Succession de Pertinax, empereur
Succession de Pertinax, empereur

 

IX, 62

 

2149-2150

 

Au grand de Cheramon agora

Seront croisez par ranc tous attachez,

Le Pertinax Opi, & Mandragora,

Raugon d'Octobre le tiers seront laschez.

 

 

Pertinax est peut-être déjà mentionné, 260 ans avant, dans le quatrain V,52, avec Hippolyte de Rome. Dans la plupart des éditions, Pertinax est écrit en toutes lettres.

 

Au grand de Cheramon agora

 

In the 1566 Pierre Rigaud edition of quatrain IX.62 appears the three-word phrase Chera mon agora. This triple was reduced by Benoist Rigaud, in 1568, to Cheramon; the same phrase was represented by Jaubert in his 1603 treatment of the quatrains as Cheramonagora, which he translated (without adequate explanation) as Le Marche des Poitiers (Poitiers marker). In the 1668 edition published by Jean Jansson of Amsterdam, the phrase read: chera ausi de mont agora (David Ovason, The Secrets Of Nostradamus: A Radical New Interpretation of the Master's Prophecies, 2012 - books.google.fr).

 

Chaeramon, un gréco-egyptien, fut chef de la Bibliothèque d'Alexandrie dans les années 40 de notre ère, et écrivit plusieurs traités d'astronomie. Il était stoïcien (www.moses-egypt.net).

 

On frappa à Alexandrie des monnaies à l'effigie de Pertinax et de Tatiana sa femme; mais on n'en connaît point des chefs éphémères qui vinrent après lui, jusqu'à Septime-Sévère. Cet empereur, vainqueur de ses rivaux, resta maître de l'empire; Pescennius Niger tenait cependant encore en Orient, et l'Égypte s'était déclarée pour lui. Alexandrie avait fait écrire sur ses portes : Niger est le maître de cette ville. Septime-Sévère marcha en personne pour la soumettre, et le peuple d'Alexandrie alla au-devant de lui, et s'écriant: Niger est le maître de cette ville, mais tu es le maître de Niger. L'empereur se contenta de ce subterfuge; et, par une innovation remarquable et contraire aux principes établis par Auguste, il donna un sénateur pour prefet à l'Égypte, et à Alexandrie un sénat particulier. En même temps (l'an 202), les chrétiens furent persécutés en vertu d'un édit du même souverain. Le père et des disciples d'Origène y trouvèrent la mort; Origène, comme chef de l'école d'Alexandrie, entama ses démêlés avec Démétrius qui en était le patriarche; l'empire et l'Égypte en ressentirent les cruels effets; et Aëtus et Aquila s'y succédèrent comme préfets (Jean-François Champollion, Egypte ancienne, L'univers pittoresque, 1839 - books.google.fr).

 

Septime Sévère fut proclamé empereur par ses troupes en Pannonie en 193, le 13 août selon l'Histoire Auguste, fête de saint Hippolyte.

 

Et pour compléter l'ensemble des émissions dédiées à la famille impériale, selon le schéma qui s'était imposé depuis Trajan, Pertinax, placé au rang des dieux, fut honoré par des pièces qui, dans les trois métaux, portent au droit la légende DIVVS PERT PIVS PATER, accompagnant sa tête nue à droite et au revers CONSECRATIO avec un aigle ou un bûcher, confirmant ainsi ce que rapporte l'Histoire Auguste (Claude Brenot, La famille de Septime Sévère à travers les monnaies, Cahiers du Centre Glotz, 2000 - books.google.fr).

 

Photius, érudit et homme d'Etat byzantin du IXème siècle, fait de saint Hippolyte un disciple de saint Irénée, et Baronius de Clément d'Alexandrie, deux assertions qui peuvent être également fondées. Photius ajoute que saint Hippolyte fut l'ami intime et l'admirateur d'Origène. Il l'engagea, dit-il, à commenter les Écritures, et lui fournit sept tachygraphes pour écrire sous sa dictée, et sept calligraphes pour faire de belles copies de ses écrits. Saint Hippolyte atteste lui-même sa connaissance avec Origène, qu'il avait compté parmi ses auditeurs (Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter: Hennert - Holophira, Tome 36, 1861 - books.google.fr).

 

Saracens may figure in the report in the Historia Augusta about the revolt of supporters of Septimius Severus against the pretender Pescennius Niger in AD 193. These are called Saraceni. The revolt is mentioned in connection with a similar revolt in Egypt and is followed by a report about complaints from people in It could thus refer to Saracens on the Sinai peninsula. The Saracens there appear in Eusebius' Ecclesiastical History which quotes a letter from Dionysius, bishop of Alexandria AD 248—265, where he tells about the persecution under the emperor Decius (249—251). One of his colleagues, Chaeramon, takes refuge on the eastern shore of the Nile: Many were, in the Arabian mountain, enslaved by the barbarian sarakénoi. The Saracens mentioned here could very well be those connected with Ptolemy's Saraka in the northern parts of the Sinai peninsula. This is the earliest reference to Saracens which can be dated more precisely. Both this reference and the one in the Historia Augusta (if it is genuine) deal with Saracens between Egypt and Palestine. In Hippolytus, the Book of Laws and Uranius it seems, however, that it is the Saracens in the northern Higaz who are intended (Jan Retso, The Arabs in Antiquity: Their History from the Assyrians to the Umayyads, 2013 - books.google.fr, Scriptores historiae avgvstae, Volume 1, présenté par Hermann Peter, 1865 - books.google.fr).

 

Chaeramon doit être un nom porté particulièrement en Egypte.

 

Seront croisez par ranc tous attachez

 

Alexandrie

 

L'hypothèse "Cheramon agora" comme la ville d'Alexandrie semble confirmée par le deuxième vers.

 

On distingue deux espèces de tapisseries, selon que la chaîne est verticale, on qu'elle est horizontale; ce sont les tapis de haute et de basse lisse. La manufacture la plus remarquable est celle des Gobelins; à laquelle est réunie celle de la Savonnerie; on n'y fait que des tapis de haute lisse, représentant le plus souvent des sujets d'histoire, exécutés avec une perfection qui ne le cède qu'à la peinture à l'huile : on y copie les beaux tableaux des grands maîtres. Les fabriques de Beauvais, d'Aubusson et de Felletin sont loin d'avoir les mêmes succès, et on s'y occupe principalement des tapis les plus demandés par le commerce. Dans les tapis de haute lisse, deux ensouples horizontales serrent à enrouler l'un la chaîne, l'autre le tissu qui est tendu verticalement par deux madriers ou cotterets verticaux. Les lisses sont des cordelettes attachées à chaque fil de la chaîne par un nœud coulant, tenant la chaîne ouverte pour qu'on puisse y passer les broches chargées de soie ou de laine. L'ouvrier a près de lui, dans des corbeilles, de petits bâtons, dits de croisure, pour passer à travers les fils de chaîne, et les maintenir arrangés comme il convient au travail. Quand la chaîne est montée, on y dessine, en appliquant des cartons conformes au tableau, les contours du sujet, et se servant de pierre noire. Ces marques faites à l'endroit, paraissent aussi à l'envers, en faisant rouler les fils. Le tableau qu'on veut copier est derrière l'ouvrier, qui le roule et déroule à mesure que l'ouvrage avance. L'ouvrier se place à l'envers de la pièce, le dos tourné au dessin, de sorte qu'il a besoin, pour juger de l'effet de son travail, de passer de l'autre côté. Cette manœuvre est nécessitée par la quantité de nœuds qu'il doit faire pour arrêter les fils, nœuds qui doivent être sur l'envers : chaque nuance de couleur exige un changement de fils. La broche chargée de la couleur choisie, est disposée entre les fils de la chaîne qu'il fait croiser avec les doigts, par le moyen des lisses attachées à la perche. Quand le fil est en place, il le bat avec un peigne ; et après qu'il a ainsi produit une portion de son travail, il le considère, en passant du côté de l'endroit, le compare au dessin, qu'il voit alors en face de lui, à travers les fils de la chaîne, et corrige s'il y a lieu. Plusieurs ouvriers travaillent ensemble aux grands tapis. Cette tapisserie est beaucoup plus longue à faire que celle de basse lisse, dont la chaîne est horizontale, et qu'on n'emploie pas pour les grandes et belles pièces. On jette aussi du fil de chanvre, entre les fils de la chaîne, en forme de trame, pour lier et affermir l'ouvrage, après chaque rangée de nœuds de laine qui fait le velouté. Ce fil, assez fin pour occuper peu de place, doit pourtant être assez résistant pour soutenir l'action du peigne qui le presse fortement dans le tissu (Dictionnaire universel des arts et métiers et de l'économie industrielle et commerciale, contenant l'exposition des procédés usilés dans les manufactures, les ateliers d'industrie et les arts et métiers, Tome 6,1840 - books.google.fr).

