Les lois du mouvement et du repos

Les lois du mouvement et du repos

 

III, 64

 

1751-1752

 

Le chef de Perse remplira grand Olchade,

Classe trireme contre gent Mahumetique,

De Parthe & Mede : & piller les Cyclades :

Repos long temps au grand port Ionique.

 

Olchades

 

Olchades : peuple d'Espagne selon Tacite.

 

Alessandro Braccio traduit, depuis Appian, le Scythe Olthacus, qui essaie d'assassiner le romain Lucullus pendant la guerre contre Mithridate VI roi du Pont, Olchade (Appianus, Historia delle guerre esterne de Romani di Appiano Alessandrino tradotta da messer Alessandro Braccio secretario fiorentino, nuouamente impressa, 1526 - books.google.fr).

 

Ceci rapproche de la Perse.

 

olcade/holcade/olchades : vaisseau de charge pour le transport que les Gantois (Flandres) appellent Pleyten (Antonii Sanderi Flandria illustrata, 1735 - books.google.fr).

 

Holcade : abbé ambassadeur du pape Etienne II (752 - 757) au temps d'Astolf et de Didier, rois des Lombards installés en Italie (Les Genealogies faitz et gestes des sainctz Peres, Papes, Empereurs & Roys de France, Compose en latin par Iehan Platine, et nouuellement translatees par Jean Beaufils, 1519 - books.google.fr).

 

Moavie

 

Pendant cette période de troubles intérieurs et de guerre civile la guerre sainte avait commencé. L'Orient offrait une proie facile ; les deux empires des Grecs et des Perses, avec lesquels les Arabes devaient entrer en contact dès qu'ils sortiraient de leur péninsule, étaient épuisés par une lutte séculaire. L'empereur qui régnait alors à Constantinople était cependant un vaillant soldat, qui avait fait de glorieuses campagnes contre les Perses ; mais les querelles théologiques, qui absorbaient toute l'attention des Grecs, l'empêchèrent de rien faire contre l'invasion arabe. La province grecque de Syrie, qui était en partie peuplée d'Arabes et ainsi ouverte à l'avance à la conquête, succomba la première. La grande oasis de Damas était occupée en 634, deux ans à peine après la mort de Mahomet. Omar continua la guerre en personne ; en 637, il entrait dans la ville sainte de Jérusalem, en vertu d'une capitulation régulière, et il faisait bâtir, sur l'emplacement du temple de Salomon, la mosquée qui a conservé son nom. Dès 638, toute la Syrie était conquise. La Mésopotamie, qui était aussi une province de l'empire grec, eut bientôt le même sort. Moawia, le futur calife, qui était alors gouverneur de la Syrie musulmane, fit équiper une flotte avec laquelle il saccagea Chypre, Rhodes, les Cyclades, et fut sur le point de menacer même Constantinople ; la guerre qu'il déclara à Ali l'empêcha seule de marcher sur la capitale impériale. Après l'occupation de la Syrie et de la Mésopotamie, la conquête musulmane se tourna vers la Perse (G. Lacour-Gayet,, Histoire ancienne et histoire du Moyen Age, du Ve au Xe siècle, 1916 - books.google.fr).

 

Mu'awiya Ier (Muawiya, en grec "Mauias") ou 'Abu 'Abd Ar-Rahman Mu'awiya ibn 'Abi Sufyan, né en 602 à La Mecque et mort en 680 à Damas, est le premier calife et roi omeyyade. Il est le fils de 'Abu Sufyan ibn Harb, l'un des plus farouches adversaires du prophète de l'islam, Mahomet, devenu par la suite un de ses compagnons après sa conversion. Mu'awiya, qui se convertit à l'islam avec sa famille lors de la conquête de La Mecque en 630, devient scribe du Prophète et combat aux côtés des musulmans. Sous Uthman ibn 'Affan, Mu'awiya est nommé gouverneur de Syrie. Mu'awiya a refusé de prêter allégeance à Ali ibn Abi Talib, successeur de Uthman, déclenchant la Première Fitna. Mu'awiya Ier s’est rebellé face au Calife Ali ibn Abi Talib et a souhaité rentrer en guerre contre ce dernier. Pour éviter la Fitna Ali lui cède la gouvernance des Musulmans.

 

En 647, l'armée syrienne est suffisamment forte pour repousser une attaque byzantine et, quelques années plus tard, s'engager dans des offensives et des campagnes militaires, si bien qu'en 649, Chypre est conquise, suivie de Rhodes et Cos en 654, et la marine byzantine subit une lourde défaite à la bataille des Mâts un an plus tard1. Simultanément, des expéditions terrestres sont lancées en Anatolie. Selon Théophane le Confesseur, Mu'awiya vend des restes du Colosse de Rhodes à un marchand d'Éphèse, qui les transporte sur 900 chameaux (fr.wikipedia.org - Mu'awiya Ier, fr.wikipedia.org - Yazdgard III).

