Perkin Warbeck

Perkin Warbeck

 

IX, 49

 

2139-2140

 

Gand et Bruceles marcheront contre Anvers

Senat de Londres mettront à mort leur Roy

Le sel et vin luy seront à l'envers

Pour eux avoir le règne en désarroy.

 

La révolte des Pays-Bas, 1482 - 1492

 

La mort de Charles le Téméraire au siège de Nancy semblait ouvrir la voie de la conquête des Pays-Bas bourguignons pour les Français. Seulement les villes brabançonnes sont aussi habiles à profiter de la jeunesse et de l’inexpérience de Marie de Bourgogne pour lui arracher des chartes provinciales assorties de nombreux privilèges, qu’à lui témoigner leur attachement face au roi de France, qui n’a pourtant pas cessé de les abreuver de son or. Pour se défendre, Marie épouse celui qui n'est encore qu'archiduc d'Autriche, Maximilien Ier de Habsbourg. Le 27 août 1479, il bat l’armée royale en rase campagne à Guinegatte. Mais Louis XI continue à le harceler. Maximilien est forcé de réclamer subsides et emprunts pour soutenir son effort de guerre, ce qui ne le rend pas populaire. La mort accidentelle de son épouse, victime d’une chute de cheval dans la forêt de Wynendaele, le 27 mars 1482, oblige Maximilien à se déclarer régent.

 

La France spécule sur le rejet de Maximilien, qui est étranger, par ses sujets. Seuls les Flamands sont rétifs. Gand envoie une ambassade à Paris pour négocier un traité de paix dans le dos du régent. Le 23 décembre 1482, ses États sont partagés par le traité d’Arras. La Bourgogne est intégrée à la France et sa fille Marguerite, dotée d’une autre partie de ses possessions, est promise au dauphin. Le vide provisoire du pouvoir, laissé par la disparition de Louis XI (1483), incite ses vassaux à se rebeller, sans succès, contre le pouvoir royal pour récupérer leurs privilèges. Une fois assez mûr pour régner, Charles VIII se tourne vers le royaume de Naples, qu’il rêve de conquérir. Pour avoir les mains libres, il signe en 1493 avec Maximilien le traité de Senlis, qui rétablit la situation antérieure au traité d’Arras : la Flandre, l'Artois, la Franche-Comté (ou comté de Bourgogne), le Charolais et Château-Chinon sont rendus à l'empereur.

 

Les Pays-Bas plongent pour dix ans dans la guerre civile qui oppose les villes soutenues par une partie de la petite noblesse au pouvoir central. Les campagnes militaires se succèdent et le sort des armes est changeant. Châteaux, villes et villages passent de main en main et paient un lourd tribut au passage de la soldatesque. La famine, provoquée par les mauvaises récoltes, et la peste, propagée par le déplacement des troupes, déciment la population et rendent l’économie exsangue. Aux prises avec une répression parfois sanglante des troupes maximiliennes, la rébellion des villes, qui n’est plus soutenue par la France, s’essouffle d’elle-même.

 

À la différence des villes flamandes, hostiles à Maximilien, les villes brabançonnes sont hésitantes : Bruxelles déroule le tapis rouge à Philippe de Clèves, placé à la tête de la rébellion le 18 septembre 1488, suivie par Louvain et la plupart des autres villes ; seules Anvers, Malines, Lierre et Vilvorde restent fidèles à Maximilien. Finalement soumises par le génie militaire d’Albert de Saxe, commandant en chef des armées du duc, les villes rebelles paient cher leur infidélité : amendes et indemnités de guerre sont tellement lourdes à porter qu’elles pèseront durablement sur leur pouvoir politique.

 

Maximilien remembre ses territoires, devient empereur à la mort de son père et cède les Pays-Bas bourguignons à son fils, Philippe le Beau (1478-1506) (fr.wikipedia.org - Maximilien Ier).

