Typhon

Typhon

 

IX, 83

 

2164-2165

 

Sol vingt de Taurus si fort terre trembler, 

Le grand théâtre remply ruinera,

L'air ciel & terre obscurcir & troubler,

Lors l'infidelle Dieu & saincts voquera.

 

Mont Taurus

 

Le jeu de mot est possible entre le nom de la montagne d'Isaurie/Cilicie Trachée, le Taurus, et celui de l'animal (grec "tauros"; latin taurus). Typhon (ou Typhée), dans la mythologie grecque, responsable du volcanisme, des tremblements de terre et des vents violents, est le fils que la terre a enfanté avec le Tartare après que Zeus eût chassé les Titans ou après la mort des Géants, tués par Zeus lors de la Gigantomachie. Typhon est cilicien; Homère dit qu'il habite le pays des Arimes, dont l'une des localisations selon Strabon est une région proche de Séleucie; en tout cas, son antre est une grotte dans le Taurus. [...] Dans la Notice des dignités (Or. V, 25), l'emblème du bouclier des Felices Theodosiani Isauri qui appartenaient aux scholes palatines représente sur fond de montagne une bête à cornes que les commentateurs identifient au taureau symbolisant par jeu de mot le Taurus (Di Dario 2005, 51) (Patricia Gaillard-Seux, Portraits d'empereurs dans l'Histoire Auguste, L’historiographie tardo-antique et la transmission des savoirs, 2015 - books.google.fr).

 

Typhon

 

Les stoïques tienent que l'esprit generatif et nutritif est Bacchus, et celuy qui bat et qui divise est Hercules, celuy qui reçoit, Ammon, celuy qui penetre la terre et les fruicts est Ceres et Proserpine, celuy qui passe à travers la mer est Neptune, les autres meslans parmy les causes et raisons naturelles quelques unes triées des mathematiques, mesmement de l'astrologie, estiment que Typhon soit le monde du soleil, et Osiris celuy de la lune, pour ce que la lune a une lumiere generative, multipliant l'humidité doulce et convenable à la generation des animaux, et à la generation des plantes et des arbres : mais que le soleil ayant une clarté de feu pur, eschauffe et desseche ce que la terre produit, et ce qui verdoye et florit, tellement que par son embrasement il rend la plus grande partie de la terre totalement deserte et inhabitable, et en plusieurs lieux supplante la lune : et pourtant les AEgyptiens appellent tousjours Typhon Seth, qui vault autant à dire, comme dominant et forceant, et content que Hercules conjoinct avec le soleil, environne le monde, et Mercure avec la lune : au moyen dequoy les oeuvres et effects de la lune ressemblent aux actes qui se font par eloquence, et par sagesse : et ceulx du soleil à ceulx qui se font à coups, par force et puissance, Et disent les stoïques que le soleil s'allume de la mer, et s'en nourrit, mais que les fontaines et les lacs envoyent à la lune une doulce et delicate vapeur (De Isis et d'Osiris, Oeuvres morales de Plutarque, traduites du grec par Amyot, Avec des Notes et des Observations par mm. Brotier et Vauvilliers, 1802 - books.google.fr).

 

On retrouve Typhon aux quatrains IX, 84 - 2165-2166 et IX, 87 - Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur - 2167-2168.

 

L'âne représente pour les Egyptiens le typhon du désert et, par suite, le dieu du mal. C'est pour cela que, dans des représentations probablement originaires d'Égypte, Jésus a une tête d'âne (comme dans les ruines du Palais des Césars au Palatin découvert le 11 novembre 1856). Les Égyptiens traçaient son image sur les gâteaux qu'ils offraient à Typhon, dieu du mal ou de la délivrance du mal (Revue des études juives, Volume 14, 1887 - books.google.fr, Pierre-J. Jallabert, Le catholicisme avant Jésus-Christ: études sur les croyances des peuples qui ont précédé l'ère chrétienne, Tome 1, 1872 - books.google.fr).

 

Séismes antiques autour de l'an 30

 

Éphèse connaissait vers 40-44 des difficultés : c’est l’époque de divers abus au sein du sanctuaire de l’Artémision et le moment où s’achève la longue reconstruction de l’agora commerciale tetragonos suite au séisme de 23 ou 29/30 (François Kirbihler, Des Grecs et des Italiens à Éphèse : les mutations d’une capitale de province (70 av. J.-C.-73 apr. J.-C.), Pallas n° 96, 2014 - journals.openedition.org).

