Destin
de Jacques Chirac VI,
70 1977 Au
chef du monde le grand Chyren sera, Plus
outre après aymé, craint, redoubté, Son
bruit, et loz les cieux surpassera, Et du seul tiltre victeur fort contentĂ©. Sagittaire victorieux Selon Albert Slosman, « chyren » dĂ©signe un natif du Sagittaire : les natifs du signe du Sagittaire porte le qualificatif de "chirien" parfois orthographiĂ© "chiren" en rapport avec le centaure Chiron, castatĂ©risĂ© en constellation par Zeus. Il ne s'agirait pas d'un Henri. (Elisabeth Bellecour, Nostradamus trahi, p. 63). Si on a du mal Ă trouver des rĂ©fĂ©rences sur internet pour "chirien" et "chiren" comme natif du Sagittaire, on peut penser Ă une construction comparable Ă "versien" avec Chiron/Sagittaire : "Mars Leo, Saturne en Versien [= Aquarius]" dans le quatrain V, 91 (H. Noll-Husum, Nostradamus und die Astrnomie, Vierteljahrsschrift, Volumes 71 Ă 72, Astronomische Gesellschaft, 1936 - books.google.fr). Il y a sans doute des Henri Sagittaire. "et loz les cieux surpassera" peut indiquer le ciel astrologique. Le "Chiren" de ce quatrain serait le Sagittaire, mais tous les "Chiren/Chyren" des Centuries ne le sont peut-ĂŞtre pas. Lorsque le sagittaire fait briller Ă l'orient son Ă©charpe, il crĂ©e des hĂ©ros illustres dans la guerre, cĂ©lèbres par leurs triomphes; il les conduira victorieux dans leur patrie: tantĂ´t ils construiront de nouvelles forteresses, tantĂ´t ils en dĂ©truiront d'anciennes. Mais lorsque la fortune prodigue tant de faveurs, elle semble ne les accorder qu'Ă regret; elle rompt souvent en visière Ă ceux qu'elle a le plus favorisĂ©s. Ce gĂ©nĂ©ral redoutable, vainqueur Ă TrĂ©bie, Ă Cannes, au lac de Trasimène, paya cher ces triomphes, Ă©tant devenu avant sa fuite un exemple bien frappant de cette instabilitĂ© de la fortune. Nec non arcitenens prima cĂąm veste resurgit, Pectora clara dabit bello, magnisque triumphis Conspicuum patrias victorem ducet ad arces : Altaque nunc statuet, nunc idem mænia vertet. Sed nimium indulgens rebus fortuna secundis Invidet in facie, sævitque asperrima fronti. Horrendus bello Trebiam, Cannasque, Lacumque Ante fugam tali pensabat imagine victor. (159-166) Il s'agit d'Annibal. Il ne nous a pas Ă©tĂ© possible de suivre ici le sens du savant Ă©vĂŞque d'Avranches. Suivant lui, la fortune balance les triomphes par des difformitĂ©s au visage : ainsi Annibal payoit ses victoires par la perte d'un Ĺ“il. Mais Annibal avoit perdu un Ĺ“il avant ses principales victoires, & quatorze ou quinze ans avant sa fuite, c'est-Ă -dire, avant son retour en Afrique. Il nous paroĂ®t clair, par la contexture du discours, que les infortunes d'Annibal ont dĂ» suivre & non pas prĂ©cĂ©der ses prospĂ©ritĂ©s. Scaliger croit que dans ce pronostic du sagittaire, Manilius a aussi eu en vue Jules-CĂ©sar. Mais pour quoi ne l'auroit-il pas nommĂ© ? (Marcus Manilius, Marci Manilii Astronomicon libri quinque: accessere Marci Tullii Ciceronis Arataea, Tome 2, 1786 - books.google.fr). Marcus Manilius ou simplement Manilius, est un poète et astrologue latin. On a avancĂ© l'hypothèse non-vĂ©rifiĂ©e qu'il serait d'origine berbère et qu'il serait probablement nĂ© en Afrique du Nord. Mais la seule certitude que nous ayons est qu'il Ă©crivit vers l'an 10 (dans les dernières annĂ©es du règne de l'empereur Auguste) un poème didactique en cinq livres sur l'astronomie ancienne et l'astrologie, Les Astronomiques (Astronomica en latin), s'inspirant des PhĂ©nomènes du poète grec Aratos de Soles. Si l'hypothèse d'une origine berbère Ă©tait vĂ©rifiĂ©e, il serait alors le premier Ă©crivain de langue latine de BerbĂ©rie Deux manuscrits des Astronomica des Xe et XIe siècles ont Ă©tĂ© conservĂ©s jusqu'Ă aujourd'hui grâce aux soins des monastères (l'un Ă Gembloux dans le Brabant); ils sont conservĂ©s aujourd'hui, l'un Ă Bruxelles, l'autre Ă la Bibliothèque de Leipzig. L'ouvrage, inconnu des savants, fut redĂ©couvert près de Constance en 1416-1417 par Le Pogge, grâce aux loisirs que lui laissaient les intermèdes du concile de Constance. L’editio princeps des Astronomica a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e en 1473 Ă Nuremberg par l’astronome Regiomontanus Ă partir de ce manuscrit très endommagĂ©. Ce texte fit par la suite l'objet d'Ă©mendations de Joseph Juste Scaliger, dont l'Ă©dition parut d'abord en 1579 Ă Paris avant d'ĂŞtre rĂ©imprimĂ©e en 1600 Ă Leyde. L'Ă©dition parisienne de Scaliger a Ă©tĂ© utilisĂ©e par Montaigne, qui, dans les Essais, cite le poème de Manilius plusieurs fois (fr.wikipedia.org - Marcus Manilius). Hannibal, bien qu'elle fĂ»t composĂ©e d'un agrĂ©gat d'hommes d'origines diffĂ©rentes on ne vit jamais aucune rĂ©bellion, alors qu'on en vit beaucoup dans celle de Scipion, bien qu'elle fĂ»t composĂ©e d'hommes de mĂŞme origine. Hannibal et Scipion sont pour nous des tĂ©moins du fait qu'il est parfois plus utile d'ĂŞtre craint que d'ĂŞtre aimĂ©. Dans l'armĂ©e d'Hannibal, en effet, bien que composĂ©e d'hommes de multiples origines, nous lisons qu'aucune rĂ©volte n'Ă©clata, alors qu'on Ă©crit que dans l'armĂ©e de Scipion il s'en produisit beaucoup. Dans le premier cas, parce qu'Hannibal Ă©tait redoutable et terrible; dans le second, parce que Scipion Ă©tait bienveillant envers les soldats et en Ă©tait aimĂ©. Ce fut, en effet son excessive bienveillance envers les soldats qui leur donna l'audace de se rebeller; et ils eurent l'audace, en Espagne, de ne pas lui obĂ©ir au point de lui