Georges Washington

Georges Washington

 

III, 35

 

1730-1731

 

Du plus profond de l’Occident d’Europe,

De pauvres gens un jeune enfant naistra,

Qui par sa langue seduira grande troupe :

Son bruit au regne d’Orient plus croistra.

 

Acrostiche : DDQS, Diis deabusque sacrum

 

Cette formule conduit à une époque antéchristique où l'Europe était païenne. Même si au sujet de la croix chrétienne, Sedulius écrit, cité par Cornelius a Lapide (1567 - 1637), «Summum crucis sive altitudo, inquit, est Oriens; profundum sive imum, est Occidens; cornu dextrum, est Septentrio; sinistrum, est Meridies.» (Cornelius a Lapide, Commentaria in Scripturam sacram, 1863 - books.google.fr).

 

Coelius ou Caelius Sedulius, ou encore seulement "Sedulius" est un poète chrétien de la première moitié du Ve siècle (fr.wikipedia.org - Coelius Sedulius).

 

"De plus profond..."

 

Etienne de Byzance dit précisément que les Cynètes (c'est le même peuple que les Cynésiens) sont les derniers peuples de l'Europe du côté de l'Occident. Cela est exprimé de la manière la plus claire dans Aviénus (Avieni Ora maritima, vers. 200. Tome II) :

 

...Indè Cempsis adjacent

 

Populi Cynetum propè Cyneticum jugum.

Qua syderalis lucis inclinatio est,

Alte tumescens ditis Europæ extimum

In belluosi vergit oceani salum.

 

Ana amnis illic per Cynetas effluit,

Sulcatque glebam (Pierre-Henri Larcher, Histoire d'Hérodote, 1802 - books.google.fr).

 

Les Cynétes étoient originaires de cette partie des Gaules, qui porte aujourd'hui le nom de Roussillon. C'est Festus Avienus qui nous a transmis cette importante anecdote. Une branche de ce peuple passa à une extrémité de l'Ibérie, & y pota fon nom, qu'il communiqua à la région qu'il occupa. Les Cynétes d'Espagne ont été connus d'Herodote, qui les appelle encore Cynesiens. Cet Historien les fait voisins des Celtes ou Gaulois, qui étoient situés au Promontoire Celtique ou Cap de Finistere : Festus Avienus donne plus exactement leur position en disant qu'ils étoient postés sur les deux rives de l'Ana. Comme cette riviere a sa source dans la nouvelle Castille, & se jette dans l'Océan; il est visible que les Cynétes étoient dans la Lusitanie. Aussi Etienne de Byzance place-t-il auprès de l'Océan un Cap d'Espagne appellé Cyneticum. Ce qu'Avenius appelle Promontoire Cynetique, Euftathe le nomme colonne Cynegetique. Sans doute il faut lire Cynetique. Ce Commentateur ajoûte que c'est la Colonne d'Hercule qui est dans la Lybie, non d'Afrique, mais de la partie de l'Espagne, qui étant sous la domination des Carthaginois, prenoit à cause d'eux le nom de Libye. Une remarque importante, c'est que les Cynétes occupoient le territoire que les Romains appelloient Cuneus. Comme ce territoire formoit un angle qui s'avançoit dans la mer Strabon & Mela ont débité que ce mot signifioit un coin, & que les Romains lui avoient donné ce nom à cause de la pointe de terre qui s'étend dans l'Océan. Jamais idée ne fut plus fausse. Le mot Cuneus est un nom Celtique latinisé. Il a la même racine que celui des Cunetes ou Cynetes. Le peuple de ce nom avoit Conistorsis ou Conistorgis pour Capitale. Ce qui le rend plus illustre, c'est que son origine étoit Celtique, & que c'est des Gaules qu'il s'étoit transplanté en Espagne. Il ne faut donc pas être surpris de la position qu'Hérodote & Festus donnent à une tribu de Cynétes, qui s'étoit arrêtée au pied des Pyrénées. Appien n'a connu les Cynétes de la Lusitanie que sous le nom de Cunei. C'est un mot corrompu & derivé de Cuneus, dont les Cynetes étoient de tout tems en possession. Justin parle honorablemenr de ce peuple, & le fait très-ancien. Il est vrai qu'il l'appelle Curetes : mais c'est visiblement une faute de copiste; il faut lire Cunetes ou Cynetes (Jacques Martin, Histoire des Gaules, et des conquêtes des Gaulois, Tome 1, 1752 - books.google.fr).

