Les Doges Mocenigo

Les Doges Mocenigo

 

III, 90

 

1770-1771

 

Le grand Satyre & Tigre d'Hyrcanie,

Don presenté à à ceux de l'Ocean :

Le chef de classe istra de Carmanie

Qui prendra terre au Tyrren Phocean.

 

"Chef de classe" en Carmanie

 

"classe" à prendre pour classis flotte navale (cf. Gaffiot).

 

Pietro Mocenigo, 70e doge de Venise en 1474, est l'un des plus grands amiraux vénitiens, il remplit les caisses de l'État qui sont au plus bas après la défaite d'Eubée en 1470. En 1472 il prend et détruit Smyrne et entreprend au profit de la République de larges incursions en Asie mineure.

 

En 1473, Mocenigo, aidé des galères du Pape et de celles du Roi de Naples, secourut le Prince de Carmanie, que Mahomet, en haine de l'alliance qu'il avait faite avec le roi de Perse, avait dépouillé d'une partie de ses états. Avec ce secours le Prince de Carmanie rétablit les trois principales villes de ses états, & Mocenigo ravagea la Lycie, pendant qu'Usum-Cassan roi de Perse attaquait les Turcs d'un autre côté. Mais le Persan ayant perdu une grande bataille, où son fils ainé fut tué, et ayant en vain sollicité les Vénitiens, le Roi de Pologne & le Pape de se joindre à lui contre le Turc, fut obligé de rester en repos.

 

Il place Catherine Cornaro, reine de Chypre, sous la protection de Venise, et par ce biais la république obtient la possession de l'île en 1475.

 

Mocenigo après avoir fait lever le siege de Scudari, assiégée par les Turcs, revint à Venise en 1474 et fut élu doge. Tel fut le succès des grands armemens de l'Italie contre les Turcs.

 

Sous son règne, la lire d'argent commence à être frappée, en son souvenir, elle est appelée mocenigo. Son bref dogat se termine le 23 février 1476, lorsqu'il meurt d'une maladie contractée pendant la campagne militaire de Scutari (fr.wikipedia.org - Pietro Mocenigo, Augustin Calmet, Histoire universelle, sacree et profane, depuis le commencement du monde jusqu'a nos jours, Tome 14, 1769 - books.google.fr).

 

Pietro Mocenigo ritornando dalla Carmania castiga i ribelli di Cipro, che congiurarono contro Andrea, e Catarina Cornaro (Antonio Tommaso Barbaro, Il pellegrino geografo cronistorico da Napoli sino a Venezia, 1738 - books.google.fr).

 

Que Mocenigo soit allé en Carmanie est peu renseigné. On voit difficilement une flotte européenne parvenir dans le Golfe persique depuis la Méditerranée.

 

Ussum Cassan

 

Uzun Hasan (en turc : Hassan le Long) (1423 - 1478) fut un dirigeant des Aq Qoyunlu turkmènes. Il régna sur l’ouest de l’Iran qui comportait à l'époque l’Irak et la Turquie d'aujourd'hui. Son règne dura de 1453 à 1478.

 

Uzun Hasan entretint de bonnes relations avec l’empire de Trébizonde. Lorsque les Ottomans veulent annexer cet état, il se range du côté de l'empereur. Ce soutien n’empêcha pas les Ottomans de prendre Trébizonde le 26 septembre 1461. Uzun Hasan fut lui aussi vaincu par les Ottomans en 1471 à Erzincan et le 11 août 1473 à Tercan, près d’Erzincan. Après une dernière campagne contre le roi Bagrat VI de Géorgie à qui il impose un tribut, il tomba malade et meurt en 1478 dans sa capitale, Tabriz. En 1458, Hasan épouse Theodora Megale Komnena, fille réputée illégitime de Jean IV Comnène de l’Empire de Trébizonde. Elle fut aussi connue sous le nom de «Despina Hatun». Leur fille Halima (connue également sous son nom chrétien de «Marta»), devint la mère de Shah ismail d'Iran, fondateur de la dynastie des Séfévides.

 

Après l'assassinat en 1449 du prince-astronome Ulugh Beg de Samarcande, petit-fils de Tamerlan, son élève et collègue Ali Quchtchi partit avec une copie des tables astronomiques auxquelles ils avaient travaillé ensemble et se réfugia à Tabriz, auprès d'Uzun Hasan. Celui-ci l'envoya ensuite à Istanbul, auprès du sultan ottoman Mehmed II Fatih (fr.wikipedia.org - Uzun Hasan).

