Reims et le Jansénisme

Reims et le Jansénisme

 

III, 18

 

1717-1718

 

Après la pluie laict assez longuette

En plusieurs lieux de Rheims le ciel touché,

quel conflict de sang près d'eux s'appreste

Père & fils Roys n'oseront approché.

 

"Apres la pluie laict assés longuete", Brind’Amour : conjecture proposée : la pluie de laict.  ACa : diérèse de la-ict.

 

Brind’Amour : «Après la pluie de lait assez longuette, le ciel de toucher (la foudre de tomber) en plusieurs lieux de Reims ; hélas ! quel meurtre de sang s’apprête près d’eux ! Le père et les fils du roi n’oseront approcher» (Anna Carlstedt, La poésie oraculaire de Nostradamus : langue, style et genre des Centuries, 2005 - www.diva-portal.org).

 

La louve

 

Isabelle de France (vers 1295, Paris - 22 août 1358, Hertford) est la seule fille parmi les enfants survivants du roi de France Philippe IV le Bel et de son épouse Jeanne Ire, reine de Navarre. Elle est reine en tant qu'épouse d'Édouard II, roi d'Angleterre, et mère d’Edouard III. La reine Isabelle est connue à son époque pour sa beauté, son habileté diplomatique et son intelligence. Contrairement à une idée largement répandue, elle n'a jamais été surnommée la «Louve de France» par ses contemporains - cette épithète est utilisée pour la première fois par William Shakespeare au sujet de Marguerite d'Anjou, et appliquée plus tard à Isabelle au XVIIIe siècle.

 

Thomas Gray, poète du XVIIIe siècle, réunit dans son poème anti-français The Bard («Le Barde», 1757) les caractéristiques que Marlowe attribue à Isabelle ainsi que le surnom que Shakespeare donne à une autre princesse française, Marguerite d'Anjou - épouse d'Henri VI d'Angleterre - : la «Louve de France». Dans ce poème, Isabelle déchiquette les intestins d'Édouard II de ses «crocs acharnés» (fr.wikipedia.org - Isabelle de France (1295-1358)).

 

On racontait qu'un berger appelé Faustulus avait recueilli les enfants de Silvia, exposés sur les bords du Tibre par les ordres d'Amulius, qui avait usurpé la couronne d'Albe sur son frère Numitor, père de cette Silvia. C'était, ajoutait-on, dans les alluvions du Tibre, au pied d'un figuier qui marquait le centre de Rome, que le berceau contenant les jumeaux avait été découvert. Le nom de ficus ruminalis donné à ce figuier rappelait le nom de Ramnes ou Rumnes; car on trouve indistinctement les trois noms, Rumilia, Rumina, Rumia, imposés à une divinité populaire que la légende de Romulus et de Remus fit invoquer comme la divinité protectrice des enfants au berceau; on avait rapproché le nom de Rumina du mot ruma, «mamelle». Le figuier ruminal marqua pendant longtemps le centre de Rome. Abandonnés par l'inhumain Amulius, les jumeaux issus de Mars et de Silvia avaient dû la vie au lait d'une louve. C'est là encore un de ces mythes fondés sur le symbolisme religieux. Chez les Sabins, Mars avait pour emblème le loup, appelé par eux irpus, en latin lupus. Bien avant la fondation de Rome, on célébrait en son honneur des fêtes dites Lupercales, au sommet du Palatin, sur lequel s'élevait le sanctuaire de Mars. A ces Lupercales se rattachaient des rites ayant pour objet de rendre les femmes fécondes; ce qui montre que le dieu des Sabins était, sous l'emblème du loup, invoqué pour obtenir une nombreuse postérité. La victoire sur les ennemis et beaucoup d'enfants, voilà ce que les populations indo-européennes demandaient surtout à leurs dieux, comme nous le montre le Rig-Véda. On les implorait aussi pour les troupeaux, principale richesse de l'époque patriarcale. Le caractère pastoral du dieu-loup des Sabins se reconnaît à la ressemblance que les Romains trouvèrent plus tard entre Lupercus et le Pan des Arcadiens. C'était le dieu-loup qui avait conduit, suivant la tradition des Sabins, plusieurs de leurs colonies, et notamment les Hirpins ou Irpins, lesquels en tiraient leur nom. On reconnaît dans le mot sabin irpus le même radical que dans le wolf allemand, et le vulpes ou volpes latin. C'était donc parce que le dieu-loup présidait à la fécondité, en même temps qu'il était l'emblème de Mars, que la légende disait que Silvia, assimilée postérieurement à Rhéa ou Ilia, avait été rendue mère par Mars sous la forme d'un loup, et donnait pour nourrice une louve à Remus et à Romulus. C'était parce que Mars-Lupercus était une divinité pastorale qu'on faisait recueillir les deux jumeaux par un gardien du troupeau royal, Faustulus. Le nom de Larentia, donné à la femme de Faustulus, rappelle celui des divinités qui présidaient aux habitations, les Lares. Acca Larentia, ou la mère des Lares, divinité étrusque dont la fête tombait en avril, avait son sanctuaire au Velabre, comme il sera dit plus loin". Le mythe peut conséquemment se traduire ainsi : Les vici des Ramnes, dont l'oppidum était au Palatin, s'élevèrent à l'origine aux bords du Tibre sur les alluvions qu'il avait déposées. Romulus est opposé à Remus, et les deux frères entrent bientôt en lutte. Dans cet antagonisme se révèle une division dans la cité naissante. En effet, la légende nous montre Remus établi sur l'Aventin et Romulus sur le Palatin. Il y eut donc, pendant un temps, deux oppida rivaux, deux partis dans la peuplade des Ramnes; les hommes de l’Aventin furent vaincus, et le Palatin l'emporta. Mais c'est ici qu'apparaissent des traditions qui se lient à l'arrivée des Étrusques et nous ramènent à l'histoire de Servius Tullius. La légende qui groupait dans le règne tout mythique de Romulus les événements et les faits remontant à l'époque des premiers rois, mais dont on ignorait la date précise, donnait pour lieutenant à Romulus un certain Fabius Celer. C'était ce dernier, disait-elle, qui avait défendu l'enceinte du Palatin, alors environné d'un vallum ou fossé fortifié, comme c'était le cas pour tous les oppida des peuplades de l'Italie centrale, et la fable, dénaturant d'une manière puérile cette tradition, racontait que, pour se moquer de la petitesse du fossé creusé par Romulus, Remus avait franchi d'un saut l'enceinte naissante; ce qui avait irrité profondément son frère. Remus avait été tué dans le combat; les uns le faisaient périr de la main même de Romulus, les autres de celle de Fabius Celer. Ces deux variantes nous montrent que c'était grâce à l'appui de ce Celer que les Ramnes du Palatin l'avaient emporté sur les habitants de l’Aventin. Le sommet de ce second oppidum parait avoir été appelé dans le principe remonium, mot qui suggéra le nom de Remus. Les Latins appelaient remores, comme nous le lisons dans Festus, les oiseaux qui annonçaient à l'augure que l'entreprise pour laquelle il consultait les présages devait être abandonnée. Le souvenir de l'apparition de ces remores au sommet de l'Aventin, dans quelque circonstance mémorable, avait valu à sa cime le nom de Remurium ou Remonium. Et telle a été l'origine de la fable qui racontait que les deux frères ayant chacun consulté les auspices, le ciel avait prononcé en faveur du Palatin où s'était placé Romulus pour observer le vol des oiseaux fatidiques (Alfred Maury, Nouvelles études sur les origines de Rome, Revue germanique, Volume 17, 1861 - books.google.fr).

