L’explosion de l’usine AZF à Toulouse

L’explosion de l’usine AZF à Toulouse

 

VI, 98

 

1997-1998

 

Ruyné aux Volsques de peur si fort terribles,

Leur grand citĂ© taincte, fait pestilent :

Piller Sol, Lune, & violer leurs temples,

Et les deux fleuves rougir de sang coulant.

 

La capitale des Volsques du Latium était Anxur devenue Terracina, située sur une montagne escarpée et sur la mer au sud de Rome. Avant d'y arriver, il y avait un grand marais formé de deux fleuves dont le plus grand portait le nom d'Usens selon Pline. Les Romains en avoient fait un lieu de délices. A la prise d'Anxur par Fabius-Ambustus, en 407 avant J.C., la ville fut livrée au pillage, et le butin distribué entre la noblesse et le peuple. C'est à cette époque qu'un décret du sénat ordonna que l'armée seroit payée en monnoie de cuivre. Jusqu'alors chacun faisoit la guerre à ses dépens. En 69, Vitellius s'empara de Terracine; les soldats y commirent toutes sortes de cruautés. On rapporte que Triaria, femme de l'empereur, y parut l'épée à la main, et prit part aux meurtres et au pillage (Encyclopedie methodique, ou par ordre de matières: Géographie ancienne, Tome II, 1789 - books.google.fr, Charles-A.-Louis de Barentin de Montchal, Atlas de la Géographie ancienne et historique composée d'après les cartes de d'Anville, 1807 - books.google.fr, Lucien de Luca, Scholia Nostradamica Libri VII: Nostradamus, Prophéties, Editions 1555-1557, 2026 - books.google.fr).

 

Volques et Volsques

 

La confusion entre Volsques et Volques est souvent faite. Au XVIème déjà, comme en témoigne Jean Poldo d'Albenas (Jean Poldo d'Albenas, Discovrs historial de l'antiqve et illvstre cité de Nismes: en la Gaule narbonoise, 1560 - books.google.fr).

 

La contrée de la Gaule Narbonoise sur les propres confins d'Espagne, faisoit autrefois portion des Volsces Tectosages: car les Volsces furent divisez en Tectosages & en Arecomiques, dont les Tectosages habitoient les regions Occidentales de la Narbonoise depuis l'Albigeois jusqu'aux Pyrenées, ayant pour Citez, felon Ptolomée, Tolose, Carcassone, Narbone, Beziers, Ruscino, & Illiberis. Les Arccomiques tenoient le reste de la Narbonoise, tendant vers l'Orient & le Rhosne. Leurs Citez, au témoignage du mesme Ptolomée estoient Nismes, & Viridomagus, à quoy Strabon adjoûte Usez & Narbone, bien que celle-cy fut comprise dans la portion des Tectosages par l'Auteur precedent (Pierre Audigier, L' Origine Des François Et De Leur Empire, Tome 1, 1676 - books.google.fr).

 

Ptolomée (II, 10, 6) même comprenoit parmi les Tectosages, le quartier de Narbonne & le Roussillon (et Béziers et même Cessero) (L’Encyclopédie, Tome 16, 1751 - fr.wikisource.org).

 

Les "Volsques" Arécomiques avaient pour capitale Nîmes, les "Volsques" Tectosages Toulouse, d’autres Volsques se trouvaient en Italie dans le Latium. La plus grande ville de ces peuples est bien Toulouse qui compte actuellement près de 350 000 habitants.

 

La cité de Toulouse était particulièrement favorisée pour les transports fluviaux puisque deux fleuves, la Garonne et le Tarn, la traversaient du nord au sud et de l'est au nord-ouest (Pierre Sillières, Les voies fluviales de la cité de Toulouse, La Loire et les fleuves de la Gaule romaine et des régions voisines, 2001 - books.google.fr).

 

Toulouse se trouve plus précisément près du confluent de l'Ariège et de la Garonne (Vlaicu Ionescu, Jean Phaure, Le message de Nostradamus sur l'ère prolétaire, 1976 - books.google.fr).

