Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, successeur de Pompidou

Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, successeur de Pompidou

 

VI, 63

 

1971-1972

 

La dame seule au regne demeuree,

L’unic estaint premier au lict d’honneur,

Sept ans sera de douleur explorée,

Puis longue vie au regne par grand heur.

 

On s'attend à une femme qui vit sept ans un veuvage douloureux (veuve éplorée), mariée à l'unique amour de sa vie qui meurt à la guerre ("lict d'honneur"). La douleur passe sans se remarier ("unic") et elle règne seule sur un territoire pendant de longues années. On ne sait pourquoi la douleur cesse, en général cela se fait avec le remariage de la veuve. Ou bien la douleur ne concerne pas la "dame", mais l'"unic", et la "dame seule" ne serait pas veuve.

 

"lict"

 

unicus lectus (lit nuptial), medius lectus (lit d'honneur), summus lectus (premier lit) ont rapport avec le mariage et les banquets (Désiré Nisard, Oeuvres complètes d'Horace, 1845 - books.google.fr, Johannes-Cunradus Dieterich, Antiquitates Biblicae, in quibus decreta, prophetiae, sermones, consuetudines, ritusque ac dicta veteris testamenti de rebus Judaeorum et Gentilium expenduntur, 1670 - books.google.fr, Valenza, Ordini et riforma stabiliti l'anno 1585 nel Consiglio generale, & capi di casa della terra di Valenza, sopra il buon gouerno, publica quiete, & conseruatione d'essa, 1586 - books.google.fr).

 

"premier" peut concerner l'ordre des convives sur les lits du triclinium ou biclinium (Charles Victor Daremberg, Edm Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, Tome 1, 1887 - books.google.fr).

 

Enfin, comme on pourroit croire que les juifs celĂ©broient la pâque debout, plus tĂ´t qu'assis ou couchĂ©s, selon ce qui leur avoit Ă©tĂ© ordonnĂ©. Exod 12. Vous mangerez de la forte, vos reins ceints, vos fouliers Ă  vos pieds, un bâton Ă  la main, je rĂ©pons que les juifs eux-mĂŞmes nous apprennent que les gĂ©nĂ©rations suivantes ne furent point assujeties Ă  ces pratiques qui ne regardoient que la pâque d'Egypte. D'autres ordonnances furent de mĂŞme nĂ©gligĂ©es, comme de prendre un agneau de dix jours; de le manger chacun dans sa famille; de marquer de son sang les portes de leurs maisons ; & de le manger avec prĂ©cipitation. Et comme ils omirent ces differentes cĂ©rĂ©monies, ils changerent aussi l'usage de le manger debout; & parce qu'ils n'avoient plus rien Ă  craindre de leurs ennemis, ils celĂ©brerent desormais leur pâque dans la mĂŞme attitude qu'ils prenoient leurs autres repas. Mais il est moins facile de dĂ©terminer l'ordre dans lequel se placerent J. C. & ses disciples en cette occasion. Casalius s'appuyant sur la figure du triclinium qui est Ă  Rome dans l'Ă©glise de S. Jean de Latran, soutient qu'ils Ă©toient cinq couchĂ©s sur le premier lit, cinq sur le dernier, & trois fur celui du milieu, & que le Sauveur occupoit la premiere place de celui-ci. Il paroĂ®t indubitable que le disciple bien aimĂ© Ă©toit sur ce mĂŞme lit, puisqu'il Ă©toit panchĂ© sur le sein du Sauveur. Et de ce que Pierre lui fit signe de demander Ă  J. C. qui d'entr'eux devoit le trahir, on conjecture qu'il Ă©toit le troisiĂ©me. Il est vraisemblable que Judas n'en Ă©toit pas Ă©loignĂ© puisqu'il trempa fon pain dans le mĂŞme plat, & que J. C. Ă©toit Ă  portĂ©e de lui presenter un morceau (Essai sur les erreurs populaires, ou examen de plusieurs opinions recues comme vrayes, qui sont fausses ou douteuses. Traduit de l'anglois de Thomas Brown, Tome 2, 1733 - books.google.fr).

 

Thomas Browne, né le 19 octobre 1605 à Londres et mort le 19 octobre 1682 à Norwich, est un écrivain anglican anglais dont les œuvres couvrent une large palette de domaines incluant la médecine, la religion, la science, la sociologie et l'ésotérisme (fr.wikipedia.org - Thomas Browne).

 

Giovanni Battista Casali (Rome, 1578 - Rome, 1648), Johannes Baptista Casalius en latin, est un Ă©rudit et antiquaire italien (fr.wikipedia.org - Giovanni Battista Casali (antiquaire)).

 

"estaint" pour "extens", large, Ă©tendu ? (CĂ©lestin Hippeau, Dictionnaire de la langue française au XIIe et au XIIIe siècle, 1873 - books.google.fr).

 

Un femme seule

 

ThĂ©odora PorphyrogĂ©nète, nĂ©e vers 980 et morte le 31 aoĂ»t 1056, est impĂ©ratrice byzantine Ă  deux reprises : brièvement en 1042, puis de 1055 Ă  1056. Elle est la troisième fille de l'empereur Constantin VIII. Au dĂ©but du règne de Romain III Argyre, elle est accusĂ©e de complicitĂ© dans la conjuration de Pressiyan II et Constantin Diogène. Après avoir Ă©tĂ© relĂ©guĂ©e dans un couvent par sa sĹ“ur ZoĂ©, elle est portĂ©e au pouvoir par la foule le 19 avril 1042 lors d'une rĂ©volte contre Michel V. CouronnĂ©e le lendemain, elle règne conjointement avec sa sĹ“ur ZoĂ© jusqu'Ă  l'avènement de Constantin IX. Ă€ la mort de celui-ci, elle rĂ©clame le trĂ´ne comme dernière descendante de la dynastie macĂ©donienne. Son règne autoritaire et sa nomination de membres du clergĂ© lui valent de nombreux ennemis tant parmi les fonctionnaires du palais que dans l'Église. Sur son lit de mort, elle se rend aux souhaits de son entourage et dĂ©signe Michel VI pour lui succĂ©der. Après sa mort, une pĂ©riode de dĂ©clin commence pour l'empire, laquelle devait se prolonger jusqu'Ă  l'accession d'Alexis Ier Comnène en 1081.

 

Théodora vit dans l'ombre du gynécée impérial, et reste une célibataire endurcie. Subissant la jalousie de Zoé, elle reste treize ans dans un monastère pendant que sa sœur dirige l'empire avec ses époux successifs, Romain III Argyre et Michel IV.

 

Lorsque Michel IV meurt en décembre 1041, Zoé adopte un neveu de ce dernier qui est couronné sous le nom de Michel V. Celui-ci, souhaitant évincer l'impératrice, l'accuse de tenter de le tuer et l'exile dans un monastère de l'île de Prinkipo. La déposition de Zoé et son exil créent un vif mécontentement dans la population. L'empereur et son oncle se réfugient au monastère du Stoudion, endroit de grand prestige et asile normalement inviolable d'où la foule les fait sortir pour leur crever les yeux, les rendant ainsi impropres à régner. Zoé fait venir Théodora au palais où elle l'embrasse et promet de partager le pouvoir avec elle.

 

Un partage quelque peu inégal toutefois, puisque Zoé en tant qu'aînée reçoit la préséance d'honneur devant Théodora qui ne paraît pas s'en offusquer, habituée à vivre dans l'ombre. C'est cette dernière cependant qui est le véritable cerveau de cette administration conjointe dont les résultats semblent mitigés. Selon Psellos, les deux sœurs ne comprennent rien à la politique et traitent sur un même pied affaires d'État et mesquineries de gynécée. Toutefois, autant Zoé se montre prodigue, dépensant sans compter, autant Théodora «comptait bien l'argent quand elle en donnait, parce qu'elle n'avait pas de ressources où puiser sans ménagement et qu'elle avait reçu de la nature une âme plus maîtresse d'elle-même sur ce point». Jean Skylitzès se montre moins catégorique, soulignant les décrets impériaux interdisant la vente et l'achat des hautes charges de l'État, les améliorations notables dans l'administration civile et militaire de l'État.

 

La jalousie de Zoé contre sa sœur devenant de plus en plus évidente, le peuple et les fonctionnaires du Palais prennent parti, les uns en faveur de Zoé, les autres de Théodora. Il devient rapidement évident qu'il faut une main plus assurée pour prendre les rênes de l'État, ce qui ne peut se faire que par le mariage de l'une ou l'autre sœur. Ne s'étant jamais mariée, Théodora s'y refuse absolument, alors que Zoé qui a déjà une grande expérience en ce domaine ne demande rien de mieux, jetant son dévolu « sur un homme d'une beauté incomparable, né à Dalassa, localité célèbre, et qui avait nom de Constantin [...] dernier rejeton dans l'ordre de filiation, de la souche antique des Monomaques». Le mariage a lieu le 11 juin 1042, mettant fin après trois mois au règne conjoint de Zoé et de Théodora.

