Raids sur l’Angleterre

Raids sur l’Angleterre

 

VI, 7

 

1930-1931

 

Norneigre, Dace et l'isle Britannique

Par les unis frères seront vexées :

Le chef Romain issu du sang Gallique

Et les Copies aux forêts repoussées.

 

"Dace"

 

Chez les Dominicains, les Frères prêcheurs, la province de Dacie comprenait les couvents fondés en Danemark, Suède, Norvège et jusque dans le Groënland et l'Islande. Avant la fin du XIIIe siècle, la Dacie comptait 27 couvents de Frères, 2 de Sœurs (Jean Guiraud, Histoire de l'Inquisition au moyen âge, Tome 2 : L'Inquisition au XIIIe siecle en France, en Espagne et en Italie, 1938 - books.google.fr).

 

Par référence aux "frères".

 

"Norneigre"

 

Beaucoup d'étymologistes pensent que le nom du pays vient de l'expression «chemin du Nord» dans plusieurs langues scandinaves. En vieux norrois, l'expression est «nord veg» ou «norð vegri». Le nom pour la Norvège en vieux norrois était «Nóreegr», en anglo-saxon « Norþ weg » et en latin médiéval « Nhorvegia ». Le nom actuel de la Norvège est «Norge» en norvégien bokmål et «Noreg» en norvégien nynorsk. Les formes en nynorsk et en vieux norrois sont similaires à un mot same signifiant «le long de la côte» ou «le long de la mer», écrit «nuorrek» en same contemporain. La présence du prosécutif appuie l'idée que le mot same est indigène et non un emprunt des langues scandinaves. Une autre étymologie proposée est «Nór rige», signifiant «royaume de Nór», du nom d'un roi mythique. Dans les autres langues de la Norvège, le nom du pays est écrit «Norga» (same du Nord), «Vuodna» (same de Lule), «Nøørje» (same du Sud), et «Norja» (kvène/finnois). Le nom officiel, «royaume de Norvège» en français, s'écrit «Kongeriket Norge» en bokmål, «Kongeriket Noreg» en nynorsk, «Norga gonagasriika» en same du Nord, «Vuona gånågisrijkka» en same de Lule, «Nøørjen gånkarijhke» en same du Sud, et «Norjan kuningaskunta» en kvène/finnois (fr.wikipedia.org - Norvège).

 

