La mort du Maréchal de Villars

La mort du Maréchal de Villars

 

III, 43

 

1736-1737

 

Gens d'alentour de Tarn, Loth, & Garonne

Gardez les monts Apenines passer !

Vostre tombeau près de Rome & d'Anconne,

Le Noir poil crespe fera trophée dresser.

 

"noir poil crespe"

 

Le "noir poil crespe" renverrait Ă  Jules (grec "ioulos" "frisĂ©") CĂ©sar (latin "caesaries" : chevelure) ("noir" pour le caractère) : cf. quatrain II, 79 - Tourville - 1689.

 

"d'alentour de Tarn, Loth, & Garonne"

 

Entre Tarn, Loth et Garonne, se trouve l'Agenais ayant pour capitale Agen.

 

L'existence des Nitiobriges – César donne tantôt Nitiobriges, tantôt Nitiobroges - apparaît en 107 avant Jésus-Christ lorsque le consul Lucius Cassius Longinus est battu dans le pays des Nitiobriges par les Tigurins et les Volques Tectosages. César cite un de leurs rois, Ollovicus, qui est paré du titre d'«ami du peuple romain», ce qui s'explique en raison de la proximité de la Provincia romana. Les Nitiobriges aidèrent Crassus contre les Sotiates lors de la troisième campagne de la guerre des Gaules , mais leur roi Teutomat soutint aussi Vercingétorix lors de la révolte de 53-52 en participant à la défense de Gergovie et en ralliant l'armée de secours qui essaya de faire lever le siège d'Alésia. La ville principale du royaume des Nitiobriges se situait selon toute vraisemblance sur le plateau de l'Ermitage, au nord de la ville actuelle d'Agen, qui présente tous les caractères d'une place forte facile à défendre (Stéphane Baumont, Histoire d'Agen, 1991 - books.google.fr).

 

Scaliger est un autre Jules César, un Jules César de l'humanisme et des lettres.

 

MĂ©decin gyrovague, Nostradamus, sorti de la facultĂ© de Montpellier, En 1531, Michel de Nostre-Dame se marie avec la fille d'un notable d'Agen qui lui donnera deux enfants : un garçon et une fille. En 1533, il s'Ă©tablit Ă  Agen oĂą il pratique la mĂ©decine de soins Ă  domicile. A Agen, Michel de Nostre-Dame se lie d'amitiĂ© avec un certain Jules-CĂ©sar Scaliger. Celui-ci est installĂ© Ă  Toulouse, Ă©rudit de la Renaissance, c'est "un personnage incomparable, sinon Ă  un Plutarque" selon Michel de Nostre-Dame, il Ă©crit sur tout, impertinent il s'attaque Ă  tout le monde, s'intĂ©resse Ă  la botanique et fabrique des pommades et des onguents. La population loue les talents des deux mĂ©decins lors de l'Ă©pidĂ©mie de peste de 1534. Plus tard, vers 1537 ou 1538, un drame marquera sa vie Ă  jamais : sa femme et ses deux enfants pĂ©rirent, d'une cause non Ă©lucidĂ©e, vraisemblablement de la peste. Mais, en 1538 le Tribunal de l'Inquisition de Toulouse mène une enquĂŞte sur l' enseignement et les mĹ“urs de Scaliger. Michel de Nostredame jugea plus prudent de se faire oublier en entreprenant un voyage (www.medarus.org).

 

Jules César Scaliger (né le 23 avril 1484 à Riva del Garda, mort le 21 octobre 1558 à Agen) est un érudit d'origine italienne, fils de Benedetto Bordon, peintre en miniatures. Il prétendait être apparenté à la maison noble des della Scala (d'où le nom qu'il prit). Il est le père de Joseph Juste Scaliger (fr.wikipedia.org - Jules César Scaliger).

 

L'insurrection de -52

 

Lors de l'insurrection gĂ©nĂ©rale de 52, le Cadurque Lucter reçut mission d'envahir la Province; les montagnards (Rutènes, Gabales, Nitiobriges) se massèrent Ă  son appel près de la frontière : «de Javols Ă  Rodez et Ă  Agen, un demi-cercle d'ennemis entoura la province romaine» (C. Jullian). CĂ©sar sentit le danger; il se rendit en Languedoc pour y organiser la dĂ©fense et finalement personne ne bougea (Histoire du Languedoc, 1990 - books.google.fr).

 

Lucter avait Ă©galement rĂ©ussi Ă  entraĂ®ner les peuplades près desquelles il Ă©tait envoyĂ©. Il fallut l'activitĂ© surhumaine de CĂ©sar pour dĂ©jouer un plan si bien combinĂ© ! Le proconsul vola comme la foudre des Apennins sur le RhĂ´ne, improvisa une armĂ©e avec les milices provinciales rĂ©unies Ă  des cohortes de rĂ©serve, amenĂ©es d'Italie, jeta dans toutes les places menacĂ©es, du RhĂ´ne Ă  Toulouse, des garnisons entre lesquelles n'osa pas s'engager Lucter; puis, avec le reste de ses troupes, se porta vers les CĂ©vennes par le pays des Helves (Vivarais), franchit, Ă  travers six pieds de neige, ces montagnes que les Arvernes regardaient comme un rempart inexpugnable, et tomba en Arvernie par des sentiers que les habitants ne croyaient pas praticables en hiver pour un seul homme (Henri Martin, Histoire de France, depuis les temps les plus reculĂ©s jusqu'en 1789, Tome 1, 1865 - books.google.fr).

