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Remise en cause de la légitimité impériale autrichienne III, 49 1740-1741 Règne Gaulois tu seras bien changé, En lieu estrange
est translaté l'Empire, En autres mœurs et loix
seras rangé, Roan et Chartres te feront bien du pire. Translatio imperii ad
Germanos Le quatrain semble reprendre le titre d'un essai de
l'abbé Guyon sur la translatio imperii,
dont le privilège et l'approbation du roi date de 1746 : Essai critique sur
l'etablissement et la translation de l'empire d'occident en Allemagne, avec les
causes singulières qui l'ont fait perdre aux Français (Claude-Marie
Guyon, Essai critique sur l'etablissement et la translation de l'empire
d'occident ou d'Allemagne (etc.), 1752 - books.google.fr). L'abbé Guyon remit en cause le caractère romain même de
la dignité impériale, qui était fondé sur la théorie de la translatio
Imperii, selon laquelle l'empereur du Saint-Empire
était le successeur légitime des empereurs de la Rome antique. Guyon consacre
la plus grande partie de son ouvrage Ă l'histoire de l'Empire d'Occident au
temps des Carolingiens. Pour cet auteur, les rois francs sont les «Rois de
France». La première partie de son livre traite des monarques francs, depuis
Charles Martel jusqu'Ă l'extinction de la dynastie carolingienne, et de la Francie orientale jusqu'au sacre d'Otton Ier. La seconde
partie examine plus en détail les causes de la chute de l'Empire carolingien.
Selon Guyon, cette chute fut provoquée surtout par la faiblesse de certains
empereurs et par la puissance temporelle des papes. Enfin, la troisième partie
étudie les titres d'«Empereur» et de «Roi des Romains», avant d'examiner
l'origine et les droits des princes électeurs. Cette attention particulière que
Guyon prête aux empereurs francs distingue véritablement son ouvrage de
l'«Histoire» de Maimbourg, que l'auteur attaque
sévèrement. En particulier, Guyon lui reproche d'avoir chargé «ses marges d'une
longue suite d'Auteurs, qu'il n'a vraisemblablement consultés que très-légerement, puisqu'il leur prête souvent tout le contraire
de ce qu'ils disent» et de n'avoir consacrĂ© qu'une cinquantaine de pages Ă
l'histoire des empereurs carolingiens et au problème du transfert de l'Empire
en Allemagne. Â Dans son Tableau historique de 1669, Nouvelon
se fait l'écho de la théorie de la translatio Imperii. [...] L'empereur Charlemagne s'installa à Aix-la-Chapelle,
qui, comme le souligne Nouvelon, faisait bien partie
de la Gaule et non des pays d'outre-Rhin. Ainsi, la translation de l'Empire aux
Allemands ne fut achevée que par Otton III, après que les Italiens eurent de
leur côté tenté de le récupérer. Nouvelon considère
que ce sont ces tentatives italiennes qui impulsèrent les efforts redoublés
d'Otton III pour conserver durablement l'Imperium en Allemagne (Guido
Braun, La connaissance du Saint-Empire en France du baroque aux Lumières
1643-1756, 2012 - books.google.fr). M. l'abbé Guyon dans son histoire de la translation de
l'empire, fixe l'origine des prétentions des papes sur les investitures des
empereurs, à la démarche que fît Charles le Chauve, d'envoyer demander la
couronne impériale au pape Jean VIII (Variations
de la monarchie françoise dans son gouvernement politique, civil &
militaire, avec l'examen des causes qui les ont
produites ou Histoire du gouvernement de France depuis Clovis jusqu'Ă la mort
de Louis XIV, 1765 - books.google.fr). Louis-le-Germanique était l'ainé, cependant on lui préféra Charles, qui fut d'abord élu empereur, et ensuite roi d'Italie. On tint un concile à Rome, en 877, dans lequel on confirma l'élection qui avait été faite par l'autorité du sénat, du peuple, des évêques qui avaient rang parmi les seigneurs, et du pape Jean VIII, considéré comme le chef de la ville de Rome. Après la mort de Charles-le-Chauve, son neveu, Charles-le-Gros, fils de Louis-le-Germanique, s'empara de toute la Lombardie et assujettit toute l'Italie à sa puissance. Il vint ensuite à Rome, où il fut reçu avec honneur, et créé empereur par le pape Jean VIII et le sénat