 

"Soleil, Lune"

 

Les deux emblèmes entourant le visage de Raymond, le soleil-rose et le croissant de lune, confirment le message contenu dans les armoiries du Languedoc et dans celles de Toulouse, sa capitale, car ils permettent la lecture incontestable d'un double et subtil calembour associant Occitanie et Rose-Croix. En effet, les symboles associĂ©s du soleil et de la lune, O et C, forment celui de l'Occitanie, OC. Mais comme, en raison de la facture du dessin, le soleil, ici, est aussi une rose, nous pouvons lire l'ensemble des deux emblèmes : ROSE CROISSANT et nous comprenons aussitĂ´t le jeu de mot : La rose croĂ®t = La Rose-Croix. [...]

 

Voici comment John Dee, dans sa Monas hieroglyphica (1654), commente ce second hiĂ©roglyphe : «L'O symbolise le soleil, le C la lune, le point inscrit dans le cercle la terre, la croix les quatre Ă©lĂ©ments, la crĂ©ation dont l'homme fait partie, enfin le signe du BĂ©lier placĂ© en bas symbolise le feu». Et John Dee explique : «Le soleil et la lune veulent que leurs Ă©lĂ©ments, dans lesquels l'univers» parfait fleurira, soient sĂ©parĂ©s, et ceci s'accomplit par le ministère du feu.» Cet hiĂ©roglyphe adoptĂ© par la Rose-Croix dès son apparition publique a donc une signification Ă  la fois spirituelle et alchimique. Or, ce qui est tout Ă  fait remarquable, c'est que cet hiĂ©roglyphe, formĂ© du bĂ©lier supportant la croix et surmontĂ© du sigle OC pour mieux en souligner le sens secret, est rigoureusement identique aux armoiries de Toulouse; il est mĂŞme, peut-on dire, l'exacte reprĂ©sentation stĂ©nographique et idĂ©o- graphique de celles-ci (GĂ©rard de Sède, Le secret des Cathares, 1974 - books.google.fr).

 

Le trésor de Toulouse

 

Le thème de l'origine de l'aurum Tolosanum est l'occasion d'un logos ethnographique. Après avoir situĂ© la rĂ©gion habitĂ©e par les Tectosages, dont la terre «regorge d'or», Strabon, constatant que d'autres Tectosages sont connus dans la rĂ©gion d'Ancyre en Phrygie , estime que les deux peuples n'en font qu'un, et propose une migration de la tribu occidentale vers l'Asie Mineure, Ă  la suite d'une crise (stasis) paradoxalement due Ă  l'opulence de cette tribu. Puis le gĂ©ographe rapporte diffĂ©rentes opinions sur l'origine de l'Or de Toulouse, sans lui donner la dimension proverbiale que le thème aura plus tard, mais en rendant compte dĂ©jĂ , sous le nom de Timagène, du caractère moralisateur du motif : «On raconte au sujet des Tectosages d'une part qu'ils ont participĂ© Ă  l'expĂ©dition militaire contre Delphes, et on dit d'autre part que les trĂ©sors (thesauroi) dĂ©couverts chez eux par le gĂ©nĂ©ral romain Cæpio dans la ville de TolĂ´ssè Ă©taient une partie des richesses (kremata) de lĂ -bas, mais augmentĂ©es par les gens sur leurs biens propres pour des consĂ©crations destinĂ©es Ă  rendre propice la divinitĂ©. C'est pour cette raison que Cæpio, les ayant touchĂ©es, avait fini sa vie dans le malheur, exilĂ© par sa patrie comme sacrilège, et, ayant laissĂ© comme descendance des filles, il arriva qu'elles se prostituèrent, comme le rapporte Timagène, et disparurent honteusement». Or, Poseidonios, lu par Strabon qui poursuit son discours , «rapporte en effet que les richesses (kremata) dĂ©couvertes Ă  TolĂ´ssè atteignaient une valeur de 15000 talents, qu'elles Ă©taient dĂ©posĂ©es dans des enclos (sèkos) et dans des lacs sacrĂ©s (limnai hierai), et qu'elles n'Ă©taient pas composĂ©es d'objets façonnĂ©s, mais d'or et d'argent non travaillĂ©s.» Le gĂ©ographe ajoute : «En revanche, comme l'ont dit notre auteur [Poseidonios] et beaucoup d'autres, la rĂ©gion Ă©tant riche en or, et les gens craignant les dieux et vivant sans magnificence, il y avait des trĂ©sors (thesauroi) en de nombreux endroits de Celtique. Les lacs (limnai) offrant avant tout l'inviolabilitĂ© Ă  ces trĂ©sors (thesauroi), ils y jetaient des masses d'argent ou mĂŞme d'or. Ce qui est sĂ»r c'est que les Romains, devenus maĂ®tres des lieux, mirent en vente les lacs (limnai) au nom de l'État, et que de nombreux acheteurs dĂ©couvrirent des meules d'argent travaillĂ©es au marteau. Dans TolĂ´ssè mĂŞme, le sanctuaire (hierom) aussi Ă©tait saint, honorĂ© scrupuleusement par les peuples voisins des alentours, et les richesses (kremata) abondaient, parce que nombreux Ă©taient ceux qui dĂ©posaient des offrandes, et que personne n'osait y porter la main». Ce texte paraĂ®t clair. Mais en rĂ©alitĂ©, si la traduction ne pose pas de difficultĂ©s majeures, deux Ă©lĂ©ments, principalement, obscurcissent la comprĂ©hension du texte : les «lacs sacrĂ©s», dont la fonction serait celle de thèsauroi, et les «meules d'argent» dĂ©couvertes ultĂ©rieurement par les Romains dans les limnai. Rappelons que la description de Strabon, qui compile des sources hĂ©tĂ©rogènes et probablement d'Ă©poques diffĂ©rentes, n'est pas autoptique; pas plus que celle de Poseidonios (Les lacs sacrĂ©s et l'or des Tectosages de Toulouse Ă  travers les sources littĂ©raires de l'AntiquitĂ© tardive, du Moyen Ă‚ge et de l'Ă©poque moderne, MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© archĂ©ologique du midi de la France, Volume 66, 2006 - books.google.fr).

