Talleyrand, devenu boîteux à 4 ans

Talleyrand, devenu boîteux à 4 ans

 

III, 73

 

1758-1759

 

Quand dans le regne parviendra le boiteux,

Competiteur aura proche bastard :

Luy & le regne viendront si fort rogneux,

Qu’ains qu’il guerisse son fait sera bien tard.

 

"roigneux" : roi et royaume

 

Adipeux, glouton, eczémateux, sujet à des névralgies sans doute dues à des caries, Philippe Ier quitta ce monde au château de Melun-sur-Seine. Refusant d’être enterré avec ses ancêtres à Saint-Denis, suivant sa dernière volonté, il est inhumé en l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire (www.tombes-sepultures.com, Cryptes médiévales et culte des saints en Île-de-France et en Picardie, 2020 - books.google.fr).

 

"ardant" s. m. pl. nom. 9193 malades atteints du mal des «ardents» (érysipèle galeux, gangréneux, rogneux) (Keith Busby, Le Roman de Perceval ou Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, 2011 - books.google.fr).

 

De 1085 Ă  1095, une suite ininterrompue de calamitĂ©s s'abat sur l'Occident : inondations, pluies, sĂ©cheresses qui dĂ©truisent les moissons ou les empĂŞchent de pousser, disette, mortalitĂ©, une recrudescence effrayante du mal des ardents et vers la fin de cette pĂ©riode une des plus brutales invasions de la peste qu'ait connues le Moyen Ă‚ge.

 

Wolff, le meilleur historien de cette période des fléaux a nettement établi que les pays les plus ravagés sont ceux justement d'où partira la Croisade populaire, Allemagne, Pays Rhénans, France de l'Est entre autres.

 

Les chroniques laissent soupçonner l'énorme détresse morale causée par le mal des ardents, revenu en 1089 pour ne disparaître qu'après la seconde et terrible épidémie de 1094 (Paul Alphandéry, Alphonse Dupront, La Chrétienté et l'idée de croisade, 2014 - books.google.fr).

 

En 1090, une épidémie, connue sous le nom de mal des ardents, et appelée dans quelques chroniques, le feu de Saint-Antoine, dépeupla la Lorraine et en 1095 le Dauphiné (Abel Hugo, France historique et monumentale, Tome 3, 1839 - books.google.fr, Joseph-Marie Le Mené, Histoire du diocèse de Vannes, Tomes 1 à 2, 1888 - books.google.fr).

 

Saint Goëry en Lorraine, Saint Martial en Aquitaine, Saint Antoine Abbé en Provence et en Dauphiné incarnèrent très souvent l'ultime recours devant cette calamité pour ces hommes du Moyen-Age affligés de tous les fléaux surtout climatiques, qui pourrissaient principalement le seigle c'est à dire la matière première de leur alimentation frugale ou "pain noir" à cette époque parasitée par cet ergot toxique, responsable et méconnu (Michel Baudat, De la Thébaïde à Montmajour, les reliques de Saint-Antoine abbé, 1994 - books.google.fr).

 

"bien tard" : Philippe Ier

 

