L’élection des rois

L’élection des rois

 

III, 29

 

1725-1726

 

Les deux neueux en diuers lieux nourris.

Nauale pugne, terre peres tombez

Viendront si haut esleuez enguerris

Venger l'iniure, ennemis succombez.

 

Concile de Rimini et bataille navale

 

On retrouve ce concile dans l'interprétation du quatrain III, 21.

 

Au concile de Rimini (359), sur plus de quatre cents √©v√™ques occidentaux, on ne vit en d√©finitive qu'Ursace, Valens, Germinius, Auxentius, Demophilos et Ca√Įus refuser de condamner l'arianisme ; et encore faut-il remarquer que, dans un concile tenu √† Milan en 346 ou en 349, Ursace et Valens avaient anath√©matis√© le parti d'Arius et sa doctrine, et qu'ils avaient √©crit au pape Jules dans ce m√™me sens. Au concile de S√©leucie (359), sur cent soixante √©v√™ques orientaux environ, il n'y eut que neuf √©v√™ques d√©pos√©s, et neuf autres excommuni√©s pour avoir refus√© de compara√ģtre devant le concile : et encore faut-il remarquer que l'√©v√™que Acace de C√©sar√©e, qui comptait parmi ces neuf d√©pos√©s, adopta, dans un concile qu'il tint √† Antioche, en 363, avec M√©l√®ce, √©v√™que de cette ville, et vingt-cinq autres √©v√™ques, le symbole de Nic√©e expliqu√© en ce sens que le Fils est n√© de la substance du P√®re et qu'il lui est ainsi semblable en substance. Sous l'empereur Valens, lorsque Saint-Basile s'√©crie : "Les limites pos√©es par nos p√®res ont √©t√© renvers√©es et tous les dogmes sont boulevers√©s", il faut lire le contexte pour conna√ģtre exactement la pens√©e de l'√©crivain. "A quoi comparerons-nous, dit Saint-Basile, l'√©tat pr√©sent de l'Eglise ? Il est semblable √† une bataille navale, etc.... Je vois les deux flottes se jeter l'une contre l'autre, etc... Ajoutez √† ce tableau une furieuse temp√™te, d'√©paisses t√©n√®bres, la violence du vent, etc." Evidemment Saint-Basile est ici beaucoup plus po√®te et orateur qu'historien, et un historien exact ne saurait prendre toutes ses paroles √† la lettre ! (Eug√®ne Michaud, Discussion sur les sept conciles oecum√©niques √©tudi√©s au point de vue traditionnel et lib√©ral, 1878 - books.google.fr).

 

Il n'est pas s√Ľr que saint Basile, de qui l'on tiendrait l'information, ait dit qu'il y e√Ľt plusieurs centaines d'√©v√™ques √† souscrire au symbole de Rimini (Pierre Corgne, Dissertation critique et theologique sur le concile de Rimini, 1732 - books.google.fr).

 

"injure"

 

La plupart des p√®res du concile vaincus peu-√†-peu par foiblesse ou par ennui, c√©derent aux ennemis de la foi, qui avoient la confiance de l‚Äôempereur. Les esprits √©tant une fois √©branl√©s, on courut en foule au parti des Ariens; & bien-t√īt les Catholiques se trouverent r√©duits au nombre de vingt, √† la t√™te desquels √©toient S. Ph√©bade d'Agen, & S. Servais de Tongres. Apr√®s avoir r√©sist√© √† l'argument tir√© du grand nombre & du bien de la paix, ils s'affoiblirent comme les autres. Tous souscrivirent une formule qui renfermoit le venin de l'h√©r√©sie arienne, en ce qu‚Äôelle ne disoit pas ce qu‚Äôil √©toit alors essentiel de dire, qu‚Äôelle condamnoit tout ce qui lui √©toit contraire, & par conf√©quent la doctrine catholique dit M. Fleury. Telle fut la fin du concile de Rimini, dont les commencemens avoient √©t√© si beaux. Les √©v√™ques s‚Äôen retournerent √† leurs √©glises, ne s'apercevant pas de l'injure qu'ils avoient faite √† la v√©rit√©. Ce malheureux d√©cret re√ßu par les quatre cens p√®res du concile de Rimini, fut port√© par les d√©put√©s de l'assembl√©e √† Constantinople, o√Ļ il fut confirm√© dans un concile d‚Äôenviron cinquante √©v√™ques, & de-l√† envoy√© par tout l‚Äôempire, avec ordre d‚Äôexiler tous ceux qui n'y voudroient pas souscrire (Bonaventure Racine, Abr√©g√© De L'Histoire Eccl√©siastique: Contenant Les √Čv√©nemens Consid√©rables De Chaque Siecle, Tome 1, 1762 - books.google.fr).

 

On trouve Phébade d'Agen dans l'interprétation du quatrain VI, 1.

 

"peres tombez"

 

Les Conciles de Rimini & de S√©leucie n'√©toient composez que d'Ev√™ques nationaux. Il n'y avoit √† Rimini que des Ev√™ques d'Occident, ou s'il y en avoit quelques-uns d'Orient, comme peut √™tre un Demophile de B√©r√©e en Thrace, ils n'avoient aucun titre, & on ne pouvoit les regarder comme des D√©putez de l'Eglise d'Orient qui p√Ľssent agir en son nom. A S√©leucie il n'y avoit non plus que des Ev√™ques d'Orient, except√© saint Hilaire, qui s'y trouva par hazard, & sans avoir rien concert√© avec les Ev√™ques d'Occident. Il faut donc convenir qu'aucun de ces Conciles ne pouvoit √™tre regard√© comme Ňďcumenique; on ne peut pas non plus raisonnablement dire que les deux Conciles assemblez pouvoient faire un Concile Ňďcumenique. Il y a trop de distance entre Rimini & S√©leucie, pour que deux Assembl√©es tenues en ces deux villes puissent √™tre regard√©es comme ne composant qu'un m√™me Concile. Enfin la diversit√© de formule ne permet pas non plus de le dire ; on s√ßait que presque tous les Peres de Rimini avant leur ch√Ľte √©toient attachez √† la formule de Nic√©e, & au mot consubstantiel. Au contraire √† S√©leucie il y avoit trois partis ; le premier compos√© des Ev√™ques Catholiques d'Egypte, qui s'attachoient √† la Formule de Nic√©e & au mot consubstantiel. Le second, de purs Ariens, qui √©toient au nombre-de dix-neuf, qu'on appelloit Acaciens. Le troisi√®me, de ceux qui √©toient pour la Formule d'Antioche, & qui au fond √©toient Catholiques, mais qui ne vouloient pas du mot consubstantiel. Ce fut ce parti qui pr√©valut √† S√©leucie. Or ces Ev√™ques ne convinrent jamais avec ceux de Rimini. L'Auteur du T√©moignage de la V√©rit√© avance le contraire, mais c'est une fausset√© manifeste. Ils ne convinrent point avant la ch√Ľte des Peres de Rimini, puisque ceux-ci s'attachoient alors au mot consubstantiel, & que ceux-l√† le rejettoient. Ils ne convinrent pas apr√®s, puisque les Orientaux retinrent toujours semblable en substance, & que les Peres tombez √† Rimini le rejetterent. La Formule de Rimini √©toit si peu du go√Ľt des Orientaux, que les L√©gats du Concile de Rimini n'oserent se joindre aux D√©putez de S√©leucie, qui se trouverent √† Constantinople avec eux. Il fallut m√™me employer la violence & les tourmens pour forcer les dix D√©putez de S√©leucie √† souscrire √† la Formule de Rimini, & cette victoire co√Ľta, tant √† Constance, qu'apr√®s l'avoir remport√©e, il se glorifio√¨t d'avoir vaincu les Orientaux ; vicisse jam Orientales gloriatus. Ce font les paroles de saint Hilaire. Enfin il y avoit si peu d'union entre les Ev√™ques de ces deux Conciles, & il est si faux qu'ils se communiquoient r√©ciproquement leurs d√©liberations, comme l'ass√Ľre sans aucun fondement l'Auteur du T√©moignage de la V√©rit√©, qu'√† Rimini on ne s√ßavoit ce qui se passait √† S√©leucie (Pierre Corgne, Dissertation critique et th√©ologique sur le concile de Rimini, 1732 - books.google.fr).