ĂŞtre presque rebelles. C'est pourquoi Fabius Maximus, au SĂ©nat, traita Scipion de corrupteur de l'armĂ©e romaine. Quelques-uns, voulant l'excuser, dirent qu'il y a des hommes qui sont beaucoup plus capables de ne pas manquer Ă leur devoir que de punir les manquements des autres. Donc, puisqu'ĂŞtre aimĂ© vient de la volontĂ© des coeurs qui aiment, tandis qu'ĂŞtre craint dĂ©pend de la volontĂ© du tyran, il s'est trouvĂ© des tyrans qui ont Ă©tabli les fondements de leur pouvoir sur ce qui dĂ©pend d'eux et non sur ce qui dĂ©pend d'autrui (Augustini Niphi medicae philosophi suessani De regnandi peritia, traduit par Simone Pernet-Beau, 1987 - books.google.fr, Agostino Nifo, Augustini Niphi De regnandi peritia, 1523 - books.google.fr). Paul Larivaille affirme, exemples Ă l’appui, que «le De Regnandi peritia se prĂ©sente moins comme une traduction que comme une rĂ©Ă©criture et une profonde rĂ©Ă©laboration du traitĂ© de Machiavel» (p. 195). Il montre Ă quel point la mĂ©thode et l’idĂ©ologie des deux auteurs diffèrent (par exemple, leur dĂ©finition de la tyrannie et la place qu’ils accordent Ă la violence les opposent). Pour conclure, citons Ă nouveau Paul Larivaille : «En le rĂ©-amplifiant ainsi, après l’avoir tour Ă tour restructurĂ©, rĂ©sumĂ©, censurĂ© et rĂ©interprĂ©tĂ© selon son idĂ©ologie propre, Nifo a, plus encore que plagiĂ©, dĂ©naturĂ© et dĂ©voyĂ© le Prince de Machiavel. […] de ce travail Ă la fois complexe et radical de rĂ©Ă©laboration et de rĂ©Ă©criture est sorti un document qui mĂ©rite sans doute mieux que le mĂ©pris stĂ©rile dans lequel il a Ă©tĂ© trop souvent tenu.» (p. 206) (L’Art de rĂ©gner : “plagiat Ă©honté” du Prince ? - www.laviedesclassiques.fr). Agostino Nifo, en latin Augustinus Niphus (vers 1473 peut-ĂŞtre Ă Sessa Aurunca (d'oĂą son surnom Suessanus) - mort le 18 janvier 1538 dans la mĂŞme ville) fut un philosophe scolastique italien de la Renaissance. Il professa avec un grand succès Ă Padoue (1492-1499), Ă Naples (1500-1513), Ă Rome, Ă Pise, Ă Salerne (1522-1531). Il commenta et Ă©dita Aristote en mĂŞlant aux idĂ©es du philosophe grec celles d'Averroès dont il Ă©dita les Ĺ“uvres en 1496. Il enseigna aussi la mĂ©decine. Il fut nommĂ© comte palatin en 1520. Ă€ Naples, il a pour Ă©lève Gian Giacomo Adria (c.1485-1560) (fr.wikipedia.org - Agostino Nifo). Acrostiche : APSE, apsis Les apsides (nom fĂ©minin) sont les deux points extrĂŞmes de l'orbite d'un corps cĂ©leste, pour lesquels la distance au corps attracteur (plus exactement, au centre de masse des deux corps) est : soit minimale (apside infĂ©rieure, pĂ©riapside ou pĂ©riapse); soit maximale (apside supĂ©rieure, apoapside ou apoapse) (fr.wikipedia.org - Apside). A partir du centre de la terre les apsides les plus hauts sont, pour Saturne dans le Scorpion, pour Jupiter dans la Vierge, pour Mars dans le Lion, pour le Soleil dans les GĂ©meaux, pour VĂ©nus dans le Sagittaire, pour Mercure dans le Capricorne, au milieu de chacun de ces signes; les plus bas et les plus voisins du centre de la terre sont Ă l'opposite. Aussi ces astres paraissent-ils se mouvoir plus lentement au moment de leur plus grande Ă©lĂ©vation : ce n'est pas qu'ils accĂ©lèrent ou qu'ils ralentissent leur mouvement fixe et indĂ©pendant pour chacun, mais c'est que les lignes menĂ©es du haut de l'apside vont en se rapprochant nĂ©cessairement vers le centre, comme les rayons dans les roues, et que le mĂŞme mouvement semble ou plus rapide ou plus lent, selon la distance au centre. La seconde cause des hauteurs, c'est quand les planètes ont, par rapport Ă leur propre centre, les apsides le plus Ă©levĂ©s; ce qui arrive dans d'autres signes, pour Saturne au vingtième degrĂ© de la Balance, Jupiter au quinzième de l'Écrevisse, Mars au vingt-huitième du Capricorne, le soleil au dix-neuvième du BĂ©lier, VĂ©nus au vingt-septième des Poissons, Mercure au quinzième de la Vierge, la lune au troisième du Taureau (Livre II) (Histoire naturelle de Pline, Tome 24, 1851 - books.google.fr). VĂ©nus, dĂ©esse de l'amour ! "victeur... contentĂ©" Hannibal a traversĂ© le RhĂ´ne et les Alpes, avec ses Ă©lĂ©phants, pour affronter les Romains en Italie mĂŞme. Et, entre 218 et 212 av. J.-C., est restĂ© leur grand vainqueur (www.lhistoire.frr). Après avoir quittĂ© l'Espagne, Hannibal franchit le RhĂ´ne et les Alpes, en 218. Les Carthaginois, une fois franchies les Alpes, sont vainqueurs au Tessin et Ă la TrĂ©bie (218), au lac Trasimène (217), Ă Cannes (216). Capoue (dans le sud de l'Italie), en 216, et Syracuse, en Sicile, en 215, se rangent aux cĂ´tĂ©s d'Hannibal. En Espagne les Romains sont dĂ©faits (211) et Hannibal fait une incursion jusqu'Ă Rome (211). Mais les Romains se ressaisissent, reprennent Capoue (212-211) et Syracuse (212). P. Cornelius Scipion mène une contre-offensive victorieuse en Espagne (prise de Carthagène en 209). Mais les Carthaginois perdent le pays en 206. Scipion dĂ©barque en Afrique en 204 et remporte, en 202, face Ă Hannibal rentrĂ© d'Italie, la victoire de Zama. La guerre est terminĂ©e et Carthage vaincue (Michel Peyramaure, Les colosses de Carthage, 1999 - books.google.fr). Alors qu'Hannibal se refuse Ă assiĂ©ger Rome, considĂ©rant peut-ĂŞtre que son matĂ©riel poliorcĂ©tique est insuffisant, "le chef de sa cavalerie, le gĂ©nĂ©ral Marlyaf, le supplia de l'autoriser avec ses cavaliers numides, Ă pousser un raid jusque sous les murs de Rome. Hannibal rejeta cette proposition Ă la Murat. Est-ce