Billets de banque

Billets de banque

 

III, 26

 

1723-1724

 

Des Roys & Princes dresseront simulacres,

Augures, creuz esleuez aruspices,

Corne, victime dorée & d'azur, d'acre,

Inrerpretez seront les extipices.

 

Simulacres bancaires

 

De grand marchand, Samuel Bernard devient, après 1700, grand banquier pour le compte du Trésor royal et finance notamment la guerre de Succession d'Espagne, de 1700 à 1714. Grâce à la confiance qu'il inspire, il parvient à emprunter dans des pays en guerre avec la France, notamment en Suisse et en Hollande. Il fournit ainsi au Trésor royal deux cents millions de livres. Les gains énormes qu'il retire de ces prêts font de lui un homme puissant. Le duc de Saint-Simon le qualifie alors de «le plus fameux et le plus riche banquier de l’Europe». Ayant compris que le commerce, pour se développer, avait besoin que les billets de banque aient une valeur stable, et que cette condition ne pouvait être remplie que par la création d'une banque royale, Samuel Bernard défend - en 1706-1707 - l'idée d'une telle banque. Il bénéficie alors du soutien de Trudaine et de Caumartin et avait rallié à lui le contrôleur général des finances, Nicolas Desmarets. Mais, préoccupé par la guerre aux Pays-Bas, le roi s'y oppose. C'est le Régent qui demandera à l'Écossais John Law de créer une telle banque à partir de 1716.

 

La Banque générale est un établissement bancaire fondé le 2 mai 1716 par John Law, futur Contrôleur général des finances du régent Philippe d'Orléans. Elle fut renommée «Banque royale» le 1er janvier 1719.

 

Cette institution fut d'abord nommée Banque générale privée et se développa assez rapidement sous le nom de Banque générale, quand fut constituée la Compagnie d'Occident dont les fonds propres étaient gagés en partie sur les ressources de la Louisiane, alors colonie française.

 

Au départ, la Banque émet 300 actions au montant unitaire de 5000 livres. Le succès n’est d'abord pas au rendez-vous. Les grands financiers européens, dont les Français bien implantés comme Antoine Crozat ou Antoine et Jean Pâris, se moquent du capital social relativement faible de la Banque générale, qui s’élève à 1 500 000 livres. Law fait toutefois preuve d’astuce : il permet aux actionnaires d’acquérir l’action de 5 000 livres en ne déboursant qu’un cinquième en espèces métalliques. Law se retrouve donc avec 300 000 livres de liquidités. D'autre part, dès la fin 1716 la Banque générale promettait de verser une annuité de 7,5 % en dividendes soit 375 livres. Tout le Paris financier s'étonne : de telles rémunérations sont alors cinq fois supérieures à celles pratiquées par d'autres établissements ! (fr.wikipedia.org - Banque générale, fr.wikipedia.org - Samuel Bernard).

 

Entre-temps, Law est nommé contrôleur général, puis surintendant général des Finances. 11 est alors devenu impossible de distinguer ce qui est monétaire de ce qui est commercial, et ce qui est privé de ce qui est public les bouts de papier émis par la banque, qui circulent dans le pays et qui ont cours légal (et parfois même forcé), ne sont en réalité que des actions de la Compagnie ! II va sans dire que l'enthousiasme du public se nourrit de cette ambiguïté, qui est elle-même favorisée par les autorités en place, généreusement abondées par Law en actions gratuites. Les émissions se succèdent, toujours avec des ventes à crédit. Les détenteurs d'actions qui veulent en acheter de nouvelles se voient accorder, par la Compagnie elle-même, des prêts à des taux avantageux. En cas de besoin, la Compagnie des Indes soutient directement les cours en deux mois, janvier et février 1720, elle rachète 800 millions de livres de ses propres actions (Ivar Ekeland, Jean-Charles Rochet, Il faut taxer la spéculation financière, 2020 - books.google.fr).

