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L’enlèvement
d’Aldo Moro VI,
71 1977-1978 Quand
on viendra le grand Roy parenter, Avant
qu’il ait du tout l’âme rendue, Celuy
qui moins le viendra lamenter, Par lyons, d’aigles, croix, couronne vendue. "parenter"... vivant Aux approches de son dernier jour, le génie funèbre qui, depuis deux siècles, possédait les princes de sa race, inspira à Charles II une démarche étrange. La curiosité
du cercueil, l'amour de la mort, l'envie maladive d'entr'ouvrir les portes du sépulcre et de contempler ses mystères, étaient héréditaires dans sa dynastie. Son plus lointain aïeul,
Charles le Téméraire, portait dans le carnage un sombre délire; les vapeurs du champ de bataille l'enivraient comme celles d'un vaste banquet. «Voilà une belle vue !» disait-il
en poussant son cheval dans l'église de Nesle encombrée de morts. Jeanne la Folle, mère de Charles-Quint, promena en litière par toute l'Espagne le cadavre embaumé de son mari
l'Archiduc; elle l'étendit dans le lit nuptial et le veilla cinquante ans. Charles-Quint, à Saint-Just, célébra la répétition de ses funérailles. Philippe II s'enterra vivant
dans la crypte de l'Escurial, près de sa bière dressée dans un coin, comme un des meubles de sa famille. Quelques heures avant d'expirer il se fit apporter une tête de mort
et posa sur elle la couronne royale. Philippe IV se couchait souvent dans le cercueil qu'il s'était fait fabriquer d'avance, comme pour en prendre la mesure, et voir comment il y
dormirait. Ces rois, qui vouaient l'Espagne à l'immobilité de l'Égypte, avaient, comme ses Pharaons, la monomanie du tombeau
(Paul Jacques Raymond Binsse de Saint-Victor, Hommes et dieux: Études d'histoire et de littérature, 1872 - www.google.fr/books/edition). Charles V ne jouit pas longtemps des charmes de la retraite. Le 30 août 1558, il ressentit les premières atteintes de la maladie dont il mourut. Cette maladie,
à en croire le récit des moines hiéronymites qu'ont généralement suivi les historiens, aurait été précédée et en quelque sorte causée par des obsèques que Charles V voulut célébrer
pour lui-mĂŞme de son vivant
(J. Braet, Retraite de l'empereur Charles Quint, Précis historiques: bulletin des missions belges de la Compagnie de Jésus, 1879 - www.google.fr/books/edition). "couronne vendue" À son avènement, Philippe II trouve une situation financière catastrophique. Les demandes d'argent qu'il adresse à sa soeur Jeanne, régente de Castille,
reçoivent des réponses décourageantes. Les tensions se font de plus en plus vives entre les deux centres de décision, Bruxelles et Valladolid; dans le premier il
n'est pas rare qu'on emprunte sans en informer le second qui est simplement invité à payer... Si Philippe II décide de rentrer en Espagne, en 1559, c'est en
grande partie pour trouver une solution à ce problème; seule la Castille est en mesure de lui fournir les ressources nécessaires à mener une grande politique en
Europe. Encore faut-il au préalable apurer la situation. Philippe II est incapable de rembourser les dettes énormes que son père a accumulées auprès des
banquiers et les emprunts que lui-mĂŞme a Ă©tĂ© obligĂ© de contracter pour financer la campagne de France; la dette immĂ©diatement exigible se monte Ă
près de sept millions et demi de ducats; plus de cinq millions sont à rembourser en 1557-1560 et un demi-million en 1561-1566; on ne sait pas comment payer le
reste. Les dépenses ordinaires pour 1556 s'élèvent à plus d'un million de ducats; à cette somme, il faudrait ajouter plus de quatre millions pour tenir jusqu'en