 

Voici le récit de l'apothéose de Pertinax, par Dion Cassius, un bithynien devenu sénateur à Rome sous Commode : "Quant à ses funérailles, bien que Pertinax fût mort depuis longtemps, voici comment elles se firent. On dressa sur le forum romain une tribune en bois près de la tribune de pierre et, au-dessus, on éleva un édifice sans murs, formant un péristyle, enrichi d'ivoire et d'or; dans cet édifice, on porta un lit de même matière à l'entour duquel étaient des têtes d'animaux de terre et de mer, rehaussé de tapisseries pourpre et or et sur ce lit était une statue en cire de Pertinax, parée des habits triomphaux, et un jeune esclave d'une belle figure écartait, comme si le prince eût été endormi, les mouches avec un éventail de plumes de paon." (Jean Prieur, La mort dans l'antiquité romaine, 1986 - books.google.fr).

 

Les Grecs d'Alexandrie et nos ancêtres les Gaulois tissaient avec des métiers à plusieurs rangs de lisses, sans rien nous faire connaître de précis sur la nature de ces métiers, dont les produits, les étoffes plus ou moins riches, ne sauraient suffire pour donner une idée; car il restera toujours à savoir par quels artifices s'opéraient la levée et l'abaissement alternatifs de ces divers rangs de lisses (Jean Victor Poncelet, Rapport sur les machines et outils employes dans les manufactures, fait à la Commission francaise du jury international de l'Exposition universelle de Londres, Partie 2, 1857 - books.google.fr).

 

Les règnes de Commode, de Pertinax , de Julianus et de Sévère virent éclater l'éloquence des premiers pères de l'Église : parmi les pères grecs, on trouve saint Clément d'Alexandrie (le Maître et les Stromates sont des ouvrages remplis de faits curieux) (François-René Vicomte de Chateaubriand, Oeuvres, Etudes historiques, Tome 9, 1826 - books.google.fr).

 

Saint Clément d'Alexandrie, Titus-Flavius Clément, serait né à Athènes, selon les uns, ou à Alexandrie, selon les autres, vers 150 et mort en Asie Mineure vers 215 L'époque précise de sa naissance n'est pas mieux connue. Nous ne pouvons douter cependant qu'il n'ait vécu sous Commode, puisque dans ses Stromates il arrête à la mort de ce prince la chronologie des empereurs romains; preuve presque indubitable qu'il travaillait à cet ouvrage pendant les courts instants du règne de Pertinax (M. de Genoude, Les Pères de l'Eglise, Tome 4, 1839 - books.google.fr).

 

Johann August Wilhelm Neander (1789 – 1850) (Antignosticus, p. 17) établit très bien la date des premiers livres des Stromates, car Clément ne conduit la chronologie de l'histoire romaine que jusqu'à la fin du règne de Commode (Stromates, I, 21; II, 139), ce qui fait supposer que Septime Sévère n'était pas encore monté sur le trône (Histoire des trois premiers siecles de l'eglise chretienne, Tome 2, Partie 1, 1861 - books.google.fr).

 

Clément rencontre en Égypte, à Alexandrie, où régnait le mouvement intellectuel le plus animé de cette époque, la secte des éclectiques, celui qui deviendra son maître, Pantène, qui dirigeait alors l'École théologique d'Alexandrie. Désigné par le pape Démétrius Ier (12e pape d'Alexandrie) pour aller mener une mission chrétienne aux Indes, Pantène doit abandonner la direction de l'École Théologique d'Alexandrie. Il choisit alors le plus brillant de ses élèves, Clément, pour prendre sa succession. Clément d'Alexandrie prend ainsi avant Origène la direction de l'École d'Alexandrie. En 202, les persécutions de Septime Sévère l'obligent à trouver refuge en Cappadoce, auprès de l'évêque Alexandre. Le meilleur manuscrit de Clément d'Alexandrie, daté du XIe siècle, a été ramené de Constantinople par Janus Lascaris pour la bibliothèque de Laurent le Magnifique. Il est utilisé pour la première édition de l'intégralité des œuvres survivantes en 1550, préparée à Florence par Piero Vettori. Une traduction latine de Gentien Hervet est imprimée en 1551 par le même imprimeur, Lorenzo Torrentino (fr.wikipedia.org - Clément d'Alexandrie).

 

Stromates, en grec ancien, désigne une couverture, une tapisserie, objet tissé qui se caractérise par son aspect bariolé, bigarré, sa texture mélangée. Par extension, on appelle stromates, en littérature un recueil composite fait de sujet variés, de tons ou de genre mêlés, et c’est le titre que Clément d’Alexandrie, au IIe siècle, donne au troisième tome d’une trilogie dont les deux premiers, le Protreptique et le Pédagogue, sont des exhortations philosophiques qui montrent comment la philosophie grecque ne fait que préparer, annoncer, la philosophie chrétienne et l’enseignement du Logos (Agnès Verlet, Les stromates de Chateaubriand, Presses universitaires de Rennes, 1999 - books.openedition.org).

 

Ushak

 

Le "h" de Cheramon peut servir a formé le "chi" grec pour sa prononciation en "k" comme pour le nom de la ville de Keramon Agora. Ou bien servir à produire un double sens avec le nom gréco-égyptien Chaeramon.

 

La ville de Keramon Agora est cité par Xénophon dans son Anabase qui relate en particulier le périple de Cyrus le Jeune, de Kolossai à Kelainai. Keramon Agora serait proche de la ville actuelle d'Ushak, appelée Ousakeion aux époques classique et byzantine. La région d'Ushak était réputée au XVIème siècle pour ses tapis représentés dans les peintures de Lorenzo Lotto (vers 1480 – 1556/57) et Hans Holbein le Jeune (vers 1497 – 1543) (en.wikipedia.org - Ushak, Pierre Debord, Les routes royales en Asie Mineure Occidentale. In: Pallas, 43/1995 - www.persee.fr).

 

La Mandragore est une oeuvre de Machiavel qui dans Le Prince traite des moyens de parvenir au pouvoir et de le conserver à travers, entre autres, Cyrus, Pertinax.

 

C’est ainsi, dit-on, qu’Alexandre le Grand imitait Achille ; César, Alexandre; Scipion, Cyrus. Et quiconque lit la vie du susdit Cyrus écrite par Xénophon, reconnaît plus tard, dans la vie de Scipion, combien cette imitation contribua à sa gloire, combien, par sa chasteté, son affabilité, sa générosité et sa douceur, Scipion se conforma à Cyrus, en ce que Xénophon a écrit de lui (Le Prince, chap. 15).