 

"jeune enfant" : Viriathe

 

En -194, la première guerre éclate entre romains et Lusitaniens, qui sont à l'époque un peuple autonome. Dès -179, les Romains ont réussi à pacifier la région, et ont signé un traité de paix. Mais, en -155, une révolte majeure éclate. Le préteur Servius Sulpicius Galba et le proconsul Lucius Licinius Lucullus arrivent en -151, et commencent à soumettre les populations locales. Au printemps -150, il ravagea le pays. Les Lusitaniens lui envoyèrent une ambassade, déclarant qu'il avait violé le traité qu'ils avaient conclu avec Marcus Atilius en -152, traité qui avait été refusé par le Sénat. Il reçut les ambassadeurs avec bonté, et déplora que les circonstances, particulièrement la pauvreté de leur pays, les eurent entrainés à leur révolte contre les Romains. Il leur promit trois territoires, dont les terres étaient fertiles, afin qu'ils s'y installent avec leurs femmes et les enfants, à condition qu'ils restent les alliés fidèles de Rome. Une fois les Lusitaniens installés, il attaqua alors l'un après l'autre les trois territoires, massacrant la population sans aucune pitié. Très peu purent s'échapper, mais parmi les survivants se trouvait Viriatus, qui prit peu après la tête de la révolte contre Rome (fr.wikipedia.org - Guerre lusitanienne).

 