de Rome. Translation de l'empire aux Allemands : Après la mort de Charles-le-Gros, le pape Formose pria Arnould roi de Germanie, neveu de ce prince, de venir délivrer Rome de la tyrannie de Guy, duc de Spolete, descendant par les femmes de Charlemagne. Arnould prit Rome, et fut couronné empereur ; il mourut en 900, et son fils ne lui survécut pas longtemps. Ainsi fut éteinte cette partie de la famille de Charlemagne, qui jusqu'alors avait possédé l'Allemagne. Ceux de la partie de cette famille qui étaient en France, avaient trop de peine à conserver ce royaume, pour porter leurs vues sur l'Allemagne et l'Italie. Après Arnould, l'Allemagne se choisit différents rois. Quant à Rome et à l'Italie, elles furent pendant soixante ans la proie du plus fort ; jusqu'à ce que le pape Jean XII eut engagé Othon, premier roi d'Allemagne, ou des Teutons, à venir délivrer Rome de l'oppression des tyrans. Il y vint, y fut reçu au milieu des acclamations du peuple romain et du clergé, lesquelles acclamations étaient le signe que le peuple consentait à l'élection, et le pape le proclama et couronna empereur, l'an 972. Il avait épousé Adélaide, veuve de Lothaire, roi d'Italie, et s'était déjà emparé de ce royaume, lorsqu'il fut couronné empereur (Jacques Bénigne Bossuet, Défense de l'Église gallicane, Bibliothèque chrétiénne du dix-neuvième siècle, 1845 - books.google.fr). Autres mœurs La Maison de Charlemagne étant en possession de l'Empire
d'Occident depuis plus d'un siécle, les Germains ne pouvoient plus s'en séparer, au jugement des Païens-mêmes,
qui auroient regardé cette entreprise comme une
infraction déclarée de la Loi naturelle & du Droit des gens. Enfin, si l'on
en excepte les Saxons, jamais aucun peuple de la Germanie ne s'étoit révolté, depuis qu'ils avoient tous été foumis à la Couronne de France. Leur silence, fondé sur un
état plus tranquile & plus heureux, étoit la marque d'un consentement volontaire, qu'il n'étoit plus permis de rétracter. Un Annaliste
Alleman du XVIe siécle
(Paul Langius) sentant cette difficulté, a imaginé,
pour y répondre, de dire que Charlemagne étoit Alleman dans son origine, dans ses moeurs,
dans sa langue ; & qu'ainsi les Germains n'avoient rien ôté à la Nation
Françoise, qui n'avoit jamais possédé l'Empire. Mais
rien n'est plus faux & plus contraire aux notions communes que cette idée. Car
Charlemagne qui descendoit des Maires du Palais étoit François de naissance & de moeurs,
ou il faut dire que Pharamon & Clovis ne l'étoient pas ; & dès lors on n'en reconnoîtra
aucun. L'Auteur Anonyme de la Chronique
Allemande est plus sincere. Il avouë
avec tous les autres Historiens de sa Nation, que l'Empire a passé des François
aux Germains ; & il dit que ceux-ci se séparerent,
parce qu'ils ne voulurent point d'un Roi né & élevé en France, qui n'auroit ni les moeurs ni les fentimens favorables aux Allemans
(Claude
Marie Guyon, Essai critique sur l'etablissement et la translation de l'empire
d'occident ou d'Allemagne (etc.), 1752 - books.google.fr). Normands La première
invasion des Normands remonte à 841, la bande d'Oskar, brûle Rouen le 14 mai
et s'empare de l'abbaye de de Saint-Ouen. Les Normands reparaissent sur les
rives de la Seine en 845,851, 852,855. Charles le Chauve les assiège dans l'île
d'Oscelle en 858 et subit un échec. Aux diètes de
Pitres de 862 et de 864, le roi ordonne de barrer les vallées de la Seine, de
l'Eure et de l'Andelle. En 867, la Seine est dégagée, parce que les Normands
tournent maintenant tous leurs efforts vers l'Angleterre. Mais ils reviennent
en 876 et Charles le Chauve ne peut réussir à les chasser. En 879 se constitue
la grande armée normande Elle apparaît en 885 sous les murs de Rouen, puis elle
va assiéger Paris. En 890 l'armée part pour le Cotentin et la Bretagne. En 896
un chef nommé Hulc se trouve dans la vallée de la
Seine. De 903 à 910 on n'a plus aucun renseignement sur la grande armée qui,
sans doute, s'est fragmentée en une foule de petites bandes. Celle de Rolf, en 910, fait une campagne
dans le Sénonais ; en 911, partant de Jeufosse, en
