Une querelle d’investiture

Une querelle d’investiture

 

III, 17

 

1717

 

Mont Aventine brusler nuit sera veu :

Le ciel obscur tout à un coup en Flandres,

Quand le monarque chassera son nepveu :

Leurs gens d'Eglise commetront les esclandres.

 

Le "Monarque" : l'empereur Henri IV du saint Empire germanique ; le "neveu" : Berthold de Rheinfelden

 

Berthold de Rheinfelden, ou Berthold Ier de Souabe (né vers 1060 - mort le 18 mai 1090), fut duc de Souabe de 1079 jusqu'à sa mort. Berthold de Rheinfelden est le fils unique de Rodolphe de Rheinfelden, l'anti-roi des Romains élu en opposition à l'empereur Henri IV du Saint-Empire. L'identité de sa mère et l'année de sa naissance demeurent incertaines. Après son élection comme anti-roi en 1077, Rodolphe, confiné en Saxe et cherchant à établir son autorité dans le sud de l'Allemagne opposé à l'empereur, transmet à son fils le duché de Souabe en 1079. Cependant Berthold doit faire face à Frédéric de Büren, le fiancé d'Agnès, la fille d'Henri IV, qui a été nommé par ce dernier duc de Souabe et qui dispose d'une assise territoriale supérieure à la sienne dans le duché. Pendant la guerre civile qui déchire l'empire, la Souabe se trouve au cœur du conflit. En 1084 Berthold se trouve encerclé par les partisans d'Henri IV. Bien qu'il dispose de forces non négligeables, il intervint peu dans le conflit et laisse ensuite le devant de la scène à ses alliés Berthold II de Zähringen et Welf IV. Lorsqu'il meurt sans héritier en 1090 il est inhumé dans le monastère de Saint-Blaise. Son beau-frère Berthold II de Zähringen, qui lui-même avait des prétentions sur le duché de Souabe, lui succède dans son titre contesté (fr.wikipedia.org - Berthold de Rheinfelden).

 

The identity of Berthold's mother is disputed. She is sometimes said to be Rudolf's first wife, Matilda of Germany (sister of Henry IV), and sometimes said to be Rudolf's second wife, Adelaide of Savoy (if this were the case, then Berthold must have been born after c.1062), and sometimes said to be Rudolf's son by another, unknown, wife (en.wikipedia.org - Berthold I, Duke of Swabia).

 

"esclandres" : querelle des investitures

 

La querelle des Investitures est le conflit qui opposa la papauté et le Saint-Empire romain germanique entre 1075, sous Henri IV, et 1122. Elle tire son nom de l'investiture des évêques. Au Moyen Âge, l’investiture est un acte par lequel une personne met une autre en possession d'une chose. Au XIe siècle, les souverains estiment que le fait de confier à un évêque ou à un curé des biens matériels leur permet de choisir l'officiant et de lui accorder les investitures spirituelles. Cette mainmise du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel a comme conséquence une défaillance profonde du clergé, qui n'assure plus son rôle. La réforme grégorienne qui débute au milieu du XIe siècle avec Grégoire VII entend lutter contre les manquements du clergé à ses devoirs, ce qui incite le pape à vouloir le contrôler, au détriment du pouvoir politique. Les monarques du Saint-Empire romain germanique, pour qui les évêques sont aussi des relais de l'autorité impériale, s'opposent alors à cette prétention. Après une lutte sans merci entre les empereurs et les papes, la querelle des Investitures aboutit à une victoire provisoire du spirituel sur le temporel (fr.wikipedia.org - Querelle des Investitures).

 

Mont Aventin en feu

 

