Eclipse
du 22 septembre 1968 Rivalité
américano-soviétique Réforme
régionale en Italie VI,
58 1968 Entre
les deux monarques esloignez, Lorsque
le Sol par Selin clair perdue, Simulté
grande entre eux indignez, Qu’aux
Isles & Sienne la liberté rendue. "Isles et Sienne" Wie wenig aber das eine so wohl als das andere ge grundet, erhellet daraus: daß zwar Kaiser Karl IV. im Jahr 1347 der Stadt Siena das Reichsvicariat über izt besagte Stadt und deren lande ertheilet; als aber dieselbe sich in den folgenden Zeiten gegen den Kaiser und das Reich empöret; so hat ihr Kaiser Karl V. solches Vicariat ex capite rebellionis wiederum genommen, und dasselbe im Jahr 1554. den 30 May zu Brüssel seinem Sohne Philipp II. mit der Clausel; (Sammlung auserlesener Abhandlungen aus dem Lehenrechte, Volume 2, 1781 - books.google.fr). Si les noms de Guelfes et de Gibelins avaient perdu en Lombardie leur sens primitif, ils désignaient au moins invariablement les ennemis des seigneurs et leurs amis. Et les Visconti, les della Scala, les Carrare et les Gonzague, représentants des Gibelins, avaient fait prévaloir la monarchie contre les Guelfes, qui représentaient la liberté républicaine. Il n'en était pas de même en Toscane: là , trois villes principales, Florence, Pise et Sienne dominaient les autres par leur importance, et quelquefois par leurs conquêtes. Mais la ville gibeline de Pise n'avait pas plus de seigneur que les villes guelfes de Florence et de Sienne; toutes trois prétendaient bien demeurer républiques, et l'exemple de Castruccio Castracani ne pouvait être imité impunément. Sienne, à part quelques guerres sans intérêt contre Florence, a son histoire séparée. C'est une lutte sans fin des nobles et du peuple, à laquelle les empereurs se mêlent quelquefois pour leur honte; une succession rapide de gouvernements sortis de l'un ou de l'autre parti, qui donnent la majorité à la noblesse ou à la populace, au mont des Neuf, au mont des Douze, ou aux Réformateurs. De temps en temps un administrateur étranger est appelé pour rétablir l'ordre, mais à condition qu'il n'exercera pas l'autorité pour lui-même, et qu'il se laissera chasser quand le peuple le voudra. Telle fut la vie de Sienne jusqu'au milieu du XVIe siècle, où il fallut subir la seigneurie des Médicis. Un autre prince aurait peut-être profité de ces favorables circonstances; mais Charles IV, méprisé par l'Italie, tourmenté par les princes allemands, ne soutint pas les Gibelins de Toscane. Sienne commença par repousser le patriarche d'Aquilée qu'elle avait reçu pour seigneur, et obtint confirmation de ses usages municipaux (Casimir Gaillardin, Histoire du Moyen âge, Septième cahier : Histoire de l'Eglise et de l'Italie jusqu'à la paix de Lodi, 1838 - books.google.fr). L'Empereur Charles IV. ayant en 1347. accordé la liberté & plusieurs autres privilèges à la Ville de Sienne à condition qu'elle en seroit déchuë si elle se révoltoit contre l'Empire, Charles-Quint prétendit que les habitans de cette Ville ayant chassé sa garnison & rasé leur citadelle en 1551. elle étoit déchuë de ses priviléges: ainsi il se l'appliqua à lui-même par des Lettres Patentes de l'année 1552. & la réduisit sous son obéïssance en 1554. moyennant les secours d'hommes que Cosme I. Duc de Florence lui fournit pour cette entreprise; outre plusieurs sommes d'argent qu'il lui prêta, & pour sureté desquelles l'Empereur lui mit entre les mains quelques places de l'Etat de Sienne. Lorsqu'en 1556. l'Empereur résigna ses Royaumes & tous ses Etats à son fils Philipe Second à la réserve de la dignité Impériale, il lui donna aussi l'Investiture de Sienne avec son territoire, avec le titre de Vicaire de l'Empire dans l'une & dans l'autre, & facilité de donner cette Ville en arriére-fief à qui il lui plairoit en réservant pour lui telles places de fon territoire qu'il jugeroit à propos. Le Duc Cosme souhaitoit extrêmement d'ajouter à son Etat celui de Sienne qui étoit à sa bienséance; il fit