Occupation de la Rhénanie par les alliés de la première guerre mondiale

Occupation de la Rhénanie par les alliés de la première guerre mondiale

 

VI, 3

 

1927-1928

 

Fleuve qu'esprouve le nouveau nay Celtique

Sera en grande de l'empire discorde :

Le jeune prince par gent ecclésiastique

Ostera le sceptre coronal de concorde.

 

Exposition sur le Rhin

 

Le Rhin fut un dieu pour nos ancêtres, Rhenus deus (X. Boyer, Histoire d'Alsace depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 1, 1862 - books.google.fr).

 

Un ancien usage en vigueur chez les Gaulois et Germains des rives du Rhin voulait que le père qui avait conçu des doutes sur la fidélité de son épouse, exposait le nouveau-né dans un berceau à la merci des eaux. Le fleuve devait engloutir le fruit d'un amour adultère et épargner l'enfant légitime (H. de Charencey, Les traditions relatives au fils de la Vierge, 1881 - books.google.fr).

 

Quand, sur les flots, l'enfant exposé dans un bouclier surnageait, il était proclamé légitime; quand il était submergé, il n'était pas digne de regrets, et sa mère, punie de la peine des adultères, était enterrée vivante ou livrée aux flammes (X. Boyer, Histoire d'Alsace depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 1, 1862 - books.google.fr).

 

"Ostera" :  jeu de mot ? Sceptre et couronne

 

La divinité saxonne Eostre ou Ostera/Ostara, déesse de l'Aube et annonciatrice du printemps, s'assimile à la déesse nordique Freyja (Nadine Cretin, Fêtes et traditions occidentales, Que sais-je ?, 1999 - books.google.fr).

 

Thor, fils aîné d'Odin et de Frigga, et dieu de la foudre. Assis sur un trône, la tête ornée d'une couronne, et la chevelure longue, le dieu tient d'une main un sceptre, et le tonnerre de l'autre (Jules Raymond Lamé Fleury, La Mythologie racontee aux enfants, 1891 - books.google.fr).

 

The Saxons painted Thor with a Scepter in his hand, after the same manner that the Poets vsed to describe the image of Iupiter : and him they reverenced as the commander  and disposer of Thunder [...] To the goddesse Eoster, they alwaies sacrifice in the month of Aprill, which thereupon was called Eoster (John Clapham, The Historie of Great Britannie (1606), 1975 - www.google.fr/books/edition).

 

Autre fils d'Odin, Balder, génie de la bonté est le dieu de la concorde et de la paix (Ferdinand Loise, Histoire de la poésie : l'Allemagne, 1875 - books.google.fr).

 

Saxe

 

Henri Ier de Saxe ou Henri Ier de Germanie (en allemand : Heinrich der Finkler ou Heinrich der Vogler ; en latin : Henricus Auceps), dit «Henri Ier l'Oiseleur» parce que passionné de chasse au faucon, est né en 876 et mort le 2 juillet 936 à Memleben (Thuringe). Duc de Saxe depuis 912, roi de Francie orientale (Germanie) de 919 à sa mort en 936, Henri est un ascendant des deux dynasties destinées à régner sur les territoires de l'Allemagne et de la France actuelles une grande partie du IIe millénaire, puisqu'il est le père d'Otton Ier (mort en 973), premier empereur germanique, mais aussi le grand-père, du côté maternel, d'Hugues Capet. Il est par ailleurs l'un des arrière-grands-pères de Louis V, le dernier roi carolingien (fr.wikipedia.org - Henri Ier de Germanie).

 

Dans le partage de l'empire de Charlemagne, le royaume de France s'étendait jusqu'aux bouches de l'Escaut et au cours supérieur de la Meuse; le pays jusqu'à la gauche du Rhin était échu à Lothaire II; on l'appela Lotharingie ou Lorraine, érigée en royaume (855); elle s'étendait lout le long du Rhin jusqu'en Suisse; mais ce royaume dura peu (887), et la Lotharingie ou Lorraine fut érigée en duché (900), puis réunie à l'empire germanique malgré la France, qui la lui disputera tant de fois comme limite naturelle. Celle possession de la rive gauche du Rhin sera la pomme de discorde entre l'empire germanique et la France, qui l'oublient quelquefois et ne la conserve jamais (Édouard Braconnier, Application de la géographie à l'histoire ou Etude élémentaire de géographie et d'histoire générales comparées, 1845 - books.google.fr).

