Bretagne et Forez

Bretagne et Forez

 

IX, 29

 

2124-2125

 

Lorsque celui qu'à nul ne donne lieu

Abandonner voudra lieu pris non prins,

Feu nef par saignes, bitument à Charlieu,

Seront Quintin, Balez reprins.

 

Quintin et non Saint Quentin

 

Fin octobre 1589, Mercœur se mit en route pour assiéger le château de Quintin. Quintin avait déjà été pris par Mercœur en novembre 1589, mais Yves de Liscoët, en 1590, l'avait repris au nom du roi. La ville, peu fortifiée résista quelques jours et les assiégés s'enfermèrent dans le château. Le sieur Yves de Liscoët capitula et se rendit. Il succomba une dizaine de jours plus tard. Liscoët avait reçu l'ordre, le 8 novembre, de tenir garnison à Vitré avec sa compagnie. Le château de Corlay fut repris, après quinze jours de siège, en novembre. La Tour de Cesson, près de Saint-Brieuc, subit le même sort. Le duc passa à Messac à la fin du mois, pour se retirer sur Nantes, et discuter pendant cet hiver avec des négociateurs. Il apprit à son retour que Marie, son épouse, avait donné naissance à des jumeaux, le 5 novembre. Seule une fille, Françoise, avait survécu (André Davy, Philippe-Emmanuel de Lorraine: duc de Mercœur, prince du Saint-Empire, ligueur de Bretagne et pourfendeur d'ottomans, ou, quand l'Europe s'ensanglanta, 2006 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain IX, 87 - Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur - 2167-2168.

 

"Balez" : Calais ?

 

Une autre version (marquée 1568) comporte le verset suivant : "Seront Guines, Calais, Oye reprins". Or, l'Epistre de Bouchet fait allusion à cette ville de Guynes, où se tint le Camp du Drap d'Or en 1520, qui a été changée en (Saint) Quentin tandis que Calais devenait "Balez", par corruption ! On a l'impression d'un manuscrit mal déchiffré (Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France: formation et fortune, Tome 3, 1999 - books.google.fr).

 

Quid de Charlieu en 1520 ?

 

Jean de la MAGDELAINE DE Ragni, d'une ancienne Maison, né à Charolles, fut grand-prieur de Cluny, élu même abbé en 1518; mais, pour le bien de la paix, se départit de son élection en faveur d'Aimard de Gouffier de Boissi, par ordre de François Ier, fut depuis abbé de St.-Rigaud, prieur de la Charité, de Charlieu et de la Magdeleine, vicaire-général du cardinal Jean de Lorraine en 1529. C'est de ce riche bénéficier, mort en 1537, que St.-Julien de Baleure dit ce mot : Souvent tête rase / Rétablit la case (Edme Béguillet, Description générale et particulière du Duché de Bourgogne, Tome 3, 1848 - books.google.fr).

 

Les Magdelaine achetèrent les terres dépendant de la châtellenie de Châteauneuf, du diocèse de Mâcon et de l'archiprêtré de Charlieu, entre Charlieu et La Clayette, en 1519 (Statistique générale de la France, Tome 15, 1838 - books.google.fr).

 

Guillaume Gouffier de Bonnivet fut chargé de la négociation préparatoire du Camp du drap d'Or en allant visiter Henri VIII à Greenwich (Revue de l'Anjou, 1856 - books.google.fr).

 

Guillaume Gouffier, mort à Amboise le 23 mai 1495, avait laissé douze enfants de ses deux mariages successifs, dont Aimar. Certains devaient faire une belle carrière. Artus, l'aîné des garçons du second lit, gouverneur du futur François Ier, devint en 1515 grand maître de France et gouverna le royaume jusqu'à sa mort survenue à Montpellier le 13 mai 1519. Quelques mois auparavant, le roi, pour le récompenser de ses services, l'avait fait duc et pair de Roannais. Un de ses frères, Guillaume, plus connu sous le nom de Bonnivet, était amiral de France depuis le 31 décembre 1516. Il devait être tué à Pavie (Etienne Fournial, Claude Chopelin, Charlieu, histoire de la ville et de ses habitants des origines à l'aurore des temps modernes, 1985 - www.google.fr/books/edition).

 

Grand amiral (en 1517) d'où "nef". Comme incendie de navire, il y a celui de la Cordelière mais en 1512, au cours d'une bataille contre les Anglais.

 

Henri Gouffier, seigneur de Crèvecœur et de Bonnivet, marquis des Deffends, ambassadeur et premier gentilhomme de la chambre du duc d'Alençon, est assassiné en 1589 dans l'église de Breteuil en Picardie, dans une émotion de la Ligue (Jean François L. d'Hozier, L'impôt du sang; ou, La noblesse de France sur les champs de bataille, 1875 - www.google.fr/books/edition).

 

Calais et la guerre de la Ligue

 

Le Pays Conquis et Reconquis, ainsi nommé de ce qu'il fut repris une première fois par le duc de Guise, en 1558, après avoir subi la domination anglaise pendant plus de deux cents ans (1346), et une seconde fois par le traité de Vervins (1598) sur les Espagnols qui s'étaient emparés de Calais en avril 1596, se composait des 25 paroisses du gouvernement de Calais et Guînes (Calais, Coulogne, Guemps, Marck, Nouvelle-Église, Offekerque, Oye, Saint-Pierre, Vieille-Église, Andres, Balinghen, Bonningues, Boucres, Campagne, Coquelles, Escalles, Fréthun, Guînes, Hames, Hervelinghen, Nielles, Peuplingues, Pihen, Sangatte, Saint-Tricat), et des 20 paroisses du gouvernement d'Ardres (Alembon, Alquines, Ardres, Autingues, Bonningues, Bouquehaut, Bouvelinghen, Brêmes, Ferlinghen, Herbinghen, Hocquinghen, Landrethun, Le Loquin, Licques, Louches, Nielles, Rebergues, Rodelinghen, Saint-Martin, Sanghen, Surques, Zouafques) (Henri Loriquet, Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais: accompagnés d'un glossaire historique et d'une bibliographie spéciale, 1891 - www.google.fr/books/edition).