1560. Le roi se tourne vers la Castille où le conseil des Finances est réticent. C'est alors - juin 1557 - que Philippe II décide d'annuler les créances antérieures et les
assignations sur des revenus spécifiques - situados - et de les remplacer autoritairement par des rentes sur l'État - juros - portant 5 % d'intérêt. Les
Génois protestent, mais finissent par céder. Dès 1558, ils acceptent d'être remboursés en juros. Les Allemands sont plus ou moins obligés de suivre, mais
avec retard et dans de moins bonnes conditions que les Génois. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'une banqueroute. Philippe II s'est borné à transformer
la dette flottante en dette consolidée; le décret de 1557 n'a pas annulé les dettes; il a prévu de les rembourser en juros. «La plus grande crise financière du siècle»
(Pierre Vilar) provoque une redistribution des rôles sur le marché international. Les Génois, qui ont réussi à faire garantir leurs créances, deviennent la première
puissance financière d'Europe; c'est en 1557 que commence ce que Felipe Ruiz Martin appelle le siècle des Génois. En revanche, les Fugger - les grands
banquiers de Charles Quint - vont mettre des années à recouvrer leurs créances; leur influence décline. Les mesures décidées en 1557 engagent la politique
financière de la monarchie jusqu'à la fin du règne et même au-delà ; elles vont avoir des conséquences sur la politique suivie en Amérique, comme on le verra
plus loin : c'est alors, en effet, qu'on décide d'exploiter systématiquement les ressources des Indes, appelées désormais à combler le déficit chronique des finances publiques
(Joseph Pérez, L'Espagne de Philippe II, 2014 - www.google.fr/books/edition). «La perte de signification de la couronne était si accusée au XVIe siècle que Philippe II n'eut d'autre recours que de vendre la couronne pour faire face
aux urgences des finances. En revanche, le sceau royal Ă©tait environnĂ© d'une pompe et d'une splendeur propres au monarque lui-mĂŞme.» (Bernardino BRAVO LIRA, «SĂmbolos de
la función judicial en el derecho indiano» en Poder y presión fiscal en la América española : siglos XVI, XVII y XVIII. Trabajos del VI Congreso del
Internacional de Historia del Derecho Indiano en homenaje al Dr. Alfonso Garcia-Gallo, Valladolid, Universidad de Valladolid, 1986, pp.235-254)
(Franck Lafage, La noblesse hispanoaméricaine: de l'Empire espagnol aux nouveaux États-nations - Grandeur et décadence, XVIIe-XIXe siècles, Tome 1, 2025 - www.google.fr/books/edition). Nel 1554 apparve un nuovo tipo: il testone della benedizione. La moneta presenta da un lato la croce sovrapposta al castello genovese e dall'altra Cristo
benedicente il doge inginocchiato che tiene lo stendardo con la croce di San Giorgio. Il tipo riprende la rappresentazione degli zecchini di Venezia. Dopo qualche anno anche
la croce divenne particolarmente elaborata fino ad essere sostituita da uno scudo coronato ovale con la croce di san Giorgio, sostenuto ai lati da due grifoni
(it.wikipedia.org - Monetazione genovese). Le griffon ou grype est une créature légendaire présente dans plusieurs cultures anciennes. Il est imaginé et représenté avec le corps d'un aigle
(tête, ailes et serres) greffé sur l'arrière d'un lion (abdomen, pattes et queue), et muni d'oreilles de cheval. Avec quelquefois des variantes, le griffon gardera de tout temps la particularité
reconnaissable d'être hiéracocéphale
(fr.wikipedia.org - Griffon (mythologie)). En 1557, lors du règlement de la banqueroute, on estime à 2 millions de ducats la part génoise des créances sur 7 millions de dette flottante.