alors que Maharbal lui dit : «Hannibal, tu sais vaincre, tu ne sais pas profiter de ta victoire» ?" (Bernard Marcel Peyrouton, Histoire gĂ©nĂ©rale du Maghreb: AlgĂ©rie, Maroc, Tunisie, des origines Ă nos jours, 1966 - books.google.fr). La bataille de Cannes (216) reste l'un des plus grands paradoxes de l'histoire de la guerre. Car ce chef-d'Ĺ“uvre militaire qui se conclut par la dĂ©route complète de l'armĂ©e romaine et qui aurait dĂ» aboutir Ă l'anĂ©antissement de la RĂ©publique ne fit que dĂ©cupler la volontĂ© de Rome d'en finir avec Carthage. En somme, une magistrale victoire militaire qui accouche d'un dĂ©sastre stratĂ©gique. Comme pour les deux batailles prĂ©cĂ©dentes, Hannibal dĂ©cide de ne pas poursuivre l'ennemi, malgrĂ© les injonctions de l'un de ses gĂ©nĂ©raux, Maharbal. Ecoutons Tite-Live : Alors que tous les chefs carthaginois, entourant Hannibal victorieux, le fĂ©licitaient, et lui conseillaient, après avoir terminĂ© une guerre si importante, de prendre, pendant le reste du jour et la nuit suivante, du repos pour lui-mĂŞme et d'en donner Ă ses soldats fatiguĂ©s, Maharbal, commandant de la cavalerie, pensant qu'il ne fallait pas tarder un instant, lui dit : «Ah ! Sache plutĂ´t ce que te vaut cette bataille ! Dans quatre jours, vainqueur, tu dĂ®neras au Capitole. Suis-moi; avec les cavaliers, de façon qu'on apprenne mon arrivĂ©e avant de la savoir prochaine, je te prĂ©cĂ©derai.» Hannibal trouva ce dessein trop beau et trop grand pour pouvoir l'adopter aussitĂ´t. Aussi dit-il Ă Maharbal qu'il louait son intention, mais qu'il fallait du temps pour peser son conseil. Alors Maharbal : «Les dieux - ce n'est pas Ă©tonnant – n'ont pas tout donnĂ© au mĂŞme homme; tu sais vaincre, Hannibal; tu ne sais pas profiter de la victoire.» (Arnaud Blin, Les batailles qui ont changĂ© l'histoire, 2016 - books.google.fr). Typologie Le report de 1977 sur la date pivot -216 donne -2409. Salalis, premier roi pasteur (hycsos), serait venu en Egypte, d'après le commentateur Flavius Josèphe de l'historien Ă©gyptien ManĂ©thon, en 2409 avant JĂ©sus-Christ (ThĂ©odore Vibert, La race chamitique, 1916 - books.google.fr). Le plus ancien nom du pays de Palestine que nous trouvions chez les auteurs hĂ©breux est celui de Canaan. Ce nom cependant ne dĂ©signait que la partie situĂ©e entre le Jourdain et la MĂ©diterranĂ©e; mais il comprenait aussi la PhĂ©nicie et le pays des Philistins. Il dĂ©rive de Canaan, fils de Cham, auquel les anciens habitants du pays faisaient remonter leur gĂ©nĂ©alogie. On trouve ce nom sur les monnaies phĂ©niciennes, et saint Augustin rapporte qu'il Ă©tait usitĂ© encore de son temps en Afrique parmi les paysans des environs de Carthage qui s'appelaient eux-mĂŞmes Canani, comme descendants des PhĂ©niciens (Salomon Munk, Palestine: description gĂ©ographique, historique, et archĂ©ologique, 1881 - books.google.fr). La race de Cham choisit la direction du sud. Elle dĂ©ferla le long de l'Euphrate jusqu'au pays de Pount, au bord du golfe qui devait un jour s'appeler arabique. De lĂ elle se bifurqua : la première de ses parts, la race des fils Chus ou Couchites, se porta vers l'Ethiopie. [...] Une autre part de la race chamite, la famille de Misraim occupa la vallĂ©e du Nil, enfin une troisième part, la famille maudite de Canaan envahit l'Égypte sous le nom d'Hyksos, fonda Tyr, puis Carthage (Florentin-Loriot, Essai sur les mĂ©galithes, Bulletin de la SociĂ©tĂ© historique et archĂ©ologique de l'Orne, Volumes 11 Ă 12, 1892 - books.google.fr). Chiren/Chiron (2060) Chiron, aussi dĂ©signĂ© comme 95P/Chiron, est un centaure actif d'environ 180 kilomètres de diamètre orbitant autour du Soleil entre Saturne et Uranus. Chiron fut dĂ©couvert par Charles T. Kowal le 18 octobre 1977 Ă l'aide du tĂ©lescope de 1,2 mètre de l'Observatoire Palomar en Californie et dĂ©signĂ© provisoirement 1977 UB. En fait, ce corps avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© photographiĂ© auparavant, la première fois par l'atlas cĂ©leste Harvard (Cambridge, Massachusetts) le 24 avril 1895. Il fut tout d'abord considĂ©rĂ© comme un astĂ©roĂŻde, mais le plus lointain qui avait jamais Ă©tĂ© observĂ© Ă cette Ă©poque. Cependant, Kowal n'Ă©carta pas la possibilitĂ© qu'il pouvait s'agir d'une comète et proposa en 1978 de le nommer «Chiron», la dualitĂ© homme/cheval de l'animal mythique qu'est le centaure renvoyant Ă la possible nature astĂ©roĂŻde/comète du corps. En 1988, on mesura un accroissement soudain de la luminositĂ© de Chiron de près d'une magnitude, un comportement typique des comètes. En 1989, une chevelure et une queue furent observĂ©es, indiquant par lĂ que Chiron Ă©tait bel et bien une comète. Mais avec un diamètre de 166 kilomètres, Chiron est largement plus grand que n'importe quelle autre comète connue. On continue donc Ă classer Chiron Ă la fois parmi les planètes mineures, sous la dĂ©signation (2060) Chiron, et parmi les comètes, sous la dĂ©signation 95P/Chiron (fr.wikipedia.org - (2060) Chiron). A propos de Chirac Ce quatrain peut ĂŞtre interprĂ©tĂ© comme un Ă©loge de Jacques Chirac nĂ© en effet sous le signe du Sagittaire le 29 novembre 1932 (« Chyren », voir quatrain II, 79). Fondateur en 1976 du RPR, maire de Paris en 1977, il est Ă©lu PrĂ©sident de la RĂ©publique en 1995. Il fut prĂ©sident de l’Union EuropĂ©enne, puissance commerciale de premier plan, en 2000. Il est rĂ©Ă©lu PrĂ©sident de la RĂ©publique en 2002 avec plus de 80 % des