 

Quintus Servilius Cæpio Consul Romain, abandonna autrefois au pillage la Ville de Toulouse: tous ceux qui pillérent l'or de ses Temples, mêmes ceux entre les mains de qui cet or passa dans la suite, périrent misérablement & souffrans de cruelles douleurs (Satyre Menippee, de la Vertu du Catholicon D'Espagne, et de la Tenue des Etats de Paris, 1709 - books.google.fr).

 

"pestilent"

 

Aurum habet Tolossanum. XCVIII : Huic simillimum est illud : Aurum habet Tolossanum. In eum qui magnis ac fatalibus af ficitur malis, nouoch ac miferando exitio perit. Refertur ab A. Gellio eodem loco, quem modo citauimus ad hunc mod?, Eadem fententia est illius quoq ueteris prouerbij, quod ita dictum accipimus; Aurum habet Tolossanum. Nam cum oppidum Tolossanum in terra Gallia, Q. Cepio consul diripuisset, multum auri in eius oppidi templis fuisset, quis quis ex ea direptione aurum attigit, misero, cruciabilique exitu perijt. In plerisque codicibus Gellianis hactenus legebatur in terra Italia sed mendose, quum Strabo & Iustinus Tolossam ponant in Gallia. Meminit auri Tolossani M. Tullius lib. de natura deorum tertio : Cognosce, inquit, alias quæstiones auri Tolossani, coniurationis Iugurthinæ. Strabo lib. Geographiæ quarto, admonet hanc pecunia Tolossanam Delphicæ pecuniæ partem fuisse. Brennus enim Prausus natione, Tectosagis auxiliantibus Delphos incursauerat, deinde quemadmodum refert Iustinus lib. xxj. c? Tectosagi se in antiquam patriam Tolosam recepissent, pestilentia laborare cĹ“perunt, Ă  qua non prius sunt liberati, quam aruspicum responsis moniti, aurum, argentumos sacrilegio quæsitum, in Tolossensem lacum merge rent, quod omne magno post tempore Cepio Romanus consul abstulit. Quod quidem sacrilegium exitium attulit, tum ipsi Cepioni, tum illius cop?s. Erant autem auri pondo CX. milia : argenti pondo quinquies decies centum milĂ­a. Scribit enim Strabo Tolossanos ex priuatis fortunis auxisse sacram pecuniam, ut magis deum sibi reconciliarent, Narrantur & alia quædam hoc loco a Strabone de auro Tolossano ex Posidonio : uerum quoniam ad adagionis enarrationem non magnopere pertinere uidebantur, sat habuimus locum indicasse. Durat hodieque apud uulgus hæc opinio, ut existiment omneis misere perire, quicumque Ă  sacris rebus non abstinent manus uiolentas (Desiderius Erasmus, Adagiorum opus, 1528 - books.google.fr).

