Condamnation des chefs de l’OAS

Condamnation des chefs de l’OAS

L’hiver 1962-1963

 

VI, 52

 

1963-1964

 

En lieu du grand qui sera condemné,

De prison hors, son amy en sa place :

L’espoir Troyen en six mois ioins mort né,

Le Sol à l’urne seront prins fleuve en glace.

 

Ce quatrain est à mettre en relation avec le précédent. Le général Salan (« grand ») avait signé une directive de l’OAS le 23 février 1962, en prévision du cessez-le-feu établi par les accords d’Evian, qui voulait provoquer une offensive généralisée. 6 mois plus tard , le 22 août de la même année le général de Gaulle échappait au dernier attentat qui menaça sa vie directement. L’espoir de conserver l’Algérie française (« espoir Troyen » : à la Renaissance, les Français descendaient prétendûment des Troyens, à l’imitation des Romains) s‘évanouissait. Jouhaud et Salan furent arrêtés respectivement le 20 avril et le 25 mars et jugés. Alors qu’il pouvait bénéficier de circonstances atténuantes, « contre toute logique, c’est Edmond Jouhaud qui le 13 avril est condamné à mort. Raoul Salan n’écope le 23 mai que d’une peine d’internement [1]». Il sera libéré en 1968 (« De prison hors ») pendant les événements. Le garde des Sceaux Jean Foyer conseillera de Gaulle de grâcier Jouhaud car « le chef ayant sauvé sa tête, le second ne saurait lui être substitué devant le bourreau [2] » (« son amy  en sa place»).

Le dernier vers se rapporte à l’hiver très froid de 1962-1963 qu’a connu la France, l’ « urne » étant un attribut du Verseau – à cheval sur les mois de janvier et février.

 



[1] Jean Lacouture, « De Gaulle », tome III, Seuil, 1986, p. 267

[2] ibid., p. 268

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