La libido de Pie XII

La libido de Pie XII

 

VI, 26

 

1944-1945

 

Quatre ans le siege quelque peu bien tiendra,

Un surviendra libidineux de vie :

Ravenne & Pyse, Veronne soustiendront,

Pour eslever la croix de Pape envie.

 

"eslever la croix" : un pape crucifiĂ©

 

Après qu'un pape tiendra le Saint-Siège, dans de plus ou moins bonnes conditions, durant quatre ans («quatre ans le siège quelque peu bien tiendra»), un autre souverain pontife le remplacera (Laurent Chaulveron, L'Apocalypse de Saint-Jean et la fin des temps, Tome 1, 2022 - books.google.fr).

 

23e pape : SAINT ÉTIENNE Ier, martyr, Romain de naissance, de la maison Julia, Ă©lu l'an 253, tint le saint-siĂ©ge quatre ans et six mois. 24e pape : SAINT SIXTE II, martyr, d'Athènes, Ă©lu l'an 257, ne tint le saint-siĂ©ge que onze mois et quelques jours (L. Benoist de Matougues, Vie de Sa SaintetĂ© le pape Pie IX, ou Biographie de cet auguste pontife, Tableau chronologique des papes depuis saint Pierre jusqu'Ă  ce jour, 1847 - books.google.fr).

 

Les martyrologes, les actes de S. Laurent qui n'ont point d'autorité, & le Pontifical de Bollandus, [qu'on croit estre du VI. siècle, & qui est plein de fautes,] disent que S. Sixte fut decapité, au lieu que Prudence dit deux fois positivement qu'il fut attaché à la croix (Louis Sébastien Le Nain de Tillemont, Memoires pour servir a l'histoire ecclesiastique des six premiers siecles, Tome 4, 1701 - books.google.fr).

 

Sixte II ou Xyste II ou Xystus II est le 24e évêque de Rome et pape de l'Église catholique. Il succède à Étienne Ier le 30 août 257 jusqu'à sa mort le 6 août 258. Il est martyrisé avec sept diacres, dont Laurent de Rome, lors de la persécution des chrétiens par l'empereur romain Valérien. Il est vénéré comme saint par toutes les Églises (fr.wikipedia.org - Sixte II).

 

"libidineux"

 

253-260. Valerianus et Gallienus filius, postquam Emilianus Maurus per tres menses imperium tenuerat. 260. Valerianus in bello Persico a Sapore dolo capitur, et misera in servitute consenescit. 260-268. Gallienus, homo libidinosus, ignavus et servitutis paternæ incuriosus, a quo omnes fere provinciæ desciscunt (Tite Live, Historiarum libri qui supersunt: ex editione G.A. Ruperti, 1828 - books.google.fr, Scriptores historiae Augustae ab Hadriano ad Numerianum, Toume 2, 1864 - books.google.fr).

 

ValĂ©rien (Publius Licinius Valerianus) est empereur romain de 253 Ă  260. Il partage le pouvoir avec son fils Gallien (Publius Licinius Egnatius Gallienus ; 218 - 268) qui lui succède comme unique empereur romain de 260 Ă  268. CapturĂ© par l'empereur sassanide Chapour Ier, il est le premier empereur romain Ă  devenir prisonnier de guerre, ce qui provoque une grande instabilitĂ© politique.

 

Après 4 ans de règne, Valérien édicte tout à coup plusieurs édits de persécution en 257. Il aurait cédé aux pressions de son ministre des finances Macrien, païen fanatique qui fréquente les mages, mais aussi soucieux d'enrichir le trésor qu'il administre par la confiscation des biens des chrétiens riches (fr.wikipedia.org - Valérien).

 

Gallien (Publius Licinius Egnatius Gallienus) (v. 218 - septembre 268) est un empereur romain d'octobre 253 à septembre 268 ap. J.-C. D'abord coempereur, il partage le pouvoir avec son père Valérien jusqu'en 260.

 

Son règne extrêmement difficile est considéré par les sources antiques comme le fait d'un débauché et d'un incapable, mais les historiens modernes portent sur son œuvre un jugement beaucoup moins sévère (fr.wikipedia.org - Gallien).

 

"Ravenne"

 

On s'attendrait Ă  "soutiendra" pour la rime avec le vers 1 : Ravenne, Pise et VĂ©rone soutiennent... des attaques ennemis.

 

Les Alamans, mieux placĂ©s que les Francs pour rĂ©aliser le rĂŞve de tout peuple barbare : aller jusqu'Ă  Rome, tentèrent de pĂ©nĂ©trer en Italie, d'abord par les cols des Alpes centrales, puis par ceux des Alpes occidentales. Ce fut dans la plaine du PĂ´, près de Milan, que Gallien dut arrĂŞter les premières de leurs bandes, dans une vĂ©ritable bataille qui date sans doute de 260 plutĂ´t que de 259. Pour obtenir la victoire Gallien avait encore rappelĂ© des troupes du Rhin supĂ©rieur, notamment la VIII Augusta de Strasbourg et la II Italia du Norique. L'invasion et la perte du limes germanicus firent naĂ®tre de nouvelles usurpations : Ă  Cologne, Saloninus, assiĂ©gĂ©, fut tuĂ© dans la seconde moitiĂ© de 260 et Postumus proclamĂ© empereur par ce qui restait de l'armĂ©e rhĂ©nane.