 

Mais pour en venir à ceux qui, parleur propre mérite et non par un jeu de la fortune sont devenus princes,je dis que les plus remarquables sont Moïse, Cyrus, Thésée et semblables. Et bien qu’il ne convienne pas de raisonner de Moïse, puisqu’il a purement exécuté des choses qui lui étaient ordonnées par Dieu, cependant il mérite d’être admiré, ne fût-ce que pour la grâce qui le rendait digne de converser avec Dieu. Mais considérant Cyrus etd’autres qui ont acquis et fondé des royaumes, on les trouvera tous dignes d’admiration; et si l’on considère leurs actions et leurs Institutions particulières, elles ne paraissent pas différentes de celles de Moïse, bien qu’il eût un si grand maître. En examinant leurs actions et leur vie, on ne verra pas qu’ils dussent autre chose à la fortune que l’occasion, qui leur donna moyen d’introduire telles formes de gouvernement qu’il leur plut; et sans l’occasion le mérite de leur esprit se serait éteint, de même que sans leur mérite l’occasion se fût offerte en vain. Il était donc nécessaire à Moïse de trouver le peuple d’Israël esclave en Égypte, et opprimé par les Égyptiens, en sorte que pour sortir de servitude, il fût disposé à le suivre. Il convenait que Romulus ne restèt pas à Albe et qu’il fût exposé dès sa naissance, pour qu’il devint roi de Rome et fondateur de la patrie. Il fallait que Cyrus trouvât les Perses, mécontents de la domination des Mèdes et les Mèdes amollis et efféminés par une longue paix. Thésée n’aurait pas pu prouver sa valeur s’il n’avait trouvé les Athéniens dispersés. Ces Occasions, cependant, ne firent d’eux que des hommes heureux, mais ce fut l’excellence de leur mérite qui les leur lit apercevoir, et de la gloire et le bonheur de la patrie (Le Prince, chap. 6). (Agnès Verlet, Les stromates de Chateaubriand, Presses universitaires de Rennes, 1999 - books.openedition.org).

 

Pertinax fut créé empereur contre la volonté des soldats, qui accoutumés sous Commode à une vie licencieuse, ne purent supporter la vie honnête à laquelle Pertinax les voulait astreindre. Ayant par là suscité la haine et à cette haine s’étant joint le mépris qu’inspirait sa vieillesse, il tomba dès les premiers commencements de son administration. De là une chose à noter, c’est qu’on encourt la haine aussi bien par les bonnes choses que par les mauvaises; et comme je l’ai dit plus haut, un prince qui veut conserver son Etat est souvent forcé de n’être pas bon. En effet, lorsque le parti, que ce soit le peuple, les soldats en les grands, dont tu juges avoir besoin pour te maintenir, est corrompu, tu es forcé de suivre son humeur et de le satisfaire, et alors les bonnes actions te nuisent (Le Prince, chap. 19) (Essai sur les oeuvres et la doctrine de Machiavel par Paul Deltuf, 1867 - books.google.fr).

 

Le Pertinax Opi, & Mandragora

 

Ops

 

Plusieurs monumens prouvent que la terre, Ops ou Rhéa, étoit souvent réunie à la Fortune. Servius Tullius, étant parvenu à la royauté, dédia un temple à la Fortune primigenia, protogonos. Elle fut ainsi surnommée par les Grecs, parce qu'ils la regardoient comme le principe de toutes choses , et que la nature et le sort dépendoient absolument d'elle. Ils l'adoroient comme la distributrice de tous les biens et de toutes les félicités temporelles, attribut qui l'assimiloit à Rhéa, Ops, ou la terre. Priscien dit que opulentus dérive de ops, déesse, parce que toutes les richesses du monde viennent de la terre ; aussi Pertinax, pour marquer sa reconnoissance de l'assistance divine, par laquelle il avoit été promu à l'empire, contre son attente, éleva une statue à Ops et à la Fortune primigenia, et fit frapper une médaille dans laquelle on voit Ops assise sur une mesure de bled, tenant deux épis de la main droite, avec cette inscription: Opi divinae et fortunae / Primigeniae sacrum etc. (Pierre Nicolas Rolle, Recherches sur le culte de Bacchus: symbole de la force reproductive de la nature, Tome 1, 1824 - books.google.fr).

 

Mandragore

 

La mandragore est un talisman qui apporte la fortune.

 

Dès le Moyen Age, la racine de mandragore détient le pouvoir d'attirer les richesses et la chance ; Jeanne d'Arc sera accusée d'en porter une sur elle pendant les combats, ce qu'elle niera. C'est aussi en se transformant en être vivant que la racine de mandragore apporte la fortune à son possesseur. De par sa forme, qui lui donne une sorte d'apparence humaine – la racine fendue en deux ressemble à deux jambes –, elle devient un homoncule ou un lutin. Au XVe siècle, selon les Evangiles des quenouilles, la personne qui trouve un « mandegloire » doit le coucher dans des draps blancs et lui donner à manger et à boire, deux fois par jour, même s'il ne mange ni ne boit. Ainsi, en peu de temps, elle deviendra très riche sans comprendre comment (Marie-Charlotte Delmas, Dictionnaire de la France mystérieuse, 2016 - books.google.fr).

 

La mandragore est aussi reliée à l'adultère dans l'oeuvre de Machiavel.

 

De semblables crises de conscience suivies de prises de conscience animent le théâtre du Cinquecento. La crise fit son apparition dès la Mandragore (1510) de Machiavel. Cette pièce, dont le succès s'est maintenu jusqu'à nos jours, met en scène le complexe problème moral d'un couple privé stérile qui n'hésitera devant rien – adultère, fornication, meurtre même – pour avoir un enfant. La moralité chrétienne se laisse vite et facilement recruter au service de l'intérêt égoïste de l'époux et de l'épouse en la personne d'un moine qui au moyen de la plus irrépressible justification, digne plutôt d'un ecclésiastique boccacien, explique à la femme stérile que « là où il existe un bien certain et un mal incertain, il ne faut jamais renoncer à ce bien par crainte de ce mal » (III.II). A la différence de la comédie antique et érudite, cette pièce ne se termine pas par un mariage et par la réaffirmation de l'ordre moral – sur le dénouement typique de la comédie, et le rétablissement de l'ordre, on peut consulter Northrop Frye, Anatomy of Criticism – mais par l'adultère et la tromperie. Vers la fin, on voit triompher le subterfuge et les fausses apparences, et les personnages quittent joyeusement la scène pour jouir des fruits de leur duplicité et de leur immoralité. On trouve une conclusion semblable dans L'assiuolo (1549) de Giovan Maria Cecchi où deux personnages masculins finissent par s'installer confortablement dans une relation d'adultère avec les deux femmes qu'ils ont récemment séduites. Chez Machiavel et chez Cecchi, loin qu'il y ait crise, il y a silence complet sur l'ordre moral officiel et, de la part des personnages, attention indivise à leurs propres intérêts matériels (Konrad Eisenbichler, Les conflits moraux, A Comparative history of literatures in European languages, 1988 - books.google.fr).

 

Déjà, dans le Dialogue XXXIe (De l'erbe mandragore et Venus) du Dialogue des Créatures, traduction par Colart Mansion (1482) du Dialogus creatorum (XIVème siècle), la déesse Vénus, "brehaigne et stérile", supplie la mandragore de lui donner à manger de son fruit pour pouvoir concevoir des enfants de ses mignons adultérins "Anchises, Mars, et Adonin" (Le Dialogue des créatures: traduction par Colart Mansion (1482) du Dialogus creaturarum (XIVe siècle), présenté par Pierre Ruelle, 1985 - books.google.fr).