 

Suivant les orientalistes, le véritable nom du conquérant de la Perse était Hassan,et il fut surnommé le Grand, en arabe Al Thouil ou Al Thawil, en turc, Uzum, soit a raison de sa taille, soit à cause de ses exploits et de sa puissance. De la le nom d’Ussum Cassan, sous lequel il est le plus généralement connu. On lui trouvait une analogie de traits avec les Tartares, conquérants de la Perse; cependant il appartenait à une dynastie de Turcomans, dite du Mouton Blanc, qui gouvernait l'Arménie. Ayant succédé, en 1467, à son frère Géhangir, il défit Géhan Schali, sultan de la race du Mouton Noir, auquel il enleva les États que ce souverain ou ses prédécesseurs avaient conquis dans la Mésopotamie, la Chaldée et la Perse. Il vainquit ensuite le sultan Abu-Saïd, issu de Tamerlan, et lui enleva le Khorassan et la Transoxane. D'antique lignage, mais nouveau souverain, il crut. ajouter a l'éclat de sa puissance en épousant Despoina, nièce d'un Comnène qui gouvernaitune partie de l‘Asie Mineure avec le titre d'empereur de Trébisonde, et cherchait, de son côté, un appui auprès de Hassan contre les armes de Mahomet II. Hassan, en vertu de cette alliance, ayant requis le Sultan d'éloigner ses forces de Trébisonde et de la Cappadoce, la guerre s’allume entre eux. Les États d‘Italie, que la puissance ottomane menaçait de fort près, sentent, à l'instant, le prix de cette diversion. Le pape et Venise s’empressent d’exhorter Ussum Cassan à persévérer dans ses desseins, et un échange d’ambassadeurs s’établit. Ce fut, de la part des Vénitiens, d’abord Catarino Zeno, allié à la famille de la reine Despoïna ; ensuite, en 1471, Josaphat Barbare, chargé de reconduire l'ambassade persana dont parle notre manuscrit, avec de riches présents, de l‘artillerie, des artilleurs et des munitions de guerre. En même temps, une flotte combinée, commandée par Pierre Moncenigo, se dirigeait vers les côtes de l'Asie Mineure et y remportait quelques avantages; mais Barbaro, ne voyant pas jour à pénétrer jusqu'auprès d'Ussum Cassan avec les sccours qu‘envoyait la République, se jeta à travers le pays, en compagnie d'Azimamet qui fut massacré en route, et le Vénitien arriva, à grand‘peine et presque seul, à Ecbatane, au mois d’avril de l’année 1474. On attachait tant d’importance à ces relations, que, vers le même temps, un troisième envoyé de Venise, aussi d‘illustre famille, Ambroise Contarini, se rendait en Perse, par la Pologne, la colonie génoise de Gaffe et l‘Arménie (E. de Lan Coste, Anselme Adorne sire de Corthuy pelerin de Terre-Sainte, sa famille, sa vie, ses voyages et son temps. Récit historique, 1855 - books.google.fr).

 

Pendant le règne du Tartare Ussum Cassan, une partie de la Perse, flattée d'opposer un culte nouveau à celui des Turcs, de mettre Ali au-dessus d'Omar, & de pouvoir aller en pèlerinage ailleurs qu'à la Mecque, embrassa avidement les dogmes du sophi (le sage) surnom du persan Eidar. Les semences de ces dogmes étaient jetées depuis longtemps : il les fit éclore, et donna la forme à ce schisme politique et religieux, qui paraît aujourd'hui nécessaire entre deux grands empires voisins, jaloux l'un de l'autre (Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations: et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII, 1829 - books.google.fr).