 

Si César ressentit une amertume particulière de la trahison inattendue des Nitiobriges, ce fut plus à cause de la surprise que pour la force du concours apporté à ses adversaires (G. Tholin, La question des Sotiates, Revue de l'Agenais et des anciennes provinces du Sud-ouest, historique, littéraire, scientifique & artistique, Volume 23, 1896 - books.google.fr).

 

L'opération devait être reprise après le succès de Vercingétorix à Gergovie, mais la défaite finale des Gaulois empêcha sa réalisation et le dernier sursaut de l'indépendance s'acheva par la catastrophe d'Uxellodunum, dont l'emplacement est toujours discuté. César victorieux visita la Province et lui témoigna sa reconnaissance pour la loyauté dont elle avait fait preuve à son égard (Histoire du Languedoc, 1990 - books.google.fr).

 

Uxellodunum se trouve dans le département du Lot (Puy D'Issolud, Dordogne lotoise), situé au Moyen Âge à Capdenac sur le Lot (fr.wikipedia.org - Uxellodunum).

 

"trophee"

 

Nous savons par les auteurs ancien que Fabius, Marius, Pompée, César et d'autres encore firent élever, sur le champ de bataille même ou sur un sommet dominant le pays conquis, des trophées magnifiques (Jean-Camille Formigé, Le trophée de la Turbie, Comptes rendus des séances de l'année - Académie des inscriptions et belles-lettres, 1910 - books.google.fr).

 

Nous savons que CĂ©sar a fait frapper des monnaies sur lesquelles figurent des trophĂ©es. On y voit des casques, des boucliers et des lances, ainsi que des trompettes de guerre et des enseignes militaires. Nous ignorons toutefois si ce type de monuments cĂ©lĂ©brant le triomphe Ă©taient encore bel et bien Ă©rigĂ©s Ă  l'Ă©poque de CĂ©sar. Les sources historiques restent muettes Ă  ce sujet. Si le texte de CĂ©sar rapporte l'usage de la congeries armorum chez les Gaulois (BG VI, 17), il ne suggère Ă  aucun moment que les Romains pratiquaient la mĂŞme coutume. Les frises du sanctuaire d'AthĂ©na Ă  Pergame reprĂ©sentent dĂ©jĂ  les armes des diffĂ©rents protagonistes. Avant le changement d'ère on peut Ă©galement citer le mausolĂ©e de Saint-RĂ©my, sur lequel figure une bataille opposant les Romains aux Gaulois ou aux Galates (?), selon la conception hellĂ©nistique; mentionnons enfin l'arc d'Orange, oĂą les vaincus sont reprĂ©sentĂ©s Ă  cĂ´tĂ© de trophĂ©es. La distance qui sĂ©pare d'ailleurs le monnayage cĂ©sarien de l'arc d'Orange n'est pas si importante. Sur l'arc d'Orange figurent Ă©galement des Ă©tendards et des trompettes de guerre, qui font prĂ©cisĂ©ment dĂ©faut Ă  AlĂ©sia. Or, CĂ©sar rapporte Ă©galement qu'on lui apporta 74 Ă©tendards (BG VII, 88). Il Ă©tait vraisemblablement plus prestigieux de rapporter les armes et les insignes et de les exhiber Ă  Rome lors du triomphe que de les laisser dans un paysage dĂ©vastĂ©. Cela ne signifie naturellement pas que l'on a Ă©rigĂ© un ou plusieurs trophĂ©es dans un but dissuasif. Mais le trophĂ©e n'explique pas Ă  lui seul la grande quantitĂ© d'armes dĂ©couvertes, pas plus que les ossements d'hommes et de chevaux ou les objets divers, qui n'ont rien Ă  voir avec un trophĂ©e. En outre, la dispersion des armes parfois importante et leur mauvais Ă©tat de conservation dans certains cas s'opposent Ă  cette interprĂ©tation (Siegmar von Schnurbein, AlĂ©sia : Le matĂ©riel, 2001 - books.google.fr).

 

