DĂ©mocrates et
Juifs victimes de la dictature Les martyrs tunisiens VI, 17 1937-1938 Apres les limes
bruslez les asiniers, Contraints
seront changer habits divers : Les Saturnins
bruslez par les meuniers, Hors la pluspart qui ne sera couvers. "asiniers" Tertullien affirme qu'"asinarius" était un surnom de mépris donné aux chrétiens (Marie Thérèse Morlet, Les Noms de personne sur le territoire de l'ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle : Les noms de personne contenus dans les noms de lieux, 1968 - books.google.fr). Vos tamen non negabitis et jumenta omnia et totos canthericos cum sua Epona coli a vobis. Hoc forsitan improbamur, quod inter cultores omnium pecudum bestiarumque asinarii tantum sumus (Tertullien, Apologhétique XVI) (Tertullien et Saint Augustin: Oeuvres choisies, avec la traduction français, 1845 - books.google.fr). Tertullien rapporte dans l’Adversus nationes (rédigé en 197) que, à Carthage, un tableau fut exposé, qui représentait Jésus-Christ avec des oreilles d'âne et avec un sabot du même animal, couvert d'une toge et tenant à la main un livre, le tout accompagné de l'inscription suivante : Deus Christianorum Onokoitis (Johann Joseph Ignaz von Doellinger, Origines du christianisme, Tomes 1 à 2, 1842 - books.google.fr). L'auteur en était un Juif apostat (on a compris la plaisanterie sur la circoncision, solo detrimento cutis Judaeus), gladiateur intermittent contre salaire reçu, qui avait imaginé de figurer en cette caricature le Dieu des chrétiens. Le sens du mot Onochoetes n’est pas encore fixé : Œhler et Rauschen le dérivent de "onos", âne et de "koiasthai", vocable rare qui signifie : être prêtre. Onochoetes correspondrait donc à asinarius sacerdos. A. Audollent traduit ainsi : «…qui couche avec les ânes» : ce serait à son gré une allusion à la crèche de Bethléem. Dom Leclercq interprète «…engendré par accouplement avec un âne», et renvoie à un épisode fort libre raconté par Apulée dans ses Métamorphoses, IX, XIV (Pierre de Labriolle, La Réaction païenne, 1934 - fr.wikisource.org). "changer habits divers" Pourquoi Tertullien renonça-t-il tout d'un coup à porter la toge ? Quelle raison pouvait-il avoir de changer ses anciennes habitudes, de quitter un vêtement dont on tirait vanité et qui était celui des maîtres du monde, pour prendre l'habit des vaincus ? [...] Quand on le voyait fièrement passer, dans les rues de Carthage, avec son accoutrement nouveau, ils semblaient transportés de colère, ils levaient les bras au ciel en disant : «Il a quitté la toge pour le pallium, a toga ad pallium !» Dans un petit ouvrage qu'il a écrit sur la patience, Tertullien commence par avouer que c'est la moindre de ses vertus. Il n'était pas d'humeur à supporter les injures et ne se laissa pas attaquer sans se défendre. A ces gens qui, pour lui nuire, feignaient d'être des patriotes indignés, à ces prétendus partisans des vieux usages et des antiques costumes, il répondit par son traité du Manteau. [...] Saumaise a montré que, lorsque Tertullien écrivit son traité du Manteau, il y avait longtemps qu'il n'était plus païen, qu'il avait déjà professé publiquement le christianisme et publié des ouvrages où il en prenait la défense. Pourquoi donc avait-il tant tardé à se couvrir du même habit que ses frères, ou, s'il en était vêtu depuis qu'il était chrétien, pourquoi ne s'en serait-on pas étonné plus tôt ? J'ajoute qu'aucun auteur ancien ne nous dit que les chrétiens eussent un costume particulier, et qu'il n'est guère vraisemblable qu'une religion proscrite ait commis l'imprudence de se désigner ainsi ouvertement à ses ennemis. [...] Tertullien accommode un usage païen au christianisme, il prend l'habit, comme Marc-Aurèle qui à douze ans prit l'habit de philosophe, ce qui surprit beaucoup chez un héritier de l'empire; d'autant plus qu'en se couvrant du pallium, il se mit à vivre d'une façon plus austère et à coucher sur la dure. Tertullien veut être dans l'Église ce qu'est un philosophe sérieux et pratiquant dans la société profane, un Épictète, qui, au lieu des vertus stoïciennes, suit les préceptes de l'Évangile; en un mot, c'est une sorte de moine, avant les moines. [...] L'usage de prendre le pallium, quand on faisait profession d'un christianisme plus austère, paraît avoir été fréquent en Orient. Saumaise a réuni les exemples d'Origène, d'Eusèbe, de Socrate, qui le prouvent. Aussi la vie ascétique fut-elle appelée chez les Grecs "philosophos Bios" (Gaston Boissier, La fin du paganisme, Tome 1, 1898 - books.google.fr). Ce qui est certain, c'est l'association dès une haute époque du mot "onos" au métier du meunier, et Rostovtzeff, suivi tout récemment par M. Moritz, dans un ouvrage de synthèse, a étudié deux coupes dites «homériques» à cause des scènes qui y sont représentées, mais qui datent de l'époque