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Folie des hommes VI, 27 1945-1946 Dedans les Isles de cinq fleuues vn, Par le croissant du grand Chyren Selin: Par les bruynes de l'air fureur de l'vn, Six eschapez cachez fardeaux de lyn. Chyren apparaĂ®t dans trois autres quatrains des Centuries, le VI, 70, le VIII, 54 et le IX 41. Cf. quatrain VI, 70 pour faire correspondre Chiren Ă Sagittaire ou natif du Sagittaire par l'intermĂ©diaire de Marcus Manilius et Agostino Nifo. MĂŞme si tous les "Chiren"/"Chyren" des Centuries n'ont peut-ĂŞtre pas ce sens. Idem pour "Selin"/"Selyn" supposĂ©ment "fou" dans ce quatrain et au VI, 78; "Selinus" (ville antique de Turquie actuelle) au quatrain I, 94; "mĂ©diterranĂ©en" (des villes mĂ©diterranĂ©ennes Selinonte en Sicile ou Selinus en Turquie) au quatrain IV, 77 - Mort de Charles X ("Saint Louis" ou "Selim" (sultan turc) selon Elisabeth Bellecour, Nostradamus trahi). Quando Luna lumine crescens in Sagittario uel Piscibus fuerit & Martem sine aspectu fortunæ malo aspectu aspexerit, natus lunaticus efficietur (Abu-Bakr al-?asan Ibn-al-Hasib, ALBVBATRIS Astrologi diligentissimi, Liber GENETHLIACVS, siue De natiuitatibus, 1540 - books.google.fr). "selenièzos" : Lunaticus, lunatique, c'est lors qu'on devient fol selon le changement de Lune (Jacques Guillemeau, Les oeuvres de chirurgie augmentĂ©es de plusieurs traictez pris des leçons de Germain Courtin, 1649 - books.google.fr). selin'azume : je deviens fou, Ă©pileptique (grec "selèniaz"-) (Louis Roussel, Grammaire descriptive du romĂ©ique littĂ©raire, 1922 - books.google.fr). Cf. quatrain VI, 78 et son "grand Selin croissant" pour la description de la maladie lunatique par Michel Psellos. Au temps de Charles VI, on arrive Ă près de 1300 volumes passĂ©s, d'une manière ou d'une autre, par la librairie royale dans le dernier tiers du XIVe siècle. De notre point de vue, c'est surtout la composition de cette bibliothèque qui mĂ©rite de retenir l'attention. Il apparaĂ®t en effet qu'une bonne partie des volumes ressortissaient Ă ce qu'on pourrait appeler la culture savante et contenaient mĂŞme souvent des Ĺ“uvres qui Ă©taient Ă©tudiĂ©es dans les universitĂ©s ou, en tout cas, couramment connues et citĂ©es par les maĂ®tres. En matière religieuse, on trouvait 32 bibles complètes, plus 61 livres bibliques isolĂ©s et 20 ouvrages de rĂ©fĂ©rences pour l'exĂ©gèse (concordances bibliques, Histoire scolastique, etc.), Ă quoi il faut ajouter une cinquantaine de volumes des Pères et d'auteurs spirituels du XIIe siècle (Bernard de Clairvaux, Hugues de Saint-Victor) ainsi que plusieurs traitĂ©s pratiques de thĂ©ologie morale (mais, il est vrai, un seul volume de Sentences du Lombard et un seul titre de Thomas d'Aquin). Il y avait par ailleurs 48 livres de droit savant, volumes isolĂ©s ou collections complètes de l'un ou l'autre Corpus iuris. Les arts libĂ©raux Ă©taient reprĂ©sentĂ©s par une vingtaine de volumes d'Aristote, une dizaine de grammaires latines (Donat, Priscien, le Grecismus, etc.), des SĂ©nèque et des Boèce, quelques traitĂ©s des diverses matières du quadrivium. Ajoutons-y enfin une belle collection de soixante livres de mĂ©decine grecque et arabe. La culture universitaire classique Ă©tait donc largement accessible dans la bibliothèque royale, bibliothèque ouverte, on le sait, non seulement au souverain lui-mĂŞme mais Ă ses proches et Ă ses conseillers (Jacques Verger, Culture universitaire, culture de cour Ă Paris au XIVe siècle, Erziehung und Bildung bei Hofe, 2002 - books.google.fr). Charles VI Chyren a Ă©tĂ© pris comme qualificatif ou nom du "Grand Monarque" "qui doit venir". Mais une interprĂ©tation plausible de ces quatrains est Ă rechercher dans l'histoire de France passĂ©e. En Ă©tudiant bien celle-ci, il apparaĂ®t que le roi de France Charles VI est un candidat au titre de Chyren. NĂ© le 3 dĂ©cembre 1368, et mort le 21 octobre 1422, Charles VI est du signe du Sagittaire, nous restons donc dans