MichaĂ«l Nostradamus Sextrophaeanus, c'est ainsi que Nostradamus signe son opuscule des Exquises Receptes, s'enorgueillissant de son lieu de naissance : «saint Remy en Provence dite Sextrophaea», c'est-Ă -dire la ville du trophĂ©e de Sextus. Dans la prĂ©face, il se prĂ©sente comme Sextrophaea natus Gallia («natif de la Gaule oĂą se trouve le trophĂ©e de Sextus»), adaptant les premiers vers de l'OdyssĂ©e : Nostradami laborem me nosse qui plurimum terrae peragravit, Sextrophaea natus Gallia («Je sais le labeur de Nostradamus, qui a parcouru la majeure partie de la terre, nĂ© en Gaule SextrophĂ©e.») Par cette citation, il s'identifie Ă  Ulysse, le hĂ©ros aux mille ruses, qui tant erra, dĂ©couvrit tant de villes et tant de mĹ“urs. Si Nostradamus place sa disparition sous le patronage de Tite-Live, il convie donc Homère Ă  sa naissance ! La ville de Saint-RĂ©my-de-Provence, redevable de son nom Ă  la protection de l'abbaye de Saint-RĂ©mi de Reims, est un lieu Ă©nigmatique au passĂ© prestigieux. Elle est construite sur l'ancienne ville romaine de Glanum, bâtie elle-mĂŞme sur des ruines grecques. Ă€ la Renaissance, les fouilles n'avaient pas encore mis Ă  jour les vestiges de l'antique citĂ© dĂ©truite au cours de l'invasion germanique du IIIe siècle, mais il subsistait du passĂ© romain deux magnifiques monuments : l'arc triomphal et le mausolĂ©e. Ces antiques ont excitĂ© les curiositĂ©s. Parmi les sculptures de l'arc de triomphe, certains ont cru voir, dans la reprĂ©sentation d'une femme qui fait quelques signes, Maria, la devineresse que Marius, le vainqueur des Teutons en Provence, avait amenĂ©e avec lui et qui lui avait prĂ©dit la victoire. ÉlevĂ© au Ier siècle avant J.-C., cet arc de triomphe cĂ©lèbre en fait la victoire de Jules CĂ©sar sur les Gaulois et les Grecs de Marseille. Le mausolĂ©e un cĂ©notaphe d'une vingtaine de mètres de haut est terminĂ© par une sorte de rotonde avec deux statues en toge, aux tĂŞtes manquantes, si bien que l'une d'elles a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme Julia, femme de Marius et tante de Jules CĂ©sar. Il porte l'inscription «SEX L M IULEI C F PARENTIBUS SUEIS». Elle a donnĂ© lieu Ă  diverses interprĂ©tations; un historien du XVIIe siècle, prĂ©cisant que certains tenaient ces deux monuments pour des trophĂ©es commĂ©morant une victoire, en fournit une dizaine, dont celle de l'humaniste Guillaume BudĂ© et celle de Nostradamus, qui, ajoute-t-il, a aussi Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă  un Portugais. CĂ©sar indique que son père lisait «Sextus Laetius Maritus Iuliae istam columnam fecit», c'est-Ă -dire «Sextus Laetius, le mari de Julia, a fait cette colonne». Jean Poldo d'Albenas, dans un ouvrage consacrĂ© aux antiquitĂ©s de NĂ®mes, rapporte avoir entendu dire que François VallĂ©riole, mĂ©decin Ă  Arles, avait doctement Ă©crit sur le mausolĂ©e de Saint-RĂ©my; le document de cet ami de Nostradamus est perdu. Nostradamus Ă©voque ce mausolĂ©e Ă  plusieurs reprises dans son Ĺ“uvre. Ainsi, dans un quatrain de ses ProphĂ©ties avec la rĂ©fĂ©rence Ă  ArtĂ©mise, femme du roi Mausole qui lui fit bâtir un sĂ©pulcre si beau qu'il laissa son nom aux monuments funĂ©raires grandioses, les mausolĂ©es :

 

Salon, Mansol, Tarascon de SEX. l'arc,

Ou est debout encor la piramide,

Viendront livrer le prince Dannemarc,

Rachat honni au temple d'Artémise (Mireille Huchon, Nostradamus, 2021).

 

On appelle le mausolée de Saint Rémy le Mausolée des Julii (Bruno Fornasier, Les fragments architecturaux des arcs triomphaux en Gaule romaine, 2003 - books.google.fr).

 

"tombeau près de Rome & Ancone"

 

La bataille des Busta Gallorum se donna l'an de Rome 458; et le consul Décius, en sacrifiant sa vie, assura le triomphe de son pays et celui de son collègue. Tite-Live, X, 28, 29. Procope attribue à Camille la victoire des Busta Gallorum; et Cluvier, qui relève cette erreur, la qualifie dédaigneusement de Græcorum nugamenta (Edward Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, Tome 5, 1812 - books.google.fr).

 

Les deux seuls monuments rappelant de loin nos tumulus, qui aient Ă©tĂ© signalĂ©s en Italie, sont hors du pays attribuĂ© aux Gaulois : le premier, dans Rome mĂŞme, au quartier dit des Gaulois, contenait les cendres de ceux de cette nation qui succombèrent en grand nombre pendant le siège du Capitole (Tite-Live, V, 48 et XX, 14; Varron, de Lingua Latina, Ă©dition Nisard, V, 137); le second, mentionnĂ© par Procope (Bell. Goth. IV, 29), sous le mĂŞme nom de Busta Gallorum, Ă©tait situĂ© dans l'Apennin, en un lieu qui, suivant Tite-Live (V, 49) et Plutarque (Camill. 29), Ă©tait situĂ© Ă  environ soixante stades de Rome, près du chemin de Gabies (P. L. Lemière, Étude sur les Celtes et les Gaulois et recherche des peuples anciens appartenant Ă  la race celtique ou Ă  celle des Scythes, 1881 - books.google.fr).

 

Procopio, nel racconto sullo scontro decisivo tra i Goti e Bizantini avvenuto nel 552 d.c. riporta che le parti si affrontarono nei pressi dei "Busta Gallorum", nel crematoio dei Galli.

 

A Roma nelle vicinanze di Tor de' Conti sul Vicus Cyprius s'incontra la piccola Chiesa di S. Andrea detta in Portogallo. Nome corrotto e si vuole che fosse il luogo, che i romani chiamarono Busta Gallica da quando Furio Camillo ordinò, che i corpi dei Galli Senoni uccisi sotto il Campidoglio fossero in questo luogo bruciati. Però tra Portogallo e Busta Gallorum ce ne corre parecchio e la cosa appare poco credibile. (www.romanoimpero.com).

 

Comme la Busta Gallica de Rome est rapportée à l'époque de Furius Camille, Procope rapporte la Busta Gallorum au même.

 

Busta Gallorum se trouvait entre Sentinum et Attidium, à la frontière de l'Ombrie et de la Marche d'Ancône (Philippe Briet, Parallela geographiae veteris et nouae. Auctore Philippo Brietio, Abbauillaeo, Societatis Iesu sacerdote, Tome 3, 1649 - books.google.fr).