 

"Jeune Prince"

 

Otton Ier du Saint-Empire, surnommé en allemand Otto der Große (Otton le Grand en français), est l'un des plus célèbres souverains allemands du Moyen Âge, fondateur du Saint-Empire romain germanique. Il est né le 23 novembre 912 à Wallhausen en Saxe et est mort au palais familial de Memleben en Thuringe le 7 mai 973. Le jeune Otton succède à son père Henri l'Oiseleur, duc de Saxe (Basse-Saxe et Saxe-Anhalt actuelles) et roi de Francie orientale ou Germanie, mort le 2 juillet 936. Il s'impose alors en souverain politique de plus en plus incontesté malgré les premières révoltes. De roi de Germanie, il finit par accaparer la fonction puis la dignité impériale en 962 jusqu'à sa mort en 973. Il est enterré selon son souhait dans la cathédrale de Magdebourg, sa nouvelle capitale (fr.wikipedia.org - Otton Ier (empereur du Saint-Empire)).

 

"gent Ecclesiastique"

 

Sous les Carolingiens, la mise en place progressive de l'hérédité des charges avait fortement contribué à l'affaiblissement de leur autorité. Pour éviter une pareille dérive, Otton, qui sait ne pas pouvoir trop compter sur la fidélité des relations familiales, s'appuie sur l'Église germanique et lotharingienne qu'il comble de bienfaits mais qu'il assujettit. Les historiens ont donné au système qu'il a mis en place le nom de Reichskirchensystem42. Il faut dire que l'Église avait maintenu vivante l'idée d'Empire. Elle avait soutenu les ambitions impériales d'Otton Ier.

 

Par ses réformes administratives privilégiant le clergé épiscopal et la collégialité des prélats et princes au détriment des monastères, Otton est le véritable fondateur du Saint-Empire romain germanique même si cette dénomination n'apparaît qu'au XVe siècle. Cette première entité politique dénommée en allemand moderne Reich perdure jusqu'en 1806. Dès le début de son règne impérial, Otton marque la volonté d'extension vers l'Est de son royaume et de son Empire, avec Magdebourg pour capitale, rompant avec la tradition carolingienne centrée sur la Lotharingie (Metz et Aix-la-Chapelle) (fr.wikipedia.org - Otton Ier (empereur du Saint-Empire)).

 

Idolâtrie

 

La destruction de l'idole d'Irminsul eut lieu l'an 772, qui est le premier de la guerre saxone, décrétée dans les comices de Worms, et entreprise par Charlemagne, alors âgé d'environ trente ans. [...] Georges Fabricius (1516 - 1571), Orig., lib. II, assure que la statue d'Irminsul a été conservée à Eresberg, jusqu'au tems d'Otton le grand, par l'ordre duquel elle en fut enlevée (Heinrich Meibom, Description de l'idole des anciens Saxons, appelée Irmensul, extraite et traduite du latin par Eloi Johanneau, 1820 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Georg Fabricius).

 

Les Gots nommoyent leur plus grand Dieu du nom de Thor, le second Odhen, & le troisieme Frigga. Varron qui a recerché aucc grande diligence les dieux des Payens, escrit qu'il a trouué plus de trente mille faux dieux. De là s'est augmenté le nombre des feruices & facrifices, dont les Egyptiens en ont eu en vsage fix cens soixante especes. Les Grecs & les Romains n'en ont eu gueres moins, & encores que lon pense qu'ils ayent esté iadis surpassez par les Egyptiens en nombre de dieux, & de sacrifices : si est-ce que ie crain bien que le changement des choses n'ait esté tel auec le temps, que les Romains ayent gagné la victoire en matiere de superstition. Ce ne seroit iamais fait à qui voudroit faire vn roole des faux dieux des peuples Barbares, comme les Rugiens ont eu Vite, Rugieuithe, Poreuithe, Porenuce, & Stanitie, desquels parlent amplement Saxon le Grammarien au 14. liure de son histoire de Dannemarch, & Albert Crantz, es 12. & 13. chap. de l'histoire des Vandales. Les mesmes peuples adoroyent vn autre faux dieu nommé Zuanteuith, lelon que le recite Helmold au second liure de l'histoire des Sclauons, chapitre 12. & 53. Item es chapitres 70. & 84. il fait mention d'une autre idole nommee Proue, qui estoit adoree dans les bois. Les Polabes auoyent vne idole nommee Sumades Obotrites, Rodigast, Podaga, Siuua, comme il appert par les Chroniques de Saxe. Vne idole nommee Flins estoit adoree par les Vandales demeurans en Lusatie : Triglas idole à trois testes par ceux de Stetin : & comme on lit en la vie de l'Empereur Otton, liure 2. chap. 21. 22. & au 3. liu. chap. 5. ceux de Vuolgast adoroyent vne certaine idole nommee Herotin, qu'aucuns estiment estre le Dieu Mars des anciens Payens (Johann Weyer, Histoires, disputes et discours des illusions et impostures des diables, des magiciens infames, sorcieres et empoisonneurs, des ensorcelez et demoniaques et de la guerison d'iceux, éditionde Bonnet (1579), 1885 - books.google.fr).