 

"Ocean"

 

En 1473, l'armée turque se mit en campagne et vint se déployer à Tercan dans la plaine d'Erzincan. Uzun Hasan, qui avait marché à sa rencontre, prit position sur une chaîne de hauteurs dominant la rive gauche de l'Euphrate. On dit qu'il s'écria en voyant les troupes ottomanes : « Vay kâpoglu, ne derya dir! » (Ah, fils de pute, quel océan est-ce là !). C'est Has Murat pacha qui franchit le fleuve le premier. Mal lui en prit, car les soldats de Hasan ne firent qu'une bouchée de ses effectifs et il périt lui-même dans la mêlée. Mehmet, désespéré de la mort de son favori, en fut tellement démoralisé qu'il ordonna immédiatement la retraite vers Trébizonde. (Emile Janssens, Trébizonde en Colchide, Travaux de la Faculté de philosophie et lettres, Volume 40, 1930 - books.google.fr).

 

Mais Uzun fut vaincu quelques temps plus tard (André Clot, Mehmed II: Le conquérant de Byzance, 1990 - books.google.fr).

 

Mais on ne fit pas de cadeau à Mehmet II, sauf à perdre des batailles.

 

Puisqu'il a été question de Marco Polo, notons que pour les chinois Ta-Si-yang ou "Grand Ocean Occidental", c'est toute l'Europe occidentale (Henri Cordier, Gustaaf Schlegel, Edouard Chavannes, Paul Pelliot, Paul Demiéville, Jan Julius Lodewijk Duyvendak, T'oung pao: T'ung pao, 1935 - books.google.fr).

 

Cadeau

 

Je ne puis passer sous silence une des pièces les plus célèbres du Trésor ; je veux parler d'une grande coupe quadrilobée sur laquelle sont représentés cinq lièvres en bas-relief. Sa monture se compose d'un large bandeau d'or gemmé et filigrane orné de place en place d'émaux cloisonnés. Ce vase qui passe pour avoir été donné par un roi de Perse à la république de Venise, en 1472, est dit-on de turquoise Je ne puis avoir la prétention de trancher cette question qu'un examen minutieux de la pièce permettrait seul de résoudre. [...] Ce vase est du reste depuis longtemps connu en France et ce n'est pas la première fois qu'il donne lieu à des discussions entre archéologues. Montfaucon l'a décrit et a donné l'explication de l'inscription arabe qui se lit sur le fond :Bar Allao, Opifex Deus, ce qui veut dire dans la pensée de l'artiste que Dieu seul était capable de produire une telle œuvre. On trouve une assez mauvaise gravure de ce beau monument dans les Voyages de La Mottraye. D'où venait ce vase quand il tomba entre les mains du schah Uzun Hassan qui en fit cadeau à la République ? Il est impossible de le savoir, mais il est très vraisemblablement antérieur au XVe siècle. Uzun Hassan fut un prince conquérant et  par conséquent il dut lui passer par les mains une grande quantité de butin; il est probable que la coupe du Trésor de Saint-Marc a fait partie des dépouilles de la conquête de la Perse. Uzun Hassan était du reste en relations d'amitié avec les Vénitiens : en 1471 il donna à Catarino Zeno un morceau de corne de licorne monté en argent pesant huit livres, et le dessin de ce précieux témoignage de cordialité nous a été conservé (Emile Molinier, Le trésor de la basilique de Saint Marc à Venise, 1888 - books.google.fr).

 

"Satyre"

 

L'Antiquité donnait le nom de satyres à diverses espèces de singes d'Afrique (Pline, Histoire naturelle, V, 7, V, 46 et VI, 197) et d'Asie (VII, 24). (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

Les tigres d'Hircanie obéissent à la prêtresse Enothée dans le Satyricon de Pétrone (pour "satyre"), sorcière chargée de guérir Encolpe de son impuissance.

 

Prosélénos le confie à la prêtresse du dieu Priape, Oenothéa, qui se charge de le guérir (CXXXIV), et l'emmène dans sa cellule où le charme doit opérer (CXXXV). Pendant une courte absence d'Oenothéa, trois oies saorées fondent sur Encolpe, qui, en se défendant, tue l'une d'entre elles. Douleur et colère d'Oenothéa à cette nouvelle (CXXXVI). Encolpe l'apaise à prix d'or, et les opérations magiques commencent. Mais elles sont si douloureuses qu'Encolpe s'échappe, poursuivi par les deux vieilles (CXXXVII-CXXXVIII).