hellénistique, sur lesquelles le moulin dit homérique est représenté : on y voit notamment un âne entouré par des personnages qu'une inscription désigne comme des KINAIDOI, soit l'association entre les cinaedi et l'asellus que nous avons dans Pétrone, mais aussi dans un autre passage d'Apulée, celui des prêtres itinérants de la déesse syrienne faisant porter par l'âne le simulacrum de la déesse, puis se livrant à des orgies après avoir rançonné le pays (VIII, 26 sqq.) : nouvelle association de cinaedi avec un asellus ! Il reste à expliquer les deux traits humains de la caricature du dieu des chrétiens, sa toge et le livre déroulé qu'il porte à la main. On ne s'en est guère soucié en général, surtout parce que des caricatures de l'espèce sont relativement fréquentes, par exemple dans le riche répertoire des terres cuites de l'Égypte gréco-romaine : on peut citer entre d'autres une caricature d'un professeur avec une tête d'âne et tenant un uolumen ou encore un âne philosophe et revêtu d'une toge. Ces références pourraient suffire à situer la caricature du Juif de Carthage dans une tradition bien définie, celle du maître d'École, du chef de secte, du philosophe, du penseur. Je crois qu'il y a moyen de préciser davantage dès lors qu'il s'agit du dieu des chrétiens à cause du mot togatus que Tertullien a substitué dans l'Apologeticum à l'expression in toga de l'Ad nationes par souci de cerner de plus près la vérité de la caricature, du moins telle qu'il la percevait, lui Tertullien dont il ne convient jamais de perdre de vue sa qualité de juriste et d'habitué du barreau. Or qu'est-ce qu'un togatus dans les traditions du barreau ? Une notice précise de Jean Lydus, De magistratibus, III, 8 nous apprend qu'on appelait togati des spécialistes appelés en consultation sur des points difficiles du droit ou de la procédure et qui pour cette raison restaient plongés dans les ouvrages juridiques : ces togati étaient aussi appelés aduocati nous dit Lydus. Or sur l'aduocatus n'y a-t-il pas parallèlement à la tradition judiciaire des acceptions de ce mot une tradition politique dès au moins l'empereur Auguste ? Que fait l'aduocatus ? Le pseudo-Asconius expliquant les Verrines de Cicéron (p. 104 Or.) nous l'apprend : qui defendit alterum in iudicio aut patronus dicitur si orator est, aut aduocatus, si aut ius suggerit aut praesentiam suam commodat amico. Cette présence et cette assistance judiciaire offertes à un ami traduit en justice, Auguste les accorda au témoignage de Suétone, Vie d'Auguste, 56, notamment à Asprenas Nonius ayant à se défendre contre une accusation d'empoisonnement intentée par Cassius Severus. Ce rôle pouvait être tenu par le proconsul au témoignage de Tertullien qui cite des exemples précis dans l'Ad Scapulam, IV, 3 sqq., avec une comparaison explicite entre le proconsul et le Christ (§ 4) : ab eisdem aduocatis, qui et ipsi beneficia habent Christianorum, licet acclament, quae uolunt, où le verbe acclament trouve sa justification dans un passage qui suit, au § 6 : tunc et populus acclamans Deo deorum, qui solus potens. C'est encore Tertullien qui nous laisse entendre comment un chrétien cultivé comme lui pouvait trouver quelque plaisir à la caricature du Christ par le Juif lorsque dans le De monogamia notamment, III, 10, il glose en fait la latinisation de l'épithète grecque "paraklètos" par aduocatus : in hoc quoque Paracletum agnoscere debes aduocatum, quod a tota continentia infirmitatem tuam excusat. La tradition d'un Christ aduocatus, sous l'influence des traditions juridiques latines et parallèlement au rôle de l'Empereur, sorte de deus praesens ou praesentissimus, est ancienne comme le prouve la Première Clémentine dans la traduction latine préhiéronymienne, découverte par Dom Morin : haec est uia, carissimi, in qua inuenimus salutem nobis in Iesum Christum, pontificem et aduocatum precum nostrarum. On se représente aisément le Christ tenant en mains un uolumen ou un libellus precum sur le modèle des aduocati-togati du barreau (J.G. Préaux, Deus christianorum onocoetes, Hommages à Léon Herrmann, 1960 - books.google.fr). "Saturnins" : saints fêtés le 9 janvier LES SS. MM. EPICTETE, JUGOND, &c. Baronius dit affirmativement que cet Epictete est l'Evêque d'Assur de ce nom à qui S. Cyprien écrit celle de ses Lettres qui est la 64e dans Pamélius; & qu'il souffrit sous Dece avec ses compagnons. Sur cela Holsténius Bibliothécaire du Vatican dit en ces Notes marginales sur le Martyrologe Romain que cette conjecture de Baronius est fausse (ce sont ses termes traduits mot à mot), comme il paroist, continue-t-il, par les Actes de Sainte Perpétue où on voit que ces Martyrs furent brûlez vifs dans la persécution de Sévere. Ces Actes toutefois ne nomment point St Epictete; mais seulement celuy qui paroist icy le premier de