 

En 27, deux catastrophes survenues coup sur coup en Italie contraignirent l'empereur Tibère à remettre le pied sur le continent. Non loin de Rome, à Fidènes, un affranchi du nom d'Atilius, avait organisé un spectacle de gladiateurs dans un amphithéâtre de bois construit pour l'occasion. Espérant en tirer un joli bénéfice, cet individu avait limité les coûts en se contentant d'une superstructure légère qui s'effondra sous le poids de la foule (Tacite, Annales Livre IV, 62 : "sous le consulat Licinius & de Lucius Calpurnius, un désastre imprévu fit en un clin d'æil périr autant de monde qu'en emportent les guerres les plus sanglantes") (Pierre Renucci, Tibère: l'empereur malgré lui, 2005 - books.google.fr, Tibére, Ou Les Six Premiers Livres Des Annales, Tome 2, traduit par l'abbé de La Bléterie,  1768 - books.google.fr).

 

Victimes de tremblements de terre, quatorze villes de Lydie et d'Eolide, secourues par Tibère, prirent en son honneur le nom de Césarée. Toujours en Asie, Kibyra, victime d'un tremblement de terre en 25 après J.-C., prit le nom de Césarée pour remercier Tibère de l'aide qu'il lui accorda pour se relever Diocésarée, en Cilicie, détachée du sanctuaire d'Olba pour devenir une cité indépendante, célèbre Tibère comme son fondateur et sauveur (Les villes augustéennes de Gaule: actes du Colloque international d'Autun, 6, 7 et 8 juin 1985, 1991 - books.google.fr).

 

Strabo does not fix the position of Cibyra precisely. After mentioning Antiochia on the Maeander as being in Caria, he says, to the south the great Cibyra, Sinda, and the Cabalis, as far as Taurus and Lycia. Ptolemy places Cibyra in Great Phrygia, and assigns the three cities of Bubon, Balbura, and Oenoanda to the Cabalis of Lycia, which is consistent with Strabo (en.wikipedia.org - Kibyra).

 

Passion du Christ

 

C'est sous le règne Tibère qu'est situé le roman des Evangiles. Le vers 3 fait penser à la description évangélique de la crucifixion de Jésus. Le vers 4 donne à penser qu'il est question de christianisme et de sa kyrielle de saints inventés ou non, bien qu'il y ait de "saints" en d'autres religions.

 

L'Asie Mineure est un pont entre l'Asie et l'Europe, parcouru d'Est en Ouest par de grandes voies : les passages vers les ports du Nord et du Sud n'ont guère eu qu'un rôle local. Mais ces routes venant de l'Est se sont proposé successivement deux directions vers l'Ouest Jusqu'à la fin de l'Empire romain, c'est vers la côte d'Ionie, vers Phocée, puis vers Milet, enfin vers Éphèse que se dirigeait le trafic. Deux routes principales le canalisaient vers la Lydie, dont les habitants, dit Hérodote, ont été les premiers dans le monde à exercer le métier d'aubergiste : au Nord, la «Route Royale» dont les Perses avaient hérité des Hittites, qui gagnait par Angora la vieille capitale de Ptéria et se perdait au delà vers l'Orient ; c'est par là que passe encore Tavernier. L'autre, établie à l'époque macédonienne sur un itinéraire plus court et déjà employé auparavant, est la «Route des Indes» décrite par Strabon, d'Éphèse aux portes du Taurus ; c'est le long de cette route qu'a cheminé le christianisme, d'Antioche vers Éphèse, Corinthe et Rome. Elle avait une variante par la Pisidie septentrionale, le long de laquelle on retrouve le souvenir de Manuel Comnène et de Frédéric Barberousse. Plus tard, le système byzantin et turc a délaissé ces voies lydiennes et orienté les siennes au Nord-Ouest vers les capitales, Nicomédie, Brousse et Constantinople. Ce sont ces deux directions que les Européens ont fait revivre par leurs voies ferrées, presque simultanément, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle (Géographie universelle, Tome 8, 1929 - books.google.fr).

