Occupation de VI, 3 1927-1928 Fleuve qu'esprouve le nouveau nay Celtique Sera en grande de l'empire discorde : Le jeune prince par gent ecclésiastique Ostera le sceptre coronal de concorde. Exposition sur le
Rhin Le Rhin fut un dieu pour nos ancĂŞtres, Rhenus deus (X.
Boyer, Histoire d'Alsace depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours,
Tome 1, 1862 - books.google.fr). Un ancien usage en
vigueur chez les Gaulois et Germains des rives du Rhin voulait que le père qui
avait conçu des doutes sur la fidélité de son épouse, exposait
le nouveau-né dans un berceau à la merci des eaux. Le fleuve devait
engloutir le fruit d'un amour adultère et épargner l'enfant légitime (H.
de Charencey, Les traditions relatives au fils de la Vierge, 1881 -
books.google.fr). Quand, sur les flots, l'enfant exposé dans un bouclier
surnageait, il était proclamé légitime; quand il était submergé, il n'était pas
digne de regrets, et sa mère, punie de la peine des adultères, était enterrée
vivante ou livrée aux flammes (X.
Boyer, Histoire d'Alsace depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours,
Tome 1, 1862 - books.google.fr). "Ostera" :  jeu de mot ? Sceptre et couronne La divinité
saxonne Eostre ou Ostera/Ostara, déesse de l'Aube et annonciatrice du
printemps, s'assimile à la déesse nordique Freyja (Nadine
Cretin, Fêtes et traditions occidentales, Que sais-je ?, 1999 - books.google.fr). Thor, fils aîné
d'Odin et de Frigga, et dieu de la foudre. Assis sur un trône, la tête ornée
d'une couronne, et la chevelure longue, le dieu tient d'une main un sceptre,
et le tonnerre de l'autre (Jules
Raymond Lamé Fleury, La Mythologie racontee aux enfants, 1891 - books.google.fr). The
Saxons painted Thor with a Scepter in his hand, after the same manner that the
Poets vsed to describe the image of Iupiter : and him they reverenced as the
commander and disposer of Thunder [...] To
the goddesse Eoster, they alwaies sacrifice in the month of Aprill, which
thereupon was called Eoster (John
Clapham, The Historie of Great Britannie (1606), 1975 -
www.google.fr/books/edition). Autre fils d'Odin,
Balder, génie de la bonté est le dieu de la concorde et de la paix (Ferdinand
Loise, Histoire de la poésie : l'Allemagne, 1875 - books.google.fr). Saxe Henri Ier de Saxe ou Henri Ier de Germanie (en allemand :
Heinrich der Finkler ou Heinrich der Vogler ; en latin : Henricus Auceps), dit
«Henri Ier l'Oiseleur» parce que passionné de chasse au faucon, est né en 876
et mort le 2 juillet 936 Ă Memleben (Thuringe). Duc de Saxe depuis 912, roi de
Francie orientale (Germanie) de 919 Ă sa mort en 936, Henri est un ascendant
des deux dynasties destinées à régner sur les territoires de l'Allemagne et de
la France actuelles une grande partie du IIe millénaire, puisqu'il est le père
d'Otton Ier (mort en 973), premier empereur germanique, mais aussi le
grand-père, du côté maternel, d'Hugues Capet. Il est par ailleurs l'un des
arrière-grands-pères de Louis V, le dernier roi carolingien (fr.wikipedia.org -
Henri Ier de Germanie). Dans le partage de l'empire de Charlemagne, le royaume de
France s'étendait jusqu'aux bouches de l'Escaut et au cours supérieur de la
Meuse; le pays jusqu'Ă la gauche du Rhin Ă©tait Ă©chu Ă Lothaire II; on l'appela
Lotharingie ou Lorraine, érigée en royaume (855); elle s'étendait lout le long
du Rhin jusqu'en Suisse; mais ce royaume dura peu (887), et la Lotharingie ou Lorraine fut érigée en
duché (900), puis réunie à l'empire germanique malgré la France, qui la lui
disputera tant de fois comme limite naturelle. Celle possession de la rive
gauche du Rhin sera la pomme de discorde entre l'empire germanique et la
France, qui l'oublient quelquefois et ne la conserve jamais (Édouard
Braconnier, Application de la géographie à l'histoire ou Etude élémentaire de
géographie et d'histoire générales comparées, 1845 - books.google.fr). "Jeune Prince" Otton Ier du Saint-Empire, surnommé en allemand Otto der
Große (Otton le Grand en français), est l'un des plus célèbres souverains
allemands du Moyen Âge, fondateur du Saint-Empire romain germanique. Il est né
le 23 novembre 912 Ă Wallhausen en Saxe et est mort au palais familial de
Memleben en Thuringe le 7 mai 973. Le
jeune Otton succède à son père Henri l'Oiseleur, duc de Saxe (Basse-Saxe et
Saxe-Anhalt actuelles) et roi de Francie orientale ou Germanie, mort le 2
juillet 936. Il s'impose alors en souverain politique de plus en plus
incontesté malgré les premières révoltes. De roi de Germanie, il finit par accaparer
la fonction puis la dignité impériale en 962 jusqu'à sa mort en 973. Il est
enterré selon son souhait dans la cathédrale de Magdebourg, sa nouvelle
capitale (fr.wikipedia.org
- Otton Ier (empereur du Saint-Empire)). "gent Ecclesiastique" Sous les Carolingiens, la mise en place progressive de
l'hérédité des charges avait fortement contribué à l'affaiblissement de leur
autorité. Pour éviter une pareille
dérive, Otton, qui sait ne pas pouvoir trop compter sur la fidélité des
relations familiales, s'appuie sur l'Église germanique et lotharingienne qu'il
comble de bienfaits mais qu'il assujettit. Les historiens ont donné au
système qu'il a mis en place le nom de Reichskirchensystem42. Il faut dire que
l'Église avait maintenu vivante l'idée d'Empire. Elle avait soutenu les
ambitions impériales d'Otton Ier. Par ses réformes
administratives privilégiant le clergé épiscopal et la collégialité des prélats
et princes au détriment des monastères, Otton est le véritable fondateur du
Saint-Empire romain germanique même si cette dénomination n'apparaît qu'au XVe
siècle. Cette première entité politique dénommée en allemand moderne Reich
perdure jusqu'en 1806. Dès le début de son règne impérial, Otton marque la
volonté d'extension vers l'Est de son royaume et de son Empire, avec Magdebourg
pour capitale, rompant avec la tradition carolingienne
centrée sur la Lotharingie (Metz et Aix-la-Chapelle) (fr.wikipedia.org
- Otton Ier (empereur du Saint-Empire)). Idolâtrie La destruction de l'idole d'Irminsul eut lieu l'an 772,
qui est le premier de la guerre saxone, décrétée dans les comices de Worms, et
entreprise par Charlemagne, alors âgé d'environ trente ans. [...] Georges Fabricius (1516 - 1571), Orig.,
lib. II, assure que la statue d'Irminsul a été conservée à Eresberg, jusqu'au
tems d'Otton le grand, par l'ordre duquel elle en fut enlevée (Heinrich
Meibom, Description de l'idole des anciens Saxons, appelée Irmensul, extraite
et traduite du latin par Eloi Johanneau, 1820 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Georg
Fabricius). Les Gots nommoyent
leur plus grand Dieu du nom de Thor, le second Odhen, & le troisieme
Frigga. Varron qui a recerché aucc grande diligence les dieux des Payens,
escrit qu'il a trouué plus de trente mille faux dieux. De là s'est augmenté le nombre
des feruices & facrifices, dont les Egyptiens en ont eu en vsage fix cens
soixante especes. Les Grecs & les Romains n'en ont eu gueres moins, &
encores que lon pense qu'ils ayent esté iadis surpassez par les Egyptiens en
nombre de dieux, & de sacrifices : si est-ce que ie crain bien que le
changement des choses n'ait esté tel auec le temps, que les Romains ayent gagné
la victoire en matiere de superstition. Ce ne seroit iamais fait Ă qui voudroit
faire vn roole des faux dieux des peuples Barbares, comme les Rugiens ont eu
Vite, Rugieuithe, Poreuithe, Porenuce, & Stanitie, desquels parlent
amplement Saxon le Grammarien au 14. liure de son
histoire de Dannemarch, & Albert Crantz, es 12. & 13. chap. de l'histoire des Vandales. Les mesmes peuples adoroyent
vn autre faux dieu nommé Zuanteuith, lelon que le recite Helmold au second liure de l'histoire des Sclauons, chapitre 12.