de grandes instances auprès du nouveau Roi pour qu'il le lui cédât: mais on l'amusoit toujours, & cependant le Duc d'Albe l'offrit aux Caraffes neveux du Pape Paul IV. pour les détacher de l'alliance de la France; les Caraffes rejettérent ces propositions, espérant obtenir de plus grands avantages par guerre qu'ils méditoient de porter dans le Royaume de Naples. Ainsi le Duc de Florence continuant ses instances, & ayant fait connoître au Roi Philipe que les François qui tenoient encore Montalein & quelques autres places dans l'Etat de Sienne, le sollicitoient de se liguer avec eux, & lui offroient de le rendre possesseur de Sienne & de tout fon Etat, ce Roi se résolut enfin de lui donner l'Investiture de cette Ville & de partie de fon Etat sous des conditions dont on conviendroit. Dans ce dessein il envoya vers Cosme D. Juan de Figuera qui après quelques légères contestations passa à Florence le 3. Juillet 1557. pardevant des Notaires Publics un Traité avec ce Duc pour régler les clauses de cette investiture (Jean-Yves de Saint-Prest, Histoire des traitez de paix et autres négociations du dix-septième siècle: depuis la Paix de Vervins jusqu'à la Paix de Nimègue, Tome 2, 1725 - books.google.fr). Le grand-duc de Toscane possède dans la Toscane deux Estats appellez l'ancien et le nouveau. L'ancien Estat comprend le Florentin et le Pisan, c'est-à -dire les territoires des Républiques de Florence et de Pise. Le nouvel Estat comprend ce qui dépendoit autrefois de la ville de Siene. [...] Outre la ville de Siene et son territoire ce nouvel Estat comprend encore la ville de Montalcin, le vicariat de Radicosano qui relève du Saint-Siège, les îles de la Pianosa, de Monte Christo et de Giglio et la partie de l'isle d'Elbe où est Porto Ferraro avec deux milles autour, le reste de l'isle appartient au roy d'Espagne qui y possède encore Portolongone (M. De Saint-Prest, Mémoire, Recueil des instructions données aux ambassadeurs de France. Volume XIX: Florence, Modène, Gênes, 1912. - heraldica.org). A penser que Sienne revenant à la Toscane avec certaines îles, c'est retrouver une liberté dans un ensemble plus grand jouissant de son autonomie. PRESIDI ou PRESIDII, l'Etat delli Présidi ou Presidii, en Latin Status Praesidii, petit païs du Siennois en Toscane. Il est autour du Golfe de Télamone ou Talamone, & ses lieux principaux sont, Orbitelle, Télamone ou Talamone, Porto-Hercole, Porto San-Stephano. Les petites isles de Giglio, d'Hercole, de Monte Christi, de Gianuti & de Pianosa, dépendent de cet Etat, qui étoit autrefois une partie du Territoire de Sienne. Lorsque le Duc de Toscane se rendit maître de la République de Sienne, les Espagnols se saisirent de ce petit païs. Ils y tenoient des garnisons en plusieurs places, ce que fait aussi l'Empereur depuis l'an 1714: & c'est de là qu'il a pris son nom, qui signifie l'Etat aux Garnisons (Le grand dictionnaire historique : P-R, 1748 - books.google.fr). "liberté rendue"... du point de vue français En 1551, la république de Sienne, menacée par Cosme de Médicis, implora l'assistance de Henri II, qui lui envoya un corps d'armée sous les ordres du maréchal de Thermes; mais, après des succès divers, les Siennois furent contraints de se soumettre aux Florentins, malgré l'appui de la France (Marc-Claude de Buttet, Oeuvres poétiques, Volume 2, 1880 - books.google.fr). Les Sienois en reconnoissance des bienfaits qu'ils avoient reçûs du Roi, à qui ils étoient redevables de leur liberté, avoient promis de lui être toûjours dévoués, de laisser à ses troupes le passage libre dans les villes de leur dépendance, de fournir des vivres à son armée, & de donner une retraite Toscane & assûrée dans leurs ports à ses flotes, & à tous les vaisseaux François (Histoire universelle de Jaques-Auguste de Thou, avec La suite par Nicolas Rigault, Tome 2 : 1551-1560, 1740 - books.google.fr). Les Franco-Turcs attaquent l'Archipel Toscan (Pianosa) en 1553 et Henri II revendique la