 

Jamais je n'ai commis cette erreur monstrueuse qui constitue la méprise de Law, l'illusion des assignats, la chimère du papier-monnaie. On ne bat pas monnaie en fabriquant des billets, on émet simplement un simulacre de monnaie, on essaye de substituer des chiffons laminés au métal. L'émission des billets, c'est-à-dire d'engagements à vue et au porteur, destinés à simuler la monnaie, empiète sur le domaine de l'État, voilà ce qui justifie l'intervention de l'État et la délégation conditionnelle d'une faculté, qui émane de lui seul et qui dépasse le cercle de l'action individuelle et de l'initiative privée. Confondre le billet de banque et le crédit, cela constitue, à mes yeux, une erreur fondamentale. Pour que le crédit se développe, pour que l'engagement d'avenir, qu'il favorise, s'étende et se fortifie, il faut avant tout qu'une action sévère et précise s'exerce pour le maintien de la mesure commune de la valeur, pour l'expression matérielle du sens des engagements contractés. Le billet de banque est un engagement particulier qui exerce une action générale ; il n'est pas de la monnaie, puisqu'il n'a pas de valeur intrinsèque, et que promettre et tenir font deux ; une garantie future n'équivaut pas au gage présent et tangible, surtout lorsque cette garantie repose , sur des objets qu'il s'agit d'évaluer, et non sur la marchandise unique qui sert d'évaluateur. Rien de plus condamnable à mes yeux que l'erreur de Law et la planche aux assignats (L. Wolowski, La Banque d'Angleterre et les banques d'Écosse, 1867  - books.google.fr).

 

Spéculation

 

C'est pour motiver l'observation des prodiges que la spéculation, encouragée par l'influence du mysticisme oriental, s'est hasardée dans ces perspectives lointaines. Les haruspices passaient à bon droit dans le monde classique pour les plus habiles interprètes de prodiges, car ceux de leurs rivaux qui restaient fidèles au génie de la race gréco-romaine n'osaient point plonger le regard aussi avant dans les obscurités de l'avenir. Telle apparaît dans son ensemble cette «discipline étrusque» qui resta, durant de longs siècles, le dernier patrimoine de la nation. Sa vitalité prouve qu'elle reposait sur une tradition précise, garantie par un enseignement surveillé contre l'épuisement et le discrédit où les caprices de la fantaisie individuelle font vite tomber les doctrines révélées. Elle était, en effet,  représentée par une corporation d'hommes spéciaux auxquels les Romains donnaient, nous le savons déjà, le nom d'haruspices (Auguste Bouché-Leclercq, Histoire de la divination dans l'Antiquité, Tome IV : Divination italique (étrusque, latine, romaine) (1882), 2016 - books.google.fr).

 

"haruspice" et "extispice" ont pour racine "specio" qui a donné spéculation.

 

Entre janvier et mai 1720, Law pratique une double politique qui va finir par engendrer un mouvement de panique : d'abord il soutient le cours de la Compagnie tout en cherchant à démonétiser les espèces métalliques en les dévaluant à coup d'édits ; faisant cela, il entraine à la baisse le cours de l'action de la Compagnie, qui à son tour, engendre une dévaluation du billet de banque : sur le marché parallèle qui se met en place, les billets s'échangent au 1/3 du nominal. En conséquence, les prix enregistrent une forme d'hyperinflation8, certains biens voient leurs coûts tripler voire quadrupler (fr.wikipedia.org - Banque générale).

 