 

L'impératrice Zoé meurt en 1050, à l'âge de soixante-douze ans et l'empereur Constantin IX cinq ans plus tard en 1055. Celui-ci ne laissant pas d'héritier, la couronne revient donc à l'impératrice Théodora, entre-temps retournée au couvent. Constantin avait songé à écarter celle-ci du trône en faveur du gouverneur de Bulgarie Nicéphore Proteuon. C'était sans compter sur la force de caractère de l'impératrice qui, ayant eu vent de ses projets, quitte son couvent et fait voile vers Constantinople où elle arrive juste avant le décès de l'empereur.

 

Septuagénaire, l'impératrice, d'excellente santé physique et toujours alerte d'esprit, prend fermement les rênes du gouvernement. Le limogeage de généraux fort compétents comme Isaac Comnène et leur remplacement par des fonctionnaires subalternes s'avèrent lourds de conséquences. Le court règne de Théodora a des conséquences désastreuses pour la politique étrangère de l'empire en Orient, les successeurs des conseillers de Constantin IX prenant systématiquement le contre-pied des premiers. Alors que la paix avec le Califat fatimide avait été au cœur de la politique des souverains précédents, Théodora cesse les envois de grain aux sujets syriens du calife, ce à quoi celui-ci répond en interdisant l'entrée du Saint-Sépulcre aux pèlerins allant à Jérusalem et en rendant la vie difficile à ses habitants chrétiens. Par contre, en Occident, les conséquences du schisme de 1054 tendent à s'atténuer lorsque le pape cherche l'alliance de Constantinople contre les Normands. De même, un échange d'ambassades tente de mettre sur pied une alliance entre le Saint-Empire romain d'Henri III et l'Empire romain d'Orient.

 

Célibataire jusqu'à la fin de sa vie, Théodora refuse de suivre les conseils du patriarche qui aurait voulu que celle-ci se marie en dépit de son âge avancé pour assurer la succession du trône par alliance. Le 31 août 1056, Théodora meurt à l'âge de soixante-seize ans, après que son successeur est désigné Michel Bringas. Ainsi s'éteint la dernière représentante de cette dynastie macédonienne qui a présidé aux destinées de l'empire pendant 189 ans. Le court règne de Michel VI (un an et dix jours) est le prélude d'une guerre civile entre les fonctionnaires du palais et les chefs des armées. Celle-ci se poursuit jusqu'en 1081 et l'avènement de la dynastie des Comnène dont un représentant, Isaac Ier, s'était pourtant emparé du pouvoir à la chute de Michel VI, mais n'avait pu le conserver que deux ans et trois mois (1er décembre 1057 - 25 décembre 1059) (fr.wikipedia.org - Théodora Porphyrogénète).

 

Orgies

 

Constantin Monomaque expira dans la journée 11 janvier 1055, après douze ans et quelques mois de règne. On lui fit de splendides funérailles dans son cher et magnifique monastère de Manganes où il venait de rendre l'âme et où il avait passé les derniers temps de sa vie. On l'ensevelit dans le sarcophage somptueux qu'il s'y était lui-même préparé auprès de celui de sa chère Sklérène. Sans perdre une heure, les partisans de la vieille impératrice avaient expédié des ordres pour qu'on arrêtât le «protevôn» Nicéphore en route pour Constantinople. On se saisit de lui à Salonique. Il fut immédiatement déporté au fond de l'Asie, au monastère de Kouzinos dans le thème des Thracésiens. Les historiens en général ont été durs pour la mémoire de Monomaque, non pas seulement les Arméniens comme Arisdaguès de Lasdiverd et Mathieu d'Édesse, ce qui est naturel, naturel, mais aussi les Byzantins.

 

Arisdaguès de Lasdiverd (Prudhomme, chap. XVII.) accuse Monomaque de tous les crimes : au lieu de consacrer les revenus de l'État Ă  augmenter la cavalerie, Ă  l'exemple du bienheureux Basile, pour protĂ©ger les frontières, le basileus ne songe qu'Ă  les dissiper avec des prostituĂ©es; insoucieux de la ruine de l'Empire, il en fait venir des provinces les plus Ă©loignĂ©es et passe avec elles toutes ses journĂ©es; uniquement occupĂ© de manger et de boire, il n'augmentait que la somme des excrĂ©ments !

 

Michel Attaleiates est le plus sévère de tous ceux-ci. «Deux ans environ avant sa mort, dit-il en substance, il se fit un grand changement chez le basileus. Il ne songea plus qu'à extorquer de l'argent aux églises comme aux particuliers et à les accabler d'exactions et d'impôts inouïs qui remplirent l'Empire de cris de douleur et de sanglots. Les récalcitrants étaient affreusement malmenés et incarcérés. Sa mort fut considérée comme une immense délivrance» (Gustave Léon Schlumberger, L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle, Tome 3, 1969 - books.google.fr).

 

"Monomaque" (gladiateur, escrimeur) : du grec "monos" et "machè", "monos", seul, unique (J. B. Morin, Dictionnaire etymologique des mots françois derivĂ©s du Grec, Tome 2, 1809 - books.google.fr).

 

Acrostiche LLSP, Ă  l'envers PSLL ou Psellos

 

Ce n'est qu'à la mort de Constantin Monomaque que Psellos songea à faire définitivement sa retraite au Mont Olympe où l'inaction lui pesa.

 

De retour à Constantinople, Psellos fut bien accueilli par l'impératrice Théodora qui lui demandait souvent conseil et le tenait au courant des affaires secrètes. Mais les courtisans nouèrent aussitôt de nouvelles intrigues contre lui. Afin d'éviter les attaques de ses ennemis acharnés, Psellos s'éloigna peu à peu du palais. Il n'y paraissait qu'à de rares intervalles. Cette retraite fut de courte durée. Une circonstance fort délicate lui permit d'entrer bientôt en scène. Sous le règne de Michel Stratiotique, éclata la rébellion des troupes byzantines qui se trouvaient en Asie Mineure, et qui proclamèrent Isaac Comnène anti-empereur. Le «basileus» désigna Psellos, en même temps que Likhoudès et le sénateur Théodore Alopos, pour être envoyé en ambassade auprès du rebelle. Psellos s'acquitta de cette tâche avec taut de bonheur qu'a la fin de la révolution, alors qu'Isaac Comnène avait remplacé Michel Stratiotique au trône de Constantinople, il fut nommé président du Sénat. A la retraite de Likhoudès qui avait repris sous Comnène la direction suprême des affaires, Psellos occupa les fonctions de premier ministre. Il devint aussi le conseiller le plus intime de l'empereur.

 

Après la retraite d'Isaac Comnène dans le monastère de Stoudion, Psellos contribua pour une large part à l'élévation au trône de son ancien condisciple Constantin Ducas. Pendant le règne de celui-ci (1059-1067) Psellos fut tenu en grande considération au palais. [...] Romain Diogène qui gouverna l'empire de l067 à 1071 bien qu'il eût Psellos en estime se méfiait de lui. [...] Deux ans plus tard trahi sur le champ de bataille de Mantzikert, tombé aux mains du sultan Alp Arslan, Romain fut mis en liberté par son adversaire. Mais, pendant sa captivité, il fut déchu de son pouvoir à la suite d'une révolution de palais. A la tête de cette faction se trouvaient le césar Jean Ducas, le patriarche et le ministre Psellos. [...] Michel VII, Parapinace, termine la suite, jusque là ininterrompue, des protecteurs de Psellos. Celui-ci du reste ne devait pas jouir longtemps de la faveur de son élève impérial.

 

Pendant ce temps, il avait perdu tous les amis de sa jeunesse. Après son maître Nicétas de Byzance et son ami Likhoudès ce fut au tour du patriarche Xiphilin de quitter la vie. Humilié de son discrédit, fatigué de son inutilité, affecté de la perte de ses amis, Psellos disparaît vers 1O75. Les dernières années de sa vie se passèrent dans un isolement rendu probablement plus pénible par la détresse matérielle.