amont du confluent de la Seine et de l'Epte, elle va assiéger Chartres et est
repoussée. Charles le Simple, croyant peut-être le moment favorable pour se
l'attacher, lui abandonne par une convention dite de Saint-Clair-sur-Epte le
territoire qu'elle occupe (Henri
Prentout, La Normandie, Revue de synthèse historique, Centre international de
synthèse, Paris, Section de synthèse historique, 1910 - archive.org). Ces Barbares du Nord, comme leur nom le porte, avoient
inutilement tenté de se jetter dans la France pendant
le regne de LoĂĽis le
Débonnaire. Mais sous Charles le Chauve, ils gagnerent
l'embouchure de la Seine, se rendirent maîtres de Roüen,
& se répandirent aux environs avec le fer & la flamme. Le succès de
ceux-ci en apella des essains
d'autres. Presque tout le Dannemark les suivit, &
ils porterent les ravages & la fureur jusques sur
les bords du Rhin. Le Roïaume fut agité de ces
guerres civiles & étrangeres sous le regne de Loüis le Bégue, fils de Charles le Chauve, & ensuite de Louis
III & de Carloman mais son état devint plus triste sous Charles le Gros
leur successeur, & le dernier des Rois de France Empereurs. Ce fut alors
que les Normans firent le fameux siége
de Paris, qui dura plus d'un an, & qu'ils ne leverent
qu'après le honteux Traité que Charles le Gros fit avec eux. La foiblesse de ce Prince ocasionna
plusieurs démembremens de l'Empire, enfin la révolte
de ses sujets, qui le déposerent, & qui mirent
Arnoul sur le TrĂ´ne (Claude-Marie
Guyon, Essai critique sur l'etablissement et la translation de l'empire
d'occident ou d'Allemagne, 1752 - books.google.fr). Les Normands en 886 Chartres est la cible de plusieurs raids vikings au cours de la seconde moitié du IXe siècle et au début du Xe siècle. En juin 858, les Vikings investissent pour la
première fois la ville et la détruisent. Durant l'attaque, l'évêque de la ville Frobaud meurt en tentant de traverser l'Eure à la nage, ainsi qu'un grand nombre de clercs.
Chartres est reconstruite et dotée pour la première fois de remparts. Lors d'une nouvelle attaque en 865, les Vikings sont repoussés. En février 886, durant le siège de
Paris, une partie des soldats de Sigfried attaquent Chartres sans succès. À l'été 911, le chef normand Rollon entreprend le siège de la ville au retour d'une expédition en Bourgogne.
L'évêque de Chartres Gancelme organise la résistance et fait appel au duc de Neustrie Robert, au duc de Bourgogne Richard le Justicier et au comte de Poitou Ebles Manzer. Leurs armées
battent les Normands devant les fortifications de la ville le 20 juillet
(fr.wikipedia.org - Histoire de Chartres). Le traité de Saint-Clair-sur-Epte est conclu à l'automne de l'année 911 entre le roi des Francs Charles III le Simple et Rollon, un chef viking.
Considéré comme l'acte de naissance de la Normandie, ce traité permet l’établissement des Vikings dans la basse vallée de la Seine, à condition qu’ils protègent
le royaume de Charles III de toute nouvelle invasion des «hommes du Nord»
(fr.wikipedia.org - Traité de Saint-Clair-sur-Epte). Depuis la fin du VIIIe siècle, les souverains carolingiens peinent à repousser les assauts des Vikings. En 885-886,
ces derniers assiègent Paris. Impuissant à les repousser, Charles III le Gros négocie leur retraite contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Cet épisode contribue au discrédit de la dynastie carolingienne
(Catherine Valenti, Le Petit Livre de - les Grandes Dates de l'Histoire du Monde - 500 Dates Qui Ont Marqué l'histoire, 2012 - books.google.fr). Des troupes s'assemblent en Flandre pour aller assiéger Paris, elles se dirigent vers la Seine et campent à Rouen en 885. Dudon raconte précisément cette marche
vers la Seine; mais la date qu'il donne de l'arrivée de la flotte dans ce fleuve, 876, n'est pas exacte et dérive sans doute d'une fausse lecture de 886 :
Anglo-Saxon Chron., 886 : "This year the army, which before had drawn eastward, went westward again, and thence up the Seine. Annales Vedastini, 885 : Mense
Julio... Rotomagum civitatem ingressi cum omni exercitu."