Le dernier coup d'éclat de Law est l'utilisation d'options. En janvier 1720, quand l'action cote autour de 9000 livres, Law émet des primes u, vendues 1000 livres, et donnant le droit (mais pas l'obligation) d'acheter une action plus tard, au prix fixé à l'avance de 10000 livres. En extrapolant la croissance folle des cours des actions de la Compagnie pendant l'année 1719, beaucoup pensaient que ce cours allait continuer de monter jusqu'à 12000 livres en fin d'année. Or la prime donnerait le droit d'acheter cette même action à seulement 10 000 livres. En revendant aussitôt cette action sur le marché comptant pour 12000 livres, on pouvait espérer empocher 2000 livres, soit un gain de 100 % par rapport à l'investissement initial. L'engouement fut énorme, et tout le monde voulut absolument acheter des primes. Ce que Law n'avait pas prévu, c'est que les spéculateurs, prêts à tout, iraient jusqu'à vendre leurs actions de la Compagnie pour pouvoir acheter ces primes. La conséquence inattendue de cette frénésie fut une chute du cours des actions beaucoup des détenteurs d'actions voulaient s'en débarrasser car ils voulaient bénéficier de la dernière innovation de Law, à savoir les primes. Mais cela entraîna par contrecoup une chute des cours des primes elles-mêmes, car la perspective que les cours de l'action remonteraient jusqu'à plus de 10000 livres devenait très improbable. C'était le début d'une spirale infernale, provoquant la chute généralisée des cours des actions et des primes. La Compagnie tenta bien de soutenir le cours des actions en les rachetant elle-même mais cela ne fut pas suffisant pour arrêter la chute des cours. L'action de la Compagnie n'atteignit jamais le cours « pivot n de 10000 livres, au-delà duquel il aurait été profitable d'exercer les primes : les acheteurs de primes avaient tout perdu, et les acheteurs d'actions n'étaient guère mieux lotis. À la fin du mois de mai 1720, le cours de ces actions s'effondrait à 4000. À la fin de l'année, il tournait autour de 3500 livres, et Law avait fui la France pour se réfugier à Venise. L'expérience n'est pas entièrement négative, loin de là. Law lui-même peut être vu comme un génie de la finance qui a voulu mettre la cupidité humaine au service du bien public, mais qui a été terrassé par le démon qu'il a suscité. Son idée, exposée dans ses écrits', est que la mise en valeur des colonies promettait d'immenses richesses pour les métropoles, mais qu'elle était entravée par l'absence de numéraire : il n'y avait pas assez d'or et d'argent en circulation pour soutenir le plein développement de l'activité économique. D'où l'idée de créer une banque d'abord, puis une compagnie commerciale ensuite, jouissant d'un monopole, et enfin de les associer, les bénéfices de la seconde venant soutenir les billets, puis les actions, de la première. En échange de la garantie accordée à la banque, et du monopole concédé à la seconde, l'État se verrait soulagé de sa dette. Louis XIV avait laissé un pays en banqueroute, ruiné par la construction du château de Versailles et ravagé par la guerre de Succession d'Espagne. La dette publique représentait dix années de recettes fiscales, et le papier de l'État s'achetait à 30 % de sa valeur nominale. Le régent, Philippe d'Orléans, cherchait désespérément des moyens pour faire fonctionner le gouvernement, et Law réussit à le convaincre. Cela a failli réussir en 1719, au faite de sa puissance, la Compagnie du Mississippi se déclare prête à racheter l'ensemble des dettes de l'État, pour un montant de 1200 millions de livres, et à l'en libérer, moyennant une rente perpétuelle de 3 %. Mais la bulle a éclaté, car les revenus de la Louisiane tardaient à se matérialiser, et Law avait émis beaucoup trop d'actions et de primes. Il faut dire aussi que Law était bien seul personne au sommet de l'État n'était capable de comprendre sa politique économique et financière. Les grands seigneurs qui étaient au Conseil du roi ne voyaient dans les créations de Law qu'une occasion de s'enrichir. Ils n'ont pas hésité à réaliser leur profit et à précipiter sa chute dès que les cours ont stagné. Law lui-même pensait que la Compagnie des Indes tiendrait ses promesses, et déplorait que la spéculation à court terme (on disait alors l'agiotage) ait détruit ses perspectives commerciales à long terme (Ivar Ekeland, Jean-Charles Rochet, Il faut taxer la spéculation financière, 2020 - books.google.fr).

 

Au moment de l'arrêt des comptes, l'opinion découvre que la masse des billets est largement supérieure à ce que possède réellement la banque en encaisse : c'était là le principe sur lequel repose toute monnaie fiduciaire mais aucun des acteurs du marché à l'époque n'a suivi (fr.wikipedia.org - Banque générale).

 

En Angleterre

 

La banque a été fondée en 1694 sous le nom de The Governor and Company of the Bank of England, quelques années après la Glorieuse Révolution par un groupe d'artisans, parlementaires et marchands menés par sir William Paterson. Le lieu où le premier bâtiment est construit, situé dans Walbrook, est l'emplacement d'un ancien temple romain dédié à Mithra, dont des vestiges sont découverts au XXe siècle. Son capital initial était fixé primitivement à 1,2 million de livres sterling, il s’élève en 1697 à 2,2 millions de livres puis en 1710 à 5,56 millions de livres. Parfois surnommée the old lady of Threadneedle Street, «la vieille dame de Threadneedle Street», du nom de son adresse dans la City de Londres depuis 1734, son capital a été nationalisé le 1er mars 1946, puis en 1998, elle devient un organisme public indépendant, uniquement contrôlé par le Treasury Solicitor's Department (fr.wikipedia.org - Banque d'Angleterre).