voix. Lorsque, sous la prĂ©sidence de ValĂ©ry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac accĂ©da Ă la Primature, la Tunisie venait de faire machine arrière sur l’accord Bourguiba-Kadhafi, dit de Djerba, qui prĂ©voyait l’union de la Tunisie et de la Libye sous le nom de la RAI (la RĂ©publique arabe islamique). Fou de rage, Kadhafi fulminait, la Radio libyenne, Ă longueur de journĂ©e, ne faisait que transmettre ses imprĂ©cations suivies par les hurlements ininterrompus des dizaines de milliers de manifestants qui, de Tripoli Ă Benghazi, vouaient aux gĂ©monies HĂ©di Nouira, l’homme censĂ© avoir fait capoter le projet. Le rĂ©gime libyen n’en resta pas aux vocifĂ©rations. Un barbouze venu de Tripoli est arrĂŞtĂ©. Il avoue avoir Ă©tĂ© envoyĂ© pour tuer le Premier ministre tunisien. Des travailleurs tunisiens sont enrĂ´lĂ©s de force et envoyĂ©s Ă des camps d’entrainement pour apprendre le maniement des armes en vue d’actes de subversion sur le sol de leur pays. Les services tunisiens ne savent plus oĂą donner de la tĂŞte. Jacques Chirac assure le gouvernement tunisien du soutien de la France. En mars 1976, il se rend en Libye oĂą il eut avec Kadhafi un long tĂŞte-Ă -tĂŞte. Le soir, le numĂ©ro 2 du rĂ©gime, Abdessalam Jalloud, au volant de sa voiture, invite Chirac Ă une promenade, dans la capitale libyenne endormie. L’ambiance Ă©tait dĂ©contractĂ©e, cordiale. Le Premier ministre français, d’entrĂ©e de jeu, demande Ă son homologue, de cesser de harceler la Tunisie. Puis il ajoute : «La France s’emploiera Ă empĂŞcher sa dĂ©stabilisation». Jalloud, un instant, dĂ©concertĂ©, pose une question, une seule : De quelle manière ? La rĂ©ponse est sans ambiguĂŻtĂ© : «Par tous les moyens nĂ©cessaires». Le 6 avril 2000, le jour mĂŞme du dĂ©cès du «Combattant suprĂŞme», le PrĂ©sident Chirac, dans une lettre de condolĂ©ances adressĂ©e Ă Bourguiba Jr, Ă©crivait notamment : «Le PrĂ©sident Bourguiba Ă©tait un personnage de l'histoire, de notre histoire commune. La bienveillance de son accueil, son attention et sa chaleur humaine se confondaient avec l'image de la Tunisie, terre de culture, d'humanisme et d'antique tolĂ©rance. Il Ă©tait pour tous ceux qui ont eu le privilège de l'approcher, le symbole d'une grande nation et le garant de l'amitiĂ© entre les peuples français et tunisien.» (Abdelaziz Kacem, Jacques Chirac et la Tunisie : Une amitiĂ© amoureuse, 2019 - www.leaders.com.tn). Jamais sans doute il n'a Ă©tĂ© aussi nĂ©cessaire, aussi vital d'engager la construction de la MĂ©diterranĂ©e comme fut engagĂ©e, il y a plus d'un demi-siècle, la construction europĂ©enne. L'initiative, pour ĂŞtre porteuse de rĂ©ussite, doit venir du Sud. Je rĂŞverais que le pays qui a Ă©tĂ© le carrefour le plus accueillant des cultures de la MĂ©diterranĂ©e, le plus attachĂ© Ă la paix et le meilleur modèle de tolĂ©rance, revendique l'honneur de donner le signal. Après tout, il est assez fier d'ĂŞtre celui d'Hannibal. Hannibal qui chercha moins Ă dominer qu'Ă organiser la MĂ©diterranĂ©e (Philippe SĂ©guin, ItinĂ©raire dans la France d'en bas, d'en haut et d'ailleurs, 2003 - books.google.fr). Victoire pour quoi faire ? Avis d'un croissantiste libĂ©ral sur M. Chirac, qui dĂ©cevra aussi les partisans du "Chi". Sa carrière a Ă©tĂ© agitĂ©e par des contrastes violents, Ă©maillĂ©e de combats Ă©piques pour conquĂ©rir le pouvoir, suivis de victoires sans lendemain et d'Ă©checs retentissants Ă cause d'erreurs surprenantes dans ses choix ou sous l'influence de son entourage. Ă€ plusieurs reprises, M. Chirac a Ă©tĂ© l'homme des renversements d'alliances ou de rapports de forces pour le meilleur et pour le pire. En 1974, son choix politique condamne Ă la dĂ©faite Jacques Chaban-Delmas et les gaullistes historiques. En 1976, il quitte Matignon avec Ă©clat et se sĂ©pare de M. ValĂ©ry Giscard d'Estaing qu'il avait pourtant portĂ© au pouvoir. Il le combat ouvertement et le conduit Ă l'Ă©chec en 1981, offrant du mĂŞme coup la victoire Ă François Mitterrand comme le reconnaĂ®tra par la suite l'ancien prĂ©sident, puis il facilite indirectement le maintien de ce dernier Ă l'ÉlysĂ©e en 1988. C'est plus tard la brouille avec son «ami de trente ans», M. Édouard Balladur, qui affaiblit la majoritĂ© partir de 1995 quand M. Chirac rĂ©ussit enfin Ă conquĂ©rir l'ÉlysĂ©e. Elle le conduit ensuite Ă la plus dĂ©sastreuse de ses dĂ©cisions : la dissolution de 1997. L'Ă©chec de la manĹ“uvre offre le pouvoir Ă la gauche. Cette nouvelle forme de cohabitation parachève le handicap structurel mis en place au dĂ©but des annĂ©es 1980, dont souffre l'Ă©conomie française actuellement, en particulier la crise de compĂ©titivitĂ© consĂ©cutive aux 35 heures que le prĂ©sident est incapable d'Ă©viter. Ayant retrouvĂ© sa libertĂ© d'action en 2002, M. Chirac n'en profite pas pour Ă©largir et rĂ©former ou aller de l'avant dans la transformation de la sociĂ©tĂ©. Ses dĂ©cisions et ses Ă©checs conduisent la France Ă l'immobilisme après le dĂ©saveu cinglant de l'Ă©chec du rĂ©fĂ©rendum sur le projet de Constitution europĂ©enne, le 29 mai 2005, qui exprima peut-ĂŞtre surtout un mouvement de rejet du prĂ©sident. Les dĂ©boires se succèdent avec la crise des banlieues en 2005, puis le retrait humiliant du projet de contrat première embauche (CPE) en 2006 et enfin l'impuissance de l'ÉlysĂ©e Ă freiner la montĂ©e de M. Sarkozy. Ă€ chacune de ces Ă©tapes, M. Chirac a Ă©tĂ© victime de son entourage et de conseils inadaptĂ©s. Pourquoi