La fin du règne de Louis XIV

La fin du règne de Louis XIV

 

III, 14

 

1714-1715

 

Par le rameau du vaillant personnage,

De France infime par le pere infelice:

Honneurs richesses, travail en son vieil aage,

Pour avoir creu le conseil d'homme nice.

 

Rameau 1714

 

Né dans la nuit du 24 septembre 1683 à Dijon, rue Saint-Michel, portant actuellement les n° 5 et 7 de la rue Vaillant, Jean-Philippe Rameau est baptisé le lendemain en l'église Saint Étienne pour le compte de la paroisse Saint-Médard (Sylvie Bouissou, Jean-Philippe Rameau, 2014 - books.google.fr).

 

Jean-Bapliste-Philibert Vaillant naquit à Dijon le 6 décembre 1790, dans une maison de la rue Saint- Michel. Il était fils de Hubert-Michel-François Vaillant et de Bernarde Canquoin (Le maréchal Vaillant, Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, 1920 - books.google.fr).

 

Ce n'est qu'après la mort du maréchal Vaillant, en 1872, qu'on transforma la rue Saint-Michel en rue Vaillant (Eugène Fyot, Dijon, son passé évoqué par ses rues, 1928 - books.google.fr).

 

Jean Baptiste Philibert Vaillant (1790-1872), Maréchal de France, participa à la prise dAlger en 1830. Ministre de la guerre en 1845, il fut commandant en chef de l'armée d'Italie en 1859. Nice devint française à la suite en 1860 (Florent Arnaud, Le GRAND LIVRE de L'HISTOIRE du MONDE des HOMMES, Tome VII, 2010 - books.google.fr).

 

Son père, Jean Rameau, est organiste à l'église Saint-Étienne de Dijon, et, de 1690 à 1709, à l'église paroissiale Notre-Dame de Dijon. Formé à la musique par son père, Jean-Philippe sait ses notes avant même de savoir lire (le fait n'est pas inhabituel à cette époque et se retrouve chez beaucoup de musiciens de père en fils, cf. Couperin, Bach, Mozart). À dix-huit ans, son père l'envoie faire le Grand Tour en Italie pour y parfaire son éducation musicale : il ne va pas plus loin que Milan et encore ne connaît-on rien de ce court séjour : quelques mois plus tard, il est de retour en France. Jusqu'à l'âge de quarante ans, sa vie est faite de déménagements incessants et assez mal connus : après son retour en France, il aurait fait partie d'une troupe de musiciens ambulants, comme violoniste, jouant sur les routes du Languedoc et de Provence et aurait séjourné à Montpellier. Dans cette ville, un certain Lacroix l'aurait instruit de la basse chiffrée et de l'accompagnement. En janvier 1702, on le trouve organiste intérimaire à la cathédrale d'Avignon. Le 30 juin 1702, il signe un contrat de six ans pour le poste d'organiste à la cathédrale de Clermont-Ferrand. Le contrat ne va pas à son terme, puisque Rameau est à Paris en 1706 comme le prouve la page de titre de son premier livre de clavecin, le désignant comme «organiste des jésuites de la rue Saint-Jacques et des Pères de la Merci». Selon toute vraisemblance, à cette époque, il fréquente Louis Marchand, qui était précédemment - en 1703 - organiste des jésuites de la rue Saint-Jacques et Rameau y est donc son successeur. Enfin, le Livre de pièces de clavecin, premier ouvrage de Rameau, témoigne de l'influence de son aîné. En 1709, Rameau retourne à Dijon pour y prendre, le 27 mars, la succession de son père, à l'orgue de l'église paroissiale Notre-Dame. Là aussi, le contrat est de six ans mais ne va pas à son terme. En juillet 1713, Rameau est à Lyon, comme organiste de l'église des Jacobins. Il fait un court séjour à Dijon lors de la mort de son père en décembre 1714, il y assiste au mariage de son frère Claude en janvier 1715 et retourne à Lyon. Il retourne à Clermont-Ferrand dès le mois d'avril, muni d'un nouveau contrat à la cathédrale, pour une durée de vingt-neuf ans. Il y reste en fait huit ans. La publication en 1722 de son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels, traité fondamental, qui pose Rameau comme musicien savant, il y réfléchit en fait depuis sa jeunesse. Il suscite de nombreux échos dans les milieux scientifiques et musicaux, en France et au-delà des frontières. Rameau est de retour à Paris, cette fois de manière définitive, à partir de 1722 ou au plus tard début 1723 (fr.wikipedia.org - Jean-Philippe Rameau).

 

"vaillant personnage"

 

On ne quitte pas le domaine musical.

 

Vive Henri IV ! est une chanson qui a été écrite en l'honneur d'Henri IV et qui a été durablement populaire en France. Le thème musical est emprunté à un noël populaire du XVIe siècle figurant dans le recueil de Christophe de Bordeaux (1581), mais dont une partie appartient à une danse plus ancienne également du XVIe siècle «Les Tricotets». Il est réutilisé dans le «branle coupé Cassandre» de L'Orchésographie de Thoinot Arbeau (1588) datant d'avant l’avènement d'Henri IV (1589). Son premier couplet anonyme est composé du vivant du roi vers 1600 sur le même thème adapté pour l'occasion par le maître de la chapelle royale Eustache du Caurroy.