 

Garants de l'orthodoxie, Basile (329 - 379) et les deux Gr√©goire, celui de Nysse (mort apr√®s 394) et celui de Naziance, sont tous trois ¬ęlumi√®res de la Cappadoce¬Ľ et d√©fenseurs r√©solus de la divinit√© de J√©sus contre les h√©r√©tiques Ariens (Germain Poirier, Corneille, t√©moin de son temps: Le Cid (1636), 1994 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Basile de C√©sar√©e, r.wikipedia.org - Gr√©goire de Nysse).

 

"neveux"

 

L'autorité de saint Basile n'était pas reconnu par tous

 

Il n'y eut pas jusqu'√† son oncle paternel, instituteur de son enfance et √©v√™que lui-m√™me, qui ne lui t√©moign√Ęt alors de l'√©loignement, scandale auquel saint Basile sut mettre fin par son humilit√©, son fr√®re Gr√©goire de Nysse s'√©tant entremis maladroitement (Joseph Chantrel, Histoire universelle de l'√©glise catholique, Tome 4, 1864 - books.google.fr).

 

Basile est l'un des "vainqueur des Ariens" (Qualiter Basilius devicit Arianos) (Jacques de Guyse, Histoire de Hainaut, Tome 5, Partie 1, 1829 - books.google.fr).

 

Le conflit de foi par excellence, qui caract√©rise le IVe si√®cle en Orient, est celui entre ¬ęcatholiques¬Ľ et ¬ęariens¬Ľ. Basile de C√©sar√©e en est un t√©moin privil√©gi√©, car il se pr√©sente comme l‚Äôun des d√©fenseurs les plus infatigables du Credo de Nic√©e. Une partie consid√©rable de sa correspondance trouve sa raison d‚Äô√™tre dans ses efforts pour d√©fendre la foi des P√®res (Francesca Prometea Barone, La justice priv√©e chez les chr√©tiens au IVe si√®cle d'apr√®s la correspondance de Basile de C√©sar√©e, Revue de philologie, de litt√©rature et d'histoire anciennes, Tome LXXXVI, n¬į 2, 2012¬† - www.cairn.info).

 

"enguerris"

 

√Čcoutons le premier fondateur du monachisme, saint Basile : ¬ę Le soldat du Christ ne doit avoir aucune pr√©occupation terrestre, il doit √™tre sans famille, sans biens, sans cit√©.¬Ľ Que fera l'homme s√©par√© de tout ce qui constitue la vie civile et politique ! Les moines, r√©pond le P√®re grec, vivront d'une vie spirituelle comme les anges : toute leur vie sera une pri√®re. C'est √† dire que les moines cessent de vivre de la vie, telle que Dieu l'a voulue, pour vivre d'une vie factice, disons mieux, pour mourir. Est-ce dans la mort qu'il faut chercher l'id√©al de libert√© auquel nous aspirons ? Si tous les chr√©tiens ne se firent pas moines, c'est qu'ils √©taient tr√®s incons√©quents. Ceux qui restaient dans le monde ne s'inqui√©taient pas plus de la cit√© et des droits de l'homme, que ceux qui se retiraient au d√©sert√© ¬Ľ (Fran√ßois Laurent, Histoire du droit des gens et des relations internationales, Tome 13 : La revolution fran√ßaise, 1867 - books.google.fr).

 

"en divers lieux nourris"

 

Basile fut l'élève de son propre père avant de poursuivre ailleurs, à Césarée et à Constantinople, mais surtout à Athènes, de longues et brillantes études. Son frère, Grégoire de Nysse, exercera lui aussi la profession de rhéteur avant de devenir évêque. C'est à Athènes que Basile noua avec le futur saint Grégoire de Nazianze une très profonde et très intime amitié (Jean-Robert Armogathe, André Vauchez, Dictionnaire des saints et grands témoins du christianisme, 2019 - books.google.fr).

 

Il rentre au pays, puis se fait baptiser par l'évêque de Césarée Dianée vers 357.

 

Saint Basile va chercher la perfection, la philosophie religieuse, en Egypte, en Palestine et en Syrie, o√Ļ de nombreux solitaires font fleurir la pi√©t√©. ¬ęJ'en trouvai, dit-il, beaucoup √† Alexandrie, beaucoup dans le reste de l'Egypte, d'autres en Palestine, en CŇďl√©-Syrie et en M√©sopotamie. J'admirais leur abstinence, leur patience dans les travaux, leur longue tension dans les pri√®res. Vainqueurs du sommeil, au-dessus de tous les besoins de la nature, toujours dans la haute et libre m√©ditation de l'√Ęme, supportant la faim, la soif, le froid, la nudit√©, sans faire attention au corps, sans lui donner une marque de sollicitude, vivant, pour ainsi dire, dans une chair √©trang√®re, ils m'ont fait voir, en r√©alit√©, comment l'homme d√®s ici-bas peut √™tre √©tranger √† la terre et vivre dans le ciel.¬Ľ (Eug√®ne Fialon, √Čtude litt√©raire sur Saint Basile, 1861 - books.google.fr).

 

"Nous nous nourrissons de l'aliment de vie et r√©jouissons notre √Ęme de son pr√©cieux sang comme d'une source, et n√©anmoins nous nous avons toujours soif, nous sommes toujours br√Ľlants. Lui-m√™me s'offre √† ceux qui sont alt√©r√©s et dans sa bont√© admet √† la f√™te ceux dont les entrailles sont dess√©ch√©es, selon le mot de ce m√™me Sauveur : Si quelqu'un a soif qu'il vienne √† moi et qu'il boive (Jo. VII,37)". Athanase semble inviter ses fid√®les √† une r√©ception fr√©quente de l'Eucharistie. [...] En Egypte, pour faciliter la Communion fr√©quente et m√™me quotidienne, on permettait aux fid√®les de garder l'Eucharistie dans leurs maisons et de se communier eux-m√™mes quand ils le voulaient, ainsi que nous l'apprend une curieuse lettre de saint Basile (Peter Anthony Resch, La doctrine asc√©tique des premiers ma√ģtres √©gyptiens du quatri√®me si√®cle, 1931 - books.google.fr).

 

Basile, de retour de son périple, sera attristé par la souscription de Dianée, qui s'en repentira sur son lit de mort, au concile de Rimini (Rémy Ceillier, Histoire generale des auteurs sacres et ecclesiastiques, Tome 6, 1737 - books.google.fr).