L'Angleterre jouissait, depuis la victoire d'Alfred le Grand, dans les champs d'Ethandun (878), d'une prospĂ©ritĂ© qu'aucune guerre Ă©trangère n'avait troublĂ©e, lorsqu'au bout d'un siècle de repos elle vit recommencer ses misères. L'an 980, sept navires danois pillèrent Southampton; en 981, d'autres dĂ©vastèrent le Cornouailles et le Devonshire. Dix annĂ©es après (991), deux rois de mer, Justin et Gurthmund, attaquèrent Ipswich, et avancèrent jusqu'Ă  Malden. Le gouverneur du comtĂ© d'Essex rassembla quelques forces pour s'opposer Ă  leurs progrès, mais fut vaincu et tuĂ©. Alors, par une dĂ©plorable rĂ©solution, Ethelred II paya aux Danois dix mille livres pour qu'ils se retirassent. C'Ă©tait le meilleur moyen de les engager Ă  revenir. Aussi, en 992, de nouveaux pirates se montraient-ils sur les cĂ´tes d'Angleterre. Cette fois on Ă©quipa, Ă  Londres, de forts navires que l'on garnit de soldats d'Ă©lite; malheureusement la mesure excellente en elle-mĂŞme, fut rendue vaine par le choix du chef Ă  qui on confia ces forces. Ethelred Il nous est reprĂ©sentĂ© comme un homme de haute taille, d'heureuse physionomie, mais en qui se trahissait extĂ©rieurement une telle indolence que le moine de Malmsbury a dit de lui : «Beau roi fait pour dormir.» Un tel monarque ne pouvait prendre lui-mĂŞme le commandement de ses troupes. Il le donna Ă  un traĂ®tre, Alfric, qui, plusieurs fois, empĂŞcha les Anglais de tomber Ă  l'improviste sur les pirates, et finit par aller les rejoindre, trahison qu'Ethelred II punit mal en privant de la vue Algar, fils du coupable. Cette dĂ©monstration de la flotte anglaise dĂ©gagea cependant la cĂ´te mĂ©ridionale; mais dès 993 l'est Ă©tait attaquĂ©, et les Danois dĂ©vastaient le Northumberland et le Lincolnshire. Au printemps de 994, deux puissants chefs, Olaf, fils de Tryggva, roi de Norvège, et Svein ou SuĂ©non, roi de Danemark, momentanĂ©ment unis, remontèrentla Tamise, avec quatre-vingt-quatorze vaisseaux. Ils furent repoussĂ©s de Londres, mais ravagèrent impunĂ©ment, d'abord les comtĂ©s d’Essex et de Kent, puis ceux de Sussex et de Hamps. Ethelred II, au lieu de marcher contre eux, Ă  la tĂŞte de son peuple, leur envoya des provisions, avec prière d'indiquer la somme au prix de laquelle ils consentiraient Ă  partir. Seize mille livres furent le tribut fixĂ© par moins de dix mille hommes pour le rachat de la nation anglaise, dont la dĂ©gradation s'explique Ă  peine par un demi-siècle de paix, par la dĂ©plorable faiblesse du roi, par le peu d'union des chefs de l'aristocratie, par le dĂ©pit avec lequel les thanes voyaient leurs souverains ne prendre depuis Dunstan que des Ă©vĂŞques pour conseillers. En effet, Siric, successeur de Dunstan comme primat d'Angleterre, avait hĂ©ritĂ© de son influence politique, et c'Ă©tait ce chef d'un gouvernement devenu tout Ă©piscopal, qui, dès 991, avait Ă©tĂ© d'avis d'employer contre les Danois l'argent au lieu du fer. Pour des ministres sortis d'un monastère, une conversion Ă©tait la plus prĂ©cieuse des victoires. Olaf, qui Ă©tait dĂ©jĂ  chrĂ©tien, mais d'une foi chancelante, fut invitĂ© Ă  la cour d'Ethelred II, oĂą il reçut le sacrement de confirmation, avec de riches prĂ©sents. A son dĂ©part, vers la fin de l'Ă©tĂ© de 994, il promit de ne plus jamais inquiĂ©ter l'Angleterre, et tint parole. Quant Ă  SuĂ©non, il renouvela ses dĂ©prĂ©dations en 998 et aucun des comtĂ©s mĂ©ridionaux, depuis la pointe de Cornouailles jusqu'Ă  l'Ă®le de Thanet, n'Ă©chappa Ă  sa rapacitĂ©. L'annĂ©e 999 vit les mĂŞmes dĂ©sastres. Enfin, l'an 1000, on put espĂ©rer, de la discorde qui Ă©clata entre SuĂ©non et Olaf, une utile diversion pour l'Angleterre. Mais dès 1001 les fĂ©roces compagnons de SuĂ©non victorieux reparaissaient, et Ethelred II leur payait, pour troisième rançon, vingt-quatre mille livres. Il reconnut alors, mais trop tard, que le singulier système imaginĂ© par les Ă©vĂŞques n'avait pas une grande efficacitĂ©, et recourut, ce qui Ă©tait pire, Ă  une perfidie atroce. La veille de la Saint-Brice (1002), chaque citĂ© reçut des lettres secrètes du roi, enjoignant Ă  son peuple, Ă  une heure marquĂ©e, d'Ă©gorger les Danois par le fer ou de les entourer et de les brĂ»ler au milieu des flammes. L'ordre fut ponctuellement exĂ©cutĂ©. Tous les envahisseurs danois, qui depuis 980 s'Ă©taient dispersĂ©s dans divers comtĂ©s, furent massacrĂ©s avec leurs femmes et leurs enfants. L'esprit de vengeance fut tel que Gunhilda, sĹ“ur de SuĂ©non, qui après avoir Ă©pousĂ© un comte anglais avait reçu le baptĂŞme et s'Ă©tait offerte volontairement en garantie du dernier arrangement, ne put trouver grâce et fut dĂ©capitĂ©e. Son mari et son enfant avaient auparavant Ă©tĂ© tuĂ©s sous ses yeux. Elle expira en annonçant la vengeance que son frère tirerait de tant d'horreurs. Les Saxonnes montrèrent encore plus d'acharnement Ă  venger leur honneur outragĂ©, que les Saxons leurs dĂ©faites, et, dans la fĂŞte commĂ©morative, appelĂ©e Hokeday, par laquelle les Anglais cĂ©lĂ©brèrent longtemps l'anniversaire du massacre de la Saint-Brice, les femmes jouaient le principal rĂ´le. Ce jour-lĂ , elles tendaient des cordes dans les rues, et arrĂŞtaient les passants qu'elles contraignaient Ă  leur faire de petits cadeaux destinĂ©s Ă  un pieux emploi. En 1003, SuĂ©non s'empara d'Exeter et rencontra dans le Wiltshire les Anglais auxquels Ethelred II, par un inconcevable aveuglement, avait encore donnĂ© pour chef le traitre Alfric. Au moment du combat il prĂ©texta une maladie, et battit en retraite. Les Danois se rembarquèrent tranquillement avec leur butin. En 1004, ils revinrent brĂ»ler Norwich; mais SuĂ©non trouvant l'Angleterre dĂ©solĂ©e par une Ă©pouvantable famine, retourna presque aussitĂ´t dans la Baltique. En 1006, Ethelred II paya aux Danois trente-six mille livres; en 1010, il leur livra seize comtĂ©s et quarante-huit mille livres. Ce fut pour le payement de ces diverses rançons qu'il abandonna