 

Pertinax en fit de mesme à sa femme Flavia Sulpitiana; non qu'il la répudiast ny qu'il la reprît, mais, la sachant faire l'amour à un chantre et joueur d'instruments, et s'adonner du tout à luy, n'en fit autre conte sinon la laisser faire, et luy faire l'amour de son costé à une Cornificia estant sa cousine germaine (Pierre de Brantôme, Des Dames, Oeuvres complètes, Société de l'histoire de France, Volume 177, 1876 - books.google.fr, Scriptores historiae avgvstae, Volume 1, présenté par Hermann Peter, 1865 - books.google.fr).

 

Sur le double adultère de Pertinax et de sa femme (Pert. 13), Pétrarque observe sur le volume copié du manuscrit Palatiunus latinus 899, f. 25: Mutua fidei fractio. Que in multis habet locum. Sans entrer dans le détail, voici quelques extraits qui donneront l'idée de cette partie de l'annotation : Legite hic reges et principes (f. 9), Legite hic et crubescite, rapaces et auari reges (f. 13 v°), Audite, monitorum impatientes (f. 14), Contra principes qui reguntur et non regunt (f. 19), Pessimum signum in iuuene (f. 19 v°), Legite hic uos, o potentes et clari uiri, qui usque adeo progeniem optatis (f. 31 v°), Non est mirum si multi seruiunt uxoribus (f. 35'), Legite miseri qui idem existimatis (f. 38'), Nota de his qui apud principes plurimum possunt, omnium cum dolore (f. 40), Audite, principes litterarum hostes (f. 57'), etc. Les passages relatifs à la constitution et à la destinée de l'Empire romain sont mis en lumière par des notes et des signes (2). Cette préoccupation de Pétrarque est, d'ailleurs, constante en toutes ses lectures historiques, qu'il rattache ainsi à ses idées politiques sur son propre temps. Déjà, en 1342, il marquait sur sa Cité de Dieu sa tristesse de constater le rôle abaissé de l'Empire en Italie, etsi non nomine mutatum. Dans l'Histoire Auguste, plus il vénère les bons empereurs et recueille avidement leurs paroles, plus il montre d'horreur pour les monstres qu'il rencontre parmi eux; une émotion tantôt irritée, tantôt consolante, s'empare de lui dans toute son étude et se fixe aux marges du livre (Pierre de Nolhac, Pétrarque et l'humanisme d'après un essai de restitution de sa bibliothèque, 1892 - books.google.fr).

 

Raugon d'Octobre le tiers seront laschez

 

Les Prétoriens vendent publiquement l'empire à Didius-Julianus. Clodius-Albinus en Bretagne, Pescennius-Niger en Syrie, et Septime-Sevère en Pannonie, se déclarent contre les meurtriers de Pertinax. Sévère abat ses trois rivaux (Edward Gibbon, Histoire de la décadence et la chûte de l'Empire romain, Tome 1, traduit par Jean Alexandre C. Buchon, 1837 - books.google.fr).

 

A la suite du meurtre de Commode, l'empire fut ébranlé par des commotions profondes qui parurent de l'anarchie, même à cette époque de désorganisation sociale où il semblait tout naturel que la succession au trône fût réglée par de sanglantes catastrophes. La pourpre impériale, honorée quelques jours par le vertueux Pertinax, est vendue à l'encan par la soldatesque et achetée par Didius Julianus, qui n'eut plus aucun droit à la garder une fois qu'il eut payé la dernière pièce d'or du prix convenu et que les prétoriens n'eurent plus à ménager en lui un débiteur solvable. Tandis qu'Albinus est proclamé par la légion de Bretagne et Niger par celle de Syrie, Septime Sévère, à la tête de l'armée d'Illyrie, s'avance sur Rome, venge la mort de Pertinax sur les prétoriens, et après s'être successivement attaqué à ses deux compétiteurs, réunit tout l'empire sous ses lois (197). A la faveur des troubles suscités par cette guerre de succession, les ennemis de l'Eglise trouvèrent plus d'une occasion de diriger contre elle les passions déchaînées du peuple, qui n'étaient plus contenues par le frein d'un gouvernement régulier. Clément d'Alexandrie nous apprend que l'on voyait tous les jours couler à flots le sang innocent des chrétiens, et qu'ils étaient brûlés, mis en croix et décapités (E. de Pressensé, Histoire des trois premiers siecles de l'eglise chretienne, Deuxième série, Tome 1, 1861 - books.google.fr).

 

D'après l'Histoire Auguste, "Raugon" semble être le Ragonius Celsus, gouverneur des Gaules (fictif ?) à qui écrit Septime Sévère dans le chapitre de l'Histoire Auguste consacrée à Pescennius Niger. C'est en Gaule que se termine l'aventure de Clodius Albinus. Les opposants à Septime Sévère semblent avoir constitué le tiers de l'effectif des armées romaines. Les légions battues auraient été renvoyées dans leur province ("laschez" du latin laxicare, ou de laxo qui en latin chrétien peut signifier "pardonner" (Gaffiot)), et les officiers supérieurs condamnés à des peines diverses.

 

Dans le temps que Sévère gouvernait la province Lyonnaise, il témoigna beaucoup d'affection pour Pescennius, qui avait été envoyé dans les Gaules pour arrêter les innombrables déserteurs dont les brigandages désolaient alors ce pays. Il s'acquitta si bien de sa mission, que Sévère en fut charmé, et fit à Commode un rapport dans lequel il disait que Pescennius était un officier précieux pour la république. En effet, il déploya dans le métier des armes des talents et de l'énergie. Jamais, sous son commandement, le soldat n'extorqua aux habitants des provinces ni bois, ni huile, ni corvées; jamais lui-même., lorsqu'il était tribun, ne reçut rien des soldats, ni ne permit d'en rien recevoir. Devenu empereur, il fit lapider, parles soldats auxiliaires, deux tribuns, qui étaient convaincus d'avoir fait des profits illicites. Il existe une lettre de Sévère à Ragonius Celsus, gouverneur des Gaules, où il dit : « C'est chose misérable, que nous ne puissions pas imiter la discipline militaire de celui que nos armes ont vaincu. Vos soldats courent de tous les côtés; vos tribuns se baignent au milieu du jour; ils font de leurs salles à manger des cabarets, de leurs chambres des lieux de débauches : ils dansent, ils boivent, ils chantent. Ils n'ont aucune règle, aucune mesure dans leurs festins; car ils boivent sans mesure et sans règle. Verrait-on de semblables désordres, s'il restait en nous la moindre trace de l'ancienne discipline? Réformez donc avant tout les tribuns, ensuite vous réformerez vos soldats; et souvenez-vous que, tant que vous les craindrez, ils ne vous craindront pas. Or, apprenez ceci de Niger, que le soldat ne peut craindre., que quand ses tribuns et ses officiers sont irréprochables. » (Ecrivains de l'Histoire Auguste: Spartianus, Vulcatius Gallicanus, Trebellius Pollion. Tome 1, 1844 - books.google.fr).

 

Il est fort probable que c'est seulement durant l'automne de 196, que Caracalla reçoit les noms de M. Aurelius Antoninus et qu'il est substitué comme César à Clodius Albinus. Avant d'aller combattre en Gaule les troupes de son adversaire, Sévère fit un court séjour à Rome durant lequel le Sénat confirma l'élévation de son fils au rang de César. C'est soit en octobre, soit plutôt en novembre que commença la campagne des Gaules qui devait se terminer le 19 février 197. Or, dans la titulature de Septime Sévère telle qu'elle est donnée par l'inscription de Teboursouk, il n'y a pas place pour le titre procos qui doit. être donné à l'empereur lorsqu'il est hors d'ltalie. A moins de supposer une omission, toujours possible, du rédacteur, le texte a donc été gravé entre l'époque où la nouvelle du passage de l'empereur en Italie parvint en Afrique et celle où y fut connu son départ pour la Gaule, c'est-à-dire vraisemblablement en octobre ou en novembre 196 (M. Albertini, Inscriptions d'Algérie, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1885 - archive.org).