 

Dans sa lettre CLXXXIV qui lui est adressée, Basile appelle Callistène "Illustre nourrisson de l'Eglise" (Morvan de Bellegarde, Lettres de saint Basile le Grand, 1693 - books.google.fr).

 

L’élection des rois

 

Saint Basile est plus original encore quand il fait concourir la nature enti√®re √† l'instruction morale de l'homme. Dans ces passages, o√Ļ il para√ģt n'avoir eu ni mod√®les ni imitateurs, les descriptions de Th√©ophraste deviennent des paraboles, qui font penser √† celles de la Bible; les r√©cits d'Aristote ou d'√Člien se transforment en fables grecques, o√Ļ les vices des animaux servent √† fl√©trir ceux des hommes ! C'√©tait une heureuse occasion dont profitait l'orateur pour satisfaire l'imagination de ses spirituels auditeurs. Ils aimaient √† entrevoir la v√©rit√© √† travers les voiles transparents de l'all√©gorie et acceptaient plus volontiers la le√ßon qui leur √©tait donn√©e indirectement. Flatt√©s de comprendre √† demi-mot, ils √©taient plus flatt√©s encore de sentir qu'on avait cru √† leur esprit; et, la vanit√© faisant taire l'amour-propre, ils souffraient sans; peine que la morale de l'apologue les appel√Ęt de leur vrai nom. [...]

 

Basile s'√©l√®ve jusqu'aux rois ; et, √† propos des abeilles, il trouve le moyen d'attaquer, √† la fois, les √©lections tumultueuses auxquelles on devait des empereurs comme Valens [dont la religion √©tait l‚Äôarianisme], et l'h√©r√©dit√© qui mettait sur le tr√īne des enfants corrompus par la mollesse et la flatterie (Eug√®ne Fialon, √Čtude litt√©raire sur Saint Basile, 1861 - books.google.fr).

 

Ce roi des abeilles, ce n'est pas l'√©lection qui lui confie son pouvoir: l'ignorance du peuple l'expose habituellement aux plus mauvais choix; ce n'est pas le sort : les aveugles d√©cisions du sort donnent souvent la puissance au plus indigne. Ce n'est pas non plus l'h√©r√©dit√© qui le place sur le tr√īne : il n'est que trop ordinaire de voir les enfants des rois, corrompus par la mollesse et la flatterie, vivre dans l'ignorance de toute vertu. C'est la nature qui fait le roi des abeilles en lui donnant la force, la beaut√© et la douceur du caract√®re. Il a un aiguillon comme les autres, mais il ne s'en sert point pour se venger (Hexam√©ron) (Etude historique et litt√©raire sur Saint Basile, suivie de l'Hexam√©ron, 1869 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LN VV, ou Hélène veuve

 

H√©sitation entre veve et veuve. L'[Ňď] labialis√© dans veuve est attest√© depuis le moyen √Ęge, mais la forme primitive veve (not√©e souvent vefve) a continu√© √† vivre, √† c√īt√© de la forme nouvelle, jusqu'au milieu du XVIIe si√®cle (Oudin, 1633 ; Dobert, 1650, cf. Thurot I, 468); elle subsiste √† la rime dans Hector de Montchrestien, en 1604, v. 1313 : Puis-je vivre assur√©e au milieu de ces vefves qui d√©testent la Gr√®ce, et maudissant les glaives... Elle a fini pas √™tre condamn√©e par Vaugelas en 1647 (Thurot l.c.). En 1654, Cyrano de Bergerac √©crira veufve dans le titre de sa trag√©die sur la Mort d'Agrippine, veufve de Germanicus (Emmanuel Le Roy Ladurie, Rangs et hi√©rarchie dans la vie de cour, Travaux de linguistique et de litt√©rature, Volume 23, 1985 - ks.google.fr).

 

Basile le Grand (f√™t√© le 9 mai) serait n√© en 328, neuf ou dix mois apr√®s celle de Gr√©goire de Nysse (f√™t√© le 14 juin), et la m√®re du grand Constantin, H√©l√®ne (f√™t√©e le 18 ao√Ľt), meurt la m√™me ann√©e √† Nicom√©die en Bithynie. Son corps est rapatri√© √† Rome (Adrien Baillet, Les vies des saints avec l'histoire de leur culte, Tome 10, 1739 - books.google.fr).

 

H√©l√®ne est renvoy√©e par Constance Chlore lorsqu'il √©pouse Th√©odora en 289, avant d'acc√©der √† l'empire en 305. √Ä la mort de Constance Chlore, en 306, son fils Constantin est port√© au tr√īne imp√©rial par ses l√©gions. Il appelle sa m√®re H√©l√®ne √† ses c√īt√©s.¬† Elle fut d√©clar√©e Augusta en l'an 306 et il lui donne le rang d'imp√©ratrice en 325. H√©l√®ne, convertie au christianisme, se rend sur les lieux saints, o√Ļ la tradition lui attribue la d√©couverte de la vraie Croix. Son corps, aurait √©t√© transf√©r√© au Xe si√®cle √† l'abbaye d'Hautvillers (Marne) (Stanislas Lalanne, Michel Dubost, Le nouveau Th√©o - livre 1 - Les saints: L'Encyclop√©die catholique pour tous, 2011 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1726 sur la date pivot 359 (concile de Rimini) donne -1008.

 

Salomon jeta les fondemens du Temple l'an du Monde 2992, avant J. C. 1008, avant l'Ere vulgaire 1012, & il fut achev√© l'an du Monde 5000, & d√©di√© en 3001, avant J. C. 999, avant l'Ere vulg. 1003. Le lieu qu'on choisit pour placer ce c√©l√®bre √©difice, fut un coteau du mont Sion, nomm√© Moria. Son entr√©e etoit du c√īt√© de l'orient, & la partie la plus sainte du Temple regardoit l'occident (Augustin Calmet, Dictionnaire historique, critique, chronologique, g√©ographique et litt√©ral de la Bible, Tome 2, 1722 - books.google.fr).

 

On trouve deux fois dans les Asc√©tiques de saint basile la mention du "temple de Salomon", au sujet de l'√©tat dans lequel on doit s'approcher des saints myst√®res et des lieux o√Ļ ils doivent √™tre c√©l√©br√©s : "celuy qui est icy est quelque chose de plus grand que le temple de salomon" (Basilius Caesariensis, Les ascetiques ou Trait√©s spirituels de Saint Basile le Grand, 1673 - books.google.fr).

 

D'après saint Basile, le psaume 29 (30) a été écrit prophétiquement en vue de la dédicace du temple de Salomon (Auguste Borgnet, B. Alberti Magni Ratisbonensis episcopi, ordinis Prædicatorum, Opera omnia: Commentarii in Psalmos, 1892 - books.google.fr).