 

En 260 donc, grâce Ă  ces circonstances favorables, des bandes d'Alamans sillonnèrent impunĂ©ment la RĂ©tie et la Gaule orientale Ă  la recherche d'un passage facile vers l'Italie. Elles s'y nombreuses et hardies, surtout pendant l'Ă©tĂ© 260 semble-t-il, quand les moissons gauloises, sur lesquelles comptaient les Barbares pour se nourrir,, eurent Ă©tĂ© rentrĂ©es et au moment oĂą, Gallien Ă©tant parti, Postumus entreprit probablement d'assiĂ©ger Saloninus. Mais les premières incursions avaient dĂ» suivre immĂ©diatement le dĂ©part de Gallien, dès le printemps sans doute. Aussi peut-on sur plusieurs mois cette rapide succession de courses. Plus nettement qu'en 254, de nombreux trĂ©sors dont les monnaies terminales datent, cette fois, de ValĂ©rien, de Gallien et de Saloninus permettent d'Ă©voquer sommairement divers trajets d'invasion. Les Alamans se jetèrent d'abord sur la RĂ©tie et la Haute Alsace actuelle, puis foncèrent vers l'Italie, soit par la Suisse et les cols des Alpes centrales, soit par la vallĂ©e SaĂ´ne-RhĂ´ne et les cols des Alpes mais en suivant de prĂ©fĂ©rence les routes mal gardĂ©es et en evitant les grandes villes fortifiĂ©es, telles que TrĂŞves, Autun, Lyon, ces deux dernières peut-ĂŞtre tournĂ©es Ă  l'ouest, grâce aux routes du Massif central, moins bien dĂ©fendues que la grande voie militaire d' Agrippa, de Trèves-Metz Ă  Arles. On peut relever les traces de leurs pillages dans quatre rĂ©gions qui furent autant d'Ă©tapes en direction de l'Italie (Émilienne Demougeot, Les martyrs imputĂ©s Ă  Chrocus et les invasions alamanniques en Gaule mĂ©ridionale. In: Annales du Midi : revue archĂ©ologique, historique et philologique de la France mĂ©ridionale, Tome 74, N°57, 1962 - www.persee.fr).

 

Des Alamans Ă©tablis en Gaule passent les Alpes et envahissent l'Italie du Nord jusqu'Ă  Ravenne; Gallien les Ă©crase près de Milan. En 260, Gallien installe une armĂ©e avec un gĂ©nĂ©ral capable, Aureolus, Ă  Sirmium. La menace des Goths apparaĂ®t en mer ÉgĂ©e; la Grèce et l'Asie Mineure sont ravagĂ©es. C'est encore dans le nord de l'Adriatique que s'opposent l'empereur Gallien et Aureolus; Gallien revient de Sirmium par AquilĂ©e et VĂ©rone avant d'assiĂ©ger son adversaire Ă  Milan. Après trente-trois ans d'anarchie militaire, la situation est progressivement rĂ©tablie par des empereurs originaires des provinces illyriennes. En 269, Claude II le Gothique, originaire de Dardanie, remporte une victoire Ă©clatante sur les Goths près de NaĂŻssus. Il meurt Ă  Sirmium dès l'annĂ©e suivante, victime de la peste. Dès lors, les empereurs sont de la rĂ©gion : AurĂ©lien, Probus puis DioclĂ©tien, Maximien, Galère, Constantin et Valentinien sont tous d'origine illyrienne (Pierre Cabanes, Histoire de l'Adriatique, 2016 - books.google.fr).

 

"VĂ©rone"

 

Son successeur, Claude II dit le Gothique, parvint à rétablir rapidement la situation, mais il dut faire face presque simultanément à une nouvelle incursion des Alamans sur le sol italien. De nouveau, ils atteignirent la région milanaise qu'ils se mirent à piller. L'intervention des forces romaines à Milan fut couronnée d'un demi-succès et ne parvint à les vaincre que dans un second temps, près de Vérone (Michaël Vannesse, La Défense de l'Occident romain pendant l'Antiquité tardive, Collection Latomus, Volume 326, 2010 - books.google.fr).

 

Fort de son succès sur les Alamans, Claude II se rend ensuite à Rome pour recevoir l'investiture du Sénat de la Ville. Cette formalité accomplie, Claude rassemble toutes les forces disponibles et marche sur les Balkans, menacés par une invasion de Goths qui sévissent déjà dans les provinces danubiennes. Il remporte en 269 à Naissus en Mésie supérieure (aujourd'hui Nis en Serbie) une victoire très difficilement acquise et peu décisive. Mais elle est fort habilement exploitée par la propagande impériale, ce qui permet à l'empereur Claude de gagner son glorieux surnom de Gothique. La colonne des Goths, toujours visible à Istanbul, commémorerait cette victoire. Cependant, il faut encore aux légions romaines plusieurs mois de dures campagnes et d'escarmouches sanglantes pour liquider les bandes errantes de barbares et détruire la flotte avec laquelle les Goths ravageaient les côtes de Grèce et d'Asie Mineure. Ce n'est finalement que vers l'année 270 que les Goths sont refoulés à l'est du Danube (fr.wikipedia.org - Claude II le Gothique).