 

Hasebroek, suivant Domarszewski, avance la date d'octobre 194 pour la mise à mort de Pescennius Niger d'après Eutropius, historien romain du IVe siècle, auteur de l’Abrégé de l'histoire romaine (G.A. Harrer, The chronology of the revolt of Pescennius Niger, The Journal of Roman Studies, Volumes 10 à 11, 1920 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Eutrope (historien)).

 

Les armées en question étaient fort nombreuses; Cassius était en Syrie avec quatre légions, Niger était à la tête des légions d’Egypte et d’Asie; Albinus commandait celles de la Bretagne. Ces troupes réunies formaient un tiers et demi de toutes les forces des armées romaines (Thomas Clarkson, Essai sur la doctrine et la pratique des premiers chrétiens en ce qui concerne la guerre, 1824 - books.google.fr).

 

En diplomate avisé, Sévère se ménage une alliance capitale avec Clodius Albinus, qui deviendra césar puis auguste. Disposant des deux tiers des légions romaines, il ne lui faudra pas longtemps pour vaincre Pescennius Niger, ex-légat de Syrie qui s'était proclamé empereur en Orient dans les mêmes circonstances. Celui-ci, peu pressé de rallier Rome et n'étant pas de taille pour lutter avec Septime Sévère, sera prestement éliminé. Défait successivement à Cyzique et à Nicée en 194, il rencontrera son destin à la bataille d'Issos en janvier 195, là-même où quelques siècles auparavant Alexandre le Grand avait écrasé le roi des Perses... Dans le même temps, Sévère, soucieux d'asseoir la dynastie qu'il compte bien installer au pouvoir, proclame son fils Caracalla césar et décide d'évincer Clodius Albinus, seul frein potentiel à son absolutisme. Sentant le vent tourner, celui-ci rejoint les légions de Bretagne qui le proclament empereur. Malgré ses qualités de soldat, il ne pourra que différer l'issue du conflit. La confrontation finale aura lieu devant Lyon [le 19 février] 197 où Albinus et ses légions seront massacrées sans merci. Débarrassé de tous ses ennemis, l'empereur achève l'installation de son pouvoir totalitaire et procède à un réaménagement économique et politique qui lui permet de redonner au pouvoir impérial, en l'espace de quelques années, une bonne partie de la crédibilité qu'il avait perdue au cours des dernières décennies (Th. Vermeeren, Le type Legio dans le monnayage, Revue belge de numismatique et de sigillographie, Volume 137, 1991 - books.google.fr).

 

Albinus était suivi de légionnaires de Bretagne, d'une venant d'Espagne et de la cohorte urbaine de Lyon. A la suite de cette rebellion, la Bretagne fut divisée, selon Hérodien, en deux provinces (Jean-Pierre Martin, Les Provinces romaines d'Europe centrale et occidentale: (31 avant J.-C. - 235 après J.-C.), 1994 - books.google.fr).

 

Lyon de son côté, se souvenant des services que Sévère lui avait rendus pendant son gouvernement de la Lyonnaise et voulant se faire pardonner son attachement à la cause albinienne, se hâta de célébrer un taurabolium pour le salut de l'empereur et de sa famille deux mois et demi à peine après la mort de son compétiteur (4-7 mai 197) (Mémoires couronnés et mémoires des savants etrangers, Volume 43, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1880 - books.google.fr).

 

En 197 la XIIIe cohorte urbaine, détachée à Lyon, qui avait pris parti pour Albinus, fut dissoute elle aussi et des vexillationes tirées des quatre légions du Rhin vinrent tenir garnison dans la capitale des Gaules (Maurice Besnier, L'Empire romain de l'avènement des Sévères au concile de Nicée, 1937 - books.google.fr).

 

L'ordre fut rétabli par les légions de Bretagne qui, s'étant soumises à Septime-Sévère après la bataille de Lyon, de même que les autres légions vaincues, avaient été renvoyées dans leur province (Histoire Auguste Spartianus, Vita Severi, 11) (Albert Sauveur, Étude historique sur la legio VI Victrix, 1908 - books.google.fr).

 

La vengeance de Sulpice Sévère s'abattit sur 29 sénateurs de Rome qui avaient soutenu Albinus et qui furent exécutés. La ville de Lyon fut quasiment rasée, et Albinus retrouvé mort, fut décapité et sa tête envoyée à Rome en signe d'avertissement. Sa femme et ses enfants, d'abord grâciés, furent aussi exécutés et jetés dans le Rhône (Yann Le Bohec, Histoire des guerres Romaines: Milieu du VIIIe siècle avant J.-C. – 410 après J.-C., 2017 - books.google.fr).

 

Raugon d'Octobre le tiers seront laschez : autrement

 

Une Inscription en l'honneur de Gordien III, datée du 25 juin 240 porte une date qui est donnée par la 3e puissance tribunicienne, du 10 déc. 239 au 9 déc 240, par le 1er consulat de 239, par le consulat de Suetrius Sabinus ilerum et de Ragonius Venustus, qui nous livre les gentilice des deux cos. de 240 = l'année 271 de l'ère d'Actium et 387 de l'ère de Macédoine. Le consul C. Octauius Appius Suetrius Sabinus a été cos. éponyme pour la première fois en 214 avec L. Valerius Messalla (C.I.L., VI, 31338 a = I.L.S., 452). Son cursus honorum est connu par une inscription d'Aquinum (C.I.L., X, 5398 = I.L.S., 1159); il a été proconsul d'Afrique sans doute sous Sévère Alexandre, entre 228 et 235 (C.I.L., VI, 1476). Son collègue Ragonius Venustus est inconnu par ailleurs, mais un homonyme, Lucius Ragonius Venustus reçut le 23 mai 390 le taurobolium et le criobolium à Rome (C.I.L., VI, 503 = I.L.S., 4151). Il appartient à la famille des Ragonii d'Opitergium, l'actuelle Oderzo (ou Uderzo), dont les premiers membres connus sont L. Ragonius Vrinatius Larcius Quintianus, cos. suffect sous Commode (C./.L., VI, 1502 = I.L.S., 1124) et son fils L. Ragonius Vrinatius Tuscenius Quintianus, cos. au début du IIIe s. (C.I.L., VI, 1504 = I.L.S., 1125). On ne saurait dire quel est le degré de parenté entre Venustus et le cos. ordinaire de 289, L. Ragonius Quintianus (C./.L., X, 3698 = I.L.S., 4175). La pierre a été érigée par le macédoniarque et grand-prêtre des Augustes, agonothète du concours sacré, isélastique, isolympique des Alexandreia du koinon de Macédoine, Lucius Septimius Insteianus Alexander et par sa femme Aelia (L'Année épigraphique: revue des publications épigraphiques relatives a l'antiquité romaine, 1972 - books.google.fr).

 

Jean du Temps (1500 - 1584), calviniste de la région de Blois, met en relation "L. Ragionus Vrinatio Quinctian" et la date "4 Non. Octob" (4 octobre) au sujet de la mort de Sévère Alexandre et de sa mère Mammaea (en fait en mars 235) (Jean Du Temps, Chronologicarum demonstrationum libri tres, 1596 - books.google.fr).

 

L'anniversaire d'Alexandre-Sévère (222-235) est mentionné pour le 1er Octobre dans le calendrier de 354 (chronographe) (Jean Leclant, Gisèle Clerc, Inventaire bibliographique des Isiaca, Tome 4, 1991 - books.google.fr).

 

Le mois d'octobre dans le calendrier de 354 (chronographe) est marqué d'un faucon (Karthago: revue trimestrielle d'archéologie africaine, Volumes 10 à 12, 1959 - books.google.fr).