 

Acrostiche : GGVL, GuGULus

 

Le coucou tire son nom de sa voix. La plupart des textes insistent sur le caractère rĂ©pĂ©titif de son chant qu'Alexandre Neckam moralise par l'image de l'avare qui ne cesse de rĂ©pĂ©ter affer ! affer !, «apporte ! apporte !». Cet Ă©cholalisme trouve sa confirmation dans les diverses formes de son nom dans la tradition zoologique. Le XIIIe siècle, par le biais des traductions des De animalibus d'Aristote et d'Avicenne par Michel Scot, dispose des trois grandes filiations savantes qui, malgrĂ© leur diversitĂ© linguistique, se recoupent autour de la figure de rĂ©pĂ©tition. Au latin, cuculus ou gugulus, fait Ă©cho kokokoz, dĂ©formation du grec kokkux, qui, selon Albert le Grand, reproduit exactement son chant. Dans la tradition arabe, le coucou est dĂ©signĂ© par kabul et, mĂŞme si Avicenne insiste sur la structure binaire de son chant (aigu/grave), l'onomatopĂ©e correspondante - alchacha dans la version de Scot nous ramène Ă  l'Ă©cholalie. Les onomatopĂ©es, on le sait, bien qu'elles prĂ©tendent au mimĂ©tisme, varient d'une langue Ă  l'autre (Jean-Marie Fritz, Paysages sonores du Moyen âge, le versant Ă©pistĂ©mologique, 2000 - books.google.fr).

 

Les Romains se gardaient bien de donner au mari trompé le nom de cucullus; ils réservaient ce mot pour l'usurpateur de la couche d'autrui, comme cela ressort de divers passages du Marchand de Plaute, et de l'Asinaria, du même auteur (Charles Toubin, Dictionnaire étymologique et explicatif de la langue française et spécialement du langage populaire, 1886 - books.google.fr).

 

Les Romains faisaient le coucou dans les territoires conquis.

 

Typologie

 

Le report de 1736 sur la date pivot -52 donne -1840.

 

Epoque de l'installation de Jacob à Sichem (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr).

 

D'Italia est un sonnet à clé, construit sur trois images successives entre lesquelles Campanella établit des relations à la manière de Joachim de Flore, et qui se réfèrent, l'une à l'histoire romaine, l'autre à l'épisode de Dina et de Sichem dans la Genèse, la troisième au Nouveau Testament. C'est une méditation sur le destin de l'Italie depuis les temps anciens et une prophétie sur son proche avenir. Partant de Lucain, Campanella évoque d'abord la défaite du Sénat, gardien de la vertu de Rome, par la faute des barbares étrangers introduits dans la ville par César; puis, dans un premier parallèle, la vengeance de Siméon et de Lévi, défenseurs de la vertu de Dina, violée par Sichem; enfin, la naissance du Christ à Nazareth, interprétée comme une victoire sur la tyrannie d'Hérode. Ainsi, Rome, Dina et Jérusalem signifient successivement l'humanité violée, puis vengée et enfin rédimée. D'autre part, les barbares, Sichem et Hérode désignent les fauteurs de maux, d'abord vainqueurs, puis punis et enfin détruits. En troisième lieu, le Sénat romain vaincu, puis Siméon et Lévi vainqueurs, enfin Nazareth et Athènes, «fleurs» céleste et terrestre, qualifient les forces du bien œuvrant pour la résurrection promise à l'univers. En trois images de trois éléments dramatiques chacune, c'est à la fois l'histoire du monde et de l'Italie qui s'est trouvée interprétée. Se plaçant au terme du poème sous le chiffre hautement symbolique de 10, Campanella se définit comme «celui qui rendra l'honneur d'autrefois», en recueillant l'héritage de Nazareth et d'Athènes, de la vérité spirituelle et de la vérité politique. Ce sonnet joachimite en dit long sur les sources culturelles de la révolution de Calabre et, plus généralement, sur les fondements messianiques de toute la pensée politique de Campanella (Franc Ducros, Tommaso Campanella poète, 1969 - books.google.fr, Tommaso Campanella, Selected Philosophical Poems of Tommaso Campanella, 2011 - books.google.fr).

 

Ă€ partir de 59 av. J.-C., ce cours d'eau servit de frontière entre l'Italie romaine et la province de Gaule cisalpine; il avait une rĂ©sonance toute particulière dans le droit romain, car aucun gĂ©nĂ©ral n'avait l'autorisation de le franchir avec des soldats en armes. La loi protĂ©geait ainsi Rome de menaces militaires internes. Il devint cĂ©lèbre quand Jules CĂ©sar le traversa avec ses lĂ©gions en armes le 11 janvier 49 av. J.-C. sur les traces de PompĂ©e, violant ainsi la loi du SĂ©nat romain. Si l'on en croit SuĂ©tone, il lança en franchissant la rivière la cĂ©lèbre formule : Alea jacta est, littĂ©ralement «les dĂ©s sont jetĂ©s», parfois traduit par «le sort est jeté» ou «le sort en est jeté» (fr.wikipedia.org - Rubicon).

 

Aussi sage politique que grand capitaine, César, après avoir dompté les Gaulois par la terreur, les captiva par la bienveillance. Il maintint les lois, les constitutions et tout ce qui rappelait aux vaincus un passé dont le souvenir leur était cher. Il se contenta de prélever un impôt, qu'il dissimula sous le nom de solde militaire. Par cette conduite habile, César attacha si étroitement les Gaulois à sa fortune, qu'ils composèrent désormais ses meilleures troupes; et c'est avec l'aide de l'excellente infanterie des Arvernes et de l'impétueuse légion de l'Alouette, qu'il franchit le Rubicon, ruina le parti de Pompée et asservit sa patrie.