 

Dans le texte d'Érasme, le mot pestilentia (la peste, l'Ă©pidĂ©mie) joue un rĂ´le central : c'est le moteur thĂ©ologique et moral qui explique pourquoi l'or s'est retrouvĂ© au fond du lac de Toulouse. Érasme rĂ©sume ici un rĂ©cit de l'historien romain Justin (qui abrĂ©geait lui-mĂŞme un auteur gaulois de langue latine, Trogue PompĂ©e). Ne sachant comment stopper l'Ă©pidĂ©mie, les Gaulois consultent des devins (aruspicum responsis moniti). Le verdict tombe : la maladie ne cessera pas tant que l'or et l'argent volĂ©s Ă  Delphes ne seront pas purifiĂ©s ou "rendus" aux divinitĂ©s.

 

Après cette profanation, les Volces Tectosages indignĂ©s, jurèrent d'anĂ©antir le nom romain. Aussi, dans un mĂ©morable combat, sur le RhĂ´ne, la lutte fut-elle terrible. Des troupes rĂ©unies de Manlius et de CĂ©pion, 80,000 lĂ©gionnaires, 40,000 valets d'armĂ©e furent massacrĂ©s. Tous les chevaux Ă©gorgĂ©s; le matĂ©riel et le bagage des troupes, l'or et l'argent mĂŞme, tout fut jetĂ© dans le fleuve. On ne conserva que dix hommes pour les envoyer Ă  Rome porter la nouvelle de la dĂ©faite. CĂ©pion, Ă©chappĂ© comme par miracle, alla finir misĂ©rablement sa vie en Asie. L'or de Toulouse avait Ă©tĂ© funeste aux ravisseurs. De lĂ  le proverbe fameux: Quand un homme semblait poursuivi dans sa fortune ou dans sa vie par une fatalitĂ© implacable, on disait : «Cet homme a de l'or de Toulouse» (LĂ©on Alègre, Notices biographiques du Gard : canton de Bagnols, Tome 1, 1880 - books.google.fr).

 

"taincte"

 

Tectosages vero a "tegktoi", tincti, id est lustrati, purificati, expiati, et "ageis", sontes, nempe aurum sacrilegiis quæsitum mergendo in lacum Tolosa, seu rectius Tholosæ, a "tholoô", inquino, "tholôsis", inquinatio, "tholos", sordes, "tholôdès", cœno turbido plenus, inquinatus, sic dictæ ob lacum (Justini Historiarum Philippicarum, 1830 - books.google.fr).

 

Dans la littérature antique (notamment chez Jules César ou Tacite), il est fréquemment mentionné que les peuples celtes et britons se coloraient le corps ou les cheveux avant d'aller au combat (souvent avec du pastel, l'isatis tinctoria, pour obtenir une couleur bleue horrible). L'expression générale de guerriers «coloribus tincti» (teints de couleurs) qualifiait ces pratiques de guerre barbares aux yeux des Romains (Commentaires de César suivis du précis des guerres de Jules César par Napoléon Bonaparte), 1872 - books.google.fr).