Philippe Ier fut roi pendant quarante-huit ans, un des plus longs règnes de l'Histoire de France, mais aussi prĂ©tend la tradition, un des plus vides, et de ceux qui ont fait le moins d'honneur Ă  la dynastie. Jamais, Ă  en croire les chroniqueurs de l'Ă©poque, l'action personnelle d'un souverain sur les Ă©vĂ©nements et sur les hommes n'a Ă©tĂ© plus limitĂ©e. Il faut remarquer toutefois que ses querelles incessantes avec l'Eglise le firent juger sĂ©vèrement par les clercs qui, Ă  cette Ă©poque, Ă©crivaient seuls l'histoire; c'est sous leur plume que s'Ă©tablirent des lĂ©gendes Ă©difiantes sur le roi de France excommuniĂ©, atteint de la gale et d'autres maladies Ă©pouvantables, vivant comme un pestifĂ©rĂ© au milieu d'une cour dĂ©serte, n'osant plus mettre la couronne de France, ni faire de nominations d'Ă©vĂŞques, perdant mĂŞme la vertu du sacre et le privilège de guĂ©rir les scrofuleux. Si quelques aspects de ces lĂ©gendes sont sans doute fondĂ©s, il faut cependant rappeler que, pendant la première partie de son long règne, Philippe Ier entreprit un effort d'Ă©largissement et de pacification du domaine royal avec de rĂ©els succès. AssociĂ© au trĂ´ne par son père Ă  l'âge de sept ans (1059), il n'exercera la rĂ©alitĂ© du pouvoir qu'en 1066, au moment de sa majoritĂ©. Jusqu'Ă  cette date, ce furent sa mère Anne de Kiev, son oncle Baudouin V de Flandre et Gervais, archevĂŞque de Reims, qui exercèrent le pouvoir. Il prit rapidement conscience des pĂ©rils auxquels les CapĂ©tiens avaient exposĂ© le royaume en distribuant des fiefs, et inaugura avec des succès divers la politique d'annexions poursuivie par la suite par Louis VI le Gros et par Philippe Auguste. En 1068, une partie du Vermandois et le Gâtinais furent annexĂ©s au domaine. En 1077, c'est le tour du Vexin que l'on appellera français. Entre-temps (1071), il s'Ă©tait portĂ© jusque dans la rĂ©gion de l'Escaut pour dĂ©fendre la comtesse de Flandre, Richilde, contre son concurrent, Robert le Frison, mais il fut battu au mont Cassel. InquiĂ©tĂ© par la puissance des ducs normands, qui venaient de conquĂ©rir l'Angleterre en 1066, il suscita, sans rĂ©el profit, la rĂ©volte de Robert Courteheuse contre son père Guillaume le ConquĂ©rant (1078). Robert revendiquait, par anticipation, une partie de l'hĂ©ritage paternel. L'an 1101 est marquĂ© par l'acquisition de la vicomtĂ© de Bourges et de la seigneurie de Dun-le-Roi. Mais malgrĂ© ces diffĂ©rentes annexions, la monarchie ne se relevait pas de l'abaissement oĂą la fĂ©odalitĂ© l'avait rĂ©duite. Philippe n'Ă©tait pas toujours le seul maĂ®tre des parties du territoire soumises Ă  son pouvoir direct. Entre les prĂ©vĂ´tĂ©s du domaine s'intercalaient de petites seigneuries dont les possesseurs ne respectaient que ceux qui savaient se dĂ©fendre. Chevaucher vers OrlĂ©ans, par exemple, c'Ă©tait risquer de rencontrer des pillards qui se rĂ©fugiaient dans le donjon de MonthlĂ©ry. Au prix d'un siège assez long, Philippe Ier rĂ©ussit Ă  mettre la main sur ce repaire et dĂ©clara Ă  son fils Louis VI : "Garde bien cette tour, elle m'a fait vieillir avant l'âge : la mĂ©chancetĂ© et la perfidie de ceux qui l'habitaient ne m'ont jamais laissĂ© un instant de repos." Louis fera bon usage de ce sage conseil. Pour assurer des revenus Ă  la Couronne, Philippe Ier disposa des biens d'Eglise et vendit les charges ecclĂ©siastiques, ce qui lui attira les foudres des rĂ©formateurs grĂ©goriens. Son opposition Ă  la papautĂ©, plutĂ´t timide sous GrĂ©goire VII, lorsqu'il ne s'agissait que de disputer au pape le pouvoir de nomination sur les archevĂŞchĂ©s de Lyon, de Tours, de Reims et de Bourges, devint violente sous Urbain II, lorsque la papautĂ© refusa d'accepter son changement d'Ă©tat conjugal. En 1091, en effet, le roi avait rĂ©pudiĂ© sa première femme, Berthe de Hollande, pour Ă©pouser Bertrade de Montfort qu'il avait enlevĂ©e Ă  son mari Foulques, comte d'Anjou (Marcel Jullian, Philippe Guilhaume, Initiation Ă  l'histoire des rois de France, 1989 - books.google.fr).