 

La lĂ©gion de l'Alouette forma un corps d'Ă©lite dans l'armĂ©e de CĂ©sar. Elle Ă©tait composĂ©e de jeunes Gaulois appartenant aux premières familles du pays. Chaque lĂ©gionnaire portait un casque sur le cimier duquel Ă©tait une alouette aux ailes dĂ©ployĂ©es (DĂ©sirĂ© Blanchet, Histoire de France : cours moyen, 1886 - books.google.fr).

 

En fait, la présence des Alouettes lors de la conquête de l'Italie est supposée à partir de l'idée selon laquelle les vingt-deux cohortes «des nouvelles levées de Gaule» seraient les mêmes cohortes que celles levées trois ans plus tôt afin d'assurer la défense de la Transalpine, mais cette assimilation paraît fort douteuse.

 

Suétone est le seul auteur ancien à parler d'une légion de Transalpins et que Hirtius, Cicéron tout comme Florus ne la prennent pas en compte lorsqu'ils évoquent les effectifs légionnaires dont dispose César au cours des années 50 et 49 (Batiste Gérardin, La légion des Alouettes, 2009 - books.google.fr).

 

TĂŞte de Maure

 

Les Espagnols, les Italiens, les Grecs, les Turcs d'Europe et les Portugais, ont le teint plus brun, les poils le plus souvent de couleur noire. Enfin, les Arabes, les Maures et les Abyssins, ont les cheveux plus ou moins noirs et crépus, la peau plus ou moins rembrunie (Anthelme Richerand, Nouveaux élémens de physiologie, Tome 2, 1811 - books.google.fr).

 

La première phase de la vie de Théodore de Neuhoff le met en contact avec le prétendant, Jacques François Stuart dont il épouse la cause. En 1715, il quitte le service de la Bavière pour participer à la tentative de rétablissement des Stuart. Débarqué avec les troupes jacobites au nord d'Aberdeen, il doit s'enfuir avec eux après la bataille de Sheriffmuir. Le cardinal Jules Alberoni, ministre de Philippe V qui soutenait la cause jacobite le fit alors entrer au service de l'Espagne avec le rang de colonel (fr.wikipedia.org - Théodore de Neuhoff).

 

Le renvoi d'AlbĂ©roni (1719) poussa Neuhoff dans le giron d'un autre aventurier : Jojan Willem (1680-1737), NĂ©erlandais, huguenot converti au catholicisme, devenu duc de Ripperda,surintendant des manufactures Ă  Madrid (1718), puis ministre des Affaires Ă©trangères, de la Guerre et des Finances de Philippe V. Or, en 1726, Ripperda, disgraciĂ© et internĂ© Ă  SĂ©govie, s'Ă©vade, fuit en Angleterre, passe au Maroc, devient musulman sous le nom d'Osman pacha et, quoiqu'ancien Grand d'Espagne il aide Mulay'Abd Allah Allaoui Ă  reconquĂ©rir Fès (1732) avant d'obtenir Ă  Constantinople la place de commandant des troupes du sultan et de combattre les Espagnols installĂ©s Ă  Ceuta ! MariĂ© Ă  une demoiselle d'honneur de la reine d'Espagne, Neuhoff, lors de la disgrâce de Ripperda, a quittĂ© Madrid (avec les bijoux de sa femme) pour sĂ©journer Ă  Paris, La Haye, Londres, puis Rome oĂą le cardinal AlbĂ©roni vit toujours dans l'attente d'ĂŞtre promu un jour lĂ©gat du Saint-Siège en Romagne (1735). Neuhoff le revoit sans doute avant de se rendre Ă  Florence, puis Ă  GĂŞnes oĂą il rencontre un moine corse. Ă€ Livourne, il fait la connaissance de Giafferi et Ceccaldi, libĂ©rĂ©s, qui s'apprĂŞtent Ă  gagner l'Espagne, et de l'abbĂ© Aitelli et du chanoine Orticoni. Mais il ne s'attarde pas, devant partir, comme Ripperda, pour Constantinople oĂą il se lie Ă  Claude de Bonneval (1675-1747), aventurier notoire. Officier de marine français, puis officier aux gardes-françaises, Bonneval, colonel en 1701, a trahi Louis XIV, en 1704, en passant au service de l'Autriche. LĂ , l'Empereur l'a nommĂ© gĂ©nĂ©ral-major de ses troupes puis feld-marĂ©chal-lieutenant et membre du conseil aulique de la guerre. EnvoyĂ© dans les Pays-Bas par le prince Eugène, comme commandant en chef de l'artillerie, emprisonnĂ© pour incartades, il propose ses services Ă  Venise, sans doute par le biais des Lusinchi-Paganelli-Abbatucci, qui sont au nombre des soixante-quinze Zicavais officiers d'infanterie au service de Saint-Marc entre 1710 et 1785, mais aussi de l'Autriche. Éconduit par la RĂ©publique, puis par Saint-PĂ©tersbourg, Bonneval se convertit aussi Ă  l'islam (1730), devient Ă  Constantinople «pacha Ă  trois queues» sous le nom d'Achmet pacha, gĂ©nĂ©ral en chef de l'artillerie et conseiller privilĂ©giĂ© du sultan qui le nomme pacha de RoumĂ©lie et rĂ©organisateur de l'armĂ©e turque. Si Neuhoff est Ă  Constantinople Ă  la mĂŞme Ă©poque qu'Osman Pacha (alias duc de Ripperda, musulman, ancien catholique, ancien calviniste) et qu'Achmet Pacha (alias colonel de Bonneval, renĂ©gat), ce n'est sans doute pas un hasard. Par ailleurs, alors que Ripperda est en train de combattre les Espagnols Ă  Ceuta, Neuhoff est Ă  Tunis oĂą il Ă©quipe un vaisseau, puisque c'est de Tunis qu'il arrive lorsqu'il dĂ©barque Ă  AlĂ©ria. Ainsi, en 1736, retrouve-t-on assez bien la configuration internationale qui existait autour de la Corse Ă  l'Ă©poque du siège de Malte (1565) par Soliman : s'intĂ©ressent Ă  l'Ă®le chrĂ©tiens et musulmans, Français, Espagnols, GĂ©nois, Anglais, Autrichiens, États pontificaux, rĂ©publique de Venise, duchĂ© de Savoie, Barbaresques et Ottomans (Michel VergĂ©-Franceschi, Histoire de Corse: Du XVIIe siècle Ă  nos jours, 1996 - books.google.fr).