Da Silva estime que, de 1519 à 1556, les Génois ont avancé à Charles Quint des sommes plus importantes que celles prêtées par les Allemands, et pour cela se sont très fortement implantés
à Anvers dès 1532; leur nation vient d'y être officialisée par le nouveau roi et leur tribunal s'y installe en 1564. Il y a trente-sept familles à demeure alors
que l'ensemble des Lucquois et des Florentins n'en compte pas plus de trente-trois. Ce déploiement en Flandre leur permet de profiter de l'interdiction de tout
change entre ce pays et la France, proclamée en même temps que la guerre par Charles Quint en 1551. Ils vont ainsi pouvoir alimenter les foires de «Bisenzone»,
encore peu actives, contre Lyon. Leur installation dans la plupart des cités italiennes après 1550 leur assure un contrôle constant des mouvements d'espèces qui y
transitent de et vers l'Orient. Les Génois ne limitent pas leur pénétration aux seuls circuits du crédit mais l'étendent aussi bien au change par lettres,
utilisé dans la première moitié du XVIe siècle en faveur du roi entre l'Espagne et la péninsule italienne, qu'au trafic des espèces et des marchandises. Ils participent
aux expéditions vers les Indes et aux trafics réguliers entre Séville, Lisbonne et Anvers, dans ces années où les voies maritimes sont encore tranquilles
(Marie-Thérèse Boyer-Xambeu, Ghislain Deleplace, Lucien Gillard, Monnaie privée et pouvoir des princes, l'économie des relations monétaires à la Renaissance, 1986 - www.google.fr/books/edition). "moins... lamenter" : impassibilité de Philippe II Né à Valladolid, en 1527, Philippe II vouait une admiration profonde à son père, l'empereur Charles Quint, qui avait mis un soin particulier à lui apprendre
le métier de roi, d'abord par des conseils personnels dont certains ont été mis par écrit, puis en lui confiant à plusieurs reprises la responsabilité du pouvoir en son absence.
Il lui a donné aussi des précepteurs de qualité, Juan Martinez Siliceo, professeur à l'université de Salamanque, un roturier que Charles Quint nommera archevêque de Tolède, et
deux des plus grands humanistes d'Espagne, Honorato Juan et Juan Ginés de Sepúlveda, assistés, pour les arts martiaux et pour la vie mondaine, par des aristocrates, un fils du
duc de l'Infantado et un grand commandeur de l'ordre de Saint-Jacques. Les premiers ont donné au futur roi le goût des livres, des mathématiques, des arts, notamment de l'architecture;
ils ont fait de Philippe II l'un des hommes les plus cultivés de son temps. Les aristocrates ont eu moins de succès : ils n'ont pas réussi à le transformer en chevalier ni en homme du monde.
Philippe II ne se sentira jamais à l'aise sur un champ de bataille. La seule fois où il a pris part à une action de guerre - à Saint-Quentin, au tout début du règne -, le spectacle d'une
ville mise à sac et livrée à la soldatesque l'a rendu malade de dégoût; il ne recommencera plus l'expérience. Même la chasse ne semble pas l'avoir beaucoup intéressé; il se croyait
tenu d'y aller, mais était-il vraiment chasseur ? Il regardait les autres chasser... De ce point de vue, le contraste avec son père est complet et Philippe II sera toujours secrètement jaloux
de son demi-frère, don Juan d'Autriche, qui a hérité certains traits de Charles Quint : le panache, le goût des joutes aristocratiques, de la chasse, de la guerre. Philippe II compensait son
manque de prestance par une impassibilité apparente qui lui donnait une impression de gravité et qui déroutait les visiteurs. Pour les encourager à parler, le roi prononçait alors la phrase fameuse :
«Reprenez-vous» (Sosegaos). Quand on lui annonça la victoire de Lépante, son visage resta de pierre, comme si rien ne pouvait lui faire perdre la sérénité. Le roi s'est composé une personnalité de façade,
délibérément froide, destinée à marquer la distance avec ses sujets, tendance encore renforcée par le cérémonial bourguignon que Charles Quint avait imposé à la cour. Toutes les apparitions publiques du roi
étaient soumises à un rituel compliqué qui ne laissait place à aucune improvisation. Or cette image de gravité est fausse. On peut discuter les goûts artistiques de Philippe II et la façon dont il a conçu
et décoré l'Escorial, mais on ne saurait lui dénier toute sensibilité. Les lettres qu'il envoie à ses filles, depuis Lisbonne, révèlent un homme bien différent du portrait qu'en dressent les chroniqueurs:
un père attentif et bienveillant, s'informant des progrès de ses enfants, s'inquiétant des aménagements d'Aranjuez, de l'état des jardins, des oiseaux qui doivent voler dans le parc à l'approche du printemps…
(Joseph Pérez, Histoire de l'Espagne, Biographies Historiques, 2014 - www.google.fr/books/edition). Le compromis historique d'Augsbourg Charles Quint, accaparé par la lutte implacable qui le met aux prises avec la France, tente de régler par la conciliation le problème intérieur religieux.