& 53. Item es chapitres 70. & 84. il fait
mention d'une autre idole nommee Proue, qui estoit adoree dans les bois. Les
Polabes auoyent vne idole nommee Sumades Obotrites, Rodigast, Podaga, Siuua,
comme il appert par les Chroniques de Saxe. Vne idole nommee Flins estoit
adoree par les Vandales demeurans en Lusatie : Triglas idole Ă trois testes par
ceux de Stetin : & comme on lit en
la vie de l'Empereur Otton, liure 2. chap. 21. 22.
& au 3. liu. chap. 5.
ceux de Vuolgast adoroyent vne certaine idole nommee Herotin, qu'aucuns
estiment estre le Dieu Mars des anciens Payens (Johann
Weyer, Histoires, disputes et discours des illusions et impostures des diables,
des magiciens infames, sorcieres et empoisonneurs, des ensorcelez et
demoniaques et de la guerison d'iceux, Ă©ditionde Bonnet (1579), 1885 -
books.google.fr). En 939, Otton vainc son frère bâtard Tankmar qui s'était
enfermé dans Eresberg. Il y est tué (Jules
Zeller, Entretiens sur l'histoire du Moyen-Age, Tome 3, 1887 - books.google.fr). Typologie Le report de 1927 sur la date pivot 936 (début du règne d’Otto)
donne -55. Ce fut l'an 55 avant JĂ©sus-Christ que CĂ©sar passa pour la première fois le Rhin, et s'enfonça dans la Germanie. Il avoit alors dans ses armĂ©es les mĂŞmes Gaulois qu'il avoit vaincus prĂ©cĂ©demment, et qu'il croyoit pouvoir employer Ă Ă©tendre ses conquĂŞtes dans le Nord. Les Germains, Ă l'approche de CĂ©sar, s'enfuirent prĂ©cipitamment jusque dans leurs forĂŞts les plus reculĂ©es: et CĂ©sar revint triomphant dans les Gaules (Voy. ANQUETIL , t. I, pag. 71. Histoire de France). Deux ans après, CĂ©sar retourne encore dans la Germanie, et y porte encore au loin la gloire de ses armes (Charles Victor PrĂ©vĂ´t d'Arlincourt, Oeuvres, Tome 1, 1818 - books.google.fr). VI, 4 1928-1929 Le Celtiq fleuve changera de rivaige, Plus ne tiendra la citĂ© d’Agripine, Tout transmuĂ© ormis le vieil langaige, Saturne, Leo, Mars, Cancer en rapine. Germanies La Germanie infĂ©rieure, en latin Germania inferior, est une province romaine crĂ©Ă©e vers 90 par l'empereur Domitien sur la rive gauche du Rhin, avec pour capitale Cologne (Colonia Claudia Ara Agrippinensium), chef-lieu de la citĂ© des Ubiens. Cette province, ainsi que celle de Germanie supĂ©rieure, est issue d'un dĂ©membrement de la province de Gaule belgique, elle-mĂŞme issue de la conquĂŞte de la Gaule par Jules CĂ©sar (58-52). Cette dĂ©cision de l'empereur Domitien marque la volontĂ© de mieux dĂ©fendre la frontière (limes) du Rhin face aux peuples germains de la rive droite que les Romains ont renoncĂ© pour l'essentiel Ă soumettre, Ă la suite notamment de la dĂ©faite subie en l'an 9 par le proconsul Varus, face au prince chĂ©rusque pourtant romanisĂ© Arminius. (fr.wikipedia.org - Germanie infĂ©rieure). La dĂ©cision de Domitien de crĂ©er deux provinces Ă©tait la reconnaissance d'une rĂ©alitĂ©. La zone du Rhin Ă©tait sous l'administration rĂ©elle des deux lĂ©gats d'armĂ©e, de rang consulaire, depuis qu'il y avait plusieurs lĂ©gions en garnison dans la rĂ©gion. La dĂ©cision fut probablement prise après le soulèvement du lĂ©gat des armĂ©es de Germanie supĂ©rieure, L. Antonius Saturninus, en 89. Domitien dĂ©cida la crĂ©ation de deux provinces de plein droit. La Germanie infĂ©rieure ne s'Ă©tendait que sur la rive gauche du Rhin et avait comme capitale Cologne. Au sud, la Germanie supĂ©rieure fut agrandie par Domitien des territoires des Helvètes, des SĂ©quanes et des Lingons pour lui donner une consistance sur la rive gauche du Rhin. Son assise territoriale s'agrandit progressivement sur la rive droite. Étant donnĂ© l'emplacement gĂ©ographique de ces deux provinces, face aux Barbares, tous les lĂ©gats d'Auguste proprĂ©teurs furent des hommes de grande envergure, particulièrement dans le domaine militaire. En Germanie supĂ©rieure, un très grand nombre obtint le consulat suffect, le consulat ordinaire et mĂŞme le redoublement de leur charge (consulat bis) et la charge de prĂ©fet de la Ville, grandes faveurs accordĂ©es par l'empereur. Un des plus connus est le futur empereur Trajan qui quitta sa lĂ©gation pour succĂ©der Ă Nerva Ă Rome. En Germanie infĂ©rieure se retrouvaient les mĂŞmes caractĂ©ristiques : des hommes compĂ©tents, de grand talent militaire, favorisĂ©s pour cela par les empereurs et dont certains jouèrent un rĂ´le primordial dans l'Empire, dans d'autres fonctions (dans d'autres lĂ©gations ou en tant que prĂ©fet de la Ville, après deux ou trois consulats). Dans chacune des deux provinces, un procurateur Ă©tait chargĂ© des questions financières. D'autres fonctionnaires veillaient Ă la bonne marche administrative, mais ils ont laissĂ© peu de traces Certains avaient en charge des circonscriptions plus Ă©tendues que les simples Germanies qui Ă©taient englobĂ©es dans un ensemble plus vaste ; il en Ă©tait ainsi pour les recensements, pour le vingtième des hĂ©ritages, pour le portorium dont plusieurs bureaux se trouvaient en Germanie, tels ceux de Cologne, Bonn, Mayence, pour la prĂ©fecture des vĂ©hicules (la poste officielle ou cursus publicus), pour l'organisation de la gladiature. La procuratèle de la flotte du Rhin Ă©tait spĂ©cifique aux deux Germanies ; elle avait ses bases Ă Cologne et surveillait le cours et les bouches du fleuve. D'autres de ces procuratèles Ă©taient conjoncturelles, comme celle crĂ©Ă©e par Domitien pour deux petites rĂ©gions de la vallĂ©e du Neckar. L'administration municipale naĂ®t tardivement Ă©tant donnĂ© la place tenue par les corps militaires. Il faut attendre le principat de Claude pour voir Ă©riger la première colonie romaine, Cologne. Puis le camp militaire de Castra Vetera fut transformĂ© en colonie sous Trajan (Xanten) ; il en fut certainement de mĂŞme de Nimègue. Les municipes de droit latin sont aussi rares ; deux sont attestĂ©s : en Germanie supĂ©rieure, dans les Champs DĂ©cumates, Arae Flaviae (Rottweil) au cours du IIe siècle, et le Forum Hadriani qui devient municipe des Canninefates sous Antonin le Pieux. En ce qui concerne les assemblĂ©es provinciales, les indices sont minces. Il est cependant Ă peu près certain que la Germanie infĂ©rieure eut la sienne autour de l'Ara Ubiorum et donc dans la colonie de Cologne, peut-ĂŞtre Ă partir du moment oĂą la ville devient colonie. Les dĂ©lĂ©guĂ©s de Germanie supĂ©rieure s'y joignaient-ils ? (Jean-Pierre Martin, Giovanni Brizzi, Rome et l'Occident (IIe siècle av. J.-C. - IIe siècle ap. J.-C.), 2010 - books.google.fr, Jean-Pierre Martin, Les Provinces romaines d'Europe centrale et occidentale: (31 avant J.-C. - 235 après J.