(Johannes Steenstrup, Études préliminaires pour servir à l'histoire des Normands et de leurs invasions, 1880 - books.google.fr). Acrostiche : REER RERE, v. n. raire, se dit proprement du cri du cerf en amour. C'est un plaisir de les voir rere (17, 42). L'on cognoist les vieux cerfz a les entendre
rere ou crier (Ibid.). REM. - «Pour oïr rere les cerfz, qui... reront en la forest... Cerfz reent en diverses manières» (Ph., 36, 147). - «Réer», est un infinitif, fabriqué par les lexicographes,
qui ont pris des formes telles que reent, reant, en réalité de la 4e conjugaison (re-re), pour des formes de la 1re conjugaison (re-er). Cette trouvaille apparaît précisément
pour la 1re fois dans le Supplément du Dictionnaire françois-latin de Robert Estienne (1549) ; puis dans «Le Recueil des mots..., etc.» (d'ailleurs stupidement rédigé) ajouté
par Galliot du Pré à son édition de la Vénerie de Du F., en 1573, et que Claude Gauchet recopia plus tard pour l'adjoindre à sa première édition du Plaisir des
champs (1583). Une fois introduit dans les lexiques, «réer» fut accepté de confiance. Saln., qui est parfois assez livresque, ne donne que «Reer» dans son Dict., et écrit
dans sa Vénerie «crians et beuglans (ce qu'on appelle Reer en vray terme) de toute leur force». D'Yauv. dit «crier» (voy. Bramer, Rem.) et «cris» en ce sens ; mais il
note un nouveau terme (qui semble d'argot de piqueux) pour distinguer un autre cri du cerf : «S'il survient quelque cerf qui puisse donner de l'ombrage, le maître [des
biches] l'écarte en allant à lui quelques pas d'un trot précipité : il a alors un cri fréquent et coupé, que l'on nomme roter; mais il pousse ses cris ordinaires en
revenant à ses biches» (p. 152). D'Yauv. donne «raire» (Dict.) qui est l'orthographe primitive de ce verbe; on trouve, en effet, au XIVe s. : «Li raires du cerf» (Ars
d'amours d'après Delb., cité par le D.G.)
(François Remigereau, Recherches sur la langue de la vénerie et l'influence de Du Fouilloux dans la littérature et la lexicographie, 1963 - books.google.fr). Le comte Nithard apparaît pour la première fois en 881. Simple miles à cette date, il n'en figure pas moins au nombre des douze grands personnages de Lotharingie qui, sur l'invitation
du légat du pape Nicolas Ier, se portent garants des engagements pris par Lothaire II au sujet de la reine Theutberge. On le retrouve en 885, où il écrit à l'empereur Charles le Gros pour le féliciter de son
avènement et lui recommander de prendre comme conseiller un certain comte Burchard que l'on doit probablement identifier au comte souabe de ce temps. Cette rencontre d'un
Nithard et d'un Burchard nous paraît tout à fait remarquable et de nature à éclairer définitivement la question des origines paternelles du saint abbé Guillaume de Volpiano. Nithard et Burchard
étaient probablement parents
(Revue Mabillon, Numéros 53-56, 1924 - books.google.fr). C’est en 1001 que le duc Richard II de Normandie appelle à Fécamp Guillaume de Volpiano encore appelé Guillaume de Dijon, précédé par sa réputation d’abbé réformateur. Raoul Glaber présente au chapitre VII de la Vita l’action de Guillaume à Fécamp et insiste sur les largesses effectuées en faveur de l’abbaye sitôt l’arrivée du nouvel abbé. Raoul Glaber, un moine bourguignon de ses disciples, rédigea en quatorze chapitres la vita de son maître, quelque temps après 103114. Né en juin ou juillet 962 dans la citadelle de San Giulio d’une lignée aristocratique alémanique, oblat à Lucedio au diocèse de Verceil, Guillaume ne devint pas moine de Cluny par ha sard. Mais on ne s’attardera pas à ces moments-là de sa vie. Il réforme l’abbaye de Saint-Bénigne de Dijon à partir de 989 et se voit confier dans les années suivantes plusieurs monastères en Bourgogne, Lorraine et Ile-de-France. En 1000-1001 il fonde Fruttuaria en Italie du Nord. [...] L’autorité de Guillaume de Volpiano, indéniable, peut-être localisée, est circonscrite à quelques établissements : Fécamp et Jumièges au diocèse de Rouen, Bernay et Saint-Evroult au diocèse de Lisieux — le premier abbé de Saint-Evroult, Thierry de Mathonville, fut au préalable prieur de Jumièges sous l’abbatiat de Thierry -, Saint-Martin de Sées au diocèse de Sées, Le Mont-Saint-Michel au diocèse d’Avranches, Troarn, au diocèse de Bayeux, enfin Conches et Saint-Taurin d’Evreux au diocèse d’Evreux. [...] Plusieurs abbayes vont être en quelque sorte placées dans la mouvance fécampoise par l’entremise d’abbés venus de Fécamp. Après la mort de Guillaume de Volpiano en 1031, le Mont-Saint-Michel a encore des abbés fécampois jusqu’au milieu du XIe siècle (Véronique Gazeau, Guillaume de Volpiano en Normandie : état des questions, 2002). Liutprand de Crémone raconte la ruse de l'archevêque de Milan Lambert qui décide de retarder le duc Burchard de Souabe, venu en Italie défendre les intérêts de son beau-