 

Le pastel, cultivĂ© dans le Lauragais depuis le XIIe siècle, assure la fortune de quelques marchands toulousains[1]. Ces marchands internationaux transforment une partie de leurs richesses en hĂ´tels particuliers, le plus souvent construits en briques, qui donnent une coloration particulière Ă  la ville de Toulouse Ă  la Renaissance (par exemple le prestigieux HĂ´tel d'AssĂ©zat) : la ville rose (fr.wikipedia.org - Culture du pastel).

 

"de peur si fort terribles" : peur et terreur, les Cimbres et les Teutons

 

Entre 113 et 101 av. J.-C., la coalition de tribus venues du Nord des Cimbres et des Teutons mit la République romaine à genoux en écrasant successivement plusieurs armées consulaires.

 

En 107 av. J.-C., les Tigurins, sous la conduite de Divico, infligeaient près d'Agen, sur les bords de la Garonne, dans le territoire des Volques, une cuisante dĂ©faite aux lĂ©gions romaines, tuant le consul Lucius Cassius, massacrant une grande partie de ses troupes, prenant des otages et faisant passer le reste de l'armĂ©e sous le joug. Cette bataille s'inscrit dans le cadre de ce que l'on qualifie en gĂ©nĂ©ral de "migration des Cimbres et des Teutons" : les Tigurins, avec les Teutons (ou Toutons), s'Ă©taient joints aux Cimbres en 111 av. J.-C. et sillonnaient la Gaule (hls-dhs-dss.ch).

 

Des manuscrits de César place la "clades cassina" dans le pays des Nitiobriges, dont la capitale est Aginnum (Agen) au bord de la Garonne (Indicateur d'histoire et d'antiquités suisses, Volumes 1-14, 1855 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Agen).

 

M. Aurelius Scaurus, lieutenant du consul, est battu et fait prisonnier par les Cimbres lors des combats précédant la bataille d'Arausio (l'actuelle Orange) en -105. Puis, l'un des consuls de l'année suivante, Cneus Mallius, ayant été envoyé en Gaule transalpine, où Cépion était resté en qualité de proconsul, ils ne peuvent s'entendre pour la défense de la Province, et se la partagent, en adoptant comme ligne de démarcation entre eux le cours du Rhône. Ce qui démontre bien que déjà auparavant le territoire de la rive droite du Rhône faisait partie de la Province romaine. Les Cimbres et les Teutons les attaquent l'un après l'autre, s'emparent des deux camps, et infligent aux deux armées romaines un désastre tel qu'il fut tué quatre-vingt mille soldats, tant romains qu'alliés, avec quarante mille valets de toutes sortes, et que, de ces deux armées, il n'échappa que dix mille hommes. Les vainqueurs détruisirent le butin, qui était immense; tout fut jeté dans le Rhone, même l'or et l'argent (TITE-LIVE, Epitome, LXVII - PAUL OROSE. V, XVI) (Jacques Maissiat, Jules César en Gaule, Tomes 2 à 3, 1876 - books.google.fr).

 

Qua nec terribiles Cimbri, nec Britones unquam,

Sauromatæve truces, aut immanes Agathyrsi,

Hac sævit rabie imbelle et inutile vulgus,

Parvula fictilibus solitum dare vela phaselis,

Et brevibus pictæ remis incumbere testæ (Satire XV) (Juvenal, Opera omnia, Tome 2, 1820 - books.google.fr).

 

Durant la guerre en Numidie contre Jugurtha, les consuls romains, M. Manlius et Q. Cépion furent vaincus près du Rhône par les Cimbres, les Teutons, les Tigurins et les Ambrons, qui étaient des peuples de la Germanie et de la Gaule. Le carnage fut horrible, et ces généraux perdirent jusqu'à leur camp, ainsi qu'une grande partie de leur armée. L'épouvante se répandit à Rome, une épouvante presque aussi terrible (Timor Romæ grandis fuit) que du temps d'Annibal et des guerres puniques; on craignit une seconde invasion des Gaulois (Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, livre V) (Suétone, les écrivains de l'Histoire Auguste, Eutrope, Sextus Rufus, 1848 - books.google.fr).

 

"Et les deux fleuves rougir de sang"

 

Les deux fleuves seraient le Rhône et la Garonne avec les batailles d'Orange et d'Agen, où les armées romaines sont sévèrement battues.