-C.), 2016 - books.google.fr). Le premier janvier 89, il tente une usurpation du pouvoir impĂ©rial avec l'intention de renverser Domitien. Sa rĂ©bellion est rapidement Ă©crasĂ©e par l'intervention de Lappius Maximus, gouverneur de la province voisine de Germanie infĂ©rieure. L'armĂ©e de Germanie infĂ©rieure est alors grandement honorĂ©e par Domitien qui lui confère les titres de Pia Fidelis et Domitiana. Selon Dion Cassius, Maximus brĂ»la les papiers de Saturninus limitant ainsi considĂ©rablement la rĂ©pression de la rĂ©volte par Domitien. La lĂ©gion d'Espagne, la VII Gemina fut aussi envoyĂ©e en Germanie pour participer Ă la rĂ©pression, elle y fut conduite par son lĂ©gat, le futur empereur Trajan, mais n'arriva qu'après l'Ă©crasement de la rĂ©volte. Il est possible que la lĂ©gion legio XXI Rapax ait Ă©tĂ© dissoute en punition de sa participation Ă la rĂ©bellion de Saturninus. Pour le Pseudo-Aurelius Victor, Saturninus se serait rĂ©voltĂ© car Domitien aurait moquĂ© ses pratiques homosexuelles, l'accusant de se prostituer (fr.wikipedia.org - Lucius Antonius Saturninus). Les fastes de Germanie InfĂ©rieure comportent une ample lacune de la rĂ©volte du lĂ©gat de Germanie SupĂ©rieure, Antonius Saturninus (hiver 88-89) – dont la rĂ©pression a Ă©tĂ© assurĂ©e par son collègue de l'InfĂ©rieure - jusqu'au règne de Nerva, Ă©poque la plus vraisemblable du mandat de Vestricius Spurinna. Il me semblerait logique, et c'Ă©tait dĂ©jĂ la position de C. P. Jones, de faire de Licinius Sura, conformĂ©ment Ă l'influence dont il jouit alors, le successeur de Lappius Maximus. La relève a pu s'effectuer dĂ©jĂ dans le courant de l'annĂ©e 89, vraisemblablement au moment oĂą Iavolenus Priscus est nommĂ© au poste du lĂ©gat rebelle. L'importance politique du soulèvement de Saturninus tend aujourd'hui Ă ĂŞtre rĂ©duite : en tout Ă©tat de cause, cet Ă©vĂ©nement aura certainement conseillĂ© Ă Domitien de dĂ©signer au commandement des deux armĂ©es des provinces germaniques des hommes de confiance et de grandes capacitĂ©s, pour tenir en main la situation au lendemain de cette secousse et en prĂ©vision de la campagne contre les Marcomans et les Sarmates (Ginette Di Vita-Evrard, Des Calvisii Rusones Ă Licinius Sura, MĂ©langes de l'Ecole française de Rome: AntiquitĂ©, Volume 99, 1987 - books.google.fr). Le problème de la date de constitution de la Germanie, conquise aux dĂ©buts de l'empire, en deux provinces distinctes a dĂ©jĂ Ă©tĂ© abordĂ© par Marquardt en 1892. Ses conclusions n'ont guère Ă©tĂ© retenues et la question a Ă©tĂ© plusieurs fois brièvement traitĂ©e par H. Nesselhauf et G. Alföldy entre autres. Mais leurs notes pertinentes, soulignant l'importance des diplĂ´mes militaires, ont Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement nĂ©gligĂ©es et une certaine confusion apparaĂ®t dans des publications rĂ©centes Ă propos des termes province et gouverneur de Germanie infĂ©rieure ou supĂ©rieure. Aussi, il m'a paru intĂ©ressant de revoir les diffĂ©rents aspects du problème afin de dĂ©finir Ă partir de quelle date il convient de parler des provinces de Germanie. En effet, la Germanie dĂ©pendit un certain temps des Gaules et probablement de la Belgica et ne reçut pas immĂ©diatement une administration particulière. Quelques auteurs, Pline l'Ancien, Tacite, SuĂ©tone, nous fournissent des indications sur la Germanie. S'il nous faut retenir que Pline dans son Histoire naturelle dĂ©diĂ©e Ă Titus considère toujours la Germania comme unitaire, une importance plus grande devra ĂŞtre accordĂ©e aux sources Ă©pigraphiques, car lorsque Tacite parle, sous Trajan, de Germanie infĂ©rieure ou supĂ©rieure, il peut projeter dans le passĂ© des frontières et des notions gĂ©ographiques de son Ă©poque. Par contre les diplĂ´mes militaires qui sont des documents officiels d'Ă©poque rapportent strictement l'Ă©tat des provinces. Jusqu'en 82 les diplĂ´mes mentionnent qui sunt in Germania sub Germania superior n'y apparaĂ®t dans la terminologie officielle qu'en 90. D'autre part, dans les inscriptions, les lĂ©gats de lĂ©gion en Germanie attestĂ©s vers 40, en 69-70, sont dits in Germania sans prĂ©cision ; de mĂŞme, les soldats et les tribuns de la 1° lĂ©gion et de la 4° Macedonica, dissoutes en 70-71. Il est clair, d'après les troupes mentionnĂ©es dans les diplĂ´mes et d'après Tacite, que bien auparavant deux districts existaient de facto, avec des armĂ©es des chefs distincts, mais non sous l'organisation de provinces. D'ailleurs, lorsque le titre complet et prĂ©cis portĂ© par les lĂ©gats est conservĂ©, il s'agit de legatus (Augusti) pro praetore exercitus Germaniae inferioris ou superioris et non de legatus Augusti pro praetore provinciae... portĂ© par L. Iavolenus Priscus, le premier gouverneur attestĂ© de Germanie supĂ©rieure. Ce titre de chef d'armĂ©e pro praetore ne va pas sans poser des problèmes d'interprĂ©tation car il suppose des pouvoirs civils au lĂ©gat. DĂ©finir prĂ©cisĂ©ment sur quel territoire et quels habitants il les exerçait est malaisĂ©. Une ambiguitĂ© du mĂŞme type a existĂ© en Numidie, province Ă©galement dĂ©tachĂ©e d'une autre, la Proconsulaire, avec un statut provisoire mal dĂ©fini. On peut avoir quelques notions du statut de la Germania sous les Flaviens avant sa constitution en province en le comparant Ă celui de la Gallecia, d'après l'inscription fragmentaire de Castulo (mentionnant un praefectus Galleciae, ayant exercĂ© ensuite la fonction de prefectus) fisci Germaniae. Comme la Galicie, district de la province de Tarraconnaise, la Germanie, district de la province de Belgique Ă©tait administrĂ©e pour le fiscus par un chevalier de rang sous-procuratorien. Les liens entre les Germanies et la Belgica sont toujours restĂ©s Ă©troits comme en tĂ©moigne leur rĂ©union au niveau des finances impĂ©riales sous un mĂŞme procurateur. Malheureusement son titre complet, procurator Augusti provinciarum Belgicae et duarum Germaniarum, n'est pas attestĂ© pour l'Ă©poque qui nous intĂ©resse : il eĂ»t donnĂ© des indications complĂ©mentaires sur la date officielle de crĂ©ation des «deux Germanies». Il apparaĂ®t donc qu'il ne convient pas de parler de province ou de gouverneur de Germanie avant Domitien, et il est plausible de proposer, entre 82 et 90, soit la date du triomphe sur les Chattes, Ă savoir 83-84, soit 89-90 après la rĂ©volte de Saturninus, comme dates possibles de la constitution et de l'organisation des deux provinces de Germanie (Marie-ThĂ©rèse Raepsaet-Charlier, Germania inferior et Germania Superior, Latomus, 1973 - books.google.fr). Anciennement, certains historiens datent la rĂ©volte de Saturninus (cf. "Saturne") de 93 : La cruautĂ© de Domitien se montra surtout, et peut-ĂŞtre faudrait-il dire seulement, après la rĂ©volte d'un personnage de haute condition, Antonius Saturninus, qui prĂ©tendait descendre du triumvir et de ce tribun factieux que les Italiens avaient voulu proclamer roi. Il commandait dans la Germanie SupĂ©rieure deux lĂ©gions, qu'il souleva, et il appela les Germains Ă son aide. Un dĂ©gel inopinĂ© les arrĂŞta sur la rive droite du Rhin, tandis que Appius Norbanus Maximus, gouverneur d'Aquitaine, accablait Antonius sur la rive opposĂ©e. Ce rebelle, Ă coup sĂ»r, comptait sur d'autres que les sauvages alliĂ©s auxquels il ouvrait si patriotiquement l'empire. Pour menacer son prince avec deux lĂ©gions il a eu des complices ailleurs, Ă Rome surtout; aussi Norbanus eut-il soin de brĂ»ler bien vite la correspondance du vaincu. Domitien Ă©pouvantĂ© les rechercha et les poursuivit avec acharnement. Cette rĂ©volte doit ĂŞtre de l'annĂ©e 93, qui, au dire de Tacite et de Pline, est celle oĂą commencèrent les grandes cruautĂ©s de