 

L'hiver 269 vit la fin du règne de Claude II, atteint de la peste, et Aurélien lui succéda au faîte du pouvoir. Ce dernier réussit à repousser une première offensive des Alamans arrivés dans la région de Vérone par le Brenner, durant l'hiver 269-270. Mais l'attaque suivante, plus importante que les précédentes, ne se fit pas attendre et fut menée par une coalition d'Alamans et de Juthunges, en 270-271. Après avoir franchi le massif alpin, ils envahirent la plaine du Pô qu'ils saccagèrent. L'empereur, arrivé des régions danubiennes, engagea la bataille à Plaisance, mais ses troupes subirent une défaite. La panique se répandit dans la péninsule et, pour la première fois, la vulnérabilité de Rome apparaissait au grand jour. Les Germains avancèrent, alors, plus en profondeur jusqu'à atteindre l'Adriatique en suivant la via Aemilia. Mais Aurélien parvint à remporter deux victoires successives, respectivement à Fano et à Pavie, et à éloigner le danger des Alamans et des Juthunges du territoire italien en les refoulant au-delà des Alpes (Michaël Vannesse, La Défense de l'Occident romain pendant l'Antiquité tardive, Collection Latomus, Volume 326, 2010 - books.google.fr).

 

Gallien s'occupa beaucoup de VĂ©rone; il l'entoura de nouvelles fortifications, y introduisit une nouvelle colonie militaire et, Ă  cette occasion, lui donna son nom : Colonia Augusta Verona nova Gallieniana (Roger Peyre, Padoue & VĂ©rone, 1907 - books.google.fr).

 

VĂ©rone a Ă©tĂ© de tout temps une des clefs de l'Italie du Nord : «Sa position», nous dit Tacite, «entre la RhĂ©tie et les Alpes juliennes, permettait de fermer le passage aux armĂ©es de Germanie»; dans les temps modernes, elle a fait partie du fameux quadrilatère. Il Ă©tait donc naturel que Gallien songeât Ă  fortifier la place (LĂ©on Homo, L'empereur Gallien et la crise de l'empire romain, Revue historique, Volumes 112 Ă  113, 1913 - books.google.fr).

 

Pour la Rhétie cf. le quatrain VI, 28 et le pays des Grisons sous Louis XIII (le "coq").

 

Pise en Toscane

 

On n'a pas grand chose sur Pise avec Gallien, lié à l'Etrurie, et les Alamans dans les années 260-270.

 