 

Frankistes : l‚ÄôElu

 

Certains cabbalistes avaient pr√©vu pour 1648 la venue du Messie. Or, effectivement, cette m√™me ann√©e, voici qu'un jeune adepte de Louria, Shabbata√Į Tsevi, s'en vient prononcer publiquement √† la synagogue de Smyrne, sa ville natale, le T√©tragramme sacr√©, privil√®ge r√©serv√© au seul grand pr√™tre, et seulement une fois l'an, pour le seul service d'expiation du Kippour, au Temple de J√©rusalem. C'est l√† poser l'acte messianique par excellence. Pendant la p√©riode du second Temple, le grand jour des expiations (Yom ha - kippourim) est devenu le moment le plus important de la liturgie juive. Shabbata√Į Tsevi est frapp√© d'anath√®me. Il doit quitter sa ville et commence une existence itin√©rante. Il conna√ģt le succ√®s. Tout un mouvement s'orchestre autour de sa personne. Il faut dire que le climat se montre propice. Les communaut√©s juives de l'Europe centrale sont ruin√©es par la guerre de Trente Ans ; celles d'Ukraine se sont vues d√©cim√©es par les Cosaques ; la d√©tresse est partout immense. Quel climat favorable aux pr√©tentions de Shabbata√Į Tsevi ! Un peu partout, les juifs commencent donc √† liquider leurs affaires dans l'espoir que le Messie va les conduire en Terre sainte. Mais les Turcs voient d'un mauvais oeil toute cette agitation dans laquelle ils redoutent une dimension politique. Les adeptes de Shabbata√Į Tsevi ne l'ont-ils pas acclam√© publiquement comme leur ¬ęRoi Messie¬Ľ. On va donc le sommer d'embrasser l'islam. Sinon, c'est la mort. Shabbata√Į Tsevi, qui n'avait rien d'un martyr, choisira Mahomet pour son ma√ģtre. D√©ception immense pour le monde de ses fid√®les ! Mais d√©ception qui ne devait pas emp√™cher la constitution du mouvement sabbat√©en, le ¬ę sabbat√©isme ¬Ľ, sorte de secte h√©r√©tique au sein du juda√Įsme. Ce mouvement sera repris en Pologne, au XVIIIe si√®cle, par Jacob Frank (1726 - 1791) et par les frankistes (Ren√©e de Tryon-Montalembert, Kurt Hruby, La cabbale et la tradition juda√Įque, 1974 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain II, 62 - Sabbata√Į Z√©vi, Tantale et la Samaritaine - 1676-1677.

 

En 1726, c'est la naissance de Jacob Frank, dans l'actuelle Ukraine. Son p√®re √©tait un partisans de Sabbatat Tsevi. En 1754, il se proclame messie des Juifs, apr√®s avoir vue Sabbata√Į Tsevi en r√™ve. Jacob Frank ne veut pas revenir en terre sainte ou reconstmire le temple, il veut fonder une nouvelle religion. "Selon Frank, pour abolir toutes les Lois, on doit arriver √† la fin des Temps, lorsque la soci√©t√© sera totalement d√©prav√©e. Or, Jacob Frank se propose d'acc√©l√©rer ce processus. En d'autres termes, il veut appliquer le fameux adage talmudique et kabbalistique : "Pour monter bien haut, il faut d'abord descendre bien bas". Pour Frank le "bien bas" veut dire extr√™mement bas. C'est-√†-dire vers la d√©pravation, dans une soci√©t√© o√Ļ ne r√©gnera que le vice" (Charles Novak, Jacob Frank, le faux messie, L'harmattan, 2012, p. 50). Avec l'aide de l'√©v√™que Dembowski, il va se convertir au catholicisme en r√©cup√©rant a son compte, le Christ, la trinit√© et rejeter le Talmud (en apparences). Le parrain de Jacob Frank fut Auguste III de Pologne et de Saxe, le grand-p√®re maternel de Louis XVI (Chaulveron, Nostradamus et l'astrologie mondiale, 2019 - books.google.fr).

 

Cardinal Davia

 

En liaison avec le quatrain précédent III, 28 interprété selon le mariage de Marie Lesczinska avec Louis XV en 1725, l'année 1726 voit la résigntion de jean Antoine Davia de son évêché de Rimini, lui qui avait été nonce en Pologne du temps du roi saxon Auguste II.

 

En Pologne, la situation politique, au d√©but du XVIIIe si√®cle, √©tait peu affermie. Auguste II, √©lecteur de Saxe, qui y r√©gnait depuis 1697, n'avait pu √™tre √©lu qu'en renon√ßant, au luth√©ranisme et en se r√©clamant du nonce du pape qui avait certifi√© la sinc√©rit√© de sa conversion. Mais bient√īt la guerre qu'il eut √† soutenir contre Charles XII, loi de Su√®de, l'obligea d'abandonner la couronne et d'acheter la paix par un trait√© humiliant. Stanislas Leczinski parv√ģnt, gr√Ęce √† l'appui du Roi de Su√®de, √† r√©gner √† sa place (1704). D√©sormais la Pologne fut le th√©√Ętre de dissensions profondes entre partisans des deux princes. Cl√©ment XI prot√©gea de tout son pouvoir Auguste II contre son rival et refusa de reconna√ģtre Stanislas comme roi de Pologne. Il √©crivit souvent au primat et aux √©v√™ques de ce pays en faveur d'Auguste. Le cardinal-primat, l'√©v√™que de Posnanie et quelques autres pr√©lats s'√©taient d√©clar√©s contre l'√©lecteur de Saxe, le pape convoqua les deux premiers √† Rome pour leur demander raison de leur attitude. Le primat dut se retirer √† Dantzick ; l'√©v√™que de Posnanie fut incarc√©r√© au ch√Ęteau Saint-Ange.

 

L'abbé Eusèbe Renaudot (1648 - 1720) était en excellents termes avec le pape Clément XI depuis qu'il avait été à Rome avec le cardinal de Noailles pour son élection, cherche à détacher le pape d'Auguste, il est plein de zèle à défendre et à plaider la clause de Stanislas : il vient d'être couronné ; tout se déclare pour lui, les confédérés polonais, les diètes, les évêques, le roi de Suède, la nation presque tout entière. Le pape serait seul à le combattre au détriment de son autorité et des intérêts de l'Eglise.

 

Fr√©d√©ric-Auguste II (1670 - 1733), √©lecteur de Saxe depuis 1694. A la mort de Jean Sobieski, il l'emportait sur le prince de Conti, son comp√©titeur et fut √©lu roi de Pologne en 1697. Mais il avait d√Ľ auparavant renoncer au luth√©ranisme entre les mains du nonce du pape, Davia, qui avait aid√© √† son √©lection et s'√©tait port√© garant de la sinc√©rit√© de sa conversion. Il s'√©tait form√© dans le royaume un fort parti contre lui. Il s'unit √† Pierre le Grand contre Charles XII : il fut battu, d√©tr√īn√© et forc√© par le trait√© d'Altranstadt (1706) de reconna√ģtre Stanislas Leczinski comme roi de Pologne. Cependant apr√®s la d√©faite de Charles XII √† Pultawa (1709), Auguste chassa Stanislas de la Pologne et reprit la couronne. Sous son r√®gne cette nation tomba en d√©cadence (Fran√ßois Albert Duffo, Correspondance in√©dite d'Eus√®be Renaudot avec le cardinal Fran√ßois-Marie de M√©dicis (ann√©es 1705, 1706 et 1707), 1915¬† - archive.org).

 

Samuel-Fr√©d√©ric Lauterbach, historien polonais, n√© √† Fraustadt, le 20 octobre 1662, mort le 4 juin 1728, fut pasteur de sa ville natale, et devint en 1727 surintendant des √©glises protestantes de la Grande-Pologne. On a de lui : Der ehmalige polnische arianische Socinianismus (L'ancien Socinianisme arien de Pologne); Francfort et Leipzig, 1725, in-8¬į (Nouvelle biographie g√©n√©rale depuis les temps les plus recul√©s jusqu'√† nos jours, Tome 29 : Lal-Lav, 1862 - books.google.fr).