 

Le pape Urbain II, dont tous les historiens s'accordent à louer la prudence et les lumières, étoit, à cet égard, dans les mêmes sentimens que Grégoire VII. C'est ce qui résulte clairement de la conduite qu'il tint envers Philippe Ier, en 1095, dans le concile de Clermont, un des plus nombreux qui aient été tenus en France, et auquel assistèrent une multitude d'évêques et de seigneurs, de toutes les provinces du monde chrétien. Le roi ayant été excommunié, l'année précédente, par le légat du Pape, dans le concile d'Autun, dont l'évêque est Aganon, pour son mariage illégitime avec Bertrade, avoit obtenu du souverain Pontife, dans le concile de Plaisance, un délai pour plaider sa cause; mais, comme il n'avoit donné, depuis ce temps, aucune espérance de conversion, le Pape confirma, dans le concile de Clermont, la sentence d'excommunication déjà portée contre lui (Oeuvres complètes de Fénelon, Tome 1, 1851 - books.google.fr, Remy Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, 1863 - books.google.fr).

 

"boiteux" : Philippe Ier de MacĂ©doine

 

Le quatrain s'inspire ici d'un Ă©pisode de l'Histoire grecque auquel il reviendra en C 6.84 : Celuy qu'en Sparthe Claude ne peut regner... (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (Ă©dition MacĂ© Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain VI, 84 où l'on passe du Spartiate Agésilas au Thébain Créon, descendant des Spartes, armée de guerriers nés des dents du dragon semées ("spartoi") par Cadmos, fondateur de la ville de Thèbes, dont les souverains, à l'époque de Créon, sont des Labdacides (de "labdakos" : boiteux comme OEdipe, descendant de Labdakos).

 

J'ai dit au commencement de l'interprétation du quatrain précédent, qu'ayant pensé que les mots CLAUDE et BOITEUX adaptaient l'un à l'autre ces deux quatrains, je ne tardai pas alors à interpréter l'un et l'autre, en ne perdant pas de vue que Nostradamus parle presque continuellement en figure. Ce Prophète a comparé L.-Philippe au Macédonien Philippe et au Spartiate Agésilas qui, l'un et l'autre, ont dépouillé leur neveu du trône pour y monter à sa place. L'un et l'autre étaient BOITEUX au physique; ils étaient défectueux au moral, étant usurpateurs (Henri Torné-Chavigny, L'histoire prédite et jugée par Nostradamus: texte de l'édition de 1566, à Lyon, par Pierre Rigaud, preuves tirées des auteurs les plus connus, 1860 - books.google.fr).

 

Henri Ier épousa la fille du Grand-Duc de Kief, qui prétendait descendre des rois de Macédoine. Ainsi le nom de Philippe entra dans la maison de France. Mais Philippe Ier était si peu puissant que le seigneur de Montlhéry l'empêchait de dormir. Il devait survenir, durant ces trois premiers règnes, règnes obscurs, deux événements d'une immense portée, la conquête de l'Angleterre par le duc de Normandie et les Croisades (Jacques Bainville, Heur et malheur des Franc?ais, 1924 - books.google.fr).

 

"proche bastard" : Guillaume le ConquĂ©rant

 

Orderic Vital, moine historien du XIIe siècle, fait de la bâtardise de Guillaume le facteur explicatif de tous les désordres et révoltes qui ont lieu pendant son règne. Ce moine écrit à une époque où l'Église prône le mariage et condamne très sévèrement le concubinage, ce qui était encore très différent un siècle plus tôt (fr.wikipedia.org - Guillaume le Conquérant).

 

Durant la minorité du jeune roi Philippe Ier, la régence fut confiée à son oncle Baudouin V, comte de Flandre, mari d'une sœur du roi Henri Ier. Guillaume, duc de Normandie, le futur conquérant de l'Angleterre, avait épousé Mathilde, fille de ce Baudouin V (O. Delarc, Le pontificat de Nicolas II, Revue des questions historiques, Volume 40, 1886 - books.google.fr).

 

Née vers 1031, Mathilde est la fille de Baudouin V (v. 1012-1067), dit Baudouin de Lille, comte de Flandre, et d'Adèle de France fille de Robert II, roi de France et grand père de Philippe, et de Constance d'Arles (fr.wikipedia.org - Mathilde de Flandre).