Grégorovius, dans son Histoire de Rome au moyen âge, a représenté l'incendie allumé par Robert Guiscard comme une des grandes catastrophes de l'histoire. La ville, suivant lui, aurait été en grande partie détruite ; l'Aventin même aurait été dévasté et serait devenu, à partir de ce moment, un véritable désert. Beaucoup d'historiens l'ont répété après lui, sans s'apercevoir qu'il y avait là une exagération. Un contemporain, Guy de Ferrare écrit, il est vrai, que Robert Guiscard incendia la plus grande partie de la ville, «maximam urbis partem», mais Guy, évêque de Ferrare, vivait loin de Rome et était, en outre, un ennemi déclaré de Grégoire VII. Malaterra, dans son Histoire de Sicile, s'exprime de la même manière, mais il ne semble pas avoir vu Rome, car il place la porte Saint-Jean près du Tibre. Le Liber pontificalis, rédigé à l'aide de documents romains, est seul précis. Il nous apprend que Robert Guiscard détruisit d'abord le quartier où se trouvaient les églises San-Lorenzo-in-Lucina et Saint-Sylvestre, puis, que dans la seconde rencontre il mit le feu à la région voisine du Latran et du Colisée. L'incendie ne s'étendit donc pas à la plus grande partie de la ville. Pour prouver que Rome presque tout entière avait été anéantie, Grégorovius a cité deux élégies d'Hildebert de Lavardin, évêque du Mans, sur la ruine de la Ville Eternelle. Hildebert était à Rome en 1107, vingt-huit ans après l'incendie. En relisant avec attention ses poèmes, je n'y ai pas trouvé la moindre allusion aux destructions des Normands. C'est une méditation mélancolique sur la chute des empires, et le poète eût pu l'écrire toute semblable, trente ans plus tôt, avant l'incendie. «Rome, dit-il, dans la première de ces élégies, tu n'es qu'une ruine, et pourtant rien ne peut se comparer à toi. Renversée, tu laisses deviner combien, debout tu étais grande. Il a fallu des siècles pour anéantir ta gloire. Les palais des Césars et les temples des dieux se sont écroulés dans l'eau dormante. Elle s'est écroulée cette ville, chef-d'œuvre de l'homme, cette ville qui épouvantait l'Araxe, et que maintenant l'Araxe pleure...» C'est, on le voit, une contemplation, qui s'élève bien audessus de l'histoire contemporaine (Émile Mâle, Rome et ses viéilles églises (1942), 1992 - books.google.fr).

 

Robert de Hauteville dit Robert Guiscard «le Rusé» (italien : Roberto d'Altavilla, Roberto il Guiscardo ; latin : Robertus de Altavilla, Robertus cognomento Guiscardus, Robertus Wiscardus), né vers l'an 1020, mort le 17 juillet 1085, duc d'Apulie et de Calabre, est l'un des plus célèbres aventuriers normands issus du duché de Normandie qui s'illustrèrent en Méditerranée. À partir de 1057, il continua la conquête de l'Italie méridionale sur les Byzantins avant d'entamer celle de la Sicile musulmane à partir de 1061 en compagnie de son frère cadet Roger. Ensemble, ils jetèrent les fondations du futur royaume de Sicile.

 

Il est rappelé à l’aide par le pape Grégoire VII, assiégé par l’empereur germanique Henri IV en juin 1083, et doit retourner en Italie, laissant le commandement à son fils aîné Bohémond. Marchant vers le nord avec 36000 hommes, quasiment tous des mercenaires musulmans, il entre dans Rome et force l'empereur germanique, pris de court, à se retirer. Cependant, un mouvement de panique gagne les citoyens romains, provoquant trois jours de mise à sac totale de la ville en mai 1084, probablement le pire saccage que la «Ville éternelle» avait connu. Aux cris de «Guiscard !», «Guiscard !», les troupes normandes mettent la cité à feu et à sang. La populace est massacrée et les femmes sont violées, les plus jeunes et les plus belles prises et emmenées en esclavage, destinées à finir dans les bordels des territoires normands, ou dans des harems. Le pape, lui-même épouvanté, quitte la ville pour aller se réfugier en lieu sûr, dans la forteresse de Salerne (fr.wikipedia.org - Robert Guiscard).

 

Hongrie

 

La mort du roi Étienne en 1038 ouvre une longue période de conflits autour de sa succession, menant à une vassalisation du royaume envers l'Empereur germanique. Le règne d'André Ier de Hongrie entre 1047 et 1060 marque un retour à l'indépendance. André Ier doit ensuite faire face à un regain de réaction du vieux nationalisme magyar dont son frère Béla s'empresse de prendre la tête. Le roi s'adresse à la régente du Saint-Empire Agnès de Poitiers qui gouverne pour le compte de son fils Henri IV dont la sœur avait épousé Salomon. Les Polonais viennent à l'aide de Béla et André Ier succombe en 1060 l'armée d'André est mise en fuite et le roi capturé devant Moson qui avait fermé ses portes devant lui. André meurt en captivité dans le château de Zirc et il est inhumé dans sa fondation l'abbaye de Tihany et Béla Ier se proclame roi. La politique d'expansion est poursuivie par Coloman (vers 1065 - 1116) jusque dans les Balkans et vers le bas-Danube (vassalisation de la Serbie, Valachie, Moldavie), mais est contrariée par la puissance byzantine sous Basile II. Le règne de Béla III de Hongrie entre 1172 et 1196 inaugure le premier apogée du royaume  (fr.wikipedia.org - Hongrie).