Mais alors se révéla Viriathe. Il était originaire de la Lusitanie occidentale, proche de l'Océan. Son nom dériverait de Viria, bracelet, collier, et serait l'équivalent du latin Torquatus. C'était un ancien berger qui comme tous ses compatriotes avait aussi plus ou moins pratiqué le brigandage, c'est-à-dire razzié à l'occasion les troupeaux de ses voisins. Sa force physique, son courage, son esprit rusé qu'on avait pu apprécier dans ses luttes contre les hommes ou les bêtes féroces, l'avaient rendu célèbre. Échappé au massacre machiné par Galba, il détourna ses compagnons de se fier à la parole des Romains. Choisi alors comme chef, il devait durant huit ans, de 147 à 139, mener la lutte contre Rome. Grâce à son ascendant personnel il donna aux Lusitaniens indisciplinés ce qui leur manquait : l'unité de commandement. Pratiquant la guerilla sur une grande échelle, grâce à sa connaissance admirable du terrain il rendit bientôt la campagne intenable aux légions. Il les assaillait à l'improviste, puis se retirait pour revenir encore à la charge, jusqu'à ce qu'elles fussent harassées. S'il était battu, il faisait front avec une troupe d'élite pour donner le temps au reste de ses hommes de se disperser, puis il s'échappait à son tour, et sa connaissance des lieux et la vitesse de ses chevaux le mettaient vite à l'abri. Les Romains, à l'armure trop lourde pour évoluer rapidement sur des terrains aussi difficiles que les montagnes de Béturie surtout dans la saison d'été, dépourvus de bonne cavalerie, ne pouvaient le joindre. S'ils se risquaient à le poursuivre et se dispersaient, il se retournait alors contre les isolés et en faisait un grand massacre; les armées fondaient devant lui. Il commença par tirer ses compatriotes du mauvais pas où ils se trouvaient. A un signal donné ils se divisèrent en petits groupes que les Romains renoncèrent à poursuivre, et s'échappèrent par divers chemins pour se réunir dans la ville de Tribola où il leur avait donné rendez-vous. Lui-même, avec une troupe choisie de 1.000 cavaliers, soutint pendant deux jours l'effort de l'adversaire, tantôt attaquant, tantôt retraitant, puis quand il eut conjecturé que les autres Lusitaniens avaient eu le temps de s'échapper, il rompit le contact et pendant la nuit, par des chemins écartés, il les rejoignit à Tribola. Vetilius le poursuivit, mais si lentement que Viriathe eut le temps de lui tendre une embuscade dans un défilé de la montagne où le préteur perdit la vie avec plus du tiers de son armée. Le reste se réfugia dans une ville du littoral vers l'embouchure du Bétis. Le questeur la mit rapidement en défense et appela à la rescousse les alliés espagnols du Nord, Belli et Titthi, de Nouvelle Castille. Ces événements devaient se passer sur la rive droite du Bétis. Schulten, assimilant Carpessus à Carteia place la défaite de Vetilius dans la vallée du Guadiato, et Tribola, où il retrouve une racine celtique «Treb», chez les Celtes qui habitaient la Sierra de Ronda. Mais Appien nous dit que Tribola était à deux jours de marche du lieu de la première rencontre entre Viriathe et Vetilius : si celui-ci est dans la vallée du Bétis, nous rechercherons Tribola en direction de la Lusitanie, sur les confins de l'Extremadoure où habitaient aussi des Celtes. Le défilé où fut attaquée l'armée romaine sera celui qui traverse la Sierra Morena et qu'emprunte aujourd'hu le chemin de fer de Guadajoz à Zafra. La ville de Carpessus sur la côte, où elle se réfugia, doit plutôt s'identifier avec la région de l'ancienne Tartessos et se trouver près de l'estuaire du Bétis ou en face de Cadix. Viriathe s'était retourné contre les Belli et les Titthi et les avait écrasés. Il en profita pour ravager ensuite la Carpétanie. Quand C. Plautius, le nouveau gouverneur d'Ultérieure, l'y vint chercher, il feignit de fuir, attira les poursuivants dans une embuscade et en tua 4.000 . Il établit alors son quartier général sur la rive droite du Tage, sur une hauteur couverte d'oliviers, nommée le Mont de Vénus (la Sierra de San Vicente), d'où il pouvait, suivant les occasions, descendre sur la Carpétanie ou la Turdétanie. Plautius essaya de l'en débusquer, il fut rejeté et en plein été dut distribuer ses troupes dans leurs cantonnements, incapable de poursuivre la lutte plus longtemps. Viriathe tenait alors presque toute la province Ultérieure, sur laquelle il percevait de véritables tributs; les Romains ne gardaient que la côte et des villes isolées, comme Cordoue et Italica. La troisième guerre de Macédoine contre Andriscos et la troisième guerre punique occupaient alors Rome, aussi ne réagit-elle point. Enfin, après la réduction de l'Achaïe et la prise de Carthage elle eut les mains libres. On jugea nécessaire d'envoyer un consul : Fabius Maximus Aemilianus, le fils de Paul Emile le vainqueur de Pydna, et de lui donner deux légions nouvelles. Il convoqua les alliés, mais comme toute la rive droite du Bétis était perdue, il dut se concentrer assez loin en arrière, à Urso (Osuna). Avant d'ouvrir les hostilités il jugea bon d'aller sacrifier à l'Hercule de Gadès pour se concilier sans doute les bonnes grâces des populations sémitiques. Grâce à un emploi judicieux des avant-postes et des reconnaissances de cavalerie, il évita toute surprise. Puis lorsqu'il sentit ses troupes bien en main, il affronta la bataille et fut vainqueur; il détruisit deux refuges de Viriathe qu'il rejeta à Baikar (Baecula ? = Bailén), tandis que lui-même s'établissait à Cordoue. Mais au début de 143 il rentrait à Rome