Guerre de Succession d’Autriche

Guerre de Succession d’Autriche

Escalade de Prague

 

III, 50

 

1741-1742

 

La republicque de la grand cité

A grand rigueur ne voudra consentir :

Roy sortir hors par trompete cité :

L’eschele au mur, la cité repentir.

 

L’empire autrichien est l’enjeu d’une dispute dynastique entre Marie-Thérèse, fille du dernier Habsbourg Charles VI mort en 1740, et principalement l’électeur Charles de Bavière et son fils soutenus par la France. La guerre de succession d’Autriche durera jusqu’en 1748.

 

A la suite des invasions des armées étrangères sur son territoire, Marie-Thérèse s’enfuit en Hongrie (« Roy sortir hors »). Les nobles de ce pays jurèrent d’ailleurs de « mourir pour leur roi Marie-Thérèse [1]».

 

On peut lire aussi que le "Roy" sort de la ville assiégée qui est prise par escalade. Ce "Roy" peut être le concurrent à l'empire Charles VII (Charles-Albert de Bavière) qui se fit couronner roi de Bohême après la prise de la ville de Prague le 25 novembre 1741.

 

La guerre est en effet illustrée en 1741 par l’escalade de Prague (« eschele au mur »), la prise de la ville par les soldats conduits par Chevert et le Maréchal de Saxe au profit des coalisés. La ville est reprise en 1742 par les Autrichiens, Chevert capitulant honorablement devant le prince de Lobkowitz (Louis François Armand Du Plessis duc de Richelieu, Mémoires: avec avant-propos et notes, Volume 17, 1869 - books.google.fr).

 

"République"

 

On voit dans les quatrains I, 47 et I, 61 que "république" pourrait désigner Genève. Pourquoi pas aussi d'autres entités politiques ?

 

Le XVIème siècle est riche en productions historiographiques concernant la Bohême, et les recenser toutes paraît impossible. On se contentera de signaler ici les plus importantes. Le principal auteur de la période est Jean Dubravius (Dubraw, ca 1486-1553), né à Pilsen. Après des études de droit en Italie, Dubravius est nommé conseiller de l'évêque d'Olomouc (Olmiitz), Stanislav Thurzo auquel il succède par la suite. Son Historia regni Bohemiae ab initio Bohemorum fut imprimée pour la première fois en Moravie, aux frais de l'auteur, en 1552. Thomas Jourdain en donna une nouvelle édition à Bâle, en 1575, augmentée d'un index et suivie de l'Historia bohemica de Pie II, ce qui démontre, s'il en était besoin, l'importance accordée à ces deux ouvrages concernant l'histoire du royaume de Bohême. Un auteur important pour la diffusion des sources concernant l'histoire de la Bohême est Marquard Freher (1565-1614), dont les Germanicaium rerum scriptores aliquot insignes furent publiés en trois volumes à Francfort et Hanau en 1600, 1602 et 1611, et dont les Rerum Bohemicarum scriptores aliquot antiqui reprennent entre autres les textes de Dubravius et de Pie II. Le grand érudit de l'histoire de la Bohême reste Balbin, né à Hradec Krâlové (Koenigsgratz) en 1611 et auteur de nombreux ouvrages historiques : l'Epitome historica rerum Bohemicarum (Prague, 1673) et les Miscellanea historica regni Bohemorum (Prague, 1679-1687, 10 volumes in-folio). Balbin avait projeté d'écrire une œuvre en vingt volumes mais la mort l'arrêta au dixième. Il traite dans ce dernier ouvrage de l'histoire naturelle, des peuples, de la topographie, des saints, des généalogies etc., de la Bohême. Au XVIIIe siècle enfin, Gélase Dobner (1749-1790), né à Prague, se consacre à l' instruction primaire dans la congrégation des écoles pieuses. Parmi ses ouvrages, il faut citer les Monuments historiques de Bohême, ainsi que l'édition en latin de la chronique de Venceslas Hâjek jusqu'à l'an 1198, en six volumes (Prague, 1761-1782) (Nicolas Cheney, Le livre miroir de l'autre: la Bohême vue de France, la France vue de Bohême du XVe au XVIIIe siècle, 2003 - books.google.fr).

 

Pour voir apparaître le terme de "république" il faut considérer les oeuvres d'émigrés bohémiens, ce qui peut laisser supposer une sensibilité particulière chez les auteurs des Centuries dans l'hypothèses où elles seraient antidatées.

 

Outre ces histoires à proprement parler, il convient de mentionner le volume consacré à la Bohême dans la célèbre série des Républiques, publiées à Leyde chez les Elzevier en 1643 : la Respublica bojema de Pavel Strânsky (1583-1657), membre de la secte des néoutraquistes qui se confondaient avec les luthériens, connut une plus grande diffusion auprès des lecteurs français que certains ouvrages d'histoire cités plus haut (Nicolas Cheney, Le livre miroir de l'autre: la Bohême vue de France, la France vue de Bohême du XVe au XVIIIe siècle, 2003 - books.google.fr).



[1] A. Malet et J. Isaac, « XVIIème & XVIIIème siècles », Hachette, 1923, p. 420

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