 

L'Europe occidentale avait dû faire face aux invasions hongroises au Xe siècle.

 

Entre 899 et 955, on peut énumérer trente-trois incursions en Allemagne et en Italie. Celles de France, n'étant que la continuation des expéditions italiennes ou allemandes, ne comptent pas numériquement. Il est cependant tout à fait vraisemblable que dans les pays les plus proches de la Hongrie les grandes incursions alternaient avec d'autres, moindres mais plus fréquentes, qui maintenaient ces régions perpétuellement en alarme, justifiant ces assertions des chroniqueurs que les incursions se répétaient régulièrement tous les ans (Gina Fasoli, Points de vue sur les incursions hongroises en Europe au Xe siècle. In: Cahiers de civilisation médiévale, 2e année (n°5), Janvier-mars 1959 - www.persee.fr).

 

Flandres

 

Point d'éclipse ou de prodige météorologique en Flandres en 1084.

 

Peut-être faut-il penser à Richilde, comtesse de Hainaut.

 

Son second mari Baudouin de Hasnon, fils du comte de Flandre, épousé en 1051, et aux (futurs) enfants de ce second mariage d'hériter du comté de Hainaut. Les nouveaux époux étant apparentés, le mariage est déclaré nul et ils sont excommuniés, mais ils obtiennent du pape Léon IX, dont elle serait nièce, la réconciliation avec l'Église et une dispense pour leur mariage. Baudouin, son second mari, devient comte de Flandre en 1067 sous le nom de Baudouin VI de Flandre. Trois ans plus tard, sentant sa fin proche, il se soucie d'assurer l'avenir de ses enfants et adjure son frère Robert le Frison de respecter et défendre les droits de ses enfants après sa mort. Il meurt peu après, le 17 juillet 1070. Richilde aurait épousé en troisièmes noces entre juillet 1070 et février 1071 Guillaume Fitz Osbern comte de Hereford. Certains historiens pensent que Richilde fut une régente trop tyrannique; d'autres affirment que Robert le Frison n'avait pas l'intention de respecter son serment ; en tout cas, une guerre civile ne tarde pas à ravager le comté de Flandre. Les villes flamandes (Gand, Bruges, Bergues, Furnes, Bourbourg, Cassel, Roulers, Courtrai, Ypres, Lille) se rangèrent derrière Robert, alors que Richilde pouvait compter sur le soutien du Hainaut (Douai, Tournai) et de l'Artois (Arras, Saint-Omer, Boulogne, Ardres, Saint-Pol, Béthune). le fils de Richilde, Arnoul III, est tué près de Cassel en 1071, malgré l'aide du roi de France Philippe Ier, de même que son beau-père Guillaume Fitz Osbern, venu à la demande de Richilde défendre les intérêts d'Arnoul III de Flandre. Richilde cherche ensuite d'autres alliances, accepte que le Hainaut devienne vassal de l'évêque de Liège, mais est à nouveau vaincue en 1072 à Obourg, près de Mons. En 1082, elle part en pèlerinage à Rome, mais à son retour en 1084, elle apprend, comme elle s'approche de ses terres, qu'Arnoul, comte de Chiny, se dispose à l'enlever. Elle lui échappe en se réfugiant dans l'abbaye de Saint-Hubert. Elle continue à régner aux côtés de son second fils Baudouin II jusqu'en 1086 (fr.wikipedia.org - Richilde de Hainaut).

 

Selon Pierre d'Oudegherst, Richilde serait revenu de Rome en 1084 et serait morte la même année le 15 mars (ides de mars) "milleno centeno bis minus octo" selon une inscription. Le fils de Robert le Frison, Robert II, fait aussi le pélerinage de Rome en 1084 et aurait fait hommage de ses possessions d'Empire devant Rome à Henri IV (Jean Baptiste Lesbroussart, Annales de Flandre, enrichies de notes, avec un discours préliminaire, de Pierre d'Oudegherst, 1789 - books.google.fr).