Domitien (Victor Duruy, Histoire des Romains depuis les temps les plus reculĂ©s jusqu'á l'invasion des Barbares, Tome 4, 1882 - books.google.fr, SĂ©verin Hammer, RĂ©flexion sur Tacite, Acta Congressvs philologorvm terrarvm slavicarvm posnaniae habiti diebus 3-6 VI 1929, 1930 - books.google.fr). Mars est dans le Cancer du 10 juin au 26 juillet 93 et Saturne dans le Lion du 4 aoĂ»t 92 au 3 octobre 94 (www.astro.com). Un certain Larginus Proculus qui, en Germanie, aurait annoncĂ© le jour de la mort de Domitien, aurait Ă©tĂ© sauvĂ© par l'assassinat de ce dernier, et Nerva lui aurait remis quatre cent mille sesterces (Annie Vigourt, La reprĂ©sentation de Rome dans les prĂ©sages, Rome, les CĂ©sars et la ville: Aux deux premiers siècles de notre ère, 2015 - books.google.fr). "vieil langage" C'est surtout dans les campagnes que le culte des Matræ Ă©tait rĂ©pandu, Ă l'Ă©poque romaine ; elles correspondent aux nymphes grĂ©co-romaines. Le plus ordinairement, les bas-reliefs qui les reprĂ©sentent sont accompagnĂ©s d'inscriptions votives qui donnent le vocable local sous lequel elles Ă©taient invoquĂ©es. Sous leur forme adjective latinisĂ©e, ces vocables, peut-ĂŞtre au nombre d'une soixantaine pour la rĂ©gion rhĂ©nane, nous fournissent des noms de lieux qui sont empruntĂ©s Ă la langue gauloise ; en voici des exemples : Matres Vacallineæ, sur une stèle du musĂ©e de Cologne, vocable dont il faut sĂ»rement rapprocher le nom du Vahal (Vacalus) ; Matrona Rumanehabæ, sur un autel trouvĂ© Ă Rumenheim, près de Juliers. Des stèles des musĂ©es de Bonn, de Cologne, de Trèves, de Nimègue nous font connaĂ®tre, de mĂŞme, les Matres ou Matronæ : Andustehiæ ; Ambiomarca ou Abiamarcæ ; Afliæ ; Arva- gastæ ; Alblaheneha ; Alateiviæ ; Aufaniæ, ce dernier nom, Ă la fois sur des stèles des musĂ©es de Cologne, de Nimègue et de Lyon ; Axsingineha ; Cuchineha ; Gabiæ ; Gesatenæ ; Hamavehæ ; Malvisæ ; Mediotavtehæ ; Gesahona ; Tetrahenæ ; et Octagennæ, au musĂ©e de Bonn ; Nersihenæ ou Nershenæ (stèle de Juliers) ; Vallamnehiæ ; Matres Treveræ, Ă Trèves ; Matres Mopates, près de Nimègue, etc. Nous avons constatĂ©, plus haut, que la dĂ©esse NĂ©hallĂ©nie se rattache Ă ce groupe par son nom et sans doute aussi par la nature de son culte. Tous ces noms barbares de sanctuaires locaux ne sauraient s'expliquer par les langues germaniques. Ils paraissent bien celtiques. Mais si Ă©nigmatiques qu'ils soient encore au point de vue philologique, il est hors de doute que le culte des dĂ©esses Mères est d'origine purement gauloise ; c'est la population celtique qui l'a intronisĂ© dans le pays rhĂ©nan. LĂ , comme dans tout l'Est de la Gaule, les dĂ©esses Mères sont souvent associĂ©es Ă Rosmerta, la parèdre de Mercure. Jupiter, Mars et Apollon, dont les cultes sont si rĂ©pandus dans toute la Gaule romaine, ont laissĂ© sur le Rhin des vestiges aussi nombreux qu'en Aquitaine ou le long du RhĂ´ne. Ces dieux ont, comme les dĂ©esses Mères, des sanctuaires locaux avec des vocables particuliers : c'est Mars Camulos, Ă Clèves ; Mars Caturix, Mars Loucetius ou Leucetius : ce dernier vocable s'est rencontrĂ© Ă Wiesbade, Ă Mayence, Ă Angers ; Apollon Toutiorix ; Apollon Granus, Ă Aix-la-Chapelle, et d'autres ; la forme gauloise de la plupart de ces Ă©pithètes toponymiques des pays rhĂ©nans est caractĂ©ristique. Le dieu gaulois des eaux thermales, Borvo et sa parèdre Damona, furent assimilĂ©s, Ă l'Ă©poque romaine, Ă Apollon guĂ©risseur et Ă Diane protectrice de la santĂ©. Borvo, dont le nom a formĂ© celui de plusieurs stations thermales de la Gaule, comme Bourbonne-les-Bains et Bourbon-Lancy, Ă©tait aussi honorĂ© d'un culte Ă Aix-la-Chapelle et Ă Wiesbade, comme l'attestent des inscriptions. Le Rhin fut divinisĂ© par les Gaulois qui baignaient dans son flot leurs nouveau-nĂ©s pour les purifier ; de lĂ vient, sans doute, que le chef des Gaulois Insubres, Viridomar, a pu dire qu'il descendait du Rhin. Epona, la dĂ©esse gauloise des chevaux, des cochers et des Ă©curies, est reprĂ©sentĂ©e ordinairement en Ă©cuyère, assise sur un cheval. On en connaĂ®t de nombreuses images, statuettes de bronze, terres cuites et bas-reliefs. La distribution gĂ©ographique des trouvailles de ces monuments d'Epona permet d'affirmer que le culte de cette dĂ©esse gauloise Ă©tait aussi rĂ©pandu dans la rĂ©gion rhĂ©nane que dans les autres provinces de l'est et du centre de la Gaule. On en a trouvĂ© dans les bassins de la Moselle et de la Meuse, en Alsace, dans le Palatinat rhĂ©nan, en Prusse rhĂ©nane, par exemple Ă Zabern sur le Rhin, près Germersheim, Ă Spire, Ă Worms, Ă Mayence, Ă Waldfischbach (au sud de Kaiserslautern), Ă l'endroit appelĂ© Heidelsburg, avec des inscriptions et des bas-reliefs romains. Il dĂ©core un cĂ´tĂ© d'un piĂ©destal dont deux autres faces sont sculptĂ©es ; sur l'une, on voit un renfoncement prĂ©sentant l'aspect d'une coquille ; sur l'autre, quatre grands vases, dont l'un en forme de seau. La femme Ă cheval (assise Ă gauche) s'avance vers un Ă©difice en forme de tour. M. Mehlis observe avec raison que cette reprĂ©sentation est unique ; il propose d'y voir soit une femme hĂ©roĂŻsĂ©e qui se dirige vers la Heidelsburg, soit plutĂ´t Epona chevauchant vers son propre sanctuaire (Ernest Babelon, La grande question d'Occident : L'antiquitĂ©, Gaulois et Germains, Tome 1, 1916 - books.google.fr). "rapine" Notons un Claude Rapine, moine cĂ©lestin (d'oĂą le nom de Claudius Coelestinus, mort en 1493) qui conteste l'astrologie judiciaire en se recommandant de Nicolas Oresme (Jean CĂ©ard, La nature et les prodiges : L’insolite au XVIe siècle, Tome 2, 1996 - books.google.fr). At ni cura viri, qui nunc dedit otia mundo, effrenum arceret populandi cuncta furorem, nudassent avidae terras fretumque rapinae (Silius Italicus, Pun., XIV, 684 sqq.) Les critiques rĂ©cents et les derniers historiens de la littĂ©rature latine voient tous dans ces vers un Ă©loge de Nerva. Gsell, le premier depuis Ruperti, y a retrouvĂ©, plus justement, un Ă©loge de Domitien. Silius, en effet, adresse Ă l'empereur une double louange il le fĂ©licite d'avoir rĂ©tabli la paix, et d'assurer par une sage sĂ©vĂ©ritĂ© la bonne administration des provinces. Or, pour ce qui est de la paix, ce n'est pas Nerva qui l'a rĂ©tablie ; on ne saurait mĂŞme dire qu'il l'ait conservĂ©e, puisqu'il eut Ă lutter contre les Marcomans et les Quades. Domitien, lui, n'entreprit aucune guerre après l'expĂ©dition suĂ©vo-sarmatique terminĂ©e en janvier 93 ; bien plus, Ă un certain moment, par mesure d'Ă©conomie, il essaya de diminuer le nombre des soldats, et s'il revint bientĂ´t aux effectifs ordinaires, c'est seulement parce que les barbares menaçaient l'Empire. Une telle tentative, quels qu'en aient Ă©tĂ© les motifs, n'est pas d'un empereur ami de la guerre. Peut-ĂŞtre mĂŞme rĂ©sista-t-il Ă l'opinion romaine qui voulait la guerre contre Pacorus, roi des Parthes, aux poètes mĂŞmes qui l'y encourageaient. En tout cas, il paraĂ®t leur avoir commandĂ© des vers sur la paix. Stace Ă©crit le 1er janvier 95 : Ipse etiam immensi reparator maximus aevi Attollit vultus et utroque a limite grates Janus