aux envahisseurs le montant d'un impĂ´t prĂ©levĂ© d'abord pour Ă©quiper contre eux des vaisseaux, et qui, par sa nouvelle destination, ne mĂ©rita que plus justement son nom de danegeld ou argent des Danois. Mais tant de sacrifices et de honte devaient finir par lasser les Anglais, indignĂ©s de voir leur insouciant monarque prodiguer Ă  des mĂ©nestrels le peu d'argent que lui laissaient les envahisseurs. L'an 1013, SuĂ©non fut reconnu roi dans toute l'Angleterre, aussi bien par les sujets d'Ethelred II que par les siens. Quant au lâche descendant d'Alfred et d'Egbert, comme il avait Ă©pousĂ© Emma la fleur de Normandie, fille de Richard Ier, second successeur du duc Rollon, il envoya d'abord en Normandie sa femme et ses enfants, puis s'y rendit Ă  son tour (janvier 1014). Le mois suivant, le monarque scandinave expirait Ă  Gainsborough, sur les bords de la Trent, non loin de Lincoln. A la mort de SuĂ©non, la thingmannalith ou garde des rois danois proclama son fils Knut ou Kanut le Grand, alors dans la Northumbrie. Mais les thanes anglo-saxons firent aussitĂ´t prĂ©venir Ethelred II qu'ils Ă©taient disposĂ©s Ă  lui rendre la couronne, s'il voulait s'engager Ă  les mieux gouverner. Le souverain dĂ©chu envoya son fils, Édouard le Confesseur, les assurer de ses bonnes intentions, et, au carĂŞme de 1014, il rentrait en Angleterre. Ce n'Ă©tait pas pour longtemps, car le 23 avril 1016, la mort dĂ©livra ses sujets d'un souverain dont la faiblesse avait Ă©tĂ© la cause principale de leurs maux. Il lui restait d'Elfled, sa première femme, trois fils: Edmond CĂ´te de Fer, Edwy et Athelstan ; d'Emma, la seconde, deux fils : Édouard le Confesseur et Alfred. Au moment oĂą Ethelred II rendait dans Londres le dernier soupir, cette ville Ă©tait assiĂ©gĂ©e par les Danois, qui savaient que le nouveau roi Edmond II CĂ´te de Fer, s'y trouvait avec son frère Edwy et la reine douairière Emma. Dans l'espoir de se rendre maĂ®tres d'une si riche proie, ils creusèrent sur la rive droite de la Tamise, hors de la portĂ©e des traits lancĂ©s par les bourgeois, un canal qui permit Ă  leurs navires d'intercepter le fleuve aussi bien au-dessus qu'au-dessous de Londres. Kanut le Grand somma les habitants de lui remettre Edmond II et son frère, de payer quinze mille livres pour la rançon de la reine, douze mille pour celle de deux Ă©vĂŞques, alors auprès du roi, et de lui donner trois cents otages. Mais les hommes de Londres avaient plus d'une fois prouvĂ© leur bravoure, et le nouveau roi possĂ©dait toutes les qualitĂ©s qui manquaient Ă  son père. Il s'Ă©chappa la nuit de Londres, rassembla des troupes dans le Wessex, et vint livrer bataille Ă  Kanut (mi-juin 1016), dans la plaine de Scearstan. Une première journĂ©e fut sans rĂ©sultat; le lendemain, le roi saxon se jeta au plus fort de la mĂŞlĂ©e, se fit jour jusqu'Ă  Kanut, et lui porta un violent coup d'Ă©pĂ©e. Le bouclier du Danois vola en deux morceaux, et le cou de son cheval fut percĂ©. Avant qu'Edmond pĂ»t redoubler, un groupe de soldats se prĂ©cipita sur lui; il en tua plusieurs, mais dut battre en retraite. Tandis que l'intrĂ©pide chef Ă©tait ainsi engagĂ©, Edric, ancien favori et gendre d'Ethelred II, qui comme l'infâme Alfric combattait dans les rangs des Danois, coupa la tĂŞte d'un Saxon qui ressemblait beaucoup Ă  Edmond, et, l'Ă©levant en l'air : «Fuyez, s'Ă©criait-il, hommes du Dorset et du Devon ! fuyez et sauvez votre vie. Voici la tĂŞte de votre Edmond.» Les Anglais consternĂ©s commençaient Ă  plier, lorsque leur roi, se dĂ©gageant du milieu des ennemis, reparut, vit la ruse et lançà au traĂ®tre son Ă©pieu; mais Edric se dĂ©tourna, et l'arme perça deux hommes placĂ©s Ă  ses cĂ´tĂ©s. Malheureusement, l'effet que ce misĂ©rable attendait de son imposture Ă©tait produit. En vain Edmond, Ă´tant son casque et gagnant une Ă©minence, montra Ă  ses guerriers sa tĂŞte dĂ©sarmĂ©e. La fuite continua, et tout ce qu'il put faire ce fut de soutenir la lutte jusqu'au soir. Kanut se fiant peu Ă  une victoire si chèrement achetĂ©e, quitta le champ de bataille, au milieu de la nuit, et leva le siège de Londres. Edmond le suivit, et on en vint de nouveau aux mains près d’Assandun. Le roi saxon avait eu la gĂ©nĂ©rositĂ© de pardonner Ă  Edric, et mĂŞme l'imprudence de lui confier un commandement. Les Danois reculaient dĂ©jĂ  devant l'impĂ©tueuse attaque d'Edmond, lorsque Edric, deux fois traitre, prit la fuite avec son corps de troupes. AussitĂ´t Kanut revint Ă  la charge, et, accablant les bataillons restĂ©s fermes autour d'Edmond, fit des Anglais un affreux carnage. Beaucoup de thanes pĂ©rirent. Edmond, retirĂ© Ă  Glocester, envoya un cartel Ă  Kanut. Plusieurs chroniqueurs affirment que les deux monarques se rencontrèrent dans l'ile d'Olney, près de Glocester; que chacun d'eux planta son Ă©pieu dans le bouclier de son adversaire, puis combattit avec l'Ă©pĂ©e, et que Kanut, vaincu, offrit Ă  son heureux rival de partager avec lui le pays. D'autres dĂ©clarent que le fils de Svein ne rĂ©pondit point Ă  cette provocation. Ce qu'on ne saurait nier, c'est qu'un arrangement eut lieu, qui assura au Danois tout le pays au nord de la Tamise, au Saxon les contrĂ©es du sud. Edmond survĂ©cut peu Ă  cette pacification. Si l'on en croit Guillaume de Malmsbury, ce jeune et hĂ©roĂŻque monarque, qui promettait Ă  la Grande-Bretagne un autre Alfred, serait mort assassinĂ© (1017) par deux de ses chambellans qu'avait gagnĂ©s Edric. Kanut, surnommĂ© pour sa valeur le Brave, pour l'Ă©tendue de sa domination, le Grand, pour sa gĂ©nĂ©rositĂ©, le Magnifique, pour sa dĂ©votion, le Pieux, Ă©tait âgĂ© de vingt ans lorsqu'il fut, Ă  la mort d’Edmond II, reconnu souverain de toute l'Angleterre (J. A. Fleury, Histoire d'Angleterre comprenant celle de l'Écosse, de l'Irlande et des possessions anglaises avec une statistique de ces divers pays, Tome 1, 1852 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Olaf Tryggvason).