Gallien portait le prĂ©nom de Falère, ce qui indique une origine de la ville Ă©trusque mĂ©ridionale, FalĂ©ries, oĂą son nom d'Egnatius, provenant de sa mère, Ă©tait courant, comme d'ailleurs dans toute l'Etrurie. Le pays des Falisques a fourni de nombreuses inscriptions en l'honneur de Gallien et de sa famille. Il est dit expressĂ©ment quelque part que l'Empereur Ă©tait originaire d'Etrurie. Tout fait penser Ă  un groupe qui sortait de la noblesse sĂ©natoriale italique, propriĂ©taire en Etrurie ou encore apparentĂ©e aux plus notables familles du pays. Si les noms d'Etruscus et Etruscilla, Vibius et Herennius, Veldumianus et Egnatius annoncent une origine Ă©trusque, ce ne doit pas ĂŞtre un hasard si Lucinius, nom de famille de ValĂ©rien et Gallien, a linguistiquement, comme aussi le nom de Gallien lui-mĂŞme, la mĂŞme origine. Si l'on veut pousser plus loin encore, on peut voir dans le grand nez charnu et courbe commun Ă  TrĂ©bonien et Volusien, Ă  ValĂ©rien et Gallien un signe de race, le type «aquilin» d'Etrurie. La corpulence de ValĂ©rien rappelle l'Etruscus obesus ou les figures des fresques tombales tardives de Tarquinies. L'aspect corporel diffĂ©rent de Gallien ne constitue pas une objection. Bref, Gallien doit avoir Ă©tĂ© totalement ou partiellement de sang Ă©trusque. En ce sens milite le fait que l'on dĂ©signait l'empereur comme le fils de la haute aristocratie : il n'Ă©tait pas «Romain», mais «Italique». Etruria accitus, dit de lui un auteur, ce qui correspond Ă  une origine de FalĂ©ries. Sans doute la ville appartenait Ă  une race Ă©troitement apparentĂ©e aux Latins; mais depuis le VIe siècle av. J.-C. elle avait Ă©tĂ© submergĂ©e par la langue, la civilisation, la vie Ă©trusques. L'antique FalĂ©ries, devenue CivitĂ  Castellana, donne encore aujourd'hui l'impression d'une ville Ă©trusque. Le Soracte avec ses crĂŞtes abruptes et Ă©tincelantes domine le paysage. Sa vue Ă©voque Ă  la fois solitude et mystère souterrain; l'Ă©clat des roches blanches s'allie Ă  leur rigiditĂ© de mort; l'horizon inaccessible avec une menace partout prĂ©sente. Sous la forme de la montagne se dissimule celle du numen de l'endroit Soranus Pater, l'Apollon Ă©trusque. Qui pourrait mettre en doute que le dieu de la montagne a laissĂ© des traces profondes en un enfant sensible ? Aujourd'hui nous commençons Ă  deviner quelle force peut devenir la permanence d'une couche sociale infĂ©rieure. CoiffĂ©e par des conquĂ©rants Ă©trangers et leurs successeurs, elle peut s'affirmer avec tĂ©nacitĂ©. Si la couche supĂ©rieure disparaĂ®t, la couche ancienne revient au jour, parfois Ă©tonnamment intacte. Chaque regard jetĂ© sur l'histoire du monde antique montre avec quelle force le vieux substrat mĂ©diterranĂ©en s'est conservĂ©. Il y a des Ă©poques oĂą la rĂ©apparition de cette forme ethnique devient caractĂ©ristique. Et le caractère italique Ă  l'encontre de Rome est dĂ©terminĂ© par ce fait que de vieilles couches mĂ©diterranĂ©ennes ont absorbĂ© et amalgamĂ© les immigrants indoeuropĂ©ens. Partout — dans la religion, mais aussi dans l'histoire de la littĂ©rature et de l'art, dans les modes de vie on le peut observer. A cĂ´tĂ© du vieux caractère gĂ©nĂ©ral italico-mĂ©diterranĂ©en s'affirmait avec une obstination presque Ă©gale le caractère Ă©trusque particulier. Qui mĂ©connaĂ®trait l'Ă©trusque en MĂ©cène d'Arezzo, ou Perse de Volterra ? Gallien lui aussi [...] reprĂ©sentait un rĂ©veil d'activitĂ© semblable : signe Ă©tonnant de la vitalitĂ© Ă©trusque, en survivance longtemps après la disparition extĂ©rieure du peuple. Elle mĂ©rite d'ĂŞtre placĂ©e Ă  cĂ´tĂ© de ce que l'on croit saisir d'analogue dans ses effets : l'architecture urbaine, l'art toscan, la beautĂ© des femmes, les visions infernales de Dante (Franz Altheim, Le dĂ©clin du monde antique: examen des causes de la dĂ©cadence; le monde extra-romain. L'empire romain, 1953 - books.google.fr).

 

"Pise" pour Picenum

 

XVII. Anno ab incarnatione Domini MCXXXV, indictione xiii, Innocentius papa maximam synodum apud XIII, Picenum tenuit, et de utilitatibus ecclesiasticis multum tractavit; sed, infortuniis præpedientibus, omnia pro voto complere nequivit.

 

Orderic Vital, moine anglo-normand (1075 - vers 1140), "continue de confondre Pise avec le Picenum. Le concile de Pise fut ouvert le 30 mai 1135 et terminé le 6 juin" (Auguste Le Prévost, Historiæ ecclesiasticæ libri tredecem de Orderic Vital, Tome 5, 1855 - books.google.fr).

 

Sixtus Græcus, ex philosopho, sedit anno uno mensibus x diebus xxiii, tempore Gallieni et Decii. Hic statuit ut spreto proprio judice ad alium recurrens excommunicetur. Tandem vi idus augusti decollatus est cum sex diaconibus: Felicissimo, Agapito, Januario, Magno, Vincentio et Stephano; et cessavit episcopatus diebus xxxv. Tunc Laurentius archidiaconus et Hippolytus cum familia sua, Abdon et Sennes subreguli Persarum, aliique multi diversis suppliciis martyrizati sunt.

 

C'est par confusion avec un pythagoricien nommé Xyste ou Sexte, que saint Sixte II est qualifié ici de grec et d'ancien philosophe. Son pontificat n'a point été contemporain des règnes de Gallien et Dèce, mais de ceux de Valérien et Gallien. Ses compagnons de martyre les plus authentiques ont été les diacres Félicissime et Agapet. Saint Laurent subit le martyre quatre jours après lui, le 10 août, et saint Hippolyte, prêtre, le 13. Mais il est probable que notre auteur veut parler d'un autre saint Hippolyte, martyrisé dans les derniers mois de 257, avec plusieurs membres de sa famille. Quant à saint Abdon et saint Sennès ou Sennen, ils appartiennent à la persécution de Dèce en 250, et furent enterrés dans le cimetière ad Ursum pileatum, sur le chemin de Porto, qui a quelquefois pris leur nom (Augustus Le Prevost, Historiae ecclesiasticae libri trecedim de Orderic Vital, Tome 1, 1838 - books.google.fr).