fils Rodolphe II de Bourgogne, en le recevant fastueusement et en l'autorisant même «à chasser le cerf dans son parc animalier, grâce qu'on n'accorde à personne si ce n'est aux plus chers et aux
plus importants amis». Les auxiliaires milanais de l'évêque eurent ainsi le temps d'arriver et massacrèrent le duc et son escorte
(Régine Le Jan, Amis ou ennemis ? Émotions, relations, identités au Moyen Âge, 2024 - books.google.fr). Typologie Prenant comme date pivot 887, date de la déposition de
Charles le Gros, dernier roi de Francie empereur, le
report de 1741 donne 33. Charles III dit «le Gros», né en 839 à Neudingen (de), près de Donaueschingen, et mort le 12 ou
13 janvier 888 au mĂŞme endroit, est un prince et souverain carolingien. Par
captation inopinée de l'héritage de ses frères aînés Carloman et Louis, ce
troisième fils de Louis le Germanique, héritier de l'Alémanie
à la mort de son père, devient un puissant roi de Francie
jusqu'Ă sa destitution Ă Trebur en 887, et empereur
d'Occident de 881 Ă sa mort en 888 (fr.wikipedia.org -
Charles III le Gros). «L'empereur victorieux se substitue, à Constantinople, au
Christ ressuscité de Jérusalem, et il attend sans doute de cette substitution
apothéose et résurrection [...] De même qu'il y a un Constantin-Hélios au
sommet de la colonne de porphyre, il y a un Constantin-Christ dans le mausolée
impérial que sont les Saints-Apôtres.» Par-delà la «translatio
imperii» qui vaut à Constantinople de remplacer Rome,
il existe un second transfert, plus significatif encore, qui fait que Constantinople se substitue aussi Ă
Jérusalem, pour figurer le paradigme de la Jérusalem Nouvelle (Henri
Stierlin, Orient byzantin: de Constantinople à l'Arménie et de Syrie en
Ethiopie, Tome 3, 1988 - books.google.fr). Au nom de la translatio imperii, le Saint Empire germanique se présente un siècle
plus tard comme le successeur de l'Empire romain (byzantin), dont il partage la
visée universelle et la prétention à couronner l'histoire. Ce n'est toutefois
qu'au XVe siècle que la mention «de nation germanique» viendra compléter le titre
en dĂ©signant les territoires allemands sur lesquels règne l'Empereur Ă
l'exclusion de l'Italie et de la Bourgogne. Malgré ses avatars politiques, le
Saint Empire romain germanique tire de la synthèse entre le politique et le
sacré, le germanisme et le christianisme, une légitimité et un prestige qu'il
gardera jusqu'après sa disparition en 1806 (le Recez napoléonien) (G.
Merlo, Politique et religion : l'idée du Troisième Reich, Revue d'Allemagne et
des pays de langue allemande, Volume 32, 2000 - books.google.fr). Le sermon du lundi de Pâques (de 1857), qui tourne autour de la notion du pouvoir politique chrétien, dresse un parallèle entre la
Résurrection du Christ et la restauration de l'Empire de France. Ainsi
l'emprisonnement de Napoléon à Sainte-Hélène est-il comparé à la déposition de
Jésus dans le tombeau. Enfermé par les scribes et les pharisiens modernes, le
Sauveur qu'est Napoléon dans l'ordre politique a brisé son propre tombeau et a
ressurgi dans l'œuvre entreprise par son neveu. Le sens de leur oeuvre commune est de perpétuer l'Empire chrétien
d'Occident, puisque au début du XIXe siècle a eu lieu une translatio
imperii d'Allemagne vers la France, restituant Ă
celle-ci sa primauté au sein de la chrétienté. L'abbé sicilien Joachim Ventura ne se
réfère pas dans ce contexte à la deuxième épître de saint Paul aux
Thessaloniciens, mais à défaut du mot l'idée de katékhon
est présente en filigrane dans ses discours et reçoit même un renfort
théologique supplémentaire par le commentaire d'un autre passage paulinien, celui
où l'Apôtre des Gentils recommande l'obéissance à l'égard des autorités. C'est
que, selon Ventura, l'exhortation de saint Paul suppose une doctrine de la
hiérarchie des pouvoirs en tant que formes de représentation de la divinité (Theodore
Paleologue, Les Napoléonides, Commentaire, Volume 27, Numéro 108, 2005 -
books.google.fr). La notion paulinienne du katékhon est cette force ou cette personne qui, selon la seconde épître aux Thessaloniciens, retarde la venue de l'Antéchrist et la fin de l'Histoire (La revue des lettres modernes: Léon Bloy, Numéro 6, 1954 - books.google.fr). La Translatio en
1740 Force est de
constater que, à partir de 1740, les éditions françaises de la Bulle d'or et
des capitulations impériales connaissent un essor important et qu'en France les
commentateurs de ces lois fondamentales les discutent de manière controversée.