 

La marche en avant de l'Evangile fut favorisĂ©e par le roi Canut II qui rĂ©unissait alors sous son sceptre le Danemark, l'Angleterre et la Norvège. Dès ce moment, c'est bien la fin du paganisme septentrional. Une chose cependant frappe malgrĂ© lui l'observateur. Dans tous ces pays oĂą la foi catholique s'est trouvĂ©e implantĂ©e ou soutenue par des mesures politiques violentes, c'est-Ă -dire dans la Saxe, la Frise, les pays allemands voisins de la Baltique, la Prusse, la Suède, le Danemark, la Norvège, etc., il n'y eut pas de forte rĂ©sistance Ă  l'Ă©tablissement de la RĂ©forme protestante, qui paraĂ®t y avoir trouvĂ© un terrain solide. Etait-ce un reste de rancune, enseveli au fond des âmes, contre l'Ă©vangĂ©lisation violente des aĂŻeux ? Ă©tait-ce une habitude dĂ©jĂ  ancienne, remontant au paganisme, de suivre la religion du roi, quelle qu'elle fĂ»t ? Ă©tait-ce que le caractère rude, intraitable des anciennes populations germaines ou slaves ait Ă©tĂ© brisĂ©, amolli, rendu mallĂ©able par les mesures trop zĂ©lĂ©es des premiers rois chrĂ©tiens, ou une certaine influence Ă©nervante de ses maĂ®tres en religion ? (Thomas de Cauzons, Histoire de l'inquisition en France, Tome 1, 1909 - www.theologica.fr,