souveraineté de la Corse - que Gênes lui avait proposée à plusieurs reprises - du fait de l'allégeance d'Andrea Doria à l'empereur Charles Quint (Antoine-Marie Graziani, Sur la route de Naples à Gênes : les Présides, Les enclaves territoriales aux Temps Modernes (XVIe-XVIIIe siècles)n 1999 - books.google.fr). "esloignés" Les longues guerres d'Italie se passaient au loin. Elles occupaient la noblesse, et le pays à l'intérieur respirait. La royauté ne cessait de développer son système d'administration et marchait de plus en plus vers le pouvoir absolu (Gustave Ducoudray, Histoire sommaire de la civilisation au Moyen-age et dans les temps modernes, 1887 - books.google.fr). En 1552, un fait majeur se produisit : les citoyens de la République de Sienne chassèrent la garnison espagnole de leur cité aux cris de «Francia ! Francia !». Lansac, qui arrivait de Rome comme par hasard, s'établit à Sienne comme représentant du roi. Il fut bientôt remplacé par Paul de Termes, ancien ambassadeur à Rome, redevenu capitaine. Puis le cardinal de Ferrare, Hippolyte d'Este, chargé de la «protection des affaires de France» en Italie, vint à son tour se fixer dans la république rétablie. Ce qu'on a appelé la «guerre de Sienne» commençait, succédant à la «guerre de Parme». Le cardinal ignorait que son ami Cosme de Médicis pût convoiter Sienne. Il se laissa berner et bercer de bonnes paroles, alors qu'en 1553 il eût été possible d'abaisser la puissance montante du duc de Florence, inféodé à Charles-Quint, et furieux de la présence de ses ennemis personnels, les Strozzi, à la cour de Henri II. Après le siège de Metz, en décembre 1552, où Guise repoussa les Impériaux avec l'aide de plusieurs capitaines italiens, on vit briller l'étoile des vainqueurs. L'envoyé du Pape à la cour de France écrivait : «Sa Majesté est toujours en compagnie de M. de Guise et des autres seigneurs qui sont arrivés de Metz. D'où il résulte que le Roi Très Chrétien est tourné complète vers les choses d'Italie» (cité par Romier 1, I : 344). Néanmoins, au lieu de frapper un grand coup et d'abattre Cosme de Médicis, Henri II se contenta d'envoyer en Toscane Pierre (Piero) Strozzi, pour qu'il lui rende compte de la situation. Et l'on attendit. Jusqu'à ce que les Siennois se fussent déclarés excédés de la tutelle du cardinal de Ferrare, toujours aux petits soins pour Cosme de Médicis, devenu ouvertement menaçant. De Rome, le cardinal Jean du Bellay et l'ambassadeur Lansac dénonçaient Hippolyte avec violence. La fin de 1553 fut marquée par la conquête de la Corse (qui appartenait à la République de Gênes, jusque-là neutre) et la nomination de Pierre Strozzi en qualité de lieutenant-général du roi en Toscane, ce qui était montrer l'hostilité de la France envers le Médicis, d'autant que Léon Strozzi (frère de Pierre) était rappelé d'exil (il avait eu maille à partir avec Montmorency), pardonné et invité à se joindre à son frère (une indication très nette que le Connétable était réconcilié avec les fuorusciti). Hélas ! Le cardinal de Ferrare prit fort mal l'arrivée de Strozzi et les deux hommes se disputèrent de telle manière que les Siennois en furent scandalisés. C'est le moment que choisit Cosme de Médicis pour lancer ses troupes contre la République siennoise convoitée depuis si longtemps (fin janvier 1554). En Italie, généralement, on critiqua le souverain français pour avoir confié la direction des opérations militaires en Toscane à un ennemi personnel du duc de Florence. Certains Français de Rome n'arrangeaient pas les choses en clamant que Henri II allait bientôt installer à la place de Cosme «son second fils, héritier des droits de Catherine de Médicis» (Romier 1, I : 405). Flairant le désastre, Hippolyte d'Este abandonna brusquement ses prétentions d'omnipotence et laissa le commandement militaire à Pierre Strozzi. Un choix que confirma Lancelot de Carle, envoyé extraordinaire de Henri II, venu en février 1554 pour concilier les deux «chefs