ses compagnons, savoir Jugond, & avec luy Saturnin, Artaxes, & Quintus, qui peuvent être du nombre des sept qui ne sont point désignez icy par leur nom. Divers manuscrits du Martyrologe dit de S. Jérôme mettent uniformement ces Saints ainsi; En Afrique, Epictete, Jugond, Quintus, Segond, Saturnin, Vital, item Quintus, Felix, Artaxes, Fortunat, Rustique, Sillus, Quiet, & sept autres. Celuy de S. Vilbrord d'Esternach, insere Vincent & Félicité entre Vital & le second Quintus, & après Quiet met ces mots, six autres, aulieu de cinq qu'il eust donc dû mettre pour s'accorder avec les autres, puisque de leur sept il en nomme deux. Bollandus, qui trouve à ce jour-cy un S. Picte en un ancien Calendrier de S. Maximin de Treves, le prend pour un des six qui ne sont pas désignez par leur nom au manuscrit d'Esternach, sans s'appercevoir que ce n'est que le nom d'Epictete abbrégé. Ce qu'on fait de plus certain de ces Saints, est que Jugond, Saturnin & Artaxes, furent brûlez vifs, & que l'un des deux Quintus mourut en prison, & par conséquent, apparemment un autre jour: car il n'y a que ces quatre de nommez dans le Songe de S. Satur que ce Saint écrivit luy-même dans la prison avant son martyre. On voit par là que ces trois Martyrs, Jugond, Saturnin & Artaxes, furent du nombre de ceux qui furent brûlez vifs sous Severe : & Holsténius ne doute point qu'ils ne soient de ceux dont parle Tertullien en son Apologétique où il leur fait dire parlant aux païens: Quoique vous nous appeliez Sarmentices & Semaxes, parce qu'on nous brûle attachez à un demipoteau, & qu'on nous environne de Sarment pour nous brûler... etc. (Tertullien, Apologétique L) (Le Martyrologe romain traduit en français, Tome contenant janvier et février, 1705 - books.google.fr). On situe la mort de Jugond (Jocond, Jucond, Jucundus) et de ses compagnons à Carthage en 203 (Paul Monceaux, Histoire litteraire de l'Afrique chretienne depuis les origines jusqua l'invasion arabe, Tome 3, 1966 - books.google.fr). "limes" Crucibus et stipitibus imponitis Christianos: quod simulacrum non prius argilla deformat cruci et stipiti superstructa ? in patibulo primum corpus dei vestri dedicatur. Ungulis deraditis latera Christianorum: at in deos vestros per omnia membra validius incumbunt asciæ, et runcinæ, et scobinæ. Cervices ponimus : ante plumbum et glutinum et gomphos sine capite sunt dii vestri. Ad bestias impellimur: certe quas Libero, et Cybele, et Cœlesti applicatis. Ignibus urimur : hoc et illi a prima quidem massa. In metalla damnamur: inde censentur dii vestri. In insulas relegamur: solet et in insula aliquis deus vester, aut nasci, aut mori. Si per hæc constat divinitas aliqua, ergo qui puniuntur consecrantur, et numina erunt dicenda supplicia. (Vous attachez les chrétiens à des croix, à des poteaux : n'y appliquez-vous pas l'argile toutes les fois que vous ébauchez un de vos simulacres ? N'est-ce pas sur un gibet que le corps de votre dieu reçoit les premiers traits ? Vous déchirez les flancs des chrétiens avec des ongles de fer : mais les scies, les rabots et les limes tourmentent encore plus violemment tous les membres de vos dieux. On tranche la tête aux chrétiens: vos dieux sont sans tête jusqu'à ce que le statuaire leur en ait donné une, à l'aide de plomb, de soudure et de clous. Nous sommes exposés aux bêtes : ces bêtes ne sont-elles pas les mêmes que vous attachez à Bacchus, à Cybèle et à Célestis ? On nous jette dans les flammes : n'y jetez-vous pas la matière de vos simulacres ? On nous condamne aux mines : c'est de là qu'on tire vos dieux. On nous relègue dans les îles: on y a vu naître ou mourir vos dieux. Si c'est à tout cela que tient la qualité de dieu, vous déifiez donc ceux que vous punissez, et les supplices sont autant d'apothéoses) (Tertullien, Apologétique XII) (Tertullien et Saint Augustin: Oeuvres choisies, avec la traduction français, 1845 - books.google.fr). Didon, reine et fondatrice de Carthage, délaissée par Énée, sur l’ordre de Jupiter (le destin d’Énée est Rome et non Carthage) et désespérée d’amour, se tue auprès de l’image d’Énée (Énéide, IV, 507-508), détail rarement représenté, le bûcher funèbre Aux origines de la légende, Didon se nomme Elissa : elle est la fille du roi de Tyr, qui a aussi un fils, Pygmalion. Mariée à son oncle Sicharbas (Sychée chez Virgile), elle est contrainte de fuir après la mort de celui-ci, assassiné par son frère Pygmalion, avide de richesses. Elle prend la mer avec plusieurs vaisseaux et ralentit ses poursuivants en jetant par dessus bord des sacs de sable qu’ils croient remplis d’or. Elle accoste à Chypre puis sur les côtes d’Afrique du Nord où elle prend le nom de Deidô chez les Libyens, Didon en latin, ce qui signifie «l’errante». Là , le roi Iarbas promet à Didon de lui donner une terre grande comme la peau d’un