les a-t-il suivis ? Quelles Ă©taient ses motivations ? Pendant ces quarante annĂ©es, la carrière de M. Chirac a Ă©tĂ© guidĂ©e par l'ambition politique Ă court terme et l'absence ou la raretĂ© de grands projets Ă long terme dans le domaine Ă©conomique et social. Avec lui, la France est passĂ©e de l'apogĂ©e des Trente Glorieuses dans les annĂ©es 1960 Ă la crise de la croissance dont elle n'est pas sortie. Certes, le choc pĂ©trolier de la fin 1973 et la crise du système monĂ©taire inter- national ont contribuĂ© au dĂ©sĂ©quilibre qui conduisit Ă la rupture de la croissance en 1975 pendant le premier gouvernement Chirac : le rythme annuel de la croissance est, alors, Ă peu près divisĂ© par deux. Le plan Barre entreprend Ă partir de 1976 de rĂ©tablir les grands Ă©quilibres et il aurait pu permettre de retrouver Ă terme la croissance forte. Mais les joutes politiques au sein de la majoritĂ©, animĂ©es par la «dissidence» de M. Chirac, conduisent au dĂ©sastre de 1981 qui voit la fin du plan Barre et l'expĂ©rimentation d'une politique de gauche totalement diffĂ©rente. La France subit la stagflation et sa croissance annuelle moyenne est de nouveau divisĂ©e par deux. Surtout, avec le recours institutionnalisĂ© et gĂ©nĂ©ralisĂ© aux finances de l'État, elle entre dans le cycle infernal d'un dĂ©ficit public de plus en plus grand qui met sournoisement en place le boulet de l'endettement. Les pouvoirs publics ont acceptĂ© cette spirale par commoditĂ© : elle facilitait la gestion et reportait Ă plus tard les difficultĂ©s. Pendant un temps, ils ont mĂŞme pu financer le système par l'inflation et l'Ă©rosion du franc, mais la construction de l'Europe monĂ©taire les priva peu Ă peu de cette facilitĂ©. La dette prit alors de plus en plus d'importance jusqu'Ă se dĂ©velopper spontanĂ©ment au cours des dernières annĂ©es et paralyser aujourd'hui l'action de l'État. De nombreux plans chercheront par la suite Ă retrouver une expansion forte et durable, y compris avec M. Chirac lors de la première cohabitation en 1986 pendant laquelle son action positive lui permet de commencer Ă moderniser l'Ă©conomie, avec les privatisations. La France y est parvenue Ă certains moments surtout grâce Ă une conjoncture favorable, mais le plus souvent elle a pu Ă©viter le pire grâce Ă la solidaritĂ© europĂ©enne. La croissance n'a toutefois pas Ă©tĂ© la prĂ©occupation première de M. Chirac comme Premier ministre ou comme prĂ©sident de la RĂ©publique. Peut-ĂŞtre faut-il voir lĂ l'explication de l'absence de rĂ©formes avant ces dernières annĂ©es ? Son deuxième mandat Ă l'ÉlysĂ©e est pĂ©nalisĂ© par une «croissance molle» de 1,7 % par an pendant le quinquennat qui s'achève : devenue insuffisante, la crĂ©ation de richesse ne procure plus Ă l'État les moyens dont il a besoin au moment oĂą il entreprend enfin de grandes rĂ©formes (retraites, assurance-maladie, fiscalitĂ©...). Faute de grands projets, le bilan Ă©conomique de M. Chirac est limitĂ©. La problĂ©matique ne porte plus sur les succès, mais sur le fait de savoir si la France est engagĂ©e ou non sur la pente du dĂ©clin. Le reflux de ses rĂ©sultats, le recul de sa place dans les indicateurs de qualitĂ© ou tout simplement sur le plan universitaire, l'accumulation des mauvaises performances Ă©conomiques et son dĂ©crochage par rapport aux partenaires de la zone euro permettent de se poser la question. Sur le plan social, la prĂ©sidence de M. Chirac n'a guère fait avancer la sociĂ©tĂ©. Ponctuellement, on peut relever du positif comme l'insertion des handicapĂ©s ou le plan cancer, mais ces acquis ne masquent pas l'Ă©chec du seul grand projet de sociĂ©tĂ© sur long terme. Lui qui avait identifiĂ© la «fracture» sociale et soulevĂ© un large espoir n'a pas corrigĂ© ce point faible : la fracture persiste et la France est plongĂ©e dans de violentes Ă©meutes urbaines Ă l'automne 2005. L'attente sociale reste très forte en 2007. Par contre, le recul spectaculaire du chĂ´mage constitue un rĂ©el succès, mais tardif dont le prĂ©sident ne profite pas. C'est un homme usĂ© et isolĂ© qui transmet le pouvoir, le 16 mai, et laisse un bilan mitigĂ© de sa carrière et de sa prĂ©sidence. M. Chirac quitte l'ÉlysĂ©e sur une impression d'inachevĂ©. Ses Ă©checs n'ont pas Ă©tĂ© compensĂ©s par une volontĂ© de fermetĂ© et d'Ă©nergie, sauf lors qu'il s'agissait de conquĂ©rir le pouvoir. Dans la conduite de l'Ă©conomie, c'est l'absence de continuitĂ© qui caractĂ©rise son action sur le long terme. Il termine son règne dans la grisaille et une certaine tristesse. Avec son dĂ©part, la passation de pouvoirs marque la fin d'une Ă©poque et d'une gĂ©nĂ©ration qui incarnaient encore le XXe siècle. M. Chirac laisse sans rĂ©ponse de nombreuses questions sur ses quarante annĂ©es passĂ©es aux plus hautes fonctions, Ă charge pour l'Histoire d'Ă©clairer peut-ĂŞtre un jour ces interrogations (M. Chirac s'en va, L'AnnĂ©e politique, Ă©conomique et sociale, 2007 - books.google.fr). Chyren apparaĂ®t dans trois autres quatrains des Centuries, le VI, 27, le VIII, 54 et le IX 41 : Dedans les Isles de cinq fleuues vn, Par le croissant du grand Chyren Selin: Par les bruynes de l'air fureur de l'vn, Six eschapez cachez fardeaux de lyn. Sous la couleur du traicte mariage, Fait maganime par grand Chyren selin, Quintin, Arras recouvrez au voiage D'espagnols fait second banc macelin Le grand Chyren soy saisir d'Avignon, De Rome lettes en miel plein d'amertume, Lettre ambassade