 

A Thorn, o√Ļ catholiques et protestans se trouvaient en pr√©sence, le coll√®ge des j√©suites avait √©t√© saccag√© dans une √©meute en 1725. Un tribunal exceptionnel compos√© de catholiques condamne les magistrats de la ville a la peine de mort (Saint-Ren√© Taillandier, Maurice de Saxe, Revue des deux mondes, 1864 - books.google.fr).

 

Gianantonio Davia (n√© le 13 octobre 1660 √† Bologne, en √Čmilie-Romagne, alors dans les √Čtats pontificaux, et mort le 11 janvier 1740 √† Rome) est un cardinal italien du XVIIIe si√®cle. Gianantonio Davia est magistrat √† Bologne et va √† Rome sur demande du pape Innocent XI. Il est internonce √† Bruxelles en 1687. Il est √©lu archev√™que titulaire de Tebe en 1690 et est envoy√© comme nonce apostolique √† Cologne, puis en Pologne en 1696 et en Autriche de 1700 √† 1706. Il est transf√©r√© au dioc√®se de Rimini en 1698. Le pape Cl√©ment XI le cr√©e cardinal lors du consistoire du 8 mai 1712. Le cardinal Davia est l√©gat apostolique √† Urbino et en Romagne. Il renonce au gouvernement de son dioc√®se en 1726 et devient pr√©fet de la Congr√©gation de l'Index et ministre du roi d'Angleterre √† Rome. Le cardinal Davia participe au conclave de 1721, lors duquel Innocent XIII est √©lu pape, et √† ceux de 1724 (√©lection de Beno√ģt XIII) et de 1730 (√©lection de Cl√©ment XII). Plusieurs fois, il est suspect de philojans√©nisme, mais le futur pape Prospero Lambertini (futur Beno√ģt XIV) le d√©fend (fr.wikipedia.org - Gianantonio Davia).

 

Nous ne rel√®verons ici que l'imposture des √©diteurs qui ont adopt√© de pr√©tendues lettres du cardinal Jean-Antoine Davia √† Colbert, et ensuite de pr√©tendues r√©ponses de Colbert √† ce cardinal, et qui ont eu l'audace de faire imprimer les unes et les autres dans le Recueil ci-dessus, en citant les Nouvelles eccl√©siastiques du 20 f√©vrier 1740, d'o√Ļ ils ont extrait ces fausses pi√®ces, pour les servir une seconde fois au public. C'est √† la page 895 et suivantes qu'on les trouve. Le cardinal Davia y est suppos√© vouloir d√©truire, an√©antir les J√©suites. Le faussaire, qui n'√©tait autre que le gazetier eccl√©siastique, pour rendre plausible ce mensonge, avait imit√© le style d'un √©tranger qui parle mal le fran√ßais, et sous cette enveloppe, il avait cru d√©biter impun√©ment les noirs sentiments de son cŇďur. D√®s que la feuille o√Ļ sont ces lettres imaginaires eut paru √† Rome, elle fut condamn√©e au feu par un d√©cret du 15 avril 1740, comme √©tant un √©crit d√©testable qui contient des relations fausses et calomnieuses, tendant √† s√©duire les simples et √† ternir la r√©putation d'une personne constitu√©e dans une √©minente dignit√©; comme si cette personne avait √©t√© en liaison d'amiti√© et en soci√©t√© d'erreur avec des hommes r√©fractaires (Honor√© Jean P. Fisquet, La France pontificale, Tome 5, 1864 - books.google.fr).

 

Le cardinal Davia avait au moins deux neveux, qu'il envoya dans un séminaire de l'évêché de Pistoie (J.D. Fabre de Saint-Véran, Mémoire historique sur la vie et les écrits de Dom Malachie d'Inguimbert: Evêque de Carpentras, 1860 - books.google.fr).

 

Et un autre, le marquis Davia, qui fut fait prisonnier des Turcs et échangé avec un Ottoman par les bons soins de l'électeur de Saxe, ennemi de la France, qui, elle, n'avait pas pu ou voulu le faire libérer. Ceci mit Davia dans de bonnes dispositions envers le Saxon pour la succession de Pologne (Michel David de La Bizardière, Histoire de la scission ou division arrivée en Pologne le xxvii. juin M.D.C.XCVII. au sujet de l'élection d'un roy, 1700 - books.google.fr).

 

Le Fonds Coislin et le Fonds Renaudot

 

Le Fonds Coislin poss√®de des manuscrits des Ňďuvres de saint Basile comme le Coislinianus 237 (Coislin. primus ou Parisinus Coislin. 237) (Sancti patris nostri Basilii Caeareae cappadociae Archiepiscopi, Tome 3, 1839 - books.google.fr).

 

En 1715, Bernard de Montfaucon, b√©n√©dictin de St-Germain des Pr√®s, dressait le catalogue des manuscrits grecs de l'√©v√™que de Metz, Henri-Charles du Cambout de Coislin, petit-fils du chancelier Pierre S√©guier. Coislin fut satisfait du travail de l'illustre mauriste, au point qu'il d√©cida que la collection de son a√Įeul ne pouvait √™tre mieux conserv√©e que chez les b√©n√©dictins de St-Germain ¬ę estant, dit-il, persuad√© qu'ils en feront un bon usage pour l'√Čglise et pour l'√Čtat, et qu'ils prieront Dieu pour moi¬Ľ. Henri-Charles du Cambout de Coislin mourut l'ann√©e suivante. En 1735, les B√©n√©dictins se firent mettre en possession d√©finitive du legs. On appelait le d√©p√īt : Les manuscrits de Coislin. On les reconnaissait facilement, la plupart √©tant reli√©s en veau et frapp√©s des armes de Pierre S√©guier : un chevron accompagn√© en chef de deux √©toiles et en pointe d'un mouton. Chaque volume re√ßut en outre sur la feuille de garde une √©tiquette imprim√©e et coll√©e ¬ęex bibliotheca MSS. Coisliniana, olim Segueriana, quam Illust. Henricus du Cambout, dux de Coislin, Par franci√¶, Episcopus Metensis, etc., Monasterio S. Germani a Pratis Legavit. An. M. DCC. XXXII¬Ľ (Leopold Delisle, Le cabinet des Manuscrits De La Biblioth√®que Nationale, Tome II, 1874 - books.google.fr).

 

Renaudot reprit avec ardeur ses nombreux travaux interrompus par son voyage en Italie. Cette derni√®re p√©riode de sa vie fut la plus active, car jusque-l√† il n'avait fait que recueillir laborieusement des mat√©riaux et des documents nouveaux qu'il venait de d√©couvrir aux archives du Vatican et d'autres plus importants aux biblioth√®ques de Florence. C'est √† soixante ans seulement qu'il entreprit de publier ses nombreux travaux, car son premier ouvrage D√©fense de la perp√©tuit√© de la foi ne parut qu'en 170S. Il mena d√©sormais une vie retir√©e ; et si parfois il quittait ses livres, c'√©tait pour se rendre √† l'abbaye de Saint-Germain-des-Pr√©s oii il avait l'habitude de passer la veille et le jour des grandes f√™tes. Ses relations avec les b√©n√©dictins de ce monast√®re devinrent de jour en jour plus √©troites. D'ailleurs le cardinal d'Estr√©es, abb√© commendataire de l'abbaye, l'avait choisi pour vicaire g√©n√©ral. D√©sireux de contribuer au progr√®s des √©ludes eccl√©siastiques, dont l'abbaye √©tait alors le centre le plus vivant, Renaudot lit donation √† celle-ci de tous ses livres tant imprim√©s (8 √† 9,000 volumes) que manuscrits et d'une rente annuelle pour l'entretien de la biblioth√®que de la communaut√©. Il mourut dans sa maison de la rue Richelieu, le 1er septembre 1720, √† l'√Ęge de 72 ans), et fut inhum√©, selon son d√©sir, dans l'√©glise m√™me de Saint-Germain-des-Pr√©s.