 

Selon le Liber Pontificalis, il est grec, né en Grèce, et ancien philosophe. Cette affirmation est cependant probablement erronée car elle dérive de la fausse croyance selon laquelle le pape est le philosophe grec auteur des Sentences de Sextus, un recueil de 451 proverbes attribué au philosophe Sextus le Pythagoricien, traduit en latin par Rufin d'Aquilée (345–411) et diffusé par erreur sous le nom de Sisto (fr.wikipedia.org - Sixte II).

 

Aurélien défait en l'an 271 les Alamans qui s'étaient avancés jusqu'à Fano dans le Picenum (Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, Volume 56, 1897 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1944 sur la date pivot 258 donne -1428.

 

Epoque de Pandion, roi d'Athènes qui avait deux filles Philomèle et Progné (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr).

 

Pandion, roi d'Athènes, père de Procné et de Philomèle, ayant une guerre à soutenir contre Labdacus, appela à son secours Térée, fils de Mars et roi des Thraces qui occupaient la partie de la Phocide nommée Daulide. Ayant remporté la victoire, il donna à ce prince, pour prix de ses services, la main de Procné, sa fille. Après quelques années de mariage, celle-ci désirant revoir sa sœur, charge son mari d'aller la chercher à Athènes. Mais en route, Térée, épris des charmes de Philomèle, triomphe d'elle par la violence, et, pour l'empêcher de divulguer sa honte, lui coupe la langue, l'enferme dans une étable au milieu des champs, et vient apporter à Procné la fausse nouvelle de sa mort. Cependant Philomèle trouve le moyen de faire parvenir à sa sœur un péplus brodé sur lequel elle a retracé ses malheurs. Procné va bientôt délivrer l'infortunée captive, et toutes les deux tirent une vengeance terrible de Térée. Itys, l'unique fruit de l'union de ce prince avec la fille de Pandion, tombe sous le poignard de sa mère, et ses chairs sont servies sur la table de son père. Après quoi les deux sœurs prennent la fuite pour se soustraire à la colère de Térée qui se met à leur poursuite, mais tous les trois sont transformés en oiseaux, Procné en rossignol, Philomèle en hirondelle et Térée en huppe.

 

Le lièvre, et le myrte qui s'élève auprès de la scène d'un vase conservé à Naples, attributs de la déesse de l'amour, mis en rapport avec Apaté, assimilent celle-ci à Aphrodite Apatouros, nom sous lequel Vénus avait un temple à Phanagoria, dans l'Asie Mineure, vis-à-vis de la Chersonèse Taurique, et par conséquent non loin de la région d'où Térée était originaire (Joseph Emmanuel Ghislain Roulez, Térée poursuivant Philomèle et Procne, 1841 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Phanagoria).

 

FAISAN. n. m. (fè-zan). Espèce de coq sauvage. Epit. Sauvage, doré. Périph. L'oiseau du Phase, parce que ces oiseaux se trouvent en grand nombre sur les bords du Phase, fleuve de la Colchide. Le fils de Térée, Itys.

 

«L'oiseau appelé faisan est, selon la Fable, Itys, fils de Térée, roi de Thrace, et de Progué, son épouse. Ce prince ayant violé Philomèle, sa belle-sœur, lui arracha la langue pour qu'elle ne révélât pas son crime. Philomèle et sa sœur coupèrent en pièce le jeune Itys, et en firent manger le corps à son père. Itys fut ensuite changé en faisan.» Tissot (L. J. M. Carpentier, Le gradus français, ou Dictionnaire de la langue poetique, 1822 - books.google.fr).

 

ÆA, dans le Phase, à 61 N. E. de Phasis, fut fondée par Æetès qui régnoit en Colchide, à l'arrivée des Argonautes. Son territoire renfermoit des mines d'or et d'argent, ce qui, au rapport de plusieurs auteurs, donna occasion au voyage de Phryxus en Colchide, et ensuite à l'expédition des Argonautes, qui se rendirent à Æa où ils enlevèrent Médée, fille du roi.

 

Les Scytes-Borans étant descendus près du Phase, pillèrent un temple de Diane, et attaquèrent la ville d'Ea, d'où ils furent repoussés avec perte, au temps du Pape S. Sixte II. et de l'Empereur Valérien (Charles-A.-Louis de Barentin de Montchal, Géographie ancienne et historique, Tome 1, 1823 - books.google.fr).

 

Dès le IIIe siècle les Goths s'étaient établis dans la région des steppes en Russie méridionale, attaquant la côte pontique du Caucase et le littoral de l'Asie-Mineure, d'où leurs expéditions pénétrèrent mainte fois dans la presqu'île balkanique. Tout en pillant ces contrées si florissantes vers la fin de l'antiquité, ils entrèrent de bonne heure dans la sphère d'influence du Christianisme. Ulfilas, le traducteur des Saintes-Écritures en langue gothique, était né d'une famille de Cappadoce, emmenée par les Goths en esclavage en 267 (Alexandre, Baschmakoff, L'État médiéval des Goths de Crimée et ses relations avec la population préhistorique de la Tauride. In: Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°57, octobre 1937 - www.persee.fr).