 

On peut émettre l'hypothèse que différentes éditions des Centuries sont complémentaires et pas contradictoires.

 

"Balez" : balles ?

 

Les mercenaires découvrent une activité juteuse dans la campagne et les bourgs. Celle de la toile de lin. Depuis des lustres elle arrondit les fins de mois des paysans, nourrit les tisserands, fait la fortune des négociants et le bonheur de leurs clients espagnols qui achètent une grande partie de la production. C'est une activité ancienne en Bretagne. [...]

 

Dès le 14e siècle elles sont embarquées dans les ports du Léon pour l'Angleterre. Au 15e siècle un traité de commerce, signé entre le roi de Castille et le duc de Bretagne Jean V, autorise les marchands de Saint-Brieuc, de Quintin, de Lamballe et de Moncontour à les vendre en Espagne. En 1511, le navire espagnol San Cristobal quitte Cadix, en Andalousie, pour Saint-Domingue avec à son bord environ cinq cents mètres de toiles de «bretagnes». Vers 1560, le marchand espagnol Simon Ruiz achète sur les marchés de Pontivy, de Ploeuc et de Quintin, mille huit cent quatre «fardeaux» de toiles. Au 16e siècle la filière du lin s'organise. Les semences viennent d'Estonie. Les paysannes filent la fibre à l'aide d'une antique quenouille ou bien d'un rouet. Les écheveaux produits alimentent les marchés où s'approvisionnent cinq mille tisserands. Les toiles sont blanchies dans un mélange d'eau et de farine de blé noir jusqu'à obtenir une blancheur et une finesse enviées. Elles prennent ensuite la direction de Saint-Malo qui, autoproclamée république, assure toujours pendant la guerre les liaisons avec l'Espagne. Elles remplissent les cales des navires qui font voile vers Cadix. Les armateurs malouins possèdent dans le port andalou des bureaux permanents. Depuis la tour de leur imposante demeure située dans la rue Sacramento, leurs agents bretons surveillent l'arrivée des vaisseaux. La guerre ralentit la production et le commerce des toiles mais ne les arrête pas. Dans le Trégor, les artisans, plutôt favorables au parti du roi, ne sont pas tourmentés par les Français et leurs capitaines brigands. Ni par les Anglais, dont le contingent est basé dans le secteur et qui importent encore quelques «bretagnes». Plus au sud, la région de Corlay - Quintin - Uzel est du parti breton. L'armée espagnole protège la filière ainsi que les négociants andalous fidèles sujets du roi d'Espagne et familiers de la Bretagne depuis bien longtemps. La république de Saint-Malo, par où tout passe, conclut un accord de commerce avec la ville de Tréguier. Elle continue les expéditions vers Cadix où les toiles sont chargées dans des navires espagnols qui font voile vers l'Amérique du Sud. Les toiles sont très recherchées. Les capitaines en sont de grands amateurs et veillent à ne pas détruire le filon. Pas de filière, pas de toiles. De la toile ils en raffolent. Ils sont tout doux quand ils la «reçoivent» en cadeau. En échange ils protègent les donateurs. Quand les dons sont rares ils envoient une section de leurs soldats s'approvisionner directement chez les négociants, les charretiers ou les tisserands. Des dérives se produisent. Elles sont le fait de voyous ordinaires qui ne s'embarrassent pas de fardeaux encombrants qu'ils devraient ensuite vendre. Il est plus simple et plus juteux de détrousser les négociants. Les bardes chantent les complaintes qui racontent leurs exploits. L'une d'elles, connues sous le nom de «Beaumanoir de Bodiffer», relate les  malheurs d'un enfant du pays qui dépouillait les marchands. Une autre pleure le sort de Bourjon marchand de toiles à Loudéac. Les brigands veulent son argent. Dans la chanson il répond que son «argent est en toiles et dans les cuves à tremper. Voilà les clés. Allez les chercher». Les brigands suivent son conseil. Ils incendient sa maison après l'avoir pillée et envoient son propriétaire au paradis. Malgré ces incidents il reste suffisamment de toiles pour fournir les capitaines et remplir les cales des bateaux. Les balles sont transportées depuis les paroisses éloignées jusqu'à Saint-Malo dans des conditions satisfaisantes malgré la pluie qui ralentit les convois. Une corporation de charretiers spécialisés dans ce type de transport et habitués des mauvais chemins manœuvrent les montures avec adresse pour ne pas verser. Les chariots sont tirés par des paires de bœufs ou par le meilleur des chevaux, le bidet breton. Il est rapide, infatigable, habitué passages vaseux, et peut porter sur son dos, aussi bien les lourds baluchons de toiles que les soldats et leurs cantines. Il faut aux charretiers trois jours depuis Quintin pour atteindre le port de Saint-Malo (environ cent kilomètres). La république de Saint Malo continue les affaires avec l'Espagne. Pas question d'arrêter le commerce des toiles même avec les ennemis des amis. Les toiles filent vers Cadix où elles transitent avant d'embarquer vers le Mexique ou le Pérou (Claude Devallan, Une résistance bretonne contre Henri IV: 1589-1598 : un oubli de l'histoire, 2010 - books.google.fr).

 

"bitumen" : bouleaux (d'autres éditions ont "régiment")

 

Le bitumen latin est un goudron fait avec de l'écorce de bouleaux calcinée (cf. le gaulois "betulla" : bouleau) (Gaffiot).

 

En 1543, Rabelais emballe le corps de Guillaume du Bellay de Langey mort à Saint Symphorien de Lay (à 17 km de Roanne) avec de la toile goudronnée.