 

Elle lui a enfoncé dans 1e rectum un gros instrument de cuir (un fascinum) et l'a battu avec des orties. On ignore ce qui se passe ensuite et de quelle manière finit le Satyricon. Pétrone se suicida dans son bain en 67 de notre ère, pour obéir à l'ordre de mort de Néron, à la cour duquel il avait été l'arbitre des élégances. On crut, sur la foi de Tacite, qu'il aurait dicté le Satyricon le jour de sa mort (ce qui serait vraiment un exploit surhumain), pour flétrir le règne de ce tyran. En fait, le Satyricon est surtout un ouvrage d'esthète, avec des morceaux parodiques ou volontairement exagérés; Pétrone voulut intervenir dans la querelle des Anciens et des Modemes agitant les lettrés de son temps par un livre dont les outrances le mettaient du côté des Modernes (Alexandrian, Histoire de la litterature erotique, 1989 - books.google.fr).

 

La première édition du Satyricon (Bernardinus de Vitalibus, Venise. 1499, in-4) contenait peu de fragments, la seconde à Leipzig, par Jacobus Thanner, en 1500. Le Souper de Trimalcion ne fut découvert qu'en 1663, à Traun en Dalmatie, par Martinus Statilius (Pierre Petit) qui défendit sa découverte et envoya le manuscrit à Grimani, ambassadeur de Venise à Rome, pour le faire étudier par les savants : il fut établi qu'il datait au moins de deux cents ans. Il fut publié en 1664 (Padoue et Paris, in-8). Une supercherie littéraire de Fr. Nodot, bientôt découverte, annonça un Satyricon complet, dont le manuscrit prétendu aurait été trouvé à Belgrade et publié en 1693 (Rotterdam, in-12) (Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, 1876 - books.google.fr).

 

Dans l'Epistolae Magni Turci (Neapel 1473 u.6.) de Laudivius Zacchia, véritable best-seller, les deux adversaires du moment s'y vantent l'un et l'autre d'avoir dépassé ou égalé le Macédonien, leur prédécesseur en matière de chance, de gloire et de puissance. Mehmet II: Alexandrum felicitate ac rerum gestarum gloria equavimus. Uzun Hasan: solusque post Alexandrum bella gentibus indixi. À la veille d'une autre bataille décisive, celle qui eut lieu sur le Tigre (1457), dans une lettre authentique adressée au général de Djahangir Mirza, son frère et rival, Uzun Hasan s'était comparé lui-même à Alexandre, «jeune, vaillant, averti, éclairé», face à Darius, «vieux césar (qaysar) impuissant» (Abu Bakr-i Tihrânî, Kitâb-i Diyàrbakriyya). Après la victoire du chef de la confédération turcomane du «Bélier Blanc», les docteurs en théologie musulmane l'avaient proclamé «sultan du monde», empereur destiné à régner sur l'Univers en vertu de la magie de lettres, dates, chiffres et paroles, dont celles du Coran, XXX 3-4, sourate de Rûm. Uzun Hasan au blanc drapeau était aussi qualifié de maintes autres épithètes, bien dans l'esprit de l'époque: «Envoyé du IXe siècle» de l'Hégire, «Seigneur du Temps», Iskandar i sani, «le second Alexandre». Et le Sénat Vénitien d'y faire écho, l'appelant el secondo Alessandro dans la mission secrète (11 février 1474) confiée à A. Contarini. C'est dire que la représentation du triomphe de Uzun Hasan, assimilé au Roi de Macédoine, mise en scène à Rome dans la nuit du 1er au 2 mars 1473, mardi de carnaval, ne fut pas une simple mascarade. Ce spectacle complexe, quoiqu’éphémère, nourri d'allusions événementielles et d'allégories politico-culturelles, pensé et réalisé à la veille de l'affrontement entre les deux puissances du temps, eut l'allure d'un rite propitiatoire. Nous nous bornerons ici à en restituer le déroulement scénique, sur la base de témoignages (annexes I-III) dont plusieurs savants n'ont pas saisi la véritable signification (Angelo Michele Piemontese, La représentation de Uzun Hasan sur scène à Rome (2 mars 1473), Turcica, 1991 - books.google.fr).

 

Dans le quatrain IX, 31, on retrouve la Carmanie, Alexandre et le carnaval en relation avec la fête de Pourim.

 

D'Attila à Tamerlan, les peuples des steppes semèrent la panique à l'est (en Chine) comme à l'ouest (en Occident). Uzun Hasan se dit descendant de Tamerlan.