 

Les Yazidis, flétris par leur surnom populaire d"'adorateurs du Diable", interpellent à cause de ce qualificatif et par leur silence sur leurs véritables croyances et leurs pratiques. Ils se présentent eux-mêmes comme de bons musulmans, partisans du calife omeyyade Yazid ibn Mu'awiya, influencés ensuite par Cheikh' Adi, un soufi arabe du XIIe siècle. De langue kurde, dispersés dans les régions montagneuses au Nord de l'Irak, ils se distinguent parfois par des vêtements typiques et des cheveux tressés en petites nattes. Vivant dans une société paysanne hiérarchisée, ils mêlent les influences musulmanes (circoncision, jeûne, profession de foi), chrétiennes (communion sous les deux espèces, visites des églises, vin), juives (repos du Samedi), chamanistes (danses extatiques) ou zoroastriennes (dualisme, angélologie) (Le Nouvel Afrique Asie, Numéros 112 à 123, 1999 - books.google.fr).

 

"Olchade" : la marine sassanide

 

Aidés par les Arabes, les Sassanides créent une marine redoutable qui entre en concurrence avec la flotte romaine et fait disparaître, à la longue, le pavillon impérial des mers orientales. Ce qu'on constate sur la route maritime du trafic international trouve sa réplique sur les voies terrestres au Nord du royaume kouchan : la Margiane est annexée, les Perses sont à la porte de la Bactriane ; ils y contrôlent la route comme ils contrôlent la mer, et les marchands kouchans seront peu à peu évincés par les négociants sogdiens.

 

En l’année 266 après J.-C., soit cinquante-huit ans après l’avènement de la dynastie sassanide, deux ères existaient conjointement dans cet empire : l’une ayant comme point de départ la première année du règne de Pâpak, premier prince de cette famille ; l’autre étant celle du règne officiel d’Ardeshïr I. Cette période de chevauchement des deux ères fut assez longue et ne prit fin, semble-t-il, qu’après la mort de Châpour I; c’est alors que l’ère d’Ardeshïr devint l’ère sassanide officielle et définitive.

 

Les Sassanides n’ont rien inventé en ce qui concerne les computs que nous leur connaissons grâce à l’inscription de Châpour et qui, tous trois, ont pour point de départ la première année de règne de trois princes différents. L’ère parthe partait exactement du même principe, de même que l’ère de Yezdegerd III qui a encore cours, de nos jours, dans la communauté des Parsis. Iraniens, Parthes ou Sassanides avaient le même usage que leurs proches parents les Scythes de l’Inde du Nord-Ouest. La Perse, depuis les conquêtes de Cyrus et de Darius I, « est introduite dans l’horizon de l’Inde d’où elle ne disparaîtra plus jamais» W. A l’époque des Parthes et de leurs successeurs sassanides, des contacts continuels existèrent plus que jamais entre les différentes parties du monde oriental, et ceci depuis la Méditerranée jusqu’aux lointains confins de la Chine. Sur cette immense aire, les hommes se croisaient au cours de voyages, d’ambassades ou d’affaires commerciales. Les grandes idées religieuses se propageaient loin de leurs pays d’origine, gagnant de nouveaux adeptes ou laissant des empreintes profondes sur les croyances et les cultes étrangers. II est certain que la datation des documents officiels était aussi nécessaire que celle des documents commerciaux qui furent plus nombreux et circulèrent plus que les premiers. Le principe de l’établissement des computs ne pouvait rester ignoré des pays voisins ni n’être pas adopté par eux, d’autant plus que leurs habitants ou leurs dirigeants avaient des origines communes.

 

Le but des empereurs romains est d’arriver au Golfe Persique, de tenir ses ports, de s’approprier les bases maritimes qui trafiquent avec l’Inde et grâce auxquelles il leur serait facile de protéger une autre voie maritime, celle qui part de la mer Rouge et que coupe la jeune marine arabosassanide venant précisément de ces mêmes bases du Golfe Persique. Ce n’est pas par hasard non plus que toutes les intrigues, d’abord, les opérations militaires, ensuite, entreprises par les rois de la troisième dynastie kouchane, ont pour théâtre le royaume du Seistan qui détenait les ports de Pembouchure de flndus. Que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, la Perse détient, au détriment de ses deux voisins, les centres nerveux du commerce international maritime.

 

Si, donc, des rivalités pareilles entrent enjeu, si des guerres aussi prolongées et aussi coûteuses s’engagent, c’est qu’il existe un intérêt. En fait, cet intérêt est bien le commerce, le fils et le petit-fils de Yezdegerd III, dernier souverain sassanide, tenteront leur chance également chez les puissants de l’Est. Ils n’iront pas chercher aide et protection chez le roi kouchan dont l’empire aura vécu, ni chez le kagan des Turcs qui aura perdu depuis peu sa puissance, mais ils pousseront beaucoup plus à l’Est, jusque chez l’empereur de Chine (Roman Ghirshman (1895-1979), Bégram Recherches archéologiques et historiques sur les Kouchans, 1946 - archive.org).