 

Perkin Warbeck, 1491 - 1499

 

Piers or Perkin Warbeck, said to have been the son of John Osbeck, or Olbeck, a converted Jew of Tournay, was a godson of Edward IV., and a young man of great personal attractions

and good manners. He was instructed by Margaret, dowager Duchess of Burgundy, and sister of Edward IV., to pass himself off as the young Duke of York, who was supposed to have been murdered in the Tower by Richard III. She first sent him to Portugal, where he remained for a year; but on the commencement of war between France and England, in 1492, she despatched him to Ireland, where he was received with welcome by the inhabitants of Cork. Charles VIII. of France next invited him to his court, and received him as the young duke and the rightful heir to the English crown ; but when peace became probable he dismissed him, Nov. 3. Perkin repaired to Flanders, where his cause was openly espoused by the dowager Margaret, who acknowledged him as her nephew, and gave him the cognomen of the White Rose of England. Intelligence of these events reached England early in 1493, and was eagerly believed by many who were discontented with the government of Henry VII. A conspiracy in favour of Perkin was formed by the Lord Chamberlain, Sir William Stanley, Sir Robert Clifford, and others. Henry VII. sent spies into Flanders, who obtained a knowledge of Warbeck's antecedents, and by dint of bribes he induced Clifford to betray his companions and to reveal all he knew of the conspiracy. Sir Simon Mountford, Sir Thomas Thwaites, and Robert Ratcliff were immediately executed; but the others received a commutation of sentence. Sir William Stanley was executed Feb. 16, 1495. Warbeck, who attempted to land at Deal July 3, 1495, was repulsed, and 169 of his adherents, made prisoners, were hanged by order of the king. Having subsequently besieged Waterford, in Ireland, he was compelled to flee by Sir Edward Poynings, July 23. After this failure he again retired to Flanders, where he remained till March, 1496, when he visited Scotland, and was favourably received by James IV., who gave him in marriage his kinswoman, the Lady Catherine Gordon, and invaded the northern counties of England in his behalf. A war breaking out in consequence between the two countries, Warbeck was obliged to retire to Ireland July 26, 1497, and subsequently to Whitsand Bay, Cornwall, where he landed Sep. 7, and was placed at the head of a large body of Cornish rebels. He retired to Taunton Sep. 20. Having been apprised of the approach of Lord Daubeney with a numerous army, he fled during the night to the sanctuary of Beaulieu, in Hampshire, Sep. 21. His wife, Lady Catherine Gordon, fell into the hands of the Royal troops, and became an attendant on the queen. Warbeck surrendered to Henry VII. Oct. 5, and was led in triumph through London Nov. 27. He was kept prisoner in the royal palace, and afterwards in the Tower, whence he escaped June 8, 1498, and took shelter with the prior of Shene. He again surrendered on the promise that his life should be spared, and was exhibited in the stocks at Westminster Hall, June 14, and the following day in Cheapside; after which he was once more removed to the Tower. Here he formed an intimacy with his fellow-prisoner, the young Earl of Warwick, son of George, Duke of Clarence, with whom he planned an escape and a renewal of his claims. The attempt failed, Aug. 2, 1499, and Warbeck was tried at Westminster Hall Nov. 16, and hanged Nov. 23. Warwick was tried Nov. 21, and executed Nov. 28. The account of Perkin (Piers or Peter) Warbeck's parentage is derived from his enemies. By some authorities he is believed to have been, if not Richard, Duke of York, at any rate a son of Edward IV (The Manual of Dates: A Dictionary of Reference to the Most Important Events in the History of Mankind to be Found in Authentic Records, Tome 2, 1867 - books.google.fr).

 

Perkin Warbeck was not tried in Westminster Hall, because an enemy; but a commission was directed forth to certain persons to execute the office of Constable, and so he was hanged, drawn, and quartered (Proceedings in Parliament, 1628: Commons debates, 1628: 17 March-19 April 1628, 1977 - books.google.fr).

 

"leur Roy"

 

En 1491, Warbeck débarqua en Irlande pour tenter de rallier des partisans, suivant l'exemple d'un autre prétendant, Lambert Simnel, quatre ans auparavant. Cependant, il n'en trouva guère et dut revenir sur le continent. Là, il fut plus chanceux. Il fut reçu par Charles VIII de France, mais celui-ci le chassa en 1492 en vertu du Traité d'Étaples, par lequel le roi de France acceptait de ne pas donner refuge à des rebelles opposés aux Tudor. Il fut reconnu comme étant Richard de Shrewsbury par Marguerite d'York, sœur d'Édouard IV d'Angleterre et veuve de Charles le Téméraire. On ignore si elle croyait réellement à son identité proclamée, ou si elle le soutenait pour des raisons politiques. Elle lui enseigna les usages de la cour de York. Le roi d'Angleterre se plaignit de l'asile accordé à Warbeck auprès du nouveau duc de Bourgogne Philippe le Beau et, devant l'absence de réponse, imposa un embargo commercial à la Bourgogne. Warbeck fut reçu par d'autres monarques européens en tant que «duc d'York». À l'invitation du père du duc Philippe, l'empereur Maximilien, il assista en 1493 aux funérailles de son prédécesseur, l'empereur Frédéric III, et fut reconnu comme le roi Richard IV d'Angleterre. Warbeck promit aussi que s'il mourait avant d'accéder au trône, Maximilien hériterait de ses droits sur la couronne anglaise (fr.wikipedia.org - Perkin Warbeck).