l'interprĂ©tation de Slosman. Regardons les quatrains en dĂ©tail. Le VI, 27 et le VIII, 54 qualifient le roi de Selin. Probablement issu du nom grec de la Lune, Selin est Ă identifiĂ© Ă l'adjectif sĂ©lĂ©nique : en rapport avec la Lune, ou soumis aux effets de la Lune. En 1392, Charles VI est atteint de folie et ne pourra rĂ©gner que par intermittence. On pense aujourd'hui Ă une psychose bipolaire ou maniaco- dĂ©pressive atypique. En latin lunaticus, et en anglais lunatic signifient justement maniaque. "Par le croissant du grand Chyren Selin" serait Ă traduire par "le roi sagittaire devenant de plus en plus fou". En effet, si la maladie s'est dĂ©clenchĂ©e par une crise de folie furieuse dans la forĂŞt du Mans, le roi au fur et Ă mesure sera de plus en plus absent, sans que l'on parle de crise. Selon Bernard GuenĂ©e (La folie de Charles VI, roi Bien-aimĂ©), Charles VI grandit dans l'amour que lui portaient ses sujets. Tout se faisait par lui, et sans lui. Jamais roi si faible n'a portĂ© en lui une idĂ©e plus forte de la royautĂ© sacrĂ©e. La folie de Charles VI est pour quelque chose dans la construction de l'Etat moderne (cf. quatrain VI, 78). "Selin" "selin" ou "selyn" est employĂ© en I, 94 ("port selin" : peut-ĂŞtre Selinus ville de Cilicie oĂą est mort Trajan "tyran"); II, 1 ("port selyn" : en rapport avec les pirates barbaresques ?). Selinus est donc ville de Cilicie, et il y a d'autres Selinus, ville de Sicile, fleuve de Sicile ou du PĂ©loponnèse. En 1342, LĂ©on V Ă©tant mort sans laisser de postĂ©ritĂ©, Ă la dynastie des RoupĂ©niens succĂ©da la famille française des Lusignan. Jean de Lusignan, neveu du roi de Chypre et petit-fils de LĂ©on III par sa mère Isabelle, monta sur le trĂ´ne d'ArmĂ©nie, mais il ne rĂ©gna qu'un an. Plusieurs personnages de la mĂŞme famille se succĂ©dèrent rapidement jusqu'Ă LĂ©on VI. Après avoir rĂ©sistĂ© Ă plusieurs reprises aux Égyptiens et rĂ©clamĂ© vainement le secours des princes d'Europe, LĂ©on, Ă bout de ressources dans la forteresse de Gaban, se rendit Ă discrĂ©tion. Le royaume d'ArmĂ©nie n'existait plus. LĂ©on fut conduit au Caire et jetĂ© en prison. En 1382, la gĂ©nĂ©rositĂ© du roi de Castille lui valut la libertĂ©. Il voulut alors se rendre en Espagne pour remercier son bienfaiteur. De lĂ , il passa en France, et sollicita les bons offices de Charles VI pour recouvrer ses États. Le roi de France le reçut avec les honneurs dus Ă son rang et lui promit en mĂŞme temps que la guerre d'Angleterre une fois terminĂ©e, il l'aiderait Ă reconquĂ©rir son royaume. Charles VI mit Ă sa disposition le palais de Saint-Antoine (Ouen) Ă Saint-Denis et lui servit un large traitement. Pour reconnaĂ®tre les bienfaits du roi de France, LĂ©on offrit sa mĂ©diation auprès du monarque anglais, Richard II. Elle fut acceptĂ©e. Il partit pour Londres avec une suite magnifique. Le peuple anglais lui fit un accueil sympathique et le Parlement, cĂ©dant Ă ses reprĂ©sentations, envoya des plĂ©nipotentiaires Ă Boulogne-sur-Mer pour s'entendre avec ceux de la France sur les conditions de la paix. Malheureusement pour les ArmĂ©niens, les exigences de Richard mirent obstacle au succès de ces nĂ©gociations, et les espĂ©rances de LĂ©on furent déçues. Le roi d'ArmĂ©nie mourut Ă Paris le 29 novembre 1393. Il logeait alors au palais des Tournelles, rĂ©sidence habituelle des rois de France. Son corps fut inhumĂ© au couvent des CĂ©lestins, puis transportĂ© en 1789 dans la sĂ©pulture royale de Saint-Denis, oĂą il repose aujourd'hui. Il avait exprimĂ© le dĂ©sir d'ĂŞtre enterrĂ© suivant le cĂ©rĂ©monial des funĂ©railles des rois d'ArmĂ©nie. Son vĹ“u fut exaucĂ©, et ses obsèques furent cĂ©lĂ©brĂ©es en prĂ©sence des princes, des seigneurs de la cour et d'une grande foule de peuple. LĂ©on VI ne laissait pas d'hĂ©ritier. Un des Émirs turkomans de Cappadoce, le grand Karaman, s'empara de la Cilicie qui prit le nom de Karamanie. Elle a conservĂ© ce nom sous la domination des sultans