 

"Olchade" : jassefat

 

"jassefat" m. "vaisseau persan (mer des Indes)" (Ordric de Fréjus, s. Trévoux 1704-Land 1851) (FEW 23,91b). - V. à ce sujet Jean de Vignay, Les Merveilles de la Terre d'Outremer. Traduction du XIVe siècle du récit de voyage d'Odoric de Pordenone, éd. crit. par D. A. Trotter, 1990, p. 97 n. 46 (Kurt Baldinger, Etymologien: Untersuchungen zu FEW 21-23, Numéro 288, 1988 - books.google.fr).

 

Ordirc de Fréjus c'est ODRIC de Foro Julii, Oderic de Frioul ou de Pordenone.

 

Odoric Matthiucci, né à Pordenone, dans le Frioul (1286), Franciscain, quitte Padoue (1318), s'embarque à Constantinople, traverse d'Arménie, la Perse, le Khurdistan, la Chaldée, s'embarque à Ormuz pour passer aux Indes, visite la côte Malabar et celle de Coromandel, se rend à Ceylan, Sumatra, arrive enfin à Canton, traverse le Fou-Kien, le Tche-Kiang (Hang-Tchôw), remonte le grand canal et atteint Kambalick. Cet infatigable voyageur, après- un séjour de trois ans, reprit ses pérégrinations, alla à Lhassa (Thibet) et revint en Italie (1330) où il mourut le 14 janv. 1331, à Udine. Béatifié le 2 juillet 1755, il a son autel dans la cathédrale actuelle de Pékin (A. H. Thomas, Histoire de la mission de Pékin : Depuis les origines jusqu'à la l'arrivée des lazaristes, Tome 1, 1923 - books.google.fr).

 

Clément V fut frappé de cette pénurie d'ouvriers évangéliques. Il nomma Jean de Monte-Corvino, archevêque de Pé-king et lui envoya comme suffragants sept religieux, sacrés évêques par son ordre. Trois seulement parvinrent à destination, quatre périrent en route par suite des fatigues endurées. Les conversions devinrent si nombreuses qu'il devint nécessaire de créer de loin en loin des sièges épiscopaux. Trois autres évêques partirent d'Avignon eu 1312. Les progrès, du christianisme furent immenses. André de Pérouse, un des évêques suffragants, raconte qu'une dame arménienne venue en Chine, peut-être à la suite de quelque prince tartare, consacra une partie de sa fortune à construire une cathédrale à Kaï-tong (Han-tcheou-fou?) L'empereur donna au prélat une escorte de cavalerie pour en aller faire, avec une certaine majesté, la consécration. Bien plus, l'empereur entretenait les missionnaires catholiques aux frais de sa cassette particulière. André de Pérouse attendait, pour l'aider dans les fatigues de l'apostolat, quatre religieux Franciscains : ils furent jetés par la tempête dans l'île de Salcette et martyrisés par les musulmans. Ordéric de Frioul apprit à Tana ce qui était arrivé, il fit ouvrir les cercueils et transporta les reliques jusqu'en Chine. Trouvant le christianisme florissant à Pé-king, Ordéric franchit la grande muraille, opéra de nombreuses conversions parmi les Kéraïtes ; puis, emporté par son zèle, il conçut le projet de frapper le lamanisme au cœur en portant la foi à Lha-ssa. Ce projet était d'une audace inouïe, autant à cause de la difficulté des chemins que des dangers à courir de la part des lamas et de leurs sectateurs. Ordéric pénétra heureusement dans cette contrée montagneuse : il fut surpris d'y rencontrer des missionnaires et des chrétiens. De là, il passa dans les Indes, en Perse, rentra en Europe et se rendit à Avignon, après avoir traversé les pays les plus inaccessibles de l'Asie. Sans perdre de temps, après avoir rendu compte au Souverain Pontife de ses longs voyages, il chercha des religieux qui consentissent à l'accompagner en Chine; mais Dieu ne le permit pas. Atteint de maladie, Ordéric mourut saintement dans le couvent d'Udine. 11 avait baptisé de sa main, dit-on, plus de vingt mille infidèles (J.A. Petit, La Chine philosophique et religieuse, Revue du monde catholique, 1861  - archive.org).

 

"grand port Ionique" : Milet

 

L'histoire garde un silence absolu sur le sort d'Halicarnasse et de l'édifice funèbre qui en faisoit Fornement, depuis le quatrième siècle jusqu'au dixième. Dans cette longue suite d'années, les guerres fréquentes des Perses et les incursions que firent les Sarrasins par mer et par terre dans l'Asie mineure, causèrent de grandes calamités. Éphèse, Smyrne, Halicarnasse et plusieurs autres villes souffrirent même beaucoup, lorsque les Arabes vinrent mettre le siége devant Constantinople, sous le khalifat de Moavie Ier. Ce fut alors que le colosse de Rhodes, depuis long-temps abattu par un tremblement de terre, fut vendu à un Juif d'Édesse qui le mit en pièces. Mais, comme les barbares ne s'établissent nulle part, les Sarrasins n'eurent que le temps de ravager, et non celui de détruire tout-à-fait. En conséquence, les monumens les plus solides durent échapper à leur fureur. De ce nombre fut le tombeau de Mausole, puisque Constantin VII, dit Porphyrogénète, en fait mention. Ce prince, non content de laisser à ses successeurs des instructions sur le gouvernement, dictées par une sagesse prévoyante et salutaire, voulut encore leur donner une idée exacte de toutes les parties dont l'empire étoit alors composé. Dans son ouvrage, intitulé les Thèmes, un des plus précieux que nous ayons conservés sur la géographie du moyen âge, on lit que c'est à Halicarnasse, la patrie d'Hérodote, la ville célèbre d'Artémise, que se trouve le tombeau de Mausole (M. de Sainte-Croix, Sur la chronologie des dynastes ou princes de Carie, et sur le tombeau de Mausole, Mémoires de l'Institut national de France, 1815 - books.google.fr).