 

Le corps avait été probablement déposé dans le prieuré des Bénédictins de Saint-Symphorien. La chapelle des Bénédictins fait partie de l'église paroissiale actuelle. On n'alla pas jusqu'à Roanne, qui était à dix-sept kilomètres. Serait-on allé jusqu'à Lhopital, à huit kilomètres ? Ou, se jetant de côté, jusqu'à Charlieu, abbaye abondamment pourvue. Les deux médecins le lavèrent pieusement avec de l'eau-de-vie, du vinaigre, des parfums et des antiseptiques. Puis-je ne peux penser sans émotion à ce spectacle cruel Rabelais, un scalpel à la main, se penche sur le cadavre de son maître. Cette fois, malgré l'habitude, le praticien dut trembler. Le premier frisson passé, il incisa résolument la poitrine dans toute l'étendue de la ligne médiane : il enleva le cœur, qui était à la patrie, pour que les amis en disposassent selon son vœu; mais il respecta le cerveau, cerveau où Dieu avait mis le génie. Dans la cavité formée par l'ablation du cœur et d'une partie des poumons, il inséra toutes les plantes aromatiques que la montagne produit, la menthe, la lavande et le thym. L'incision recousue, il croisa les bras du mort sur la poitrine, il oignit le corps soit de térébenthine liquéfiée, soit d'huile de camomille ou de rose. Comme le voyage devait être long, éternel même, il prit des dispositions exceptionnelles qu'il empruntait aux méthodes de momification égyptiennes, il «l'emballa» dans une enveloppe composée de deux grosses toiles goudronnées formant quatre feuillets, il ficela le tout avec le plus grand soin au moyen de cordes moyennes, avec lesquelles il forma des anneaux circulaires assez rapprochés, unis par d'autres cordes allant de l'un à l'autre sur le devant et sur les côtés, de manière à dans un réseau très solide, à larges mailles; avec du linge ordinaire, mais très résistant, il façonna une seconde enveloppe, double aussi, croisée sur le devant en quatre feuillets et close à la tête et aux pieds par des cordes solides. Aidé de Taphenon, il coucha son maître dans un sarcophage en plomb, sorte de moule rudimentaire, circulaire à la tête, rétréci au col, élargi aux épaules et s'effilant vers les extrémités. Pour le surplus, il suivit scrupuleusement la formule recueillie par Paré, «pour fin de tout l'appareil sera mis en un cercueil de plomb bien joint et soudé, rempli de bonnes herbes aromatiques seiches», déposant aux pieds ce qui restait des plantes utilisées dans la poitrine. Enfin le sarcophage fut mis dans une bière. Comme médecins, Rabelais et Taphenon avaient fini leur tâche, mais ni l'un ni l'autre ne s'estimèrent au bout de leur devoir comme serviteurs. Ils suivirent leur maître mort le plus loin qu'ils purent, Rabelais jusqu'à la fin du triste voyage, Taphenon jusqu'à mi-chemin (Arthur Heulhard, Rabelais ses voyages en Italie, 1891 - books.google.fr).

 

Le hameau des Biefs, à Saint Bonnet des Cars, serait le berceau des Albi, les Blanc, vicomtes de Mâcon, aux XIe et XIIe siècles, Albis, les Bis, les Biefs. Les Albi ont été possessionnés aux Biefs aussi bien qu'à Ambierle. Mais les Biefs, Becié, ou Beciae paraissent bien ne signifier que les Bouleaux, les Biès en patois. Saint-Bonnet fut le siège d'une ancienne prévôté. Une chapelle, qui parait romane, contenait des sépultures chrétiennes, avec armes et poteries. L'église est une reconstruction ogivale de 1834. On trouve quelques vieilles maisons à Souchet, au Vergier. L'abbaye d'Ambierle avait à, Saint-Jacques des Biefs une manse, débris peut-être d'un vieux prieuré sous l'invocation de saint Jacques, qu'y avait fondé l'abbaye de Cluny. La commune de Saint-Forgeux-L'Espinasse (Sanctus Ferreolus) [à 20 km à l'ouest de Charlieu] était en Bourgogne, du bailliage de Semur, de l'archiprêtre de Roanne et de l'élection de Dijon. Située en plaine et traversée par la jolie rivière de la Tessonne, elle émit placée sous le patronage de saint Ferréol ou saint Forge, et a joint à ce nom celui de L'Espinasse, quand elle s'est accrue de la partie bourguignonne de cette dernière paroisse. L'Espinasse (villafrancha de Espinacia au XIVe siècle), très vieille ville, station gauloise et romaine, formait au Moyen-Age une baronnie très étendue, relevant de Semur et de la Bourgogne. Elle existait encore en 1589, année où elle fut brûlée et détruite par les troupes protestants de Saulx-Tavannes, qui venaient de piller Martigny. D'anciens registres de ses notaires mentionnent les rues et les portes de cette ville disparue, que la légende raconte avoir été engloutie. Il ne resta qu'une chapelle aujourd'hui démolie, où était, dit-on, le tombeau de saint Rigaud, fondateur de l'abbaye de ce non, près de Charlieu, et le donjon qui est encore debout. Une ancienne hôtellerie et des maisons ou hameaux voisins passent pour avoir été des dépendances de cette ville, cependant misérablement bâtie de maisons couvertes en chaume au moment des évènements. Les halles seigneuriales ont été enlevées en 1793 et transportées sur la place du bourg. La cloche a été portée à Changy et refondue. La partie de cette ancienne paroisse qui a été remise à Saint-Germain dépendait du Forez, et s'étend au-delà du ruisseau du Jubilion.