 

Cf. l'Aventine du quatrain précédent III, 17.

 

Albricus dit en sa poésie, que Remus & Romulus sont feints estre fils de Mars, pource qu'ils furent deux batailleurs. Remus fonda la cité de Reims, en France, & Romulus fonda la cité de Rome. Cette opinion est de soy si grossiere, qu'elle se combat d'elle mefme: dautant que comme Floart a remarqué au commencement de son Histoire, Remus fut mis à mort fort jeune, auant que jamais sortir de sa terre natalle. Ce que l'on peut apprendre de tous les Historiens qui ont parlé de la Fondation de Rome. Entr'autres, de Denys de Halicarnasse, &,d'Eutropius, qui disent que lors Remus & Romulus, freres gemeaux, n'auoient que dix huict ans. Ainsi cette premiere opinion fondee sur le simple auoisinement du nom de Remus à nostre ville de Reims, ne vaut pas la peine de s'y arrester dauantage. La seconde est de ceux, lesquels voyans bien qu'il n'y auoit aucune apparence d'en attribuer la fondation à Remus, occis dés la fleur de son adolescence ; ne pouuans neantmoins se deffaire, & se déueloper de la gentille allusion des noms de Reims, & de Remus, & ne connoissans d'ailleurs aucun autre Roy, ou Prince, qui ait porté ce nom, sinon le frere de Romulus, le renom duquel les Histoires Romaines ont rendu si celebre par tout le Monde, ont dit, que Remus & Romulus auoient leur bande à part & que les gens de Remus, apres la mort de leur Maistre, se retirerent, du déplaisir qu'ils en eurent, & s'absenterent d'Italie, passerent les Alpes, & paruindrent jusques au Royaume des Belges, qui ors estoit florissant souz le gouuernement d'vne Royne nommée Vrse, mere de Flechambaut, qui fut depuis Duc des Remois. Et que du consentement de cette Princesse ils commencerent aussi tost à bastir une Ville en une assiette belle & agreable, laquelle ils nommerent du nom de leur Maistre Remus, ainsi que Rome auoit eu ce nom de Romulus son frere... (Nicolas Bergier, Le dessein de l'histoire de Reims avec diverses curieuses remarques touchant l'establlissement des peuples, et la fondation des villes de France, 1635 - books.google.fr).