 

Si retentissante que fût la gloire de Psellos comme professeur et philosophe elle n'a pas été unanime. Un groupe de lettrés parmi lesquels se trouvait son ami Xiphilin, ne céda point à l'enthousiasme général. Ils insinuaient que l'enseignement du chef de l'Ecole des Lettres était impie. Encore ne s'en tenaient-ils guère là. Ils donnaient surtout à entendre que Psellos était indifférent à la religion chrétienne, et qu'il s'adonnait entièrement à la science des païens. Appelé par Constantin Monomaque à faire une déclaration de foi, Psellos s'exécuta et il put continuer ainsi son enseignement dont l'influence va se prolonger jusqu'à Marsile Ficin, Pic de la Mirandole et Patrizzi. (Ch. Zervos, Psellos, 1919 - docnum.univ-lorraine.fr).

 

"explorĂ©e" ou Ă©plorĂ©e : pleurer

 

explorer, esplorer, esplourer : Ă©pleurer, mouiller de pleurs (FrĂ©dĂ©ric Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Tome 3, 1884 - books.google.fr).

 

Si plus généralement ce sont des personnes qui sont éplorées comme les veufs et les veuves, on trouve au XVIIe siècle "le monde esplouré" chez Noirot (L'origine des Masques et Mommeries, 1609) (Constant Leber, Collection des meilleurs dissertations, notices et traités particuliers relatifs à l'histoire de France, Tome 9, 1838 - books.google.fr).

 

Pourquoi pas une douleur ce qui expliquerait le féminin "esplorée", autrement que la "dame seule", veuve éplorée.

 

L'empereur pleura comme un enfant lorsque Sklèraina mourut, ce qui ne l'empêcha pas de lui chercher des remplaçantes. Psellos ne s'embarrasse d'aucune réticence pour informer la postérité des particularités sexuelles de l'empereur qui «était de sa nature curieux des choses de l'amour et ne savait pas apaiser sa passion à la faveur d'un commerce facile, mais éveillait toujours au souvenir de ses premiers baisers quelque tempête nouvelle» (Angeliki E. Laiou, Mariage, amour et parenté à Byzance aux XIe-XIIIe siècles, Tome 4, 1992 - books.google.fr).

 

Constantin, déjà amant de Zoé, s'était épris d'une nièce de sa seconde femme, nommée Sklérène. Elle l'avait suivi lors de son exil et avait vécu durant sept ans avec lui à Lesbos. «La nièce de sa femme défunte, personne belle et sage d'ailleurs, il se la donna pour compagne très illégitime, soit qu'il l'eût persuadée par des cadeaux, soit qu'il l'eût charmée par des paroles amoureuses, soit qu'il eût fait servir à ses fins quelque autre moyen. Ils étaient unis l'un à l'autre d'un amour si étroit qu'aucun des deux ne voulait être privé de l'autre, pas même dans les circonstances où ils paraissaient victimes du malheur. Et quand l'empereur fut exilé, son amante fut à ses côtés, le comblant de soins et de prévenances, mettant à sa disposition tout ce qu'elle possédait, le réconfortant de toutes les manières et le soulageant de la plus grande part de son malheur.» (Jean Verdon, L'amour au Moyen Âge, 2024 - books.google.fr).

 

Constantin y supporta une disgrâce de sept ans, mesure même de la royauté de Michel, et la haine dont il était l'objet, le second Michel aussi la reçut en héritage (Michael Psellus, Chronographie: ou, Histoire d'un siècle de Byzance (976-1077), Tome 1, traduit par Émile Renauld, 1926 - books.google.fr).

 

Un des monuments byzantins les plus importants de l'île de Chio, Nea Moni (nouveau monastère) a été fondé en 1042 grâce à des donations de différents membres de la famille de l'empereur byzantin Constantin IX Monomachos. L'implantation du monastère à Karyes est liée à une tradition monastique, selon laquelle, à l'endroit où fut construite l'église, trois ascètes chiots trouvèrent une icône miraculeuse de la Vierge Marie, accrochée à une branche de myrte. Les ascètes Nikitas, Ioannis et Joseph ont prophétisé que Constantin Monomaque, alors exilé à Lesbos, monterait sur le trône impérial de Constantinople et en échange de leur prophétie, ils ont extrait du futur empereur la promesse d'une généreuse donation pour la construction d'un temple. Après que Monomaque fut établi sur le trône, sa promesse fut tenue et le catholicon fut alors construit puis décoré de mosaïques. En 1049, le temple fut inauguré et les travaux furent achevés après la mort de Monomaque en 1055. Monomaque a doté le monastère de rentes spéciales, de domaines, du droit de posséder un navire et l'a favorisé par des exonérations fiscales et l'établissement du droit d'être autonome. Ces privilèges furent ratifiés et multipliés par les empereurs suivants, de sorte que Nea Moni fut l'un des monastères les plus célèbres et les plus riches de la mer Égée jusqu'aux années de la Révolution grecque (1821-1830) puis en 1881, lorsqu'un puissant tremblement de terre détruisit les bâtiments du complexe (www.grecomania.net).

 

Prise de douleurs de poitrine et de difficultĂ© extrĂŞme de respirer, succombant Ă  une pneumonie ou Ă  quelque affection pleurĂ©tique, la pauvre crĂ©ature ne fut bientĂ´t plus qu'un cadavre. Ainsi furent emportĂ©s tant de rĂŞves de grandeur. Nous ne savons Ă  quelle date exactement le pauvre basileus amoureux fut accablĂ© par cette affreuse douleur. Ce fut, je crois, dans les premières annĂ©es du règne. Psellos se refuse Ă  raconter dans son Histoire les regrets puĂ©rils, les pleurs et les lamentations de son cher basileus. Comme un enfant au berceau, le pauvre homme se montra incapable de contenir sa passion. «Ce ne sont point lĂ  des racontars pour des historiens, conclut philosophiquement notre Ă©crivain, mais bien de simples bavardages.» SklĂ©rĂ©na fut ensevelie au beau couvent de Manganes Ă  cĂ´tĂ© de la sĂ©pulture que son impĂ©rial amant s'Ă©tait rĂ©servĂ©e pour lui-mĂŞme. «Assez parlĂ© de SklĂ©rĂ©na, retournons Ă  Monomaque», poursuit Psellos. «Pour le basileus, comme je l'ai dit dĂ©jĂ , le trĂ´ne reprĂ©sentait surtout le port calme et tranquille après les longues et multiples tempĂŞtes. Avant tout Monomaque dĂ©sirait avec ardeur ne plus naviguer sur des mers en fureur.» En deux mots et pour en finir avec toutes ces comparaisons poĂ©tiques de notre Ă©crivain compliquĂ©, Monomaque n'avait qu'une pensĂ©e : vivre en paix et jouir tout Ă  son aise des avantages du pouvoir. HĂ©las, il n'eut pas ce bonheur parmi tous les troubles intĂ©rieurs, toutes les attaques des nations voisines, toutes les calamitĂ©s enfin qui ont rendu son règne tristement cĂ©lèbre : convulsions religieuses qui aboutirent dĂ©finitivement de son temps au grand Schisme de l'Église d'Orient, luttes incessantes et souvent malheureuses aux frontières contre les Turks Seldjoukides, contre les ArmĂ©niens, les GĂ©orgiens, les terribles Russes de Vladimir, les non moins redoutables Petchenègues, les Normands aussi d'Italie, sanglantes rĂ©voltes enfin de Georges Maniakès et surtout de LĂ©on Tornikios. Malheureusement le principal historien de ce règne, Psellos, sous prĂ©texte d'ĂŞtre court, a passĂ© volontairement sous silence beaucoup de ces Ă©vĂ©nements et nous demeurons encore Ă  l'heure qu'il est rĂ©duits pour ceux-ci aux renseignements si brefs ou si confus des autres chroniqueurs grecs, des Skylitzès, des Michel Attaleiates et des Zonaras en particulier (Gustave LĂ©on Schlumberger, L'Ă©popĂ©e byzantine Ă  la fin du dixième siècle,Tome 3, 1896 - books.google.fr).

 

Les impératrices Zoé et Théodora inaugurèrent aux côtés de l'empereur Monomaque l'église Saint-Georges des Manganes le 21 avril 1047, cérémonie si exceptionnelle pour une fondation impériale qui avait accaparé l’empereur de longues années qu’elle fit l’objet de l’éloge du rhéteur Mauropous (Élisabeth Malamut, L’impératrice byzantine et le cérémonial (VIIIe-XIIe siècle). Le saint, le moine et le paysan, 2016 - books.openedition.org).

 

Maria Skléréna serait morte en 1045 ou 1046, on aurait déplacé ses restes pour les placer dans le couvent Saint Georges.