et tout était à recommencer. Son successeur, Q. Pompeius (A. filius) fut incapable de poursuivre son œuvre. Viriathe put impunément se tourner contre la Citérieure, s'allier avec les Belli et les Titthi qu'il détacha de Rome, et avec les Arévaques; il battit le préteur Quinctius, le coupa de sa province et le força à s'enfermer à Cordoue, il enleva la ville d'Itucci (vers Baena) qui commandait la vallée du Guadajoz, ce qui lui ouvrit le pays des Bastétans. On peut dire qu'il tenait presque tout l'intérieur de la péninsule sauf la vallée de l'Ebre. Et la guerre se rallumait autour de Numance : les Celtibères excités par ces succès commençaient à ne plus craindre Rome. Il fallut à la fin de 142, pour rétablir la situation, envoyer Fabius Maximus Servilianus, le frère par adoption d'Aemilianus, avec de nouveaux renforts de la péninsule italique, et en plus 300 cavaliers numides et 10 éléphants qu'il demanda au roi Micipsa. Il donna d'abord de l'air à Cordoue en reprenant, semble-t-il, Itucci et battit Viriathe dont il ne put pourtant empêcher les troupes légères et les cavaliers de le harceler continuellement de jour et de nuit. Changeant alors de plan, il renonça à l'attaquer en personne, mais il se porta à l'Ouest, en Béturie, enleva cinq villes qui avaient fait défection, réduisit les Cunei et menaça les Lusitaniens eux-mêmes. Viriathe dont les troupes avaient été fort réduites, dut accourir en hâte pour secourir ses alliés et couvrir ses compatriotes. Servilianus après cette feinte revint alors vers la Turdétanie; il y fut attaqué par deux chefs de bandes, Curius et Apuleius, lieutenants de Viriathe sans doute, mais dont le nom latin laisse supposer qu'ils étaient des déserteurs, et qui mirent le désordre dans son armée et lui enlevèrent son butin. Mais l'un d'eux fut tué dans la bataille, et Servilianus peu après reprit l'avantage sur l'autre. Il s'empara alors tranquillement de trois villes importantes : Escadia (Astigi = Ecija), Gemella (Martos) et Obulcula (Moncloa), puis d'autres forteresses, pillant les unes, épargnant les autres, suivant sans doute qu'elle résistaient ou se rendaient. Pour faire un exemple, sur ses 10.000 prisonniers, il ordonna d'en décapiter 500 et le reste fut vendu comme esclaves. Par contre il fit grâce à un chef nommé Connoba qui s'était rendu, mais fit couper les mains de ses hommes suivant la coutume lusitanienne. La rive gauche du Bétis était reprise, il passa alors sur la rive droite contre Viriathe lui-même et investit Erisana (Arsa ? = Azuaga ?) un de ses refuges. Mais il ne put l'empêcher de rompre les lignes d'investissement, de dégager la place et de le battre lui-même. Viriathe pourtant en avait assez de la lutte; il profita de cette victoire qui lui permettait de traiter honorablement. Servilianus de son côté eut la sagesse de ne pas s'obstiner : il lui suffisait d'avoir libéré la province. Il reconnut à Viriathe la possession des territoires qu'il occupait encore jusqu'à la Sierra Morena et lui fit même accorder le titre de roi et d'ami du Peuple Romain. Mais Servilius Caepio, son frère par le sang et successeur, voulut avoir la gloire d'en finir. Sous prétexte que le traité était funeste au prestige de Rome, il obtint du Sénat l'autorisation d'exciter sous main des révoltes contre Viriathe, puis de lui déclarer officiellement la guerre. Viriathe avait été trop affaibli par Servilianus pour résister aux forces supérieures de Caepio. Il ne put garder Arsa, fut vaincu malgré l'indiscipline des cavaliers romains et s'il réussit à sauver habilement son monde, dut néanmoins fuir jusqu'en Carpétanie, poursuivi par Caepio dont Castra Servilia marque sans doute le passage dans la région de Caceres, suivant la grande voie naturelle Sud-Nord, la via de la Plata. Il entra alors en pourparlers avec Popilius Laenas gouverneur de Citérieure. Il accepta de livrer les transfuges, dont son beau-frère à qui il avait donné un commandement, mais quand on lui demanda de rendre ses armes, il refusa. Il était néanmoins incapable de continuer la lutte; il renoua des négociations avec Caepio qui corrompit ses trois envoyés, dont l'un au moins (et peut-être tous trois) originaire d'Urso désirait à ce prix rentrer en grâce; tous étaient d'ailleurs las de la lutte, et ils l'assassinèrent pendant son sommeil (139). Sur les noms de Ditalces et Audax, Diodore, Appien et Tite Live sont d'accord; le troisième se nomme Nicorontès d'après Diodore. Ils espéraient une forte récompense; Caepio leur garantit d'abord le pardon avec la libre jouissance de leurs biens; mais le Sénat auquel il en référa pour le reste, refusa de les recevoir et leur fit répondre que les Romains n'avaient jamais admis l'assassinat d'un général par ses soldats. Caepio n'obtint pas le triomphe. Le chef qui prétendit prendre la suite de Viriathe, Tantalos, profita de la guerre qui faisait rage autour de Numance pour tenter, en filant au Nord de la province, un raid sur Carthagène, qui échoua. Au retour Caepio le joignit au moment où il passait le Bétis et le força à capituler. Il désarma ses hommes et leur donna des terres en quantité suffisante pour les fixer et les empêcher par pauvreté de se livrer au brigandage. C'était la fin de l'insurrection, si l'on peut ainsi parler : car au fond la Bétique ne s'était pas soulevée. Viriathe avait pu faire figure de héros national pour les Lusitaniens; il avait été accepté pour chef grâce à ses qualités personnelles (Raymond Thouvenot, Essai sur la province romaine de Bétique, 1940 - books.google.fr).