 

Les villes de Milet, Priène, Samos, Colophon, Téos, Clazomènes, Erythrée constituent une fédération ionienne au IXe siècle. C'est l'apogée de Milet, grande métropole commerciale qui, dès le VIIIe siècle possède 90 comptoirs dans la Mer Méditerranée. Au VIIIe siècle, Milet était le grand port d'Asie Mineure et Ephèse, le centre financier (Grégoire Biyogo, Histoire de la philosophie africaine: Le berceau égyptien de la philosophie, 2006 - books.google.fr).

 

"Repos"

 

Ainsi donc, ce que les anciens philosophes appellent l'émanation n'est pour Anaxagore, dans tous les cas, qu'une seule et même chose et le principe dont elle procède est toujours le corps primordial des mondes. On dit que telle était sa cosmogonie : toutes choses existaient en dehors du mouvement, puis survint l'Intelligence qui leur donna l'ordre le plus convenable qui fût, les disposant dans les hauteurs, les profondeurs ou les lieux intermédiaires, maintenant les unes dans le repos et communiquant aux autres le mouvement, un mouvement qui était selon les cas rectiligne ou circulaire, rectiligne pour les éléments simples et circulaire pour les astres. C'est dans cet ordre que se seraient manifestées, d'après Anaxagore, les permanences latentes dans le principe du corps premier. Selon d'autres interprètes de son système, Anaxagore faisait intervenir, en même temps que l'élément premier, une cause efficiente de cet ordre, laquelle n'était autre que la nature, cause que d'autres commentateurs n'hésitent pas à identifier au Créateur lui-même, tandis que le corps primordial aurait existé parallèlement au Créateur. De toute manière, la logique du système exigeait qu'il pût y avoir retour de l'Univers vers ce principe premier, de manière que la manifestation étant la création première, l'occultation apparaît comme une recréation des choses. Envisagé de cette manière, le système d'Anaxagore est tout proche de celui des tenants de la Matière Prime, productrice de toute espèce de forme, les deux conceptions n'étant séparées que par le fait que, tandis qu'Anaxagore pose en principe l'existence en acte d'un corps aux proportions infinies et aux composants rigoureusement identiques, les partisans de la Matière Prime refusent d'identifier cette même nature à une existence corporelle en acte. Toujours est-il qu'Anaxagore a fait l'objet de réfutations diverses de la part des philosophes des époques postérieures. On lui reprochait notamment sa conception d'un corps à l'état pur et dont l'existence n'était due à l'action d'aucune forme, provenant de de l'impression des corps célestes ou de celle de la Matière Prime ; on trouva mauvais qu'il eût conçu ce corps comme infini. On ne lui pardonna pas non plus la théorie qui jumelait l'occultation et la manifestation, fût-elle associée à l'intervention d'un agent intérieur dont le rôle était de fonder l'ordre de l'univers. Quant à moi, si j'ai fait suivre la mention de Thalès de celle d'Anaxagore c'est parce qu'ils appartenaient tous deux à l'école de Milet (Louis Massignon, Kitâb al-Milal wa al-Nihal de al-Shahrastânî, Revue des études islamiques, Volumes 1 à 50 ;Volumes 55 à 57, 1992 - books.google.fr).

 

Abû al-Fath Muhammad b. `Abd al-Karîm al-Shahrastânî (1086-1153) est un philosophe et théologien musulman, d'origine perse. Il est également un historien des religions influent et un spécialiste des hérésies de l'islam. Il est l'auteur du Livre des religions et des sectes (Kitab al–Milal wa al-Nihal), qui initia l'approche de type scientifique dans l'étude des religions. En effet, c'est un des pionniers qui développa une approche descriptive la plus objective possible de l'histoire religieuse universelle de l'humanité. La richesse et l'originalité de la pensée philosophique et théologique d'al-Shahrastânî est manifestée dans ses œuvres principales. Le Kitâb al-Milal wa al-Nihal («Livre des religions et des sectes»), est une œuvre monumentale, où il présente les points de vue doctrinaux de toutes les religions et philosophies qui ont existé jusqu'à son temps. Il fut le précurseur d’un approche scientifique pour présenter les religions et leurs principes fondamentaux. Le Nihâyat al-aqdâm 'ilm al-kalâm («Le Livre de l’aboutissement des cheminements dans la science du kalâm») présente différentes discussions théologiques et montre les limites de la théologie musulmane (kalâm). Le Majlis est un discours adressé à un auditoire duodécimain et rédigé pendant sa période maturité. Le Musâra`at al-Falâsifa («La Lutte contre les philosophes») critique les doctrines d'Avicenne en soulignant quelques arguments typiquement ismaéliens sur la division des êtres. Le Mafâtîh al-asrâr wa-masâbîh al-abrâr («Les Clefs des mystères et les lampes des serviteurs de Dieu») présente des explications sur la rédaction du Qur’ân et donne un commentaire complet des deux premiers chapitres.