 

Le drapeau corse reprĂ©sentant une tĂŞte de Maure n'est pas liĂ© Ă  un chef sarrasin qui aurait Ă©tĂ© dĂ©capitĂ© par les Corses. Le symbole existe depuis 1390. Les dernières recherches, dont parle Michel VergĂ©-Franceschi, semblent indiquer que indiquer que la tĂŞte de Maure fut importĂ©e en Corse en 1736, les yeux bandĂ©s dans ses premières reprĂ©sentations. Pascal Paoli enlèvera le bandeau en signe de libĂ©ration (Ghjiseppu Lavezzi, Corse : Vertiges de l'honneur, L'Ă‚me des Peuples, 2018 - books.google.fr).

 

Le 15 avril 1736, Théodore de Neuhoff, choisi par des partisans corses, est élu roi et promulgue des lois qui le rendent populaire. Il installe la capitale de l'île à Cervioni en Castagniccia. Cependant il ne parvient pas à s'imposer aux monarchies génoise, française, britannique. Dépité au bout de 7 mois, il repart sur le continent. Il tentera un retour en 1738 puis en 1743, avec les Britanniques, sans succès (fr.wikipedia.org - Histoire de la Corse).

 

ThĂ©odore eĂ»t voulu pouvoir conquĂ©rir toutes les places fortes, comprenant bien que sans leur possession, les fondemens de sa RoyautĂ© ne seroient jamais folides ; mais malheureusement leurs conquĂŞtes Ă©toient au-dessus de ses forces, il n'avoir ni l'artillerie, ni les munitions, ni l'argent dont il eĂ»t eu besoin pour y parvenir. Il espĂ©ra que certaines Puissances embrasseroient fes intĂ©rĂŞts, ce fut toujours sa folie & ses chimeres. En attendant leurs dĂ©terminations, il usa d'industrie pour amuser les Corses, pour prĂ©venir le retour de leur raison & les effets de leur inconstance. On frappa, suivant le plan qu'il en donna, des monnoies de cuivre & d'argent. Les unes portoient d'un cĂ´tĂ© une couronne soutenue de deux palmes avec ces deux lettres initiales dans l'Ă©cusson T. R. qui signifioient ThĂ©odore Roi, & ces mots Ă  l'exergue, pro bono publico Regni Corsica, pour la prospĂ©ritĂ© du Royaume de Corse; & au revers le prix de la piece cinque soldi. Les autres prĂ©sentoient d'un cĂ´tĂ© les Armes du Royaume de Corse, qui sont une tĂŞte de Maure, & de l'autre l'image de la Vierge avec cette lĂ©gende, monstra te esse matrem (AbbĂ© de Germanes, Histoire des rĂ©volutions de Corse, depuis ses premiers habitans jusqu'Ă  nos jours, Tome 1, 1771 - books.google.fr).

 

Drapeau, trophée, dresser

 

DRAPEAU, s. m., enseigne d’un régiment. Se rendre au drapeau. Se ranger sous le drapeau. Combattre sous le drapeau. Bénir les drapeaux. Des drapeaux pris aux ennemis. Dict. DE L’Acad. pour quelqu'un.

 

«Charger trois fois les ennemis, dresser aux pieds de son général, comme un honorable trophée, trois drapeaux qu'il leur enleva. - Quand on suspend aux voûtes sacrées des temples des drapeaux décorés et sanglans qu'on a pris sur les ennemis, etc. (FLÉCHIER) (Joseph Planche, Dictionaire françois de la langue oratoire et poétique, suivi d'un vocabulaire de tour les mots qui appartiennent au langage vulgaire, 1819 - books.google.fr).

 

Valentin Esprit Fléchier (10 juin 1632 à Pernes-les-Fontaines - 16 février 1710 à Montpellier) est un homme d'Église et prédicateur français, évêque de Lavaur, puis de Nîmes, considéré comme l'un des grands orateurs du XVIIe siècle (fr.wikipedia.org - Esprit Fléchier).