 

Tous les hameaux, notamment L'Espinasse, Jambelière, Biosset, abondent en débris antiques. Étoile de voies à L'Espinasse: une venant de la Loire par Vivans; une par la vallée de la Tessonne, venant de Charlieu; une venant de Saint-Haon ; une autre venant de Crozet, grande voie pavée de béton et mâchefer, qui limitait Ambierle, envoyait du Pilard un rameau sur le chemin Romeret, et de Mariole un autre rameau sur Crozet. Beaucoup de monnaies impériales; une borne milliaire au-jourd'hui disparue aurait été vue aux Bournats (Bornat). Quelques tombeaux à ustion prés de l'ancien four à chaux à L'Espinasse (Félix Thiollier, Le Forez pittoresque & monumental: histoire & description du département de la Loire & de ses confins, 2013 - books.google.fr).

 

"Feu nef" : incendie, église

 

Les Ligueurs observaient les mouvements des protestants. Tavannes, ayant reçu du renfort, résolut de livrer bataille et décida que le lendemain matin, on traverserait la Loire. Il avait à peine fait deux lieues, que les paysans l'avertirent que l'ennemi se retirait. Le capitaine huguenot pressa la marche de sa troupe et arriva à la tombée de la nuit à L'Espinasse. Le sieur de Varennes, commandant des troupes catholiques, venait lui-même d'y arriver et comptait y passer la nuit, mais il n'avait pas eu le temps ou pris la précaution de placer des sentinelles. Tavannes, sans s'attarder, ordonne au marquis de Mirabeau, son lieutenant, de charger et de fait descendre de cheval tous les arquebusiers, car l'infanterie n'était pas encore arrivée, met le feu à une maison pour s'éclairer et se porte aux issues du village pour les garder. Le marquis se précipite dans le bourg : l'ennemi, surpris, fuit de toutes parts, et Tavannes tue ou fait prisonnier tout ce qui lui tombe entre les mains. L'Espinasse, incendié, fut abandonné et les troupes revinrent à Marcigny. Le village, entièrement brûlé, n'a jamais été rebâti (Frère Maxime, Monographie des communes de l'arrondissement de Roanne, 1989 - books.google.fr).

 

Cf. le Varenne du quatrain IX, 20 qui se situerait en Beaujolais où se trouve le Mont Saint Rigaud (Monsols, Rhône), et la légende de Nostradamus fréquentant le Tourvéon.

 

L'ancienne et illustre maison de Nagu est originaire du Beaujolais ; elle a possédé pendant cinq cents ans le château de Varennes, à quatre kilomètres de Beaujeu, sur le versant d'une colline, au-dessus de la petite rivière de Marchampt, paroisse de Quincié (Jean-Baptiste Monfalcon, Le livre d'or du Lyonnais, du Forez et du Beaujolais, 1866 - books.google.fr).

 

Sur les bords de la Tessonne, la haute tour de l'Espinasse a vu passer bien des marchands et brigands. En 1589, le comte de Tavannes poursuivit les ligueurs foréziens jusqu'à ses pieds. Il mit le feu au village, prenant au piège les compagnies de ses ennemis qui s'y terraient, les Varennes-Nagu, les Tallemont et autres Rouvray. Reste la légende, «à l'heure des mauvaises rencontres dans le chemin creux». Qui voyage là-bas ?, demande-t-on... (Jean Peyrard, Avec les brigands et bandits de grand chemin : en Loire, Haute-Loire, Ardèche, 1980 - www.google.fr/books/edition).

 

L'abbaye de Saint-Rigaud (Ligny-en-Brionnais, Saône-et-Loire) fut fondé en 1065. C'est à cette date que la construction de son église et de ses lieux réguliers put être entreprise, grâce aux libéralités du seigneur forézien Artaud de Néronde et de sa femme Étiennette. Artaud était de la maison vicomtale des Blancs, des Albi. Il donne à la petite congrégation de moines servant Dieu dans l'ermitage de Saint-Rigaud, ad constructionem hujus loci, tous les fonds, prés, bois, terres cultivées ou non, qui s'étendent entre les deux ruisseaux du Suppléon et d'Ausière, avec les serfs, hommes et femmes qui y habitent. Sa femme intervient pour approuver cette donation et promet d'y ajouter, lorsqu'elle mourra, sa part dans lesdites terres. Cette charte, datée de 1065, est passée en présence de deux témoins très probablement Foréziens, Girin de Bonnefond et Bernard de Cordelles. La construction du monastère est immédiatement commencée, et deux ans après, le 18 décembre 1067 suivant Severt, son église est solennellement consacrée.

 

L’anonyme de Laon ne se borne pas à fixer à Saint-Rigaud la résidence de Pierre l'Ermite avant la croisade, fixation qui, nous venons de le démontrer, concorde pleinement avec le texte de Guibert de Nogent. Il ajoute que ce monastère est situé in Foresio, en Forez. Et Mabillon précisant ce renseignement qu’il regarde comme certain, dit qu’il s’agit de Saint-Rigaud au diocèse de Mâcon. C’est donc bien le monastère de ce nom fondé par Eustorge aux environs de Charlieu. 

 

Les anciens moines de Saint-Rigaud s'appelaient ermites; et en se faisant religieux dans ce monastère, Pierre y était donc véritablement ermite sous l’habit de cénobite, justifiant ainsi tout à la fois son surnom si populaire et l’indication précise de l’abbé de Nogent (E. Jeannez, Pierre l'Ermite, moine ermite au monastère forézien de Saint Rigaud, près Charlieu, Bulletin de la Diana, Volumes 7 à 8, 1894 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Abbaye Saint-Rigaud).