En 1530 notamment, il réunit catholiques et protestants dans une diète d'empire qui se tient à Augsbourg. Le théologien Melanchthon présente une synthèse modérée de la foi luthérienne,
appelée depuis lors Confession d'Augsbourg et restée la charte des Églises luthériennes. Par la suite, les princes allemands protestants s'étant ligués contre l'empereur en formant la Ligue de
Smalkalde en 1532, Charles Quint veut, cette fois, en finir par les armes. Mais le soutien apporté à la ligue protestante par le roi de France, Henri II, catholique, pourtant hostile aux protestants
dans son pays, conduit Charles Quint, découragé, à abdiquer en faveur de son frère, Ferdinand d'Autriche. Celui-ci négocie un compromis purement politique, la paix d'Augsbourg, en 1555, basé sur le
principe cujus regio, ejus religio : l'appartenance à une région entraîne l'adhésion à sa religion. Il n'y a plus qu'une religion dans chaque principauté ou ville libre de l'empire, celle adoptée
par le pouvoir local. C'est l'échec du grand dessein de Charles Quint : l'unité de l'empire par l'unité dans la foi catholique
(Mgr Michel Dubost, Stanislas Lalanne, Le nouveau Théo - Livre 3 - L'histoire de l'Église: L'Encyclopédie catholique pour tous, 2011 - www.google.fr/books/edition). Acrostiche : QA CP QA : quaestores aerii; CP : curaverunt ponendum : Les quaestores aerii étaient des magistrats financiers de la Rome antique chargés de la gestion du trésor public (aerarium) et du contrôle des dépenses de l'État.
L'abréviation latine C.P. en épigraphie signifie généralement curavit poni ou curaverunt ponendum (qui ont pris soin de faire placer/ériger le monument/statue etc.)
(www.adfontes.uzh.ch). Vers le milieu du XVIe siècle, le monument qui abrite le saint Sépulcre tombait en ruines. Le pape Jules III ordonna au P. Boniface, préfet apostolique,
alors gardien des saints lieux, de le reconstruire. L'empereur Charles-Quint donna des sommes considérables pour aider à l'exécution de ce noble ouvrage. En 1555,
les travaux furent entrepris et conduits avec zèle, et bientôt, dit le pieux franciscain, «le sépulcre de Notre-Seigneur s'offrit à découvert à nos yeux, tel qu'il avait
été taillé dans le roc. On y voyait peints deux anges, dont l'un portait un écriteau avec ces mots: Il est ressuscité; il n'est plus ici. L'autre, montrant au doigt le sépulcre,
tenait cette inscription : Voici le lieu où ils l'ont placé. Ces deux tableaux, dès qu'ils furent au contact de l'air, tombèrent en poussière. La nécessité nous ayant forcés
à soulever une des tables d'albâtre que sainte Hélène y avait fait placer pour recouvrir le sépulcre, afin qu'il fût possible d'y célébrer la sainte messe, nous vîmes à découvert
ce lieu ineffable où Notre-Seigneur reposa durant trois jours. Ce lieu, où l'on distinguait encore dans tous ses contours des traces du sang de notre Sauveur, mêlé aux aromates qui
servirent à l'embaumer, offrait à nos yeux comme l'image d'un soleil resplendissant. A cette vue, nous poussâmes de pieux gémissements, des larmes de joie s'échappèrent de nos yeux,
nos lèvres baisèrent avec amour ces restes vénérés et divins. Tous ceux qui étaient présents, et le nombre en était grand, car il y avait une foule de chrétiens des nations de l'Orient
et de l'Occident, ne pouvaient contenir les transports de leur tendresse à la vue de ce divin trésor; les uns versaient un torrent de larmes, les autres faillirent en perdre la vie,
si grand était l'enthousiasme, l'espèce d'extase, de sainte stupeur qui régnait dans cette assemblée»