 

Pluie de lait

 

Je reviens maintenant à Rome. Vous n'avez point oublié combien de fois le sénat a nommé des décemvirs pour consulter les livres, ni de quelle importance étaient les affaires dans lesquelles il a si souvent obéi aux réponses des aruspices. Un jour il apparut deux soleils, une autre fois trois lunes, puis des flambeaux; le soleil se montra la nuit ; on entendit au ciel un frémissement; le ciel parut s'ouvrir, et l'on y vit des globes. On rapporta aussi au sénat que sur le territoire de Privernum venait de se former un gouffre, la terre s'étant affaissée à une énorme profondeur. L'Apulie fut agitée des plus violens tremhlemens de terre. Tous ces prodiges annonçaient au peuple romain des guerres terribles et de funestes séditions, et pour tous les réponses des augures se trouvèrent d'accord avec les vers de la Sibylle. Et lorsqu'à Cumes la statue d'Apollon se couvrit de sueur, et à Capoue celle de la Victoire, lorsqu'on vit apparaître des naissances hermaphrodites, n'étaient-ce pas là des présages du destin ? Et ce fleuve dont l'onde se souille de sang; ces pluies de pierres, et quelquefois de sang ou de terre, ou, plus anciennement encore, ces pluies de lait, qu'en dites-vous ? Le Centaure du Capitole a été frappé de la foudre; elle a brisé les portes de l'Aventin (-207), renversé des hommes. A Tusculum, elle est tombée sur le temple de Castor et de Pollux ; à Rome, sur celui de la Piétés Eh bien! les augures n'ont-ils pas annoncé, ce qui est arrivé ? les prédictions des livres de la Sibylle n'ont-elles pas été conformes à leurs réponses ? (De la divination, Livre I, Œuvres complètes de Cicéron: traduction nouvelle, Tome 31, 1837 - books.google.fr).

 

"Père fils roys n'oseront approcher" : de Reims

 

Le siège de Reims est un épisode de la chevauchée d'Édouard III de 1359 et 1360 durant la guerre de Cent Ans. L'attaque débute au début du mois de décembre mais est abandonnée par Édouard III, dépourvu de matériel de siège, le 11 janvier 1360. Après la bataille de Poitiers et la capture de Jean II le Bon en 1356, la Jacquerie et la révolte d'Étienne Marcel en 1358, le roi d'Angleterre Édouard III tente d'en finir avec la monarchie française en se faisant couronner roi de France à Reims, centre religieux du royaume. Les hostilités entre la France et l'Angleterre reprennent en 1359. Édouard débarque le 28 octobre 1359 à Calais avec une armée d'au moins 12000 hommes. La chevauchée traverse l'Artois, le Cambrésis et la Picardie avant de s'orienter vers Reims, où Édouard III espère se faire couronner roi de France. Il compte peut-être pour cela sur la bonne volonté de Jean de Craon, archevêque de Reims, mais celui-ci semble acquis à la cause française. Avec les bourgeois, ce dernier a choisi Gaucher de Châtillon pour diriger la défense1. Les Rémois n'ignoraient pas en effet qu'ils seraient très vraisemblablement la cible d'une attaque ; le dauphin Charles les avait prévenu du danger dès le 10 juillet. Ils ont donc considérablement renforcé les fortifications entourant la cité et rassemblé des vivres (fr.wikipedia.org - Siège de Reims).

 

Le roi d'Angleterre assiège Reims depuis la Saint-André environ (30 novembre 1359) jusqu'à l'entrée du carême (19 février 1360); Édouard est logé à Saint-Basle, tandis que le prince de Galles et ses frères campent à Saint-Thierry. Le roi d'Angleterre Edouard III et son fils le Prince Noir se retirent après trente-huit jours d'efforts infructueux.(Chroniques de J. Froissart: 1356-1360 (Depuis les préliminaires de la bataille de Poitiers jusqu'à l'expédition d'Édouard III en Champagne et dans l'Île de France), Tome 5, 1874 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1718 sur la date pivot 1359 (siège de Reims par Edouard III) donne 1000 pile, l'an mille, comparablement aux quatrains III, 11 et III, 12.

 

Relation franco-anglaise sous la Régence

 

A ceux qui pourraient s'étonner de voir représenter le blason de France dans les armoiries du roi Charles II d'Angleterre (1660-1685), nous rappellerons que depuis la Guerre de Cent Ans, les Rois d'Angleterre portaient aussi le titre de Roi de France (ils le porteront d'ailleurs jusqu'à la révolution française) auquel ils auraient eut le droit si pour les en écarter, il n'avait pas été décidé d'adopter en France la Loi Salique (vial.jean.free.fr).