 

Au XVIIIème siècle, le nom de mont d'Ajoux continuait à être pour le Haut Beaujolais le vrai nom en vigueur. Le nom de Saint-Rigaud était un nom étranger au secteur géographique, introduit un peu par hasard en Brionnais dix siècles auparavant et qui, par suite de liens divers entre Brionnais, Beaujolais et Cluny, s'était fait connaître petit à petit des populations locales et celles-ci, ne pensant plus à cette origine étrangère, ou même l'ignorant complètement, en vinrent progressivement à mêler ce nom aux noms préexistants, sans en demander plus. C'est sans doute dans la première moitié du XIXème siècle que le mont d'Ajoux, point culminant du massif montagneux d'Ajoux, fut appelé mont Saint-Rigaud (Du prieuré d'Ajoux au Mont Saint-Rigaud - brionnais.fr).

 

Benoît Rigaud

 

L'imprimerie lyonnaise compte au moins quatre Rigaud, dont trois appartiennent à la dernière moitié du XVIe siècle, et l'autre est du commencement du XVIIe. De tous, le plus connu et le plus digne d'estime fut Benoît; mais, comme les livres, les hommes ont leur destinée. Pendant l'espace d'un demi-siècle, Benoît Rigaud a imprimé une quantité très-considérable d'ouvrages dont la plupart sont curieux et recherchés : ce sont des poésies, des facéties, des opuscules singuliers, et surtout des romans de chevalerie; cependant on ne sait rien sur la vie de ce typographe, dont les presses furent si occupées. Colonia, Pernetti, et les auteurs qui ont écrit sur l'art typographique, gardent un silence absolu sur Benoît Rigaud; tout ce qu'on connait de lui, ce sont ses marques typographiques et sa demeure. Benoît était-il parent des autres Rigaud, Simon et Pierre ? C'est vraisemblable, mais on n'en a pas la preuve. En 1556, il s'associa avec Jean Saugrain. A défaut de renseignements biographiques, on peut du moins reconstituer les œuvres d'un imprimeur qui n'est guère inférieur à Roville et à Jean de Tournes. Son nom est cher, à bon droit, aux bibliophiles. Il imprime les Prophéties de Nostradamus en 1568, réimprimées en 1572 (Jean-Baptiste Monfalcon, Manuel du bibliophile et de l'archéologue lyonnais, 1857 - books.google.fr).

 

Pierre Rigaud, fils de Benoit Rigaud, se voit attribuer, au XVIIIe siècle, une édition de 1566 (Voir Benazra, 1990) (nofim.unblog.fr).

 

Cf. quatrain IX, 19 où apparaîtrait l'imprimeur Christophe Plantin installé à Anvers, éditeur de Nostradamus comme Benoit Rigaud à Lyon en 1568. 

 

Toiles de Charlieu

 

La région lyonnaise, si l'on met à part le vignoble des bords de la Saône et les pentes du plateau de la Dombes, n'est pas, en somme, un pays de riches produits agricoles. Les montagnes lyonnaises et beaujolaises sont naturellement pauvres. Il y a longtemps que le paysan y demandait à l'industrie l'appoint nécessaire à sa subsistance. Cette industrie était naturellement toute locale, c'était le tissage du chanvre ou du lin, dont les plaines du Forez et de la Saône fournissaient la matière première. Le tissage des étoffes grossières, des toiles nécessaires au ménage, est né là sur place; puis, peu à peu, pendant les longs loisirs de l'hiver, les montagnards se mirent à fabriquer des produits destinés à être vendus, même exportés. Déjà sous le règne d'Henri IV, Thizy était un centre important de fabrication. Charlieu, dans Saône-et-Loire, était un autre centre. Roanne, sur la Loire, à proximité de la montagne, devint un marché de chanvre et de lin.

 

Dans sa Description générale de la ville de Lyon, écrite en 1573, Nicolas de Nicolay parle en ces termes du tissage de la toile dans la montagne : «Aux pays de Lyonnois, Beaujollois, Forest, Charlieu et Charrolois, en quelques lieux du Dauphiné, mesme Sainct Symphorien d'Auzon, y a plusieurs bons tisserans, qui se sont mis à faire grand train de toilles de chanvre, de lin et des toilles estroictes, claires et blanches, lesquelles sont enlevées ès foires de Lyon pour estre envoyées en Turquie, Alexandrie et Surie, pour faire des Tulbans d'icelles pour les Turcz.» Description générale de la ville de Lyon et des anciennes provinces du Lyonnais et du Beaujolais, par N. de Nicolay, publiée et annotée par la Société de topographie historique de Lyon, Lyon, 1881 (L. Gallois, Géographie de la région lyonnaise, Lyon et la région lyonnaise: études et documents publiés à l'occasion du XVe congrès des sociétés françaises de géographie en 1894, 1894 - books.google.fr).

 

Pris et repris

 

Durant la Ligue, Saint Brieuc changea plusieurs fois de mains avant de capituler devant le duc de Mercœur, en novembre 1592, après avoir «souffert quatre cents volées de canon». En 1598, le maréchal de Brissac en fit le siège. La paix conclue (Les Cahiers de l'Iroise. Nouvelle Série, Volumes 13 à 14, 1966 - books.google.fr).

 

Surprise de Vitré

 

Guillaume de Rosmadec était chevalier de l'Ordre du Roi dès l'année 1573 ; et il est nommé avec cette qualité dans ses provisions de gouverneur de Vitré, en date du 17 janvier de cette année. (Orig. Tit. de M. A. de Barthélémy). En 1578, il était grand-veneur, grand-maître et général-réformateur des eaux et forêts de Bretagne. (Dom Mor. Fr. it.54g.). [...] Guillaume de Rosmadec eut une conduite plus que prudente pendant les guerres de religion, et qu'il sut éluder la nécessité de prendre parti. Tantôt en relations avec les Ligueurs, tantôt en amitié avec les royalistes, aux chefs desquels il envoie du poisson, il ne put cependant préserver sa maison de Buhen, qui fut pillée pendant la nuit de la fête Saint-André, en 1590, par 50 soldats de la garnison de Quintin. Il avait d'ailleurs plus d'un motif pour être prudent. Le souvenir de la surprise de Vitré par Jean du Matz en 1574, alors qu'il venait à peine d'en être nommé gouverneur, s'était sans doute gravé dans sa mémoire. Il avait ouvert les grands appartements du château de Vitré, à l'occasion d'un mariage célébré pendant les fêtes du carnaval ; et c'était au milieu des réjouissances et de la quiétude du plaisir que Jean du Matz et ses hommes étaient tombés sur lui et l'avaient emmené en captivité, après s'être emparés du château et de la ville (www.lavieb-aile.com).