ottomans, successeurs de ces Ă©mirs. Mais le titre honorifique de roi d'ArmĂ©nie passa aux Lusignan de Chypre, et plus tard, Ă l'extinction de cette branche, la maison de Savoie en hĂ©rita (Jean Broussali, L'ArmĂ©nie, Revue française de l'Ă©tranger et des colonies et l'exploration, Tome 3, 1886 - books.google.fr). Un manuscrit de la bibliothèque de Carpentras contient : Fol. 697. «Ex appendice Reineri Reineccii ad Haythonum. Regum Armeniae familia.» - «Antiquitez de Paris, livre 3, chap. des CĂ©lestins.» Extrait concernant la mort et le lieu de sĂ©pulture de LĂ©on de Lusignan. - Autre extrait sur le mĂŞme sujet des «Grandes chroniques de France en la vie du roy Charles VI». Copies de la main de Duchesne. Fol. 699. «Ex historia ms. Caroli VI. De morte regis Armeniae.» 1393. Copie de Duchesne. Fol. 700. «Traduction du grec.» Lettre à «Charles, roy et empereur des Romains», pour implorer son secours, portĂ©e par des «envoyez... [qui] vous tesmoingneront en quel Ă©tat sont les affaires de la Romanie». Fol. 702. «TraictĂ© d'alliance et confĂ©dĂ©ration entre le roy Charles VI et Jacques, roy de Hierusalem, de Cypre et d'ArmĂ©nie, faict Ă Paris chez le chancelier de Corbye, le 7 janvier 1397.» Fol. 704. Pouvoirs donnĂ©s par le roi Jacques Ă Jean de Lusignan pour le reprĂ©senter Ă la passation du traitĂ© Ă conclure avec le roi de France. 16 aoĂ»t 1395 (Catalogue gĂ©nĂ©ral des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Tome 35, 1899 - books.google.fr). Aux Ă©trennes du jour de l'an 1393, le duc de Bourgogne donna au roi d'ArmĂ©nie un fermail ornĂ© d'un cerf d'Ă©mail et garni de pierreries, tandis qu'il en reçut un diamant. En mars, ils se retrouvèrent, avec le roi et son frère devenu duc d'OrlĂ©ans, aux confĂ©rences de Leulinghem oĂą LĂ©on V prĂ©senta encore une fois ses projets pour la reconquĂŞte de son royaume. Selon Froissart, Ă ces confĂ©rences, Ă©tait apparu un nouveau personnage qui dĂ©fendait l'idĂ©e d'une libĂ©ration de la Terre sainte, Robert Le Mennot, alias Robert l'Ermite. Il avançait toujours la mĂŞme idĂ©e d'une paix prĂ©liminaire entre la France et l'Angleterre. Robert l'Ermite fut bien accueilli par le roi Charles VI qui demanda cependant l'avis de son oncle de Bourgogne et du chancelier de France, Arnaud de Corbie. Après un examen du personnage, les deux hommes jugèrent qu'on pouvait l'employer dans les nĂ©gociations avec les Anglais. Toujours Ă l'occasion de ces confĂ©rences, le poète Eustache Deschamps rĂ©digea, en latin, le 13 avril, une Complainte de l'Église, que le duc de Bourgogne lui demanda de traduire en français. Celle-ci se termine par un appel Ă la concorde entre les princes chrĂ©tiens et Ă la fin du schisme, «et par ainsi les deux paix, temporele et espirituele, se pourroit par vous legierement la Saincte Terre conquerir et les mauvaises lois des ennemis de la foy mettre en la vraye loy de Jhesu Crist». Les prĂ©mices Ă©taient apparues au printemps de l'annĂ©e 1392, mais l'annĂ©e 1393 marque vraiment le moment oĂą l'idĂ©e d'une croisade commença Ă prendre forme Ă la cour de France. Robert l'Ermite et Eustache Deschamps, qui ne faisait que traduire l'Ă©tat d'esprit qui rĂ©gnait Ă la cour, appelaient Ă la libĂ©ration de la Terre sainte. On s'y intĂ©ressa de nouveau grâce Ă l'arrivĂ©e de GĂ©rard Calvet, gardien du couvent du Mont-Sion (appelĂ© aussi gardien du Saint-SĂ©pulcre). Le 30 mai, le roi Charles VI ordonnait l'envoi Ă cette Ă©glise d'ornements de chapelle. Le duc de Bourgogne fit dĂ©livrer deux cents francs « pour don aux autres religieux du dit couvent [du Mont Syon de Jherusalem] pour Dieu et en osmone pour leur aidier a soustenir leur eglise». Le duc d'OrlĂ©ans lui fit au moins don d'une mule d'une valeur de cent francs (Jacques Paviot, Les ducs de Bourgogne, la croisade et l'Orient, fin XIVe siècle-XVe siècle, 2003 - books.google.fr). Le quatrain VI, 27 serait une mise en relation de plusieurs Ă©vĂ©nements Ă©loignĂ©s dans le temps : la conquĂŞte des