 

Sous le règne de Guillaume, la Normandie est devenue l'une des principautĂ©s les plus fortes. Le duc, devenu roi, est l'Ă©gal et le compĂ©titeur du roi de France. Il est probable que ni Guillaume ni le roi n'ont pris conscience de ce fait. Le duc, partant Ă  la conquĂŞte du trĂ´ne d'Édouard le Confesseur, n'aurait-il pas proposĂ© Ă  Philippe Ier de lui rendre hommage si celui-ci l'aidait dans cette guerre ? Guillaume se considère encore, et ce sera certainement le cas jusqu'Ă  la fin de ses jours, comme le vassal du roi de France, mĂŞme s'il ne l'est plus que pour une partie de ses possessions. Depuis longtemps les ducs de Normandie se comportaient fidèlement envers leur suzerain. Les uns et les autres s'Ă©taient mutuellement soutenus et ce furent plus souvent les rois de France qui agressèrent leur vassal lorsque celui-ci devenait trop puissant que ce dernier qui se rĂ©volta. Les bouleversements sociaux, culturels et Ă©conomiques qui se sont opĂ©rĂ©s au dĂ©but du XIe siècle ont largement Ă©tĂ© mis en Ă©vidence par les historiens qui ont Ă©voquĂ© «la mutation de l'an mil», toutefois, en 1066, l'Europe continentale a indĂ©niablement assistĂ© Ă  un Ă©vĂ©nement qui marquera son destin pendant plusieurs siècles, jusqu'Ă  aujourd'hui sans doute. A la mort de Guillaume le ConquĂ©rant, ses enfants se querelleront pour recevoir sa succession (Philippe Maurice, Guillaume le ConquĂ©rant, 2002 - books.google.fr).

 

Acrostiche : QCLQ, Qui CaeLiQue

 

L'assonance est assez rare dans les Tropaires de la première Ă©poque, et on ne la trouve qu'EXCEPTIONNELLEMENT dans ceux de Saint-Gall et de Saint-Martial (Voy. cependant 1120, fo 44 v°). Les deux Tropaires de Paris (Bibl. nat. lat., 13252) et de Saint-Évroult (Bibl. nat. lat., 10508) nous en offrent, au contraire, des exemples assez nombreux : «Laudemus Dominum cujus rej let ordine mundum... - Vox Domino laudem, ferat actio sancta decorem... His cĹ“lum geminis scandit Laurentius alis... Qui cĹ“lique maris Deus est et conditor orbis... - Gloria cum superis ipsi debetur et omnis» (13252, fo 13 r°). (LĂ©on Gautier, Histoire de la poĂ©sie liturgique au moyen âge - les Tropes, Tome 1, 1886 - books.google.fr).

 

Le Tropaire-Tonaire-Séquentiaire de Winchester qui contient une variante du tropaire de Saint Laurent ("qui caelique terreque") date du milieu du XIe siècle (musmed.eu).

 

Saint-Magloire de Paris, monastère fondé par Robert le Pieux, le roi musicien a produit le tropaire (Paris, Bibliothèque Nationale, latin 13252) (Amédée Gastoué, Musique et liturgie: Le graduel et l'antiphonaire romains; histoire et description, 1913 - books.google.fr).

 

Rouillard, le premier et jusqu'à présent le seul historien de la ville de Melun (Histoire de Melun, Paris, Jean-Guignard, 1628), adoptant, avec enthousiasme, les prétentions exagérées des chanoines de Notre-Dame sur l'antiquité de leur église, concilie, organise et dispose toutes choses pour faire trouver à point sur l'emplacement actuel de ce monument le Temple celtique d'Isis, la Crypte gallo-romaine des premiers fidèles, la Cella de Saint-Laurent, la Basilique franque de Clovis, l'Abbayette carolingienne et la Collégiale du roi Robert. Ce mélange du profane et du sacré, de la légende et de l'histoire répand le doute sur des faits authentiques, égare l'opinion publique et sert merveilleusement aux desseins de ceux qui, profitant de ces anachronismes et de ces erreurs, confondent, avec une intention coupable, la mère des Dieux avec la mère de Jésus, Isis avec la Vierge (Bernard de La Fortelle, Histoire et Description de Notre-Dame de Melun, 1845 - books.google.fr).