agit, quem tu vicina pace ligatum Omnia jussisti componere bella (Silv., IV, I, 11 sqq. 7.) Sous Domitien, les conquĂŞtes furent de peu d'importance, et les trĂ©sors s'Ă©puisèrent bien vite. Aussi, Domitien se mit-il, comme dit SuĂ©tone, Ă piller les morts et les vivans, sans aucune retenue, nihil pensi habuit quin prædaretur omni modo bona vivorum et mortuorum. Appelez maintenant des dons le produit de ces vols et de ces rapines ! (Marcus Valerius Martialis, Toutes les Epigrammes de Martial en latin et en français, Tome 1, 1842 - books.google.fr). Dans la partie positive du règne de Domitien, SuĂ©tone loue l'abstinentia de ce prince. Il dĂ©plore l'absence de cette vertu chez CĂ©sar. Il est cependant moins sensible aux effets bĂ©nĂ©fiques de l'abstinentia chez quelques CĂ©sars qu'aux effets nĂ©gatifs du vice contraire, qu'il dĂ©finit selon les cas par les termes auaritia, cupiditas, rapacitas, utilisant le mot rapinae (Diu. Iul., 54, 5 ; Tib., 49, 1 ; C. Cal., 38, 1 ; Ner., 32, 1 ; Diu. Vesp., 16, 3) pour en exprimer les manifestations. Dès qu'un prince s'abandonne aux rapinae, c'en est fait de la sĂ©curitĂ© des citoyens, des villes, des provinces ; les testaments sont annulĂ©s, les hĂ©ritage arbitrairement saisis ; les temples eux-mĂŞmes sont l'objet de pillages sacrilèges. L'insĂ©curitĂ© devient la règle : tous les prĂ©textes sont bons pour s'emparer du bien d'autrui. Les impĂ´ts sont multipliĂ©s jusqu'Ă l'absurde, la fiscalitĂ© s'exerce de façon inhumaine. L'illĂ©galitĂ© s'installe : on dĂ©pouille certaines personnes de leur droit de citĂ© romaine, on viole le droit des gens (Jacques Gascou, SuĂ©tone historien, 1984 - books.google.fr). Notons que la pratique des rapines (ad rapinas convertere animum) n'entraĂ®na pas nĂ©cessairement, de la part de SuĂ©tone, l'attribution du vice de la rapacitĂ©. S'il attribua ce dĂ©faut Ă NĂ©ron et s'il qualifia Domitien de rapax (Domitien, 3, 3), Tibère et Caligula, malgrĂ© la longue liste de leurs rapines, Ă©chappèrent provisoirement Ă cette flĂ©trissure (T. Reekmans, Les douze cĂ©sars de SuĂ©tone, HistoriografĂa antigua, 1977 - books.google.fr). Cf. quatrain IX, 86 - Batailles de BĂ©driac oĂą Domitien serait dĂ©signĂ© par "chaulveron" (NĂ©ron chauve). Un patricien de vieille couche, Antonius Saturninus, descendant du triumvir, avait soulevĂ© deux lĂ©gions qu'il commandait en Haute-Germanie et marchait sur l'Italie avec une arrière-garde barbare, lorsque les troupes d'Aquitaine l'arrĂŞtèrent et l'Ă©gorgèrent. Visiblement complice du rebelle, la haute aristocratie romaine fut fauchĂ©e par Domitien. C'est Ă cette pĂ©riode que s'appliquent les vers de JuvĂ©nal : Sed olim prodigio par est cum nobilitate senectus. (Depuis longtemps, c'est un prodige que de voir un noble parvenir Ă la vieillesse). Et en effet (Ă l'exception des philosophes) seuls, les patriciens furent alors victimes de ce nouveau NĂ©ron, le NĂ©ron chauve, comme le fit surnommer sa calvitie. Si, voulant juger Domitien pendant ces dix annĂ©es, on se met Ă Rome au milieu de la noblesse, Ă©crit M. Duruy, c'est un exĂ©crable tyran ; mais si on ne voit que l'Empire (ces 80 millions d'hommes demandant uniquement la paix et l'ordre), il peut passer pour un prince ferme et vigilant. Afin d'apprĂ©cier le rĂ©gime, dĂ©taillons l'Ĺ“uvre. Domitien trace de nombreuses voies en Italie, en Gaule, en Espagne ; il Ă©largit les rues de Rome et dĂ©molit les masures qui les dĂ©shonorent ; il dĂ©pense près de 70 millions pour orner le Capitole de dorures et de marbres; il Ă©lève, sur le Champ de Mars, un temple Ă Minerve, ajoute un nouveau forum (plus tard, dictum Forum Nervæ), bâtit un stade, un odĂ©on, achève le Circus Maximus. Il multiplie les jeux et leur donne un Ă©clat qu'ils n'avaient jamais atteint, faisant combattre des flottes entières dans ses nau- machies et lutter quatre cents chars dans une seule fĂŞte. Il rĂ©impose, d'ailleurs, aux questeurs de la Capitale, l'obligation des spectacles et veille Ă ce que tous les dignitaires amusent somptueusement la plèbe. Il distribue Ă trois reprises des secours notables aux indigents, convie le peuple Ă des banquets oĂą le vin coule Ă flots, et, de sa loge, jette sur les gradins du cirque d'innombrables prĂ©sents que se disputent les spectateurs. Il rĂ©forme les mĹ“urs de ses sujets et protège la religion avec le calvinisme d'Auguste. Il fait lacĂ©rer les libelles diffamatoires qui circulent dans le public contre toutes les sommitĂ©s sociales sans distinction de sexe, et frappe leurs auteurs d'ignominie. Il chasse les eunuques si chers Ă son aĂ®nĂ© et pose les bases de notre article 316, Code pĂ©nal : "Toute personne coupable du crime de castration subira la peine des travaux forcĂ©s Ă perpĂ©tuitĂ©". Il ferme la scène aux danseurs et chasse du SĂ©nat CĂ©cilius Rufinus qui emploie ses loisirs Ă jouer des pantomimes. Il interdit aux femmes dissolues l'usage de la litière et les dĂ©clare dĂ©chues du droit de recueillir successions ou legs. Il remet en vigueur la loi Scantinia rĂ©pressive des dĂ©bauches contre nature. Il raye du tableau judiciaire un membre de l'ordre Ă©questre qui pardonne Ă sa femme après constatation d'adultère. Ses prĂ©dĂ©cesseurs ont fermĂ© les yeux sur les incestes des Vestales, il les rĂ©prime avec une sĂ©vĂ©ritĂ© progressive, laissant d'abord Ă Ocellata et Ă Varonilla le choix de leur genre de mort et se contentant d'exiler leurs sĂ©ducteurs, puis la leçon n'ayant pas suffi, il fait enterrer vive CornĂ©lie, la Vestale suprĂŞme, et pĂ©rir sous les verges les complices du crime. Il s'entoure d'astrologues qui tirent son horoscope et celui des suspects. Il professe envers Minerve le culte de Louis XI pour la Sainte-Vierge. Son palais est rempli, sa personne est couverte des pieuses images des hautes divinitĂ©s. Ne laissant impunie aucune profanation, il fait dĂ©molir manu militari un monument funĂ©raire construit avec des pierres destinĂ©es au temple de Jupiter Capitolin ; et sur ses ordres, cendres et ossements sont jetĂ©s dans la mer. Farouche dĂ©fenseur de la religion d'Etat, il lance les agents du fisc sur les Juifs qui se dissimulent, et les dĂ©lateurs sur les chrĂ©tiens qui s'affichent, frappant les uns Ă la bourse, livrant les autres au supplice. Il rend la justice, diligenter et industrie, et place l'Ă©quitĂ© au-dessus de la loi. Il casse les dĂ©cisions des Centumvirs quand elles rĂ©vèlent la partialitĂ©. Il exhorte les tribunaux Ă ne se point prĂŞter aux chicanes, Ă ne point s'Ă©garer dans le maquis de la procĂ©dure. Il note d'infamie juges et conseillers officieux, convaincus de corruption. Il met tant de soin Ă retenir, dans le devoir, magistrats de la ville et prĂ©fets des provinces que «jamais ils ne furent plus dĂ©sintĂ©ressĂ©s, ni plus justes.» S'il abaisse les grands, il Ă©lève les moyens et les petits. Il ne s'inquiète pas de la naissance, mais du mĂ©rite et pourvoit des premières fonctions, aussi bien les affranchis que les chevaliers. Il accroĂ®t d'un tiers la solde militaire et supprime la sportule dĂ©gradante qu'il remplace par l'obligation, pour le patron, de recevoir le client Ă sa