 

De 1715 à 1740, la France et l'Angleterre se rapprochèrent, alliance perfide, fait observer Saint-Simon, en ce qu'elle n'avait qu'un but, celui de nous brouiller avec l'Europe ; humiliante, en ce que notre pays fut pendant un quart de siècle l'humble satellite de l'Angleterre. Philippe d'Orléans, régent du royaume au nom du jeune Louis XV, commença par se lier les mains, au moyen d'un traité en vertu duquel il chassa le prétendant, fils de Jacques II, reconnut au roi Georges Par le titre de roi de France, prétention puérile qui datait de la guerre de Cent ans, et, chose plus sérieuse, démolit Mardick que Louis XIV avait choisi pour remplacer Dunkerque (Alfred Donéaud, Histoire de la Marine française: des origines à la fin du XIXe siècle, 2002 - books.google.fr).

 

Également menacés, le régent et Georges Ier s‘unirent par le traité de la triple alliance, conclu à la Haye entre la France, l’Angleterre et la Hollande (janvier 1717). On y rappela les deux clauses fondamentales du traité d‘Utrecht: celle qui confirmait la succession protestante en Angleterre, et celle qui stipulait la séparation des deux couronnes de France et d’Espagne. Le régent se fortifiait ainsi de l‘alliance anglaise contre les projets d‘Alberoni, mais à quel prix ! L’Angleterre dicta les conditions. Elle exigea la démolition du port de Dunkerque, la destruction du canal de Mardick, l‘abaissement des droits de douane en faveur des Hollandais, enfin l‘expulsion du prétendant. Ce ne fut pas tout: dans le protocole, Georges Ier prenait insolemment le titre de roi de France, tandis que Louis XV était simplement appelé roi trèschrdtien. C'était comme un second traité d‘Utrecht, plus humiliant que le premier. Mais le régent était rassuré désormais contre les prétentions de Philippe V, et l’abbé Duhois, le négociateur du traité, en touchait le prix en livres sterling. Cependant Alberoni poursuivait l’exécution de son plan. Il êchoua sur tous les points. Le complot dont la duchesse du Maine était l‘âme, et Cellamare, ambassadeur d'Espagne à Paris, l’agent principal, fut découvert (septembre 1718). Quelque temps auparavant l’Autriche avait signé avec la Porte la paix de Passarowitz. Enfin, au mois de novembre suivant, Charles XII se fit tuer au siège de Frèdéricshall. Vainement une armée espagnole avait reconquis la Sardaigne et une partie de la Sicile (1717-1748). Cette flagrante violation du traité d‘Utrecht, qui avait assuré la première de ces îles à l‘Autriche, la seconde au duc de Savoie, amena entre la France, l‘Angleterre, l'Autriche, et la Hollande, la conclusion du traité de la quadruple alliance (1748-1719). Tout ce qui avait été réglé au traité d’Utrecht pour le démembrement de la monarchie espagnole fut confirmé. Philippe V devait renoncer en faveur de l’empereur aux provinces des Pays-Bas et d‘ltalie, et lui restituer la Sardaigne. L’empereur, de son côté, reconnaîtrait Philippe V pour roi d‘Espagne, et investirait l’infant Don Carlos des duchés de Toscane, de Parme et de Plaisance. Quant au duc de Savoie, on décida qu’en échange de la Sicile, cédée à l‘empereur, il recevrait la Sardaigne (M. Hubault, M. Marguerin, Histoire de France, 1865 - books.google.fr).

 

Reims 1717 et les Jansénistes

 