 

La Banque d'Angleterre créée en 1694 acceptait les dépôts en pièces et octroyait des crédits en compte éventuellement retirés en ses propres billets. Elles émettaient des billets de banque convertibles en pièces à ses guichets, comme ses consœurs. Certains ont perçu la Banque d'Angleterre comme une concurrence intolérable aux banques privées. Des clients mécontents de cette atteinte aux libertés individuelles tentèrent d'acculer la Banque d'Angleterre à la faillite par des retraits concertés des dépôts de pièces à la Banque. Les rumeurs de manque de pièces en dépôts ont parfois déstabilisé la Banque. Vers 1696, le cours en Bourse de l'action de la Banque chuta fortement dans l'embarras de craintes et de rumeurs. Pour affermir la Banque d'Angleterre, des avantages ont été accordés à ses billets. Désormais, la peine de mort pour contrefaçon était applicable pour les billets de la Banque d'Angleterre autant que pour les pièces du Trésor. Dès 1722, la Banque s'est également constitué un fond de réserve en pièces d'or qui garantissait sa solvabilité. Un monopole d'émission de billets lui a même été concédé, mais il a longuement été contourné. Avec le temps, la popularité des billets de la Banque d'Angleterre supplantait celle des billets des banques privées. Les clients des banques privées les acceptaient même à la place des retraits en pièces d'or. Dès lors, les banques privées avaient elles-mêmes un compte à la Banque d'Angleterre. Pour les banques privées, la couverture des dépôts de pièces d'or et des billets émis par elles-mêmes se constituait en partie de billets de la Banque d'Angleterre. Au fil des décades, la convertibilité-or des banques privées cédait du terrain à la convertibilité billets émis par la Banque d' Angleterre. Pour les banques privées, la convenu. des dépôts et des billets émis se comptait en billets de livre sterling de la Banque d'Angleterre plutôt qu'en pièces d'or ou d'argent en livre sterling de l'Hôtel de la Monnaie, donc du Trésor. De plus en plus, des clients réclamaient des billets de la Banque d'Angleterre à la place des billets des banques privées. Dès lors, les émissions des billets des banques privées tendaient à disparaître. Ce n'est qu'en 1844 que la Banque d' Angleterre s'est arrogé le droit d'émission des billets de banque au détriment des banques nouvellement fondées. Alors, le nombre de ses banques privées conserva le droit d'émission de billets est allé en s'amenuisant. C'est en 1921 que le dernier droit d'émission de billets d'une banque privée anglaise est retiré lors d'une fusion de banques (Vincent Lannoye, La monnaie et les banques: de la Mésopotamie à Manhattan, 2005 - books.google.fr).

 

Monnaie et haruspices

 

Cicéron lui-même, dès 66 av. notre ère, dans le Pro lege Manilia, s'est fait le chantre de la félicitas de Pompée personnellement choisi par les dieux et donné au peuple romain, selon lui, pour mettre un terme à toutes les guerres. Peu à peu, les «leaders charismatiques», comme se plaît à les appeler, de façon répétée, J. R. Fears, n'hésitent pas à exprimer la même idée, en particulier à travers les monnaies. C'est ainsi que Q. Cornificius, gouverneur de Cilicie en 46 et propréteur de la province d'Afrique après l'assassinat de César a fait frapper des aurei et des denarii sur le revers desquels il apparraissait debout, en habit d'augure et tenant le lituus. Celui-ci ne symbolise plus simplement, depuis Sylla, l'augurât, mais tend à signifier l'auspicium qui, avec l'imperium, se réfère à l'autorité militaire suprême. La monnaie devient un vecteur de propagande qui emprunte des symboles divinatoires et religieux forts pour asseoir une certaine légitimité politique. Et, si on assiste, à la fin de la République, à une «chasse aux sacerdoces», c'est moins, comme le croit Fr. Guillaumont, «parce que ces fonctions conservent tout leur prestige religieux auprès du peuple romain», que parce qu'elles permettent le genre de promotion politique dont témoignent les monnaies de Cornificius. Il ne s'agit plus d'honneurs religieux mais d'armes politiques. Dans cette perspective, l'augurât joue un rôle capital, car l'augure est le dépositaire de la volonté divine et le garant de la victoire par d'heureux auspices. L'exploitation des présages à des fins personnelles, en particulier par César, sera caricaturée par Lucain comme une «utilisation des dieux». Peu à peu les chefs de parti - comble du cynisme - au lieu d'être choisis par la divinité, s'en attribuent une qui est censée les protéger, eux et leur groupe. Quand les dieux ont commencé à parler le langage de César, Cicéron a préféré ne plus les croire. La réalité fut certainement moins simple, même s'il est vrai que le De diuinatione montre à quel point l'Arpinate fut ulcéré de voir les césariens détourner à leur profit la religion officielle, par exemple en cherchant dans les livres sibyllins un argument pour faire couronner César. Mais l'assassinat du dictateur ne change pas le cours des choses, et très vite la Correspondance témoigne des craintes du philosophe devant les agissements d'un Antoine qui lui fait regretter César. S'esquisse et prend peu à peu forme voire qu'il est dieu lui-même : ce n'est sans doute pas un hasard, comme le souligne P. Jal, «si les trois grands vainqueurs des guerres civiles qui ensanglantèrent Rome à la fin de la République, Sylla, César et Octave, furent aussi les trois premiers Romains à être de leur vivant assimilés à des dieux» (B. Bakhouche, Quelques réflexions sur le De Divinatione de Cicéron, L'Information littéraire, Volumes 53 à 54, 2001 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DACI, Daces de Roumanie