Iles ("Isle") Canaries en 1402 par Jean de BĂ©thencourt, et la bataille de CrĂ©cy en 1346 et le siège de Calais en 1347. Pourquoi les Iles Canaries ? Les 5 fleuves seraient les fleuves qui coulent en Enfer dans la mythologie grecque : le Styx, l'AchĂ©ron, le PhlĂ©gĂ©thon, le Cocyte et le LĂ©thĂ©. Or l'ĂŽle d'Enfer (Insola del Inferno) est l'ancien nom donnĂ© en 1385, par Fernando Peraza Martel Ă l'ĂŽle de TĂ©nĂ©riffe alors qu'un volcan Ă©tait en Ă©ruption. L'autre fleuve ("de cinq fleuuves Ă un") serait le fleuve de l'or indiquĂ© sur l'Atlas catalan de 1375 oĂą on peut voir un navire avec quatre passagers qui vogue Ă pleine voile au sud du cap Bajador, au-dessous des Canaries. On lit la lĂ©gende (traduite du catalan) suivante : "Le vaisseau de Jacques Ferrer partit pour aller au fleuve de l'Or le jour de la saint Laurent, qui est le 10 aoĂ»t, et ce fut en l'annĂ©e 1346", soit 16 jours avant CrĂ©cy. Jean de BĂ©thencourt, accompagnĂ© par Gadifer de la Salle, tous deux chambellans de Charles VI, partirent de la Rochelle en 1402 et conquirent les Iles Canaries. Ils se brouilleront lorsque BĂ©thencourt voudra s'assujettir au roi Henri III de Castille contrairement Ă Gadifer, fidèle du roi fou. En 1343, Louis de la Cerda, le prince de la Fortune se promenait dans les rues d'Avignon comme roi des ĂŽles FortunĂ©es, en vertu de la donation que lui en avait fait le pape. En 1346, Jacques Ferrer les reconnaĂ®t et les mentionne dans son cĂ©lèbre Portulan, en les dĂ©signant particulièrement par les noms qu'elles portent encore aujourd'hui (M. Chil, MĂ©moire sur l'origine des Guanches, Comptes rendus stĂ©nographiques, 1880 - books.google.fr). Cf les quatrains IV, 94; X, 22 ("Le roi des isles"); X, 23 pour avoir plus d'informations sur les La Cerda. Lancelot Maloisel (en italien, Lanzerotto Malocello) (nĂ© au dĂ©but XIVe siècle Ă Varazze et mort avant 1385) (en italien : Lancelotto Malocello, en portugais : Lanzarote da Framqua) est un navigateur gĂ©nois du XIVe siècle, considĂ©rĂ© comme le dĂ©couvreur des Ă®les Canaries. Il a donnĂ© son nom Ă l'Ă®le de Lanzarote. Son sĂ©jour sur l'Ă®le est attestĂ© par les chroniques de la conquĂŞte de ces Ă®les par le Normand Jean de BĂ©thencourt. L'estimation actuelle situe la dĂ©couverte des Canaries par Maloisel pendant le règne d'Alphonse IV, entre 1325 (annĂ©e oĂą apparaĂ®t la carte d'Angelino Deporto qui ne comprend pas les Ă®les Canaries) et 1339, annĂ©e de la carte de Dulcert (probablement 1336) (fr.wikipedia.org - Lancelot Maloisel). Dans les Chroniques de France Froissart, nous trouvons des passages qui correspondent au vers attribuĂ© Ă la bataille de CrĂ©cy. Les troupes françaises Ă©taient complètement dĂ©sorganisĂ©es et comme atteinte de dĂ©mence qui se transmit au roi Philippe VI de Valois : "Quand li rois Phelippes de France vint auques priès de la place oĂą les Englois estoient arestĂ© et ordonnĂ©, et il les vei, se li mua li sans, car moult les avoit encargeit en grant haine, et perdi tous propos et arrois sus l'estat que li Monnes de basele avoit dit et ordonnĂ©, et dist tout hault : "Par mon âme et par mon corps, je voi mes ennemis, mais je les voel combattre"". Les "bruynes de l'air", Ă entendre comme le fit Virgile c'est-Ă -dire dans le sens de "neige" ("pruina" : Les GĂ©orgiques de Virgile avec une double traduction, 1812 - books.google.fr), rendent compte de la pluie de flèches lancĂ©s par les troupes anglaises qui avaient l'apparence selon Froissart de la neige : "Et cil arcier d'Engleterre, quant il veirent ceste ordenance, passèrent un pas avant, et puis fisent voler ces saĂŻettes, de grant façon, qui entrèrent et desendirent si ouniement sus ces GĂ©nevois que sambloit nège". "bruines" : brouillards Cette bataille, connue sous le nom de bataille de CrĂ©cy, commença vers trois heures après midi et dura jusqu'au soir. Le lendemain matin il fit un temps couvert, et les Anglois, ayant remarquĂ© qu'un grand nombre des ennemis s'Ă©toient