table. Il n'entreprend que des guerres dĂ©fensives ; quand le but est atteint, il arrĂŞte ses gĂ©nĂ©raux qui ne le lui pardonnent pas. Il transige avec les Barbares et transforme ses nĂ©gociations, ou ses mesures de police, en triomphes retentissants. Il est spirituel ; il a la passion de la littĂ©rature ; il fait de jolis vers ; il parle bien ; il encourage Ă bon marchĂ© tous les artistes et les Ă©crivains ; il repeuple de livres les bibliothèques incendiĂ©es, en envoyant jusqu'Ă Alexandrie des copistes de manuscrits ; il institue au Capitole un concours quinquennal de poĂ©sie, d'Ă©loquence et de musique qui subsistait encore quatre cents ans après. En 94, le trĂ©sor de Vespasien, dĂ©jĂ entamĂ© par Titus, est complètement Ă sec. Domitien l'intellectuel redevient le paysan rapace. «EpuisĂ© par les travaux qu'il avait entrepris, par les jeux qu'il cĂ©lĂ©brait, par l'augmentation de solde qu'il avait imaginĂ©e, il essaya, d'abord, pour soulager le trĂ©sor militaire, de rĂ©duire les effectifs ; mais il reconnut qu'une semblable mesure l'exposait aux invasions barbares, et que, d'ailleurs, elle allĂ©geait peu le budget. Dès lors il ne se fit plus scrupule d'aucune espèce de rapine. Quel que fĂ»t le crime, il s'emparait des fortunes des vivants et des morts» (Eugène Allain, Pline le Jeune et ses hĂ©ritiers, Tome 1, 1901 - books.google.fr). La rĂ©volte d'Antonius Saturninus en Germanie est suivie d'une rĂ©pression terrible. Domitien montra dès lors «une cruautĂ© atroce et raffinĂ©e». Surtout Ă partir de 93 une vĂ©ritable Terreur rĂ©gna dans Rome. C'est le triomphe des dĂ©lateurs et des espions. Ce que Montesquieu dit de Tibère et de la loi de majestĂ© peut Ă plus forte raison s'appliquer Ă Domitien, «monstre plus cruel, dit le mĂŞme Montesquieu, ou du moins plus implacable que ceux qui l'avaient prĂ©cĂ©dĂ©, parce qu'il Ă©tait plus timide.» A-t-il protĂ©gĂ© les lettres ? Il ne dĂ©testait pas les poètes qui le flattaient, mais il ne les payait pas. Il cherche Ă s'attacher les rhĂ©teurs : il charge Quintilien de l'Ă©ducation de ses deux neveux et fils adoptifs. Mais malheur aux rhĂ©teurs ou aux historiens qui font des allusions, ou chez qui l'on croit voir des allusions Ă la tyrannie du prince ! Il chasse de Rome les philosophes (93), après avoir fait pĂ©rir plusieurs patriciens illustres amis des philosophes; il en chasse aussi les astrologues (St. Gsell, Essai sur le règne de l'empereur Domitien) (Revue politique et littĂ©raire: revue bleue, 1894 - books.google.fr). Acrostiche : LPTS, lapatis "lapatis" : navet (origine sĂ©mitique : Judith X,5) autrement "rapa" (navet ou rave). "rapina" (cf. "rapine" du vers 4) est un champ de navets (Gaffiot). Raban Maur (IXe siècle) discute du terme "lapates" que l'on trouve dans certains manuscrits de la Vulgate (Rabani Mauri commentarii in librum sapientiae, in librum Judith, in librum Esther, 1474 - books.google.fr, Hrabanus Maurus, Opera omnia: sive bibliotheca universalis, Migne, 1852 - books.google.fr). Judith de BĂ©thulie, femme de ManassĂ©, troque ses habits de veuvage contre une tenue de fĂŞte, pour aller voir Holopherne Ă qui elle coupera la tĂŞte, et charge sa servante d'un ravitaillement comprenant des "lapates". Judith coupe la tĂŞte Ă Holopherne. Il y a lĂ des prĂ©cĂ©dents que ne manqueront pas d'invoquer les tyrannicides. Le Nouveau Testament va plutĂ´t dans le sens contraire, mais ses formules lapidaires ne sont pas aussi claires qu'on voudrait le croire. Le «rendez Ă CĂ©sar ce qui est Ă CĂ©sar et Ă Dieu ce qui est Ă Dieu» peut vouloir dire qu'il faut se soumettre Ă tout ce qu'ordonne le pouvoir civil. Or, saint Pierre rĂ©pond au grand prĂŞtre : «Il faut obĂ©ir Ă Dieu plutĂ´t qu'aux hommes», ce qui semble s'opposer au fameux passage de l'Ă©pĂ®tre de saint Paul : «Celui qui se rĂ©volte contre l'autoritĂ© se rĂ©volte contre l'ordre Ă©tabli par Dieu, et les rebelles s'attirent une condamnation.» (Georges Minois, Le Couteau et le poison: L'assassinat politique en Europe (1400-1800), 2014 - books.google.fr). On trouve, chez presque tous les peuples primitifs, l'usage de marquer, par une pierre, leurs lieux de rĂ©union; telles Ă©taient, par exemple, les panĂ©gyries des anciens Grecs. Ces pierres, appelĂ©es Botyles ou BĂ©tyles par Sanchoniaton et dressĂ©es, plus souvent encore, en mĂ©moire de prodiges ou de grands Ă©vĂ©nements, Ă©taient des objets de vĂ©nĂ©ration et de culte, images de la divinitĂ© protectrice de ces lieux. Près d'elles s'Ă©levèrent des autels (autel de Jacob) ou bien elles servirent de centre Ă une agglomĂ©ration d'hommes (ville de Bethulie). [...] Le nom phĂ©nicien de BĂ©tyle qui, d'après le savant Bochart, signifie maison de Dieu, semble consacrer cette croyance. Ce nom aurait Ă©tĂ© donnĂ© par Jacob Ă la pierre sur laquelle il reposa sa tĂŞte, pierre dont il est tant parlĂ© dans l'Écriture sainte, et qui, sans doute, Ă©tait un aĂ©rolithe. [...] C'est, sans doute, la chute d'un aĂ©rolithe qui a donnĂ© naissance au mythe de Saturne. MalgrĂ© sa gloutonnerie ce dieu ne put digĂ©rer la pierre que Rhea lui avait donnĂ©e Ă dĂ©vorer au lieu de son fils Jupiter et il la rejeta. Cette pierre, que Pausanias appelait "baitulos", serait tombĂ©e dans la Grèce et aurait Ă©tĂ© conservĂ©e dans le temple de Delphes. (MĂ©tĂ©orologie religieuse, MĂ©moires, Volume 16, AcadĂ©mie nationale de Metz, 1869 - books.google.fr). A rapprocher de "rapax", nom d'une lĂ©gion cf. quatrain IX, 86 - Batailles de BĂ©driac dont la seconde est gagnĂ©e par Vespasien, père de Domitien dĂ©signĂ© par "chaulveron" (NĂ©ron chauve). Ă€ Rome, le navet a, semble-t-il, connu des succès divers au cours du temps. Martial le cĂ©lèbre dans ses Épigrammes pour des temps anciens, «les raves, amies de l'hiver et des frimas je vous les donne ; Romulus en mange Ă la table des dieux», Pline l'apprĂ©cie ; il peut orner les peintures murales. Mais, plus tard, il paraĂ®t ĂŞtre symbole de mĂ©pris quand on le jette Ă la figure des gens (Michel Pitrat, Claude Foury, Histoires de lĂ©gumes: Des origines Ă l'orĂ©e du XXIe siècle, 2015 - books.google.fr). Vespasien reçut des navets au visage au cours d'une sĂ©dition Ă Hadrumète alors qu'il Ă©tait proconsul en Afrique (SuĂ©tone, Vespasien, Oeuvres, traduit par Jean François de La Harpe, 1865 - books.google.fr). Leptis (cf LPTS) Minor et Hadrumète se situent en Byzacène (Jean Boube, Les nĂ©cropoles de Sala, 1998 - books.google.fr). Les terres des Germains produisoient des Navets si monstrueux, qu'ils s'en trouvoit quelque fois d'aussi gros qu'un enfant (Pline lib. 19 cap. 50 : Si quis in nappinam ad furtum ingressus fuerit) (M. du Rondeau, MĂ©moires sur les questions proposĂ©es, Tome 2, 1774 - books.google.fr). Un navet monstrueux fut trouvĂ© dans le jardin de Weiden, Ă deux milles de Juliers, sur le chemin de Bonn, appartenant Ă l'Electeur de Cologne. Les feuilles qui font pour l'ordinaire au haut du navet, se prĂ©sentoient dressĂ©es en forme de palmes & formoient le plus beau panache. Au-dessous de ce panache, on voyoit assez distinctement une tĂŞte humaine, ornĂ©e de toutes les parties; on voyoit au-dessous une