 

Sur la pente abrupte de la colline qui domine la ville de Montfort-l'Amaury, au pied des ruines du massif donjon construit sous le règne du roi Robert, on voit les débris d'une chapelle. Cette chapelle, détruite au commencement du siècle, était celle du prieuré de Saint-Laurent. [...] Ce fut le fils d'Amaury, seigneur de Montfort et d'Épernon, Simon, qui fonda le prieuré Saint-Laurent. Mais l'expérience avait appris que ces petits établissements n'avaient pas assez d'indépendance vis-à-vis du pouvoir féodal et tombaient facilement dans le relâchement, s'ils n'étaient soumis à une abbaye qui pût les surveiller et au besoin défendre leurs intérêts. Amaury donna donc le nouveau prieuré à l'abbaye de Saint-Magloire de Paris. Cette abbaye avait été fondée un siècle auparavant par Hugues le Grand, duc de France, près du palais de la Cité. Ses abbés étaient de droit chapelains des rois de France. A la prière de Simon, Philippe I, dans une cour plénière tenue à Paris en 1072, donna une confirmation solennelle de cette fondation et, considérant que ce prieuré, fondé dans un bénéfice royal, était donné à une abbaye qui lui appartenait, il lui assura tous les privilèges autrefois octroyés par son ancêtre Hugues le Grand à l'abbaye de Saint-Magloire. Il lui assura une immunité judiciaire complète en l'exemptant de la juridiction des juges royaux et de celle des officiers du seigneur de Montfort. Quelques années plus tard l'incurie et la rapacité des abbés de Saint-Magloire contraignit le couvent à vivre dispersé après avoir vendu ou engagé les vases de l'église et la couverture d'argent de la châsse de Saint-Magloire. Philippe I n'y vit de remède en 1093 que de soumettre l'abbaye à celle de Marmoutier, célèbre par la régularité de sa discipline. Mais cette réunion dura peu; Louis VI rendit la faveur royale à l'abbaye, et à sa prière, en 1116, le pape Pascal II consacra de nouveau l'indépendance de Saint-Magloire. Dans sa bulle il nomme les prieurés qui en dépendaient et, entr'autres, Saint-Laurent de Montfort (M. de Dion, Le prieuré Saint Laurent de Montfort-l'Amaury, Mémoires et documents, Volumes 8 à 9, Société archéologique de Rambouillet, 1888 - books.google.fr).

 

AoĂ»t 3 1119 (avant) : A la requĂŞte de Eude, prieur de Notre-Dame de la CharitĂ©, Louis VI confirme la donation faite Ă  ce prieurĂ© par son père Philippe Ier, du monastère de Saint-Laurent (des Orgerils), situĂ© Ă  OrlĂ©ans au bord de la Loire (Achille Luchaire, Louis VI le Gros: annales de sa vie et de son règne (1081-1137), 1890 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1758 sur la date pivot 1094 donne 430.

 

10 aoĂ»t 430 : Nestorius, qui conteste le caractère divin du Christ, est condamnĂ© par le pape CĂ©lestin au synode de Rome (fr.wikipedia.org - AnnĂ©e 430).

 

Le 10 août marque la fête de Saint Laurent.

 

Saint Augustin, mort en 430 pendant le siège d'Hippone entrepris par les Vandales, avait l'estime pour saint Sixte, il faut ajoûter que l'Eglise universelle en donna un témoignage authentique, en l'exaltant sur le trône de saint Pierre, aprés la mort du Pape saint Celestin I. Comme ce saint Pontife, avoit condamné, & degradé l'infame Nestorius, qui vouloit dépoüiller la tres-Sainte Vierge de la suprême dignité de Mere de Dieu, saint Sixte confirma cette juste sentence; il est vray que d'abord il essaya de guerir cette brebis galeuse, se persuadant que le silence d'un Cloître, où il étoit relegué, luy auroit inspiré le desir de faire penitence; mais quand il vit qu'il méprisoit ses avis, & qu'il ajoûtoit le mensonge, & l'opiniâtreté à l'heresie, il l'abandonna à son propre crime, & il vit avec douleur un Patriarche de Constantinople se precipiter dans l'abysme, chargé du poids immense de ses blâphemes, & de ses impietez (Jacqueline Bouette de Blémur, Vies des Saints, Tome 1, 1689 - books.google.fr).