Jean Godinot né à Reims, y fit ses études, & étant entré dans l'état Ecclésiastique, prit le bonnet de Docteur en Théologie, & fut fait Chanoine de la Cathédrale, & Supérieur du Séminaire par l'Archevêque le Tellier, Prélat si recommandable par son zèle pour le maintien de la discipline Ecclésiastique. Godinot remplit ces deux places avec l'exactitude la plus scrupuleuse. Lorsqu'il fut rentré dans sa maison canoniale, il y mena une vie réguliére, toute occupée de l'étude, de l'assistance aux offices, & du soin de faire valoir un bien considérable, pour le soulagement des pauvres, & l'utilité de ses concitoyens. Il étoit Sindic de la Faculté de Théologie de Reims en 1714, lorsque M. de Mailly y fit porter la Constitution Unig. On peut voir dans le le Tome de l'Histoire de cette Bulle, toutes les violences de ce nouvel Archevêque. Notre Sindic eut alors la foiblesse de donner les mains à une acceptation de ce Decret rélative aux Explications mais il ne fut pas longtems à s'en repentir, & à s'en relever. La réclamation autentique de la Faculté fut proprement son ouvrage.  En 1715, étant encore Syndic, il dénonça à la Faculté l'abominable Traité de la Pénitence dicté à Reims par un Professeur en Théologie ; & la censure que le respectable Docteur en fit faire, fut suivie de celle de quelques autres Facultés. Depuis cette affaire, il ne manqua aucune occasion de rendre justice à la vérité ; il adhéra à l'appel des 4 Evêques avec la Faculté de Théologie, avec son Chapitre & avec l'Université ; il dénonça à son Archevêque diverses erreurs sur le dogme & sur la morale, enseignées par les Jésuites, & il présenta au Prélat une conclusion par laquelle la Faculté déclaroit qu'elle persistoit dans la résolution de laisser à ses Candidats la liberté à la paix de Clément IX : seule maniére de le signer, que la religion exige, & que le bon sens autorise. Tant de démarches vigoureuses ne furent pas sans récompense ; notre vertueux Docteur fut exclus du Chapitre & de la Faculté ; & rendu à lui-même, il ne s'occupa plus que du dessein qu'il avoit toujours eu de répandre sur sa patrie le bien considérable, qu'un talent singulier pour la culture des vignes, son œconomie & sa grande frugalité, lui avoient procuré. Après s'être acquitté de ce qu'il devoit à sa famille, il destina tout le reste à son Eglise, aux pauvres & aux besoins publics. Il fonda des écoles gratuites, des établissemens pour les malades, fit de grandes largesses aux hôpitaux, éclaira & orna son Eglise, dessécha des égouts qui infectoient la ville, y introduifit des eaux pures & salutaires, & mérita par ses bienfaits le titre glorieux de Pere & de Restaurateur de sa patrie. Tant de services rendus attirerent sur le vertueux Chanoine les bénédictions du peuple, & ne le sauverent pas des anathêmes du Prêtre. Etant parvenu à l'âge de 87 ans, par l'uniformité d'une vie sobre réglée & occupée, il tomba malade en 1749, & il se vit aussitôt livré aux persécutions des fougueux Constitutionaires, qui trouverent dans le vénérable vieillard une préfence d'esprit, & une fermeté à laquelle ils ne s'attendoient pas. Il repoussa toutes leurs attaques avec vigueur ; & sortant victorieux du combat, il finit une vie pleine de jours & de bonnes oeuvres par une mort fainte, qui le fit passer à la bienheureufe éternité. Ses lâches confreres, qui avoient eu l'indignité de le priver des Sacremens, n'accorderent qu'avec peine que l'enterrement se feroit en la maniére accoutumée, & ne s'y trouverent qu'en petit nombre. Mais les absens furent avantageusement remplacés par tout le corps de ville & la foule des citoyens reconnoissans, qui, en bénissant la mémoire de leur généreux bienfaiteur, publioient à haute voix la multitude & la magnificence de ses libéralités. Il les consomma par son testament, en léguant à la ville le restant de ses biens, pour l'entière exécution du projet des fontaines publiques (Pierre Barral, Dictionnaire historique, littéraire et critique, Tome 1, 1759 - books.google.fr).

 

François de Mailly-Nesle (4 mars 1658 - 13 septembre 1721) fut archevêque d'Arles (1697-1710) puis archevêque-duc de Reims (1710 - 1721), pair de France et cardinal (1719). Le 12 juillet 1710, il est nommé archevêque de Reims (confirmé le 1er décembre), où il succède à Le Tellier et prend possession de son nouvel archevêché en 1711. Très rapidement, plus homme de combat que de conciliation, il entre en conflit avec ses clercs plutôt acquis au Jansénisme et avec l’université. D’après les Jansénistes, il aurait fait le choix des jésuites «pour détruire tout le bien fait par son prédécesseur». Par un mandement du 17 avril 1714, François de Mailly publie à Reims la bulle Unigenitus qui condamne le jansénisme. Toutefois, dès 1715 à la mort de Louis XIV (1er septembre 1715), le jansénisme relève la tête et pendant cinq ans l’autorité archiépiscopale sera souvent bafouée. Un retour de balancier se produit néanmoins en 1720 avec la déclaration royale du 4 août qui met fin officiellement au jansénisme par l’acceptation de la bulle papale. Dès lors, l’archevêque revient en grâce. S'il a reçu en 1719 (29 novembre) le titre de Cardinal, il doit en effet attendre 1720 pour en revêtir les insignes des mains mêmes de Louis XV. Cette même année, il est nommé abbé commendataire de Saint-Étienne de Caen. Mais la résistance à Reims reste encore très forte et ne sera réduite que par ses successeurs. En effet, François de Mailly ne jouit pas longtemps de sa nouvelle dignité : il meurt le 13 septembre 1721, à l’âge de 63 ans, dans son Abbaye Saint-Thierry (fr.wikipedia.org - François de Mailly).

