĂ»lant la terre du seigneur de Coucy (Aldoric DuployĂ©, Emile DuployĂ©, Notre-Dame-de-Liesse : LĂ©gende et pĂ©lerinage, Tome 1, 1862 - books.google.fr).

 

Cf. le quatrain III, 18 - 1717-1718 pour la tentative d'Edouard III de se faire sacrer Ă  Reims en 1339.

 

Liesse ou Notre-Dame de Liesse (Lætitia), Ă  15 kilomètres nord-est de Laon, est cĂ©lèbre par son pèlerinage en l'honneur de la mère de Dieu, dont la statue fut miraculeusement apportĂ©e en ce lieu au temps des premières croisades, et repose depuis dans une belle Ă©glise bâtie. pour la recevoir. Près de cette Ă©glise est un petit sĂ©minaire. - Voici ce que rapporte la lĂ©gende au sujet de la statue de Notre-Dame de Liesse :

 

En 1131, trois chevaliers de la maison d'Eppes, qui guerroyaient en Palestine, furent faits prisonniers par le soudan d'Égypte. Ce prince avait une fille nommée Ismérie qui, en cherchant à convertir les trois chevaliers à la foi musulmane et à la cause de son père, se laissa gagner elle-même au christianisme; l'apparition miraculeuse d'une image de la sainte Vierge acheva sa conversion et détermina sa fuite. Les croisés et la jeune néophyte traversèrent sans danger le Nil, la Méditerranée et toute la France, emportant dans leur voyage la miraculeuse image, dont le poids devint tout à coup insoutenable et arrêta leurs pas, quand ils arrivèrent près du château de Marchais; ils comprirent que ce lieu leur était assigné par le Ciel comme le terme de leur voyage. La Vierge y fut déposée et, plus tard, placée sur l'autel d'une église que leur piété fit construire en 1134 (Alexis-Marie Gochet, La France pittoresque du Nord, 1893 - books.google.fr).

 

Quelques pauvres huttes ou chaumières, bâties çà et là, à l'extrémité des marais de deux petites rivières, la Souche et la Haie, sous la protection des châteaux d'Eppes, de Marchais et de Pierrepont, non loin des grands bois de Salmoussy au centre desquels s'élevait une villa royale, formèrent le Lientia primitif dont le nom apparaît dès le Xe siècle dans le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Remy de Reims, et se trouve cité dans une charte de l'abbaye de Cuissy, du commencement du XIIe (Les origines de Liesse, Bulletin archéologique, historique et scientifique, 1884 - books.google.fr).

 

Cf. ci-dessus l'abbaye de Cuissi.

 

Typologie

 

Le report de la date de 2146 sur la date pivot 1200 donne 252.

 

Dans la Didachê, le terme maranatha ("viens seigneur !") intervient dans l'action de grâces eucharistique (Le titre kyrios et la dignité royale de Jésus) (Recueil Lucien Cerfaux, Volume 1, 1954 - books.google.fr)

 

On s'est aperçu qu'au lieu de tenir pour dĂ©finitivement acquise la date reculĂ©e qu'on lui avait d'abord assignĂ©e dans un moment d'enthousiasme et de juger d'après elle tous les autres documents de l'Ă©poque apostolique ou subapostolique, il Ă©tait prudent de tenir compte de certains faits assurĂ©s et de soumettre la Didachè elle-mĂŞme Ă  l'Ă©preuve de la critique. Somme toute, on est beaucoup mieux renseignĂ© sur l'origine des Ă©crits du Nouveau Testament, Somme toute, on est beaucoup mieux renseignĂ© sur l'origine des Ă©crits du Nouveau Testament, de la lettre de saint ClĂ©ment aux Corinthiens, des lettres de saint Ignace d'Antioche, du Pasteur d'Hermas, malgrĂ© l'incertitude des dĂ©tails, que sur celle de la Didachè et l'on a le devoir d'examiner la Didachè elle-mĂŞme Ă  la lumière des autres livres. Un tel examen s'est rĂ©vĂ©lĂ© dĂ©sastreux pour la Didachè : de plus en plus nombreux sont aujourd'hui ceux qui la font dĂ©choir de son rang privilĂ©giĂ© et qui placent sa composition au cours de la seconde moitiĂ© du ne siècle, sinon du premier tiers du IIIe (entre 155 et 250) (G. Bardy, compte rendu de "The riddle of the Didache" de F.E. Vokes, Revue d'histoire ecclĂ©siastique, Volume 35, UniversitĂ© catholique de Louvain (1835-1969), 1939 - books.google.fr).

 

Prosôpon est un équivalent assez exact de persona. Il signifie la face, la figure, le visage et aussi la figure artificielle, le masque de théâtre; de là, il a désigné la personne grammaticale. L'évolution philosophique conduira au sens général de personne. Il est remarquable que, pour les Pères grecs, ce terme sera longtemps jugé insuffisant pour exclure le sabellianisme, hérésie du 3e siècle selon laquelle Dieu serait une seule et unique personne sous trois visages extérieurs différents. Sabellios confessait trois prosôpa sans difficulté; d'où une source de problèmes dans l'Orient grec que ne connaîtra pas l'Occident latin pour lequel le terme de persona était suffisant (Bernard Sesboüé, Dieu et le concept de personne. In: Revue théologique de Louvain, 33e année, fasc. 3, 2002 - www.persee.fr).