 

En Allemagne, Attila, à la suite du Nibelungenlied, est peint comme un roi sage et vaillant. En Italie, il continue à être le flagellum Dei des auteurs chrétiens. Il est représenté avec des oreilles de chien et l'apparence d'un satyre. Cela tient à la description d'un auteur, de l'époque de Justinien, qui affirme que les Huns descendaient des faunes des bois qui s'étaient accouplés à des sorcières (Matteo Campagnolo, Falso ma non troppo, L'art d'imiter: images de la Renaissance italienne au Musée d'art et d'histoire, 1997 - books.google.fr).

 

Dans la symbolique chrétienne les démons sont les héritiers des pans, satyres et faunes. M. Babelon montre une médaille d'Attila, fabriquée en Italie au début du XVIe siècle d'après les données de la tradition médiévale. Attila y est figuré comme un faune avec des cornes. des oreilles et une barbiche de bouc (Chroniques de l'Institut, Journal des savants, Académie des inscriptions et belles-lettres, 1914 - books.google.fr).

 

"Tyrren"

 

D'où vient donc le nom de Tyrséniens ou Tyrrhéniens, par lequel cette ancienne race est désignée, sinon constamment, du moins très-fréquemment depuis le temps de Thucydide, avec omission fréquente du nom de Pélasges (Apollon, de Rhodes, iv, 1760 ; Plut., Virt. mut., 8; Quest.gr., 21; - Polyaen., vn, 49 ; - Porphyr., V. Pyth., 10)? Pour répondre à cette question, il faut naturellement s'adresser à la ramification de cette grande famille chez laquelle on trouve pour la première fois le nom de Tyrrhéniens. Or nous le trouvons, et déjà complétement isolé, dans un hymne homérique, où il est appliqué à des pirates qui s'emparent de Dionysos, ou Bacchus, sur la côte, pour le transporter dans des régions éloignées, en Egypte, en Chypre, ou même chez les Hyperboréens, et qui, pour ce fait, sont changés par les dieux en dauphins. Il est évident qu'il ne s'agit pas ici des Étrusques, mais du rameau des Pélasges dont nous venons de parler. Le caractère de ces Tyrrhéniens et celui des Pélasges-Tyrrhéniens de Lemnos est complétement identique. C'est, en effet, à ceux-ci, comme à un peuple voisin, que l'auteur de l'hymne devait penser tout d'abord; puis, en outre, c'est précisément l'Italie, ou Hespérie, qui n'est pas nommée dans cet hymne parmi les pays où les Tyrrhéniens comptent emmener leur prisonnier. On sait que le mythe deBacchus est une tradition populaire de Naxos, puisque cette île de la mer Égée est le siège principal du dieu et qu'on la cite plusieurs fois comme le lieu où il veut être conduit (Hygin, Poet. aslr., 1,17; Apollodor., III, 5,3 ; Ov., Met.,III, v. 577-700 ; Serv. ad AEn., I, v. 71 et III, v. 125). Mais les Tyrrhéniens sont représentés dans cette tradition comme habitant la côte opposée, par conséquent la côte asiatique ou lydienne : or beaucoup d'autres documents placent dans cette contrée le souvenir des Tyrrhéniens : c'est ainsi qu'une tradition populaire de Samos raconte que les Tyrrhéniens avaient entrepris d'enlever, au profit des Argiens, l'image de Junon adorée dans cette île (Ménodote dans Athénée, XV, 672). On trouvait aussi, eu Carie, un promontoire nommé Termérion, où, d'après la tradition, les Tyrrhéniens auraient renfermé les captifs dont ils s'étaient emparés dans leurs expéditions (Photius, Lex., p. 579, 25, et Suidas, s. v. "Terméria"). On est donc amené à supposer que ce fut d'abord dans l'Asie antérieure qu'un rameau de la grande famille pélasgique reçut le nom de Tyrrhéniens, nom qui fut appliqué plus tard aux établissements qu'ils formèrent dans différentes contrées. Si ce sont les Pélasges de l'Asie Mineure qui portèrent d'abord le nom de Tyrrhéniens, d'où leur vint-il ? Nous pouvons supposer que "Turrènos" ou "Tursènos" n'est autre chose qu'un nom topique dérivé d'un lieu nommé "Turra" ou "Tursa", d'après une forme que nous retrouvons dans "Kuzikènos", "Plakiènos", et qui était surtout usitée en Asie. Dès lors, la ville de "Tursa", dont "Turrènos" est formé d'une façon tout à fait régulière, ne saurait être cherchée loin de la contrée indiquée par les notions rassemblées jusqu'ici. C'était une ville de la Lydie (étymol. M., s. v. "Turranos"), et, d'après toute probabilité, c'est la même qui fut appelée par les Grecs Métropolis, mais qui plus tard reprit son nom primitif Tyria (Mannert, Geogr., VI, 3, p. 371). Elle était située dans la Lydie méridionale sur les bords du Caystre; mais la Lydie méridionale s'appelle dans le dialecte indigène Torrhébie (Et. de Byz., s. v. "Torrèbos"): or Tyrrha et Torrha sont évidemment deux prononciations différentes du même mot; on peut donc considérer Tyrrhéniens et Torrhébiens comme identiques. Nous arrivons ainsi à déterminer qu'il y a une grande conformité entre la tradition rapportée par Xanthus de Lydie et celle que nous transmet Hérodote, lorsque l'un donne aux fils d'Atys les noms de Lydus et Torrhébus, tandis que l'autre les appelle Lydus et Tyrrhénus; car le premier, en sa qualité de Lydien, employait la forme lydienne du nom, et le second a employé la forme grecque (Otf. Müller, Die Etrusker, Introd., ch. II, § 3-5) (Joseph Marin Adolphe Noël Desvergers, L'Étrurie et les Étrusques; ou, Dix ans de fouilles dans les maremmes toscanes, Tome 1, 1864 - books.google.fr).