 

L'intervention de Marius

 

Marius prĂ©vint l'ennemi en occupant aussitĂ´t, avec une merveilleuse cĂ©lĂ©ritĂ©, les plus courts chemins. Il atteignit d'abord les Teutons, au pied mĂŞme des Alpes, dans un lieu nommĂ© les Eaux Sextiennes; quelle bataille, grands dieux ! il leur livra ! Les ennemis Ă©taient maĂ®tres de la vallĂ©e et du fleuve qui la traverse. Nos soldats manquaient absolument d'eau. Que Marius l'ait fait Ă  dessein, ou qu'il ait su tourner sa faute Ă  son avantage, on l'ignore. Il est certain, du moins, que la nĂ©cessitĂ© de vaincre, imposĂ©e au courage de ses soldats, leur donna la victoire. En effet, comme ils lui demandaient de l'eau : «Vous ĂŞtes des hommes, leur dit-il, vous en avez lĂ  devant vous.» Aussi on se battit avec une telle ardeur, et on fit des ennemis un tel carnage, que le vainqueur, en se dĂ©saltĂ©rant dans le fleuve chargĂ© de morts, but moins d'eau que de sang. Leur roi lui-mĂŞme, Teutobochus, accoutumĂ© Ă  sauter successivement sur quatre et sur six chevaux, en put Ă  peine monter un pour fuir. Saisi dans un bois voisin, il fut le plus beau spectacle du triomphe (Florus, Histoire romaine, Livre III, IV) (DĂ©sirĂ© Nisard, Collection des auteurs latins, avec la traduction en français, Tome 21, 1874 - books.google.fr).

 

Acrostiche : RLPE, aReLaPE

 

Ces premiers établissements étaient à peine créés, lorsque parurent, l'an 113, les Cimbres et les Teutons, que les historiens romains représentent comme innombrables. On croit les Cimbres de la même race que les Kimris de la Gaule; les Teutons appartenaient à la famille tudesque ou germanique. Comme on ignore la raison qui mit ces hordes en mouvement, on a pensé que les Romains, en pénétrant dans les vallées du Norique, et en rejetant les peuples de la Germanie les uns sur les autres, pouvaient avoir été la cause involontaire de cette grande émigration. Quoi qu'il en soit, les barbares, après avoir erré ou séjourné quelque temps dans les pays d'outre-Rhin, franchirent le fleuve et vinrent chercher des terres au cœur de la Gaule. On les voyait s'avancer, les uns à pied, les autres sur des chariots, traînant après eux une longue suite de femmes, d'enfants et d'animaux domestiques. Repoussés par les Belges qui ne laissèrent pas entamer leur territoire, ils se dirigèrent vers le centre où ils promenèrent leurs ravages; ils battirent les Arvernes, affaiblis par les victoires récentes des Romains, puis attaquèrent la province elle-même. Chemin faisant, leurs rangs se grossissaient d'aventuriers de toute origine. Plusieurs tribus, dont ils avaient détruit les ressources, se joignirent à eux. Trois peuples helvétiques, les Tigurins, les Tughènes et les Ambrons (Zurich, Zug), les suivirent. L'effroi fut général. Les populations prenaient la fuite à leur approche ou s'enfermaient dans les enceintes fortifiées, et y attendaient que le torrent dévastateur eût passé, laissant après lui la désolation et la famine. César prétend que des nations gauloises furent réduites à manger leurs vieillards.

 

Quand les Barbares ne trouvèrent plus à subsister, ils demandèrent à la république de leur donner des terres, offrant en retour de combattre pour elle. Plus tard, les Romains accueillirent favorablement les propositions de ce genre, et firent même, sur cette base, des traités systématiques avec les Germains. Mais alors ils répondirent par un refus. Les Germains étaient pour eux une race nouvelle qu'ils connaissaient depuis peu de temps; c'était la première fois qu'ils se trouvaient en présence de populations errantes prétendant leur faire la loi. Comme ils s'attribuaient une immense supériorité sur les Barbares nomades, ils crurent leur orgueil et la sûreté de leur établissement dans la Gaule méridionale intéressés à ne faire aucune concession.