Ce débat doit être interprété sur l'arrière-fond de la remise en cause de
l'appartenance de la dignité impériale à la maison d'Autriche. Martin Wrede a bien prouvé, tout récemment, que la diminution du danger que les invasions ottomanes ont représenté pour le Saint-Empire aux Temps modernes contribua, en combinaison avec d'autres évolutions, comme les changements dynastiques de 1742 et de 1745, à montrer les limites des capacités d'intégration de l'Empire, surtout après 1740. En fait, selon Martin Wrede, la disparition de l'ennemi commun de l'empereur et des états d'Empire qu'avait été le Turc fut l'une des causes de la désintégration du Saint-Empire qui suivit à partir des années 1740 (Guido Braun, La connaissance du Saint-Empire en France du baroque aux Lumières 1643-1756, 2012 - books.google.fr). Le contexte en 1740 La guerre de Succession d'Autriche (1740 – 1748, traité
d'Aix-la-Chapelle) est un conflit européen né de la contestation par les États
qui y avaient souscrit de la Pragmatique Sanction, par laquelle l'empereur
Charles VI du Saint-Empire léguait à sa fille Marie-Thérèse d'Autriche les
États héréditaires de la maison de Habsbourg. Le 20 octobre 1740, Charles VI,
empereur romain germanique de la Maison de Habsbourg, meurt. Roi de BohĂŞme et
de Hongrie et archiduc d'Autriche (ses titres et possessions principaux), il
n'a pour postérité survivante que deux filles et souhaite léguer ses États
patrimoniaux à l'aînée d'entre elles, Marie-Thérèse. Aussi a-t-il
édicté en 1713 une «Pragmatique Sanction» qu'ont ratifiée l'ensemble des États
européens. Une femme ne pouvant régner sur l'Empire, Marie-Thérèse pense
pouvoir faire élire Empereur son mari François-Étienne de Lorraine. La France
avait accepté à mi-mot la Pragmatique Sanction en
1738, pour autant qu'elle ne lésât pas les intérêts des tiers. Frédéric II,
tout nouveau roi de Prusse (son père, le brutal «Roi-Sergent» est mort le 31
mai 1740). Dans un premier temps, pour prix de son vote à l'élection impériale,
Frédéric demande la Silésie, la plus riche possession de Marie-Thérèse et
peuplée d'un million d'habitants. La cour de Vienne s'étonne d'une telle
ambition. Dans un second temps, Frédéric fait envahir par surprise et sans
déclaration de guerre préalable, la région convoitée, dès décembre 1740 (fr.wikipedia.org
- Guerre de Succession d'Autriche). La France, appuyée sur l'alliance de la Prusse et de l'Espagne, revient à la politique d'hégémonie. A l'exception de l'Angleterre, qui ne désirait ne désirait pas le démembrement de l'Autriche parce qu'elle ne convoitait aucun de ses territoires et parce que la puissance des Habsbourg lui apparaissait comme le principal élément de l'équilibre continental, les Etats européens se trouvèrent unanimes pour violer leurs engagements les plus solennels. Frédéric II, qui venait de monter sur le trône de Prusse (1740), convoitait la Silésie. Philippe V d'Espagne prétendait au Milanais. En France, la politique d'hégémonie continentale rebondissait : la destruction de la maison de Habsbourg devait lui assurer la suprématie sur le continent, et la conquête de la Belgique, briser la maîtrise maritime de l'Angleterre. Le cardinal Fleury cependant, comprenant les dangers auxquels la France s'exposait en revenant à ses visées d'hégémonie dynastique - lesquelles avaient conduit Louis XIV aux traités d'Utrecht - prodiguait des conseils de modération. Mais Louis XV était décidé : les ressources de la France étaient considérables, il allait les consacrer à faire triompher enfin la politique d'hégémonie dynastique engagée par Louis XIV. Fleury ne fut pas écouté et, assisté de quelques conseillers secrets, Louis XV prit lui-même en mains la direction de la politique étrangère. Dans la grande crise qui s'ouvrait, s'affirma la décomposition définitive du Saint-Empire : ce furent les princes allemands qui furent les premiers à se jeter sur l'Autriche. Sans déclaration de guerre, le roi de Prusse, Frédéric II, envahit la Silésie, tandis que les armées de la Saxe et de la Bavière pénétraient en Bohême et en Autriche. Fleury, qui craignait les conséquences d'une rupture de l'équilibre continental, tâcha encore de maintenir la France en dehors du conflit. Il chercha à sauver la paix par une transaction, en vertu de laquelle le duc Charles-Albert de Bavière serait élu empereur tandis que Marie-Thérèse recueillerait la succession de Charles VI. Ce fut en vain. Sous l'influence personnelle du jeune roi Louis XV, une alliance fut signée à Nymphenbourg par les trois maisons des Bourbons de France, d'Espagne et de Sicile avec la Prusse et la Bavière contre l'Autriche (1741). Toute la