Nouveaux spectacles politiques dus à l’élection du président au suffrage universel

Nouveaux spectacles politiques dus à l’élection du président au suffrage universel

Attentats contre le général de Gaulle

 

VI, 51

 

1963

 

Peuple assemblé, voir nouveau expectacle

Princes & Roys par plusieurs assistants ,

Pilliers faillir, murs : mais comme miracle,

Le Roy sauvé & trente des instans.

 

En 1962, le peuple français est appelé à voter deux référendum, l’un le 8 avril pour les accords d’Evian, l’autre le 12 septembre pour l’élection du président de la république au suffrage universel. Après le vote positif  de ce dernier, l’élection du président sera l’occasion d’un nouveau spectacle politique amplifié par la télévision.

La politique algérienne de de Gaulle a eu de nombreux opposants. Parmi ceux-ci il faut compter des hommes comme Georges Bidault, l’un des fondateurs du MRP, partisan de l’appel à de Gaulle en 1958, et Jacques Soustelle, qui rejoignit le général à Londres dès 1940, un des fondateurs de l’UNR (« Pilliers faillir » : soutiens qui se dérobent). Ces deux hommes participèrent à la création, en 1962, du CNR, successeur de l’OAS, qui condamna à mort de Gaulle pour crime de haute trahison. Plusieurs attentats ont été perpétrés contre de Gaulle dont celui de Pont-sur-Seine le 8 septembre 1961, au cours duquel la voiture présidentielle passe à travers un mur de flammes (« murs »), et celui du Petit-Clamart, le 22 août 1962. « Au calcul des probabilités, il n’y avait pas une chance sur un million qu’aucune de ces quatre personnes n’ait subi la moindre éraflure à travers cette giclée de balles tirée de trois foyers différents [1] » (« par miracle »). Les tirs ne durèrent que de 20h09 à 20h10 (« trente des instants », « instants » signifiant courte durée [2]).

 



[1] Jean Lacouture, « De Gaulle », tome III, Seuil, 1986, p. 278

[2] Michel Dufresne, « Dictionnaire Nostradamus », JCL éditions, 1989

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