Tentative de conquête de la Syrie par l’Egypte

Tentative de conquête de la Syrie par l’Egypte

Déclin de l’empire ottoman

 

III, 97

 

1776

 

Nouvelle loy terre neufve occuper

Vers la Syrie, Judée & Palestine :

Le grand empire barbare corruer,

Avant que Phebe son siecle determine.

 

En 1767, l’égyptien Ali bey tente de conquérir la Syrie. Cette ambition est reprise par son gendre et en même temps assassin Muhammad bey en 1773. Ses entreprises « cette fois avec l’aval de la Porte, auraient pu lui donner, sans rupture, la position dominante qu’avait voulu arracher Ali bey, mais son brusque décès en juin 1775 mit un terme à cette seconde et dernière version des grandes ambitions égyptiennes dans cette direction [1] ».

Le siècle de « Phebe », la Lune, fait référence à la doctrine astrologique des chronocratories qui enseigne la domination des astres sur le temps. « Vient s’ajouter, pour compliquer les choses (l’ésotérisme se nourrit de complications), la doctrine judaïque des périodes de 354 ans et un tiers, elle même issue des spéculations sur la grande année [2] ». Ainsi la période de la Lune commence en 1533, celle du Soleil en 1887 et celle de Saturne en 2242 - ce chiffre de 2242 se retrouve d’ailleurs dans la période de temps couverte par les prophéties selon la lettre de Nostradamus à son fils César (1555 à 3797) publiée en 1555 avec les premières centuries.

En effet, dès avant 1887, l’empire ottoman perd  de nombreuses provinces ou ne garde qu’une autorité nominative sur d’autres (« corruer » du latin « corruere », crouler). Au Congrès de Berlin en 1878, le Montenegro, la Serbie et la Roumanie sont reconnus pleinement indépendants. L’Angleterre recevait Chypre et imposait sa tutelle à l’Egypte en 1882-83. La France, elle, avait entrepris la conquête de l’Algérie depuis 1830.

 



[1] « Histoire de l’empire ottoman », sous la direction de Robert Mantran, Fayard, 1989, p. 403

[2] Pierre Brind’Amour, « Nostradamus astrophile », Klincksieck, 1993, p. 187

Contact