 

Or Henri IV est couronné empereur à Rome par l'antipape Clément III (Wibert) le 31 mars 1084, dimanche de Pâques.

 

Le bruit qui se fait à la fin de l'office de l'Eglise à Tenebres, signifie le Ciel obscurci, les tombeaux ouverts, l'alarme & l'émeute de Jerusalem à la mort du Seigneur (L'Office de la Semaine Sainte, en latin & en françois, avec des méditations sur les évangiles de la quinzaine de Pâques, 1698 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1717 sur la date pivot 1084 donne 451 : bataille des champs catalauniques avec Attila.

 

La Hongrie possédait au XIe siècle ou croyait posséder une bien précieuse relique d'Attila, son épée, qui, disait-on, n'était autre que l'épée de Mars, idole des anciens Scythes, découverte jadis par une génisse blessée, déterrée par un berger et portée au roi des Huns, qui en avait fait son arme de prédilection. «C'était, dit un vieux chroniqueur allemand, le glaive qu'Attila avait abreuvé du sang des chrétiens; c'était le fouet de la colère de Dieu.» On y attachait l'idée d'une force irrésistible et de la domination sur le monde, et les Hongrois, tout bons chrétiens qu'ils étaient, gardaient l'épée de Mars dans leur trésor national presque aussi religieusement que la sainte couronne. Or il arriva que le jeune roi Salomon, fils d'André Ier, ayant été chassé du trône par une révolte des magnats en 1060, et rétabli en 1063 avec l'assistance d'Othon de Nordheim, duc de Bavière, la reine-mère n'imagina rien de mieux, pour prouver sa reconnaissance au duc de Nordheim, que de lui offrir cette épée, qui promettait à ses possesseurs la souveraineté universelle. Othon, parvenu en peu de temps à une haute fortune, avait encore plus d'ambition que de bonheur ; il accepta le don avec empressement, le conserva toute sa vie et le légua en mourant au jeune fils du marquis Dedhi, qu'il aimait beaucoup. Des mains du jeune marquis, mort prématurément, l'épée passa entre celles de l'empereur Henri IV, qui en fit cadeau à son conseiller favori Lupold de Merspurg. Un jour qu'il allait dîner à la villa impériale d'Uten-Husen avec un brillant cortége de seigneurs, comme l'heure pressait, Henri poussa sa monture en avant, et les courtisans, aiguillonnant leurs chevaux, s'élancèrent sur sa trace à qui mieux mieux. Il y eut un moment de désordre, dans lequel le cheval de Lupold se cabra et lança à terre son cavalier, qui en tombant s'enferra de sa propre épée. On remarqua qu'il portait ce jour-là, par honneur, celle dont l'avait gratifié l'amitié de son maître4. Si le glaive du roi des Huns avait cessé d'être fatal au monde, il l'était encore au profanateur qui osait le ceindre à son flanc comme une arme vulgaire. Attila n'eut point à souffrir de la disparition de ses petit-fils, les rois hongrois de la dynastie arpadienne. La dynastie française qui les remplaça, loin de combattre les souvenirs traditionnels chers à sa patrie d'adoption, s'en montra, comme je l'ai dit plus haut, la gardienne intelligente et zélée. En même temps que Louis Ier introduisait chez les Magyars les institutions littéraires de la France au XIVe siècle, il faisait compulser sous ses yeux les documents relatifs aux origines de la nation; c'était s'occuper d'Attila. Jean Hunyade et Mathias Corvin, son fils, qui montrèrent sous le costume hongrois à l'Europe du XVe siècle, si peu chevaleresque et si froidement chrétienne, les deux derniers héros de la chevalerie, s'inspiraient sans cesse des chants magyars et du nom d'Attila. Attila et les Huns devinrent l'objet d'une véritable passion à la cour de Mathias Corvin. Sa femme, la belle et savante Béatrix d'Aragon, pour payer dignement le bon accueil des Hongrois, suscita, avec l'aide des érudits italiens qu'attirait sa protection, une sorte de renaissance des lettres hunniques, comme les papes à Rome et les Médicis à Florence suscitaient une renaissance des lettres latines. Et quand Mathias, vainqueur des Turks et le seul adversaire devant qui eût reculé Mahomet II, fut placé d'une voix unanime à la tête d'une croisade préparée par la chrétienté, l'Europe ne vit pas sans étonnement le nouveau Godefroy de Bouillon proclamé par son peuple un second Attila. On trouve de temps à autre, dans les écrits du XVe et du XVIe siècles, la preuve certaine que les traditions sur Attila vivaient toujours, étaient toujours invoquées avec autorité. Les longues et poignantes infortunes qui s'appesantirent sur la Hongrie après la funeste bataille de Mohâcz, l'occupation de Bude par les Turks et la transmission de la sainte couronne à une dynastie allemande, jalouse de la nationalité magyare, amortirent la tradition sans l'étouffer. Vint ensuite au XVIII° siècle l'esprit novateur et moqueur, qui de France souffla en Hongrie comme partout, ébranlant dans bien des cœurs la foi aux traditions, le goût des chants nationaux et le respect filial du nom d'Attila. En vain chercherions-nous dans les livres hongrois du dernier siècle le sentiment traditionnel, si vif encore au XVe ; s'il s'y trouve, il s'y cache soigneusement, car il rougit de lui-même et craint la raillerie. Il est fort douteux qu'aujourd'hui, malgré le retour aux études de l'antiquité et la mode des vieux blasons, les élégants Magyars de la cour de Vienne osent parler sans rire de leur grand-père Attila. Le peuple seul garde sa mémoire, qui fleurit dans les foires, où se vendent pour les campagnards de rustiques images des rois de Hongrie. Son nom est encore prononcé avec foi sous le chaume du paysan montagnard, principalement en Transylvanie. Là se perpétuent, par la bouche de quelques vieillards, des traditions de plus en plus vagues, qui nous rappellent les chroniques des XIIe et XIIIe siècles. Quant aux chansons nationales, elles semblent être entièrement oubliées : encore un demi-siècle, et le fil de la tradition orale sera rompu (Amédée Thierry, Histoire d'Attila et de ses successeurs, Tome 2, 1856 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Epée d'Attila).