 

L'orateur d'un Ă©loge Ă  Monomaque ne cache pas son admiration devant la manière dont le souverain reçoit les ambassades Ă©trangères, rend la justice, choisit les hauts fonctionnaires, pardonne aux comploteurs, rĂ©vère le patriarche, pleure sur les malheurs de ses amis, et spĂ©cialement sur l'impĂ©ratrice ZoĂ© qui a rejoint les puissances cĂ©lestes, mais qui a laissĂ© ici-bas sa soeur ThĂ©odora, sa parfaite ressemblance (p. 10929-1129) . Il mentionne ensuite les navires de combat qu'on a hĂ©rissĂ©s de hautes tours sur ordre impĂ©rial, les ambassades des Perses, des Mèdes et de Babylone (Egypte), et les enfants des puissants qui accourrent spontanĂ©ment vers la capitale oĂą il deviennent membres du bèma de l'empereur (p . 11210-28). Les limites de l'empire sont repoussĂ©es Ă  l'infini : les Egyptiens, les Ethiopiens, les Hindous, les Scythes, les Sauromates et mĂŞme les HyperborĂ©ens en font partie, car on vient de partout apporter des prĂ©sents (Paul Gautier, Basilikoi logoi inĂ©dits de Michel Psellos, Siculorum gymnasium, 1980 - books.google.fr).

 

Une révolte militaire éclate en Thrace, autour d'Andrinople. Tornikios, neveu de Constantin IX Monomaque, en profite pour rejoindre Andrinople le 14 septembre 1047. Une fois arrivé en Thrace, il rallie ses soutiens, dont de nombreux généraux mécontents de la politique de conciliation de Constantin avec les Petchénègues, qui sont alors la principale menace dans les Balkans. Bientôt, Tornikios est levé sur le pavois et déclaré empereur (fr.wikipedia.org - Léon Tornikios).

 

Tornikios prenait la tĂŞte d'une armĂ©e puissante, en Ă©tat de marcher sur Byzance : il savait, en effet, que, par suite de la guerre d'ArmĂ©nie, il y avait fort peu de troupes dans la capitale, et la bourgeoisie de Byzance, qui avait toujours detestĂ© l'Empereur, n'Ă©tait as dĂ©cidĂ©e, croyait-il, Ă  verser son sang pour le dĂ©fendre. Aussi Tornikios s'imagina-t-il qu'il lui suffisait de paraĂ®tre en personne sous les murs de la capitale pour ĂŞtre accueilli avec joie. mais il ne lui fallait pas perdre de temps, car les troupes d'ArmĂ©nie restĂ©es fidèles Ă  Constantin IX Monomaque, accouraient le plus vite qu'elles pouvaient, dĂ©cidĂ©es Ă  ne pas tolĂ©rer un prĂ©tendant qu'elles n'avaient pas personnellement choisi. La rivalitĂ©, fort ancienne, entre l'armĂ©e d'Orient et d'Occident persistait. Tornikios marcha rapidement sur Byzance sans rencontrer de rĂ©sistance. Ses soldats pillèrent tout le pays sur leur passage : "La Thrace, dit Psellos, souffrit autant du passage des bandes indisciplinĂ©es de Tornikios que si c'eĂ»t Ă©tĂ© une invasion de bandits Sothes ou de Celtes pillards". Constantin IX souffrait d'une crise aigĂĽe de goutte et d'un ulcère rongeant ; la population, ne voyant pas le Basileus depuis quelques jours, s'imagina qu'il Ă©tait mort, et elle se demanda s'il ne valait pas mieux remettre la capitale Ă  un chef vraiment capable de dĂ©fendre l'Empire. Constantin IX monomaque fit preuve d'une remarquable Ă©nergie : dĂ©cidĂ© Ă  rĂ©sister Ă  outrance, il se montra au peuple, malgrĂ© ses horribles souffrances, puis il arma tous les gens qu'il put, la Garde sarrazine et le personnel du Palais, ce qui forma Ă  peine du reste, un millier d'hommes. Puis il dĂ©pĂŞcha l'ordre Ă  l'armĂ©e d'ArmĂ©nie de signer la paix Ă  tout prix et de se porter Ă  marches forcĂ©es au secours de Byzance ; convaincu, vraisemblablement Ă  tort que Euprepis, qui voulait tant de bien Ă  Tornikios, lui Ă©tait secrètement favorable, il fit enfermer avec lui cette jeune personne un peu gĂŞnante, et la puissante ceinture de murailles qui avait dĂ©jĂ  sauvĂ© plus d'une fois la capitale fut garnie de troupes dĂ©cidĂ©es Ă  se dĂ©fendre Et Constantin IX attendit. Le moral, toutefois, Ă  Byzance, n'Ă©tait pas très bon ; personne ne doutait du succès de Tornikios : les Byzantins invoquaient la protection de la Vierge ; le Patriarche prit la tĂŞte d'une longue procession, qui longea les huit kilomètres de murailles en invoquant la protection de Dieu. Tornikios, lui, approchait toujours de la capitale, et bientĂ´t arrivèrent dans Byzance les paysans qui fuyaient l'invasion et qui augmentèrent encore le trouble et l'effroi dans la capitale. Enfin, Tornikios apparut lui-mĂŞme sous les hautes murailles de Byzance. Il s'Ă©tablit en face du Palais ImpĂ©rial, le palais des Blakernes, et il se prĂ©senta devant les portes de la ville. Contrairement Ă  son attente quelque peu naĂŻve, les Byzantins ne lui ouvrirent pas les portes, et force lui fut de mettre le siège devant la capitale. Psellos nous dĂ©crit la scène : "Tornikios, montĂ© sur un cheval blanc, s'avança jusqu'au pied des remparts : devant le danger, le Basileus , passant outre aux supplications des siens, se fit transporter solennellement au Palais des Blakernes et toute la cour, les deux Basileis, sa soeur HĂ©lène l'y accompagnèrent. L'Empereur s'installa dans le haut pavillon qui, du Palais des Blakernes, communiquait avec les remparts. EntourĂ© de ses familiers, de moi-mĂŞme, du premier ministre et d'Argyros, Constantin IX s'installa sur le trĂ´ne, revĂŞtu des habits impĂ©riaux, de manière Ă  ce que, des deux camps, on pĂ»t se rendre compte que le Basileus, contrairement Ă  ce que l'on avait prĂ©tendu, Ă©tait toujours en vie. L'Empereur, sans doute, Ă©tait dans un triste Ă©tat physique ; il souffrait tellement qu'il gĂ©missait et pleurait et respirait avec peine" (Rodolphe Guilland, La politique sociale et Ă©conomique de l'Empire byzantin de 867 Ă  1081, Partie 1, 1940 - books.google.fr).

 

Le siège dure du 25 au 28 septembre. Deux assauts sont repoussés par les loyalistes. Il semble que l'un des lieutenants de Constantin est tué par une flèche alors qu'il se tient à proximité directe de l'empereur. Bientôt, le doute gagne les rangs des rebelles, d'autant que Constantin tente d'acheter leur désertion, non sans succès. Quand Tornikios tente de se présenter devant les murailles, il est accueilli par une volée de projectiles et préfère se replier. Il s'en prend alors à la cité de Rhaidestos, restée fidèle à l'empereur mais il est encore repoussé. Rapidement, ses soutiens s'étiolent, d'autant que l'armée d'Orient est arrivée à Constantinople, prête à le combattre. Abandonné de tous, Tornikios se replie dans une église à Bulgarophygon. Il tente de réclamer l'asile mais il est chassé du sanctuaire et fait prisonnier. A Noël, il subit le châtiment classique infligé aux rebelles byzantins en étant aveuglé publiquement avec Jean Vatatzès, le seul fidèle à l'avoir accompagné jusqu'au bout. Rien n'est connu du reste de sa vie (fr.wikipedia.org - Léon Tornikios).

 

De septembre 1047 Ă  janvier 1055, il y a un peu plus de 7 ans.