 

"Quatre ans"

 

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli, nĂ© Ă  Rome, le 2 mars 1876 et mort Ă  Castel Gandolfo le 9 octobre 1958 est le 260e pape de l'Église catholique sous le nom de Pie XII (en latin : Pius XII, en italien : Pio XII) de 1939 Ă  sa mort (fr.wikipedia.org - Pie XII).

 

Cf. quatrain V, 92 - 1919-1920, pour le pape romain.

 

"envie"

 

Le nazisme voulait instaurer, un «Reich de mille ans», à l’exemple de certaines sectes millénaristes chrétiennes qui croyaient à une période idyllique de mille ans avant de grands bouleversement et le retour du Christ («qui Christ envie»).

 

Cf. quatrain VI, 18 - 1938-1939. Le Christ est envié, l'influence du pape l'est aussi, c'est la même chose pour ce qui est des cacatholiques.

 

ambitio, cupiditas, ira, invidia, luxus et libido : ces dĂ©fauts ou ces vices de l'âme correspondent Ă  la plupart des pĂ©chĂ©s capitaux (il suffit de remplacer ambitio par superbia, cupiditas par avaritia; quant Ă  luxus et libido, ils reprĂ©sentent assez bien la luxure et la gourmandise ou gloutonnerie, plus souvent dĂ©signĂ©e par gula). L'Ă©thique chrĂ©tienne d'Erasme et son imagination sont continuellement soutenues par les puissantes figures symboliques qui surgissent de la lecture des mystiques flamands des XIVe et XVe siècles, notamment Ruysbroek l'Admirable. Mais c'est surtout Ă  JĂ©rĂ´me Bosch que l'on songe, nourri aux mĂŞmes sources spirituelles qu'Erasme et dont le monstrueux bestiaire (correspondant Ă  toutes ces Ă©vocations de l'animalitĂ© ou de la bestialitĂ© morale) ne reprĂ©sente que la concrĂ©tisation imagĂ©e de ces abstractions morales (Jean Claude Margolin, Declamatio de pueris statim ac liberaliter instituendis de Erasme de Rotterdam, 1966 - books.google.fr).

 

Pie XII, après les premières bombes tombant sur St-Lazare-hors-les-murs, se précipite sur les lieux de la catastrophe se mêlant aussitôt à la foule et à genoux parmi les corps des victimes et les ruines de la basilique, les bras en croix, supplie le Ciel d'épargner la Ville Eternelle (Synthèses, Numéros 178-184, 1961 - books.google.fr).

 

Lidido psychanalytique

 

Pie XII combattait alors sur deux fronts : endiguer la diffusion d'oeuvres scientifiques et littĂ©raires exaltant la sexualitĂ©; marquer son ferme dĂ©saccord avec toutes formes d'Ă©thiques, existentialiste ou «de situation», promouvant la libertĂ© individuelle et la subjectivitĂ© au dĂ©triment de l'objectivitĂ© de la loi morale. Concernant la psychanalyse, il ne niait pas l'existence de pulsions sexuelles inconscientes, mais il rĂ©affirmait le primat de la conscience, siège de la dĂ©cision morale. Devant les mĂ©decins, rĂ©unis au congrès de neurologie de 1952, il avait rĂ©cusĂ© la «mĂ©thode pansexualiste d'une certaine Ă©cole de psychanalyse» qui fait de la mise Ă  jour des pulsions l'Ă©lĂ©ment central de toute psychothĂ©rapie. La psychanalyse freudienne 'orthodoxe' Ă©tant ainsi stigmatisĂ©e, d'autres condamnations allaient suivre : en 1956, les trois ouvrages du psychanalyste agnostique Angelo Hesnard, Morale sans pĂ©chĂ©, L'univers morbide de la faute, Manuel de sexologie normale et pathologique, sont mis Ă  l'index Ă  leur tour. Son «exaltation de la sexualité» reprĂ©sentait «une nĂ©gation radicale de la doctrine morale catholique» et de «la conception catholique du pĂ©ché» : la racine de ces erreurs se trouvait dans le fondement psychanalytique de sa pensĂ©e. De toute Ă©vidence, la crainte de la relativisation du pĂ©chĂ© sexuel et d'une mise en cause la chastetĂ© sacerdotale cristallisait l'opposition des autoritĂ©s ecclĂ©siales Ă  la psychanalyse freudienne : cette quatrième pierre d'achoppement serait la plus rĂ©sistante. Elle allait de pair avec des prĂ©jugĂ©s qui eurent la vie dure : la psychanalyse perçue comme incapable, au nom mĂŞme de sa neutralitĂ© scientifique, de prendre en considĂ©ration le caractère sacral du statut religieux, et de façon plus gĂ©nĂ©rale comme lieu d'une libĂ©ration complaisante des plus bas instincts de l'homme. Cette dernière hantise, liant le «pĂ©chĂ© de chair» et l'image dĂ©gradante de la sexualitĂ©, s'inscrit sur le fond d'une histoire des mentalitĂ©s oĂą l'Église ne fut pas le seul acteur (Chantal Paisant, Les catholiques, la psychanalyse et la Bible: fabrique d'une alliance paradoxale, 2017 - books.google.fr).