Ă©garĂ©s pendant la nuit et au milieu du brouillard, employèrent une ruse pour les attirer en leur pouvoir. Ils plantèrent sur des hauteurs quelques drapeaux françois qu'ils avoient pris Ă la bataille, et tous ceux qui se laissèrent tromper Ă ce signal perfide furent Ă©gorgĂ©s sans pitiĂ© (Histoire d'Angleterre depuis l'invasion de Jules-Cesar jusqu'a la revolution de 1688, par David Hume et depuis cette epoque jusqu'a 1760 par Smollett, traduit de l'anglais, Tome III, 1819 - books.google.fr). Le dernier vers se rapporte assurĂ©ment aux six Bourgeois de Calais. Toujours selon Froissart : "Et se desvestirent lĂ cil VI bourgois tout nu en pur leurs braies et leurs chemises en le hale de Calais, et misent hars en leurs cols, ensi que ordenance se portoit, et prisent les clĂ©s de le ville et du chastiel". "fardeaux de lin" est Ă prendre dans le sens occitan oĂą "fardetos" signifie "layette d'enfant" et "fardo" "vĂŞtements, hardes, habits, linge". Jusque dans les Vosges "fardeau" est une toile servant Ă porter la paille. Les chemises des gens aisĂ©s (les Six Bourgeois de Calais faisaient partie des plus riches de la ville) Ă©taient en toile de lin ou en fine batiste (qui est aussi en lin) (Gabriel AzaĂŻs, Dictionnaire des idiomes romans du midi de la France, comprenant les dialectes du Haut et du Bas-Languedoc, de la Provence, Tome 2, 1878 - books.google.fr, Lami, Dictionnaire encyclopĂ©dique et biographique de l'industrie et des arts industriels, Tome 8, 1881 - books.google.fr). Le lien entre ces Ă©vĂ©nements est le personnage Louis de La Cerda dit Louis d'Espagne, mort le 26 aoĂ»t 1346 Ă la bataille de CrĂ©cy ou le 5 juillet 1348 Ă la Lamotte-du-RhĂ´ne. Il Ă©tait le fils aĂ®nĂ© d'Alphonse de La Cerda et de Isabelle d'Antoing, oncle du connĂ©table de France Charles de la Cerda, assassinĂ© en 1354 par Charles II de Navarre, et petit-fils de Louis IX de France par sa grand-mère maternelle Isabelle de France. Il avait sollicitĂ© de ClĂ©ment VI la couronne des Canaries. Le pape fit droit Ă sa demande par bulle du 17 dĂ©cembre 1344, amis Ă la condition qu'il paierait annuellement Ă l'Eglise romaine quatre cents florins d'or bons et purs, du poids et au coin de Florence. Le pontife remit solennellement Ă la Cerda un sceptre et une couronne d'or, en lui disant : Faciam principem super gentem magnam. Le nouveau roi quitta dès lors son titre d'infant d'Espagne pour prendre celui de prince de la Fortune. Le jour mĂŞme de son investiture, la Cerda parcourut Avignon avec le sceptre et la couronne. Une pluie violente, de mauvais prĂ©sage, le força de rentrer avec toute sa suite. Son titre Ă©tait contestĂ© par le roi de Portugal Alphonse IV. En 1341 celui-ci avait fait armer une petite flotte commandĂ© par le florentin Angiolino del Tegghia de Corbizzi qui reconnut l'archipel (Joseph Marie Bruno Constantin Kervyn de Lettenhove, Oeuvres de Froissart, Tome 21, 1875 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Louis de la Cerda). ...un qui, despouillĂ© ce tout jusqu'Ă sa chemise, ne trouva moyen de cacher sa nuditĂ© qu'Ă l'aide d'un devantier de femme (Pierre de Vaissière, Messieurs de Joyeuse (1560-1615) portraits et documents inĂ©dits, 1926 - books.google.fr). Les Anglais ayant dĂ©barquĂ© en France Ă Saint-Vaast-la-Hougue le 12 juillet 1346, le roi Philippe VI de Valois appela près de lui le prince de la Fortune (Gabriel Gravier, Le Canarien; livre de la conquĂŞte et conversion des Canaries (1402-1422) de Jean de Bethencourt, 1874 - books.google.fr). RĂ©occupĂ©es partiellement, mais pour peu de temps, au nom du roi d'Angleterre, par exemple après le dĂ©sastre de la flotte de Philippe de Valois Ă l'Ecluse (1340), on peut dire que les Iles de la Manche restèrent alors près de dix ans sous la domination française. Elles eurent un instant pour gouverneur l'amiral Jean de Vienne, un des hĂ©ros de cette Ă©poque, qui dĂ©fendit Calais contre Édouard III, lors du fameux siège de 1347. Des escadres