 

Les Teutons, ne pouvant vivre qu'à la condition d'avoir des terres, résolurent d'enlever par la force celles qu'on leur refusait. Ils entrèrent dans la province, et y défirent sur les bords du Rhône plusieurs armées consulaires, entre autres, l'an 105, celle de Manlius et de Cépion. Suivant les historiens latins, la dernière de ces défaites coûta aux Romains quatre-vingt mille hommes; les uns tués sur le champ de bataille, les autres égorgés de sang-froid après le combat ou précipités dans le fleuve par les vainqueurs. Ces chiffres d'une exagération évidente, comme presque tous ceux que les anciens nous ont laissés, au moins pour les batailles livrées dans la Gaule, prouvent du moins que ces batailles furent très-sanglantes. Les Teutons étaient belliqueux et bien armés. Outre leurs armes offensives pareilles à celles des Gaulois, comme des épées, des sabres, des épieux ou des traits qu'on appelait materis, ils portaient des armes défensives, c'est-à-dire des boucliers étroits et longs, et même des casques et des armures. D'ailleurs, après une victoire, ils ne gardaient pas leurs prisonniers, qu'ils n'auraient pu nourrir; ils les massacraient.

 

La plus grande difficulté pour de pareils peuples n'était pas de vaincre, mais de tirer parti de leurs victoires, surtout quand ils avaient affaire à une nation telle que les Romains. Aussi, quoiqu'ils eussent franchi le Rhône, et qu'ils fussent entrés sur le territoire de la nouvelle province, ne pénétrèrent-ils pas bien avant. Obligés de se diviser sans cesse pour vivre, ils formèrent deux groupes principaux, dont l'un, celui des Teutons, resta dans la Gaule, tandis que l'autre, celui des Cimbres, se dirigea vers les vallées qui descendent dans la haute Italie.

 

Marius venait alors de terminer la guerre de Jugurtha. Le vainqueur de l'Afrique parut au SĂ©nat le seul homme capable de commander les lĂ©gions en face de pareils ennemis. Il fut perpĂ©tuĂ© trois ans dans le consulat, et il mit Ă  profit ces trois ans, pendant lesquels les Barbares n'osèrent l'attaquer, pour exercer ses soldats et les prĂ©parer Ă  vaincre. Il leur fit creuser un canal depuis Arles, oĂą Ă©tait son camp, jusqu'Ă  la mer, afin d'assurer ses communications avec Marseille. Le soldat romain, qui ne campait jamais qu'après s'ĂŞtre retranchĂ©, Ă©tait habituĂ© Ă  tous les genres de travaux, particulièrement Ă  ceux de la terre. Il fallait d'ailleurs qu'il eĂ»t et qu'il dĂ©veloppât continuellement une force physique bien plus nĂ©cessaire dans les guerres antiques que dans celles d'aujourd'hui. Quand le canal d'Arles fut achevĂ©, Marius livra aux Teutons, l'an 102, entre Aix et le RhĂ´ne, la plus terrible peut-ĂŞtre des batailles de l'antiquitĂ©. Les Romains et les Barbares s'entr'Ă©gorgèrent pendant un jour; puis la mĂŞlĂ©e, interrompue le lendemain, recommença le troisième jour avec un nouvel acharnement. La horde fut dĂ©truite; les Teutons se faisaient tuer ou s'entre-tuaient eux-mĂŞmes pour ne pas tomber en captivitĂ© : c'est ce qui explique les chiffres fabuleux auxquels les historiens latins Ă©valuent leurs pertes. On en prit cependant un certain nombre qui furent enchaĂ®nĂ©s et vendus comme esclaves sur les marchĂ©s de la Gaule et de l'Italie. Le peu qui Ă©chappa fut dispersĂ© et cessa d'exister comme nation. L'annĂ©e suivante, Marius extermina les Cimbres Ă  Verceil; on l'appela dès lors le sauveur et le troisième fondateur de Rome (Antoine-Elisabeth-ClĂ©ophas Dareste de La Chavanne, Histoire de France depuis les origines jusqu'a nos jours, Tome 1, 1884 - books.google.fr).