 

Nestorius (mort après 451 des mauvais traitement de son gardien Senuti) affirme que le Christ est constitué de deux personnes, l'une divine et l'autre humaine. Il est condamné par le concile d'Ephèse en 431 et démis de l'évêché de Constantinople (Abdallah Naaman, Le Liban: Histoire d'une nation inachevée, 2016 - books.google.fr, E. Revillout, Sénuti le prophète, Revue de l'histoire des religions, 1883 - books.google.fr).

 

Talleyrand

 

Quel pourrait être ce boiteux sinon Talleyrand qui se mettra au service de plusieurs régimes successifs ? (Serge Hutin, Les prophéties de Nostradamus, J'ai lu, 1982, p. 177).

 

La famille de Talleyrand-Périgord revendiquait être, par la famille de Grignols, une branche cadette de la famille des comtes de Périgord, descendants de Boson Ier, comte de la Marche et de Périgord (fr.wikipedia.org - Maison de Talleyrand-Périgord).

 

1031 au plutôt. ALDEBERT II, dit CADOIRAC OU CADENAT, c'est-à-dire CAMUS, fils aîné d'Helie II, lui succéda au comté de Périgord. Il eut de grands démêlés avec Girard de Gordon, évêque de Périgueux, au sujet de la monnaie que son père avait fait fabriquer, et qu'on nommait hélienne. Le prélat ayant défendu de donner cours à ces espèces, Aldebert prit les armes pour empêcher l'effet de cette défense. La guerre continua entre le comte et le prélat, jusqu'à la mort de ce dernier, arrivée l'an 1059. On ne sait pas combien de tems Aldebert lui survécut. Mais la mort de celui-ci suivit celle d'HÉLIE III, son fils aîné et son associé depuis 1080, qui ne vivait plus en 1104. Hélie avait épousé VASCONIE DE FOIX, nommée aussi BRUNICHILDE, dont il eut Helie, qui suit, et Guillaume, surnommé Taleyrand, tous deux nommés au cartulaire de Chancelade, écrit en 1128, dans celui de l'abbaye de Cadouin (fol. 2 et 38), et dans un fragment de l'église de Périgueux sous l'an 1138, où ils sont dits fils d'Hélie, et petits-fils d'Aldebert Cadoirac. Les autres enfants du comte Aldebert et d'ASCELINE, son épouse, sont Boson de Grignols […]. Sous l'année 1104, on trouve encore un Aldebert qualifié comte de Périgord (Baluze, Hist. Tutel., p. 877), qui devait être le père d'Hélie III, puisque cet Aldebert souscrivit une charte avec Taleyrand qui y est dit son petit-fils, et qui n'était autre que Guillaume, dit Taleyrand, fils d'Hélie III, et frère d'Hélie IV [...]. Le comte Hélie III avait eu la guerre en 1090 avec Ademar le Barbu, vicomte de Limoges, qui lui demandait une part dans le comté de Périgord, à titre de consanguinité (L'art de verifier les dates, Tome 3, 1818 - books.google.fr).

 

Talleyrand est nĂ© en 1754 et c’est vers l’âge de 4 ans, vers 1758, qu’ Â« il serait tombĂ© d’une commode et se serait demis le pied. Non soignĂ©, celui-ci lui vaudra cette claudication qui en fit le « diable boĂ®teux Â» [1] Â».

 

Lorsque le duc de Broglie, qui avait été dès 1814 partisan de la branche cadette, proposa d'appeler le nouveau Roi Philippe VII, par respect pour la tradition, Talleyrand vit en cela un malentendu condamnable. La couronne de France n'était plus la couronne des Lys, mais un diadème constitutionnel, et Louis-Philippe était roi «non parce qu'il était un Bourbon, mais malgré qu'il fût un Bourbon». Deux ans plus tard, alors qu'il était à Londres, Talleyrand sut le rappeler encore une fois au Roi des Français en termes très nets: il n'avait pas l'esprit dynastique, le Roi le savait bien; il avait, depuis Louis XVI, servi tous les gouvernements par amour pour son pays; mais il les avait abandonnés dès qu'ils sacrifiaient les intérêts de la France à leur intérêt particulier; si donc le Roi voulait suivre une politique de famille, il ne faudrait pas compter sur lui (Franz Blei, Talleyrand: homme d'État, 1935 - books.google.fr).

 



[1] Jean Tulard, L’Histoire n° 108, p. 34

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