fr.wikipedia.org - Sven Ă  la Barbe fourchue).

 

"unis frères"

 

L'esprit belliqueux et énergique des peuples septentrionaux se reflète dans la manière particulière dont l'amitié se manifestait chez eux, dans les remarquables liaisons appelées fostbroedralag (union des frères d'armes). Lorsque des jeunes gens avaient appris à se connaître et à s'estimer mutuellement pour avoir reçu une éducation commune et avoir longtemps vécu ensemble, ils se juraient, en mêlant leur sang, de partager le bonheur et le malheur dans la vie et de venger la mort l'un de l'autre. Les droits d'une telle amitié étaient regardés comme plus sacrés que les liens de famille les plus intimes, et si l'un des contractants manquait au devoir de venger le meurtre de son frère d'armes, il était considéré comme un lâche et un infâme, dont tout homme d'honneur évitait la société. Ces liaisons n'étaient pas toujours le fruit d'une longue fréquentation ou d'une connaissance intime; un combat sanglant était souvent l'origine d'une fidèle amitié entre hommes qui, auparavant, avaient été étrangers l'un à l'autre. Lorsque deux vikings avaient longtemps combattu sans que la victoire voulût se déclarer pour l'un d'eux, souvent, remplis d'admiration pour leur bravoure mutuelle, ils se tendaient la main pour contracter amitié à la vie et à la mort. Parfois l'obligation de venger le meurtre d'un frère d'armes se changeait en un serment de ne pas lui survivre, pour goûter avec lui les joies de la Valhalle, comme on avait partagé les peines et les dangers de la lutte ; et l'histoire de l'antiquité offre beaucoup d'exemples de la fidélité avec laquelle des Scandinaves ont rempli cette promesse (Histoire de Danemark depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours avec une bibliographic et des tables généalogiques, Tome 1, 1879 - books.google.fr).

 

"Chef romain de sang gallique"

 

Gerbert, pape français sous le nom de Sylvestre II en 999, est né à Beillac, hameau de Saint-Simon près d'Aurillac dans le Cantal (Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Auvergne, Petit Futé, Guides régions, 2017 - books.google.fr).

 

