La Régence III, 15 1715-1716 Cueur, vigueur,
gloire, le regne changera, De tous points
contre aiant son adversaire : Lors France
enfance par mort sugjuguera : Un grand regent sera lors plus contraire. Le quatrain peut raconter l'opposition d'Ebroïn et de Léger dans les affaires des royaumes mérovingiens. Childéric II, frère rival de Thierry III et son prédécesseur, avait dû la couronne d'Austrasie à saint Léger (Leutger), évêque d'Autun, et régent, sous Clotaire III, avec la reine Bathilde, à la mort de Clovis II mort en 655 (ou 657). À la mort du roi Clovis II, sa veuve, la reine Bathilde, exerça la régence de 657 à 664 pendant la minorité de Clotaire III. Elle appela Léger au palais de Neustrie et lui permit de devenir évêque d'Autun. À la majorité de Clotaire III, Bathilde fut écartée du pouvoir par Ebroïn, maire du palais de Neustrie. Léger perdit l'un de ses principaux appuis. À la mort de Clotaire III, en 673, deux clans s'affrontèrent au sein du palais : Ebroïn soutint la cause de Thierry III, le plus jeune frère de Clotaire III, Léger soutint celle de Childéric II, son frère aîné. Le fameux Ebroïn, qui appuyait Thierry III, d'abord battu avec son protégé, enfermé à Luxeul et sauvé par Leutger, prit une revanche éclatante lorsqu'il devint maire du palais, c'est-à -dire maître du royaume, par la mort l'assassinat de Childéric et l'avénement de Thierry. Tandis que les pouvoirs de ce dernier, roi fainéant par excellence, se bornaient à chasser le sanglier dans la forêt de Laye et à rentrer à son manoir d'Aupec sur une charrette traînée par quatre bœufs, Ebroïn rassemble une armée et assiége Leutger dans Autun, le sommant de reconnaître, à la place de Thierry, un certain Clovis, prétendu fils de Clotaire. Ebroïn soutint Clovis III, fils de Clotaire III mais les leudes d'Austrasie ne le suivirent pas et rappelèrent Dagobert II exilé en Irlande. Ebroïn abandonna la cause de Clovis et s'appuya sur la Neustrie-Burgondie. Avec sans doute, le soutien d'Ouen de Rouen, Ebroïn leva une armée et parvint, en 676, à s'emparer de Léger retranché dans son siège épiscopal d'Autun. Emprisonné, Léger fut énucléé puis mis à mort, le 2 octobre 678 ou 679, dans la forêt de Lucheux, en Picardie, où Ebroïn avait de puissants soutien (Musée des familles: lectures du soir, Volume 20, 1853 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Léger d'Autun). Acrostiche-chronogramme : CDLV = 100 + 500 + 50 + 5 = 655 "Un grand régent" éditions 1557 1568BR 1588RO 1588ME 1605BR 1607PR 1611 1660EB GAR, "un" en 1555 (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr). La date de la mort de Clovis II varie : 655, 656 ou 657 (M. de Foncemagne, Mémoire pour établir que le royaume de France a esté successif-héréditaire dans la première race, Académie des inscriptions & belles-lettres, Tome 6, 1729 - books.google.fr, Louis Pierre Anquetil, Histoire de France depuis les Gaulois jusqu'à la mort de Louis XVI, Tome 1, 1822 - books.google.fr). "enfance" Fils aîné du roi Clovis II et de la reine Bathilde, Clotaire III accède au trône à l'âge de 5 ans sous la régence de sa mère. Seulement un mois auparavant, selon la quasi contemporaine Vie de saint Éloi de l'évêque Ouen, saint Éloi avait prophétisé la mort de Clovis, la chute de Bathilde et le court règne de Clotaire qui meurt à 21 ans (fr.wikipedia.org - Clotaire III). Clovis III, né vers 670 et mort à une date inconnue, est le roi des Francs d'Austrasie de 675 à 676. Reconnu imposteur, il est déchu peu après son ascension au trône (fr.wikipedia.org - Clovis III). "subjuguera" (sous le joug), "gloire" Et quia metuebant hujus ponderis jugum quod per eumdem sustinuerant fub rege Hlotario... Hildericum in toto fublimaverunt regno Francorum (Ursinus in vita S. Leodeg. c. 4. Voyez la vie du même Saint, écrite par un Anonyme. c. 3) (M. de Foncemagne, Mémoire pour établir que le royaume de France a esté successif-héréditaire dans la première race, Académie des inscriptions & belles-lettres, Tome 6, 1729 - books.google.fr). Avant leur mort, Léger et ses compagnons déclarèrent lors d'une assemblée à Ebroïn : Hæc digne patimur, quia Domino peccavimus; sed major est sua clementia, qui nos dignatus est vocare ad talem gloriam. Sed tu, miser Ebroine, qui tantam pœnam ingeris Francorum genti, potius in te ulcisceris, qui vitam aliis auferre cupis. Multos equidem decepisti et exsules a solo paterno fecisti; nam magis tu exsul eris (al. exsulabis), qui et temporalem et futuram gloriam cito perdes: quoniam, dum superare cupis omnes habitatores in tota Francia, tuam potius aufers, quam indignus accepisti, gloriam (Ursinus, no 10) (Jean-Baptiste Pitra, Histoire de saint Léger, évêque d'Autun et martyr, et de l'Église des Francs au septième siècle, Volumes 104 à 110, 1846 - books.google.fr). Ursin est un abbé du VIIe siècle de l'abbaye de Ligugé, auteur vers 684 d'une vie de Léger d'Autun (fr.wikipedia.org - Ursin). Typologie Le report de 1715 sur la date pivot 678 (mort de Léger) donne -359. Le nom de Clovis III n'est pas inhabituel, car les premiers-nés chez les Mérovingiens portaient souvent le nom de leur grand-père, et le père de Clotaire III était Clovis II (fr.wikipedia.org - Clovis III). Amyntas IV est le fils mineur du roi Perdiccas III - fils d'Amyntas III - lequel est tué en luttant contre les Illyriens vers 360 av. J.-C. Le frère de Perdiccas se proclame tuteur [régent] de son neveu puis l'écarte rapidement du trône et se fait proclamer roi sous le nom de Philippe II. Cependant, il ne le fait pas mettre à mort, chose surprenante dans cette dynastie où les assassinats sont nombreux, et lui donne même plus tard sa fille Cynané en mariage. De cette union naît une fille, Eurydice, qui épouse vers 322 av. J.-C. Philippe III, fils de Philippe II et demi-frère d'Alexandre le Grand. L'une des explications de la mansuétude de Philippe à son égard est qu'il a épousé la veuve de son frère, Phila d'Élimée, laquelle est la mère d'Amyntas IV. En 336, Alexandre fait exécuter son cousin (fr.wikipedia.org - Amyntas IV). La régence de Philippe d'Orléans Pour palier à la minorité (« enfance ») de son arrière-petit-fils, Louis XIV institua par testament un conseil de régence présidé par son neveu le duc Philippe d’Orléans mais dont les charges principales devaient être assurées par son fils légitimé le duc du Maine. A la mort du roi en 1715, Philippe d’Orléans fit casser le testament par le Parlement, en échange du droit de remontrance, et devint régent. La régence en ses débuts se caractérise par une réaction contre les mœurs de la période précédente et une réaction passagère contre le système politique et religieux (« sera plus contraire »). |