 

En 1472, Mocenigo ravage Mitylène, Dilo et les Cyclades, pendant que le sultan était occupé ailleurs. Il avait menacé toute la Natolie, et avait enfin pris Smyrne, qu'il ruina de fond en comble. La retraite d'Oussoun-Haçan, qui n'avait pu forcer le camp retranché de Mahomet, priva, en 1473, Mocenigo des avantages qu'il avait espérés. (Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderne, Tome 28, 1854 - books.google.fr).

 

"Tigre"

 

Le léopard et la panthère ont été souvent confondus sous le nom général de tigres. Le vrai tigre, le tigre royal (felis tigris, L.), était encore inconnu du temps d'Aristote; car il ne se trouve point compris parmi les animaux féroces qu'Alexandre rencontra dans l'Inde, patrie du tigre royal, que Buffon dépeint comme «bassement féroce et cruel sans justice». Mégasthène, cité par Strabon, parle le premier du tigre comme habitant une province de l'Inde (Bengale), traversée par le Gange. Pompée montra aux Romains les premiers tigres qu'ils eussent vus. Pline signale l'Hyrcanie et l'Inde comme le séjour naturel du tigre, qu'il appelle un animal d'une effroyable vélocité, tremendæ velocitatis animal, et il donne à entendre que de son temps il était bien plus rare que la panthère. Le vrai tigre, le tigre rayé, appartient exclusivement à l'Asie. C'est par erreur qu'il a été signalé comme habitant aussi l'Afrique. Ses lieux d'élection sont la côte de Malabar, le Bengale, l'île de Java, le royaume de Siam ; de là il a pénétré jusque vers le nord de la Chine (Ferdinand Hoefer, Histoire de la zoologie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, 1873 - books.google.fr).

 

C'est sans doute à l'influence du bas-latin uncia, que sont dues les désinences des formes italiennes loncia, lonzia, etc., employées au XIVe et au XVe siècles, en même temps que lonza. Pour ce qui est des autres variantes de ce nom, voici comment je m'explique leur origine. A partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, la rapide extension que prit le commerce des Vénitiens, des Génois et des Pisans, en Asie Mineure et sur les cotes d'Afrique, eut, entre autres conséquences, celle d'une plus frequente importation d'animaux orientaux en Italie. L'occasion de voir les panthères, exhibées sous le nom de lonze, se presenta souvent, et le peuple observant qu'elles avaient un air de famille avec les lions, les lionnes et les leopards, fut amené à les appeler leonze, leonzie, lionse, etc. Mais ces altèrations sont extrèmement rares dans les écrits antérieurs au XIVe siècle. Jusqu'ici on n'a relevè que celle de leonza dans un vers de Rustico di Filippo, et celle de leuncia dans un texte latin de la fin du XIIIe siècle. Cette sorte de classification des grands felins, basée sur le « type lion », s'étendit au tigre dans les narrations des premiers voyageurs, qui ont décrit cet animal de visu. Ainsi pour Marco Polo c'est «un lyon grandisme, tout vergé par long, noir et vermoil et blanche» ; pour Josaphat Barbaro, amassadeur vénitien auprès des Persans (Giornale storico della letteratura italiana, Volume 53, 1909 - books.google.fr).