 

Dans les Alpes

 

Ce conflit, nous dit-il aura lieu lorsque le Soleil («Sol») sera à vingt degrés («vingt») dans le signe du Taureau («taurus»). Chaque année, le soleil se trouve à 20° en taureau, le 10 ou 11 mai (Chaulveron, Les antéchrists chez Nostradamus, 2017 - books.google.fr, Charles François Delamarche, Les usages de la sphère, des globes céleste et terrestre, 1837 - books.google.fr).

 

D'après la «Passion» du saint, datée fin du IX - début du Xe siècle, Gingolph serait le descendant d'une illustre famille de Bourgogne. Sa femme, de mœurs légères, l'aurait fait assassiner le 11 mai 760.

 

Cf. le quatrain X, 37 - Affaires de Savoie à l’époque de Louis XI - 2204-2205.

 

Le 4 mars 1584, une autre avalanche, tombée à peu près au même lieu, ensevelit dans ses décombres les villages d'Yvorne et de Corbeyrier, où elle fit périr cent vingt-cinq personnes ou environ; mais ses ravages ne sont point comparables à ceux de la montagne de Tauretune en 563. [...]

 

Tauretune (Tauretunum), château-fort et bourg florissant du temps des Romains, était situé, à ce que l'on croit, entre Saint-Gingolph et Meillerie, dans la province du Chablais. Il en est qui le placent entre Vauvrier et Colombey, dans le Bas-Valais; mais cette opinion n'est guère admissible, attendu que le bord du lac près de Saint-Gingolph et de Meillerie est encore rempli de décombres qui forment une espèce de promontoire, et semblent prouver que c'était là le véritable site de Tauretune. Le hameau de Bret recouvre, dit-on, cet autre Herculanum (Bailly de Lalonde, Le Léman, ou Voyage pittoresque, historique et littéraire à Genève et dans le canton de Vaud (Suisse), Tome 1, 1856 - books.google.fr).

 

De trois autres représentations de Passion en Savoie à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, nous avons conservé une simple mention, sans autre document ni fragment de texte se rapportant à ces représentations. Le 10 septembre 1584, les habitants de Fontcouverte, aujourd'hui petit village, autrefois bourg important, situé en altitude, à quelques kilomètres de St-Jean-de-Maurienne, demandent à l'évêque, Mgr de Lambert, l'autorisation de représenter la Passion de N.-S. "par personnages vivants". L'évêque accorde son autorisation, mais invite le curé à assister aux répétitions et à noter s'il y a des paroles malsonnantes à corriger (Archives du presbytère). Fontcouverte fut fréquemment affligée par des épidémies. Les archives de la paroisse nous ont très bien renseignés sur celles de 1599 et de 1630». Nous savons aussi que la peste régna à Fontcouverte d'octobre à décembre 1587. En 1583, l'épidémie est redoutée : on éloigne deux Individus qui avalent nettoyé des maisons infectées de la peste à Arvillard, près d'Allevard. La représentation envisagée en 1584 est-elle la conséquence d'un voeu accompli en temps de peste ? C'est probable. En 1630, les habitants font plusieurs voeux pour conjurer le fléau, mais on ne relève pas de voeu de représentation de mystère«. Autres temps, autres mœurs (Jacques Chocheyras, Le Théâtre religieux en Savoie au XVIe siècle, avec des fragments inédits, 1971 - books.google.fr).

 