 

Libido fasciste

 

Les déductions politico-sociales, pour finir. Projetée sur le plan social et politique, la tendance masochiste donnerait naissance au type grégaire, qui a plaisir à suivre et à obéir, qui se met au service d'un chef, avec ou sans «culte de la personnalité» et qui est prêt à se sacrifier. La tendance sadique, en revanche, donnerait naissance au type dominateur, qui exerce une autorité évidemment conçue dans les seuls termes parasexuels d'une libido. De l'ensemble de ces deux éléments, naîtraient les structures «autoritaires» et «fascistes». Une fois encore, tout cela représente une déformation grotesque des données réelles de la conscience. Il peut y avoir des déviations de l'obéissance et du commandement. Mais, en général, il s'agit ici, de dispositions normales, parce qu'il peut y avoir une autorité qui a une supériorité pour contrepartie et une obéissance due non à une servilité masochiste mais à l'orgueil de suivre librement des personnes dont on reconnaît précisément la supériorité (Michel Angebert, Julius Evola, Julius Evola, le visionnaire foudroye, 1977 - books.google.fr).

 

Il y aurait des êtres supérieurs.

 

RĂ©sistance fasciste

 

Rapidement cependant le pays se retrouve coupĂ© en deux : le sud est libĂ©rĂ© par les AlliĂ©s Ă  l'automne 1943 tandis que le Centre et le Nord sont sous la domination nazie. Mussolini, emprisonnĂ© par Victor Emmanuel, mais dĂ©livrĂ© par un commando SS, fonda au bord du lac de Garde une RĂ©publique sociale italienne dont l'humble capitale fut la bourgade de Salo.

 

Le congrès du Parti fasciste républicain, réuni à Vérone du 14 au 16 novembre 1943, est celui des règlements de comptes et de l'élaboration d'un programme où se retrouvent quelques accents du programme des faisceaux de combat de 1919.

 

Le PFR entend régler son compte aux fascistes l'ayant trahi (procès de Vérone de janvier 1944) et revenir au fascisme révolutionnaire des origines («Manifeste» en 18 points de novembre 1943). Ciano est fusillé – dans le dos, attaché à une chaise – le 11 janvier 1944, à Vérone (Philippe Chassaigne, Les sociétés, la guerre, la paix, 1911-1946, 2003 - books.google.fr).

 

La ligne gothique

 

22 août-5 décembre 1944. Offensive alliée contre les Allemands en Italie. Chassés de la ligne Gustav et de Rome, les Allemands se replient sur un autre complexe fortifié, la ligne gothique qui s'étend sur 200 kilomètres entre Pise et Rimini. Les Alliés passent à l'attaque à la fin d'août 1944. Rimini est prise le 2 septembre, Pise le 4 et Lucques le 7. Forli tombe le 10 novembre et Ravenne, le 5 décembre. L'avancée est lente. L'épuisement des troupes et les intempéries empêchent les Alliés de déboucher dans la plaine du Pô. Les Alliés, accaparés par d'autres théâtres d'opérations, n'augmentent pas leur potentiel militaire en Italie, devenue un front secondaire. Cette temporisation assure un sursis à la république de Salo durant tout l'hiver 1944-1945 (André Kaspi, Ralph Schor, Nicole Piétri, La Deuxième guerre mondiale, chronologie commentée, 1995 - books.google.fr).

 

Le 9 avril 1945, Parme et Vérone sont libérés par les partisans italiens et par des unités alliées dont la 88e division d'infanterie US du 2e corps de la Ve Armée US (fr.wikipedia.org - Avril 1945 (guerre mondiale)).

 

Acrostiche : QURP, libido et pudeur

 

A l’aube du VIIè siècle, un contemporain du prophète, Saint Ahudemmeh, monophysite, Ă©vangĂ©lisateur des campagnes et des campements bĂ©douins de haute mĂ©sopotamie, (alors sous influence nestorienne) aurait restaurĂ© la vertu en imposant aux femmes de se revĂŞtir de leur voile : le «qurp-â», rĂ©fĂ©rence Ă  la racine sĂ©mitique de l’écorce.

 

L’incitation à la pudeur, se maintient dans le Talmud, dans le canon chrétien oriental comme occidental et dans l’Islam qui recouvre l’essentiel des civilisations judéo-chrétiennes au haut moyen âge, dans les trois cas, il passe par le voile des cheveux, jusqu’au XIXè siècle, les sociétés méditerranéennes et indo-iraniennes quelques soient leurs confessions, appliquent les même principes vestimentaires, à quelques nuances près. Il s’agit d’un critère de civilisation, et le fait de se couvrir le visage, afin de protéger son identité se maintient en Espagne jusqu’au XVIè siècle. Les peuples d’Asie centrale sédentaires sont les plus radicaux, puisque le voile devient lui-même une tunique, fermée. Il s’agit là de distinguer une femme urbaine de condition, face à une société nomade dévêtue, barbare et très importante numériquement (www.culture-islam.fr).