 

Le 7 janvier de l'ann√©e qui suivit la mort d'E. Renaudot, l'ex√©cuteur testamentaire, M. de Verneuil, son neveu, fit au monast√®re d√©livrance de la biblioth√®que de son oncle. Elle y demeura jusqu'en 1794. Elle fut alors consum√©e dans l'incendie qui √©clata la nuit du 2 au 3 fructidor (19-20 ao√Ľt), occasionn√© par une fabrique de salp√™tre qu'on avait install√©e dans le couvent. Bien des volumes rares p√©rirent dans cet incendie. La perte des manuscrits orientaux est particuli√®rement regrettable (Fran√ßois Albert Duffo, Correspondance in√©dite d'Eus√®be Renaudot avec le cardinal Fran√ßois-Marie de M√©dicis (ann√©es 1705, 1706 et 1707), 1915¬† - archive.org).

 

Un Basile en Pologne

 

C'est dans la version narrative de La vida es sueno de Calder√īn de la Barca par Boisrobert, que la surinterpr√©tation du cadre historique est le plus fortement marqu√©e. La quatri√®me nouvelle du recueil de Boisrobert intitul√©e La vie n'est qu'un songe commence par l'exposition d'une intrigue politique : Basile, roi de Pologne, a √©loign√© son fils Sigismond du Palais Royal car ce dernier est destin√©, selon les Astres, √† devenir un tyran. L'absence d'un h√©ritier direct fait revenir la couronne √† Sophonie, fille de la sŇďur a√ģn√©e de Basile ou √† Federic, grand-duc de Moscovie, fils de sa sŇďur cadette. Cette exposition, fid√®le √† celle de la com√©die de Calder√īn, est suivie chez Boisrobert d'une longue digression historique d√©crivant les lois de succession en Pologne. Celles-ci pr√©sentent cette particularit√© aux yeux des Fran√ßais qu'elles ne respectent pas la loi salique :

 

Quelque critique objectera peut-estre par faute de connestre l'ordre et le gouuernement des Monarchies Chrestiennes, que celle de Pologne estant electiue, Basile n'auoit qu'√° consulter les √Āstres sur l'√©lection & non sur la legitime succession de son fils, mais qu'il apprenne pour vne v√©rit√© tres-constante, que le Royaume de Pologne est encore plus successif que celuy de France mesme o√ľ l'on exclud les filies du Gouuernement de l'Estat, elles n'heritent pas moins en Pologne qu'en Espagne, & l√† non plus qu'icy on n'a iamais veu priuer la race Royalle de la succession quand elle s'est trouu√©e legitime (Guiomar Hautcoeur, La nouvelle espagnole en France au XVIIe si√®cle : Traduction et √©volution du roman, Revue de litt√©rature compar√©e, Volume 74, 2000 - books.google.fr, Fran√ßois Le M√©tel Boisrobert, Les nouuelles heroiques et amoureuses, 1657 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain I, 23 - Henri III, roi de Pologne - 1574-1575.

 

Solennel et dérisoire dans la pompe et la majesté, Basile rappelle cet autre roi de Pologne, Ubu (Jean Ristat, Qui sont les contemporains, Tome 2, 1975 - books.google.fr).

 

Face √† l'√©tat de nature, Calder√īn place l'√©tat de droit qui a permis la constitution d'une cour. Le monarque absolu qui y r√®gne s'appelle Basyle (basileus, roi) ; il a la r√©putation d'un sage et d'un savant. Pourtant, sa soumission trop prononc√©e √† l'astrologie le conduit √† commettre des erreurs. En acceptant sans critique le d√©terminisme des astres, il nie sa libert√© et celle de ses semblables. En d'autres termes, il leur d√©nie l'usage du libre arbitre, que Fureti√®re d√©finit comme ¬ęl‚Äôaction de la volont√© par laquelle elle choisit librement ce qu'elle juge de meilleur¬Ľ. Au moment de d√©signer un successeur, Basyle est assailli de doutes : ¬ęJe vois combien grande a √©t√© mon erreur de donner cr√©dit si facilement aux √©v√©nements qui furent pr√©dits. [...] Le destin le plus sinistre, le penchant le plus violent, la plan√®te la plus impitoyable ne font qu'incliner le libre arbitre, sans le forcer¬Ľ (p. 107). Lorsqu'il souhaitera se d√©p√™trer d'une vision fataliste de l'existence, et redonner sa place au droit, il sera bien tard : le peuple en r√©volte aura foment√© une guerre civile, semant partout dans la ville le pillage, la terreur et la mort.

 

Lors de sa procr√©ation, Sigismond a √©t√© con√ßu comme un monstre. Le jour o√Ļ Basyle s'est uni √† la reine, ¬ęles cieux, √† sa naissance, √©puis√®rent tous leurs prodiges ¬Ľ (p. 101). Les songes de la m√®re confirment le caract√®re maudit de l'enfant √† na√ģtre : ¬ęSa m√®re de multiples fois, parmi les id√©es et les d√©lires du songe, vit un monstre √† forme humaine, qui audacieusement lui d√©chirait les entrailles, et qui, macul√© de son sang, humaine vip√®re du si√®cle, lui donnait la mort en naissant¬Ľ (p. 101). La nature tout enti√®re se r√©vulse d'horreur √† la naissance de cet enfant, soulignant ainsi son d√©saccord avec l'enfantement d'un tel rejeton : ¬ęIl naquit sous un tel horoscope, que le soleil, teint de son sang, se mit avec rage √† livrer un duel avec la lune. [...] Ce fut la grande, la plus horrible √©clipse qu'ait subie le soleil, depuis que dans le sang il pleura la mort du Christ¬Ľ (p. 101-103). La naissance du Christ s'accompagna de l'apparition d'une √©toile nouvelle qui mena les grands de ce monde (les rois mages) √† leur sauveur ; son sacrifice et sa mort furent marqu√©s de signes inverses, catastrophiques. La naissance de Sigismond, ant√©christ promis √† devenir le destructeur du genre humain, s'accomplit dans un climat apocalyptique : ¬ęLes cieux s'obscurcirent, les √©difices trembl√®rent, des nuages tomba une pluie de pierres, des flots de sang coul√®rent dans les fleuves¬Ľ (p. 103). [‚Ķ]

 

En m√™me temps que se d√©veloppe en Europe, avec l'absolutisme, un √©tat de droit, une sensibilit√© nouvelle se fait jour, qui est la marque la plus frappante (bien que la moins perceptible) de la modernit√©. Parmi les caract√©ristiques de cette sensibilit√©, la constitution d'un ¬ęfor int√©rieur ¬Ľ est l'une des principales, avec le contr√īle des pulsions agressives et sexuelles.