On a coutume de dire que Silvestre II fut le premier pape français : il est vrai qu'il fut le premier pape nĂ© en France, mais il s'en faut bien qu'il ait apportĂ© dans son gouvernement des sentiments français. Il Ă©tait devenu le sujet d'Otton II en acceptant Bobbio, celui d'Otton III en acceptant Ravenne; si Hugues Capet l'avait attachĂ© momentanĂ©ment en lui donnant Reims, Robert l'avait dĂ©liĂ© en le lui reprenant injustement; enfin, la faveur seule de l'empereur l'avait fait souverain pontife. Il se montra, sur le trĂ´ne de saint Pierre, aussi dĂ©vouĂ© Ă  la maison impĂ©riale qu'aurait pu l'ĂŞtre un pape nĂ© en Allemagne. La mort mit vite un terme aux rĂŞves du prince et du pontife. Otton III fut emportĂ© par une maladie soudaine, le 23 janvier 1002, avant d'avoir accompli sa vingt-deuxième annĂ©e. Silvestre II mourut seize mois après lui, Ă  Rome, le 12 mai 1003. Il fut enterrĂ© Ă  Saint-Jean-de-Latran, oĂą une Ă©pitaphe fut placĂ©e sur son tombeau, quelques annĂ©es plus tard, par l'un de ses successeurs, le pape Sergius IV (1009-1012). Gerbert a Ă©tĂ© jugĂ© très diversement. Au moyen âge, la lĂ©gende a fait de lui un adepte des nĂ©cromanciens musulmans, un sorcier, un suppĂ´t du diable. Parmi les modernes, quelques-uns lui ont rendu justice, d'autres se sont plu Ă  rĂ©pĂ©ter contre lui les accusations d'intrigue, de duplicitĂ©, de vĂ©nalitĂ©, de trahison (Julien Havet, Lettres de Gerbert: 983 - 997, 1889 - books.google.fr).

 

La forĂŞt qui marche

 

La légende «la forêt qui marche», se lit en Grégoire de Tours et en Aimoin et elle est ensuite reproduite avec quelques modifications dans la «Passio Sancti Agilolfi», un des successeurs de saint Remacle. A son tour, cette «Passio» toute fabuleuse déteindra par son influence sur les épopées profanes. Agilolf fut abbé de Malmédy et de Stavelot puis archevêque de Cologne (Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, Volumes 21-24, 1923 - www.google.fr/books/edition).

 

Concernant saint Agilolf, la forêt qui marche est en rapport avec un stratagème qu'utilise Charles Martel dans la forêt des Ardennes (vers Amel) contre des usurpateurs, selon l'idée d'une vieille matrone (Le grand livre de la forêt wallonne, 1985 - www.google.fr/books/edition).

 

Ce topos est employé par Shakespeare dans Macbeth, successeur de Duncan Ier, lui-même successeur de Malcolm II. Tous furent soumis momentanément à Knut le Grand (fr.wikipedia.org - Macbeth (roi d'Ecosse)).

 

"aux forests repoussees" : forĂŞts refuge

 

Quelques Princes d'Allemagne s'élevèrent contre Henry, ent’rautres Hezelon fils de Bertholde un principaux Comtes de Baviére; il se révolta, sous prétexte que Henry ne lui a avoit pas donné le Duché de Baviére. Henry repondit à ses Députez qui le lui étoient venu demander, que les Bavarois avoient droit d'élire leur Duc; qu'il ne permettroit pas qu'on donnât atteinte à leurs loix & à leurs priviléges; que, s'ils vouloient choisir Hezelon, il applaudiroit à leur choix. Cette réponse ne satisfit point le Comte; l'année suivante 1003, il éclata, & soutenu de Boleslas Duc de Bohéme, il commença à faire des hostilitez dans la Baviére. Mais le Roi Henry le réduisit bientôt au devoir.

 

Erneste fils de Leopold Marquis d'Autriche, & Brunon Evêque d'Ausbourg frere du Roi Henry, se joignirent à Bertholde, qui se tenoit bien fort d'avoir dans son parti le frere du Roi: mais celui-ci les attaqua, les vainquit, fit le dégât sur leurs terres, & les obligea de se retirer, & de se cacher dans les forêts. Ils furent enfin bien heureux de récourir à la clémence de Henry. Hezelon vint à Mersebourg accompagné de quelques Seigneurs pour interceder pour lui. Le Roi lui pardonna, & lui rendit ses terres; mais à charge qu'il demeureroit en prison toute sa vie. Henry [de Schweinfurt] vint aussi se rendre au Roi, qui l'envoïa en prison au château de Gibichenstein, d'où il ne sortit qu'à la prière de Godescalque Evêque de Frisingue. Enfin Brunon frère du Roi vint lui demander pardon à Schongau, & le Roi le reçut en grâces, par la médiation de Giséle leur Mère (Augustin Calmet, Histoire universelle, sacrée et profane depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, 1747 - books.google.fr).