Du côté protestant, « la Pastorale de Goulard (que le Prologue qualifiait d'avertissement contenant de «graves discours» et de «sainctes leçons» «utiles à Pasteurs de peuples et provinces»), met en rapport les perturbations météorologiques et autres catastrophes naturelles avec les désordres politiques du temps et le châtiment divin. [...] Ce qui frappe dans cette dramatisation spectaculaire d'une Nature révulsée par les errances de la politique, c'est la synchronisation entre l'événement et sa théâtralisation, entre la réalité et sa transposition fictionnelle. Car effectivement, à la scène comme à la ville, le tremblement de terre du 1er mars 1584 (mentionné dans une lettre de Bèze à Gwalther) a été l'occasion pour les autorités genevoises de décréter un s jeûnes national et patriotique sur le territoire de la République. Chez les Réformés, le syndrome du .cataclysmes lie sentiment religieux et fidélité patriotique dans un unique cérémonial auquel à la limite il manque peu pour passer à la fiction théâtrale ou poétique : dans ses Poemata, Jean Jacquemot dira son admiration et sa stupéfaction devant les catastrophes naturelles (débordements de l'Arve, incendies dus à la foudre, etc...) ; le Grand Miroir du Monde de Du Chesne médite longuement sur le tremblement de terre du 1er mars 1584 qui a détruit la communauté d'Yvorne au bout du lac Léman Autant de signes étranges et "tragiques" que Goulart recueillera dans son Thresor d'histoires admirable, et dont Aubigné saura retrouver dans ses Tragiques tout le potentiel de pathos et de terribilta. C'est sur fond d'apocalypse et de Jugement dernier que s'arrache en définitive le bon droit aussi bien des Huguenots que des Eidgenossen ; religion et société se voient réunies dans la même sacralité (ou exécration) rituelle du pacte, dans la même inviolabilité taboue et terrible du serment (ou du parjure). Et effectivement, les tractations pour le renouvellement de l'alliance telles que les réitèrent nos deux pièces au plan de la mise en scène, se déroulèrent dans la réalité dam une atmosphère lourde de signes et de présages lorsque, le 15 août 1584, l'émissaire genevois Daniel Roser envoie depuis Zurich des "nouvelles" de l'offensive anti-protestante des Espagnols en Hollande, c'est pour souligner la parfaite concomitance avec une série de catastrophes naturelles :

 

Les foudres ont esté grandes en plusieurs endroits [...] Icy près le foudre par trois fois a donné sur une chappelle qui est sur la montagne Albi [...], jusques â ce qu'elle l'a entièrement abattue. Je me doubte que ces allumeres de feu si fréquentes ne presagient le grand dernier grand feu qui nettoiera le chemin aux saints pour aller à la vie éternelle et qui sera embrasé de l'ire de Dieu sur les pervers. Quand la trompette sonne, il se faut tenir prest.

 

L'assermentation et la fiction qui la double auront ainsi obtenu leurs lettres d'accréditation et d'authenticité, leur force de représentation (leur "réalisme"), de l'imminence de la Fin du Monde. La vision prophétique d'une restauration de l'âge d'or propre â la Pastorale suffira à remplir, aux yeux de Goulart, le contrat de terreur salutaire qui leste de son poids de vérité le programme des cérémonies de l'«alliance perpétuelle» entre les villes de Zurich, Berne et Genève. Du Chesne, pour sa part, entend explorer la voie tragique: sa tragi-comédie est une tragédie placée sous le signe de la discorde universelle mais qui finit par la victoire providentielle du pacte confédéral. Le sentiment d'effroi et de terreur s'obtient en l'occurrence par la double nature du spectre, à la fois fiction dramaturgique et présage divin, qui confère au rituel du serment son efficacité transcendantale. Le rôle de l'ombre de Garnier Stofachero vient, il convient de le signaler, de la Pharsale de Lucain où les apparitions de fantômes annoncent les luttes fratricides. La figure héroïque de Pompée, victime pitoyable du césarisme, semble avoir servi d'emblème et de signe d'identification pour un parti Réformé réduit au statut de minorité persécutée: une Tragédie nouvelle appelles Pompée : en laquelle on noie la mort d'un grand seigneur faite par une malheureuse trahison est éditée en 1579 à Lausanne par François Le Preux, le même imprimeur qui publie la traduction de Simmler par Goulart. Surtout, la Pharsale préfigure la révolution poétique/politique qu'entendent mener les Réformés au regard d'une écriture qui se veut incisive (l'"humeur aigre et forte" des Tragiques, I, v. 5 d'Aubigné), scène de l'événement et scène théâtrale, fiction et histoire, story et history n'ont plus lieu de s'opposer vraiment. Quand le drame de l'Apocalypse se fait imminent, ne subsistent qu'une seule dramaturgie, et que de "vrais tragédies" et de vraies histoires.