espagnoles, commandĂ©es par Luiz de la Cerda, un des grands hommes de mer du moyen âge, se battirent dans leurs eaux contre les escadres de l'Angleterre montĂ©es par des Bayonnais, des Basques, des Flamands. Luiz de la Cerda, appuyĂ© sur les ports de Jersey et de Guernesey, dominait la mer, se portant tantĂ´t au nord, tantĂ´t au midi, revenant sans cesse Ă ses mouillages de l'Archipel. Il y livra un jour bataille, avec trente-deux caraques, Ă une flotte de quarante-deux navires anglais, venue le traquer dans sa place forte. La lutte fut terrible et dura jusqu'au soir, interrompue par une tempĂŞte qui dispersa les deux escadres. La Cerda rallia la sienne Ă La Rochelle et repartit pour Saint-Pierre de Guernesey, oĂą il reprit son poste d'observation. Les Anglais n'osaient plus envoyer de troupes Ă leurs provinces du golfe de Gascogne. Mais ils Ă©taient vainqueurs sur terre. DĂ©barquĂ© Ă Saint-Vaast-la-Hougue, sur les conseils du traĂ®tre Godefroy d'Harcourt, Édouard III avait pillĂ© toute la Normandie, ravagĂ© Caen, remontĂ© vers le nord-est, gagnĂ© la bataille de CrĂ©cy (1346) sur l'immense armĂ©e de Philippe de Valois, une cohue d'hommes et de chevaux, enfin pris, après un siège mĂ©morable, Calais (1347), qui lui fut abandonnĂ© par la France Ă la paix de 1348 dont le traitĂ© porte que «les Iles de la Manche, occupĂ©es par des garnisons françaises, seront Ă©vacuĂ©es aussitĂ´t que ledit traitĂ© parviendra Ă leur connaissance» (Aristide FrĂ©mine, Les Français dans les Ă®les de la Manche: Ă®les anglo-normandes, 1888 - books.google.fr). Jean de BĂ©thencourt qui dirige une expĂ©dition dans les ĂŽles Canaries en 1402 Ă©tait cousin de l'amiral Jean de Vienne, gouverneur de Calais lors du siège de 1347 (Roger DĂ©vigne, Jean de BĂ©thencourt, roi des Canaries, 1402-1422, 1944 - books.google.fr, H. Terrier de Loray, Jean de Vienne: amiral de France 1341-1396, 1877 - books.google.fr). Bernard de BĂ©arn (mort vers 1381) est l'un des fils bâtards de Gaston FĂ©bus. Il est fait Ier comte de Medinaceli (1368) et fonde la dynastie des comtes de Medinaceli. Il Ă©pouse Ă SĂ©ville le 14 septembre 1370 Isabel de la Cerda (1329-1385), dame de Huelva, GibraleĂłn et de Puerto de Santa MarĂa, descendante des rois de Castille et de LĂ©on. Elle est notamment l'arrière-petite-fille de Ferdinand de la Cerda, la petite-fille d'Alphonse et la fille de Louis, roi des ĂŽles FortunĂ©es (fr.wikipedia.org - Bernard de BĂ©arn). Yvain, son frère bâtard comme lui, Ă©tait destinĂ© Ă succĂ©der Ă Gaston PhĂ©bus. Charles VI, entichĂ© de lui, le fait participĂ© au Bal des Ardents en 1392. Il mourra de ses brĂ»lures. La folie du roi s'ensuit de cet Ă©vĂ©nement (Louis de Rouvroy duc de Saint-Simon, MĂ©moires complets et authentiques sur le siècle de Louis XIV et la rĂ©gence, Tome 12, 1872 - books.google.fr). Acrostiche : DPPS Outre la DĂ©fense de Donneau de VisĂ©, il y eut encore comme rĂ©ponse au pamphlet de d'Aubignac une lettre A Monsieur D.P.P.S. sur les remarques qu'on a faites sur la Sophonisbe de M. de Corneille (OEuvres de P. Corneille: Pertharite, roi des Lombards. Ĺ’dipe. La toison d'or. Sertorius. Sophonisbe. Othon, 1862 - books.google.fr). Dans un roman traitant de Sophonisbe, Histoire africaine de ClĂ©omède et de Sophonisbe (1627) de François de Gerzan, Cleomède se retrouve dans les ĂŽles Canaries oĂą il doit se faire Ă©gorger par une prĂŞtresse qui se rĂ©vèle ĂŞtre sa soeur (Maurice Magendie, Le Roman Francais au XVIIe siècle (1932), 1979 - books.google.fr). Im Gegensatz zu jenen namhaften Zeitgenossen wird die republikanische Begeisterung Lucan von Chaulmer und Corneille nur in spielerischer Weise ĂĽbernommen. Eine begrĂĽndete Auseinandersetzung mit dem Problem Monarchie oder Republik unterlassen beide : Nicht deshalb, weil ihnen Liebestragödien am ägyptischen Hofe als lohnenswertere Dramensujets erschienen. Die Gefährdung der Monarchie war zu Ende der Lebenszeit Richelieus vorĂĽber. Nur feststehende politische