 

Il était secrètement ismaélien et que les ismaéliens étaient persécutés à cette époque, il a délibérément choisi de parler indirectement de ses pensées les plus profondes dans ses œuvres. Il croyait que ceux qui connaissent les symboles pourraient démêler ses idées exprimées de façon souvent allusive. Pour ces différentes raisons, plusieurs chercheurs qui ont étudié al-Shahrastânî se sont trompés au sujet de son appartenance religieuse (fr.wikipedia.org - /Muhammad al-Shahrastani).

 

Une page qu'il consacre à Empédocle et où apparaît le fond d'une pensée qu'il déguise aux endroits les plus brûlants de son ouvrage, nous éclaire entièrement sur la question. En voici le texte : «On dit d'Empédocle qu'il parle du Créateur sous les espèces du mouvement et du repos. Empédocle aurait dit en effet que le Créateur se meut d'un mouvement qui participe. Or il se trouve que tous les Sages de la Grèce ont partagé cette façon de voir, qu'il s'agisse de Pythagore ou de Platon et même de Zénon l'Ancien et de Démocrite. Tous ces Sages opinaient que le Créateur est affecté de mouvement. Seul, Anaxagore pour sa part aurait pensé que le Créateur est tout entier repos et que dans ce repos il n'entre aucune part de mouvement». Les Sages de la Grèce, et non seulement Empédocle, auraient estimé que le mouvement et le repos sont les attributs premiers et fondamentaux ou à tout le moins qu'ils constituent l'essence de la création (Jean-Claude Vadet, Muhammad ibn 'Abd al-Karim Shahrastani, Volume 14 de Bibliothèque d'études islamiques, ISSN 0151-1750 - books.google.fr).

 

L'ismaélisme est né du chiisme fondé par Ali, auquel Moavie a fait renoncer au pouvoir. Cf. la notion de repos dans le mysticisme ismaélien et druze avec l'interprétation du quatrain X, 71 - Le point de repos druze - 2229-2230.

 

Anaxagore et l'Ecole de Milet

 

Anaxagore, dit «de Clazomènes» en Ionie (près de Smyrne, en Asie Mineure), est un philosophe présocratique, né vers 500 av. J.-C. et mort en 428 à Lampsaque. Ce philosophe était d'une famille noble de l'Ionie ; mais il renonça à tous ses droits et à l'héritage d'une fortune considérable, pour s'appliquer avec moins d'interruption à l'étude de la sagesse et à la recherche de la vérité. Après la mort d'Anaxíménès, l'Ecole de Milet fut transférée à Lampsaque par un de ses disciples, qui étoit le fameux Anaxagore, l'homme de son tems, peut-être, qui savoit le mieux allier à la sagesse es conseils, la fermeté de l'exécution. Fils d’Hégésibule, Anaxagore a donné des cours à Athènes pendant près d'une trentaine d'années, à partir de 450 av. J.-C. ; Socrate l'aurait peut-être connu. Vers 450 av. J.-C., son traité fait l’objet d’une lecture publique à Athènes. Il a été le premier philosophe à s’établir à Athènes, où il eut Périclès et Euripide pour élèves (fr.wikipedia.org - Anaxagore, Lettres athéniennes, ou correspondance d'un agent du Roi de Perse, à Athènes, pendant la guerre du Péloponèse, traduit par A.L. Villeterque, Tome 1, 1803 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1752 sur la fourchette 648 – 654 donne -456 - -444.

 

Lorsque le danger mède fut repoussé du territoire continental grec et que le combat se porta dans les îles et en Ionie (Asie mineure), les Cyclades entrèrent dans l'alliance destinée à venger la Grèce et à se rembourser des dommages causés par les Perses en pillant leurs possessions. Cette alliance fut organisée par Athènes. On la nomme communément première Ligue de Délos. Les cités coalisées fournirent à partir de 478-477 avant notre ère soit des navires (Naxos par exemple), soit surtout un tribut en argent. Le montant du trésor fut fixé à quatre cents talents et il fut déposé au sanctuaire d'Apollon sur l'île sacrée de Délos. Bien vite, Athènes se comporta de façon autoritaire vis-à-vis de ses alliés, avant de les faire passer sous sa domination totale. Naxos se révolta en 469 avant notre ère et fut la première cité alliée à être transformée en État sujet par Athènes, à la suite d'un siège. Le trésor fut transféré de Délos à l'Acropole d'Athènes vers 454 avant notre ère. Les Cyclades entrèrent alors dans le «district» des îles (avec Imbros, Lesbos et Skyros) et ne contribuaient plus à la ligue que par des versements en argent. La Boulè d'Athènes en fixait le montant. Le tribut n'était pas trop lourd, sauf après une révolte, lorsqu'il devenait une punition. Il semblerait que la domination athénienne ait parfois pris la forme de clérouquies (sur Naxos et Andros par exemple) (fr.wikipedia.org - Histoire des Cyclades).