 

En 452, le pape Léon Ier supplie le roi des Huns et ses troupes de renoncer à envahir Rome. Attila, qui a déjà ravagé la Gaule mais a subi une terrible défaite aux champs catalauniques (Champagne) en juin, épargne Rome et retourne dans ses steppes. Il mourra peu après sur les bords du Danube et l'empire des Huns s'évanouira (Chronique du 8 juillet, Éditions Chronique, 2014 - books.google.fr).

 

La Hongrie et Rakoczi

 

Durant la guerre de Succession d’Espagne (1701-1713), le roi Louis XIV soutient la révolte menée par le prince Ferenc II Rákóczi en Hongrie. Sous la coupe de la maison d’Autriche et du Saint-Empire romain germanique depuis 1596, ce pays cherche à s’émanciper et menace les positions habsbourgeoises. Ce soulèvement est un bienfait pour la France, confrontée à une coalition de pays européens, car il lui permet d’avoir un allié de revers occupant une partie des forces adverses. Afin de soutenir ce mouvement, les Hongrois souhaitent que leur armée et celle de France se rejoignent pour pouvoir définitivement l’emporter sur la maison d’Autriche. Mais Louis XIV se contente d’envoyer de l’argent et des soldats pour maintenir la révolte. Cette aide matérielle se double de démarches diplomatiques destinées à empêcher les négociations de paix entre la Hongrie et le Saint-Empire et à soutenir des liens avec des pays plus favorables à la cause française.  [...]

 