français» (l'un était ferrarais et l'autre florentin !). Dégoûté, Hippolyte demanda la permission de se retirer de ce guêpier et en mai, il quitta Strozzi resta seul maître du terrain, assisté de Monluc dès juillet 1554, envoyé pour commander la garnison. Aveuglé par sa haine pour l'assassin de son père, Cosme de Médicis, Strozzi fit de la défense du Sienne une guerre de revanche contre Florence. Bien que les Siennois eussent détesté ataviquement leur grande voisine, ils se rendirent bien compte qu'ils devenaient les instruments des dangereux fuorusciti florentins (renforcés de leurs homologues napolitains). Quant au roi de France, peut-être pensait-il sincèrement que cette mobilisation des révoltés italiens allait contrarier l'influence de Charles-Quint, qui était l'allié de Cosme. L'éloignement géographique autorisait une telle erreur, que l'intuition ne corrigeait pas : Henri II avait le caractère chevaleresque d'un adolescent, et tous les visages de la prudence lui semblaient empreints d'un air de trahison (Jean Paul Barbier, Ma Bibliothèque poétique, 1990 - books.google.fr). Qui l'emporterait, de Charles-Quint et de Philippe, ou de Henri II ? Car l'Italie n'en était plus à lutter pour l'indépendance, mais seulement pour la forme de la sujétion et le degré de l'abaissement. Qu'on était loin des temps glorieux d'Alexandre III et de la ligue lombarde (George Duruy, Le cardinal Carlo Carafa: (1519-1561) : étude sur le pontificat de Paul IV, 1882 - books.google.fr). La France devait éprouver le contre-coup de la guerre qu'elle était allée provoquer si loin d'elle. En troublant Charles-Quint dans les préoccupations qui le retenaient obstinément à la limite de l'Allemagne et de l'Italie, elle réussit à l'attirer sur elle-même, et elle allait le voir pour plusieurs années se transporter et s'établir en quelque sorte à sa propre frontière. C'est de là que l'empereur, habile à changer de moyens sans changer de but, devait encore, pendant toute cette période, menacer l'Europe, ouvrir à son ambition de nouvelles perspectives, et de cette ruine éclatante de ses premiers projets, faire sortir des combinaisons inattendues, dont la première condition était toujours l'abaissement ou la conquête de la France. Ces tentatives ne demandaient pas une résistance directe moins vive de la part de la France et un concours extérieur moins pressant et moins actif de la part de la Turquie et des autres alliés qu'elle comptait encore en Italie. En effet, ce n'était pas trop de la réunion de toutes leurs forces pour soutenir cette lutte avec la fortune que Charles-Quint poursuivait si ardemment au milieu des alternatives de succès et de revers, et dans laquelle il ne devait être arrêté enfin que par sa propre lassitude et les dégoûts intérieurs de sa pensée. Les avantages et les échecs partagés de Henri II et de Charles-Quint dans leurs opérations militaires aux Pays-Bas et en Italie, amenèrent la trêve de Vaucelles en 1555. (Ernest Charrière, Négociations de la France dans le Levant (au XVIe siècle), Tome 2, 1850 - books.google.fr). La haine "simulté" : haine, inimitié (Louis Moland, Oeuvres de Rabelais, Tome 2, 1900 - books.google.fr). Bientôt la haine profonde que Henri II ressentait contre Charles-Quint, qu'il regardait comme le plus mortel de ses ennemis, et la défection désastreuse de Maurice de Saxe suscitèrent des événements qui furent comme la contre-partie des mémorables victoires de Pavie et de Muhlberg. Par une coïncidence singulière, le jour même (5 octobre 1551) où Maurice de Saxe arrêtait avec Henri II une alliance secrète à Friedewald, la reine Marie écrivait à Granvelle, évêque d'Arras, qu'il faudrait mettre ce prince trop influent dans l'impossibilité de nuire, en l'employant en Hongrie contre les Turcs. [...] En 1554, Charles-Quint, impatient de venger l'affront qu'il avait essuyé devant Metz, mit de bonne heure ses troupes en campagne; elles s'emparèrent des villes de Thérouanne et d'Hesdin, qui