partir de Chanignon, Carpentras pris par duc noir rouge plume. Chyren a Ă©tĂ© pris comme qualificatif ou nom du "Grand Monarque" "qui doit venir". Mais une interprĂ©tation plausible de ces quatrains est Ă rechercher dans l'histoire de France passĂ©e. En Ă©tudiant bien celle-ci, il apparaĂ®t que le roi de France Charles VI est un candidat au titre de Chyren. NĂ© le 3 dĂ©cembre 1368, et mort le 21 octobre 1422, Charles VI est du signe du Sagittaire, nous restons donc dans l'interprĂ©tation de Slosman. Regardons les quatrains en dĂ©tail. Le VI, 27 et le VIII, 54 qualifient le roi de Selin. Probablement issu du nom grec de la Lune, Selin est Ă identifiĂ© Ă l'adjectif sĂ©lĂ©nique : en rapport avec la Lune, ou soumis aux effets de la Lune. En 1392, Charles VI est atteint de folie et ne pourra rĂ©gner que par intermittence. On pense aujourd'hui Ă une psychose bipolaire ou maniaco- dĂ©pressive atypique. En latin lunaticus, et en anglais lunatic signifient justement maniaque. "Par le croissant du grand Chyren Selin" serait Ă traduire par "le roi sagittaire devenant de plus en plus fou". En effet, si la maladie s'est dĂ©clenchĂ©e par une crise de folie furieuse dans la forĂŞt du Mans, le roi au fur et Ă mesure sera de plus en plus absent, sans que l'on parle de crise. Selon Bernard GuenĂ©e (La folie de Charles VI, roi Bien-aimĂ©), Charles VI grandit dans l'amour que lui portaient ses sujets. Tout se faisait par lui, et sans lui. Jamais roi si faible n'a portĂ© en lui une idĂ©e plus forte de la royautĂ© sacrĂ©e. La folie de Charles VI est pour quelque chose dans la construction de l'Etat moderne. Le quatrain VI, 27 serait une mise en relation de plusieurs Ă©vĂ©nements Ă©loignĂ©s dans le temps : la conquĂŞte des Iles ("Isle") Canaries en 1402 par Jean de BĂ©thencourt, et la bataille de CrĂ©cy en 1346 et le siège de Calais en 1347. Pourquoi les Iles Canaries ? Les 5 fleuves seraient les fleuves qui coulent en Enfer dans la mythologie grecque : le Styx, l'AchĂ©ron, le PhlĂ©gĂ©thon, le Cocyte et le LĂ©thĂ©. Or l'ĂŽle d'Enfer (Insola del Inferno) est l'ancien nom donnĂ© en 1385, par Fernando Peraza Martel Ă l'ĂŽle de TĂ©nĂ©riffe alors qu'un volcan Ă©tait en Ă©ruption. L'autre fleuve ("de cinq fleuuves Ă un") serait le fleuve de l'or indiquĂ© sur l'Atlas catalan de 1375 oĂą on peut voir un navire qui vogue Ă pleine voile au sud du cap Bajador. On lit la lĂ©gende (traduite du catalan) suivante : "Le vaisseau de Jacques Ferrer partit pour aller au fleuve de l'Or le jour de la saint Laurent, qui est le 10 aoĂ»t, et ce fut en l'annĂ©e 1346", soit 16 jours avant CrĂ©cy. Jean de BĂ©thencourt, accompagnĂ© par Gadifer de la Salle, tous deux chambellans de Charles VI, partirent de la Rochelle en 1402 et conquirent les Iles Canaries. Ils se brouilleront lorsque BĂ©thencourt voudra s'assujettir au roi Henri III de Castille contrairement Ă Gadifer, fidèle du roi fou. Dans les Chroniques de France Froissart, nous trouvons des passages qui correspondent au vers attribuĂ© Ă la bataille de CrĂ©cy. Les troupes françaises Ă©taient complètement dĂ©sorganisĂ©es et comme atteinte de dĂ©mence qui se transmit au roi Philippe VI de Valois : "Quand li rois Phelippes de France vint auques priès de la place oĂą les Englois estoient arestĂ© et ordonnĂ©, et il les vei, se li mua li sans, car moult les avoit encargeit en grant haine, et perdi tous propos et arrois sus l'estat que li Monnes de basele avoit dit et ordonnĂ©, et dist tout hault : "Par mon âme et par mon corps, je voi mes ennemis, mais je les voel combattre". Les "bruynes de l'air", Ă entendre comme le fit Virgile c'est-Ă -dire dans le sens de "neige", rendent compte de la pluie de flèches lancĂ©s par les troupes anglaises qui avaient l'apparence selon Froissart de la neige : "Et cil arcier d'Engleterre, quant il veirent ceste ordenance, passèrent un pas avant, et puis fisent voler ces saĂŻettes, de grant façon, qui entrèrent et desendirent si ouniement sus ces GĂ©nevois que sambloit nège". Le dernier vers se rapporte assurĂ©ment aux six Bourgeois de Calais. Toujours selon Froissart : "Et se desvestirent lĂ cil VI bourgois tout nu en pur leurs braies et leurs chemises en le hale de Calais, et misent hars en leurs cols, ensi que ordenance se portoit, et prisent les clĂ©s de le ville et du chastiel". "fardeaux de lin" est Ă prendre dans le sens occitan oĂą "fardetos" signifie "layette d'enfant" et "fardo" "vĂŞtements, hardes". Jusque dans les Vosges "fardeau" est une toile servant Ă porter la paille. En effet les chemises des gens aisĂ©s (les Six Bourgeois de Calais faisaient partie des plus riches de la ville) Ă©taient en toile de lin ou en fine batiste (qui est aussi en lin). Le lien entre ces Ă©vĂ©nements est le personnage Louis de La Cerda dit Louis d'Espagne, mort justement le 26 aoĂ»t 1346 Ă la bataille de CrĂ©cy. Il Ă©tait le fils aĂ®nĂ© d'Alphonse de La Cerda et de Isabelle d'Antoing, frère ainĂ© du connĂ©table de France Charles de la Cerda, assassinĂ© en 1354 par Charles II de Navarre, et petit-fils de Louis IX de France par sa grand-mère maternelle Isabelle de France. Il avait sollicitĂ© de ClĂ©ment VI la couronne des Canaries. Le pape fit droit Ă sa demande par bulle du 17 dĂ©cembre 1344, mais Ă la condition qu'il paierait annuellement Ă l'Eglise romaine quatre cents florins d'or bons et purs, du poids et au coin de Florence. Le pontife remit solennellement Ă la Cerda un sceptre et une couronne