 

Le Sabellianisme, qui compta beaucoup de partisans en Italie jusqu'en Mésopotamie, fut anathématisée par le pape saint Denys, dans un concile particulier qu'il tint à Rome vers 261 ou 265 et à Alexandrie en 261.

 

ThĂ©ophronios de Tyane, au synode d'Antioche en 341, se lave de tout soupçon de sabellianisme en confessant que : «notre Seigneur (kyrios) JĂ©sus Christ, (...) est auprès de Dieu en hypostase.» (Syn 24, 3, p. 250, 1. 9-12) c'est-Ă -dire qu'il a une existence rĂ©elle sĂ©parĂ©e, et non l'existence virtuelle d'une facultĂ© de Dieu (Xavier Morales, La thĂ©ologie trinitaire d'Athanase d'Alexandrie, 2006 - books.google.fr).

 

Lien avec le quatrain suivant IX, 58

 

Jacques de Vitry était conseiller de Hugues de Pierrepont, évêque de Liège, dont le successeur est Jean d'Eppes et dans l'entourage duquel on compte Jean de Nivelles, élève à Paris de le Chantre, natif probablement de Gerberoy (Christine Renardy, Le monde des maitres universitaires dans le diocèse de Liège 1140-1350: Recherches sur sa composition et ses activités, 1979 - books.google.fr).

 

Il est historiquement certain que ladite Marguerite de Pierrepont, fille de Hugues II de Pierrepont et de Clémence de Rethel, épousa Guillaume II, chevalier d'Eppes (dans l'Aisne actuelle) , et qu'elle en eut Robert, seigneur d'Eppes, Jean, évêque de Liège, Guillaume, Hugues et Marguerite, femme de Robert d'Origny (C.G. Roland, La Maison de Rumigny-Florennes, Annales de la Société Archéologique de Namur, Volume 19, 1891 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Jean d'Eppes).

 

Une vénérable religieuse hospitalière, de la ville de Liége, nommée Julienne de Mont-Corneillon, professait une dévotion particulière pour l'auguste Sacrement de nos autels. Elle fit part de sa révélation à un chanoine de Saint-Martin. Celui-ci la communiqua à Jacques Pantaléon à d'autres personnages recommandables. Robert, évêque de Liège, ordonna, par un statut de l'an 1249, que tous les ans la fête du corps de Jésus-Christ serait célébrée le jeudi après la semaine de la Pentecôte, et en composa l'Office. Cela s'accomplit dans le diocèse de Liège. Mais l'archidiacre Pantaléon ayant été élevé à la papauté sous le nom d'Urbain IV, ce fut une occasion sans doute ménagée par la Providence pour solliciter le nouveau pape d'étendre celte fête à toute la chrétienté. Peu de temps après, Urbain IV, par une bulle adressée en 1262 à tous les évêques, ordonna que la fête propre au seul diocèse de Liège serait célébrée dans toutes les autres Eglises (Origines et raison de la lithurgie catholique en forme de dictionnaire, 1863 - books.google.fr).

 

D'oĂą possiblement le "sacre Urben" du quatrain VI, 85 et le "urban" du quatrain VIII, 20, portant sur Urbain IV.

 

Le cimetière était celui de la paroisse des Innocens et de plusieurs autres paroisses de Paris. On voyait au milieu une croix ornée d'un bas-relief, représentant le Triomphe du Saint-Sacrement, sculpté par Jean Goujon, et une lanterne en pierre, qui s'élevait à la hauteur d'environ 15 pieds, en forme d'obélisque, telle qu'on en voit dans plusieurs cimetières de France. On y plaçait une lumière qui, pendant la nuit, faisait respecter le séjour des morts (Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris, Tome 2, 1834 - books.google.fr).

 

Jean Goujon est un sculpteur et architecte français du XVIe siècle, probablement né en Normandie vers 1510 et mort selon toute vraisemblance à Bologne, vers 1567 (fr.wikipedia.org - Jean Goujon).

 

Ce n'est point Jean d'Eppes, mort en 1293, qui a été captif au Caire avec ses frères, et ce n'est point lui que représente la peinture faite cependant pour honorer la tombe où il repose. Cette peinture nous redit l'histoire d'autres seigneurs de sa famille, qui ont vécu avant lui et lui ont laissé l'héritage de leur illustration. Elle nous redit et met sous nos yeux ce que nous lisons dans les annales des chevaliers de l'ordre de St-Jean de Jérusalem au sujet des trois chevaliers d'Eppes, fondateurs de la chapelle de Liesse au commencement du XIIe siècle, et avec lesquels le héros de la fin du XIIIe avait des rapports étroits de parenté que les tablettes généalogiques des anciennes familles de notre région nous font connaître (M. Ledouble, Origine de Liesse, Bulletin archéologique, historique et scientifique, 1884 - books.google.fr).

 

Il sont trois frères d'Eppes comme les trois rouges du quatrain suivant. Ils ont sĂ©journĂ© en Egypte, prisonniers de guerre : cf. l'acrostiche ASTP ou Astape (affluent du Nil). Ils arrivent Ă  JĂ©rusalem après une heureuse traversĂ©e, sur un navire pisan (cf. la danse macabre

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