politique de sagesse qui avait valu à Fleury les succès des traités de Vienne et de Belgrade était ruinée. La France renonçait à la fois à l'alliance anglaise et à l'entente avec l'Autriche, dans l'espoir d'imposer à l'Europe la prééminence de la maison de Bourbon, sous l'égide du roi de France, appuyée sur l'alliance prussienne. Entraîné dans la guerre, Fleury chercha encore à la localiser. Soucieux de ne pas rendre impossible le retour à l'alliance anglaise, il s'efforça de séparer la guerre maritime qu'il livrait, mollement d'ailleurs, contre l'Angleterre, de la guerre qui s'engageait contre l'Autriche. Et, afin de ménager les intérêts anglais, il garantit au roi d'Angleterre, électeur de Hanovre, qu'il respecterait ses territoires allemands. Mais Louis XV, malgré Fleury, allait de l'avant. Une armée française de 40.000 hommes, envoyée pour appuyer le duc Charles-Albert de Bavière, s'empara de Prague, tandis que, soutenus par la France, les électeurs nommaient Charles-Albert empereur sous le nom de Charles VII (1742-1745). Au moins Fleury entendait-il empêcher la France de s'aventurer en Belgique afin de ne pas provoquer l'Angleterre. Et bientôt, profitant de la prise de Prague, il s'efforça d'amener Louis XV à faire la paix avec l'Autriche. Walpole, lui aussi cherchait à limiter la guerre. L'Angleterre avait donné son agrément à la Pragmatique Sanction, agrément que Charles VI avait payé de la suppression de la Compagnie d'Ostende. Elle ne pouvait trahir sa parole. Cette raison militait en faveur d'une attitude de neutralité de l'Angleterre sur le continent. Les capitalistes cependant, qui formaient le parti de la guerre, se refusaient à cette politique. Décidés à faire une guerre de conquêtes coloniales et de suprématie maritime, ils voulaient, pour vaincre définitivement la France, écraser sa puissance sur le continent. L'Angleterre, d'ailleurs, pouvait-elle laisser démembrer l'Autriche sans que fût remis en question l'équilibre européen, condition indispensable de l'hégémonie maritime de la Grande-Bretagne ? Rien ne pouvait résister à l'influence des capitalistes. Les élections de 1741 furent défavorables à Walpole. En 1742, le parlement le renversa. Le gouvernement resta entre les mains du parti whig. Il fut présidé par Carteret, décidé à conserver à l'Angleterre le rôle d'arbitre de l'équilibre européen : «Mon métier, disait-il, c'est de faire des rois et des empereurs et de faire l'équilibre de l'Europe.» Pour intervenir sur le continent, l'Angleterre possédait dans le Hanovre une base à laquelle le port de Hambourg donnait un facile accès. Mais elle ne pouvait l'utiliser avec profit que si l'armée prussienne ne la menaçait pas. Carteret, pour obtenir le retrait de la Prusse de l'alliance de Nymphenbourg, exigea de l'Autriche, pour prix de l'alliance anglaise et de ses subsides qu'elle renonçât à la Silésie. Frédéric II, dont les buts de guerre étaient ainsi réalisés, signa avec l'Autriche la paix de Breslau qui entérinait ses conquêtes (1742). Fleury comprit que la France, privée de l'alliance prussienne, allait au-devant des même difficultés que celles qu'elle avait connues au cours de la guerre de la Succession d'Espagne. Il conseilla la paix à tout prix. Mais Louis XV, grisé par ses succès, était décidé à pousser la guerre à fond et à conquérir enfin, pour sa maison, l'hégémonie. Il allait trouver sur sa route l'Angleterre, farouchement résolue à la lui contester. Sitôt la paix de Breslau signée, l'Angleterre entra résolument dans le conflit, et y entraîna les Provinces-Unies. Or l'Autriche, assaillie à l'improviste, se ressaisissait. Charles VI, en mourant, n'avait laissé à Marie-Thérèse pour défendre sa succession que 80.000 hommes de troupes et un trésor vide. Vaincue par les armées de Frédéric II et de Louis XV, la jeune souveraine avait fait appel à la Hongrie et, en lui rendant son indépendance, avait obtenu d'elle une armée de 100.000 hommes. Elle la jeta en Bohême contre la petite armée française qui venait de s'emparer de Prague, éloignée de ses bases, et sans appui depuis la défection de la Prusse. Prague fut reprise. Les difficultés de la France commençaient. Fleury mourut au même moment. Louis XV fit appel au marquis d'Argenson. Il était, comme Fleury, partisan de la paix, et comme lui, la voulait basée sur un équilibre stable de l'Europe. Sa politique allait tendre à faire de la France l'arbitre de cet équilibre. Il en revenait, en somme, à la politique qui avait mené la France aux glorieux traités de 1648. Comme Richelieu et Mazarin, il eût voulu voir la France jouer son rôle d'arbitre, en dehors de toutes visées d'hégémonie