 

Après sa mort, les fidèles d'Othon III et les grands seigneurs allemands choisirent naturellement son plus proche parent : Henri de Bavière qui avait été aussi son fidèle appui et était présent à ses derniers moments. Il descendait lui aussi d'Henri l'Oiseleur et Silvestre approuva ce choix, le meilleur dans les circonstances, et qui maintenait ainsi le trône impérial dans la dynastie saxonne. Henri succéda donc à Othon comme Empereur romain, sous le nom de Henri II le 14 mai 1002. Sa piété était très grande et il fut dénommé Henri le Saint. Politiquement, il consacra l'œuvre d'Othon mais ne sut ou ne voulut ni la développer, ni l'affirmer avec force. En réalité, revenant à la tradition d'Othon Ier, il se montra plus soucieux des problèmes purement germaniques et lombards que de l'universalisme et chercha à se dégager le plus possible des factions communalistes du guêpier romain. Au début de Mai 1003, Silvestre voulut aller prier du Latran dans l'église Sainte-Croix de Jérusalem. Avant d'en sortir il fut pris d'un très violent malaise et se souvint sans doute de la prédiction qui lui avait été faite lors de son appel à la croisade, qu'il mourrait quand il entrerait à Jérusalem. De fait, Gerbert mourut le 12 mai 1003, n'ayant survécu qu'environ 15 mois à son Empereur bien-aimé. Il fut inhumé sous la porte de la Basilique de Saint Jean de Latran (Ernest Huant, Othon III, la merveille du monde, rénovateur de l'universalisme romain, unificateur de l'Europe de l'an 1.000, 1971 - www.google.fr/books/edition).

 

On note que Sylvestre ou Silvestre a rapport avec la silva latin, la forĂŞt.

 

Le latin de basse époque "salvaticus" est une altération du latin classique silvaticus qui a donné silva : bois et les prénoms Sylvestre, Sylvain, Sylvie qui évoquent Silvanus, le dieu des bois. Ancien français : selve, sauve, sylve (Paul Bailly, Toponymie en Seine-et-Marne, 1989 - www.google.fr/books/edition).

 

Acrostiche : NP LE

 

NP : Neptunus, le dieu Neptune : LE : legatus, envoyé.

 

Les Vikings sont comme les monstres marins envoyés par Neptune contre Hippolyte, contre Laocoon (Abbon (moine de Saint Germain des Prés), Le siège de Paris par les Vikings (885-887), Des Vikings sur la Seine, 2019 - www.google.fr/books/edition).

 

Typologie

 

Le report de de 1931 sur la date pivot 1003 donne 75.

 

Frontin, en latin Sextus Iulius Frontinus, né vers 35/40 et mort probablement en 103, est un triple consul, suffect en 74 et 98 et éponyme en l'an 100 sous Trajan, général de l'Empire romain et gouverneur de Bretagne de 74 à 77 ou 78 sous Vespasien. Il est avant tout connu comme écrivain militaire et administrateur principal des eaux de Rome sous Nerva. Il est consul suffect en 74, puis il sert d'abord avec distinction dans la province romaine de Bretagne, puis succède à Cerialis dans le gouvernement de cette province, entre 74 et 77 ou 78. Il y subjugue, par les armes, les Silures, «après avoir, outre la valeur des ennemis, triomphé des difficultés des lieux» (Tacite, Vie de Cn. Julius Agricola) (fr.wikipedia.org - Frontin).

 

Les Ardennes

 

Pendant les deux conflits mondiaux du XXe siècle, pour des raisons stratĂ©giques, la rĂ©gion est Ă  chaque fois le lieu de passage de l'invasion ennemie, Ă  cause de la faible largeur de la Meuse et de sa vallĂ©e encaissĂ©e. Les militaires français considèrent que la rĂ©gion se dĂ©fend toute seule grâce Ă  son relief et Ă  ses forĂŞts Ă©paisses prĂ©sentes sur le nord du dĂ©partement, et nĂ©gligent la dĂ©fense de ce territoire. Pendant la Première Guerre mondiale, Charleville est le QG du Kronprinz ; c'est Ă  Vouziers, entre autres, que se sont battues les lĂ©gions tchĂ©coslovaques avec celui qui allait devenir le premier prĂ©sident de la rĂ©publique, Masaryk, et c'est aussi Ă  cĂ´tĂ© de cette mĂŞme ville qu'a Ă©tĂ© abattu l'avion de Roland Garros. C'est le seul dĂ©partement français Ă  avoir Ă©tĂ© occupĂ© entièrement pendant la durĂ©e du conflit hormis le nord de la Lorraine (Moselle) et l'Alsace, qui Ă©taient sous administration allemande depuis 1871.