Maximen konnte ein höfisch gebundener Dramatiker wie Corneille wiedergeben. Lucans kämpferischer Freiheitssinn war ihm nicht mehr gemäß. Gerade das oft maĂźlose, unecht wirkende Freiheitspathos mochte aber noch am ehesten verleiten, seine republikanischen Tendenzen wenigstens in unverbindlicher Form zu ĂĽbernehmen. Seiner bedeutendsten Schwäche, die feinfĂĽhlige Literaten erkannten, verdankt Lucan auch noch im Zeitalter des Absolutismus seine Wertschätzung. Chaumler und Corneille unterscheiden sich nicht nur in ihrer politischen Gesinnung von Lucan und seinen Interpreten, auch die Liebesintrigen und -geschichten ihrer Dramen sind nicht typisch lucanisch, wenn sie auch von dem Epiker mitangeregt wurden. Während Lucan von der Liebe Kleopatras zu Pompeius' Sohn, Sextus, nichts zu berichten weiĂź - so aber Chaulmer -, findet er fĂĽr die Schwester des Ptolemäus nur Verachtung und HaĂź. Chaulmers und Corneilles Kleopatra besitzt dagegen etwas von der anmutigen Koketterie französischer Hofdamen, die den ebenfalls höfisch gestalteten Caesar beziehungsweise Sextus bezaubern muĂźte. In der Epoche Ludwigs XIII. war die Politik mit den Intrigen und Liebesaffären des Hofes untrennbar verknĂĽpft. Die Teilnahme der Frau an der Politik ist bedeutend. An den vielen Konspirationen gegen Richelieu wie z.B. an jener des Comte de Chalais waren kluge und schöne Frauen wie die Princesse de CondĂ© und Mme de Chevreuse wesentlich beteiligt. Kleopatra mit Caesar auf die BĂĽhne zu bringen, muĂźte fĂĽr einen Dramatiker eine reizvolle Aufgabe sein. Zwar verdient besondere Erwähnung, daĂź man in der zeitgenössischen französischen Literatur vor 1643 Caesar noch niemals als verliebten Hofmann dargestellt hatte; Corneille ist der erste, der diese Möglichkeit wahrnimmt. Wohl aber waren der antike Roman und der antikisierende französische Abenteuerroman von EinfluĂź auf das neue Caesarbild. Griechische Romane wie Hero und Leander von Musaios und die Ethiopica von Heliodor - der junge Racine las sie in Port-Royal heimlich - begeisterten die mondänen Salons mehr als der moralisierende Plutarch, und bald versuchten sich Literaten in umfangreichen Abenteuererzählungen, in denen unbedeutende historische Ereignisse zum Hintergrund fĂĽr groĂźartig in Szene gesetzte Liebesaffären genommen wurden. Afrika und Asien waren besonders bevorzugte Länder sagenumwobener Liebestragödien; die "Historie africaine de ClĂ©omède et de Sophonisbe" (1627) von François de Gerzan und die sieben Jahre später erschienene Fortsetzung als "Histoire asiatique de GĂ©rinthe, de Calianthe et d'ArthĂ©nice" des gleichen Autors sind die ersten antikisierenden Liebesromane des 17. Jahrhunderts (Jochen HĂĽther, Die monarchische Ideologie in den französischen Römerdramen des 16. und 17. Jahrhunderts, 1966 - books.google.fr). Dans Les Traversez hasards de Clidion et Armirie, Nicolas Des Escuteaux oppose deux conceptions de la monarchie pour mieux Ă©pouser la cause de la lĂ©gitimitĂ©. De la mĂŞme manière, dans L'Histoire africaine de F. de Gerzan, l'imitation dĂ©clarĂ©e des Éthiopiques n'empĂŞche pas que l'intrigue amoureuse soit rapidement subordonnĂ©e au succès des revendications politiques de ClĂ©omède. L'amour, principale motivation du voyage dans les romans antiques, est l'objet de fortes concurrences dans les textes français. Le souci de s'illustrer, de s'instruire, de voir des pays Ă©trangers, le dĂ©sir d'aller dans un lieu de repos ou de divertissement, de se retirer ou l'accomplissement de devoirs familiaux multiplient les voyages oĂą l'amour n'a pas sa part. Ces motivations correspondent Ă l'intrusion de prĂ©occupations ou de valeurs contemporaines (Laurence Plazenet, L'Ă©bahissement et la dĂ©lectation: rĂ©ception comparĂ©e et poĂ©tiques du roman grec en France et en Angleterre aux XVIe et XVIIe siècles, 1997 - books.google.fr). Le report de 1945 sur la date pivot 1344 (investiture de Louis de La Cerda par le pape ClĂ©ment VI) donne 743. En 743, un