 

"longue vie"

 

ThĂ©odora le sang fougueux et la fière Ă©nergie des grands empereurs ses ancĂŞtres. RĂ©solument, pendant que Constantin Monomaque agonisait, elle prit possession du Grand Palais, forte des droits de sa naissance et du prestige que lui donnaient dans le peuple les souffrances de sa longue vie. Les rĂ©giments de la garde se dĂ©clarèrent pour elle ; le SĂ©nat suivit l'armĂ©e. A soixante-dix ans sonnĂ©s, la vieille princesse saisit d'une main ferme le pouvoir. Instruite par l'exemple de sa sĹ“ur, et sachant combien peu il fallait compter sur la reconnaissance des hommes qu'une basilissa associe au trĂ´ne, ThĂ©odora, Ă  la stupĂ©faction gĂ©nĂ©rale, refusa de prendre un Ă©poux. Elle prĂ©tendit gouverner seule, et comme elle eut la sagesse de se laisser guider par un bon ministre, il semble qu'elle gouverna bien. Sa verte vieillesse excitait au reste l'admiration universelle. La taille toujours droite, l'esprit toujours vif, elle Ă©tait capable de travailler sĂ©rieusement avec ses conseillers, capable de faire ces longs discours qu'elle aimait ; et volontiers elle se laissait persuader par ses amis les moines qu'il lui Ă©tait rĂ©servĂ© de dĂ©passer les bornes ordinaires de la vie humaine. Pourtant, Ă  la longue, dans la capitale et dans l'empire, tout le monde se lassait de ce gouvernement de femmes, qui durait depuis plus de vingt-cinq ans. Le patriarche CĂ©roularios, devenu depuis la consommation du schisme comme le pape de l'Église orientale, dĂ©clarait ouvertement qu'il Ă©tait fâcheux qu'une femme gouvernât l'empire romain. Le parti militaire, mĂ©content de la place que tenait la bureaucratie dans l'État, exaspĂ©rĂ© par l'injurieuse dĂ©fiance que la cour marquait aux gĂ©nĂ©raux, s'agitait. Et beaucoup de bons citoyens qui se piquaient, comme Psellos, d'ĂŞtre des patriotes, se souvenant des jours glorieux de Basile II, jugeaient sĂ©vèrement ces princesses dont la folle prodigalitĂ©, la vanitĂ© puĂ©rile, les fantasques caprices, l'esprit mĂ©diocre, avaient prĂ©parĂ© la ruine de la monarchie et introduit dans l'organisme robuste et sain de l'empire les germes mortels de la dĂ©cadence. Tout le monde rĂ©clamait un homme et un soldat. ThĂ©odora eut la bonne fortune de mourir Ă  temps pour ne point voir Ă©clater la crise menaçante. Elle termina sa vie le 31 aoĂ»t 1056. Avec elle finissait cette maison de MacĂ©doine qu'avait, deux siècles auparavant, installĂ© sur le trĂ´ne Basile (Charles Diehl, Figures byzantines, Tome 1, 1912 - books.google.fr).

 

Le terme d'alchimie est relativement rĂ©cent et attribuable Ă  la fantaisie ou l'erreur d'un copiste, interprĂ©tant Ă  sa façon le terme «al kemia», (la chimie) dont il fit l'alquimie, qui devint par la suite l'alchimie, terme qui prĂŞte maintenant Ă  une confusion certaine. Il n'y a pas eu d'abord une science informe, l'alchimie, faite de rĂŞveries et d'Ă©lucubrations, puis une science vĂ©ritable la chimie ; mais il y a eu de tout temps une «Chemi» avec ses deux aspects Ă©sotĂ©rique et exotĂ©rique, le premier rĂ©servĂ© aux initiĂ©s, «l'art sacrĂ© par excellence», art essentiellement cosmologique, le second, profane, tournĂ© vers les applications pratiques. C'est sous la puissance de ce dernier qu'opĂ©raient les alchimistes moyenâgeux, animĂ©s par la soif des richesses et des satisfactions temporelles. Ces alchimistes «brĂ»leurs de fours», ou «souffleurs», Ă©taient en fait des chimistes et des chimistes profanes. Leurs vĂ©ritables continuateurs sont les chimistes actuels, lesquels mĂŞme s'ils sont personnellement dĂ©sintĂ©ressĂ©s, mĂŞme s'ils travaillent pour la science pure, Ĺ“uvrent en fait pour la mise Ă  disposition de profits temporels, ou pour l'amĂ©lioration hors nature d'un Ă©tat consĂ©cutif Ă  des fautes commises contre la nature. Les alchimistes Ă©taient bien pour la plupart des chimistes profanes, des scientifiques ; la lettre Ă©crite au XIème siècle par Michel PSELLUS Ă  un de ses disciples est tout Ă  fait caractĂ©ristique (Étienne Giraud, L'apiculture, 1945 - books.google.fr).

 

Citons dès Ă  prĂ©sent la lettre Ă©crite au XIe siècle par Michel Psellus au patriarche Xiphilin, laquelle sert en quelque sorte de prĂ©face au recueil des alchimistes grecs : «Tu veux que je te fasse connaĂ®tre cet art qui rĂ©side dans le feu et les fourneaux et qui expose la destruction des matières et la transmutation des natures. Quelques-uns croient que c'est lĂ  une connaissance d'initiĂ©, tenue secrète, qu'ils n'ont pas tentĂ© de ramener Ă  une forme rationnelle; ce que je regarde comme une Ă©normitĂ©. [...] Tu en veux connaĂ®tre le secret, non pour avoir de grands trĂ©sors, mais pour pĂ©nĂ©trer dans les secrets de la nature; pareil aux anciens philosophes, dont le prince est Platon. Il a voyagĂ© en Égypte, en Sicile, dans les diverses parties de la Libye, pour voir le feu de l'Etna et les bouches du Nil et la pyramide sans ombre et les cavernes souterraines, dont la raison fut enseignĂ©e aux initiĂ©s... Nous te rĂ©vèlerons toute la sagesse de DĂ©mocrite d'Abdère, nous ne laisserons rien dans le sanctuaire.»

 

Le projet va se constituer – tant du côté byzantin que du côté musulman – de chercher non seulement la pierre des philosophes, ou pierre philosophale, en vue de la transmutation des matières ordinaires en or, mais aussi l'élixir de longue vie, pour prolonger le plus possible la vie humaine, et encore la panacée, c'est-à-dire le médicament qui guérira toutes les maladies (Jean C. Baudet, Histoire de la chimie, 2017 - books.google.fr).

 

L'alchimie n'est pas sortie uniquement et sans mélange du monde égyptien. C'est après la fusion de la civilisation grecque et de la civilisation égyptienne, à Alexandrie, et au moment de leur dissolution finale, que nous voyons apparaître les premiers écrits alchimiques. On y trouve un étrange amalgame de notions d'origine diverse. A côté de descriptions et de préceptes purement empiriques, empruntés à la pratique des industries chimiques dans l'antiquité, à côté des imaginations mystiques, d'origine orientale et gnostique, que nous avons rapportées, on y rencontre tout un corps de doctrines philosophiques, issues des philosophes grecs, et qui constituent à proprement parler la théorie de la nouvelle science. Le double aspect à la fois positif et mystique de la chimie, la signification profonde des transformations dont elle étudie les lois, se montrent ici tout d'abord. Ces rapprochements philosophiques ne sont pas arbitraires; on y est conduit par le texte même. des alchimistes grecs. Non seulement ils se rattachent à Démocrite, en vertu d'une tradition suspecte; mais Zosime est un gnostique, imprégné des idées de Platon dont il avait écrit la vie. Les premiers auteurs dont les noms se retrouvent dans l'histoire de leur temps, tels que Synésius, Olympiodore, Stéphanus, sont des philosophes proprement dits, appartenant à l'école néoplatonicienne (Marcellin Berthelot, Les origines de l'alchimie, 1885 - books.google.fr).

 

Ainsi, grâce Ă  Psellos et aux disciples qu'il avait formĂ©s, les byzantins ont conservĂ© pendant le Moyen Age et transmis aux savants du XVe siècle. les doctrines d'Aristote et surtout celles de Platon et des plotiniens qui sont Ă  la base de la Renaissance. Car l'influence de Platon et des Alexandrins se fit sentir au XVe et au XVIe siècles, non seulement sur la philosophie mais encore sur les lettres et les arts. En Italie, le poète Sannazzaro, membre de l'AcadĂ©mie platonicienne dite de Pontano, Ă©crit l'Arcadie sous l'influence des doctrines platoniciennes. Le commentaire de Marsile Ficin sur le Banquet, dans lequel Platon se rencontre avec Proclos, inspire un grand nombre d'oeuvres littĂ©raires. C'est Ă  l'imitation de ce livre que Girolamo Beniveni avait composĂ© un poème sur l'amour divin, considĂ©rĂ© comme une Ĺ“uvre puissante Ă  certains Ă©gards, et dont Pic de la Mirandole s'est efforcĂ© d'expliquer les obscuritĂ©s. Le Cortegiano de Balthazar de Castiglione, Ă©crivain de la cour de LĂ©on X, les Asolani de Bembo, les poĂ©sies de Vittoria Colonna doivent ĂŞtre rapportĂ©s Ă  la mĂŞme source d'inspiration. C'est encore aux doctrines platoniciennes que Bramante et Michel Ange ont puisĂ© plusieurs de leurs magnifiques inspirations, et mĂŞme certains Ă©lĂ©ments essentiels de leur Ĺ“uvre. Il en est de mĂŞme de RaphaĂ«l. Se plaçant au point de vue de ses amis platoniciens, le grand artiste a reprĂ©sentĂ© dans sa fresque du Vatican, Platon les regards et le doigt levĂ©s vers le ciel, Aristote montrant la terre de la main. Introduites en France avec les ouvrages de Nicolas de Cusa, de Marsile Ficin et les Disputationes Camaldulenses de Landini, les doctrines de Platon et des Alexandrins ont prĂ©parĂ© le mouvement qui se manifesta vers le milieu du XVIe siècle, dans le domaine de la littĂ©rature et particulièrement dans la poĂ©sie. Selon M. Abel Lefranc, qui a suivi de près l'influence du platonisme sur la littĂ©rature française, l'avènement de la PlĂ©iade, succĂ©dant Ă  l'Ă©cole de Marot, ne s'explique que si l'on tient compte de l'Ă©volution qui s'Ă©tait accomplie antĂ©rieurement dans la manière de penser et de sentir des classes Ă©clairĂ©es. Une pareille rĂ©volution n'est pas exclusivement d'ordre littĂ©raire : la philosophie y tient, Ă  beaucoup d'Ă©gards, une place prĂ©pondĂ©rante. Ce n'est pas uniquement la forme ou le langage, mais aussi la conception gĂ©nĂ©rale des choses qui subirent alors une transformation dĂ©cisive. Il y a lĂ  un fait d'une importance considĂ©rable, sur lequel il est d'autant plus Ă  propos d'insister, que les historiens, qui ont eu l'occasion de traiter du changement survenu depuis 1550 dans l'idĂ©al littĂ©raire, ne se sont pas prĂ©occupĂ©s de dĂ©terminer avec prĂ©cision les causes profondes qui contribuèrent Ă  amener ce soudain Ă©panouissement de la poĂ©sie.