 

En Norique a été fondée sur le fleuve Erlaf la colonie romaine Arelate, Arelape ou Arlape selon l'Itinéraire d'Antonin, dont le nom est inspiré de la ville provençale d'Arles (Arelate) (Sitzungsberichte, 1861 - books.google.fr).

 

On trouve dans le Codex Theodosianus l'appellation ARELAPE pour la ville d'Arles (Jacques Godefroy, Codex Theodosianus cum perpetuis, Tomes 1 Ă  2, 1736 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1998 sur la date pivot 105 donne -2208.

 

Olof Rudbeck (1630-1702), dans son Ĺ“uvre imposante, l'«Atlantide» (Atland eller Manheim, 4 parties, 1679-1702), s'efforçait de dĂ©montrer que les descendants de Japhet, venus directement de Babylonie dans le Nord vers 2200 avant notre ère, en firent le foyer du peuplement de toute l'Europe : les textes runiques Ă©taient un des Ă©lĂ©ments les plus importants de sa dĂ©monstration (Lucien Musset, Fernand MossĂ©, Introduction Ă  la runologie, 1965 - books.google.fr).

 

Atlantica ou Manheim, patrie des descendans de Japhet. De là sont sortis les empereurs les plus illustres, les races royales qui ont gouverné le monde et une quantité de peuples, tels que les Scythes, les Barbares, les Ases, les Géans, les Goths, les Phrygiens, les Troyens, les Amazones, les Thraces, les Libyens, les Maures, les Turcs, les Gaulois, les Cimbres, les Saxons, les Germains, les Suèves, les Lombards, les Vandales, les Hérules, les Gépides, les Allemands, les Angles, les Pictes, les Danois, les Sicambres, et plusieurs autres dont il sera fait mention dans l'ouvrage. Tom. J, Upsal, 1675, 891 pages.

 

Atlantica ou Manheim. Tableau du culte du soleil, de la lune et de la terre; comment ce culte a commencé en Suède parmi les habitans des bords de Kimmi; comment il s'est répandu dans la plus grande partie du monde: toutes choses démontrées par les historiens étrangers, ainsi que par les nôtres, et par d'anciens récits énigmatiques dont on n'avait pas encore trouvé l'explication jusqu'à présent. A ce tableau est jointe la preuve que, d'après le cours du soleil et de la lune, les diverses phases de l'année ont été calculées ici plus tôt que partout ailleurs, et plusieurs autres choses remarquables qui étaient restées jusqu'à ce jour entièrement inconnues. Tom. II, Upsal, 1689, 672 pages.

 

Atlantica ou Manheim. Description de l'écriture primitive de nos pères sur la pierre, sur le bois, sur la peau. Temps où elle a commencé. Nombres d'or pour chaque année. Origine et signification de nos signes astronomiques. Comment ils sont parvenus aux Grecs et aux Latins. Les six premiers âges après Noë. Première organisation de notre monde atlantique. Migrations et guerres sous Saturne ou Borée et sous son fils Jupiter ou Thor. Expéditions dans la Scythie indienne et dans la Phénicie, ou terre de Judée. De nos Scythes, de nos Phéniciens, de nos Amazones, et de plusieurs curieux problèmes dont on avait ignoré le sens jusqu'à présent. Tom. II, Upsal, 1698, 762 pages, imprimé à deux colonnes, le latin d'un côté et le suédois de l'autre (X. Marmier, Du mouvement des études historiques dans le Nord, Suède, Revue des deux mondes, 1838 - books.google.fr).

 

Cf. le quatrain précédent VI, 97.

 

AZF

 

L’explosion de l’usine AZF, le 21 septembre 2001, provoque une trentaine de morts (« Leur grand citĂ© taincte Â», teinte de sang) et l’échappement d’un nuage de gaz ammoniaque (« pestilent Â»).

 

Le placement de ce quatrain juste après celui relatant l’attentat du 11 septembre respecte la chronologie, même si c’est toujours quatre ans avant.

 

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