 

Hippodamos de Milet, né en 498 av. J.-C. et mort en 408 av. J.-C.) est un géomètre et ingénieur du Ve siècle av. J.-C., qui fut aussi architecte urbaniste, physicien, mathématicien, météorologiste et philosophe pythagoricien. Aristote le dit fils d'Euryphon et le mentionne comme l'auteur d'une constitution politique dans La Politique, livre II, chapitre VIII. Il apprit sans doute ses méthodes d'urbanisme à Milet, sa ville natale qui fut rebâtie peu après 480 av. J.-C. d'après un plan géométrique.

 

Ses plans d'aménagement étaient caractérisés par des rues rectilignes et larges qui se croisaient à angle droit, tant et si bien que l'on désigne aujourd'hui par plan hippodaméen ce type de trame urbaine, également appelée plan en damier. Le nom de l'architecte est lié au plan en damier, en raison d'un passage de la Politique d'Aristote, qui constitue la principale source à son sujet (fr.wikipedia.org - Hippodamos).

 

Histiée (mort en 493 av. J.-C.) règne sous la suzeraineté de l'empire achéménide. En -514, Histiée accompagne son suzerain Darius Ier lors d'une expédition en Thrace contre les Scythes. Lors du retour, Histiée est emmené à Suse comme conseiller du grand roi. Son neveu et beau-fils, Aristagoras, en profite pour s'emparer du pouvoir à Milet où il règne en tyran. 514-497 av. J.-C. : Aristagoras, qui meurt en 497 av. J.-C., neveu et beau-fils du précédent. Il règne sous la suzeraineté de l'empire achéménide. En 499 av. J.-C., Aristagoras, incité par Histiée, déclenche la révolte de l'Ionie, qui sera à l'origine de la destruction de Milet, puis des guerres médiques entre Grecs et Perses

 

La reconstruction eut lieu après la victoire hellène contre les Perses au cap Mycale, en 479 av. J.-C. Les travaux sont attribués à Hippodamos, dit «de Milet». La ville bénéficia alors d'un plan d'urbanisme très strict, quadrillant la ville en îlots, que les Romains appelleront insulae. Mais il était également prévu des lieux d'implantation pour les bâtiments publics. Ce modèle d'urbanisme, dit «tracé hippodamien», fut ensuite repris par de nombreuses cités et colonies, et inspira le modèle d'urbanisme utilisé par les Romains. À cette époque, Milet était entrée dans la ligue de Délos, mais en 412 elle se révolta contre Athènes. Parmi les Milésiens célèbres de l'époque, on compte Aspasie, maîtresse de Périclès, Hippodamos, concepteur du Pirée, et le poète Timothée de Milet. L'une des gloires de la cité ionienne est d'avoir fondé de nombreuses colonies, dont la Byzance grecque (fr.wikipedia.org - Milet).

 

Les lois du mouvement et du repos de Maupertuis

 

En 1746, Maupertuis publie dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse une dissertation intitulée Les lois du mouvement et du repos déduites d’un principe métaphysique (ce mémoire sera ensuite intégré dans l’Essai de Cosmologie de 1750). La dissertation de 1746 représente la pars destruens du discours philosophique maupertuisien, où il s’en prend à deux approches cosmologiques diamétralement opposées, jugées - chacune pour des raisons différentes - insuffisantes et fallacieuses. Comme Maupertuis l’écrit dans l’avant-propos de l’Essai de Cosmologie : Tous les philosophes d’aujourd’hui forment deux sectes. Les uns voudraient soumettre la nature à un ordre purement matériel, en exclure tout principe intelligent; ou du moins [...] qu’on bannît entièrement les causes finales. Les autres au contraire font un usage continuel de ces causes.

 

L’intérêt de Maupertuis se centre sur les arguments a posteriori, car avec le progrès de la physique moderne «ces preuves (de l'existence de dieu) se sont multipliées», pour devenir les plus répandues et les plus fréquemment  citées. [...]

 

La critique de Maupertuis se concentre surtout sur le deuxième groupe de philosophes, car ce groupe est à la fois le plus étendu et le plus difficile à combattre.

 

L’argumentation newtonienne est la suivante (Opticks, livre  III, query 31) : les planètes circulent dans le même sens, décrivent des orbes à peu près concentriques, et se meuvent presque sur le même plan; cela ne peut évidemment pas être le résultat du hasard, mais il s’agit plutôt du choix d’un Être intelligent qui a disposé les choses précisément d’une telle façon. [...]

 

L’objectif de Maupertuis, comme on le voit clairement, est de montrer qu’il n’y a aucune nécessité dans le raisonnement de Newton. [...]