 

"L'honneur de ce progrès revient, pour la plus grande part, à la femme supérieure dont l'influence s'est fait sentir, sous des formes si diverses, sur la civilisation tout entière de l'époque, à Marguerite de Navarre. Quelque surprenante que la chose puisse paraître, elle n'en est pas moins certaine. Platon a été surtout révélé au public lettré de notre pays par l'intermédiaire de l'auteur de l'Heptameron.

 

L'esprit de la Renaissance commençait à se répandre dans le royaume de France de rapides progrès s'y accomplissaient dans toutes les branches du savoir humain. Grâce au zèle des savants de l'entourage royal, Jean du Bellay, Budé, Cop, Colin, Guillaume Petit, Danès, et d'autres encore; grâce aux dispositions bienveillantes d'un monarque épris d'art et de littérature, des mesures étaient prises en vue de répandre la connaissance des langues et des auteurs de l'antiquité. La création des lecteurs royaux, en 1530, marque une étape capitale dans l'histoire de la rénovation scientifique entreprise sous les auspices de François Ier. On n'ignore point le noble rôle que joua la reine de Navarre dans cette circonstance, comme dans toutes les entreprises où la cause des principes de la Renaissance était engagée.

 

Une fois gagnée au platonisme, Marguerite se constitua le champion déclaré de cette doctrine, si bien faite pour la séduire. Elle fut même, à l'origine, le promoteur exclusif de la propagande que les Ramus, les Héroët, les Scève, les Joachim du Bellay, les Le Roy, allaient continuer avec une égale ardeur dans. des sens différents." (Abel Lefranc, Le platonisme et la littérature en France à l'époque de la Renaissance) (Christian Zervos, Un philosophe néoplatonicien du XIe siècle: Michel Psellos, sa vie, son oeuvre, ses luttes philosophiques, son influence, 1974 - books.google.fr).

 

On sait la fortune extraordinaire que le platonisme avait rencontrée, au siècle précédent, à la cour des Médicis. La rénovation philosophique, commencée par Pléthon et par Bessarion, poursuivie et achevée par Marsile Ficin, au prix d'une continuité d'efforts vraiment admirables, exerça sur la direction de la pensée italienne, pendant la seconde moitié du XVe siècle, une influence profonde (Revue d'histoire littéraire de la France, Volumes 3 à 4, 1896 - books.google.fr).

 

Georges Gémiste dit Pléthon, influencé par le maître juif Elisha à la cour ottomane d'Andrinople, les théologies préplatoniciennes, le zoroastrisme selon Al-Suhrawardi, et la tradition hermétique, entreprend de reprendre les concepts platoniciens débarrassés de leur interprétation chrétienne.

 

A l'inverse de Psellos qui voit dans la pensĂ©e prĂ©chrĂ©tienne une prĂ©paration au christianisme, il tient le christianisme pour une dĂ©cadence de la pensĂ©e et tente de remonter aux sources de la vĂ©ritĂ© antĂ©rieure. Le maĂ®tre de Mistra (près de Sparte), oĂą il est relĂ©guĂ© par l'empereur pour le soustraire au tracas religieux de la capitale en raison de son syncrĂ©tisme, ne quittera son domaine que pour participer Ă  la dĂ©lĂ©gation grecque au concile de Ferrare-Florence (1438-1439). Il y prend position contre l'unitĂ© des Églises et soutient la cause orthodoxe, moins pour des raisons religieuses que politiques : membre du SĂ©nat, il ne souhaitait pas la rĂ©conciliation de l'Orient et de l'Occident qui aurait Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©e par les Turcs comme une dĂ©claration de guerre. Profitant de son sĂ©jour en Italie pour nouer des contacts avec les humanistes, il favorise grandement l'essor que le platonisme connaĂ®t au XVe siècle en Italie : Ă  un platonisme encore marquĂ© par l'augustinisme, il apporte l'interprĂ©tation orientale. De retour Ă  Mistra, il se consacre Ă  son vĹ“u le plus cher, restaurer la nation grecque, mais meurt un an avant la chute de Constantinople (Patrimoine littĂ©raire europĂ©en, Tome 6 : PrĂ©mices de l'humanisme (1400 - 1515), 1995 - books.google.fr).

 

Notons que l'acrostiche serait inversé.

 

Typologie

 

Le report de 1972 sur la date pivot 1055 donne 138.

 

Publius Aelius Hadrianus dit Hadrien (Imperator Cæsar Traianus Hadrianus Augustus, en latin), né le 24 janvier 76 à Italica (près de Séville) et mort le 10 juillet 138 à Baïes, est un empereur romain de la dynastie des Antonins. Il succède à Trajan en 117 et règne jusqu'à sa mort en 138 (fr.wikipedia.org - Hadrien).

 

Sous Hadrien, on constate une tentative de restauration religieuse (Journal des sçavans, Volumes 22 à 23, 1924 - books.google.fr).

 

Artiste et poëte, il est vrai que s'il réglait l'état au nom de la raison, il allait aussi restaurant partout les cultes, les mystères et les temples (X, Uchronie, La revue philosophique et religieuse, Volume 8, 1857 - books.google.fr).

 

Hadrien rebaptisa Jerusalem AElia Capitolina et fit remplacer le Temple par celui de Jupiter après la rĂ©volte de Bar Kochba (mort vers 135) (Hadrien Bru, Le pouvoir impĂ©rial dans les provinces syriennes : ReprĂ©sentations et cĂ©lĂ©brations d'Auguste Ă  Constantin (31 av. J.-C.-337 ap. J.-C.), 2011 - books.google.fr).

 

L'entretien des édifices religieux à travers l'empire ne doit pas forcément être compris comme une tentative de restauration du polythéisme.

 

La politique religieuse d'Hadrien prĂ©sente un triple aspect mesures destinĂ©es Ă  stimuler la religion traditionnelle ; enthousiasme pour les cultes hellĂ©niques ; engouement prononcĂ© pour la religion Ă©gyptienne. De ces trois Ă©lĂ©ments, le premier est peut-ĂŞtre le moins spectaculaire et aussi le moins original. Hadrien n'a jamais perdu la notion des rĂ©alitĂ©s. Il a marchĂ© dans les traces d'Auguste et de Trajan ; je note Ă  la p. 127 une suite impressionnante de preuves qui montrent Ă  l'Ă©vidence qu'il s'est considĂ©rĂ© comme l'hĂ©ritier direct du premier princeps. Il continue d'autre part la politique rĂ©aliste jovienne de Trajan (p. 116). Sa dĂ©fense de la religion traditionnelle est surtout illustrĂ©e par une politique fĂ©brile de restauration des monuments sacrĂ©s de Rome ; relevons Ă  ce propos une longue et savante discussion sur la portĂ©e et le sens des transformations du PanthĂ©on d'Agrippa sous Hadrien (pp. 117-124). Très intĂ©ressantes sont les pp . 128-131 dans lesquelles sont retracĂ©es les trois Ă©tapes de la construction du temple grandiose de Rome et de VĂ©nus. Aux pp. 136-138, l'auteur souligne justement le regain de faveur de VĂ©nus au dĂ©but du IIe siècle, faisant suite Ă  une pĂ©riode d'Ă©clipse. Les pp. 141 Ă  157 sont particulièrement les bienvenues : une histoire en bref du concept d'AEternitas. Ce passage contient des remarques fort pĂ©nĂ©trantes sur l'association entre l'idĂ©e d'Ă©ternitĂ© de Rome et la personne du chef de l'État ; j'irais mĂŞme plus loin que M. Beaujeu, disant que sur cette connexion repose la base idĂ©ologique de l'absolutisme de certains empereurs et soutenant l'origine italique de celle-ci (Jean Beaujeu, La religion romaine Ă  l'apogĂ©e de l'Empire, I, La politique religieuse des Antonins (96-192), 1955) (P. Lambrechts, Les empereurs romains et leur politique religieuse, Belgisch tijdschrift voor philologie en geschiedenis, 1957 - books.google.fr).