(Jean-Jacques Bourassé, La Terre-Sainte : voyage dans l'Arabie Pétrée, la Judée, la Samarie, la Galilée et la Syrie, 1876 - www.google.fr/books/edition). Typologie Le report de 1978 sur la date pivot 1556 donne 1134. Pour ne rien arranger, deux familles se disputaient le pouvoir impérial, les Welf (ou Guelfes) et les Staufen, surnommés «Waibling», du nom de leur château
(qui a donné le nom Gibelins). Henri V étant mort sans enfant, les princes allemands, sous l'influence de l'archevêque de Mayence, écartèrent son neveu, Frédéric
de Staufen, duc de Souabe, au profit du duc de Saxe, Lothaire de Supplinburg, que l'on pensait plus facile à manœuvrer. C'était un homme âgé pour l'époque – il avait plus
de cinquante ans -, pieux, mais bien moins docile que l'espéraient ses électeurs. Habile, sachant gouverner par compromis , paraissant céder pour mieux assurer ses positions, il réussit,
non sans mal, à résister aux princes, alors même qu'il lui fallut intervenir en pour rétablir l'ordre, et à instaurer une coopération presque harmonieuse avec la papauté. Se doutant que,
face aux forces centrifuges qui le minaient, la partie était loin d'être gagnée pour l'Empire, il avait désigné son gendre comme héritier (il n'avait pas de fils). À ce gendre, Henri de Bavière,
dit aussi Henri le Superbe, il avait donné le duché de Saxe et les biens de la comtesse Mathilde, lui assurant ainsi un immense territoire en pays germanique et italien. Sans doute avait-il manqué
de psychologie car, loin de pénétrer les princes allemands de respect, cette abondance de terres les inquiéta tant qu'en 1138, ils élirent un Staufen, Conrad III, qui s'était opposé au précédent empereur
(Georges Suffert,Le pape et l'empereur, 2003 - www.google.fr/books/edition). Lothaire III du Saint Empire ou de Supplinbourg (juin 1075 - 4 décembre 1137, Breitenwang, Tyrol), duc de Saxe (à partir de 1106), est élu roi des Romains le 24 mai 1125, puis est couronné empereur du Saint-Empire romain germanique le 4 juin 1133. En retournant en Allemagne, Lothaire III a l'intention de faire la paix. Les frères Hohenstaufen, ruinés par des années de guerre, sont contraints de se soumettre. En 1135, la Diète de Bamberg absout les deux frères et les rétablit dans leurs droits. Dès son retour, ils reconnaissent Lothaire comme empereur et promettent de l'aider dans une autre campagne italienne et signent un traité de paix pour une période de dix ans. En 1135, son intervention diplomatique couronnée de succès pour mettre fin à la guerre entre la Pologne et la Bohême aboutit au paiement par Boleslas III le Bouche-Torse, duc de Pologne, de dettes dues depuis longtemps. De plus, le duc polonais doit également accepter que la Poméranie et Rügen deviennent des fiefs de l'Empire. L’armée qui accompagne Lothaire en Italie en 1132 est peu nombreuse, car le roi a dû laisser le gros de ses troupes en Allemagne pour prévenir une éventuelle
révolte des Hohenstaufen. En évitant soigneusement les villes, qui lui sont hostiles, il parvient à Rome en 1133, presque entièrement sous le contrôle d'Anaclet II. Comme la basilique
Saint-Pierre leur est fermée, Innocent II couronne empereur Lothaire III au Latran, le 4 juin 1133. Le nouvel empereur, l'écuyer du Saint-Père, est très obéissant envers le pape et a
dmet comme recevables les revendications papales sur les terres de Mathilde de Toscane