L’année 1709 va bouleverser les rapports de force en Europe. Le 8 juillet, l’armée russe écrase l’armée suédoise à Poltava, contraignant Charles XII à s’exiler dans l’Empire ottoman. La France, suite à la défaite de Malplaquet (11 septembre), éprouve également des difficultés financières et militaires. De nouveau, Rákóczi tente de faire en sorte que Versailles soit médiateur dans une dynamique de paix entre la Russie et la Suède. Mais Louis XIV maintient une position favorable à la Suède, son allié historique. Les espoirs d’une médiation s’évanouissent totalement avec le début de la guerre entre la Russie et l’Empire ottoman, en novembre 1710, où une nouvelle fois le tsar s’oppose à un appui traditionnel de la France et supprime toute possibilité d’aider la Hongrie. La défection de son seul allié, l’échec de ses négociations et la suite des défaites militaires qui en découlent, poussent Rákóczi à négocier la paix. Le 30 septembre 1711, le général Károlyi signe un accord  avec l’Empire à Szatmár. Les conditions de ce traité sont relativement équitables. Les rebelles sont amnistiés, les biens confisqués rendus. Charles VI, successeur de Joseph Ier, mort le 17 avril, cherche ainsi à se réconcilier avec les Hongrois. Rákóczi part en exil en Pologne, puis en France à partir de janvier 1713, où il est reçu par le roi, qui s’attache à lui assurer une vie confortable. Le prince poursuit néanmoins son activité diplomatique afin de protéger au mieux les intérêts de son pays. Cette activité lui vaut de retourner en 1717 auprès du sultan dans l’espoir de reprendre les armes contre les Habsbourg. Il meurt ainsi sur les bords de la mer Noire, exilé, le 8 avril 1735 (Yves-Marie Rocher, Louis XIV et la guerre d’Indépendance hongroise (1701-1711), Revue historique des armées, n° 263, 2011, - journals.openedition.org).

 

Le traité de Carlowitz (février 1699), qui met fin au précédent conflit entre l’Empire d’Autriche et la Sublime Porte, donne la Morée (le Péloponnèse en Grèce) à la République de Venise. Cette position est un casus belli pour le sultan qui voit là une menace pour Constantinople. Aussi, la reconquête de la péninsule est lancée en mai 1715 sous le prétexte de collisions entre vaisseaux turcs et vénitiens. Charles VI, empereur d’Autriche, conseillé par le prince Eugène, se rapproche alors de Venise et conclut avec elle une alliance défensive (13 avril 1716). Ces démarches amènent au lancement par le gouvernement de Vienne d’un ultimatum au sultan, lequel choisit la guerre. L’affrontement a lieu sur les territoires de la grande Hongrie dont la reconquête est le véritable objectif de l’Autriche dans ce conflit. Aussi, la Porte tente de réveiller le conflit entre la Hongrie et l’Autriche en promettant au Prince Rakoczi, héros de la dernière guerre d’indépendance hongroise, alors en exil à Versailles, la souveraineté sur la Transylvanie et le titre de roi.

 

L’objectif d’Eugène de Savoie dans cette guerre est bien de prendre Belgrade, point clé de la défense du royaume de Hongrie mais prudemment, suite à cette éclatante victoire, pour se couvrir face au nord, il préfère envoyer des troupes prendre Temesvar (aujourd’hui Timisoara en Roumanie) capitale du banat, alors encore sous l’emprise ottomane. Une nouvelle victoire vient couronner cette manœuvre à la mi-octobre 1716. La forteresse et les terres sont confiées au comte de Mercy, général de cavalerie lorrain, qui conserve sa position au-delà du traité de paix et développera considérablement la région. Ce succès permet ainsi d’envisager au printemps suivant la marche vers Belgrade. [...]

 

Une nouvelle armée, en outre, est envoyée de Constantinople pour défendre la ville, mettant Eugène de Savoie dans une position délicate, pris entre le feu de la forteresse et celui des troupes du grand vizir Halil Pacha. La situation de l’armée autrichienne du général Eugène de Savoie apparaît désespérée dans les cours européennes. La victoire n’en est que plus belle et démontre une nouvelle fois le talent militaire du commandant en chef de l’armée autrichienne. Cette dernière bataille qui entraîne la signature de la paix avec le traité de Passarowitz (21 juillet 1718) (Yves-Marie Rocher, Le siège de Belgrade (1717) raconté par un officier français, Revue historique des armées n° 270, 2013, - journals.openedition.org).

 

Cf. quatrain III, 11 - En Setrbie - 1713-1714.

 

Une querelle d'investiture à Albert (Somme)

 

C'est à la période carolingienne qu'est fait mention pour première fois d'un lieu nommé Encre dans la Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier d'Hariulf d'Oudenbourg qui indique qu'une cella, c'est-à-dire une communauté de douze chanoines, existait à Encre en 831.

 

Moine à l'abbaye de Saint-Riquier, Hariulf (Hariulfus) est célèbre pour avoir écrit le Chronicon centulense, ou Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier (Ve siècle – 1104). Il est resté dans cette abbaye jusqu’en 1105, puis devint par la suite abbé d'Oudenbourg dans le comté de Flandre où il est mort.