 

Dans les index d'une Ĺ“uvre de Galien de 1550, en rapport avec l'exploration de la douleur :

 

de dolore membranarum, uenarum, arteriarum, carnis, musculorum ac reliquo genere scripsit Archigenes, uerborum exploratio (tomo 2, 858, d) (Claudius Galenus, Hippocratis de Victus ratione in morbis acutis libros necnon in eiusdem chirurgica & Aphorismos commentarii per Conrad Gesnerum, Baptista Mantuanus, 1550 - books.google.fr, Tomus secundus operum Galeni: in quo de sanitate tuenda, ac de morborum, symptomatum, & pulsuum differentiis, causis, signis & praenotionibus libri continentur, 1550 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Archigène).

 

Archigene auroit encore vêcu sous Adrien, & même l'auroit survêcu, si ce fut lui qui indiqua à cet Empereur un certain endroit sous la mammelle, où il se blessa, pour mourir fort promptement. Dion Cassius qui est l'auteur de cette histoire, attribue ce fait à un Hermogene; mais Mercurial (1530–1606) a cru qu'il falloit lire Archigene, & non pas Hermogène (Daniel Le Clerc, Histoire De La Medecine, 1702 - books.google.fr).

 

Le nom de saint Eutrope inscrit dans la charte de 1070, qui concerne la dĂ©dicace d'une chapelle construite dans le cimetière de l'abbaye, indique qu'il existait dĂ©jĂ  Ă  cette Ă©poque, dans l'abbaye, une dĂ©votion particulière pour ce saint Ă©tranger au Vendomois, et cette dĂ©votion n'a pu Ă©videmment s'Ă©tablir qu'en prĂ©sence de ses reliques. Elles furent, Ă  l'origine, placĂ©es dans le fameux coffret de la Sainte Larme ; c'est dire Ă  quel point on les vĂ©nĂ©rait Ă  VendĂ´me. Connu sous le nom d'Itrope, le saint Ă©tait invoquĂ© surtout contre l'hydropisie (Jules PĂ©tigny, Histoire archĂ©ologique du Vendomois, 1882 - books.google.fr).

 

Et de l'art d'Archigène, et de grains d'ellébore,

Il doit, laissant enfin un trop stérile honneur,

D'une goutte opulente implorer la faveur (Satire XIII) (Satires de Juvenal, 1815 - books.google.fr).

 

Le livre XII d'AEtius traite de la sciatique, de la goutte et du rhumatisme, des maladies bilieuses. Ce livre présente un grand intérêt pratique. Aétius conseille, d'après Archigénès, l'usage des cautères, soit au fer rouge, soit par des moxas avec des racines de plantes, ou du stercus de chèvre. Il indique beaucoup d'autres liniments. Il établit la différence entre la podagre et l'arthritis. Il en plaçait la cause dans l'abus des plaisirs de la table et de l'amour et dans la crudité des humeurs (Auguste Corlieu, Les médecins grecs, depuis la mort de Galien jusqu'à la chute de l'empire d'Orient, 210-1453, 1885 - books.google.fr).

 

De 1072 Ă  sa mort, Psellus tomba en disgrâce (Jean-Claude Polet, Patrimoine litteraire europeen: Le Moyen age, de l'Oural a l'Atlantique : litteratures d'Europe Orientale, Tome 4, 1993 - books.google.fr).

 

Migne place sa mort en 1072 et sa naissance en 1020. Il y a aussi un Michel Psellus l'aîné (Annales de philosophie chrétienne, Volumes 68 à 69, 1864 - books.google.fr).

 

Un petit tour au XVIe siècle

 

On croit qu'on trouve au Monastere de la Ste. Trinité de Vendome, l'une des larmes que Notre Seigneur versa sur Lazare. On prétend, qu'un Ange du Ciel la recueillit, la mit incontinent dans le petit vase où l'on la voit encore à present, l'enferma dans un second vase un peu plus grand, & la donna à la Madeleine. On dit que la Madeleine l'apporta en France, lors qu'elle y fut conduite au Port de Marseille, avec son frere Lazare, sa sœur Marthe, S. Maximin, & S. Cidoine. Que quand la Madeleine sentit approcher son bien heureux repos, elle fit appeller S. Maximin Evêque d'Aix, & lui laissa la sainte Larme. Qu'après la mort de S. Maximin, la sainte Larme demeura dans la Ville d'Aix, jusques après la persecution de l'Eglise, qui finit par la mort des Empereurs Diocletien & Maximien. Que les Grecs l'emporterent ensuite à Constantinople, & qu'elle y demeura jusques environ 1040. qui est le tems de la An. de fondation du Monastere de la Très-sainte Trinité de Vendôme. Qu'en 1042. les Sarrasins étant venus d'Afrique fondre en Sicile, l'Empereur Michel Paphlagonien, qui tenoit depuis sept ans l'Empire de Grece, envoya ses Ambassadeurs vers le Roi de France Henri I. pour le supplier de le secourir dans cette nécessité; ce qu'il lui accorda très volontiers, lui envoyant du secours sous la conduite de Geofroi Martel, qui se joignant avec les forces que l'Empereur avoit à Messine, chargea les Sarrasins si à propos, qu'il les défit entierement. On ajoute, qu'après cette signalée victoire, l'Empereur Michel Paphlagonien invita le Comte Geofroi à faire voyage à Constantinople, où il alla; & qu'enfin, Geofroi Martel étant à Constantinople sur la fin de cette année 1042, l'Empereur lui donna la Ste. Larme, qu'il fit apporter en France par un de ses Gentilshommes, & qu'il mit dans son Monastere de Vendôme (M. Le Sueur, Benedict Pictet, Histoire de l'eglise et du monde, pour servir de continuation à l'histoire de l'eglise et de l'empire, Tome 1, 1732 - books.google.fr).

 

Michel IV le Paphlagonien, né vers 1010 et mort le 10 décembre 1041, est un empereur byzantin qui règne du 12 avril 1034 au 10 décembre 1041 (fr.wikipedia.org - Michel IV le Paphlagonien).

 

Fin 1042, ce serait Constantin Monomaque qui aurait donné la larme à Geoffroy Martel, si on considère que "l'empereur" dont le nom n'est pas précisé et qui donne la larme, est un successeur du Paphlagonien.

 

C'est assurément sur les mêmes Ecrits des Religieux de Vendôme, dont parle l'Historien Belleforest, qu'ont été faites les deux Proses, qui se disoient autrefois dans l'Eglise de la Trinité de Vendôme, selon le Missel de cette Eglise imprimé en 1536. à la Messe de la Larme de Jesus-Christ. La derniere de ces deux Proses, qui n'est qu'un abregé de la premiere, se trouve aussi dans les Missels de Chartres de 1535. & de 1552. dans celui du Mans de 1559. & dans quelques-autres.

 

Que Geoffroy Martel étant à Constantinople sur la fin de l'année 1042. l'Empereur lui donna la Sainte Larme, qu'il fit apporter en France par un de ses Gentils-hommes, & qu'il mit dans son Monastere de Vendôme. (Jean-Baptiste Thiers, Dissertation sur la sainte larme de Vendôme, 1751 - books.google.fr).

 

Si Ronsard, VendĂ´mois, signe les Ă©pitaphes des deux favoris, puis salue dans le «Panegyrique de la RenommĂ©e», par la bouche de Fama, le zèle royal Ă  honorer leur mĂ©moire (ibid., 13-14, v. 265-270), il compare mezza voce Henri III Ă  Hadrien entichĂ© d'AntinoĂĽs, «à l'exemple duquel le Roi avoit fait eslever des statues Ă  ses Mignons» (ibid., 410) et compose encore trois sonnets obscènes sur les nouvelles amours prĂ©tendument pratiquĂ©es Ă  la Cour (ibid., 415-417) (Denis BjaĂŻ, La dĂ©ploration des Mignons, Henri III mĂ©cène : des arts, des sciences et des lettres, 2006 - books.google.fr).