 

Dans l'état actuel de notre documentation la mosaïque d'Argos inaugure la série des calendriers byzantins où les scènes religieuses et les représentations cultuelles sont abandonnées au profit de l'illustration narrative des travaux agricoles ; les scènes de chasse et de capture des oiseaux s'y introduiront également. Une même iconographie d'inspiration rurale se répandra en Occident à partir du IXe s. ; elle adoptera pour Février ou Octobre la chasse au faucon (Ch. Delvoye, Chronique archéologique, Byzantion, Volume 46, 1976 - books.google.fr).

 

Une mosaïque représentant une chasse aux oiseaux a été retrouvée à la fin du XVIIIème siècle seulement à Oderzo, dans la région de Trévise où la chasse au faucon était caractéristique de la vie des chevaliers (milites consueti) (Stefano Gasparri, Les milites dans les villes de la marche de Trévise, In der Vorlage fälschlich als 24. Congrès bezeichnet ! , 1997 - books.google.fr).

 

La mosaïque aux oiseaux d'Oderzo est sans doute un des plus charmants exemples de la virtuosité chromatique acquise par les mosaïstes italiens du IIIe siècle [ou IVème]. la mosaïque d'Oderzo donne l'impression que les oiseaux sont pris en vol, mais c'est en fait le moment où l'oiseleur rabat son gluau vers le sol. Cette façon de faire a pu donner parfois l'impression aux modernes que l'« on attrapait les oiseaux plus qu'on ne les chassait ». Ce mode de capture original ne saurait être confondu avec les techniques connues des Grecs et celles des modernes mettant en œuvre la glu. La tradition de l'ixeutique existait déjà dans le monde grec, mais a priori elle se pratiquait le monde grec, mais a priori elle se pratiquait. La chouette y apparaît comme appeau (Les Dossiers de l'archéologie, Numéros 14 à 19, 1976 - books.google.fr, Jean Trinquier, Christophe Vendries, Chasses antiques, 2009 - books.google.fr).

 

« Il ne faut pas lâcher l'oiseau (le faucon) avant de le découvrir » c'est-à-dire avant de le décapuchonner (Pantagruel, Oeuvres de François Rabelais, présenté par Abel Lefranc, 1922 - books.google.fr).

 

"tiers" peut vouloir dire "tiercelets" qui sont des faucons mâles un tiers moins gros que la femelle.

 

Cyrus le Jeune est le descendant de Cyrus le Grand, le libérateur des Juifs et qui écoutait les discours du prophète Daniel qui fut un membre de sa cour (Dan.1:21; 6:28; 10:1). Selon Sulpice Sévère (Vème siècle), qui définit cette période de 260 ans (qui sépare les deux quatrains IX,62 et V,52), un second édit dû à Artaxersès II, frère de Cyrus le Jeune, aurait permis à Esdras de rentrer à Jérusalem. (Sulpice Sévère, Oeuvres de Sulpice Sévère, traduit par M. Herbert, 1848 - books.google.fr).

 

Les ailes que Cyrus vit attachees aux espaules de Darius desquelles l'une estoit estendue sur l'Asie & l'autre sur l'Europe, declaroient signamment qu'il seroit victorieux (Hérodote) : Or Darius qui se proposoit la victoire de tout le monde vouloit porter vne casaque brodee & ornee de trois faucons faics en sorte qu'ils auoient le bec l'un contre l'autre (Jean Valerian, dit Pierus, Commentaires Hieroglyphiques (1556 en latin), traduit par Gabriel Chappuis, 1576 - books.google.fr).

 

L'étandard des Perses portait un aigle doré élevé sur une pique, selon Xénophon dans sa Cyropédie (Livre VII) traité d'éducation où Xénophon emprunte la figure idéalisée et hellénisée aux forceps du fondateur de l'Empire perse, Cyrus le Grand (Patrice Brun, Le monde grec à l'époque classique - 3e éd.: 500-323 av. J.-C., 2016 - books.google.fr).

 

Cet aigle pourrait être aussi un faucon selon la signification du Shahbaz (littéralement: faucon royal), oiseau de la mythologie iranienne, à l'apparence d'aigle ou de grand faucon, un dieu protecteur choisi par Cyrus II au VIe siècle av. J.-C. pour figurer sur ses étendards (fr.wikipedia.org - Shahbaz).

 

Le 4 octobre est aussi le dernier jour en 1582 du calendrier julien qui fut suivi du 15 octobre par la réforme du calendrier grégorien (Émile Biémont, Jean-Claude Pecker, Rythmes du temps: Astronomie et calendriers, 2000 - books.google.fr, Sumad Cadet - books.google.fr).

 

Héraclée - Oderzo - Octobre

 

Le dieu favori de Commode, auquel Pertinax succéda, était Hercule, les textes et ses monnaies en font foi. Aimant depuis l'enfance jouer au gladiateur, Commode descendit 735 fois dans l'arène et se fit appeler Hercule, fantaisie que le sénat ratifia. On lui érigea des statues le représentant sous la figure du dieu, avec massue et peau de lion; on offrait des sacrifices à ces statues. Il reçut un flamen Herculaneus; le 4e jour des Ides d'octobre, date de son entrée au pouvoir, fut dénommé Ides d'Hercule, tandis que le sénat s'intitulait Commodien et vénérait l'empereur comme Hercule et dieu. Commode aimait aussi citer tous ses surnoms qui furent donnés aux mois de l'année, tandis que sa flotte était baptisée Commodienne Herculéenne (Lucien Cerfaux, J. Tondriau, Le culte des souverains dans la civilisation gréco-romaine: un concurrent du christianisme, 1957 - books.google.fr).

 

L'action de Commode relève aussi de la volonté de se présenter en nouveau fondateur de Rome, toujours dans le cadre plus large de rénovation séculaire et de retour de l'âge d'or. [...] Plusieurs statues ou groupes statuaires seraient à relier à cette idéologie, dont un buste de l'empereur. Il comporte trois signes du zodiaque : le taureau, le capricorne et le scorpion. Aucun de ces signes ne pouvant être rapproché d'épisodes de la vie de l'empereur, J. Aymard propose une hypothèse séduisante pour expliquer leur présence. Le taureau rappelle la fondation de Rome le 21 avril, le capricorne est le signe de la conception de Romulus et d'Auguste, et le scorpion pourrait être la date de la nouvelle fondation de Rome par Commode, qui serait alors à dater d'octobre 190 ap. J.C. (Catherine Bustany, Noëlle Géroudet, Rome, maîtrise de l'espace, maîtrise du pouvoir.: De César aux Antonins, 2001 - books.google.fr).

 

Lampride dans l'Histoire Auguste nous raconte que Commode avait dépouillé le mois d'octobre de son nom, pour l'appeler Invictus (XI) mais en XII le 4e jour des Ides d'octobre, date de son entrée au pouvoir, fut dénommé Ides d'Hercule (Franz Valery Marie Cumont, Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Mithra, 1896, - books.google.fr).

 

Mais Dion Cassius (vers 155 - après 235), contemporain de Commode, écrit : "on finit même par donner ses noms à tous les mois qui, pour lors, se comptaient ainsi : Amazonius, Invictus, Félix, Pius, Lucius, Aelius, Aurelius, Commodus, Augustus, Heracleus, Romanus, Exsuperatorius. Il prenait, en effet, tantôt l'un, tantôt l'autre de ces noms ; quant à ceux d'Amazonius et d'Exsuperatorius, il se les donnait d'une façon invariable comme s'il était simplement vainqueur de tous les hommes ; car tel était l'excès où le monstre poussait la folie" (Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LXXII - remacle.org).