 

Le Saint Laict

 

M. Paris annonce qu'en mettant en ordre les archives de l'ancien chapitre de Notre-Dame, il a trouvé dans des liasses de papier mises au rebut et portant pour suscription : Papiers inutiles, bons à brûler après quarante ans, une masse de pièces établissant d'une manière péremptoire tous les travaux d'art entrepris, exécutés aux frais et sous les yeux de M. l'abbé Godinot. «Personne n'honore plus que nous, dit l'orateur, le souvenir de M. Godinot : il fut le bienfaiteur dela ville. Nous ne saurions assez dire et répéter les actes de philanthropie qui recommandent sa mémoire a l'éternelle gratitude des Rémois. - La susceptibilité des arrière-neveux de M. l'abbé Godinot, quand on touche a ce nom sacré, aujourd'hui l'une des gloires du pays, est sans doute chose très-honorable ; cependant, il ne faut pas l'exagérer au point d'interdire au biographe l'examen de certains faits qui importent à l'histoire, et dont l'appréciation est dans les plus imprescriptibles droits de la critique.» Passant à la revue des pièces qu'il offre de faire passer sous les yeux de l'assemblée, M. Paris signale la destruction dans la cathédrale de Reims des autels gothiques, des chapelles du rond-point, des pierres sépulchrales ; la profanation et la destruction des travaux du cardinal de Lenoncourt et du cardinal de Lorraine ; la suppression du sacrarium ; la ruine de la chapelle du Saint-Lait, de l'autel de la Transfiguration, des stalles du chœur, du jubé, somptueux travail du XVe siècle, des verrières des bascôtés, du maitre-autel et du monument de saint Nicaise. A l'appui de toutes ces imputations, M. Paris lit des actes revêtus de la signature de l'abbé Godinot et de l'architecte chargé des travaux (Congrès scientifique de France, Treizième session, tenue à Reims, en septembre 1845, 1846 - books.google.fr).

 

La misère ne fit que s’accroître sous la régence du duc d’Orléans ; il fallut chercher de nouveaux expédients pour remplir le trésor. Un édit de 1722 érigea en offices, même les charges municipales respectées par Louis XIV; c’était une grave atteinte aux privilèges des villes. A Reims, le Conseil résolut de racheter les charges et, malgré l’avis des notables qui avaient été consultés, des sommes considérables furent versées entre les mains du roi ; la dépense devint inutile : une autre ordonnance supprima les offices créés en 1722 et rendit aux villes l’administration municipale. La majorité de Louis XV ranima les espérances et le sacre fut entouré d’une grande solennité; six princes du sang représentaient les anciens pairs. Le roi conserva de l’affection pour la ville où il avait reçu l’onction royale; Reims, à son tour, garda le souvenir des bienfaits du monarque et témoigna en plusieurs circonstances son affection pour Louis-le-Bienaimé. Les embellissements et les travaux d’utilité commencés au XVIIe  siècle furent continués au XVIIIe. Deux hommes surtout y attachèrent leur nom, Godinot et Lévesque de Pouilly. Godinot, fils d’un corroyeur, étudia chez les Jésuites, fut d'abord chanoine de Saint-Symphorien, puis obtint un canonicat à la cathédrale. Il se laissa entraîner dans les erreurs du jansénisme et fut condamné par l’archevêque François de Mailly; le Chapitre l’exclut de ses assemblées. Godinot s’occupa dès lors avec plus de soin de la culture de ses vignes et acquit une fortune considérable; il ne s’en servit que pour devenir le bienfaiteur de la cité. Les nouvelles écoles, l’Hôtel-Dieu, l’hôpital Saint-Louis, récemment fondé pour les personnes attaquées du cancer, furent l’objet de ses largesses. Il fournit les sommes nécessaires à l’établissement des fontaines et rendit ainsi son nom populaire à Reims. Le généreux chanoine ne pouvait oublier la cathédrale ; malheureusement c’était l’époque où l’on ne pouvait souffrir le gothique et Godinot suivit l’entraînement de son siècle. La splendide chapelle du Saint-Laict, le tombeau du cardinal de Lorraine furent démolis, les autels refaits dans le goût du temps; une partie des vitraux fut enlevée ; des grilles remplacèrent la clôture du chœur et le jubé; la cathédrale prit cet aspect de nudité qui frappe le visiteur. Plus de 120,000 livres furent dépensées pour modifier l’œuvre du Moyen-Age. Godinot mourut en 1749 (Al Hannesse, Histoire populaire de la ville de Reims, 1879 - books.google.fr).

 

La Boîte à Perrette

 