d'or, en lui disant : Faciam principem super gentem magnam. Le nouveau roi quitta dès lors son titre d'infant d'Espagne pour prendre celui de prince de la Fortune. Le jour mĂŞme de son investiture, la Cerda parcourut Avignon avec le sceptre et la couronne. Une pluie violente, de mauvais prĂ©sage, le força de rentrer avec toute sa suite. Son titre Ă©tait contestĂ© par le roi de Portugal Alphonse IV. En 1341 celui-ci avait fait armer une petite flotte commandĂ© par le florentin Angiolino del Tegghia de Corbizzi qui reconnut l'archipel. Les Anglais ayant dĂ©barquĂ© en France Ă Saint-Vaast-la-Hougue le 12 juillet 1346, le roi Philippe VI de Valois appela près de lui le prince de la Fortune. Le quatrain VIII, 54 semble tourner autour des annĂ©es 1413-1414. En 1411, les partisans du duc de Bourgogne Jean sans Peur, appelĂ© les Cabochiens en raison du surnom de Simon Le Coutelier, Caboche, de la corporation des bouchers ("macelin" de l'italien "macelaio" : boucher) qui revendiquaient leur part d'influence dans les institutions de Paris, avaient rĂ©ussi Ă s'imposer au roi Charles VI malade. L'ordonnance "cabochienne" est promulguĂ©e afin de rĂ©former le gouvernement du royaume. En 1413, ils sont Ă©vincĂ©s par les Armagnacs, partisans du duc d'OrlĂ©ans. Les bandes Armagnacs Ă©taient composĂ©es de mercenaires de plusieurs nationalitĂ©s : Espagnols, Français, Ecossais, Italiens… Charles VI avait en effet repris ses esprits. Le duc de Bourgogne s'enfuit de Paris emmenant avec lui les chefs cabochiens. En 1414, le dauphin Louis, fils de Charles VI, se sentant prisonnier au Louvre fait appel Ă Jean sans Peur qui s'approche de Paris. Mais le roi le dĂ©clare rebelle et une campagne militaire atteint Arras et s'arrĂŞte lĂ . Cette mĂŞme annĂ©e, des pourparlers interviennent avec les Anglais. On discute d'un mariage entre Catherine, fille de Charles VI, et d'Henri V avec une dot de deux millions de francs. Arras est rendu au duc de Bourgogne ("fait magnanime") qui se saisira de Saint Quentin en 1420. L'annĂ©e suivante, Henri V se prĂ©pare Ă la guerre et ce sera le dĂ©sastre d'Azincourt. Le quatrain IX, 41 se situe dans les annĂ©es 1399-1403 dates auxquelles les troupes françaises du roi Charles VI assiègent Avignon et retiennent prisonnier le pape BenoĂ®t XIII, antipape pour les Romains, Pedro de Luna. Durant ces annĂ©es BenoĂ®t XIII et le pape de Rome Urbain VI entretiendront des relations diplomatiques afin de rĂ©soudre le Grand Schisme qui dura de 1378 Ă 1417. Après l'effacement de Louis d'OrlĂ©ans, favorable Ă BenoĂ®t XIII qui appuyait ses prĂ©tentions italiennes, de la cour du roi de France et la mise en avant du duc de Bourgogne, la France entraĂ®ne les anciens partisans de BenoĂ®t XIII Ă une "soustraction d'obĂ©dience", c'est-Ă -dire un refus d'obĂ©issance afin de le forcer Ă la rĂ©solution du schisme. L'Ă©vĂŞque de Cambrai, Pierre d'Ailly, intervint auprès des deux papes, en vain. BenoĂ®t XIII s'Ă©vade du palais des papes oĂą il Ă©tait retenu et trouve refuge en Provence chez Louis II d'Anjou qui Ă©tait revenu Ă son obĂ©dience Ă l'instigation de son beau-père Martin Ier, roi d'Aragon, et de sa femme, fille de celui-ci. La Castille puis la France firent de mĂŞme. La politique du duc de Bourgogne avait menacĂ© de couper l'Eglise de France en deux. "Chanignon" dĂ©signe pour De Fontbrune la citĂ© de Canino dans le Latium francisĂ©e, patrie du pape Farnèse Paul III. Mais dans le contexte dĂ©fini ici, il s'agirait de Caninio nom romain de Rupacanina, forteresse appartenant aux Marzano, fort liĂ©s aux rois angevins de Naples. En 1317, Robert d'Anjou envoie contre les Aragonais de Sicile un contingent dirigĂ© par le comte Tommaso di Marzano. En 1459, Marino Marzano participera Ă une conspiration, toujours contre les Aragonais qui avaient repris Naples, en faveur de Jean de Calabre, fils de RenĂ© d'Anjou. Le "duc" (chef militaire) qui tient Carpentras doit ĂŞtre Antonio de Luna nommĂ© recteur du Comtat par BenoĂ®t XIII (Pedro de Luna) de 1397 Ă 1389 et de 1403 Ă 1408. Les Luna, famille d'Aragon, portent comme armoiries "En campo de gules, un creciente ranversado, jaquelado de oro y sable, y campaña de lo mismo". "gules" et "sable" : rouge et noir. Est-ce le mĂŞme Antonio de Luna qui fit assassiner l'archevĂŞque de Saragosse, GarcĂa Fernández de Heredia, en 1411 alors qu'ils Ă©taient dans des camps opposĂ©s suite Ă la succession de Martin Ier d'Aragon, Luna supportant le comte d'Urgel, et l'archevĂŞque le castillan Ferdinand de Antequera. Luna Ă©tait rĂ©putĂ© colĂ©rique et risque-tout donc lĂ©ger (comme "plume"). Chyren et "Roy de Bloys dans Avignon regner" - expression que l'on trouve dans les quatrains VIII, 38 et VIII, 52 - furent associĂ©s pour qualifier le "Grand Monarque". Dans le contexte dĂ©crit ci- dessus cette association est valable mais en deux personnes sĂ©parĂ©es. Charles VI assista le 1er novembre 1389 au couronnement, Ă Avignon, par le pape ClĂ©ment VII, de Louis II d'Anjou comme roi de Sicile. VIII, 38 Le Roy de Bloys dans Avignon regner, Une autre fois le peuple emonopolle, Dedans le Rosne par mer fera baigner Iusques Ă cinq le dernier pres de Nolle. VIII, 52 Le Roy de Blois dans Avignon regner, D'Amboise & seme viendra le long de Lyndre Ongle Ă Poytiers sainctes aisles ruiner Devant Boni (vers incomplet) Louis II d'Anjou (Toulouse, 1377 - Angers, 1417) Ă©tait le fils de Louis Ier et de Marie de Blois-Châtillon dite aussi Marie