 

Ambrogio Contarini (1429-1499) est un marchand et diplomate vénitien connu pour son récit de voyage relatant son ambassade en Perse (1474-1477). Envoyé par la Sérénissime République pour nouer une alliance de revers contre les Ottomans, Ambrogio Contarini traverse l'Europe centrale, orientale, la Russie, le Caucase, vit de multiples aventures au péril de sa vie. La relation de voyage qu'il tire de son long périple, les longues descriptions de la vie à la cour d'Ispahan permettent aux Occidentaux de compléter une géographie lacunaire et de découvrir une civilisation méconnue. Il n'est cependant pas le premier représentant de la grande cité maritime à se rendre en Orient dans le même but car deux autres italiens, Caterino Zeno et Josaphat Barbaro, l'avaient précédé de quelques mois.

 

Il faut attendre 1486 pour que soit publié à Vicence son récit de voyage sous le titre de Questo e el viazo de mister Ambrosio Contarin ambasador de la illustrissima signoria de Venesia al signor Uxuncassan Re di Persia (fr.wikipedia.org - Ambrogio Contarini).

 

Josaphat ou Giosafat Barbaro (né en 1413 à Venise et mort en 1494 dans la même ville) est un explorateur vénitien du XVe siècle. De 1436 à 1475, il fit plusieurs voyages dans la Perse, la Turquie, la Tartarie et la Géorgie dont la relation a été publiée en 1543 et 1545 à Venise (fr.wikipedia.org - Josaphat Barbaro).

 

Vennero in questo mezo alcuni con certi animali che erano sta' mandadi da un signor de India. E primo de i quali fu una leonza in cadena menata da uno che havea pratica de simil cose, la qual in suo lenguazo chiamano babincht.

 

babincht. Si tratta probabilmente della parola persiana babr, « tigre », o babr-i-bayan, « tigre reale » (Laurence Lockhart, I Viaggi in Persia degli ambasciatori veneti Barbaro e Contarini, 1973 - books.google.fr, Secondo volume delle Navigationi et viaggi, raccolto gia da M. Gio. Battista Ramvsio, 1583 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le quatrain II, 21, daté de 1646, raconte la perte de l’Eubée en 1470 par Venise, qui perdra encore la Crète en 1669 après une guerre commencée en 1645 contre les Turcs.

 

Si Pietro Mocenigo règne au moment de l'apogée de Venise, un autre Mocenigo est doge, en 1770, à son déclin (cf. Lettre à Henry), d’une manière antitypologique.

 

Alvise IV Giovanni Mocenigo (né le 19 mai 1701 à Venise – mort le 31 décembre 1778 dans la même ville) est un homme politique italien du XVIIIe siècle, qui est le 118e doge de Venise, élu en 1763. La République de Venise est désormais en plein déclin, sans politique internationale car elle est enfermée dans une immobile neutralité, isolée du progrès économique, presque le jouet des évènements. Son dogat est plus rappelé pour la finesse du mobilier de ses appartements que pour des actes politiques ou historiques. Vers 1770 la crise économique frappe la République et les remèdes ne sont que des palliatifs. Les lois contre le luxe se révèlent tout aussi inutiles et il y a de nombreux scandales financiers et de mœurs, signe du déclin moral de la classe dirigeante. Même le doge est impliqué dans une histoire embarrassante lorsque son anneau est retrouvé entre les mains d'une « noble dame ». Malgré ces faits, Mocenigo est un bon souverain, modéré, généreux. Il limite les privilèges du clergé, et par conséquent entre en conflit avec la pape Clément XIII. Pour chercher à développer l'économie, il crée d'importantes relations commerciales avec Tripoli, Tunis, le Maroc, la Russie et même l'Amérique (fr.wikipedia.org - Alvise Giovanni Mocenigo).

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