 

À l'origine, à l'endroit où siège l'abbaye d'Oudenbourg, il y avait une église fondée par saint Ursmer, mort en 713. Plus tard, Arnoult de Soissons fonde le monastère, en 1083 ou 1084. Il y mourut le 15 août 1087.

 

Jusqu'au XVIIe siècle, elle se nomma Encre puis Ancre lorsque Concino Concini, favori de la reine Marie de Médicis, devint marquis d'Encre. Il signait «Marquis d'Ancre» et prit le titre de maréchal d'Ancre, nom sous lequel il est connu dans l'histoire, lorsqu'il devint maréchal de France. Après la chute de Concini en 1617, la seigneurie d'Ancre fut donnée à Charles d'Albert de Luynes, favori de Louis XIII, et cheville ouvrière de l'assassinat de Concini. Charles d'Albert de Luynes obtint du roi que la commune d'Ancre prît le nom d’Albert en 1620 (fr.wikipedia.org - Albert (Somme), fr.wikipedia.org - Hariulf d'Oudenbourg).

 

Le samedi 10 novembre 1725, l'assemblée générale de la Communauté était donc réunie. Drouart exposa qu'il y avait lieu de délibérer sur la réception et admission par la Ville de Mr Nicolas Leroux envoyé par Monseigneur l'Evêque pour faire les fonctions de prêtre-clerc. Guilain Gelée et Me Jean Debrye répliquèrent qu'il avait été procédé à cette réception aux termes de l'acte qu'ils avaient signé l’avant-veille par-devant Me Rousselle. Et ainsi se trouva posée la question de savoir quelle pouvait être la valeur de cet acte que Drouart soutint avoir été fait clandestinement et au mépris des droits de la Ville. La cause fut plaidée contradictoirement devant l'assemblée entre Drouart, d'un côté, et de l'autre, Me Jean Debrye qui, non moins que son adversaire, était rompu aux luttes de la parole. Drouart développa les raisons qui avaient prévalu l'année précédente ; il démontra que l'acte de réception d'un vicaire était un contrat dans lequel la communauté d'une part et le vicaire de l’autre prenaient des engagements réciproques ; que la Ville, qui seule logeait et salariait le vicaire, stipulait de lui l'accomplissement exact de ses fonctions ; que l'instrument d'un tel contrat devait donc être dressé par le Corps de Ville en vertu des principes du droit qui donnent à l'administration compétence pour passer les actes dans lesquelles elle stipule à son profit. Il rappela que de tout temps on avait ainsi procédé à Albert, et représenta les actes de réception du vicaire qui tons, sans en excepter un seul, avaient été consignés au registre de l'échevinage depuis le 2 juillet 1660, date de l'établissement d'un prêtre-clerc de la paroisse. Il conclut en demandant à l'assemblée de maintenir, conformément à ces anciens et invariables usages, fondés sur les vrais principes de la matière, conformément d'ailleurs à ses propres décisions de l'année précédente, les droits et privilèges de la Ville. Le procès-verbal de la délibération ne rapporte point l'argumentation de Me Jean Debrye, mais il est aise de comprendre qu'il ne manquait point de bonnes raisons pour soutenir sa cause. Quelle que fût en effet la part que prenait la Communauté au paiement des gages du vicaire, cela ne pouvait changer la nature essentiellement ecclésiastique de ses fonctions ; un prêtre-clerc était avant tout un prêtre ; l'investiture ne pouvait donc lui être donnée par l'autorité civile ; elle n'appartenait qu'au pouvoir religieux; il était fonctionnaire ecclésiastique et non fonctionnaire communal. Cette distinction devait apparaitre bien nettement à l'esprit de Me Jean Debrye qui déjà en 1717, à propos de l'affaire du casuel, établissait si catégoriquement la différence qu'il y avait entre la Paroisse et la Commune.

 

En définitive la question qui s'agitait dans cette petite république communale, et qui se dégageait du milieu des passions locales auxquelles elle était mêlée, n'était autre que l'éternelle question des rapports de l'Eglise et de I'Etat. La querelle d'investiture qui se débattait à propos du vicaire procédait des mêmes causes que la fameuse querelle des investitures qui avait autrefois divise les Papes et les Empereurs (H. Daussy, Me Gille Cressent, prêtre-curé de la paroisse d'Albert (1717-1727), Mémoires de l'Académie des sciences, 1835  - archive.org).

 

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