 

1574, 24 février. — Surprise de Vitré par les huguenots de Montmartin (Louis Pierre d'Hozier, Armorial général de la France, Tome 14, 1873 - www.google.fr/books/edition).

 

Malgré toutes ces techniques et toutes les possibilités qu’ont les assaillants pour s’emparer de la place, beaucoup de surprises échouent. Ainsi, malgré de nombreuses tentatives pour s’emparer par surprise de Vitré, les Ligueurs n’y parviennent pas et sont constamment repoussés parles défenseurs (Gaël Taupin, Combattre au temps de la Ligue : attaques et sièges deplaces fortes en Bretagne, 1589-1598, 2017 - dumas.ccsd.cnrs.fr).

 

Le siège de Vitré de 1589 n'est que la répétition des faits qui se produisirent en 1574, et peut-être d'autres fois entre ces deux dates. «Le mardi 21 mars 1589, la ville de Vitré fut prinse par les huguenots et estans dedans Cesar Monsieur du Lac et Monsieur du Bordaige et les habitans de la ville joingts avec eulx. La nuict ensuivant, les fauxbourgs se barricadèrent, se mindrent en armes tant au bourg Saint-Martin comme au Raschart». Ces faubourgs catholiques envoyèrent le mot d'ordre aux communes et le lendemain 23 elles formaient le siège et bloquaient leurs ennemis. «Ce jour, le capitaine d'Etrelles vint audit siège.» C'était un des principaux chefs, François Giraut Maillardière. Il semble avoir le premier commencé l'investissement de la place. Bientôt, de tous côtés, arrivèrent les milices des paroisses, commandées par leurs capitaines particuliers réparties sous des enseignes distinctives, munies d'armes variées. La Meriaie dit qu'ils étaient quarante mille paysans. Mercœur leur envoya une partie de ses forces, de ses compagnies amenées autour de Rennes, dix mille hommes, dit-on. De Vicques leur conduisit de la Basse-Normandie ses ligueurs normands. Ces énormes contingents ne livrèrent que des assauts infructueux à une garnison très petite, malgré les renforts que lui avaient amenés la Tremblaye et Montbarot. Pendant ce temps-là, Mercœur était absent ; il s'occupait de Fougères, qu'il avait acheté, parait-il ; il courait le pays, furieux de la perte de Rennes, guettant le comte de Soissons, dont il savait l'arrivée prochaine. Les passages sur le territoire des communes liguées étaient depuis longtemps interceptés. Il dut certainement avertir ces paroisses de redoubler leur surveillance et de se tenir prêtes car on les voit accourir à point nommé dès qu'il eut le bonheur de faire prisonnier Soissons, à Châteaugiron. Bais, Domalain, Cornillé, Domagné, Visseiche, Piré, Vergéal, Etrelles, cette dernière commune venue de Vitré, sont là dès le lendemain (2 juin) pour forcer le château de Châteaugiron et massacrer, dépit d'une capitulation, les royalistes qu'ils y peuvent appréhender. Mercoeur ne s'occupa sérieusement du siège de Vitré que quand il eut pu se procurer de l'artillerie. Celle qu'il fit venir de Nantes commençait à produire de sérieux effets, quand la venue du prince de Dombes et la crainte de l'armée qu'il réunissait décidèrent Mercoeur à abandonner Vitré (F. Jouons des Longrais, Information du Sénéchal de Rennes contre les Ligueurs 1589, Bulletin et mémoires, Volume 41, Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, 1911 - books.google.fr).

 

"qu'à nul ne donne lieu" : qui ne cède la place à personne

 

locum dare alicui : faire place à quelqu'un (Cicéron, Cator Major 63) (Gaffiot).

 

La bienveillance d'Henri III à l'égard du jeune Mercœur se traduisit par son entrée dans l'ordre du Saint-Esprit, dès la première promotion, le 31 décembre 1578. Sa préséance sur les autres princes de la Maison de Lorraine présents à la cours fut alors réaffirmée, puisqu'il eut l'honneur d'être le troisième des chevaliers reçus dans cette fondation royale, après Louis de Gonzague, duc de Nevers, et Jacques de Crussol, duc d'Uzès, alors que Charles de Lorraine, duc d'Aumale, ne figurait qu'en quatrième position, le duc de guise fut reçu seulement l'année suivante, et son frère Mayenne en décembre 1582.

 

N'ayant aucune charge importante, un pasquin semé à Paris en décembre 1581 pouvait railler le «chétif duc de Mercœur», qui avait pour seul titre celui de beau-frère du souverain. Depuis 1572, au moins, il détenait pourtant le commandement d'une compagnie d'ordonnance de cinquante lances, qui fut portée à soixante, mais avec le titre de cent, en août 1575,

 

Mercœur prêta serment pour cette charge de capitaine de cent lances, titre réservé aux grands princes, entre les mains d'Albert de Gondi, maréchal de Retz, le 30 août. Recrutée en Champagne et en Bourgogne, dans les bailliages de Chaumont, de Sens et de Mâcon, cette troupe créée spécialement pour lui l'accompagna dans ses entreprises militaires. Ce n'est que bien plus tard qu'elle commença à intégrer des cavaliers bretons. Mercœur fit ses premières armes aux côtés de son cousin, le duc de Guise, lorsque celui-ci se porta à la rencontre des reîtres protestants, à l'automne 1575 (Nicolas Le Roux, Un prince "obligé de droit divin",  Le duc de Mercœur, Les armes et les lettres (1558-1602), 2019 - www.google.fr/books/edition).