 

Ayant ainsi montré la faiblesse des arguments a posteriori si chers à Newton, Maupertuisen vient à discuter les raisonnements qui bannissent in toto les causes finales. En se référant à la philosophie mécanique de Descartes, Maupertuis pointe du doigt les auteurs qui, avec Descartes, «croient qu’avec de la matière et du mouvement le monde a pu se former tel qu’il est» et «qu’une mécanique aveugle a pu former les corps les plus organisés des plantes et des animaux, et opérer toutes les merveilles que nous voyons dans l’univers». Contrairement au cas de la physico-théologie, Maupertuis ne donne aucune réfutation détaillée de la position antifinaliste – qu’il considère d’ailleurs comme tout aussi faible que la première – mais il se contente de laisser cette hypothèse de côté. [...]

 

Toute la cosmologie de Maupertuis se fonde sur un principe physique qu’il est le premier à formuler (bien qu’il y ait eu des controverses sur ce point), à savoir le principe de moindre action, dont il souligne à plusieurs reprises la nouveauté et la généralité. Ce principe sert à démontrer l’existence d’un dessein divin qui organise le monde selon la règle du mieux, en en fournissant la preuve certaine, nonobstant les limitations psychologiques et épistémiques auxquelles les hommes sont soumis. [...]

 

Au début du mémoire Les lois du mouvement et du repos déduites d’un principe métaphysique, publié dans les Mémoires de l’Académie de Prusse en 1746, intégré ensuite dans l’Essai de cosmologie de 1750, Maupertuis déclare qu’après avoir découvert le principe de moindre action, son objectif est maintenant celui de «tirer de la même source des vérités d’un genre supérieur et plus important». Dans la deuxième section du mémoire, on trouve en effet une présentation détaillée de la preuve maupertuisienne de l’existence de Dieu, qui se fonde entièrement sur ce principe. [...]

 

Maupertuis est d’accord avec Fermat sur la nécessité de fonder les lois de la physique sur un principe d’ordre supérieur, mais désapprouve les contenus scientifiques de son hypothèse. Le principe métaphysique qui fonde les lois de l’optique doit par conséquent être un autre principe que celui par lequel la lumière suit le chemin le plus court, et celui du temps le plus prompt, à savoir le principe selon lequel la «quantité d’action» est minimisée, la quantité d’action étant la somme des distances parcourues par un corps, chacune multipliée par la vélocité du corps qui les parcourt. 

 

Les philosophes, poursuit Maupertuis, ont essayé de répondre à la question de la cause du mouvement de manières différentes - en faisant appel à un moteur immobile (Aristote) ou à Dieu (Malebranche) -, sans succès. L’échec s’explique du fait que ces philosophes ne disposaient pas d’un principe fondamental, auquel toutes les lois du mouvement obéissent :

 

Il fallait savoir que toutes les lois du mouvement et du repos étaient fondées sur le principe du mieux, pour voir qu’elles devaient leur établissement à un Être tout puissant et tout sage; soit que cet Être agisse immédiatement; soit qu’il ait donné aux corps le pouvoir d’agir les uns sur les autres; soit qu’il ait employé quelqu’autre moyen qui nous est encore moins connu (Marco Storni, Maupertuis et ses critiques : textes et controverses, 2019 - tel.archives-ouvertes.fr).

 