 

Si l'année définie dans l'enumération par Dion commence en Janvier, le mois du dieu Janus, alors Octobre correspond à Hercule, appelé aussi Héraclée.

 

L'année consulaire du calendrier romain débutait le 1er janvier depuis 153 av. J.-C. et ne fut pas modifiée par la réforme julienne (d'autres calendriers pouvaient débuter un autre jour, comme l'année religieuse ou l'année traditionnelle) (fr.wikipedia.org - Calendrier julien, Adolphe de Celeuneer, Marica, la favorite de Commode, Revue des questions historiques, Volume 20, 1876 - books.google.fr).

 

Pendant le règne de Commode, selon Lampride (Histoire Auguste), des oiseaux incendiaires et de mauvais augure se montrèrent avant le jour. Pline appelle ces oiseaux spinturnix sans savoir ce que c'est. Des commentateurs modernes en font des faucons (Suétone, les écrivains de l'Histoire auguste, Eutrope, Sextus Rufus, présenté par Désiré Nisard, 1845 - books.google.fr).

 

On raconte que la Vierge en personne est apparue à saint Magne, évêque d’Oderzo (la ville détruite par Rotari, roi des Lombards, en 637), et lui ordonna d’élever une église là où il aurait vu s’arrêter un petit nuage blanc. Construire sur la base de ces instructions originales, l’église fut dédiée à la « Purification de la Bienheureuse Vierge Marie », mais est depuis toujours appelée église Santa Maria Formosa en mémoire de la forme vague et magnifique sous laquelle la mère de Dieu apparut au saint. Bien avant la Vierge Marie, saint Pierre était apparu à l’évêque Magne et lui avait ordonné d’élever une église la où il avait vu des bœufs et des moutons paîtrent ensemble : c’est ainsi que naquit San Pietro di Castello, sur l’île d’Olivolo. Oratorio dei Crociferi, campo Gesuiti. L’archange Raphaël lui apparut également et lui demanda d’ériger une église là où il verrait se rassembler une multitude d’oiseaux; ce qui se produisit à Dorsoduro, précisément à l’endroit où saint Magne fit par la suite bâtir l’église de San Raffaele Arcangelo, l’Anzolo Rafael pour les Vénitiens (Saint-Magne et les églises vénitiennes - mescarnetsvenitiens.blogspot.fr).

 

La ville d'Héraclée aurait été fondée par Magne comme cité épiscopale à l'époque de l'empereur Héraclius. Ou bien par ce dernier, après que, selon Ammien Marcellin, les Quades et les Marcomans eurent assiégé longtemps Aquilée et rasé Opitergium (Oderzo). Elle servit de refuge aux habitants d'Oderzo après sa destruction par les Lombards, selon Paul Le Diacre. Magne est fêté aussi en octobre, le 6 (Acta sanctorum octobris, 1770 - books.google.fr, M. Bruzen La Martinière, Le grand dictionnaire geographique et critique, Tome VI, 1ère partie, 1736 - books.google.fr).

 

Opium et Mandragore

 

"Opi" pourrait signifier opium et "Raugon" la rivière Rogonis qui se trouve en Carmanie, partie de l'Empire parthe contre lequel Septime Sévère (surnommé Pertinax) et Sévère Alexandre combattirent (Edgar Leoni, Nostradamus and His Prophecies (1965), 2000 - books.google.fr).

 

"opion" et mandragore se trouve en effet mentionnés chez le chirurgien du XIVème siècle Guy de Chauliac (La Grande chirurgie de m. Guy de Chauliac, medecin tres-fameux de l'vniuersité de Montpelier, composee l'an de grace 1363, 1580 - books.google.fr).

 

Les écrits de Galien laissent bien entendre que Marc Aurèle était un toxicomane, et ses évocations des brèves périodes de sobriété impériale, notamment durant une campagne sur les rives du Danube, fournissent une description précise des symptômes du manque. [...] Bien que Galien popularisât l'usage de l'opium, particulièrement au sein de l'élite romaine, les dernières restrictions en termes de distribution furent levées quelques années plus tard, sous le règne de Septime Sévère. Résultat : l'opium fut alors décrété drogue récréative officielle. Dans les années qui suivirent, le pavot devint l'un des symboles de Rome, gravé sur ses pièces de monnaie, inscrit sur le fronton de ses temples et partie intégrante de ses pratiques religieuses. Selon le recensement effectué en 312 après J.C., il apparaît que l'on pouvait s'en procurer dans pas moins de sept cent quatre-vingt-treize échoppes, et les taxes découlant de sa vente constituaient une part importante des revenus de l'empereur (David J. Linden, Tous addicts !, traduit par Philippe Lécuyer, 2013 - books.google.fr).

 

Dès les origines présent au Proche-Orient, l'opium est resté cultivé en Turquie, avec Smyrne comme marché principal, comme en Iran ou au Liban et en Syrie, ces régions de production dessinant un Croissant d'Or qui s'achevait dans l'Antiquité sur l'Égypte des pharaons. Le népenthès, boisson à base d'opium, qu'Hélène verse à Ménélas et Télémaque pour leur faire oublier leur peine de la disparition d'Ulysse, est dit par Homère venir d'Égypte. La Turquie a toujours fourni l'opium le plus réputé par sa teneur élevée en morphine (Paul Butel, L'opium, 2011 - books.google.fr).

 

On retrouve Ushak :

 

Cette ville est voisine d'Apamée et de la source du Méandre. On y fait de l'afion ou opium liquide en grande quantité c'est aussi le centre d'une manufacture de tapis, objet d'un grand commerce pour Smyrne : de sorte que ce genre d'industrie, pour lequel l'ancienne Phrygie étoit célèbre, s'y soutient encore aujourd'hui (James Dallaway, Constantinople Ancienne Et Moderne Et Description Des Côtes Et Isles De L'Archipel Et De La Troade, Tome 2, traduit par André Morellet, 1798 - books.google.fr).

 

L'opium le plus pur se récolte à Ushak, Bogaditz et Simar; mais ces opiums sont en pains petits et agglutinés, ce qui leur donne un aspect peu favorable. Asion-Kara-Hissar ("le château noir de l'opium" : ancienne Apamia Cibotus, sur le fleuve Marsyas) et ses environs produisent le tiers de la récolte annuelle; mais leur opium est de moins bonne qualité et en pains plus volumineux (Mohamed Effendy Charkauy, Thèse sur l'opium, École supérieure de Pharmacie de Paris, 1856 - books.google.fr).

 

A Poitiers

 

Etienne Jaubert donnait donc comme explication à Cheramonagora "Le Marché des Poitiers" (Estienne Jaubert, Eclaircissement des veritables Quatrains de maistre Michel Nostradamus, docteur & professeur en Medecine, grand astrologue de son temps, & specialement pour la connoisssance des choses futures, 1656 - books.google.fr).

 

C'est à Poitiers que Charles Martel arrête les Sarrasins (cf. plus haut) vers 732.

 

Selon les chroniqueurs européens, l'affrontement a lieu un samedi du mois d’octobre. Selon les chroniqueurs arabes, il a lieu le premier samedi du mois de ramadan 114 de l’Hégire, soit après le 23 octobre 732. Le premier samedi est le 25, ce qui place alors la bataille au 25 octobre 732 (fr.wikipedia.org - Bataille de Poitiers (732)).

 

Cette date ne coïncide pas avec celle de la fête de saint Servais (13 mai), avancée par le bénédictin du XIème siècle Jocundus (Vie de Saint Servais) et par l'auteur des Gesta comme vraie date de la bataille de Poitiers, mais elle s'accorde à peu près 13 avec celle de la fête de saint Servand (Servandus) qui, en Espagne et dans tout le Midi de la France, se célébrait le 23 octobre (P.C. Boeren, Jocundus: Biographe de Saint Servais, 1972 - books.google.fr).