(fr.wikipedia.org - Lothaire de Supplinbourg). Aldo Moro Aldo Moro est enlevé le 16 mars 1978 à Rome par les Brigades rouges qui veulent l’échanger contre des terroristes jugés à Turin. La Démocratie chrétienne s’y refuse. Cela se passait au temps où se négociait le compromis historique. « L’Italie pensait qu’uen nouvelle phase s’ouvrait, que la République s’acheminait vers une coalition dominante et que le système allait se rénover. Peut-être l’alliance Moro-Berlinguer eut-elle permis un déblocage et apporté la solution ; c’est parce qu’elles la redoutaient que les Brigades rouges l’ont fait échouer [1] ». « Mais ce qui importe est que cet otage si particulier cristallisa soudain toutes les contradictions de la démocratie et de l’Etat italien. Comment l’univers politique italien aurait-il supporté sa libération ? [2] ». « Et envisager la réinsertion du président de la DC dans la vie politique équivalait à condamner son parti qui ne pouvait sortir de cette épreuve que divisé et inapte à revendiquer les postes-clefs de l’Etat pour longtemps [3] ». Aldo Moro fut ainsi enterré politiquement avant que d’être réellement mort (« parenter » : du latin « parentare », célébrer une cérémonie funèbres »). Aldo Moro est retrouvé le 9 mai dans le coffre d’une Renault 4 garée via Michelangelo Caetani, à mi-chemin entre le siège de la DC et de celui du PC. Ses obsèques furent célébrées en présence du pape Paul VI. « Moro disparu, l’espoir s’évanouit et avec Andreotti comme chef du gouvernement, l’Italie retombe dans l’instabilité qui caractérisait la République de 1946 à 1973 [4] ». "couronne vendue" Paul VI (Giovanni Battista Montini) et Aldo Moro se connaissaient depuis les années 1940. Ils étaient : amis personnels, alliés politiques (Moro était le grand stratège de la Démocratie chrétienne), proches spirituellement (Moro était un catholique très lié au Vatican). Cette amitié explique pourquoi Paul VI a réagi immédiatement et personnellement à l’enlèvement. Moro n'en avait pas connaissance et reproche au Vatican son inaction. Jean-Paul II, élu le 16 octobre 1978, après Paul VI (mort le 6 août) et Jean-Paul Ier (mort le 28 septembre). Jean?Paul II rejette l’Ostpolitik de Jean XXIII et Paul VI, qui s'exprime en Italie avec le dialogue Moro-Berlinguer, et devient un acteur de la guerre froide. Sa doctrine de confrontation converge avec celle de Reagan("empire du mal"), puis à l’"axe du mal" (Bush). Pendant qu’il combattait le système soviétique, il laissait prospérer un système d’abus dans l’Église. Cette contradiction massive détruit l’idée d’un magistère moral. Paul VI avait fait don de la triple couronne qui était en sa possession à l’archidiocèse de New York qui la revendit à un musée de la ville dans un but charitable. De même, Jean-Paul Ier, alors qu’il était patriarche de Venise, vendit une croix pectorale et une chaîne ayant appartenue à Pie XII [5] (« croix, couronne vendue »). Echecs Aldo Moro n'était pas roi, mais une pièce sur l'échiquier de la politique italienne. Pour Sciascia, Borges est un des écrivains de référence les plus importants. Sciascia l'a connu très tôt vers 1950 et fut probablement le premier écrivain lecteur de Borges en Italie. Comme Borges, il considère les textes précédents comme condition fondamentale de tout texte. Borges était pour lui «l'écrivain le plus significatif de notre temps, de nos vertiges». Dans L'Affaire Moro (1978), un texte autour de l'enlèvement et l'assassinat de l'homme politique Aido Moro, Sciascia cite deux contes de Borges du volume Fictions, Pierre Menard, auteur du «Quichotte» et Examen de l'œuvre d'Herbert Quain. Les deux citations créent, là où Sciascia les place, une sorte de cadre. L'Affaire Moro s'ouvre sur une réminiscence personnelle de Sciascia et un dialogue avec Pasolini. Le troisième paragraphe entame par la reprise de Pierre Menard, auteur du «Quichotte» un questionnement sur le rôle de l'écriture. Trois points essentiels sont élucidés : réécrire, c'est tout modifier sans rien modifier. Tout se passe en littérature. L'impression que tout dans l'affaire Moro se déroule, pour ainsi dire, en littérature, vient principalement de cette fuite des faits, de cette abstraction