La Boîte à Perrette a été créée en 1695. Selon la légende, Pierre Nicole (1625 - 1695), théologien janséniste, aurait confié à sa servante Perrette des fonds destinés à soutenir les jansénistes persécutés par Louis XIV et par le pape. La servante aurait caché l'argent dans son pot à lait. Cette histoire est trop inspirée de la fable de Jean de La Fontaine pour être plausible mais il est vrai qu'à la fin du XVIIe siècle une caisse de secours se met en place dans le milieu janséniste. Après la condamnation du jansénisme par la Bulle Unigenitus en 1713 et la destruction du monastère de Port-Royal des Champs en 1709, les jansénistes sont pourchassés et s'exilent, en Hollande ou dans le diocèse d'Auxerre par exemple. La caisse de secours soutient les prêtres privés de charge, les écoles jansénistes et les jansénistes exilés. L'argent se transmet de personne à personne, à l'intérieur du réseau janséniste. Le système fiscal utilisé est celui de la tontine, c'est-à-dire que les fonds, partagés entre deux ou trois personnes, ou concentrés sur une seule, se transmettent par legs testamentaire. Dans son testament, le gestionnaire des fonds lègue particulièrement une somme à une personne étrangère à sa famille. Les fonds sont placés de manière sûre, notamment en rente sur l'État. Les fonds de la Boîte à Perrette ont aussi servi à financer le journal janséniste appelé Nouvelles Ecclésiastiques. Ces fonds furent très importants au XVIIIe siècle. Dispersés en raison de la Révolution française, ils sont progressivement réunis au début du XIXe siècle par les héritiers du jansénisme. Aujourd'hui, ce qui reste de la Boîte à Perrette est géré par la Société de Port-Royal, association qui regroupe des descendants de familles jansénistes et des chercheurs attachés à Port-Royal des Champs (fr.wikipedia.org - Boîte à Perrette).

 

Du sang

 

Saint Jean Damascène dit aussi qu'il était des solitaires qui passaient leur vie entière en dehors de tout commerce avec les hommes, tandis que d'autres habitaient des cellules plus ou moins distantes les unes des autres, et se rendaient le dimanche dans une église commune pour participer aux divins mystères, c'est-à-dire au sacrifice non sanglant du corps et du sang de Jésus-Christ.

 

Traitant des instituts des Cénobites, Cassien dit expressément que les moines d'Egypte ne se réunissaient de jour que le samedi et le dimanche à l'heure de tierce pour la communion ; ce qu’il confirme en plusieurs endroits de ses conférences. Les paroles suivantes, qu’il met dans la bouche du saint abbé Théonas, méritent surtout d'être citées, parce qu'elles signalent et proscrivent une erreur renouvelée plus tard par les jansénistes : «Nous ne devons pas, dit-il, nous abstenir de la communion du dimanche parce que nous nous reconnaissons pécheurs, mais au contraire en approcher avec d'autant plus d’avidité, afin qu’elle guérisse notre âme et purifie notre cœur. Ainsi donc, nous jugeant indignes de recevoir une telle grâce, cherchons y par-dessus tout, avec humilité et en esprit de foi, le remède à nos blessures. Sans cela nous ne pourrions pas même nous flatter de communier dignement une seule fois l'an, selon la pratique de certains cénobites. Ces moines se font une idée telle de la sainteté, de la dignité et de l'excellence des divins sacrements, qu’à leur avis il faut être saint et exempt de souillure pour y prétendre, plutôt qu’ils ne rendent saints et purs ceux qui les reçoivent. Or ils tombent précisément dans le péché de présomption qu’ils voudraient éviter, puisqu'au moins ils s’en jugent dignes lorsqu’ils les reçoivent. ll est bien plus juste de les recevoir tous les dimanches comme le remède de nos maladies spirituelles, avec cette humilité du cœur qui nous fait croire et confesser que nous ne mériterons jamais de nous approcher de ces mystères adorables; il est plus juste, dis-je, d'en user de la sorte que de nous persuader, par un sot orgueil, que nous pourrons nous en rendre dignes au bout d’une année.» (F. Labis, De la fréquente communion, Revue catholique, 1863 - books.google.fr).

 

Le Saint Sacrifice de la Messe est le renouvellement non sanglant du Sacrifice de la Croix.

 

Consacrée aux convulsions, la seconde partie de "De la cause de Dieu à la cause de la Nation. Le Jansénisme au XVIII siècle" de Catherine Maire dépeint la lente agonie religieuse du jansénisme, rappelant la chronologie des événements, s'attachant à la personne même de François de Paris (sa formation auprès des figuristes, sa retraite et sa pratique des mortifications), notant l'intensité de l'épisode de saint Médard (1728-1732) et la publicité dont il bénéficia. La flambée des miracles est liée au contexte : premières guérisons à distance puis, en 1728, les miracles s'opèrent sur la dalle funéraire au moment où, après Embrun, la résistance janséniste redouble. L'échec d'une reconnaissance officielle fait chuter les miracles avant une nouvelle explosion (1731- 1732) autour de la guérison d'Anne Le Franc à la suite de la déclaration royale promulguant la Bulle comme loi de l'Église et de l'État. Les miracles entrent donc dans la bataille grâce à l'encadrement des figuristes et s'accompagnent de l'émergence des convulsions, avant la fermeture du cimetière (janvier 1732). Au-delà de la présentation des événements, C.M. développe et étudie cette évolution. Si le miracle de guérison est une preuve maîtresse dans la tradition apologétique, son évolution qui conduit à des cérémonies figuratives d'une immense violence constitue une originalité des miracles de saint Médard : au dernier stade, les convulsions ne sont plus guérissantes, elles réunissent un encadrement, les «secouristes». En l735, le Parlement se tourne contre les convulsionnaires et le mouvement s'achève dans une sectarisation progressive. La masse documentaire (relations consignées) pose de nombreux problèmes d'analyse mais conduit à la constatation que cette escalade symbolique des convulsionnaires est inscrite dans la logique figuriste : par les crucifiements mis en scène, les acteurs veulent prolonger l'actualité du Christ dans l'histoire présente et ramener à eux un Dieu lointain et absent. Enfin, l'A. étudie avec précision les divisions que suscitèrent les convulsions dans le parti janséniste, disputes lourdes de conséquences pour le parti lui-même : le statut du signe (humain, divin, diabolique), les tensions entre crainte de Dieu et nécessité d'une foi confiante (ramener la volonté salvifique de Dieu à la portée de la créature) et enfin, vers 1778, la question de la réalité non sanglante du sacrifice de Jésus-Christ pendant la Messe. Ces débats internes sont le signe d'une crise profonde du jansénisme religieux qui trouve une «transfiguration politique» dans le combat parlementaire, transformation préparée par l'intervention des avocats et magistrats du Parlement dès 1726-1727 (Bibliographie "De la cause de Dieu à la cause de la Nation. Le Jansénisme au XVIII siècle" de Catherine Maire, 1998, Archives de sciences sociales des religions n° 105, 1999 - books.google.fr).