bœuf. Didon découpe alors de fines lamelles de cuir et décrit un périmètre suffisamment important pour y construire une ville. Dans la terre du premier emplacement, les hommes de Didon trouvent un crâne de bœuf et délaissent cet endroit y voyant un mauvais présage. Ils choisissent un second lieu sur la colline de Byrsa, y trouvent cette fois un crâne de cheval, signe de la puissance de la ville à venir. Étymologiquement, Carthage viendrait du phénicien Qart-adast, "la nouvelle Tyr". Pour échapper aux avances de Iarbas, désireux de l’épouser, Didon se jette dans un bucher en flammes. Cet acte élève Didon au rang de symbole de chasteté et de fidélité conjugale repris par les auteurs chrétiens comme Tertullien (odysseum.eduscol.education.fr). Tertullien a fait l'éloge de l'héroïne antique qui «préféra brûler plutôt que se marier» (De monogamia et Ad martyras). Associé au suicide de Lucrèce, celui de Didon devient une sorte de préfiguration des martyrs chrétiens (Tatiana Clavier, L'exemplarité de Didon dans les Vies de femmes illustres à la Renaissance, Héroïnes, Numéro 30, 2009 - books.google.fr). Cf. quatrain I, 25 avec Simon le Magicien dont discute Tertullien par ailleurs. L'espace africain de Carthage était en partie protégé par un système de fortifications, dont certaines ont été identifiées et explorées dans la zone du cap Bon, et une sorte de limes dénommé «fosses phéniciennes» et encore mal identifié (fr.wikipedia.org - Histoire de Carthage). Tertullien Quintus Septimius Florens Tertullianus, dit Tertullien, né entre 150 et 160 à Carthage (actuelle Tunisie) et décédé vers 220 dans la même ville, est un écrivain de langue latine issu d'une famille indigène (punique ou peut-être berbère) romanisée et païenne. Il se convertit au christianisme à la fin du IIe siècle et devient le plus éminent théologien de Carthage. C'est un auteur prolifique, catéchète, dont l'influence est grande dans l'Occident chrétien. Il est le premier auteur latin à utiliser le terme de Trinité, dont il développe une théologie précise. Il est ainsi considéré comme l’un des plus grands théologiens de la chrétienté de son temps. Polémiste et doctrinaire de combat, il lutte activement contre les cultes païens et contre le gnosticisme de Marcion. Par dégoût de la tiédeur de certains fidèles et entraîné par la violence héroïque de son tempérament, il rejoint à la fin de sa vie un mouvement très rigoriste, le montanisme. Quoique le montanisme qu'il défend ardemment ait été déclaré hérétique, Tertullien est reconnu comme l'un des Pères de l'Église (fr.wikipedia.org - Tertullien). "meusniers" L'activité rituelle des Romains est souvent simulacre, peu leur importe. Qu'est-ce qu'immoler, si ce n'est sacrifier un animal, truie, brebis, taureau (le suovétaurile), qui doivent être parfaitement blancs, et qui, s'ils ne le sont pas, seront recouverts, enduits, de farine blanche, de blé passé dans la meule, moulu (molere)... Toujours cette ressemblance suffisante (Olivier Marmin, Diagonales de la danse, 1997 - books.google.fr). La pierre supérieure d'un moulin en forme de meule était appelée "onos" (Xénophon, Cyropédie, VI, 2, 31), d'autres pensent que ce mot désignait plutôt la pierre inférieure en raison de sa passivité. Ce qui est certain, c'est l'association dès une haute époque du mot "onos" au métier du meunier (J.G. Préaux, Deus christianorum onocoetes, Hommages à Léon Herrmann, 1960 - books.google.fr). Les ânes faisaient tourner la meule pour broyer le grain dans les moulins. Victor de Marseille est un soldat romain martyrisé en 290 ou 303 parce qu'il avait renversé la statue de Jupiter. L'empereur Maximien lui fit couper le pied sacrilège et le condamna à être broyé entre deux meules de moulin qui se brisèrent. Il fut alors décapité. On voit de grandes analogies avec la légende de Catherine. Victor (parfois confondu avec Vincent, les deux noms étant des titres d'honneur signifiant martyrs vainqueurs du paganisme) est patron des marins parce qu'il gardait le port de Marseille, et des meuniers (Claude Rivals, Le moulin et le meunier, Tome 2 : Une symbolique sociale, 2000 - books.google.fr). Lorsque saint Jean glorifie Jésus par sa mort, il prononce ces paroles : si le grain de froment ne meurt, après qu'on l'a jeté en terre, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit (Christophe Lefébure, Moulins d'autrefois, 1999 - books.google.fr). Le moulin se rencontre habituellement sous la forme molin, issue du latin molinum. La forme est d’abord en latin un adjectif, molinus, molina, molinum attesté en latin tardif, par exemple chez Tertullien, comme adjectif au sens de «servant à moudre» dans des locutions comme saxum molinum «pierre servant à moudre» (Philippe Ménard, Moulins et meuniers dans la littérature médiévale. Moulins et meuniers, 2002 - books.openedition.org). ...aut si molino saxo ad collum deligato... (ou... avec une pierre à moudre attachée au cou...) (Martine Assénat and Antoine Pérez, AMIDA 5 : localisation et chronologie des moulins hydrauliques d’Amida”, Anatolia Antiqua N° XXIII, 2015 - journals.openedition.org). Puis, se tournant vers ses disciples : «Malheur, dit-il, à celui par qui le scandale arrive ! Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne fût pas né, ou que l'on attachât à son cou une meule de moulin et qu'on le jetât dans la mer, plutôt que de scandaliser un de ces petits !» Juge de la rigueur du supplice qu'il lui destine; car ce n'est point un Dieu étranger qui vengera le scandale donné à ses disciples. Reconnais donc en lui le juge et l'ami qui s'occupe du salut des siens avec la même tendresse qu'autrefois le Créateur : «Qui vous touchera, touchera la prunelle de mon œil.» (Tertullien, Adversus Marcinonem, Livre IV, XXXV) (www.tertullian.org). La meule au cou se retrouve dans Luc 17,2; Marc 9,42 et Matthieu 18,6. La rigueur de la punition qui attend l'homme scandaleux sera mesurée sur l'amertume de la douleur qu'il cause à Dieu. Voici ce que dit le Sauveur (Vulgate) : Qui autem scandalizaverit unum de pusillis istis..., expedit ei ut suspendatur mola asinaria in collo ejus, et demergatur in profundum maris. Matth. 18. 6. Celui qui donne du scandale doit être jeté au fond de la mer, une pierre de moulin au col; il est dit mola asinaria, parce que, suivant un auteur, ce sont des ânes qui, en Palestine, font tourner les moulins. Si un malfaiteur est exécuté sur une place publique, les spectateurs, touchés de compassion, jettent pour lui un regard, vers le ciel, s'ils ne peuvent l'arracher à la mort. Mais jeté dans les profondeurs de la mer, il n'aura la pitié de personne. Quelqu'un a dit que Dieu avait choisi cette sorte de supplice pour l'homme scandaleux, afin de le déclarer odieux aux Anges et aux Saints, et pour qu'aucun de leurs soupirs n'aille pour lui vers le Dieu qu'il a déchiré en enlevant sa creature : Indignus declaratur, qui videatur, nedum adjuvetur. Mansi, c. 3. n. 4. (Alfonso Maria de Liguori, Sermons abrégés pour tous les dimanches de l'année, Tome 1, traduit par Louis-Nicolas-Joseph Lefort, 1833 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Giovanni Domenico Mansi). "pluspart... couvers" ou "convers" (certaines éditions) Parmi les chrétiens de la primitive Eglise, les pénitents étoient distingués des autres par ces mêmes signes; c'est pourquoi Tertullien les appelle des hommes couverts d'un sac et marqués de cendre (conciliciati et concinerati). Cette dénomination convenoit à tous les chrétiens car, selon le même auteur, tout chrétien est né pour faire pénitence (Alban Butler, Vies des pères, des martyrs et des autres principaux saints, Tome 21, 1833 - books.google.fr). Pour dire que la plupart des habitants de l'Afrique n'étaient pas chrétiens ? La variante "convers" (autrement que frère-convers d'un couvent) pour "converti" entre dans le même sens : la plupart encore païens seront donc épargnés. Sous Septime Sévère, les persécutions furent isolées et dues à des facteurs locaux, en l'absence probable de toute décision officielle. Après quelques mesures d'exil prises par Maximin contre des évêques, dont celui de Rome, et qui peuvent faire partie de sa politique hostile à toutes les élites, il faut attendre Dèce pour rencontrer une véritable persécution, et d'un caractère nouveau (Paul Petit, La Crise de l'Empire : (161-284), 2014 - books.google.fr). Sur une population globale qui, comme on l'a déjà noté, pouvait compter, dans la première moitié du Ve siècle, environ six millions d'âmes, les Églises chrétiennes, catholique et donatiste, ne devaient guère en réunir que le tiers. Pour ne parler que de l'Afrique à l'époque d'Augustin, un paganisme vivace apparaît aussi bien dans les sphères influentes de l'administration des provinces que parmi les populations indigènes, sans négliger les milieux intellectuels où, depuis le règne de Julien, il avait bénéficié d'un véritable renouveau. Notons au passage que Ba'al Hammon, le grand dieu punique du ciel et des moissons, continuera sa carrière dans l'Afrique romaine où, sous le nom de Saturne – mais ne revêtant de romain que la toge pour conserver son identité profonde -, il se substituera partout aux cultes libyco-berbères. A Hippone comme ailleurs en Afrique, les magistrats chrétiens ne représentaient toujours qu'une faible minorité (Francois Decret, Le Christianisme en Afrique du Nord ancienne, 2018 - books.google.fr). Septime Sévère (Lucius Septimius Severus Pertinax) — né le 11 avril 146 à Leptis Magna (actuelle Libye) et mort le 4 février 211 à Eboracum, en Bretagne (aujourd'hui York, en Angleterre) — est un empereur romain qui règne de 193 à 211 (fr.wikipedia.org - Septime Sévère). Acrostiche : ACLH, acelah As the universal deluge was a most signal and memorable instance of God's displeasure against wickedness and wicked men; this speaker takes occafion to enlarge upon it for five or six verses together, as a proper lesson (so he thought it) for his friend. Hast thou marked the old way, which wicked men have trodden ? which were cut down out of time, whofe foundation was overflown with a flood, &c. (Job XXII 15, 16). And then closes it with the mention of another destruction by fire, either past or to be expected, which is described to be as general, and as fatal to the wicked. And the remnant of them the fire consumeth, or shall consume : Ver. 20. The Hebrew is, ve-jithr-am acelab efp. Which fuppofing the preterit, acelah, to be turned into a future by the Vau, though at a distance (a thing common with this writer) is, The fire shall consume (Charles Peters, A Critical Dissertation on the Book of Job, 1757 - books.google.fr). As Psal. 78,63 : The fire bachurav acelah : comedit juvenes ejus (Leonard Chappelow, A Commentary of the Book of Job, in which is Inserted the Hebrew Text and English Translation (etc.), 1752 - books.google.fr, biblehub.com). Ps. LXXVIII,70 (Hébreu) : Juvenes eorum comedit ignis, et virgines eorum non sunt lamentatæ Ps., LXXVII,69 (Vulgate) : La jeunesse de la nation a été dévorée par le feu, et les jeunes filles n'ont point été regrettées (Scripturae Sacrae cursus completus, Tome 15 : In psalmos commentarium, 1859 - books.google.fr). Cf. Psaume 78,24 : et panem cæli dedit eis : il leur donna le froment des cieux (cf. Bible de Lyon, Arnoullet Balthazar, 1550, p. 49; Bible de Genève, Crespin, 1551, p. 186); Évangile de Jean (6,51) : Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et le pain que moi, je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde (cf. Bible de Lyon, Arnoullet Balthazar, 1550, p. 70; Bible de Genève, Crespin, 1551, p. 33) (Lucien De Luca, Nostradamus, lorem ipsum...?: Analyse, commentaire et traduction de la Lettre à Bérard, 2020 - books.google.fr). L'Evangile se sépare de la loi en sortant de la loi; autre, mais non étranger; différent, mais non contraire. Le langage du Christ n'a pas non plus une forme nouvelle. Il propose des paraboles ! il répond à des difficultés ! Ecoute le Psaume soixante-dix-septième qui l'avait prédit : «Je le parlerai en paraboles, c'est-à -dire par des comparaisons; je te montrerai en figure les choses cachées.» [Ps. 78,2]. C'est-à -dire j'éclaircirai certaines questions. Si tu avais à prouver qu'un individu appartient à une autre nation, quel serait ton argument ? La langue qu'il parle (Tertullien, Adversus Marcionem, Livre IV, XI) (www.tertullian.org, Jérôme Alexandre, Le Christ de Tertullien : JJC 88, 2011 - books.google.fr). Ps 78,10.37, concerne une alliance avec les pères probablement deutéronomique, présentée comme un échec et conduisant à l'élection de David en Ps 78,70-72 (Bernbard Gosse, De l’onction de Ps 89,21 à celle d’Is 61,1, 2017 - scielo.org.za). Typologie Le report de 1938 sur la date pivot 203 donne -1532. Epoque de la première servitude, qui se termine par l'élection du premier juge Othoniel, et de l'arrivée de Teucer, qui donne son nom aux Teucri (les Troyens), ancêtre d'Enée (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr). JUDICATURE. Dignité, état & condition de ceux qui gouvernérent les Juifs après Moïse & Jofué, avant l'établissement des Rois, & qui portérent le nom de Juges. La Judicature commença à Othoniel, & dura jusqu'à Saül, qui fut le premier Roi des Juifs. Salian explique fort au long dans ses Annales, la différence qu'il y avoit entre les Juges & les Rois; mais M. Ferrand n'est pas toûjours de son sentiment. Ce dernier Auteur prétend aussi que Grotius & Tertullien se sont trompés, l'un en disant que ceux qui étoient appellés à la Judicature, jugeoient dans le grand Sanhedrin, & l'autre en les regardant comme Censeurs. Il prétend qu'ils n'avoient que le commandement militaire, & qu'ils étoient a peu près ce qu'étoient le Suffétes de Carthage, & les Archontes perpétuels d'Athènes (Dictionnaire universel francois et latin, contenant la signification et la definition tant des mots de l'une & de l'autre langue, Tome 4, 1752 - books.google.fr). C'est du vivant même de la génération qui suivit celle de la conquête, qu'eut lieu la première servitude d'Israël, destinée à châtier l'adhésion de la majorité du peuple au culte des divinités chananéennes. Un roi de la Mésopotamie occcidentale (Aram Naharain), nommé Kouschan-Rischathaïm, étendit alors sa domination à l'ouest de l'Euphrate jusqu'aux frontières du pays de Chanaan. Dans l'état où se trouvaient les Hébreux, ils ne purent défendre leur indépendance, et ils devinrent tributaires de Kouschan, qui les opprima