 

L'empereur Julien, dit l'Apostat, eut recours à un haruspice alors qu'il était en Dacie.

 

Dans un premier temps, il faut convaincre Julien lui-même de la justesse des prédictions fournies par des spécialistes en haruspicine. Ignorant encore la mort de Constance, l'empereur Julien s'arrête en Dacie en hiver 361, hésitant sur la conduite à suivre. Les renseignements qu'il croit avoir tirés des entrailles des victimes et des vols d'oiseaux lui apparaissent incertains et obscurs. Un expert en haruspicine nommé Aprunculus intervient alors pour lui procurer la bonne interprétation. Pour avoir observé un foie à double enveloppe, il lui fournit la juste explication de ce qui va lui arriver. L'empereur, sceptique cependant, a besoin d'un signe supplémentaire pour être convaincu. Il semble qu'il faut lire l'anecdote sur deux plans différents. D'une part, Aprunculus fait une leçon d'haruspicine à Julien : il lui montre que l'haruspicine doit être pratiquée par des spécialistes, ayant consacré le temps et l'énergie nécessaires à l'acquisition de cette science. Ainsi les consultations d'Aprunculus, orateur, haruspice d'occasion peut-être, mais aruspicinae peritus, donnent-elles des résultats sûrs, tandis que ceux des inspections de Julien apparaissent confusm. Peut-être faut-il y voir en filigrane la revendication d'un rétablissement d'une véritable haruspicine officielle. On ne s'improvise pas haruspice, même lorsque l'on est prince. Si Aprunculus n'avait de lui-même cherché à connaître le sort qui attendait Julien, ce dernier n'aurait pas appris d'avance de manière certaine la mort de Constance. Or, le manque de formation en haruspicine qui caractérise les haruspices officiels du temps de Julien aurait pu conduire Aprunculus à formuler une interprétation faussée. Heureusement, ce dernier a peut-être reçu l'enseignement haruspicinal de la "belle époque" de l'haruspicine, avant les lois constantiniennes. De ce point de vue, l'abolition des catégories d'haruspices née de ces lois et le manque de sélection dans l'institution de nouveaux haruspices officiels pourraient se révéler dangereux. D'autre part, Aprunculus démontre à Julien la valeur scientifique des consultations haruspicinales, quand elles sont menées par des spécialistes. Ainsi, Julien devrait admettre que la chute d'un soldat confirme l'interprétation d'Aprunculus. Seule la faiblesse de caractère de l'empereur l'empêche de croire au message des signes divinatoires. La double démonstration de l'haruspice ne suffit donc pas (Marie-Laurence Haack, Les haruspices dans le monde romain, 2019 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DACI, Daces (impôts)

 

"Daces" est un mot que l'on trouve dans le dictionnaire de Richelet, édition 1759, celle de 1685 ne donne pas le mot. Il vient de l'italien "dacio".

 

C'est un impôt qui se paie pour le transport des marchandises d'un pais à un autre. (De grosses daces. De fâcheuses daces. Imposer des daces. Paier les daces. Être exemt de daces.) Le mot de daces, est peu usité. Le célébre Patrix ou Patris, s'en sert au singulier dans ses Poësies, in-4°. Pag. 20. où en parlant de la pénitence, il dit : "il la faut faire, & ce don précieux / Est la dace qu'on paie à la porte des Cieux." (Pierre Richelet, Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne, Tome 1 : A-D, 1759 - books.google.fr).

 

Patrix (1583 - 1671) était au service de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII (Auguis, Les poëtes françois depuis le XIIe siècle jusqu'à Malherbe: avec une notice historique et littéraire sur chaque poète, 1824 - books.google.fr).

 

On parle de "billets de Daces" (Articles de douane, entrée, & dace de grassine, de la traite, dixieme de chanures, & vingtieme des toiles, & du fil; de la grande, & petite dace de Suse; du droit d'un pour cent, reduit a demy pour cent.., 1721 - books.google.fr).

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