 

Commerce entre Angleterre et Flandres

 

Pour désorganiser le commerce des vins, il fallut les catastrophes qui s'abattirent en Angleterre au XVe siècle, la guerre civile et les défaites qui entraînèrent la perte des possessions continentales. Avec le XVIe siècle, des rapports amicaux succèdent pour la France et l'Angleterre à cent années de luttes. C'est bientôt un rapprochement dicté par des intérêts communs; le traité de Blois de 1572, que signe Élisabeth et le traité de commerce de 1606 entre Henri IV et Jacques Ier ne font que consacrer une longue série d'efforts d'apaisements remontant à François Ier et à Henri VIII.

 

Les anciens qui se souvenaient de la sobriété du temps d'Henry VII, s'indignaient et ne comprenaient pas. En réalité, un grand changement s'est opéré depuis le moyen âge; le peuple a désappris le goût du vin. On n'en boit plus qu'à la Cour, chez les nobles et dans les tavernes, mais on en boit immodérément. Les auteurs anglais du temps ont cherché à cette intempérance une explication qui fût une excuse. Pour le dramaturge Heywood, la «vinosité» des Anglais est atavique. Les vieux conquérants d'Albion d'où ils descendent, lui semblent des  géants attablés devant un quartier de sanglier et buvant du vin dans des cornes d'aurochs (Charles Bastide, Les vins de France en Angleterre sous l'ancien régime, Annales des sciences politiques, Volume 50, 1927 - books.google.fr).

 

Le roi Henri VII n'était cependant pas resté inactif : il avait, lui aussi, envoyé des émissaires secrets en Irlande, qui assuraient que le prétendu duc d'York n'était autre que Perkin Warbeck, fils d'un marchand de Tournai, juif converti; qu'il avait beaucoup fréquenté les négociants anglais en Flandre, puis voyagé en Europe à la suite de lady Brompton, femme d'un exilé. Sur la foi de ces renseignements, Henri demanda à l'archiduc Philippe, fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne, de lui livrer ou de chasser du moins de ses États cet audacieux imposteur. Philippe prodigua les assurances de son dévouement, promit de refuser tout appui au prétendant; mais la duchesse Marguerite était souveraine dans ses États, et nul ne pouvait la contraindre de renvoyer Perkin Warbeck. Henri VII interdit à ses sujets tout commerce avec la Flandre, et il eut recours à la ruse pour obtenir ce que la diplomatie lui refusait. Sir Robert Clifford, corrompu, livra les noms des conjurés; ils furent tous arrêtés : sir Simon Montford, sir Robert Ratcliffe et William Daubeney furent exécutés sur-le-champ. Parmi ceux qui reçurent leur grâce, «peu de gens survécurent longtemps,» dit le chroniqueur; lord Fitzwater, entre autres, ayant cherché à s'échapper de sa prison de Calais, fut décapité sans autre forme de procès. Un plus grand que lui allait bientôt payer de sa vie les mêmes soupçons. Sir William Stanley, frère du lord Stanley maintenant comte de Derby, qui avait placé sur le trône Henri VII et qui avait lui-même sauvé la vie du roi à Bosworth, fut accusé par Clifford d'avoir trempé dans la conspiration. Le roi refusa d'abord de le croire; mais lorsqu'il interrogea son chambellan, sir William s'embarrassa dans ses réponses et finit par avouer un certain degré de complicité. Les juges de Westminster tenaient le crime pour suffisant : Stanley fut condamné à mort. Chacun comptait sur sa grâce; on se souvenait de l'aversion du roi pour le sang, comme des services que lui avait rendus la famille du coupable; mais on oubliait la grande fortune de sir William : il fut exécuté et tous ses biens confisqués. La terreur commençait à gagner les conspirateurs; ils se défiaient les uns des autres. La position de Warbeck devenait difficile en Flandre; les négociants se plaignaient de la cessation du commerce anglais. L'aventurier résolut de débarquer subitement en Angleterre, espérant qu'on se soulèverait en sa faveur. Il arriva près de Deal, le 5 juillet 1495, pendant que le roi était allé faire une visite à sa mère dans le comté de Lancaster. Il était accompagné par cinq cents hommes environ, tous exilés anglais et d'une bravoure désespérée; mais la population se leva contre l'imposteur et non pour lui : les paysans du Kent combattaient avec leurs bâtons et leurs fourches (François Guizot, L'histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'avènement de la reine Victoria, Tome 1, 1877 - books.google.fr).