 

"touché" : les écrouelles

 

Gilles Caillotin réemploie un pamphlet paru après la déclaration royale du 7 octobre 1717, qui imposait le silence à toutes les parties à propos de la constitution Unigenitus : toute l’argumentation relative aux conflits doctrinaux des premiers siècles de l’Église figure, en tous les cas, dans une lettre du cardinal de Mailly adressée au régent (Lettre de M. l’archevêque de Reims à SAR le duc d’Orléans, régent du royaume, Reims, 20 janvier 1718). [...]

 

Gilles Caillotin est présent à Versailles une partie du samedi saint et le jour de Pâques 16 et 17 avril 1729 : il ne peut pénétrer, le jour de Pâques, dans la chapelle du château, bien qu’il ait assisté à l’entrée solennelle du roi et de sa cour (B. M. Reims, ms. 2487, p. 671), mais il n’évoque pas, cette fois, la cérémonie du toucher des écrouelles. D’après l’avocat Barbier, qui consigne cette information en mars 1739, au moment où Louis XV cesse de toucher les écrouelles parce qu’il n’est plus en état de grâce du fait de sa liaison publique avec Madame de Mailly, “le roi touche ordinairement les malades le Samedi Saint, après avoir fait ses dévotions. Cette année, sous prétexte de quelque incommodité, il n’a fait ni la cérémonie ni ses Pâques. Cela a causé un grand scandale à Versailles et beaucoup de bruit à Paris”, Edmond-Jean-François Barbier, Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, t. II, Paris, Jules Renouard, 1849, p. 223-224. D’après le Journal de Dangeau, Louis XIV touche à Versailles 1300 malades le samedi saint 21 avril 1685 ; la veille de la Pentecôte 17 mai 1698, 3000 ; la veille de la Pentecôte 19 mai 1714, plus de 1000, et la veille de la Pentecôte 8 juin 1715, 1700, Marquis de Dangeau, Journal, édité par Eudore Soulié et Léon Dussieux, t. I, Paris, Firmin Didot, 1854, p. 158 ; t. VI, Paris, ibid., 1856, p. 348 ; t. XV, Paris, ibid., 1858, p. 149 et 432. D’après la Gazette de France, le 29 octobre 1722, quatre jours après son sacre, Louis XV a touché plus de deux mille scrofuleux dans le parc de l’abbaye Saint-Remi de Reims. On peut d’autant plus aisément imaginer que Gilles Caillotin faisait partie de ceux-ci, que sa maison, rue du Barbâtre, est toute proche de l’abbaye de Saint-Remi, même s’il n’évoque pas cet épisode dans son manuscrit où il n’a voulu transcrire que l’histoire de toutes ses “routes” (Postface. Un « roumieu » au XVIIIe siècle : expériences partagées, récit singulier In : Gilles Caillotin, pèlerin : Le retour de Rome d’un sergier rémois, 1724, 2006 - books.openedition.org).

 

Louise Julie de Mailly-Nesle, née à Paris, paroisse Saint-Sulpice, le 16 mars 1710, morte à Paris le 30 mars 1751, fut une favorite de Louis XV. Elle était la fille de Louis III de Mailly-Nesle, marquis de Nesle, (1689-1767) et de son épouse Armande Félice de La Porte Mazarin (1691-1729), elle-même petite-fille d'Hortense Mancini et arrière-petite-nièce de Mazarin. Elle est l'aînée des cinq Sœurs de Nesle dont quatre furent les maîtresses de Louis XV  (fr.wikipedia.org - Louise Julie de Mailly-Nesle).

 

Elle est parente du cardinal de Mailly.

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