 

Une dernière remarque. Dans le théâtre Réformé la nécessité de la repentance revêt volontiers une expression médicale. En continuité avec la Moralité de la maladie de Chrestienté à VIII. Personnages (1533), La Moralité de la maladie de Chrestienté de Malingre, représentée en avril 1546 à Genève, développe une vision à la fois nosographique et "apocalyptique" de la faute et de la politique. La Comédie du pape malade de Badius qui est représentée en août 1561 "au grand théâtre nouvellement sacré aux sainctes et serieuses Muses de l'antique Venege (Genève)" met en scène le souverain pontifes "prochain de la mort", forcé de vomir "le sang d'orphelins et de mainte vefve" (Olivier Pot, Le théâtre patriotique réformé, Discours politique et genres littéraires: XVIe-XVIIe siècles, 2008 - books.google.fr).

 

L'astrologue Leovitius (mort en 1574) annonçait la fin du monde pour 1584. Il notait une éclipse en cette année lorsque le Soleil serait au 20ème degré du Taureau (Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, Volume 9 ;Volumes 715 à 728, 1820 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2165 sur la date pivot 30 donne -2105, 1584, 1003.

 

En 1637 en effet, Curzio Inghirami, gentilhomme de la cité de Volterra, publie un ouvrage dans lequel il prétend avoir trouvé des parchemins latins donnant d'inestimables renseignements sur les Étrusques. Les Etbruscarum arniquitatum fragmenta, ornés de reconstitutions cartographiées, de gravures de statuettes et d'inscriptions étrusques n'ambitionnent pas moins que de résoudre l'énigme que représente alors la civilisation étrusque en donnant un aperçu complet de sa géographie, de ses rites, de son organisation politique et de son histoire. Ils restituent ainsi le chaînon manquant de l'histoire de la péninsule, depuis les temps noachiques jusqu'aux Grecs et aux Romains. Il s'avère assez vite que l'intégralité des découvertes d'Inghirami sont en réalité des inventions, fabriquées de toutes pièces par leur auteur. Leur signification idéologique n'en est que plus intéressante : les Antiquités étrusques affirment que Noé édifia Volterra en 2105 avant Jésus Christ, soit avant la création de Rome - ce qui fait d'eux les premiers habitants sur la terre après le déluge - et que Rome fur une première fois entièrement détruite par les Étrusques avant que Romulus ne la refonde. Ces derniers sont les premiers êtres humains, l'origine de tous les autres peuples et en bonne logique, donc, les véritables fondateurs de l'Empire Romain, qu'ils aidèrent de nombreuses fois et qui leur emprunta quasiment toutes ses institutions et tous ses rites. Les Antiquités étrusques donnent au mythe toscan une ampleur géographique, historique, politique et religieuse, qu'il n'avait encore jamais atteinte. Cette forgery frappe peut-être d'abord par la complexité de l'organisation qu'elle suppose de véritables fouilles sont entreprises, qui permettent la mise au jour de faux vestiges médiévaux et étrusques. À côté des manuscrits proprement dits. de menus objets sont découverts, dont certains seront soigneusement représentés dans les gravures des Ethruscarum fragmenta. l’une des plus impressionnantes d'entre elles est sans doute la reconstitution de la Volterra antique, mégapole aux dimensions grandioses, ornée d'édifices publics imposants qui font d'elle une véritable «Rome étrusque», une Rome en l'occurrence plus noble et plus glorieuse, car plus ancienne, autochtone et, comme on le verra plus loin «proto-chrétienne». Dans les parchemins peu à peu déroulés, les anciens «Toscans» - ainsi que les appelle fréquemment Inghirami - se révèlent avoir été les plus puissants seigneurs de l'Italie, maîtres de l'intégralité ou presque de la péninsule et de ses mers, jusqu'à la Valteline... La possession de la Valteline, qui commande le passage alpin en Italie, symbolise pour le lecteur des années 1640 la maîtrise du territoire italien. Enfin, avant même les voyages du Toscan Amerigo Vespucci, les Étrusques auraient également été les premiers à avoir découvert les Indes occidentales. L'ampleur du dispositif qui sous-tend une telle entreprise, ajoutée à la jeunesse de leur prétendu maitre d'ceuvre, indique qu'il a bénéficié de complicités (sa puissante famille) (Caroline Callard, Le prince et la république: histoire, pouvoir et société dans la Florence des Médicis au XVIIe siècle, 2007 - books.google.fr).

