La Corse sous la coupe française

La Corse sous la coupe française

 

III, 87

 

1768-1769

 

Classe Gauloyse, n’approches de Corseigne,

Moins de Sardaigne : tu t’en repentiras.

Trestous mourrez, frustrés de l’aide : grogne

Sang nagera : captif, ne me croyras.

 

Une escadre française, commandée par le chevalier de La Ferrière, en 1655, sombrera dans le golfe de Lyon, en côtoyant la Corse & la Sardaigne. Ils périront tous; ils n'atteindront pas le cap du Pourceau; ils seront engloutis dans la mer, parce que cet oracle n'aura pas servi d'avertissement au maître pilote, Jean de Rian, dit le Captif.

 

Le latin "classis" désigne une flotte, armée navale. "Grogne" est synonyme de Pourceau, nom d'un cap avec petit port dans la Méditerranée. Jean de Rian avait été esclave (Anatole Le Pelletier, Les oracles de Michel de Nostredame, Tome 1, 1867 - books.google.fr).

 

Cette interprétation historique peut être valide si les Centuries sont fortement antidatées (cf. quatrain II, 22 etc.).

 

Typologie

 

C’est au traité de Versailles en 1768 que la République de Gênes confie la Corse au roi de France en gage de l’aide que celui-ci lui a procurée pour combattre les insurrections depuis 1737, jusqu’à ce que Gênes puisse rembourser les frais occasionnés aux Français par la pacification. C’est ainsi que Choiseul acquit la Corse à la France. « La prise de possession ne se fit pas sans peine et l’on dut lutter près d’un an pour réduire les partisans de l’indépendance que dirigeait Paoli [1]». Celui-ci était soutenu par l’Angleterre qui convoitait l’île pour sa position stratégique.

 



[1] A. Malet et J. Isaac, « XVIIème & XVIIIème siècles », Hachette, 1923, p. 540

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