Ces derni√®res, implicitement condamn√©es dans le contexte de la politesse mondaine, ne disparaissent pas de la conscience des individus. Elles trouvent une autre place dans l'√©conomie psychique ; int√©rioris√©es, elles alimentent un ¬ęth√©√Ętre int√©rieur¬Ľ que nous ne pouvons pas saisir directement puisqu'il se dissimule dans le secret de la conscience individuelle. Le passage de la culture prot√©enne √† la culture identitaire s'accompagne de la cr√©ation d'une ¬ęcitadelle int√©rieure¬Ľ o√Ļ l'individu va enfermer non seulement les pulsions interdites mais aussi et surtout les traces des √©v√©nements traumatisants qui ont amen√© la condamnation du comportement ancien. Les crimes, les violences collectives, les comportements excessifs trouvent place dans cette citadelle et y changent de statut, c'est-√†-dire qu'ils s'y transforment en fant√īmes. S'il est impossible d'observer directement la mutation de la sensibilit√© qui se produit √† ce moment-l√†, du moins nous est-il permis de la reconstruire d'une fa√ßon plausible en utilisant pour la comprendre des Ňďuvres litt√©raires. La pi√®ce de Calder√īn, La Vie est un songe, est √† cet √©gard exemplaire : elle a pour sujet la formation de la citadelle int√©rieure. [‚Ķ]

 

Un nouvel ordre juridico-politique s'accompagne d'une mutation dans la sensibilit√©. Celle-ci trouve sa meilleure illustration dans l'√©mergence du ¬ęfor int√©rieur ¬Ľ, ce lieu d√©fendu au cŇďur de l'√™tre o√Ļ l'homme moderne enfouit ses secrets (Jean-Marie Apostolid√®s, Les fondements du droit et la citadelle int√©rieure : La vie est un songe. In: Litt√©ratures classiques, n¬į40, automne 2000. Droit et litt√©rature¬† - www.persee.fr).

 

Certaines éditions du quatrain ont "pierres tombeez" au lieu de "peres tombez".

 

Le songe de la m√®re de Sigismond se rapproche de celui d'H√©cube m√®re de P√Ęris, qui enl√®vera H√©l√®ne, qui r√™va qu'elle accouchait d'une torche qui enflammait Troie (Nadine Ly, Aspects du th√©√Ętre de Calder√≥n : ¬ęLa vida es sue√Īo¬Ľ, ¬ęEl gran teatro del mundo¬Ľ, Pedro Calder√≥n de la Barca, 1998 - books.google.fr).

 

Au premier abord, on est choqu√© de voir r√©gner en Pologne un roi au nom moscovite de Basile, ayant pour neveu le prince Astolphe et pour ni√®ce la princesse Estrella (deux noms espagnols). Il faut agr√©er que c'est l√† une confusion de clich√©s √©vidente. Pourtant, la chose consid√©r√©e de pr√®s semble beaucoup moins absurde et la confusion se laisse expliquer par le fait que la Pologne et la Russie √©taient bien √† cette √©poque sur le point de s'unir. L'expansion de la Pologne vers l'Est, tendance politique aussi bien que religieuse, s'est entre autres manifest√©e dans l'affaire du faux D√©m√©trius dramatis√©e par Lope de Vega. C'est √† l'√©poque de l'enfance de Calderon que Sigismond III transporta la capitale de la Pologne de Cracovie √† Varsovie. A un moment, les seigneurs moscovites acclam√®rent pour tsar le prince polonais, futur roi Ladislas IV. Suivant de loin toutes ces entrefaites, un Espagnol du XVIIe si√®cle a bien pu en confondre les d√©tails, mas cette confusion √©tait faite d'√©l√©ments r√©els ! Quelques autres p√©rip√©ties de l'action de la Vie est un songe, telle la r√©volte contre Basile l'invitation au tr√īne du prince Segismundo retenu en prison, trouvent leurs analogies dans la fortune de Sigismond III et de son fils Ladislas IV. Bref, on est amen√© √† conclure que toute une atmosph√®re historique g√©n√©rale se retrouve dans la pi√®ce espagnole (Maria Strzalko, La Pologne dans le th√©√Ętre du XVIIe et XVIIIe si√®cles espagnol, Actes Du Congr√®s de L'Association Internationale de Litt√©rature Compar√©e, 1959 - books.google.fr).

 

Les principaux éléments du mythe faustien, qui fait appel à Hélène de Troie, se retrouvent dans la littérature du Siècle d'Or.

 

Dans La gran columna fogosa de Lope de Vega, o√Ļ intervient un Fausto, et o√Ļ un Patricio a vendu son √Ęme au Diable pour l'a√Ļmour d'Antonia et est sauv√© par le saint, Basile est accus√© par l'arien Posidonio d'utiliser la magie naturelle ou la science infernale dont il serait un ma√ģtre dans ses oeuvres thaumaturgiques : "Basilio es gran estudiante por m√°gica natural o alguna ciencia infernal hizo haza√Īa semejante." (Sigmund M√©ndez, El mito F√°ustico en el drama de Calder√≥n, 2000 - books.google.fr).

 

Il y a dans la vie de Basile un Faustus qui lui demande l'ordination par l'imposition des mains. Basile refuse sous le motif que Faustus n'a pas reçu d'approbation des autres évêques. Il sera ordonné par Anthime de Thyane (A. Grenier, La vie et les poésies de Saint Gregorie de Nazianze: Thése a la faculté de Lyon, 1858 - books.google.fr).

 

Cipriano, personnage principal du M√°gico prodigioso, ne doit pas √™tre identifi√© √† Faust. En fait, Calder√≥n √©voque ici la l√©gende du saint et martyr chr√©tien Cyprien d'Antioche, qui avait fait d'abord une carri√®re de magicien. La pi√®ce se r√©sume ainsi : apr√®s avoir vainement essay√© de s√©duire une jeune fille, Justina, Cipriano se vend au diable ; cependant, il sera sauv√© par sa conversion √† la foi chr√©tienne (Hans Henning, La trilogie de Faust au XVI√®me si√®cle et ses suites jusqu'√† l'√©poque de Goethe, Faust, Cahiers de l'herm√©tisme, 1977 - books.google.fr).

 

Mais dans le magicien d'Antioche, l'Allemagne avait reconnu sans effort un ancêtre du Faust de Goethe (Antoine de Latour, Oeuvres dramatiques de Calderon, 1871 - books.google.fr).

 

Il semblerait que Grégoire de Nazianze, ami de Basile, fasse allusion à Cyprien d'Antioche (M. Lenain de Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, Tome 9, 1703 - books.google.fr).

 

C'est encore Philippe IV qui est sur le tr√īne d'Espagne quand Calder√≥n √©crit La Vie est un songe, mais rien ne dit que Basilio r√®gne en Pologne √† la m√™me √©poque. Son grand √Ęge renverrait √† des temps plus anciens, d'autant plus que la monarchie polonaise fut l'une des premi√®res (Boleslas Ier, dit ¬ęle Vaillant¬Ľ, prit la couronne de roi en 1024). Si l'on pense plut√īt √† Sigismond, on s'aper√ßoit que le premier Sigismond a r√©gn√© de 1506 √† 1548, le second, Sigismond - Auguste, de 1548 √† 1572, le troisi√®me, Sigismond III Vasa, de 1587 √† 1632. En 1635, c'est son fils Ladislas IV qui est sur le tr√īne de Pologne. Calder√≥n r√©alise un drame faussement historique (aucun Basile n'est mont√© sur le tr√īne de Pologne), qui est aussi un drame d'actualit√© (les guerres civiles en Espagne), un drame symbolique surtout au centre duquel se trouve le Basileus, le Roi. [...]