 

Radégonde, Radegonde : Radegundis, Radégonde, a donné, par contraction, la forme populaire Ragon, parfois même masculine : Saint Ragon. On a, dans les Deux-Sèvres, Bois-Ragon (www.toponymes-archives.vendee.fr).

 

Là où le calendrier liturgique ne retenait au XIIe siècle que le jour de la mort de la sainte reine, le 13 août, le coutumier de Sainte-Croix, de la fin du XIIIe siècle, y ajoute quatre fêtes: la Sanctae Radegundis reversio le 28 février, la translatio sanctae Radegundis le 3 août, une commémoration non explicitée le 25 octobre, la reversio almae crucis le 19 novembre. [...] Le coutumier de la fin du XIIIe siècle n'explicite pas la fête du 25 octobre, mais un acte du 31 mars 1472, énumérant les fêtes où l'abbesse peut aller en procession à sainte Radegonde dit de cette fête qu'elle commémore «le jour où madame sainte Radegonde entra pour la première fois à Poitiers», tandis que le 19 novembre célèbrera l'anniversaire de la réception de la relique de la Vraie Croix envoyée par l'empereur Justin à Radegonde. Ces deux fêtes sont clairement secondaires dans le calendrier liturgique en l'honneur de la sainte, même si le 25 octobre est une des solennités auxquelles l'abbesse a le droit d'aller en procession, avec sa croix et son bâton pastoral, à la tête de ses religieuses, en l'église de Sainte-Radegonde à l'issue des matines (Robert Favreau, Le culte de sainte Radegonde à Poitiers au Moyen Âge, 2006 - books.google.fr).

 

Les Oiseliers devoient lâcher plusieurs douzaines d'oiseaux aux entrées des Rois (Henri Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris (1724), Volume 3, 1969 - books.google.fr).

 

C'est seulement, en 1539, à Poitiers et à Orléans où « par le comademet du Roy », on fit un accueil somptueux à Charles-Quint, que nous pouvons croire à la présence d'arcs authentiques. A Poitiers, la décoration même des portes triomphales était antique. La « porte couverte de bouix verd a ïatique » que l'on avait plaqué contre le donjon était ornée de médaillons, ceux d'Hercule et d'Agathyrsus. Même ornementation de « medalles », sur les deux faces de l'arc dressé devant Saint-Porchaire. Il n'y avait pas jusqu'au théâtre élevé sur la place du Marché-Vieux qui ne fut « aorné de arcs de triuphe de toutes pars liez de taffetas d'où pendait un chapeau de triomphe ». Nous n'avons pas de détails sur l'Entrée d'Orléans, mais simplement rénumération des arcs que l'auteur appelle comme en 1531, des « porteaulx à lantique façon ». Il y en avait cinq dressés depuis le pont sur la Loire jusqu'à Saint-Aignan. Au cloître Saint-Aignan, ce n'était plus de carton et de toile peinte qu'était fait l'arc, mais de verdure comme au donjon de Poitiers. A Paris, enfin, toujours pour fêter l'empereur germanique, à la porte Saint- Antoine, on édifia un arc à deux faces, « peint d'ouvrages antiques et moresques », ouvert par trois portes comme celui de Septime-Sévère ou de Constantin (Josèphe Chartrou, Les entrées solennelles et triomphales à la Renaissance, (1484-1551), 1928 - books.google.fr).

 

Philibert de l'Orme fut chargé, il avait alors près de quarante ans, de la construction du tombeau de François Ier dans la basilique de Saint-Denis. Durant l'hiver 1547-1548, de l'Orme passa les premiers marchés avec les sculpteurs, François Carmoy d'abord qui avait travaillé à Fontainebleau mais mourut peu après, puis François Marchand qui mourut en août 1551, enfin Pierre Bontemps qui devint désormais son sculpteur attitré, Lédification du monument s'étala sur toute la durée du règne, le dernier marché concernant le couronnement étant passé le 27 août 1558. Le monument est du même type que celui que François 1er avait commandé pour le tombeau de Louis XII : priants agenouillés sur le toit d'un édicule entre les quatre jambages duquel reposent les gisants. Mais de l'Orme en renouvelle totalement la forme en s'inspirant de l'arc de triomphe de Septime Sévère (Maurice Déchery, Les bâtiments du roi: les origines, 1515-1661, 2006 - books.google.fr).

 

Radegonde est fêtée donc le même jour qu'Hippolyte de Rome (cf. quatrain V,52), selon le chronographe de 354.

 

Arc - Arche

 

L'ancienne Apamia Cibotus, voisine d'Ushak, était peuplée d'une importante colonie juive. Le qualificatif de "Kibôtos" apparaît à l'époque romaine chez Strabon, Ptolémée et Pline. La tradition du déluge en Phyrgie, à cette époque, est située à Apamée. On connaît des types monétaires avec la représentation d'une arche, supposée de Noé ou de Deucalion, de l'époque de Septime Sévère, de Macrin et de Philippe père.

 

On cite d'abord les Oracles sibyllins ; mais si nous ouvrons ce livre fameux, recueil incohérent de fables de tous les temps et de tous les pays, nous y constatons que le passage qui concerne le déluge d'Apamée n'est qu'une amplification fastidieuse du récit biblique; Noé en est le héros; quand il a quitté l'arche on lui adresse un discours pour l'exhorter a repeupler la terre (Ernest Babelon, La tradition phrygienne du déluge, Mélanges Numismatiques, 1892 - books.google.fr).

 

Dans la Vie de Césaire, la clôture est comparée à l'Arche de Noé : Césaire d'Arles est vu comme un nouveau Noé construisant une arche pour protéger les filles de Césarie des orages et périls du monde. Comme épouses du Christ, celles-ci sont cachées aux yeux du monde a au sein de l'arche et nulle n'est autorisée à quitter son bercail jusqu'au jour de sa mort (Claire Thiellet, Femmes, reines et saintes: Ve-XIe siècles, 2004 - books.google.fr).

 

Il y a une certaine contradiction entre le respect de la vie solitaire et le regroupement à l'intérieur d'une ville. C'est pourquoi le pas décisif est franchi avec, au siècle suivant, les initiatives de saint Césaire d'Arles (mort en 542) qui a construit à Arles un couvent pour sa sœur Césarie et a, en même temps, écrit pour la première fois une règle à l'usage des mouvements monastiques. Voilà quel fut le premier grand tournant, la première tentative de régularisation dans tous les sens du mot du mouvement monastique et des élans féminins plus ou moins incontrôlés dont saint Jérôme, en particulier, se méfiait beaucoup (Michel Rouche, Les religieuses, des origines au XIIIème siècle, Les Religieuses dans le cloître et dans le monde des origines à nos jours: actes du deuxième colloque international du C.E.R.C.O.R., Poitiers, 29 septembre-2 octobre 1988, 1994 - books.google.fr).

 

Peu après, vers 550, Radegonde vint fonder à Poitiers une abbaye bénédictine. Elle se rendit elle-même à Arles afin d'y étudier la règle que venait d'établir l'évêque saint Césaire (469-542) pour le monastère de femmes qu'il y avait fondé et confié à sa sœur, sainte Césarie. En 569, Radegonde demanda obtint de l'empereur un fragment de la vraie Croix, elle le fit enchâsser dans un splendide reliquaire et l'abbaye prit le nom de Sainte-Croix (Jacques Brosse, Histoire de la chrétienté d'Orient et d'Occident: de la conversion des Barbares au sac de Constantinople, 406-1204, 1995 - books.google.fr).

 

Arles, en relation avec l'édit de Caracalla, fils de Septime Sévère, qui donne la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire, apparaît peut-être au quatrain VII,22.

 

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