de Guise. Comte de Provence ("RhĂ´ne") et roi de Sicile depuis le 1er novembre 1389, il fait partie de la seconde Maison d'Anjou dont 5 membres tenteront leur chance en Italie : Louis Ier, lui-mĂŞme, son fils Louis III, le frère de celui-ci RenĂ© Ier d'Anjou et le fils de ce dernier Jean II de Lorraine - dit aussi Jean de Calabre. Jean de Calabre (Nancy, 1425 - Barcelone, 1470)("le dernier") dĂ©fit Ă la bataille de Nola en 1459 ("Nolle") Ferdinand d'Aragon, fils d'Alphonse V le Magnanime roi d'Aragon et de Sicile. Le 2 novembre, le lendemain du sacre du roi de Sicile, le pape de Rome Boniface Ă©tait Ă©lu ("Devant Boni..." : avant Boniface). Le quatrain VIII, 52 est moins clair. Amboise Ă©tant en Touraine, les deux seconds vers semblent concerner le père de Louis II. Louis Ier d'Anjou (Vincennes, 1339 - Biseglia, 1384), frère de Charles V et fils de Jean le Bon, fut duc de Touraine en 1370 et participa Ă la bataille de Poitiers en 1356. "Sainctes ailes" peut ĂŞtre une expression tirer du Psaume 91, enseignement traditionnel des sages sur la protection divine accordĂ©e au juste, oĂą l'on peut lire : Il te couvre de ses ailes, tu as sous son pennage un abri. Armure et bouclier, sa vĂ©ritĂ©. Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole le jour (comme Ă CrĂ©cy les archers gallois et irlandais font une hĂ©catombe), ni la peste qui marche en la tĂ©nèbre, (la Grande Peste a sĂ©vi de 1347 Ă 1349) ni le flĂ©au qui dĂ©vaste Ă midi. La protection divine avait bien abandonnĂ© la France et son roi (Jean II le Bon), lors de la bataille de Poitiers et avant, celles de CrĂ©cy et de Calais. Notons encore une chose sur le Grand Monarque, qui dĂ©fraie la chronique depuis le Moyen Ă‚ge. InspirĂ©e de la tradition messianique juive, une prophĂ©tie byzantine du IVe siècle annonce que le "Roi des Derniers Jours", reflet terrestre du Christ, prĂ©curseur de l'AntĂ©christ puis de la Parousie, s'imposera au monde entier et apportera une rĂ©demption temporelle Ă l'Ă©chelle humaine. Au Moyen Ă‚ge, la quĂŞte de l'unitĂ© mythique de la ChrĂ©tientĂ© passe par la domination d'une nation sur les autres. Dans le Saint Empire Germanique, la propagande sous la dynastie des Hohenstaufen (1137- 1250) utilise la figure de Charlemagne qu'Alcuin ou Eginhard prĂ©sentaient dĂ©jĂ comme le Roi- Sauveur. En rĂ©action, en France se dĂ©veloppent des prĂ©tentions messianiques dans les milieux des Spirituels franciscains, admirateurs de Saint Louis. La rivalitĂ© franco- germanique puis franco-espagnole se perpĂ©tuera sous Charles VIII, puis François Ier face Ă Charles Quint. Mais la RĂ©forme ruine en Allemagne la prĂ©tention Ă l'unitĂ© de la ChrĂ©tientĂ©. La crĂ©ation prophĂ©tique en France continue au XVIIème siècle puis s'Ă©teindra au Siècle des Lumières. Au tournant du XVIIème siècle, Tommaso Campanella illustre le report des espoirs messianiques de l'Espagne sur la France. De 1645 Ă 1659, la Querelle de Childebrand oppose les gĂ©nĂ©alogistes français qui affirmaient la descendance de la dynastie capĂ©tienne par la ligne masculine de Childebrand, demi-frère de Charles Martel, et les historiographes lorrains et espagnols (comme Chifflet) qui niaient tout lien entre CapĂ©tiens et Carolingiens (Compte-rendu rĂ©alisĂ© de StĂ©phane Haffemayer de l'ouvrage de Haran A. Y. Le lys et le globe, Messianisme dynastique et rĂŞve impĂ©rial aux XVIème et XVIIème siècles, Champ Vallon). Jacques Carel de Sainte-Garde, poète français, nĂ© Ă Rouen en 1620 et mort en 1684, aumĂ´nier et conseiller du roi, publia en 1666 un poème Ă©pique intitulĂ© Les Sarrasins chassĂ©s de France, dont le hĂ©ros Ă©tait Childebrand. Boileau dans son Art poĂ©tique (1674) s'en moqua, et peut-ĂŞtre le regretta-t-il lorsqu'il devint historiographe du roi en 1677, ou encore pensait-il que la souverainetĂ© de Louis XIV se passait de justification : O le plaisant projet d'un poĂ«te ignorant, Qui de tant de hĂ©ros va choisir Childebrand ! D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Rend un poème entier, ou burlesque oĂą barbare. Childebrand fut l'un de ceux qui assiĂ©gea Avignon, en 737. La conquĂŞte de la ville fut l'Ă©pisode le plus sanglant des campagnes de Charles Martel. Peut-on considĂ©rĂ© "Chyren" comme une contraction de Childebrand ? Chyren, ou Childebrand, comme "chef du monde" entre dans les considĂ©rations messianiques dĂ©veloppĂ©es ci-dessus. D'autre part, le père de Saint Louis, Louis VIII dit le Lion (1187 - 1226), prit aussi la ville en 1226. "Lion" se dit en perse "Shir". Autre possibilitĂ©, si l'on prononce "chyren" avec le chi grec alors nous obtenons quirin. Quirinus pourrait se traduire par "le maĂ®tre de la totalitĂ© des hommes" (d'oĂą "chef du monde"). Son flamine intervenait dans trois fĂŞtes d'une grande importance pour la croissance, la conservation et la consommation des cĂ©rĂ©ales : le 25 avril, oĂą l'on s'efforçait de protĂ©ger les blĂ©s des attaques de la rouille ; le 21 aoĂ»t et le 15 dĂ©cembre, oĂą l'on honorait le dieu protecteur de l'engrangement en Ă©troite liaison avec la dĂ©esse de la fĂ©conditĂ© Ops et le 17 fĂ©vrier, clĂ´ture des fĂŞtes consacrĂ©es Ă la torrĂ©faction des grains pour les rendre consommables. LiĂ© Ă la fonction de production il Ă©tait senti comme le patron des quirites, les citoyens romains dans leur aspect civil, mais soldats, milites, en puissance. Quirinus fut appelĂ© le "Mars qui prĂ©side Ă la paix" puis identifiĂ© par la suite Ă Romulus. |