 

Sous le r√®gne de Philippe IV, refusant de renouveler la tr√™ve des Douze ans, Olivares engagea le pays dans une longue guerre contre les Provinces-Unies. Avec la France, les rapports furent difficiles d√®s l'arriv√©e de Richelieu, et se g√Ęt√®rent d√©finitivement en 1635, l'ann√©e o√Ļ fut publi√©e La Vie est un songe. La guerre engag√©e par Sigismond contre Basile est en fait dirig√©e contre Astolphe, le prince de Moscovie, pr√©tendant √©tranger au tr√īne de Pologne. D√®s la premi√®re Journ√©e, dans le dialogue avec Estrella, il d√©voile ses ambitions auxquelles il compte associer celles de sa cousine : ¬ęvous et moi - proclame-t-il - nous aspirons √† cet √Čtat¬Ľ (¬ęy vos y yo / aspiramos a este Estado¬Ľ vv. 538 - 539). La guerre civile est donc une guerre nationale, une guerre de succession, mais aussi une guerre pour le maintien d'une identit√©. ¬ęVous trouverez en moi - dit Sigismond en armes √† ses soldats - qui vous d√©livrera, par son courage et son habilet√©, de l'asservissement √† un √©tranger¬Ľ (Troisi√®me Journ√©e, p. 191).

 

Ce n'est pas tout de faire la guerre. Il faut aussi maintenir l'autorit√© royale sur des militaires de plus en plus conscients de leur puissance. Ce risque est connu de Calder√≥n, et n'appara√ģt nulle part mieux que dans L'Alcade de Zalamea une pi√®ce repr√©sent√©e peut-√™tre en 1636, ¬ęcri d'alarme¬Ľ, comme l'a √©crit Robert Marrast, ¬ęd'un homme, d'un dramaturge profond√©ment conscient de la n√©cessit√© de faire cesser une situation intol√©rable dans l'Espagne de son temps ; c'est un appel √† la conscience, une invitation √† m√©diter sur le point de savoir si la l√©gislation d'exception dont jouissent les hommes sous l'uniforme est toujours compatible avec le comportement de ces hommes¬Ľ (Pierre Brunel, Formes baroques au th√©√Ętre, 1996 - books.google.fr).

 

En Russie

 

Ivan IV, dit le Terrible en raison de ses cruelles pulsions incontr√īlables qui l'am√®nent autant √† tuer qu'√† porter un cilice, met en place un r√©gime autocratique repris par la nouvelle dynastie des Romanov, √©lue en la personne de Michel, apr√®s l'extinction de la dynastie de Rurik et l'usurpation de Boris Godounov, et apr√®s les difficult√©s du d√©but du XVIIe si√®cle, le temps des Troubles (Brigitte de Montclos, Du tsar √† l'empereur: Moscou-Saint-P√©tersbourg, 2005 - books.google.fr).

 

La femme d'Ivan IV est une Romanov. C'est lui qui fit construire l'église de l'Intercession de la Vierge de 1555 à 1561, pour commémorer la victoire de Kazan sur les Tatars en 1552, à la place de plusieurs église en bois construire à l'occasion de précédentes victoires. L'église est en briques et on lui adjoint en 1558 la chapelle Saint Basile le Bienheureux qui donne son nom à l'ensemble (Moscou, Casa Editrice Bonechi, 2006 - books.google.fr).

 

Michel Evdokimov, dans son ouvrage P√®lerins russes et Vagabonds mystiques, rappelle les rapports uniques et privil√©gi√©s qui se nouaient entre ces √™tres d√©daigneux de toute √©tiquette et les tsars investis de l'autorit√© supr√™me, et que ces individus attiraient myst√©rieusement. V√©n√©r√©s par le peuple, ils aimaient subvertir les lois, bousculer les id√©es re√ßues, d√©raisonner, obligeant ainsi leurs vis-√†-vis √† manifester √† leur tour une qu√™te sinc√®re et s√©rieuse du sens. Il y eut, parmi ces ¬ęFols en Christ¬Ľ c√©l√®bres, saint Basile le Bienheureux, √† qui le basilique aux bulbes multicolores, sur la place Rouge, fut d√©di√©e. Saint Basile aimait jeter des pierres contre les fen√™tres des nantis. Il baisait le seuil des maisons o√Ļ vivaient des prostitu√©es notoires. Sur les premi√®res maisons, disait-il, il voyait des d√©mons agripp√©s aux murs, et sur le toit des secondes, des anges qui pleuraient. Sur les march√©s, il saccageait l'√©tal des vendeurs malhonn√™tes. Les ¬ęFols en Christ¬Ľ chantaient en marchant, louaient le ciel pour leur merveilleuse libert√© int√©rieure, se r√©jouissaient de leur renoncement absolu aux biens de ce monde, √† la famille, √† la raison. ¬ęRussie, autocratie limit√©e par les "fols en Christ"¬Ľ,¬† a √©crit L√©onid Feodorov, religieux mort au goulag. Ainsi, Ivan le Terrible alla √©couter Basile le Bienheureux. Et Nicolas II, pour b√©n√©ficier de ces m√™mes dons de proph√©tie dont on disait que Dieu avait nanti les ¬ęfols en Christ¬Ľ, demanda √† rencontrer l'innocente Pacha dans sa cellule. Pacha sucrait le th√© qu'elle offrait √† ses visiteurs √† proportion du malheur qu'elle pressentait dans leur aven. Le th√© que but le tsar √©tait un √©pais sirop... (Christiane Ranc√©, Tolsto√Į. Le pas de l'ogre, 2010 - books.google.fr).

 

C'est avec Pierre le Grand, 1682-1725, que la Russie devient une puissance redoutable, gr√Ęce aux ressources nouvelles qu'il cr√©e pour les remettre entre les mains du tzar, gr√Ęce √† ses victoires sur Charles XII, √† son intervention dans les affaires de Pologne, aux provinces qu'il r√©unit √† son empire (Ingrie, Livonie, Kar√©lie). Par la fondation de Saint P√©tersbourg, 1705, il entre en relations directes avec l'Europe; le trait√© de Nystadt, en 1721, lui assure la pr√©pond√©rance dans le Nord et sur la mer Baltique; l'Ukraine est soumise, la mer Caspienne devient un lac russe, et la puissance du tzar s'√©tend jusqu'√† la Chine, jusqu'aux Kouriles et au Kamtchatka. Il l√®gue √† ses successeurs le plan de conduite politique qu'ils doivent suivre (Louis Gr√©goire, Dictionnaire encyclop√©dique d'histoire, de biographie, de mythologie et de g√©ographie, 1873 - books.google.fr).

 

C'est un fils du neveu de Charles XII, battu par Pierre le Grand à Poltawa, qui devient le tsar Pierre III qui inaugure la dynastie des Romanov-Holstein-Gottorp, marié à Catherine II.

 

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