 

Seule l'eau du Somme est Ă  mĂŞme de combattre une chaleur intĂ©rieure. Dans La Franciade de 1572, Ronsard donne Ă  ce mĂŞme topos une dimension Ă©pique : la grotte du Somme est «humide». Le beau mouvement des songes peut mettre en contact deux ĂŞtres humains ; l'eau nocturne dĂ©fait Ă©galement ce qui s'Ă©labore de manière trop figĂ©e dans la veille. Les ultimes paroles des Derniers Vers sont rĂ©vĂ©latrices de cette fascination du VendĂ´mois pour le monde du Somme. S'inspirant d'une Ă©pigramme latine de l'empereur Hadrien, Ronsard transforme pourtant son modèle en une Ă©pitaphe :

 

Animula vagula blandula hospes comesque corporis, quae nunc abibis in loca pallidula rigida nudula nec ut soles dabis iocos ! (Vie d'Hadrien, XXV, 9) : Amelette, Ronsardelette...

 

Pour la dernière fois, le poète s'adresse avec tendresse Ă  son âme et se dĂ©tache du texte latin en ajoutant les deux derniers vers particulièrement Ă©mouvants. II clĂ´t ainsi l'ensemble de son Ĺ“uvre par cette belle affirmation : «je dors». FascinĂ© toute sa vie par la liaison entre l'âme et le corps, par la fantaisie, le songe et le sommeil, Ronsard accepte avec peine de s'arracher aux sĂ©ductions de l'incarnation (Christine PignĂ©, De la fantaisie chez Ronsard, 2009 - books.google.fr).

 

C'est par le Commentaire du Banquet de Marcile Finin, que Ronsard est influencé par Psellos et sa démonologie.

 

Entre le monde céleste et le monde terrestre, mais présents sur et sous notre terre, les démons occupent une place de choix, celle d'intermédiaires entre les dieux et les hommes que leur avait attribué le néo-platonisme, la stricte orthodoxie chrétienne voudrait que les bons démons soient des anges et que le terme de démons soit réservé aux méchants. C'est à peu près l'idée du byzantin Psellos qui, au XIe siècle a tenté d'ordonner en fonction de la hiérarchie des éléments la conception néo-platonicienne, mais ne voit dans tous ces démons que des êtres malfaisants et trompeurs. FICIN qui a traduit Psellos en latin semble penser que la dénomination a peu d'importance.

 

RONSARD, dans l'Hymne de la Philosophie, distingue bien les anges, qui sont liĂ©s aux sphères cĂ©lestes, des dĂ©mons et des hĂ©ros qui se situent Ă  un Ă©tage infĂ©rieur du monde, dans l'air, et sont les uns bons et les aitres mauvais. Et dans L'Hymne des DĂ©mons, il confirme l'existence de bons dĂ©mons, sans plus se prĂ©occuper des anges. Il est aisĂ© de comprendre pourquoi RONSARD a maintenu l'existence de bons dĂ©mons diffĂ©rents des anges ; c'est pour prĂ©server leur rĂ´le de porteurs de songes, de rĂ©vĂ©lateurs de l'avenir. Mais il y a sans doute une raison plus profonde : c'est le dĂ©sir que tout soit vivant dans un univers cependant hiĂ©rarchisĂ© oĂą chaque Ă©lĂ©ment possède ses ĂŞtres spĂ©cifiques.

 

«Quant l'ETERNEL bastit la grand 'maison du monde,

II peupla de poissons les abysmes de l'Onde,

D'hommes la Terre, et l'Air de Daimons et les Cieux

D'Anges, Ă  celle-fin qu'il n'y eut point de lieux

Vagues dans l'Univers, et, selon leurs natures

Qu'ilz fussent tous rempliz de propres créatures» (Les Daimons, t. VIII, p. 1 19, v. 59-64).

 

RONSARD n'est d'ailleurs pas soucieux d'une cohĂ©rence totale ; si dans ces vers les dĂ©mons habitent l'air, nous le verrons, par la suite, attribuer Ă  chaque Ă©lĂ©ment une ou mĂŞme deux catĂ©gories de dĂ©mons, il y aura ainsi ceux de l'air supĂ©rieur, ceux de l'air voisin de la terre, les dĂ©mons des eaux, enfin les dĂ©mons souterrains et mĂŞme ceux des montagnes et des bois. Tout en s'inspirant de la classification de Psellos, il ne la suit pas très exactement (Henri Weber, L'ordre cosmique et l'activitĂ© humaine chez Ronsard. In: Bulletin de l'Association d'Ă©tude sur l'humanisme, la rĂ©forme et la renaissance, n°18, 1984 - www.persee.fr).

 

Waldenström

 

Dans les salles de rédaction, dans les dîners en ville, de prétendues indiscrétions médicales courent. La vérité, c'est que la maladie de Waldenström, dont souffre Georges Pompidou, progresse, que les doses de cortisone qu'il absorbe contre l'avis de ses médecins affaiblissent ses défenses immunitaires (Eric Roussel, Georges Pompidou, 2004 - books.google.fr).

 

La cortisone est normalement sĂ©crĂ©tĂ©e par la glande surrĂ©nale. Chacun se souvient du visage de Georges Pompidou se transformant Ă  vue d'Ĺ“il sous l'effet du traitement cortisonique. La suralimentation crĂ©e un excès de cortisone, aussi l'obĂ©sitĂ© alimentaire se dispose prĂ©fĂ©rentiellement Ă  la partie supĂ©rieure du corps (Janine Fontaine, Les Maux mĂ©prisĂ©s : IntolĂ©rances et allergies alimentaires, 2014 - books.google.fr).

 

Le sang normal renferme en moyenne 2 mg d'acide urique p. 100 ; chez les goutteux, la concentration monte souvent Ă  9 mg p. 100 et il semble bien que ces valeurs si Ă©levĂ©es ne soient pas dues Ă  une surproduction d'acide urique, mais bien plutĂ´t Ă  un dĂ©faut d'Ă©limination rĂ©nale. L'excrĂ©tion urinaire est de l'ordre de 1 g par jour lorsque la nourriture apporte des nuclĂ©oprotĂ©ines, sinon l'excrĂ©tion n'est que de 0,3 Ă  0,5 g par jour. On est assez mal renseignĂ© sur l'influence que les diffĂ©rentes glandes endocrines peuvent exercer sur le mĂ©tabolisme des nuclĂ©oprotĂ©ines. La cortisone et l'A.C.T.H . augmentent l'excrĂ©tion urinaire de l'acide urique. Cet effet doit ĂŞtre rapprochĂ© de la fonte du tissu lymphoĂŻde, riche en acide nuclĂ©ique, que provoque la cortisone. Il s'ajoute peut-ĂŞtre un autre facteur, d'origine rĂ©nale, puisque la cortisone diminuerait la rĂ©absorption de l'acide urique par les tubules. Les facteurs qui augmentent la production, et partant l'excrĂ©tion d'acide urique et de petites quantitĂ©s de bases puriques, sont, en dehors de l'exercice musculaire intense, les Ă©tats fĂ©briles et l'apport alimentaire. Si la nourriture renferme des quantitĂ©s importantes de nuclĂ©oprotĂ©ines (organes animaux riches en noyaux comme thymus, foie et rein) ou mĂŞme de grandes quantitĂ©s de protĂ©ines, la formation et l'excrĂ©tion d'acide urique sont nettement accrues. L'importance de la valeur calorifique de la ration est aussi un facteur qui joue sur la production d'acide urique : si l'on augmente l'apport calorique, en laissant invariable la quantitĂ© de protĂ©ine, on voit augmenter l'acide urique, et d'autant plus que la diète est plus riche en hydrates de carbone, les graisses ayant relativement beaucoup moins d'effet Ă  ce sujet (Charles Kayser, Physiologie: Introduction historique. Les fonctions de nutrition, Tome 1 de Physiologie, 1963 - books.google.fr).

 

De Gaulle meurt le 9 novembre 1970, laissant sa crĂ©ation, la Vème RĂ©publique orpheline (« dame seule Â»). Georges Pompidou, Ă©lu le 15 juin 69 Ă  la prĂ©sidence, dĂ©cède trois ans plus tard sans avoir terminĂ© son mandat. Il faudra encore un septennat (« Sept ans Â»), celui de ValĂ©ry Giscard d’Estaing (« estaint Â»), pour que le deuil s’achève avec l’élection de François Mitterrand, candidat de la franche opposition.

 

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