 

Quintus Servilius Caepio est le père de Quintus Servilius Caepio (consul en -106) impliqué dans l'affaire de l'Or de Toulouse (fr.wikipedia.org - Quintus Servilius Caepio (consul en -106)).

 

Cf. les quatrains VIII,28-29-30 - Habet Aureum Americanum - 2050-2052.

 

On peut lire dans Rusticiados Libri sex (La Rusticiade, 1544) de Laurent Pillade (Pillard, 1497 - 1571), chanoine de Saint Dié, publié en 1548 à Metz et dédié au duc de Lorraine Antoine puis à Charles III :

 

Pauper erat primo Viriatus pastor ab ævo :

E pastore dehinc factus venator aprorum,

Retibus abjectis mox turpia furta peregit,

E latrone fero Hispanis regnavit in oris. (Augustin Calmet, Bibliothèque Lorraine, Tome 4, 1751 - books.google.fr, Jules Gauthier, Notice de deux manuscrits du British Museum, Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1715), 1897 - books.google.fr).

 

"Bruit" : alliance des Macchabées avec les Romains

 

Les Macchabées luttent contre les Séleucides de Syrie pour leur indépendance. Ils réussissent la leur faire reconnaître avec la création du royaume de Judée en -107, Simon Maccabée qui fonde la dynastie hasmonéenne sera Prince d'Israël dès -143 (J. J. Guillemin, Histoire ancienne de l'orient, 1863 - books.google.fr).

 

L'invasion de la Judée, en 167 av. J-C, par Antiochus Epiphane, déclenche une véritable guerre patriotique où l'on voit les masses populaires combattre aux côtés des troupes régulières, les Hébreux voulant conserver leur religion et leur mode de vie. Voilà déjà une guerre de partisans. [...] La Judée n'est indépendante qu'en 143. C'est l'ère des Macchabées. Cette indépendance sera de courte durée puisque, quatre-vingts ans plus tard, Pompée s'emparera de Jérusalem. Le sort tragique généralement réservé aux vaincus est d'ailleurs un élément déterminant qui conduit les peuples de l'antiquité à s'identifier à leurs armées. Cela explique, par exemple, la décision des habitants d'Astapa, ville d'Espagne assiégée en 206 av. J.-C. par Marius, lieutenant de Scipion. Plutôt que de se rendre aux Romains, les hommes égorgent leurs femmes et leurs enfants et se font tuer jusqu'au dernier. Quant au vainqueur, il ne fait preuve d'aucune magnanimité. [...] En 149 av. J.-C., c'est un chef lusitanien, Viriathe, qui lève l'étendard de la révolte nationale contre les Romains. Curieux personnage ce Viriathe, successivement berger, chasseur et brigand (Claude Chambard, Histoire mondiale des maquis, 1970 - books.google.fr).

 

La grande réputation des Romains les fit connoître à Juda; il entendit parler de leur puissance, et de leurs succès; il sut qu'ils témoignoient leur bienveillance à ceux qui s'attachoient à eux, et qu'ils leur accordoient leur amitié; on lui raconta leurs guerres et leurs exploits en Galatie; comment ils en avoient subjugué les peuples, et les avoient rendus tributaires; il apprit ce qu'ils avoient fait en Espagne pour posséder ses mines d'or et d'argent, et qu'ils avoient conquis ce pays par leur sagesse et leur grandeur d'âme; il sut qu'ils s'étoient soumis des régions fort éloignées d'eux, qu'ils avoient vaincu des rois venus du bout de la terre, qu'ils avoient détruit leurs armées, et que d'autres avoient été forcés de leur payer un tribut annuel; qu'ils avoient subjugué Philippe et Persée rois de Macédoine, comme tous ceux qui s'étoient armés contr'eux, qu'ils s'étoient emparés de leur pays. (Livre I des Maccabées, Chapitre 8) (La Sainte Bible, Tome 3, 1805 - books.google.fr).

 

En -144, Quintus Fabius Proconsul défait Viriathus, en Espagne. Jonathas, Chef & Souverain Pontife des Juifs, renouvelle l'alliance que son frère Judas Macchabée avoit faite avec les Romains & les Lacédémoniens. En -143, Simon devient 18o Souverain Pontife des Juifs, à la place de Jonathas fon frère, & gouverne 10 ans. Les Romains font la guerre en Macédoine contre le faux Philippe, qui est défait par le Questeur Trébellius. Quintus Fabius oblige Viriathus de s'enfuir en Lusitanie. Simon, Chef & Souverain Pontife des Juifs, secoue le joug des Rois de Syrie, & s'empare de la Ville de Gaza & de la forteresse de Jérusalem, dont il augmente les fortifications: il établit ensuite son domicile à Jérusalem (Pierre Méri Delaguette, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane, ecclésiastique et civile: depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1775, 1778 - books.google.fr).