archevĂŞque de Porto, six Ă©vĂŞques, des fidèles emportant leurs biens fuirent l'Espagne envahie par les Maures et abordèrent Ă l'Ă®le des Sept-CitĂ©s, appelĂ©e aussi Antilla ou Sète Ribade. La chronique dit : «L'Ă©vĂŞque qui estoit gran cler sçavant l'art de nigromansce, encauta les dites isles et que jamais ne s'apparoistroient Ă personne tant que tuittes les Espaignes ne seroient rĂ©unises Ă nostre bonne foy catholique. (FoulchĂ© - Delbose) (Robert Charroux, Le livre de ses livres, 1985 - books.google.fr). Un tel voyage aurait Ă©tĂ© effectuĂ© selon une autre lĂ©gende par le goth Sacaru après la prise de MĂ©rida en 713 par les Maures : cf. La Lettre Ă Henry - Eulalie. Antilia a Ă©tĂ© parfois identifiĂ© aux ĂŽles FortunĂ©es ou Ă une Ă®le proche de celles-ci. Le sort des Guanches Il n'y a heureusement dans l'histoire que peu d'exemples d'une race dĂ©truite. Ernest Renan a Ă©crit en parlant de la violence romaine en Palestine que le pays ne devait pas s'en relever : «dĂ©sormais il ne sera plus question de la GalilĂ©e dans l'histoire du christianisme». Nous savons qu'aux Canaries les Guanches se suicidaient et tuaient leurs enfants pour ne pas les abandonner entre les mains de leurs bourreaux. Dans l'ère de folie de 1939 Ă 1945, l'idĂ©e du gĂ©nocide rĂ©gnait tout aussi bien : en parcourant les comptes rendus du procès des grands criminels de guerre et des expĂ©riences humaines pendant cette deuxième guerre mondiale on le comprend facilement (Revue des travaux de l'AcadĂ©mie des sciences morales et politiques et comptes rendus de ses sĂ©ances, 1960 - books.google.fr). Les Guanches (berbère Igwanciyen, prononcĂ© Igwanchiyène) sont le peuple autochtone des Ă®les Canaries. Les Guanches Ă©taient les seuls indigènes qui vivaient dans la rĂ©gion MacaronĂ©sie, comme dans les Açores, le Cap-Vert, Madère et les ĂŽles Selvagens. La majoritĂ© des Guanches pĂ©rirent en rĂ©sistant Ă la conquĂŞte espagnole, la plupart des survivants furent vendus comme esclaves, beaucoup aussi embrassèrent de force la foi catholique et s'unirent par mariage aux conquĂ©rants. Alonso Fernández de Lugo dĂ©barque Ă Tenerife. Il subit le 31 mai 1494 Ă La Matanza une sĂ©vère dĂ©faite. Le 25 dĂ©cembre 1495, les Guanches sont finalement Ă©crasĂ©s par les Espagnols Ă La Victoria. Tenerife est la dernière Ă®le Ă ĂŞtre soumise. La culture originale des Guanches est presque totalement anĂ©antie (fr.wikipedia.org - Guanches). Six siècles sĂ©parent le dĂ©but, pour le moins malheureux, de notre guerre de Cent Ans (26 aoĂ»t 1346) des journĂ©es d'Abbeville (28 mai-31 mai 1940). Et surtout quel rapport entre Philippe VI de Valois, le vaincu de CrĂ©cy, et Charles de Gaulle, le seul gĂ©nĂ©ral français qui ait tenu l'Allemand en Ă©chec dans cette malheureuse bataille de France de 1940 ? Pour Henri de Wailly «impossible de ne pas associer ces deux dates. Entre les batailles de CrĂ©cy et d'Abbeville, livrĂ©es Ă six siècles l'une de l'autre et Ă quelques kilomètres de distance, les analogies sont telles qu'elles dĂ©passent la coĂŻncidence. On peut y voir le signe d'une pĂ©rennitĂ© française. La tĂ©nacitĂ© poussĂ©e jusqu'Ă l'aveuglement, l'entĂŞtement Ă rĂ©pĂ©ter les mĂŞmes Ă©checs, l'acharnement rĂ©itĂ©rĂ© jusqu'Ă l'autodestruction relèvent, ici et lĂ , d'une mĂŞme mentalitĂ© militaire, faite de courage, d'orgueil et d'exaspĂ©ration. [...] Échouent-ils ? Ce sont des «traĂ®tres». Philippe VI le dit des GĂ©nois, comme de Gaulle de ses cavaliers. Les deux chefs n'Ă©coutent qu'eux-mĂŞmes : Philippe VI ne tient aucun compte de l'avis du vieux chevalier Le Monne de Basèle, qui lui conseille de retarder l'attaque, comme de Gaulle Ă©carte d'un mot celui de son vieux professeur, le gĂ©nĂ©ral Chanoine, qui lui conseille de manĹ“uvrer» (La chronique de Bernard Frank : Un colonel près d'Abbeville, Le nouvel observateur, NumĂ©ros 1326 Ă 1342, 1990 - books.google.fr, Henri de Wailly, Abbeville 1940: De Gaulle sous le casque, 1990 - books.google.fr). |