Un peu de jalousie contre Maupertuis, dont l'esprit dans la conversation n'était pas toujours inférieur au sien, et pour lequel le roi de Prusse ne cachait pas sa préférence, fut la cause première de la fameuse querelle qui devait bientôt amener la brusque séparation du roi et du poëte. « Maupertuis, écrivait Voltaire au mois de novembre 1750, n'a pas les ressorts bien liants ; il prend mes dimensions durement avec son quart de cercle. » Une fois sur cette pente, rien n'était plus facile à Voltaire que de trouver dans les théories philosophiques ou scientifiques de Maupertuis une source inépuisable de railleries drôlatiques. Il ne put résister à la tentation, et il est très-probable que le roman de Micronegas fut plutôt dirigé contre le président de l'Académie de Berlin que contre le vénérable Fontenelle, dont il s'occupait alors beaucoup moins. S'animant de plus en plus à cette lutte de sarcasmes et d'épigrammes, il ne perdit pas l'occasion de se mêler à la querelle qui s'éleva en 1751 entre Kœnig et Maupertuis sur la loi de la moindre action, que le premier attribuait à Leibniz, tandis que le second s'en proclamait l'inventeur. C'est alors que Voltaire, prompt à tirer parti d'une de ces discussions de savants dont son esprit découvrait du premier coup le côté ridicule, composa, en 1752, la célèbre Diatribe du docteur Akakia (Diatribe du docteur Akakia, médecin du Pape : decret de l'Inquisition et rapport des professeurs de Rome au sujet d'un pretendu president; Rome (Berlin), 1752, in-8°; Rome (Leipzig), 1753, in-8°). Dans cette bouffonne facétie il ne prenait pas seulement, contre Euler et de Merian, la défense de Kœnig, que l'Académie de Berlin venait de rayer du nombre de ses membres, il couvrait encore de ridicule le président de cette Académie et l'Académie elle-même. Frédéric, qui d'ailleurs estimait et aimait le caractère loyal et conciliant de Maupertuis, ressentit vivement cette attaque, dirigée contre une compagnie établie et protégée par lui. Aussi dès qu'il eut connaissance de cet écrit supplia-t-il Voltaire de le détruire. Le sacrifice fut même accompli en sa présence, et le manuscrit jeté au feu. Mais Voltaire en avait une copie, et il trouvait trop bonne sa facétie pour en priver le public. Une édition, imprimée en Hollande, circula bientôt dans Berlin, et alors le roi, non moins irritable que le poète, donna l'ordre de faire brûler la brochure par la main du bourreau et sur la place d'armes. Cette exécution édifia tout à fait Voltaire sur les douceurs du séjour de Berlin, et le 1er octobre 1752 il écrivait ces lignes, bien différentes de celles dont il avait salué son arrivée dans cette ville : «Quel Platon que Maupertuis! Quelle académie ! Quel siècle ! etsuis je ?» Bientôt il ne songeait plus qu'à «s'échapper de chez madame Alcine». C'est le nom qu'il donnait à celui qu'il qualifiait naguère de Salomon du Nord. Sans nier l'injustice des premières attaques de Voltaire contre Maupertuis, qui avait été son ami et auquel il avait même quelques obligations, on doit cependant ajouter que le singulier procédé de l'Académie de Berlin, excluant un de ses membres pour n'avoir pas été d'accord avec le président sur une question scientifique, avait bien quelque droit à encourir les railleries de Voltaire. [...] Le 26 mars 1753, Voltaire et Frédéric se séparèrent pour ne plus se revoir, l'un sans regret, l'autre tout joyeux d'avoir reconquis sa liberté. «Qu'il ne revienne jamais ! écrivait le roi. C'est un homme bon à lire, mais dangereux à connaître.» - «Il voulut, disait de son côté le poète à Mme Denis, que je soupasse avec lui; je fis donc encore un souper de Damoclès, après quoi je partis avec la promesse de revenir et avec le ferme dessein de ne le revoir de ma vie.» Voltaire devait se rendre aux eaux de Plombières ; mais à peine fut-il sorti de Berlin qu'il sembla fort peu pressé d'atteindre le but de son voyage. S'avançant à petites journées et commodément, dans une large berline, en compagnie de son secrétaire Collini, il arrive le 27 mars à Leipzig. Pendant une vingtaine de jours qu'il passa dans cette ville, il visite l'illustre Gottsched, confère avec l'imprimeur Breitkopf, qu'il avait chargé d'imprimer plusieurs de ses ouvrages, et surtont décoche une nouvelle flèche à Maupertuis dans la Lettre du docteur Akakia au natif de SaintMalo : réponse à un cartel que celui-ci lui avait adressé, et qui n'eut d'autre effet que d'ouvrir une nouvelle source à ses plaisanteries (Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 46 : Ver-Zyl, 1866 - books.google.fr).

 

Kakia et le repos d’Hercule

 

Dans la version la plus ancienne, transmise par Xénophon qui s'inspire de Prodicos, la fiction est fondamentalement différente. Le jeune Hercule ne se trouve nullement à "la croisée des chemins"; bien au contraire, assailli de doutes, il s'est rendu sur "le chemin de vie" à suivre, dans un endroit isolé où il s'assied et réfléchit ("celui qui va vers le repos reste tranquille") et qui n'est pas décrit plus précisément. Il voit alors apparaitre deux femmes dont la grande taille marque le caractère surnaturel et dont le texte grec dit qu'"elles semblaient se diriger vers lui"» (Erwin Panofsky, Hercule à la croisée des chemins, 57) (Annali di storia dell'esegesi, Volume 20, 2003 - books.google.fr).

 

Sophiste ionien originaire de Julis, dans l'île de Céos, Prodicos est surtout connu par les dialogues de Platon. Socrate, le louant et le ridiculisant à la fois, dépeint Prodicos comme un frileux Tantale dont, tout omniscient, ou omnisage, et divin qu'il soit, la voix de basse produit un bourdonnement qui rend ses paroles indistinctes (Protagoras, 315 d, e) (Dictionnaire de la Philosophie antique: Les Dictionnaires d'Universalis, 2017 - books.google.fr).

 

Dans les Mémorables de Xénophon, le demi-dieu doit en effet choisir entre Kakia et Aretè, entre une existence remplie de plaisirs et une vie de labeur vertueux. Kakia est incarnée par une belle femme dont la taille est augmentée par de belles chaussures et dont la beauté est rehaussée par le fard et un splendide vêtement : une fois encore, l'analogie avec la description du cérémonial babylonien est frappante. Héraclès refuse, on le sait, la vie de délices que la séduisante Kakia lui promet. De fait, en homme aspirant à la royauté, il ne peut se laisser envoûter par les plaisirs. En revanche, rien ne lui interdit d'utiliser l'apparence de Kakia pour ensorceler ses sujets, tout en continuant de mener de son côté une vie vertueuse (Vincent Azoulay, Xénophon et les grâces du pouvoir: De la charis au charisme, 2019 - books.google.fr).

 

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