 

A la mort de Henri III, le duc de Lorraine, le duc de Savoie, le duc de Mercœur aspiraient à démembrer le royaume (Jean-Hippolyte Mariéjol, Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours, gouverneur du Lyonnais, Beaujolais et Forez (1567-1595), 1938 - books.google.fr).

 

"saignes" : marais

 

A l'heure des mauvaises rencontres, dans le chemin creux, sous les chênes, qui voyage là-bas ? Damné ou chrétien, femme ou fantôme je ne sais, cela se glisse à la lisière du bois vite, vite, ou bien à pas de loup, dans le brouillard bientôt perdu. Epaisse est la brume sur les gours de la Tessonne; froide comme l'aile d'un oiseau de nuit, elle tournoie sur les herbes et flotte comme un drap noir semé de larmes blanches; le brouillard a l'odeur de soufre, il sent la fièvre. Les fièvres intermittentes, jadis si meurtrières dans nos plaines, ont considérablement diminué de fréquence et d'intensité, grâce aux desséchements des étangs. Il y a quelque chose de la mort sous ce linceul humide. Oui, la morte, c'est une ville ! Elle est là couchée, avec son église, ses maisons, ses remparts ! Le rivière qui lavait ses murs, dans son cours changé, se roule comme un serpent sur ses fondations; ses rues sont des fossés d'eau croupie; ses places, des mares d'eau verte. Çà et là, cachées parmi les saules et les vernes, de chétives maisons bâties de débris, un vieux moulin dont la roue grogne et pleure, un vieux petit château aux caves comblées, aux voutes basses : voilà tout ce qu'il reste de la grande ville de l'Espinasse. Mais à travers la brume, plus haute que les hauts peupliers, se dresse, seule, au milieu des marais et des basses terres, la grande tour carrée; autant on voit de la forteresse au-dessus du sol, autant en est englouti dessous : à minuit, à la pluie et au vent, il en sort un murmure triste comme un miserere. Voilà l'Espinasse, la nuit ! D'aucuns disent avoir vu, au bord de la Tessonne, un fantôme de femme qui pleure, pleure et regarde couler l'eau : c'est l'ombre de la ville; sa robe est de brouillard tissée, ses pieds nus déchirés par les ronces se baignent dans la boue, sa tête est salie de limon. Elle pleure du feu. Demain au lever du jour, l'enfant qui jouera sur ces bords amassera ces pleurs figés, des cailloux couleur de flamme, avec lesquels il jouera sans penser à la maudite.

 

Saint-Rigaud est le nom d'une abbaye célèbre du Mâconnais. Une famille Saint-Rigaud, originaire du Dauphiné, est aussi connue en Forez et en Bourgogne; on croit que c'est d'un de ses membres que vient le proverbe «boire à tire-larigot.» (Frédéric Noëlas, Légendes & traditions foréziennes, 1865 - books.google.fr).

 

Encres avec le quatrain IX,20 (mine de sulfate de cuivre de Vaultorte en Beaujolais)

 

Le bois de bouleau est flexible et raide mais peu porteur. Le bois de placage obtenu à partir des parties basses des troncs de bouleaux ayant vécu en des endroits exposés (sur les roches, au bord des peuplements), est le plus recherché. Par la carbonisation de son bois et de son écorce, on obtient le goudron de bouleau pour l'imprégnation des peaux et pour l'imperméabilisation des chaussures. La suie de bouleau servait également pour la préparation de l'encre noire d'imprimerie. Le goudron de bouleau (pix betulae, dégut) est aussi une matière importante en pharmacologie (passion.bois.free.fr).

 

Au moyen âge, les scribes utilisent une plume d’oie préparée et biseautée. Elle s’adapte parfaitement au parchemin qui devient de plus en plus lisse et permet aux copistes d’expérimenter des graphies successives qui font évoluer l’écriture.

 

Ils écrivent avec deux types d’encre :

 

- L’encre au carbone: pigment noir auquel on ajoute un liant, généralement de la gomme d’arbres, de la gomme arabique ou du miel, du blanc d’œuf, de la gélatine, de la colle de peau ou encore de l’huile.

 

- L’encre métallo-gallique: à partir d’extraits végétaux comme la noix de galle (provient de la surface des feuilles de chêne et des jeunes rameaux) auxquels on ajoute un sel métallique (sulfate de cuivre ou de fer), ce qui provoque un précipité noir auquel on ajoute un liant pour le rendre plus visqueux (gomme arabique). Les encres métallo-galliques sont souvent corrosives (Etudier un parchemin: Fondation par Simon de Neauphle de l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, 1118. ADY -45 H 8, Archives département les des Yvelines).

 

La Mishna, vers 200 de notre ère, ne sait rien de l’encre métallique qui est entrée en usage au temps du Talmud, vers 500. On la fabriquait de noix de galle mélangée à du sulfate de cuivre. Elle devint le type courant pour écrire les rouleaux de la Loi au moyen âge (Géza Vermès, Les manuscrits du désert de Juda, Nouvelle revue théologique, Volume 72, Partie 1, 1950 - www.google.fr/books/edition).

 

Le Sefer Torah est un manuscrit sur parchemin ou sur peau d’animaux Kasher. Il est généralement composé de 248 colonnes et d’au minimum 3 colonnes par feuilles à marges verticales et horizontales prédéterminées. Le Scribe (Sofer) utilise des plumes d'oiseaux kasher, généralement des plumes d'oies, et prépare une encre particulière à base de noix, de sulfates de cuivre, de gomme arabique et d'eau. Aucune erreur n'est tolérée et aucune reprise n'est effectuée sur le nom de Dieu (www.nebidaniel.org).