 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'effort principal de l'armĂ©e allemande s'est portĂ© sur ce territoire, notamment sur la rive droite de la Meuse, symbolisĂ© par la percĂ©e de Sedan, qui allait entraĂ®ner les troupes françaises dans le piège stratĂ©gique du Plan jaune conçu par le gĂ©nĂ©ral Erich von Manstein et approuvĂ© par Hitler. C'est dans ce dĂ©partement que finissait la ligne Maginot : le dernier ouvrage de cette ligne (La FertĂ©) se situe Ă  environ cinq kilomètres de Carignan. L'Ă©tat-major français ne voulait pas continuer la ligne de dĂ©fense le long de la frontière avec la Belgique, pays neutre et ami. De plus, il espĂ©rait que la gĂ©ographie particulière et la forĂŞt pourraient arrĂŞter l'armĂ©e allemande. Après l'armistice de 1940, les Ardennes ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es «zone interdite» (en fait zone de peuplement allemand) pendant toute l'occupation par l'armĂ©e nazie (fr.wikipedia.org - Ardennes (dĂ©partement)).

 

Norvège

 

La Norvège parvint à conserver sa neutralité au cours de la Première Guerre mondiale, en raison de sa puissance navale particulièrement dissuasive. Il n’en alla pas de même pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le pays fut envahi par les troupes allemandes dans le cadre de l’opération Weserübung. La résistance armée dura jusqu’à trois mois dans certaines régions. Le roi et le gouvernement choisirent de s’exiler et de continuer la lutte depuis Londres. La Norvège occupée fut dirigée par le chef des forces d'occupation, le Reichskommissar Josef Terboven. Le chef du parti pronazi local, Vidkun Quisling, fut autorisé à former à partir de 1942 un gouvernement collaborationniste, sous supervision allemande. Les Allemands et les collaborateurs se heurtèrent durant cette période à la résistance norvégienne. Après l’intervention des Alliés au sud et au nord - notamment de l'Armée rouge au nord - les forces allemandes capitulèrent le 8 mai 1945 (fr.wikipedia.org - Norvège).

 

Le 9 avril 1940, la Wehrmacht envahit le Danemark et la Norvège. Elle s'empare d'Oslo, la capitale, et d'autres grands ports, dont Narvik et son fjord. Ce site est stratĂ©gique : c'est par lĂ  que transite le minerai qui approvisionne l'industrie de guerre allemande. Les AlliĂ©s, qui Ă©tudiaient dĂ©jĂ  en 1939 l’idĂ©e de couper cette «route du fer» Ă  l'ennemi, lancent leur contre-attaque. Une campagne âpre et difficile. Un corps expĂ©ditionnaire alliĂ©, composĂ© de troupes françaises, britanniques et polonaises, se dirige vers Narvik pour contre-attaquer avec l'armĂ©e norvĂ©gienne (www.defense.gouv.fr).

 

Militairement, cette bataille fut remportée par les Alliés, mais ces derniers durent effectuer une retraite et abandonner le terrain aux Allemands à cause des évènements de la bataille de France (fr.wikipedia.org - Narvik).

 

Grande Bretagne

 

Le Blitz (terme allemand signifiant «éclair») est la campagne de bombardements stratégiques durant la Seconde Guerre mondiale menée par l'aviation allemande contre le Royaume-Uni du 7 septembre 1940 au 21 mai 1941. Il s'agit de l'opération la plus connue de la bataille d'Angleterre. Elle toucha principalement Londres mais également Coventry, Plymouth, Birmingham et Liverpool, et aussi les villes historiques de Canterbury et Exeter et la station balnéaire de Great Yarmouth. 41000 à 43000 civils furent tués et 90000 à 150000 blessés selon des chiffres officiels. Près de 3,75 millions de Britanniques évacuèrent Londres et les principales villes. Toutefois, ce procédé utilisé par le Troisième Reich qui avait pour but de démoraliser le peuple britannique ne fonctionna pas et n'empêcha pas celui-ci de soutenir l'effort de guerre du pays (fr.wikipedia.org - Blitz).

 

nostradamus-centuries@laposte.net