 

Libido des papes

 

Dans la thĂ©ologie classique, un mot, dĂ©clinĂ© de deux manières, qualifie le ministère chrĂ©tien. Ce mot, je l'ai dit plus haut, est «pouvoir», et les adjectifs sont «sacré» et «hiĂ©rarchique». Le mot de pouvoir renvoie au Dieu tout-puissant, au Christ pantocrator trĂ´nant dans les mosaĂŻques anciennes. Concrètement, dans l'Église, ce pouvoir s'exerce dans les sacrements, oĂą il obtient des effets transcendants que l'homme ne peut produire, et dans le gouvernement, car celui-ci procède d'En-Haut et cette origine accrĂ©dite les paroles d'enseignement et de dĂ©cision. Dans les deux cas, le titulaire de ces pouvoirs agit au nom du Christ. Il est donc en principe indiscutable. C'est d'ailleurs pourquoi, Ă  la tĂŞte absolue des chrĂ©tiens douĂ©s de ces pouvoirs, il y en a un au-dessus de tous, celui du successeur de Pierre. Il y a clĂ©ricalisme, mondanitĂ©, etc., lorsqu'un (ou plusieurs) titulaire de ce pouvoir sacrĂ© et hiĂ©rarchique se l'approprie et impose sa volontĂ© de puissance, son goĂ»t des richesses, Ă©ventuellement sa libido Ă  ceux que son «ministère» domine (Ghislain Lafont, Le Catholicisme autrement ?, 2020 - books.google.fr).

 

Tous les papes sont mondains puisque de ce monde et rien d'autre.

 

Samedi 25 dĂ©cembre 1943 : Le binoclard a bavĂ© dans son micro en or ciselĂ© enjolivĂ© de pierres prĂ©cieuses, son cul posĂ© sur un fauteuil moelleux de vieille putain richissime, douillettement enveloppĂ© dans sa robe de chambre Ă  cent mille francs le mètre. Toujours la mĂŞme lâchetĂ©, les mots Ă  multiples sens, sa foi dans le bonheur futur, Ă©ternel, etc. et sa prudence pour ne pas heurter les quelques rĂ©flexes demeurant encore dans les barbaques pourries des libido-dominandards qui le tiennent dans leurs pinces de crabes. Toujours La Morale des esclaves, des HallucinĂ©s de l'arrière-monde. Et vas-y, gueule de vaincu ! DĂ©goise ! Machiavel de tinette ! Gagne ton bifteck, larbin ! On voudrait entendre un peu une voix de JĂ©sus Christ qui lâcherait ses quatre vĂ©ritĂ©s aux maĂ®tres du monde. Il ne sort de cette serinette qu'un arrosage de pipi d'oiseau imperceptiblement acide. Va prendre ton petit dĂ©jeuner avec tes tartines beurrĂ©es, salaud, après avoir chialĂ© sur les misères des peuples ! On te laissera ton château et tes revenus, chancre blanc, n'aie pas peur, on ne te tuera pas tant que tu lĂ©cheras les sphincters ignobles et brisĂ©s de ces pĂ©dĂ©rastes, de ces fourbes, de ces chefs de bande ! Il ferma sa gueule de chacal quand le Prussien, pendant quatre ou cinq ans, formait la plus grande armĂ©e qu'un monde barbare ait jamais eue. Dès que le doigt fut sur la gâchette, il a tout fait pour pousser les autres nations Ă  la rĂ©signation de l'abattoir. «Laissez-vous Ă©gorger, ne brandissez pas l'Ă©pĂ©e, c'est dĂ©fendu, vous irez dans un ciel de gloire, pour la vie Ă©ternelle, ainsi soit-il. Moyennant quoi, Nous ne crèverons pas de faim, ni de froid, on soignera nos hĂ©morroĂŻdes, ce qui est le plus important pour Nous ! A vous la vie Ă©ternelle, Ă  Nous celle d'aujourd'hui ! Ha ! Ha ! Ha !» C'est bien le chacal qui suit la chasse des sanglantes et cruelles bĂŞtes sauvages afin de rapiner des morceaux de cadavres. Dire qu'il y a des cons qui versent encore leur obole au denier de saint Pierre, ce qui fut, pendant vingt ans, la source des devises nĂ©cessaires Ă  Mussolini pour maintenir ce rĂ©gime de basse police qui lui coĂ»tait cher, pardon qui coĂ»tait cher aux futurs vaincus ! Ce bâilleur d'Ă©quivoques, comme eĂ»t dit Shakespeare, s'en tirera encore un coup avec un certain bĂ©nĂ©fice, vous verrez ça ! (Maurice Blanchard, Danser sur la corde, journal, 1942-1946, Pierre Peuchmaurd, 1994 - books.google.fr).

 

nostradamus-centuries@laposte.net