 

Piraterie

 

It seems that these two captives planned an escape, which being discovered, they were both accused of treason, and condemned to death. Warwick was beheaded on Towerhill; but his companion in misfortune, Perkin Warbeck, was executed in a more ignoble manner, being hanged at Tybum. The Lady Catherine, who, after her husband’s death, was called the “White Rose of England,” continued at court; and some years afterwards, when time had softened her sorrows, she married a Welsh gentleman, named Sir Matthew Cradock, and was buried by his side at Swansea; where her tomb is still to be seen.

 

Having thus given you a long account of the affairs of the king, I will proceed to speak about those of the people. During the reign of Henry the Seventh, a treaty was entered into by the respective governments of England and Burgundy, which is important in history, because it is a proof of the increase of commerce in Europe, and also shows that the rulers of kingdoms were beginning to think that trade was of more consequence than war. By this treaty, the two nations agreed to protect each other’s ships from pirates; the merchants of each country were to have free liberty to trade to the ports of the other, and to fish on the coasts; the enemies of the one were not to be allowed to bring their goods into the markets of the other; and in short, any thing that was contrary to the interests of either, in a commercial point of view, was to be equally rejected by both (Julia Corner, The History of England: from the earliest period to the present time. Adapted for youth, schools, and families. With plates and a map, 1842 - books.google.fr)/

 

L'Angleterre, disqualifiée par les luttes dynastiques connues sous le nom de guerre des Deux Roses, avait retrouvé en 1485 une fragile unité sous la nouvelle dynastie des Tudor. Henri VII a pour objectif principal de consolider son nouveau pouvoir et ne se montre guère disposé à de grandes entreprises extérieures (Alain Tallon, L'Europe au XVIe siècle: états et relations internationales, 2010 - books.google.fr).

 

Or un esprit de rébellion plane sur Albion, la «rose blanche» d'York reste populaire, notamment en Irlande, plusieurs prétendants au trône surgissent: le Habsbourg, encouragé par Marguerite d'York, qui rêve de contribuer au renversement d'Henri VII, va soutenir l'un d'eux, le plus redoutable sans doute, Perkin Warbeck. Voilà des turbulences qui menacent la quiétude de Philippe et de ses conseillers. A l'âge de cinq ans déjà, durant son séjour gantois, le jeune «duc de Bourgogne» voyait apposer son nom au bas d'une lettre à Richard III, protestant contre des actes de piraterie sanglants commis par des ressortissants d'Angleterre aux dépens de sujets de Flandre et les épinglant comme des atteintes à l'«entrecours de la marchandise» alors en vigueur. On peut donc penser que les «anges gardiens» flamands de l'enfant ont ici éveillé son attention à un des grands enjeux de la politique de ses états. En décembre 1488, le nouveau monarque des Iles délègue des représentants pour débattre avec Philippe et les Membres de Flandre, comme par ailleurs avec Maximilien, des termes du traité qui sera conclu en avril 1489, of and upon a true, perfect, and perpetuelle amyte, liege, confederacioun, union and intercours of merchandise. L'année suivante enfin, dans un mandement royal, l’archduke of Astrich est explicitement associé à Henri VII lui-même, à Maximilien, à Ferdinand et Isabelle, au roi de Portugal et à la duchesse de Bretagne au sein de la grande «coalition» anti-française (Jean-Marie Cauchies, Phillippe le Beau: Le dernier duc de Bourgogne, 2003 - books.google.fr).

 

Le Grand Entrecours, l'Intercursus Magnus conclu, en 1496, entre Henri VII, roi d'Angleterre, et Philippe le Beau, duc de Bourgogne, établit des conventions monétaires. On fit des tentatives communes pour réprimer la piraterie (Yves Guyot, Les garanties de la paix : Les leçons du passé, Tome 1, 1918 - books.google.fr).

 

Typlogie

 

Si on reporte la date de 2139 sur la date pivot de 1482 (début de la révolte aux Pays-Bas) on obtient 825 et sur 1499 (exécution de Warbeck) 859.