des faits [...] dans une dimension de séquence imaginaire ou fantastique indéfectible et de laquelle découle une constante et tenace ambiguïté. Une telle
perfection peut être attribuée à l'imagination, à la fantaisie; non à la réalité. [...] Ce qui est vraisemblable, mais ne peut pas être vrai et réel (Susanne Heiler Susanne, Jorge Luis Borgès chez Tahar Ben Jelloun et Leonardo Sciascia. In: Cahiers de l'Association internationale
des études francaises, 2005, n°57 - www.persee.fr). On peut aussi, en 1999 en particulier, voir les choses autrement que Sciascia, penser, par exemple, et ce n'est qu'un exemple, que les deux joueurs
d'échecs borgésiens étaient les soviétiques et les américains, que la partie s'est conclue par un pat qui a coûté la vie au statesman Moro (Claude Ambroise, Un désir d'achèvement en Sciasca, Objets inachevés de l'écriture, 2001
- www.google.fr/books/edition,
Leonardo Sciascia, L'affaire Moro - Ned: Les Cahiers rouges - nouvelle édition préfacée par Dominique Fernandez, 2018
- www.google.fr/books/edition). Infine c'è l'ultima analogia cristologica: la coincidenza simbolico-istituzionale tra vittima e carnefice.
L'archetipo del sacrificio del Re, o del suo rappresentante, il figlio prediletto, è pienamente rispettato. Aldo Moro viene lasciato morire dal
partito di cui è presidente, e in qualità di presidente paga. Un ultimo paradosso: è la propria morte, il più alto crimine che Moro paga con la propria morte (Antonio Giangrande, La vicenda Aldo Moro : Quello che si dice e quello che si face,
- www.google.fr/books/edition,
fr.wikipedia.org - Aldo Moro). Après Moro Aldo Moro n'était peut-être qu'un pion, la partie n'était pas finie. L'assassinat de Moro marque non seulement la faillite du compromis historique, du reste déjà mis en difficulté par la composition du nouveau gouvernement,
mais aussi la fin de la progression continue du PCI depuis 1953. Le PCI, premier parti communiste occidental et deuxième parti politique italien pendant des décennies,
disparaît donc avant même la dissolution effective de l'URSS. En 1991, le PCI revendique encore 177 députés, 101 sénateurs, 22 députés européens et plus d'un million de
militants, signe de son influence dans le paysage politique italien (fr.wikipedia.org - Parti communiste italien). Lors des élections générales de 1992, la Démocratie chrétienne descend pour la première fois en dessous des 30 %, mise en difficulté par la montée des autonomistes
de la Ligue du Nord. Peu après la formation d'un gouvernement dirigé par le socialiste Giuliano Amato explose de plus le scandale de l'Opération Mains propres :
un vaste réseau de corruption et de financement illicite des partis politiques, DC comprise, est dévoilé. La crise politique est telle qu'en avril 1993, après la démission
d'Amato, le gouvernement est pour la première fois dirigé par un technicien, Carlo Azeglio Ciampi, et non par un parlementaire. Plusieurs enquêtes, notamment celles des juges
Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, jettent également le doute sur la nature des liens entre plusieurs figures du parti (parmi lesquelles Giulio Andreotti) et la mafia.