 

La guerre en Corse

 

La guerre renaissait tous les jours plus terrible et plus acharnĂ©e : enfin, les GĂ©nois reconnaissant l'impossibilitĂ© de nous soumettre par leurs propres forces, eurent recours au roi de France, qui, d'après un traitĂ© stipulĂ© avec l'Autriche, dans lequel ces deux puissances s'engageaient Ă  garantir Ă  GĂŞnes la possession de l'Ă®le. jointe Ă  des infirmitĂ©s corporelles, prĂ©cipita la fin de ses jours. Maillebois lui succĂ©da, et Maillebois avec des forces considĂ©rables, ave c des troupes exercĂ©es de longue main Ă  la guerre des montagnes, ne pouvait manquer de soumettre les Corses, domili ut pareant, nondum ut serviant. En effet, nous ne fĂ»mes soumis qu'en apparence; la libertĂ© Ă©tait au fond de tous les coeurs. Cependant les principaux chefs, Ă  l'exception de Gaffori, abandonnèrent un pays malheureux qu'ils n'avaient pu dĂ©fendre, prĂ©fĂ©rant l'exil Ă  la vue de l'esclavage de leur patrie (François-Horace Bastien SĂ©bastiani, Etat actuel de la Corse, caractère et moeurs de ses habitans, 1821 - books.google.fr).

 

Jean-Baptiste François Desmarets, marquis de Maillebois, commence sa carrière sous le commandement du marĂ©chal de Villars pendant la guerre de Succession d'Espagne (1701-1708). Pendant la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), il commande une division en Italie (1733-1734) et intervient lors du siège de Mirandola, en Émilie-Romagne. En 1739, il est envoyĂ© en Corse pour aider GĂŞnes Ă  rĂ©primer la rĂ©bellion en cours ; Ă  la fin de l'annĂ©e, l'Ă®le est Ă  peu près soumise. Il reçoit en rĂ©compense le bâton de marĂ©chal de France en 1741 (fr.wikipedia.org - Jean-Baptiste Desmarets de Maillebois).

 

Retour au quatrain III, 32 : l'Aquitanique et Villars

 

Pour l’État romain, il était bien clair que, passé le moment de la conquête, il fallait organiser celle-ci. La chose fut différée, l’espace d’une génération, parce que les crises successives qui ensanglantèrent la fin de la République portaient vers d’autres urgences et vers d’autres objectifs l’attention de la classe politique. Mais une fois que le futur Auguste eut triomphé de ses adversaires, il s’employa à organiser les immenses domaines que le succès avait placés entre ses mains. C’est probablement en 16 (ou vers 16) av. J.-C. que la Gaule et la péninsule Ibérique reçurent une nouvelle organisation. Comme Rome imposait partout à tous les peuples conquis le même statut, leur territoire fut divisé en provinces et en cités. [...]

 

En Gaule, les trois provinces Ă©taient, du nord au sud, celles de Gaule Belgique, de Lyonnaise et d’Aquitanique. Sous cette appellation on dĂ©signait maintenant un territoire dilatĂ© des PyrĂ©nĂ©es jusqu’à la Loire et aux CĂ©vennes, dans lequel les Aquitains de l’époque de l’indĂ©pendance avaient Ă©tĂ© rattachĂ©s Ă  une partie des Gaulois. C’est la raison pour laquelle les Aquitains furent englobĂ©s dans une unitĂ© plus Ă©tendue que leur anc ien domaine (Jean-Pierre Bost, BĂ©arn et Aragon : communications et Ă©changes dans l’AntiquitĂ© (IIIe siècle av. J.-C. - Ve siècle ap. J.-C.) In : L’Empire romain et les sociĂ©tĂ©s provinciales, 2009 - books.google.fr).

 

Tarn, Loth et Garonne font partie de cette Aquitanique. Le maréchal de Villars a été "le tombeau de la gent aquitanique" dont faisaient partie les Camisards Cévenols.

 

Villars sera celui qui termina la guerre des Camisards (voir quatrain II, 97) qui fut l’expression de la révolte des Cévenols contre le fanatisme religieux de Louis XIV. La bataille de Nages extermina un tiers des Camisards et forcera Cavalier à négocier.

 

Le tombeau de Villars

 

VILLARS n'est plus le défenseur des lys.

Si l'on m'en croit, l'on ne tardera guère

A faire, Ă  Saint-Denis,

Tombeau superbe et pompe funéraire;

Mais des Quarante il était le confrère.

 

Et quel opprobre, hĂ©las !

Si son éloge tombe à faire

Au panegyriste des chats !

 

Le maréchal de Villars, en se chargeant du commandement de l'armée du Roi en Italie, avait plus consulté son zèle et son amour pour la gloire que son âge et ses forces; bientôt les chaleurs excessives du climat, la fatigue e corps et d'esprit, attachée à l'emploi d'un général, altèrent sa santé, il remet le commandement au marquis de Coigny et meurt à Turin, ne regrettant que l'honneur de mourir les armes à la main (Fourn. hist.) (Émile Raunié, Recueil Clairambault-Maurepas. Chansonnier historique du XVIIIe siècle, Tome 6, 1882 - books.google.fr).

 

Le maréchal de Villars n'a pu soutenir les fatigues qu'il a eues le mois dernier. Il est tombé malade et a quitté le commandement de l'armée, le 27 mai, pour revenir en France avec le marquis de Villars, son fils, qui est aussi très-incommodé; mais il a été obligé de s'arrêter à Turin (Edmond Jean François Barbier, Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, Tome 2, 1849 - books.google.fr).