européenne. Mais, allant plus loin qu'eux, il voulait qu'elle remplît ce rôle en s'inspirant des principes d'une justice désintéressée. Ses idées rappelaient celles de Sully et annonçaient celles de la Révolution. Il exposa son système d'équilibre dans son Traité publié en 1737, sous le titre : Essai de tribunal européen par la France seule, où il assigne à la France le rôle d'arbitre entre les quatre puissances dont il considère que l'impérialisme menace la paix : l'Autriche, l'Espagne, la Russie et l'Angleterre. Foncièrement pacifiste, il était prêt à faire la guerre à outrance pour assurer le triomphe du Droit et pour donner à l'Europe une paix durable. Au milieu du déchaînement général des impérialismes, tant économiques que territoriaux ou dynastiques, ses idées ne pouvaient trouver, ni en Europe, ni à la cour de France, aucun écho. Entravée par les intrigues de la cour et par les visées personnelles du roi qui, en secret, trahissait celles de son ministre, sa politique apparut incohérente et vaine. Toute la politique de guerre de la France allait être dominée, dès lors, par les clans aristocratiques de la cour. La réaction triomphait en même temps que reparaissaient les idées d'hégémonie dynastique. Comme lors de la guerre de la Succession d'Espagne, la France se trouvait obligée de mener conjointement deux guerres : l'une contre l'Autriche qui devait assurer l'abaissement définitif des Habsbourg et l'hégémonie de la maison de Bourbon, l'autre contre l'Angleterre qui devait marquer, par la restauration des Stuarts, le triomphe de l'absolutisme sur le parlementarisme et sur les idées libérales qui menaçaient la position des classes privilégiées. Des deux guerres, la plus dure, la plus lourde de conséquences, serait celle contre l'Angleterre, son alliée de la veille. Après la paix de Breslau, l'Angleterre, qui voulait à tout prix rendre impossible la restauration d'une hégémonie de la France, porta la guerre sur le continent. Elle débarqua dans le Hanovre un corps expéditionnaire qui marcha à la rencontre de l'armée française et la battit à Dettingen sur le Main. Ce fut un événement considérable qui augmenta largement le prestige de l'Angleterre. Elle allait prendre dès lors la direction des alliés contre la France. Carteret s'engagea aussitôt dans une large politique continentale. Appuyé sur la Prusse, à laquelle il avait fait obtenir la Silésie, son plan consistait à détacher la Bavière de la France, à réconcilier l'empereur Charles VII avec Marie-Thérèse en l'amenant à renoncer à ses prétentions sur la succession autrichienne ; l'Autriche - qui abandonnerait les conquêtes réalisées en Bavière par ses armées - recevrait en compensation la Lorraine et les trois évêchés : Metz, Toul et Verdun, qu'elle conquerrait sur la France. Entre les Wittelsbach de Bavière, les Habsbourg d'Autriche et les Hohenzollern de Prusse, le roi d'Angleterre, George II, se présentait ainsi, en sa qualité d'électeur de Hanovre, comme le médiateur de l'Europe. Ces négociations, poursuivies personnellement par le roi George II, installé avec Carteret dans son électorat de Hanovre, aboutirent à la conclusion du traité de Hanau (1743) passé avec le prince de Hesse, dont l'appui militaire, soutenu par la finance anglaise, devait permettre à George II de constituer en Hanovre une armée mi-allemande mi-anglaise suffisamment puissante pour imposer - avec l'appui de l'or anglais - le plan élaboré par le ministre de George II. Le traité de Hanau, passé par l'électeur de Hanovre en dehors de l'Angleterre, engageait George II dans une politique allemande dont le peuple anglais serait appelé à faire les frais. Cette politique continentale, due à l'influence personnelle du roi, était en contradiction formelle avec les traditions et les intérêts anglais. Mais cette contradiction n'apparut pas tout d'abord. L'hégémonie anglaise s'installait sur le continent. Les Provinces-Unies sortaient de leur neutralité et se rapprochaient de l'Angleterre, sous l'influence des républicains qui craignaient qu'une victoire de la France n'entraînât en Hollande l'instauration de la puissance monarchique de la famille d'Orange. Le roi de Sardaigne, subsidié par l'Angleterre, abandonnait l'alliance française moyennant la cession, imposée à l'Autriche par Carteret, d'une partie du Milanais. L'encerclement de la France se dessinait. Il fut confirmé par le traité de Worms qui unit l'Angleterre, le Hanovre, l'Autriche, la Hollande, la Saxe et la Sardaigne pour la défense de la Pragmatique Sanction, c'est-à -dire contre les Bourbons (Jacques Pirenne, Les Grands Courants de L'histoire Universelle, Tome 3, 1948 - books.google.fr). |