 

Acrostiche : LAFS, à l'envers sfal

 

sfal : pansémitique "en bas" (Federico Corriente, Christophe Pereira, Dictionnaire du faisceau dialectal arabe andalou, Perspectives phraséologiques et étymologiques, 2017 - www.google.fr/books/edition).

 

La ville de Craon, si fidèle à la Ligue, si bien protégée par son château-fort et ses deux rivières, l'Oudon, dans lequel se jette l'Usure, est un prédateur venant dans ses serres les trois provinces du Maine, de Bretagne et d'Anjou. Son commandant, Pierre Le Cornu, seigneur du Plessix de Cosmes, opère, autour de la ville et jusqu'à Vitré, des razzias (de l'arabe ghaziat) dont la cruauté égale celle des Maures (Jean Rieux, Lice Nédelec, Par le fer, le feu et le diable, 1977 - books.google.fr).

 

La porte d'Embas comme l'enceinte des remparts de Vitré sont construits au XIIIe siècle mais une infime partie est encore visible de nos jours. Seul le pan de mur en moellons de schiste à droite de la tour Sud subsiste. La porte d'Embas est reconstruite intégralement au XVe siècle pour accueillir la maison de ville de la municipalité de l'époque. Elle était constituée de deux grosses tours divergentes percées de hautes croisées avec mâchicoulis en schiste encadrant une barbacane en forme de fer à cheval. La tour sud qui subsiste a été entièrement chemisée d'un nouveau parement au XIXe siècle (fr.wikipedia.org - Porte d'Embas).

 

Typologie

 

Le report de 2125 sur la date pivot 1589 donne 1053.

 

Guibert est cet écrivain du XIe siècle dont on a dit que ce fut un des rares auteurs de son temps qui ait fait preuve de critique. Gibbon parle «de son sang-froid philosophique !» et Mabillon le qualifie expressément de : illius temporis gravis auctor. Né en 1053, mort en 1124, l'abbé de Nogent est, non seulement un contemporain, mais un témoin oculaire des faits qu'il rapporte. Il a connu Pierre l'Ermite en personne ; il a assisté avec lui au concile de Clermont ; il écrivait de son vivant l'histoire de la première croisade. Enfin par Godefroid, l'évêque d'Amiens, son ami et son prédécesseur sur le siège abbatial de Nogent, il put naturellement mieux que tout autre se renseigner sur les origines et la vie du célèbre ermite picard. Son Historia est la source la plus authentique et la plus ancienne concernant Pierre et la première croisade. [...] La date de la naissance de Pierre l'Ermite, qui n'est donnée par aucun des contemporains, doit être placée avant le milieu du XIe siècle (brionnais.fr).

 

Qui est Artaud de Néronde fondateur de l'abbaye de Saint Rigaud en 1065 ? Il est dénommé Artaud de Néronde dans un document ultérieur. Trois hypothèses : 1/ Le seigneur de Néronde (à 25 km au sud de Roanne), 2/ Un seigneur de la région de Saint-Forgeux-Lespinasse où il y a un lieu-dit Néronde, 3/ Artaud Le Blanc.

 

En 1067, le vicomte de Mâcon, Artaud Ier Le Blanc, donne à l’abbaye de Saint-Rigaud la moitié de l’église de Gibles (Ageblas), ainsi que les églises de Crozan et Matour. La donation est confirmée par le frère d’Artaud, Hugues Le Blanc, et a pour témoin l’évêque d’Autun Aganon.

 

En 1071, l’évêque d’Autun Aganon introduit Eustorge auprès du pape Alexandre II. À cette occasion, le pape reconnaît la nouvelle abbaye et lui accorde la protection du Saint-Siège. Il établit que c’est à l’évêque de Mâcon d’introniser tout nouvel abbé élu par la communauté. L’abbaye suit la règle de Saint-Benoît. La charte explique qu’Eustorge était moine à Saint-Austremoine d’Issoire, qu’il s’est retiré dans la forêt d’Avaize où par la suite a été fondé le monastère. La charte donne le vocable Saint-Rigaud (Anelise Nicolier, La construction d’un paysage monumental religieux en Brionnais à l’époque romane, 2012 - theses.univ-lyon2.fr).

 

En 1050, Artaud-le-Blanc, comte de Mâcon, donna å Guichard III, cinquième sire de Beaujeu, la moitié du château et de la châtellenie de Riottier, à condition que celui des deux qui voudrait aliéner sa part, serait tenu d'en donner avis à l'autre, afin qu'il pût l'acheter ou le prendre à engagement. Etienne de Villars et Boniface de Miribel, beau-frère du comte de Mâcon, furent présens à ce traité, ainsi que d'autres seigneurs. (Hist. man. de Dombes, par Guichenon, pag. 226.) (Antoine Charles Nicolas de Lateyssonnière, Recherches historiques sur le département de l'Ain, Tome 2, 1840 - books.google.fr).

 

A Pierre l'Ermite, correspond Laurent de Brindes au XVIIe siècle. Mercœur dira que le mérite des deux victoires qui eurent lieu le 11 et 14 octobre 1601 contre les Turcs lui revenait (Nicolas Joseph Warnet, Trésor des prédicateurs et de tous les fidèles, Tome 2, 1861 - books.google.fr).

 

Parallèlement à ses activités apostoliques et ses charges religieuses, Laurent de Brindisi eut une intense activité diplomatique. En 1599 il fut envoyé en Autriche pour travailler à la réforme catholique ; il implanta son ordre à Vienne mais aussi à Prague. En 1601-1602 le pape Clément VIII l'envoya auprès de Rodolphe II qui commandait alors les forces catholiques contre les Turcs. Le pape disait de lui que : «Ce capucin, animateur spirituel, vaut une armée entière» (fr.wikipedia.org - Laurent de Brindisi).

 

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