 

Au-delà du Latium, l'expansion étrusque gagnait la Campanie. A l'exception de Cumes, de Naples et des îles de Capri, d'Ischia et de Procida, où les Grecs les avaient devancés, les Etrusques conquirent les régions littorales jusqu'à la baie de Salerne où, de nouveau, ils se heurtèrent aux colons hellènes (Sibylle von Cles-Reden, Les Etrusques, traduit par Henri Daussy, 1955 - books.google.fr).

 

La tombe de Typhon est placée par Virgile dans l'île d'Ischia appelée Inarime ("arime" : singe en étrusque), AEnaria ou Pithesuca (singe en grec). Au milieu de l'île est le volcan Epopeus dont les éruptions sont accompagnées de tremblements de terre, comme l'Etna sous lequel le géant Encelade est enfoui (Helliez, Géographie de Virgile: ou, Notice des lieux dont il est parlé dans les ouvrages de ce poëte, 1771 - books.google.fr).

 

Les érudits observent qu'on retrouve en Étrurie un grand nombre de noms de lieux crétois , de noms propres lyciens , que le nom des Tarquins et de Tarquinii rappelle celui d'un dieu du Taurus, Tarkou. Ils notent enfin qu'il existe en Étrurie deux alphabets différents : le plus ancien, déchiffré sur la bordure d'une tablette d'ivoire, découverte dans une tombe de Marsiliana d'Albegna, et se retrouve sur un vase de la tombe RegoliniGalassi à Caere (sans doute peu avant 650). L'alphabet plus récent diffère du précédent par l'omission de plusieurs lettres (b, d, g, samech) et par l'addition du signe 8 pour f, qui paraît originaire de Lydie. Mais nous ne comprenons pas les textes que nous lisons, et dont certains sont assez développés : bandelette de momie d'Agram, tuile inscrite de Capoue, texte écrit en colimaçon sur une plaque de Magliano (près de Vetulonia). [...]

 

Déjà J. Frazer notait la fréquence des noms ciliciens à racine Tark, rappelant l'étrusque Tarchon, éponyme de Tarquinii. Un Tarkuaris est père de Teucer, prince d'Olba ; des princes de Cilicie, au IIe siècle de notre ère, s'appellent Tarkondimotos. On a souvent rapproché le prétendu matriarcat des Lyciens et le rang éminent des femmes en Etrurie  (André Piganiol, La conquête romaine, 1927 - books.google.fr).

 

1003

 

Une comète qui "apparut en Orient l'an 1003. apres vn tremblement general", annonça "la mort du Pape Jean XVII" (Louis Du Thoum, Le Tremble-Terre : Ou Sont Contenus ses causes, signes, effets & remedes, 1616 - books.google.fr).

 

Les chroniqueurs et annalistes sont à l'évidence réellement dignes de foi, peu impressionnables et remarquablement objectifs A l'exception près, ils n'inventent pas, et il est rare qu'un phénomène soit déplacé dans le temps ou grossi à la faveur d'un autre fait à mettre ainsi en valeur. Cependant, une notice nous paraît appartenir de façon nette à cette catégorie, elle illustre le millénarisme et l'actualisation d'une prophétie. Il s'agit de la Chronographie de Sigebert de Gembloux, s.a. 1000, qui amalgame plusieurs sources, l'une pour le tremblement de terre réel de l'an 1000, l'autre pour la comète probable de 999 et autres signes. Le chroniqueur va jusqu'à modifier la date de cette dernière (1002) (Isabelle Draelants, Phénomènes célestes et tremblements de terre au Moyen Âge, Les catastrophes naturelles dans l'Europe médiévale et moderne, 1996 - books.google.fr).

 

Jean XVII, né sous le nom de Siccone Sicconi à Rome, fut le 140e pape de l'Église catholique romaine du 16 mai au 6 novembre 10031 (lieu de sépulture inconnu), succédant ainsi au pape Sylvestre II. Avant d'entrer dans les ordres, puis d'être porté à la tête de l'Église par Jean Crescentius qui dirigeait Rome en opposition à l'empereur Otton III, Siccone Sicconi fut marié et les trois fils qu'il eut devinrent évêques (fr.wikipedia.org - Jean XVII).

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