 

On savait que le marĂ©chal Villars Ă©tait mort Ă  Turin le 17 juin 1734, mais rien de certain n'Ă©tait prouvĂ© sur le sort de ses restes. Le baron E. Mayor des Planches Ă©crit Ă  l'IntermĂ©diaire des chercheurs et des curieux (20 janvier) qu'il s'occupe de faire rechercher dans la crypte de l'Ă©glise cathĂ©drale Saint-Jean l'emplacement exact du tombeau du vainqueur de Denain. DĂ©jĂ  il a retrouvĂ© l'acte de dĂ©cès dans les registres paroissiaux et le publie dans son texte original. Sans doute Villars repose-t-il dans la chapelle souterraine au milieu des Ă©vĂŞques et des chanoines, seul laĂŻc, avec un prince de Thurn et Taxis, de cette assemblĂ©e de dĂ©funts. N'est-il pas Ă©trange, nĂ©anmoins, que l'on ait perdu tout souvenir d'un «hĂ´te» aussi notable ? (Archives d'anthropologie criminelle, de mĂ©decine lĂ©gale et de psychologie normale et pathologique, Tome 29, 1914 - books.google.fr).

 

Rome et AncĂ´ne

 

Rome et AncĂ´ne sont dans les Etats de l'Eglises, entre le Royaume de Naples et la Toscane.

 

Il y a de grandes nouvelles de la guerre; le royaume de Naples a été conquis par l'armée du roi d'Espagne et don Carlos couronné roi de Naples. En Allemagne, le maréchal de Berwick, visitant les ouvrages devant Philisbourg, a eu la tête emportée d'un boulet de canon, le 12 de ce mois. Ce siége continue avec beaucoup de vivacité. On avance sur les ouvrages, mais nous ne laissons pas que de perdre beaucoup de monde et surtout des grenadiers, officiers et soldats. Le régiment des gardes françaises, qui était en mauvaise réputation auprès des troupes, y fait des merveilles. On tire quinze hommes de chacune des compagnies qui sont restées à Paris, pour remplacer dans les compagnies de grenadiers qui sont au camp (Edmond Jean François Barbier, Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, Tome 2, 1849 - books.google.fr).

 

Italie

 

En 1723, le régiment Royal-Champagne devient la propriété du futur maréchal de La Mothe-Houdancourt, qui le conduit en 1733 en Italie et le commande aux siéges de Sabionnetto et de Bozzolo, à la prise de Pizzighetone et du château de Milan. En 1734, sous le nom de Brissac, on le voit à la soumission de Trezzo, Lecco, Fuentès, à la prise de Serravalle, Novarre, Arona et Tortone, au combat de Colorno, à l'attaque de Borgoforte. Le lendemain de cette affaire, après avoir franchi la Fossa Maestra pour entrer dans le Séraglio, il enlève 50 hussards impériaux. Il est à Parme et à Guastalla. Dans cette dernière bataille, il perce deux lignes ennemies, disperse les dragons de Wurtemberg, met en désordre les cuirassiers de Vétérani et dégage l'infanterie française. Le duc de Brissac reçut ce jour-là quatre coups de feu. Le régiment prit encore part au siége de la Mirandole, rentra en France en février 1735 et alla achever la campagne et la guerre sur le Rhin. Il était au combat de Klausen (Louis Susane, Histoire de la cavalerie française, Tome 2, 1874 - books.google.fr).

 

Serravalle se trouve dans les Apennins, Tortone à leurs pieds. C'est du camp de Bozzolo en 1734 que Villars renonce à son commandement (Jean Baptiste Michel de Lévy, Journal historique ou fastes, du règne de Louis XV, surnommé le Bien-aimé, Tome 1, 1766 - books.google.fr).

 

Acrostiche : GGVL, gigul

 

"gigul" : pour "ghilgul" hĂ©breu, roulement. En particulier, les cabalistes parlent de roulement des âmes qui rejoindront la terre d'IsraĂ«l par les cavernes souterraines au jour de la rĂ©surrection (Jean Saas, Lettres sur l'encyclopedie, pour servir de suplement aux sept volumes de ce dictionnaire, 1764 - books.google.fr).

 

Le maréchal de Villars n'a pu soutenir les fatigues qu'il a eues le mois dernier. Il est tombé malade et a quitté le commandement de l'armée, le 27 mai, pour revenir en France avec le marquis de Villars, son fils, qui est aussi très-incommodé; mais il a été obligé de s'arrêter à Turin (Edmond Jean François Barbier, Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, Tome 2, 1849 - books.google.fr, Le Grand Dictionnaire historique, Tome IV, 1725 - books.google.fr).

 

Le triomphe de l'anciennetĂ© fut confirmĂ© par l'institution en 1675 d'un «ordre du tableau» parmi les officiers gĂ©nĂ©raux. Jusqu'alors, la prĂ©sence aux armĂ©es de plusieurs gĂ©nĂ©raux ou marĂ©chaux de grade Ă©quivalent constituait une source intarissable de conflits d'autoritĂ© tranchĂ©s par le principe du roulement qui permettait aux officiers gĂ©nĂ©raux d'un mĂŞme grade d'exercer le commandement Ă  tour de rĂ´le. Cette succession de prises de commandement nuisait Ă  la cohĂ©rence et Ă  l'efficacitĂ© opĂ©rationnelle. C'est la raison pour laquelle Louis XIV institua l'ordre du tableau, qui confiait le commandement Ă  l'officier gĂ©nĂ©ral le plus ancien dans le grade le plus Ă©levĂ©. Cette institution de l'anciennetĂ© comme arbitrage suprĂŞme Ă©tait une reconnaissance, au plus haut niveau, du principe qui s'Ă©tait installĂ© aux Ă©chelons infĂ©rieurs de la hiĂ©rarchie (Histoire militaire de la France, Tome 1 : Des MĂ©rovingiens au Second Empire, 2021 - books.google.fr).

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