pendant huit ans. Touché de leurs supplications, le Seigneur suscita pour les délivrer Othoniel, neveu de Caleb, qui, par la défaite des étrangers, les remit en liberté, état où ils se maintinrent quarante années. Ce fut là le commencement des alternatives de servitude et de délivrance qui répondirent, durant toute la période des Juges, aux alternatives d'infidélité et de retour vers Dieu (François Lenormant, Histoire ancienne de l'Orient jusqu'aux guerres médiques: Perses, Israélites et Chananéens, Arabes, Phéniciens et Carthaginois, Tome 6, 1888 - books.google.fr). Le 9 janvier 1938 en Tunisie : les martyrs de la cause des peuples Le Destour de Thaalbi passe pour l'aile radicale de la résistance, n'acceptant aucun compromis et la continuité du système beylical, mais avec les réformes du moncéfisme et un pouvoir religieux, le Néo-Destour de son côté représentant l'aile modérée très ouverte aux négociations avec Paris et l'établissement d'une république, empreinte de laïcisme. Le 21 juin 1937, le gouvernement Blum qui avait mené une politique d'ouverture envers les colonies est poussé à la démission en raison de la crise économique qui secoue la France. Pierre Viénot quitte ses fonctions. Bourguiba tente de renouer des liens avec le nouveau gouvernement en se rendant à Paris en octobre. Il y rencontre Albert Sarraut, ministre d'État chargé de la coordination pour les affaires nord-africaines, qui lui fait comprendre que la dégradation de la situation internationale fait passer au second plan les aspirations du peuple tunisien et que l'heure est à la reprise en main de l'Afrique du Nord en prévision du conflit qui s'annonce. Le chef nationaliste comprend alors que le temps des négociations pacifiques est passé. Bourguiba s'affronte à Abdelaziz Thâalbi, fondateur du Destour en 1920, qui revient d'exil le 5 juillet 1937, et qui souhaite l'union avec le Néo-Destour qui est une scission de son parti. Le bureau politique du Néo-Destour appelle à une grève générale de solidarité avec les frères algériens et marocains pour le 20 novembre 1937 mais la grève n'est que peu suivie. Pour répondre aux réticences de beaucoup de Tunisiens face à cette surenchère, Bourguiba utilise le talent de sa plume pour mobiliser les énergies hésitantes. Les premiers affrontements ont lieu à Bizerte le 8 janvier 1938. Ce jour-là , une manifestation néo-destourienne veut se rendre au contrôle civil de la ville pour protester contre l'expulsion vers l'Algérie du secrétaire de la cellule, Hassan Nouri (fr.wikipedia.org - Evénements du 9 avril 1938). Le 9 janvier 1938, il a été procédé à l'arrestation de Bou Guetfa, chef du Néo-Destour à Bizerte, de Boubaker Bakir, secrétaire général adjoint de la C.G.T.T., et de Ben Salah Ben Brahim, manifestant. D'autres mandats d'arrêt ont été lancés. Le bureau de la section de Bizerte du Néo-Destour a tenu une réunion à 22 heures. (Le Petit Matin, 10 janvier 1938). Dans son numéro daté du 13 janvier 1938, Le Petit Matin écrivait : «Nous apprenons qu'un des blessés - manifestant - vient de succomber à ses blessures, ce qui porte à sept le nombre des morts de cette tragique journée. «Le calme règne toujours dans Bizerte, et nous osons croire qu'il continuera. La Municipalité est toujours occupée par un piquet de troupe qui garde le Commissariat de Police. L'état des autres blessés est aussi satisfaisant que possible.» (Mohamed Sayah, Habib Bourguiba : Ma vie, mon œuvre, Tome 2 : 1934-1938, 1986 - books.google.fr). Ainsi donc, sous le proconsulat de M. «Guillon 1938», les Tunisiens n'ont plus la possibilité de protester même dans l'ordre, même dans le calme, quand un des leurs est victime de l'arbitraire administratif. Or, en l'espèce, l'arbitraire administratif ne fait pas l'ombre d'un doute. Hassen Nouri, militant syndicaliste, de nuance politique néo-destourienne, avait été traîné sur les bancs de la correctionnelle pour fait de grève. Les magistrats français chargés d'appliquer la loi l'ont condamné à deux mois de prison. Il faut croire que ces messieurs de l'administration ont trouvé la peine insuffisante. L'essentiel pour eux, était de se débarrasser une fois pour toutes de Hassen Nouri. Le tribunal n'ayant pas prononcé à son encontre, la peine complémentaire de l'interdiction de séjour, ils se sont rabattus sur le «refoulement par mesure administrative», qui équivaut pratiquement au bannissement. Ainsi donc, après avoir confié aux Tribunaux français le soin de juger les délits politiques, on revient brutalement, aux fameuses «mesures de sécurité», à la vieille justice expéditive des bureaux et des arrêtés résidentiels. Et, pour bien montrer le retour aux méthodes peyroutoniennes, on s'oppose par la force des armes à toute protestation contre ces mesures. La tragédie de Bizerte est la répétition, à quelques détails