 

Vive Henri IV !

Vive ce roi vaillant !

Vive Henri IV !

Vive ce roi vaillant !

Ce diable à quatre

A le triple talent

De boire et se battre

Et d'être un vert galant (fr.wikipedia.org - Vive Henri IV !).

 

"France infime"

 

"infime" : petit peuple (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

La partie du peuple français la moins aisée sera réduite à la misère ("infelice").

 

Le tiers état a trop souffert au cours des trente années qui finissent le règne : la stagnation économique, la misère, suite des mauvaises récoltes, des guerres et des accidents climatiques, la lourdeur des impôts, l’isolement du roi, tout a contribué à détourner les Français d’un monarque lointain, et qui paraît indifférent. Le roi est enfermé à Versailles, entouré d’une petite cour de favoris, d’une oligarchie de privilégiés, coupés des réalités sociales. Les gens subissent en silence, avec patience, les mauvais procédés des autorités. Mais leur confiance dans leur roi est ébranlée, elle est même perdue et ne reviendra plus. Et c’est sous les huées de la foule des badauds que le corbillard du roi s’acheminera de Versailles à la nécropole de Saint-Denis (Jacques Bouveresse, Le règne de Louis XIV, ou la rupture définitive entre la société française et la monarchie, Les Annales de droit n° 10, 2016 - journals.openedition.org).

 

"père"

 

Que le roi se présente comme un père, ne devrait pas étonner, puisque le livre avait été écrit pour l’instruction du jeune fils du roi. Mais le fils de Louis XIV ne serait jamais plus que le «Grand Dauphin», comme mourut à la petite vérole en 1711. Son père lui survivra encore quatre ans, jusqu’à sa propre mort en 1715. Dès le tout début des Mémoires, Louis XIV se montre comme Louis de Bourbon, père dévoué de sa famille et de sa dynastie, ne croyant pas «que les rois, sentant, comme ils font, en eux toutes les tendresses paternelles, fussent dispensés de l’obligation commune des pères, qui est d’instruire leurs enfants par l’exemple et par le conseil.» Le roi commence le texte en exprimant sa prise de responsabilités à l’égard de ses propres enfants et affirme ainsi l’importance de son corps privé pour son cercle de famille, comme il en est de tous les pères. Bien que l’éducation paternelle soit ce qu’il appelle «son devoir particulier», il ne tarde pas à le lier aussitôt à son «devoir public», qu’emporte son «haut rang». Le fait que le roi s’occupe de l’enseignement de son fils, s’inscrit dans le service rendu au peuple: un Dauphin ayant eu une bonne instruction, fera plus tard un sage roi. La tendresse du père pour ses enfants ne peut qu’exister que lorsqu’il reconnaît la dette qu’il a envers le Ciel pour la grâce qu’il a obtenu par sa position. Le remboursement devra se fera en tant que père bienveillant pour son peuple et en «faisant communiquer toutes nos lumières à celui qui doit régner après nous.» (Matthias Verhegge, L’État, c’est quoi ? Les conceptions du pouvoir et les Mémoires de Louis XIV, 2009 - lib.ugent.be).

 

Homme nice

 

"travail" : peine ; "nice" : sot, incapable (Brind'Amour).

 

On a dit et répété que Louvois, le grand ministre militaire de Louis XIV, n'avait pas eu de successeur; que la direction des armées avait été abandonnée après lui aux de généraux trop souvent incapables ; que le grand roi vieilli et ses derniers ministres, Barbezieux, Chamillart, Voisin, avaient lié les mains des généraux, conduit sans compétence les opérations militaires, et provoqué les défaites qui signalèrent la dernière partie du règne ; l'opinion répandue enfin parmi les historiens est qu'après Louvois tout n'a été que désordre, confusion, désastres, que le ministre a emporté dans la tombe le génie du roi et celui de la France. Chose incroyable, ces opinions ont été répandues presque autant du vivant même de Louis XIV que de notre temps (Annales de l'Académie de Mâcon, 1895 - books.google.fr).

 

Bientôt viendra le temps où les grands administrateurs ne seront pas comptés davantage, où Louis XIV, débarrassé de Louvois, débarrassé de Chamlay, prendra le premier venu, l'incapable Chamillart, pour administrer la guerre que fera l'incapable Villeroy (Camille Rousset, Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire, Tome 4, 1864 - books.google.fr).

 

Michel de Chamillart, ministre de Louis XIV, né en 1652, mort en 1721, fut conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes, intendant à Rouen, intendant des finances, administrateur des revenus de Saint-Cyr, il fut nommé contrôleur-général des finances après le comte de Pontchartrain, 1699, et, deux ans plus tard, secrétaire d'Etat de la guerre après le marquis de Barbezieux 1701. Estimé de tout le monde pour son intégrité et la douceur de son caractère, il se montra ministre incapable, et contribua plus que personne, par cette incapacité même, aux revers des dernières années de Louis XIV. Il se démit de ses fonctions en 1708 et 1709, et mourut dans la retraite (Ch. Dezobry, Théodore Bachelet, Dictionnaire général de biographie et d'histoire, Tome 1, 1876 - books.google.fr).

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