 

La situation des Macchabées par rapport aux Séleucides est cependant comparable à celle de Viriathe face aux Romains.

 

Typologie

 

Le report de 1730 sur la date pivot -143 donne -2017.

 

Epoque de Melchisedech (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr).

 

La figure messianique de Melchisedech s'appuie aussi sur un passage biblique, tiré des psaumes, cette fois-ci. Dans le Psaume 110, consacré à la double fonction messianique de roi et de prêtre, on repère d'habitude au verset 4 une allusion à la personne historique de Simon Maccabée (entre 142 et 134 avant notre ère) qui fut "commandant et Grand Prêtre à perpétuité", selon 1 Maccabées 14, 41. En effet, le nom de Siméon se retrouverait sous la forme d'un acrostiche en hébreu dans le début des versets 1b, 2a, 3a et 4a (Jean-Daniel Dubois, Jésus apocryphe: JJC 99, 2011 - books.google.fr).

 

Déjà dans l'ancienne Eglise, Théodore de Mopsueste a établi une relation entre certains psaumes et les temps maccabéens. A vrai dire, son point de vue nous apparaît assez bizarre il attribuait à David tous les psaumes sans exception; mais, selon lui, le roi-psalmiste avait prophétiquement composé ces chants en vue d'époques à venir, et pour 17 psaumes (44, 47, 55-60, 62, 69, 74, 79, 80, 83, 108, 109, 144) il aurait eu en vue la période maccabéenne. Chrysostôme et Théodoret ont énoncé des idées analogues. Au XVIe siècle, l'hypothèse de psaumes maccabéens apparaît sous la plume de Calvin qui désigne comme tels les Ps. 44, 74 et 79. A propos du Ps. 44, et sans exclure d'autres possibilités, il s'exprime comme suit : «Les complaintes et lamentations qui y sont contenues, convienent plus proprement à ce temps plein de misères et calamitez, auquel la tyrannie très cruelle d'Antiochus gastait tout». De même, pour le Ps. 74, il signale deux opinions, l'une favorable au temps de Nébucadnetsar, l'autre à celui d'Antiochus; après les avoir exposées l'une et l'autre et sans rejeter complètement la première, il ajoute : «La conjecture plus vraysemblable sera de dire que ces complaintes appartienent au temps d'Antiochus, pource que l'Eglise de Dieu estoit alors destituée de Prophètes.» Enfin le Ps. 79 lui suggère les réflexions suivantes : Quiconques considérera de sain jugement la suite du texte, il verra facilement de soy-mesme qu'il a esté composé lors que les Assyriens après avoir bruslé le temple, et ruiné la ville, traînèrent le peuple en exil : ou bien quand le Temple fut pollué par Antiochus après avoir fait une grande boucherie de ceux de Jérusalem. Car l'argument convient fort bien à l'un et à l'autre temps.» Le réformateur n'éprouvait aucun scrupule à assigner la composition de quelques psaumes à une époque relativement très récente, lorsque leur contenu lui paraissait favoriser ou même imposer cette solution. Plusieurs commentateurs de notre temps, parmi lesquels Franz Delitzsch, se placent au même point de vue. Ils sont prêts à reconnaître l'existence de quelques psaumes maccabéens, mais considèrent ce cas comme plutôt exceptionnel. Cette attitude modérée contraste avec la tendance que manifestent d'autres hébraïsants : Hitzig, Olshausen, Cheyne, Duhm, etc., aux yeux desquels l'époque des Maccabées (et même celle des rois hasmonéens) a vu surgir la plupart des psaumes du recueil. En revanche, Ewald, Hupfeld, Dillmann et Ch. Bruston rejettent d'une façon absolue l'hypothèse de psaumes maccabéens. Pour nous, nous ne voyons pas de raisons qui empêchent d'en admettre l'existence à priori; le seul moyen de les discerner, c'est d'en faire attentivement l'étude exégétique. Les arguments invoqués pour classer tel psaume parmi les cantiques maccabéens nous paraissent souvent fragiles; ainsi pour les trois psaumes cités plus haut à propos de Calvin, leur provenance peut, à notre avis, s'expliquer autrement. Nous verrions plus de motifs valables à alléguer pour attribuer à l'âge des Maccabées le Ps. 110 par exemple, ou le Ps. 2; puis surtout il conviendrait d'examiner si certains détails qui donnent à un psaume un aspect très tardif ne sont pas des retouches, des adjonctions modifiant le texte primitif. [...]