 

Pourquoi le cadavre carolingien attire-t-il ces mouches que la dépouille mérovingienne n'avait pas fait sortir de leurs repaires ? Quoiqu'il en soit, les longues barques semi-pontées des Vikings commencent à surgir de tous côtés. Certains de ces drakkars peuvent porter jusqu'à 240 hommes. Leur voilure leur permet de remonter dans le vent. Dès la mort de Charlemagne, l'abbaye de Ré est incendiée, Noirmoutiers pillée, les Hébrides sont conquises. En 820 les Flandres sont attaquées. L'Angleterre, devant des incursions répétées, concentre ses forces. Avec Egbert Ier elle sera bientôt unifiée. Les Sarrasins, pendant ce temps, vont porter au trafic maritime Occident-Byzance un coup terrible. En 825, des Musulmans partis des Baléares s'emparent de la Crète. En 827, cette catastrophe en entraîne une autre. Profitant d'une révolte du gouverneur grec de la Sicile, les Aghlabides de Kairouan saisissent l'occasion d'intervenir.  En 830 Agrigente, en 831 Palerme, seront prises par les Musulmans. La conquête de la Sicile est commencée. Byzance où régneront successivement les empereurs iconoclastes Léon V l'Arménien (813-820), Michel II (820-829), Théophile (829-842) et Michel III l'Ivrogne (842-867), Byzance absorbée depuis 829 par la guerre contre Badgad ne pourra ni arrêter l'action musulmane en Sicile, ni reprendre la Crète où le repaire de Chandax bloque le commerce méditerranéen de l'empire grec. Venise y gagne son autonomie. Elle n'hésite pas d'ailleurs à trafiquer avec les Musulmans, et, dès 828, ses relations avec les Sarrasins d'Egypte sont si fréquentes et si cordiales qu'elle obtient de procéder à la translation des cendres de Saint Marc qui, d'Alexandrie, s'en va dormir aux rives du Rialto. [...]

 

Courant impérialiste, courant anarchique, ces deux mouvements intérieurs passent d'ailleurs au second plan auprès d'une autre vague de fond autrement brutale, pressante, tragique : les invasions normandes et sarrasines. En 844, l'année qui suit le traité de Verdun, les Vikings remontent la Garonne jusqu'à Toulouse. Ils longent même les côtes d'Espagne. En 845, c'est le pillage de Hambourg, de Rouen, ce sont des incursions en Flandres et en Aquitaine. En 847 Bordeaux est saccagé. En 848 c'est le tour de Paris. Charles le Chauve doit acheter le départ des pirates. Cette même année, des navires normands ravagent les côtes de Galice, pénètrent dans le Tage, pillent Lisbonne, assiègent Séville traitant maures comme chrétiens. Ils livrent trois batailles contre les troupes des Omeiyades. En Méditerranée les Sarrasins s'en donnent de leur côté à cœur joie. En 846 Ostie est prise. Les faubourgs de Rome sont ravagés. Les basiliques de Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs sont saccagées et les tombeaux des apôtres profanés par les infidèles. La Corse, la Sardaigne sont partiellement occupées. Louis II, le fils de Lothaire, réagit. En 847 il reprend Bénévent aux Sarrasins. Mais en 849 les Arabes s'emparent de Luni. En 850 Louis II échoue devant Bari. Les infidèles pillent le Mont-Cassin, ravagent la Provence.

 

Les Normands cependant continuent leurs exploits. En 851 Londres et Canterbury sont pris d'assaut. L'Irlande est soumise aux Danois. Dans leur course, peut-être inconsciente sur la double route de Constantinople, les Normands marquent une nouvelle étape. Une de leurs flottes passe le détroit de Gibraltar et pille les côtes de la Méditerranée. En 855 le Perche est ravagé, Bordeaux visité. En 856 Paris brûle. En 858 c'est Chartres, c'est Brême. Les Danois sont, à cette date, maîtres, en Angleterre, de la Northumbrie, de la Mercie et d'une partie du Wessex. En 859 Amiens est victime des pirates qui d'autre part, comme attirés toujours par Constantinople, font la course le long des côtes d'Espagne et en 860, après avoir franchi à nouveau le détroit de Gibraltar, se distraient en Septimanie (Pierre Dumoulin de Laplante, Histoire générale synchronique, Tome 2, 1947 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Ecgberht Ier (roi du Wessex)).

Contact