 

En 939, Otton vainc son frère bâtard Tankmar qui s'était enfermé dans Eresberg. Il y est tué (Jules Zeller, Entretiens sur l'histoire du Moyen-Age, Tome 3, 1887 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1927 sur la date pivot 936 (début du règne d’Otto) donne -55.

 

Ce fut l'an 55 avant Jésus-Christ que César passa pour la première fois le Rhin, et s'enfonça dans la Germanie. Il avoit alors dans ses armées les mêmes Gaulois qu'il avoit vaincus précédemment, et qu'il croyoit pouvoir employer à étendre ses conquêtes dans le Nord. Les Germains, à l'approche de César, s'enfuirent précipitamment jusque dans leurs forêts les plus reculées: et César revint triomphant dans les Gaules (Voy. ANQUETIL , t. I, pag. 71. Histoire de France). Deux ans après, César retourne encore dans la Germanie, et y porte encore au loin la gloire de ses armes (Charles Victor Prévôt d'Arlincourt, Oeuvres, Tome 1, 1818 - books.google.fr).

 

VI, 4

 

1928-1929

 

Le Celtiq fleuve changera de rivaige,

Plus ne tiendra la cité d’Agripine,

Tout transmué ormis le vieil langaige,

Saturne, Leo, Mars, Cancer en rapine.

 

Dans le premier tiers du XXe siècle, Saturne fut en Lion dans de juin 1917 à août 1919, années de la première guerre mondiale (et le sera en 1946 - 1948, 1975 - 1978) et et Mars fut en Cancer en juillet 1917 et juillet 1919 (www.astro.com).

 

Si un planète bénéfique, non combuste ni rétrograde occupe la seconde maison, le consultant sera riche et heureux. Si c'est une planète maléfique, il dépensera ses biens par sa propre volonté et dilapidera sa fortune. Mais, si ce planète est maléfique, pérégrin, mal affecté, il verra sa fortune dispersée par des vols ou par de violentes rapines de Martiens ou de Saturniens (Abel Haatan, Traité d'astrologie judiciaire, 1895 - books.google.fr, Jean-Baptiste Morin, Remarques Astrologiques sur le commentaire de Centilogue de Ptolomee par Nicolas de Bourdin, 1657 - books.google.fr).

 

Typologie

 

La perspective de dissolution de la Prusse ne fut pas longue à s'évanouir : dès le 24 mars 1919, au Landtag de Prusse, tous les partis, sauf une minorité centriste, votait un blâme contre toute tentative de séparatisme de la province rhénane (Sperrfrist). Les partisans de l'indépendance rhénane devaient se rejeter, avec le docteur Dorten, sur les Rhénanies hessoise et bavaroise. Mayence, centre d'occupation française, où certains milieux gardaient les traditions d'amitié franco-mayençaise de 1792 et de 1795, allaient devenir, à la place de Cologne et contre Cologne, un foyer d'activité séparatiste en faveur d'une «république du Rhin moyen» proposé par le Dr Ulrich, président du conseil de la Hesse en juillet 1919 (René Roux, Problèmes historiques des états allemands, 1950 - www.google.fr/books/edition).

 

En vérité, il semble bien que tous les partis rhénans soient d’accord sur cette grave question de l’autonomie de toutes les terres rhénanes. Et cela est si vrai que leurs élus, me dit-on, vont réclamer, dès les premières séances du Reichstag, l’abolition du Sperrfrist qu’en juillet 1919, l’Assemblée de Weimar vota pour interdire toute discussion sur l’unité du Reich pendant cinq ans (Albert Malaurie, Une Année en Rhénanie, Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 60, 1920 - fr.wikisource.org).

 

La cité d’Agrippine est la ville de Cologne sur le Rhin, ancienne Agrippinensis Colonia. Ce fleuve peut recevoir le qualificatif de celtique dans la mesure où il séparait populations germaines sur la rive droite et celtiques sur la rive gauche (Nerviens, Trévires, Triboques). Juste après la première guerre mondiale, la Rhénanie est découpée en zones interalliées d’occupation. Comme l’Allemagne avait des difficultés à honorer sa dette de guerre, qu’elle payait en marks dévalués, les Français et les Belges exploitaient à leur profit les ressources de ces zones (« rapines »). La dette étant renégociée à plusieurs reprises par les plans Dawes et Young, les troupes alliées les évacuent progressivement. Les Français quittent la Ruhr fin 1924, mais la Rhénanie ne sera libérée complètement qu’en 1930.

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