 

On a récemment découvert (Bernard Duhm, Die Psalmen : Erklärt, 1899) que Ps. 110 1-4 constitue un acrostiche sur le nom de Siméon (Simon), ce qui vient à l'appui d'une conjecture déjà ancienne, d'après laquelle ce cantique se rapporterait à Simon Maccabée (mort en 135 av. J.-C.). Une remarque analogue peut être faite au sujet du Ps. 2, dont les v. 1-4 semblent renfermer, dans leurs lettres initiales, une allusion à Alexandre Jannée, l'un des rois hasmonéens (Lucien Gautier, Introduction a l'Ancien Testament, Tome 2, 1914 - books.google.fr).

 

Guérilla américaine

 

George Washington, le «Fabius américain» comme on l'a parfois appelé, adopta au commencement de la guerre d'Indépendance des États-Unis des tactiques similaires, choisissant de harceler l'ennemi plutôt que de l'affronter directement (Marie Beard, S.P.Q.R - Histoire de l'ancienne Rome: Histoire de l'ancienne Rome, 2022 - books.google.fr).

 

Un premier tournant est annoncé par Saratoga, puis consolidé avec l'alliance militaire conclue officiellement avec la France le 6 février 1778, qui permet aux Indépendantistes de trouver des fonds, de pallier leur inexpérience par le soutien apporté par des soldats de métier et de rendre difficiles les liaisons anglaises grâce à l'appui de la marine française. La guerre, jusque-là indécise et marquée par des actions de guérilla, change d'échelle. Les défaites continuent pourtant à se succéder jusqu'à la bataille de Cowpens de janvier 1781, mais l'enlisement britannique devient visible avant cette date. Le 19 octobre 1781 la victoire de Yorktown est le véritable tournant du conflit. Celui-ci se prolonge encore près de deux ans, mais sans batailles marquantes, seulement une reprise de la guérilla dans le Sud. Finalement, le 3 septembre 1783 un nouveau traité de Paris consacre l'indépendance des treize anciennes colonies devenues États indépendants (Robert Calvet, Révoltes et révolutions en Europe et aux Amériques: 1773-1802, 2004 - books.google.fr).

 

L'humanité a besoin de héros : il suffira d'évoquer les noms d'Arminius (Hermann), le Chérusque pour l'Allemagne, de Vercingétorix et de Jeanne d'Arc pour la France, même si le rôle historique du premier a été quelque peu surestimé, Viriathe ou du Cid pour l'Espagne, de Civilis aux Pays-Bas, de Boudicca en Grande-Pretagne (elle a sa statue devant le Parlement de Londres), de Wallenstein en Allemagne, de G. Tell en Suisse, de G. Washington aux Etats-Unis. Plus généralement on ne méconnaîtra pas l'importance de certains mythes nationaux, même irrationnels : une patrie est souvent plus rêvée que construite (Raymond Chevallier, La Patrie, Que sais-je ? 1996 - books.google.fr).

 

Biographie

 

Georges Washington est né le 22 février 1732 à Westmoreland (par une étymologie approximative West-more-land peut se traduire par le pays le plus à l’ouest), dans la colonie de Virginie en Nouvelle-Angleterre.

 

Fils d’un propriétaire terrien, il ne fera partie des notabilités de Virginie qu‘en raison de la mort de son demi-frère Lawrence en 1752 duquel il héritera le domaine de Mount Vernon.

 

Colonel dans l’armée anglaise, il sera commandant en chef de l’armée d’indépendance en 1775 et Président des Etats-Unis, en 1789, dont l’influence s’étendra bien au-delà de leurs frontières.

 

Le mot « Europe » n’apparaît qu'une seule fois dans les six premières Centuries après ce quatrain. Ici donc, à la naissance de Washington, signe du déclin des puissances européennes, et au quatrain VI, 80 signe cette fois dans les années 1984-1985 de sa renaissance par la signature de l’acte unique européen.

 

"pauvres gens"

 

On appelle en Virginie "pauvres gens" (poor people), ceux qui n'ayant point d'esclaves ni de serviteurs, sont obligés de cultiver la terre de leurs propres mains. [...]

 

Beaucoup de pauvres gens, à leur arrivée dans ce pays, ont par ce moyen trouvé tout de suite assez d'argent pour acheter une terre, qui a suffi à leur établissement & à la subsistance de leur famille (Recherches historiques et politiques sur les Etats-Unis de l'Amérique septentrionale, où l'on traite des établissemens des treize colonies, par un citoyen de Virginie, 1788 - books.google.fr).