près, de la tragédie de Moknine. Mesure administrative arbitraire, manifestation de protestation ou de sympathie, fusillade. Or, la fusillade pousse l'administration à prendre d'autres mesures de coercition qui déclenchent d'autres manifestations, lesquelles dégénèrent en de nouveaux massacres C'est l'engrenage. M. Guillon qui a condamné solennellement la violence comme moyen de gouvernement, semble s'y résigner. C'est une expérience qui commence. Ou plutôt qui recommence. M. Sarraut a peut-être jugé que la première n'a pas été suffisamment probante. Cette nouvelle épreuve de force ne nous prendra pas au dépourvu. Nous n'avons pas la naïveté de croire que la France changerait les bases de sa politique en Tunisie dès les premières difficultés. Le changement que nous réclamons, la collaboration que notre parti préconise et qui cadrait avec les conceptions de M. Viénot, heurte trop d'intérêts, trop d'orgueil, trop d'égoïsme pour que M. Sarraut s'y rallie sans avoir épuisé tous les moyens de coercition dont il dispose. M. Sarraut semble vouloir jouer la carte de la répression. Le peuple fera en sorte qu'il aboutisse au même échec que M. Peyrouton; c'est donc bien une carte à jouer, ce sera cette fois la dernière, M. Sarraut trouvera le peuple tunisien prêt à relever le défi et à lui prouver qu'il s'est trompé, et que seule une politique d'entente et de compréhension, seule une formule de collaboration de peuple à peuple, est en mesure de conserver à la France la Tunisie, et, par voie de conséquence, l'Afrique du Nord. Vous savez très bien ce que nous voulons, ce que nous représentons, ce que nous réclamons. Nous l'avons suffisamment crié sur tous les tons à un moment où, pour l'avoir dit carrément et sans ambages, nous avons été accusés de trahison. Nous savons très bien ce que vous voulez, le régime que vous voulez perpétuer et les intérêts qui s'opposent à l'instauration de celui que nous préconisons. Nous jouons cartes sur table. Faites donc de même. Pourquoi ces accusations de collusion avec l'étranger qui reparaissent comme par hasard, pour préparer la voie à la répression et faciliter son acceptation par l'opinion publique ? Personne n'y croit plus. En France moins que partout ailleurs (Habib Bourguiba, La Tunisie et la France: vingt-cinq ans de lutte pour une coopération libre, 1954 - books.google.fr). L'Italie mussolinienne est accusée d'ingérence en faveur des locaux, accueillant en Libye des résistants à l'occupation française comme Ali Cherif "chroniqueur à Radio-Bari, arrêté lors des persécution de 1938" selon le consul Italien Silimbani qui informe aussi son gouvernement, dans un rapport du 4 janvier, de la démission de la présidence Néo-Destour du Docteur Materi, puis de Sfar auxquels s'oppose Bourguiba favorable à la résistance à outrance (Juliette Bessis, La Méditerranée fasciste : l'Italie mussolinienne et la Tunisie, 1981 - books.google.fr). Le bilan des émeutes du 9 avril est lourd : on relève 22 morts et près de 150 blessés, la majorité d'entre eux ayant entre 21 et 28 ans. Il y a même trois enfants de dix, douze et quinze ans, corroborant les rapports de police qui parlent de nombreux enfants parmi les émeutiers. Beaucoup d'entre eux viennent de classes sociales défavorisées (journaliers et chômeurs) ou sont des ruraux récemment arrivés. Le lendemain, Bourguiba et douze de ses camarades, dirigeants du parti, sont arrêtés. Tahar Sfar et Bahri Guiga, bien qu'appartenant à la tendance modérée, sont eux aussi arrêtés les 22 et 24 avril. Le Néo-Destour est dissout le 12 avril, ses locaux fermés, ses documents confisqués et la presse nationaliste suspendue. De nombreux militants sont arrêtés. Lorsque l'état de siège est levé en août 1938, ils sont 906 à être toujours détenus. Depuis l'indépendance du pays, le 9 avril fait partie des jours fériés. En souvenir de la fusillade du 9 avril, des cérémonies sont organisées chaque année à la mémoire des martyrs, notamment au monument des martyrs de Séjoumi (fr.wikipedia.org - Evénements du 9 avril 1938). Cf. quatrain VI, 54. Plus général Les partisans de la démocratie (« Saturnins » fait référence aux Saturnales, fête romaine où maîtres et esclaves étaient sur pied d’égalité) et les autres opposants au régime nazi se rassembleront dans des mouvements clandestins (« Contraints seront changer habits divers ») pour mener leurs actions de résistance dans les territoires conquis par l’envahisseur. Pour Roger Prévost « asiniers » désignent les Juifs, mais son interprétation est toute différente [1]. Ceux-ci, avec d’autres, seront brûlés dans les fours crématoires des camps de concentration. Mais « asiniers », conducteurs d’ânes, peut renvoyer péjorativement aux élus du peuple. « limes » renvoie au latin signifiant frontières ou bien à un terme signifiant « tourments »[2]. |