La Démocratie chrétienne est laminée dans toutes les élections intermédiaires. Le 29 janvier 1994, la Démocratie chrétienne s'auto-dissout officiellement. Elle laisse derrière
elle 206 députés, 107 sénateurs, 26 députés européens et environ 800000 militants, qui se divisent alors entre les différentes formations candidates à sa succession (fr.wikipedia.org - Démocratie chrétienne (Italie)). “Carlo V” est un surnom interne à la culture politique italienne. Ce surnom est utilisé pour désigner : Carlo Azeglio Ciampi, figure "impériale", au-dessus des partis, arbitre institutionnel d’où l’ironique "Carlo V", comme un empereur neutre; Carlo De Benedetti dans certains articles, comme “empereur” de l’industrie éditoriale, mais usage beaucoup plus rare. Ce sont des métaphores journalistiques, pas des comparaisons historiques (cf. Gianni Pasquarelli, Carlo V, la DC e gli scenari della politica, Il Tempo, 12 juillet 1991). Un article du Corriere della Sera "Ciampi garante della stabilità " (1993) analyse de Ciampi comme figure institutionnelle neutre. Un autre de Il Giornale "L’ingegnere e il suo impero" (1990) fait le portrait critique de De Benedetti. Tout analyste politique italien — et Gianni Pasquarelli en particulier — considère 1978 comme l’année où : La DC perd son rôle de "parti-État". Le système des partis entre en crise structurelle et l’affaire Moro révèle la faiblesse interne de la DC. Les équilibres internes (courants, factions, chefs) se dérèglent durablement. 1978 est le début de la fin de la Première République. Entre 1978 et 1991, la DC perd progressivement son contrôle sur le gouvernement et voit émerger des figures "au-dessus des partis" (Ciampi, Scalfaro, etc.). Elle s’effondre de 1992–1994. Ciampi (1993) et Draghi (2021) représentent le même type de figure : les deux sont des technocrates de très haut niveau, appelés à diriger un gouvernement dans un moment de crise systémique. Non?politiques, gouverneurs de la Banque d’Italie, ils inspirent confiance étant perçus comme "au?dessus des partis". Ils sont appelés en urgence pour restaurer la crédibilité internationale et la confiance des marchés. Le surnom “Carlo V” désigne Carlo Azeglio Ciampi, gouverneur de la Banque d’Italie. Depuis 1978, les partis sont incapables de produire des leaders stables. La DC ne parvient plus à imposer un président du Conseil durable. Le système cherche un arbitre institutionnel au-dessus des factions. Ciampi apparaît en 1993, après l'opération Mani Pulite qui détruit le cadre politique traditionnel et les partis historiques (DC, PSI, PRI, PLI), comme le personnalité neutre que les partis affaiblis appellent pour stabiliser le système en crise. Il manifeste la montée d’un pouvoir technocratique né du vide créé en 1978 et prépare la transition vers la Deuxième République, dans la continuité institutionnelle. En 2011, avec la crise de la dette, la chute de Berlusconi, Mario Monti (1943), après une longue carrière universitaire et européenne, est appelé pour éviter la faillite. Draghi arrive en 2021 dans un moment de paralysie politique et de crise de gouvernance, mais pas d’effondrement du système à la suite de la pandémie du COVID). Il répond au besoin de gérer les fonds européens et les réformes du PNRR, de stabiliser une coalition hétérogène. [1] Jacques Georgel, « L’Italie au XXème siècle (1919-1995) », La documentation française, 1996, p. 112 [2] Philippe Levillain , L’Histoire n° 111, p. 42 [3] ibid., p. 39 [4] Jacques Georgel, « L’Italie au XXème siècle (1919-1995) », La documentation française, 1996, p. 112 [5] Paul Hoffman, « O Vatican », Payot, 1984, p. 46 |