poitrine, & mĂŞme un sein, & les racines Ă©toient tellement disposĂ©es, qu'elles prĂ©sentoient des bras & des pieds. Le tout reprĂ©sentoit une femme nue assise sur ses pieds, ayant les bras croisĂ©s au-dessus de la poitrine. Le Journal des Savans pour le mois de FĂ©vrier 1677, a fait graver la figure de ce navet, & en a donnĂ© la description (Joseph Aignan Sigaud de la Fond, Dictionnaire Des Merveilles De La Nature, Tome 2 : M - Z, 1781 - books.google.fr). La vigne aura Venus & le Soleil pour gouuerneurs. Le bled le Soleil & Iupiter s'il est froment ; & le Soleil & Mars si c'est segle. Les legumes auront la Lune & Saturne (Le centiloque de Ptolomee, ou, La seconde partie de l'Uranie, traduit par Nicolas Bourdin, 1993 - books.google.fr). Nicolas II, Ă©cuyer, seigneur de Villaines, fit partie de l’acadĂ©mie de l’abbĂ© d’Aubignac, neveu du Cardinal de Richelieu et thĂ©oricien du théâtre. Ce Marquis de Villennes a publiĂ© plusieurs ouvrages d’astrologie dont, en 1640, L’Uranie ou la traduction des quatre livres des jugements des astres de Claude PtolemĂ©e et, en 1651, Le Centilogue de PtolĂ©mĂ©e ou la seconde partie de l'Uranie. Nicolas Bourdin a traduit en français des Ă©lĂ©gies des amours d'Ovide en 1668. Cette Ă©dition de 1672 a Ă©tĂ© publiĂ©e Ă Paris, chez Charles Osmont, au cinquième pillier de la grande salle du palais, Ă l'Ecu de France, avec privilège du Roy. NommĂ© gouverneur de Vitry le François, il y dĂ©cĂ©da en 1675 alors qu'il avait quittĂ© Villaines depuis plusieurs annĂ©es. Il avait Ă©pousĂ©, le 9 avril 1636, ClĂ©ophile Anne Cauchon (histoire.villennes.free.fr). "rapine" : champ des raves, champ des planètes Disons tout de suite que si dans le langage ordinaire on met quelque diffĂ©rence entre les raves et les navets, le mot rave s'applique plus particulièrement aux races dont les racines sont courtes, sphĂ©riques, dĂ©primĂ©es ou en forme de toupie, et celui de navet Ă celles qui les ont plus ou moins allongĂ©es (Joseph Decaisne, Manuel de l'amateur des jardins: traitĂ© gĂ©nĂ©ral d'horticulture, Tome 4, 1871 - books.google.fr). TURNIP (Ags. næpe; from Lat. napus; Turnip, from turbo napus ?). F. navet; It. rapa; Sp., P. nabo; G. RĂĽbe; Du. raap, knol; Da. Roe, hvidroe; Sw. rofwa; Gr. "goggula"; R. "ryĂŞpá" (John Yeats, The Natural History of the Raw Materials of Commerce, 1878 - books.google.fr). "turneps" : Empr. Ă l'angl.turnep, turnip att. dep. le XVIe s. (d'abord sous les formes turnep, turnepe, v. NED) et dĂ©signant une variĂ©tĂ© de rave (Brassica rapa, variĂ©tĂ© depressa) ou (dans diffĂ©rents syntagmes ou mots comp.), d'autres plantes comestibles ou fourragères telles que le chou navet (cabbage-turnip) le colza, la navette (french turnip) et le rutabaga (swedish turnip). Turnep est formĂ© sur neep, nepe «rave», issu du vieil-angl. naep (lui-mĂŞme du lat. napus, -i, v. navet), prob. Ă l'aide de l'angl. turn ou du fr. tour Ă cause de la forme arrondie de la racine (v. NED et Klein Etymol.) (www.cnrtl.fr). La Rave (Brassica Rapa L.; "goggules", rapum ou rapa), Ă©tait connue de ThĂ©ophraste (H. pl. 7, 4). Elle paraĂ®t avoir eu une large part dans l'alimentation frugale des premiers Romains (Mart. 13, 16): plus tard elle perdit de son importance; et jeter des raves sur quelqu'un devint mĂŞme un signe de mĂ©pris (SuĂ©t. Vesp. 4). On cultivait encore, sous les noms de "bounias", napus, une racine alimentaire qu'on rapporte gĂ©nĂ©ralement au Navet ou Rutabaga (Br. Napus L.). C'est dans Columelle qu'on le trouve mentionnĂ© en premier lieu de son temps, les Romains cultivaient les raves et les navets dans des jardins spĂ©ciaux (rapinæ, napinæ, Colum. 11, 2, 71) (Eduard von Martens, Les plantres alimentaires des anciens, 1858 - books.google.fr). 1. Qu'outre les sept Planettes, on obferue deux Compagnons de Saturne, qui tantost apparoissent, & tantost disparoissent, les Astres Borboniens, qui apparoissent seulement quand ils Ă©clipsent le Soleil, & les Satellites de Iuppiter, ou les Astres Mediceens qu'on apperçoit auec des Lunettes de GalilĂ©e. 2. Que les Planettes se meuuent sur les Poles du Zodiaque, & dessous le Zodiaque, & font leur cercle particulier comme une corde qui serait autour d'une toupie : de sorte qu'ils ne retournent pas tous les jours au mesme point dont ils ont commencĂ© leur tour, mais auancent obliquement (Charles Pajot, Despauterius novus, seu Joannis Despauterii, 1650 - books.google.fr). Saint Jacques-le-Majeur Ă©tait oncle de Jacques le Mineur, frère de saint Jean l'Ă©vangĂ©liste, fils de ZĂ©bĂ©dĂ©e et de SalomĂ©. On prĂ©tend qu'Agrippa, roi des Juifs, lui fit couper la tĂŞte Ă JĂ©rusalem (Oeuvres complètes de Voltaire, avec notes, prĂ©faces, avertissemens, remarques historiques et littĂ©raires, Tome 30, 1829 - books.google.fr). Saint-Jacques de Compostelle, ville cĂ©lèbre par son pèlerinage, se forma au IXe siècle, autour du sanctuaire qui renfermoit le corps de saint Jacques, patron de l'Espagne. Son nom de Compostelle (campus stellæ) lui viendrait de l'Ă©toile miraculeuse qui, selon la lĂ©gende, indiqua le tombeau de l'apĂ´tre ou de "campus apostoli" (Le Cabinet historique: moniteur des bibliothèques et des archives, Tome 9, 1863 - books.google.fr). En 1884, le pape LĂ©on XIII, dans sa bulle Deus omnipotens, a authentifiĂ© la sĂ©pulture, après de sĂ©rieuses Ă©tudes et il a largement invitĂ© les fidèles Ă entreprendre le pĂ©lerinage (Michel Dubost, Stanislas Lalanne, Le nouveau ThĂ©o - Livre 4 - La foi catholique: L'EncyclopĂ©die catholique pour tous, 2011 - books.google.fr). PlongĂ© dans une chaudière d'huile bouillante Ă Rome, devant la porte Latine, en l'an 95, sous Domitien, Jean est considĂ©rĂ© comme martyr, bien qu'il soit sorti sain et sauf d'un tel supplice. Dieu a voulu que saint Jean vĂ©cĂ»t assez pour assister Ă la ruine de JĂ©rusalem, et au massacre de toute la nation juive par Titus et les Romains. Il survĂ©cut seul Ă tous les autres apĂ´tres martyrisĂ©s avant la prise de JĂ©rusalem. Vers la fin de sa vie, il fut envoyĂ© en exil dans l'Ă®le de Patmos oĂą il y Ă©crivit l'Apocalypse.. Ce bannissement ne dura pas longtemps; Domitien fut tuĂ© l'annĂ©e suivante, et saint Jean, dĂ©livrĂ© de son exil, revint à Éphèse; ce fut Ă son retour de Patmos qu'il composa son Ă©vangile. Il est mort naturellement à Éphèse en l'an 101, la neuvième annĂ©e du pontificat de ClĂ©ment (Charles Rohault Fleury, L'Ă©vangile: Ă©tudes iconographiques et archĂ©ologiques, Tome 1, 1874 - books.google.fr). On dit que Clement Ă©toit Romain, nĂ© d'un Pere nommĂ© Faustin, qui de St Clement qu'il Ă©toit parent des Cesars. Mais, cela paroĂ®t ĂŞtre une erreur, fondĂ©e sur ce qu'on l'a confondu peut-ĂŞtre avec le Consul T. Flavius Clemens, neveu de l'Empereur Vespasien, qui fut martyrisĂ© par ordre de Domitien son Cousin. Lui-mĂŞme se dit ĂŞtre enfant de Jacob; ce qui donne lieu de penser, qu'il Ă©toit plĂ»tĂ´t Juif d'extraction, que Gentil. On compte qu'il succeda Ă St Clet vers le commencement de l'an de J. C. 91. qui Ă©toit le 10. de Domitien. [...] On lit dans une ancienne Histoire, mais dont l'exactitude est assez douteuse, que St. Clement fut