 

Filippo Mazzei, aussi appelé Philip Mazzei (25 décembre 1730, Poggio a Caiano, Toscane - 19 mars 1816, Pise) fut un médecin, philosophe, penseur et savant italien, engagé auprès des Insurgents lors de la guerre d'indépendance des États-Unis. Ami de Thomas Jefferson, il fut l'un des agents de la Virginie chargé de pourvoir les troupes en armes durant la guerre d'indépendance des États-Unis. Après ses études de médecine à l'université de Florence, Filippo Mazzei exerça en Italie et au Moyen-Orient pendant plusieurs années avant de gagner Londres en 1755 pour embrasser la carrière commerçante dans l'importation. Durant son séjour londonien, il fit la connaissance de Benjamin Franklin et de Thomas Adams. Un an après la publication de l'édition de 1787 des Lettres d'un cultivateur américain de Crèvecoeur, il fait paraître en France ses Recherches Historiques et Politiques sur les États-Unis de l'Amérique Septentrionale, par un citoyen de Virginie, en réaction contre le mirage américain. Il y dresse un tableau réaliste des États-Unis et avoue sa surprise face aux nombre d'admirateurs de Crèvecoeur (fr.wikipedia.org - Filippo Mazzei).

 

Condorcet fut parmi les plus informés et les plus soucieux de recueillir des notions précises sur la réalité. L'expérience de l'Amérique fut pour lui un puissant stimulant politique : entre 1787 et 1788, ce fut sous forme de discussion sur le nouvel État qu'il exposa ses théories constitutionnelles. Dans De l'influence de la Révolution d'Amérique sur l'Europe, il participe à une des critiques les plus serrées et documentées du modèle anglais, «ce système de machiavélisme », auquel il opposa l'originalité et les potentialités des États-Unis. Peu de temps après, dans ses Lettres d'un bourgeois de New-Heaven à un citoyen de Virginie - publiées en appendice au premier volume des Recherches historiques et politiques sur les Etats-Unis de Filippo Mazzei - il donna la première formulation française de la démocratie représentative au nom d'une unité de la souveraineté, qui puisait à la notion physiocratique de la rationalité et de l'unité de la loi (Pierre Serna, Républiques sœurs: Le Directoire et la Révolution atlantique, 2019 - books.google.fr).

 

Les Washington n'étaient pas de "pauvres gens" en Angleterre qu'ils quittèrent lors de la grande révolution sous Cromwell. Ni en Virginie, où ils eurent employés et esclaves dans leurs plantations. Royalistes, un de leur descendant fonda une république (en.wikipedia.org - John Washington).

 

Land-poor

 

There is an old Yankee phrase "land poor," which might well apply to Augustine Washington [père de George], for he was the owner of vast tracts of land which brought him but little income (George L. Thompson, Young George Washington, 1932 - books.google.fr).

 

Augustine's will further stated that, if Lawrence had no children, George was to inherit the Hunting Creek plantation; and the estates of the children of his second marriage were to remain in their mother's custody during their minority. Eleven-year-old George would not get Ferry Farm until he was twenty-one. Meanwhile, his mother and the younger children would continue to live there and get along as best they could on the small, not very fertile farm. Nor was there much money. Augustine Washington, who owned ten thousand acres, most of it unproductive, died "land poor." His stock in the Principio Iron Works was practically worthless. Lawrence, distressed, came to his stepmother and offered to help her in any way he could. In ill health, Lawrence had left the army and was living at Hunting Creek. He had gone into politics as burgess and was engaged to Anne Fairfax, the eldest daughter of Colonel William Fairfax of the King's Council, land agent and cousin of Lord Fairfax of Leeds, the owner of an immense grant of land from Charles II known as the Northern Neck (Alice Curtis Desmond, George Washington's Mother, 1961 - books.google.fr).

 

"conduira grande troupe"

 

George Washington, who was a younger son of a declining and uncomfortably land-poor Virginia “first family” until his elder half brother, Lawrence, married money, was denied the Latin and Greek required for a gentleman's literary polish. But in spite of having his school learning largely confined to reading, writing, arithmetic, and a little surveying, General Washington grew up able to express himself with sufficient finish, and on occasion powerfully, as a leader of a people, its politics, and its armies. Evidently a classical education was not so necessary to leadership as the classicists insisted (Duncan Aikman, The Turning Stream, 1948 - books.google.fr).

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