releguĂ© par Trajan dans la ChersonĂ©se, au delĂ du Pont Euxin; qu'il y fit naĂ®tre une fontaine par ses prieres, en faveur des autres Saints Confesseurs, qui y Ă©toient releguez comme lui; qu'y aiant demeurĂ© environ un an, il convertit tout le Pais d'alentour; que Trajan y envoia un Officier, par ordre duquel Clement fut jettĂ© dans la Mer avec un ancre attachĂ©e au coĂ»; que la Mer s'Ă©tant ensuite retirĂ©e jusqu'au lieu oĂą son corps avoit Ă©tĂ© jettĂ©, qui Ă©toit Ă une grande lieuĂ« de la terre, & les ChrĂ©tiens y Ă©tant allez, ils trouverent son corps dans un Tombeau de Pierre, sous un Temple tout de Marbre; & que tous les ans la mer se retiroit de mĂŞme au jour de la FĂŞte du Saint (François Bruys, Histoire des papes, Tome 1, 1732 - books.google.fr). CF. quatrain V, 25 - Fin des Etats de l'Eglise : "Regne d'Eglise par mer succombera". La Pantagrueline Prognostication rĂ©pond plaisamment Ă la querelle de la conjonction de 1524, marquĂ©e par la position simultanĂ©e de Mars, Jupiter et Saturne Ă environ 10° des Poissons, initiĂ©e par Johannes Stoeffler et Jakob Pflaum, et relayĂ©e par des dizaines d'astrologues europĂ©ens, surtout en Allemagne et en Italie (cf. Hellmann, 1914, vol.1, pp.25-67). "Toutesfoys ne yront tant de Lifrelofres Ă sainct Hiaccho comme feirent l'an D. XXIIII." (Chapitre V, Ă©d. Huchon, p.930). Screech y voit Ă raison une allusion Ă la situation alarmante dĂ©clenchĂ©e par la crainte de la grande conjonction de 1524 : les allemands enivrĂ©s [surtout parmi les astrologues quelque peu illuminĂ©s], ne seront pas aussi nombreux [cette annĂ©e, car les conjonctions planĂ©taires ne sont pas aussi dĂ©terminantes] Ă se rendre Ă Saint-Jacques-de-Compostelle [pour prier Dieu et prĂ©venir le dĂ©luge annoncĂ©], comme ils le firent en 1524 (Patrice Guinard, Les Ă©ditions de l'oeuvre rabelaisienne pour servir Ă la comprĂ©hension de celles de Nostradamus, 2018 - cura.free.fr). Au chapitre suivant (VI), quelques lignes après, Rabelais parle des "raves en Lymousin" (François Rabelais, Oeuvres, 1864 - books.google.fr). Typologie Le report de 1928 sur la date pivot 93 donne -1742. Epoque de la mort de Joseph, fils de Jacob, en Egypte près de 70 ans avant l'Ă©dit de Pharaon contre les HĂ©breux, ce qui provoquera l'Exode (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrĂ©e et prophane, ecclĂ©siastique et civile, depuis la crĂ©ation du monde, jusqu'Ă l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr). HĂ©rodote raconte que lors de la construction de la pyramide de KhĂ©ops, les ouvriers consommèrent pour 1600 talents de navets, d'ail et d'oignon. [...] Le Talmud enseigne que Jacob fit prĂ©sent Ă Joseph de nouveaux habits pour le rĂ©compenser des soins qu'il avait donnĂ©s Ă un jardin potager. Les HĂ©breux mangeaient la Pâque avec assaisonnement de raifort. Les Romains Ă©taient fort versĂ©s dans la culture maraĂ®chère; nous lisons dans Pline de nombreux dĂ©tails sur la culture des concombres, melons, artichauts, de l'oignon et de l'ail (N. Leikine, AbrĂ©gĂ© succinct de l'histoire de la culture maraĂ®chère, traduit du russe, Compte-rendu des travaux du Congrès international de pomologie Ă St-PĂ©tersbourg en 1894, 1897 - books.google.fr). A la Pâque des juifs, peuple aveuglĂ©, obstinĂ©, qui se vante d'estre la semence d'Abraham, & se glorifie du sceau de la Circoncifion qui luy a Ă©tĂ© donnĂ©, & qui ne voulant point reconnoistre JESUS CHRIST pour le Messie, l'attend toĂ»jours, [...] le soir dans un plat, parmi d'autres, sont des laituĂ«s, du pourpier, du cyprez, des raves, & semblables herbes, avec du vinaigre dans un autre pour representer les herbes sures avec lesquelles on mangeoit autrefois l'Agneau (Le grand Dictionnaire de l'AcadĂ©mie françoise, Tome 2, 1696 - books.google.fr). Le texte de Pline (XIX, 5, 79) dit que «les Égyptiens cultivent des navets plus volontiers que du blĂ©, lorsqu'ils le peuvent, parce qu'ils en retirent de l'huile» (Abdallah Simaika, Essai sur la province romaine d'Égypte depuis la conquĂŞte jusqu'Ă DioclĂ©tien: Ă©tude d'organisation politique et administrative, 1892 - books.google.fr). Après la première guerre mondiale Dans le premier tiers du XXe siècle, Saturne fut en Lion
dans de juin 1917 à août 1919, années de la première guerre mondiale (et le
sera en 1946 - 1948, 1975 - 1978) et et Mars fut en Cancer en juillet 1917 et
juillet 1919 (www.astro.com). Si un planète bénéfique, non combuste ni rétrograde occupe la seconde maison, le consultant sera riche et heureux. Si c'est une planète maléfique, il dépensera ses biens par sa propre volonté et dilapidera sa fortune. Mais, si ce planète est maléfique, pérégrin, mal affecté, il verra sa fortune dispersée par des vols ou par de violentes rapines de Martiens ou de Saturniens (Abel Haatan, Traité d'astrologie judiciaire, 1895 - books.google.fr, Jean-Baptiste Morin, Remarques Astrologiques sur le commentaire de Centilogue de Ptolomee par Nicolas de Bourdin, 1657 - books.google.fr). La perspective de dissolution de la Prusse ne fut pas longue à s'évanouir : dès le 24 mars 1919, au Landtag de Prusse, tous les partis, sauf une minorité centriste, votait un blâme contre toute tentative de séparatisme de la province rhénane (Sperrfrist). Les partisans de l'indépendance rhénane devaient se rejeter, avec le docteur Dorten, sur les Rhénanies hessoise et bavaroise. Mayence, centre d'occupation française, où certains milieux gardaient les traditions d'amitié franco-mayençaise de 1792 et de 1795, allaient devenir, à la place de Cologne et contre Cologne, un foyer d'activité séparatiste en faveur d'une «république du Rhin moyen» proposé par le Dr Ulrich, président du conseil de la Hesse en juillet 1919 (René Roux, Problèmes historiques des états allemands, 1950 - www.google.fr/books/edition). En vérité, il semble bien que tous les partis rhénans soient d’accord sur cette grave question de l’autonomie de toutes les terres rhénanes. Et cela est si vrai que leurs élus, me dit-on, vont réclamer, dès les premières séances du Reichstag, l’abolition du Sperrfrist qu’en juillet 1919, l’Assemblée de Weimar vota pour interdire toute discussion sur l’unité du Reich pendant cinq ans (Albert Malaurie, Une Année en Rhénanie, Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 60, 1920 - fr.wikisource.org). La cité d’Agrippine est la ville de Cologne sur le Rhin, ancienne Agrippinensis Colonia. Ce fleuve peut recevoir le qualificatif de celtique dans la mesure où il séparait populations germaines sur la rive droite et celtiques sur la rive gauche (Nerviens, Trévires, Triboques). Juste après la première guerre mondiale, la Rhénanie est découpée en zones interalliées d’occupation. Comme l’Allemagne avait des difficultés à honorer sa dette de guerre, qu’elle payait en marks dévalués, les Français et les Belges exploitaient à leur profit les ressources de ces zones (« rapines »). La dette étant renégociée à plusieurs reprises par les plans Dawes et Young, les troupes alliées les évacuent progressivement. Les Français quittent la Ruhr fin 1924, mais la Rhénanie ne sera libérée complètement qu’en 1930. |