furent littéralement rasées. [...] Le 21 juillet, les Français vinrent camper autour de Mariemont, où les coureurs de l'armée avaient déjà mis le feu avant l'arrivée du roi. A l'aspect de la maison de plaisir de la vaillante sœur de Charles-Quint, Henri II ne sut point maîtriser la haine qu'il éprouvait pour l'empereur et pour la gouvernante des Pays-Bas. Tenant l'épée au poing, il cria aux gentilshommes qui l'entouraient : «Or, sus, mes chevaliers, donnons dedans !» Il entra ensuite dans le parc avec ses mignons, frappa les arbres de son épée et ordonna d'activer le feu qui consumait déjà ce magnifique château (Théodore Juste, Les Pays-Bas sous Charles-Quint: Vie de Marie de Hongrie, tirée des papiers d'état ; Introduction a l'histoire des Pays-Bas sous Philippe II, 1855 - books.google.fr). Acrostiche : ELSQ, Elesques Même si la représentation de la sphère comme totalité pour signifier l’Empire de la chrétienté ibérique est relativement diffusée, la tentative faite par Gonzalo Illescas (1521 - 1574) dans son Historia Pontifical y Católica pour saisir à la fois la globalité du monde et l’enchevêtrement des histoires en font l’originalité. Même si Illescas ne développe pas l’ensemble des exemples – potentiellement infinis – qui pourraient nourrir ces histoires multiples et connectées, il s’efforce de les rendre intelligibles à travers deux types de procédés qui les ordonnent intellectuellement. D’une part, comme nous l’avons dit, des figures exemplaires qui articulent les différents mondes, les différents moments et leur donnent sens, depuis les premiers papes jusqu’aux figures contemporaines. D’autre part, la diversité des histoires introduit également des moments exemplaires – royaume théocratique du prêtre Jean comme image de l’Utopie, tyrannie du monde musulman – qui contribuent à l’intelligibilité de la diversité du monde et permettent au lecteur de la Historia Pontifical de s’ouvrir à la globalité nouvelle (Nejma Kermele, Théorie et pratique de l’histoire du monde dans la Historia Pontifical y Católica de Gonzalo de Illescas, Quelle histoire globale au XVIe siècle ? / Fronteras de Ultramar Quelle histoire globale au XVIe siècle ?, e-Spania N° 30, juin 2018 - journals.openedition.org). Eclipse Une éclipse a lieu du 31 août 1551 visible en Europe (eclipsewise.com). Parmi les clients de Rosenberger il faut compter Cyprian Leowitz et Hieronymus Wolf, qui sont aussi clients de Georg et Ulrich Fugger. Alors que Hans Rosenberger n'est qu'un amateur, Georg est lui-même astrologue; il observe en compagnie de Leowitz l'éclipse de soleil du 31 août 1551, Leowitz, Eclipsium omium ... 1556 (Jean Dupèbe, Lettres inédites de Nostradamus, 2015 - books.google.fr). Le pape Jules III espère que l'éclipse de soleil d'août 1551 va amener de meilleures conjonctures : les astrologues attribuent à l'éclipse de lune la rupture entre le roi et le pape; or l'année climatérique va finir en octobre, année pendant laquelle ils avaient prédit périls de mort, maladies et soucis (Jean Lestocquoy, Correspondences des nonces en France, Dandino, Della Torre et Trivultio, 1546-1551; avec des Documents relatifs à la rupture des relations diplomatiques, 1551-1552, 1966 - books.google.fr). Typologie Le report de 1945 sur la date pivot 1552 donne 1159. Rolando Bandinelli, né vers 1105 à Sienne et mort le 30 août 1181 à Civita Castellana, est le 170e pape de l’Église catholique sous le nom d'Alexandre III à partir du 7 septembre 1159 jusqu'à sa mort. Les cités lombardes, qui s'étaient unies en janvier 1167 en une Ligue lombarde, infligent à Barberousse une sévère défaite à Legnano. L'empereur cède et reconnaît Alexandre III comme pape au traité de Venise en 1177 (fr.wikipedia.org - Alexandre III (pape)). Spinello Aretino, né Spinello di Luca Spinelli (Arezzo vers 1350-1410) est un peintre italien gibelin dont la famille florentine s'était réfugiée à Arezzo. Il est l'un des peintres les plus actifs de Toscane dans la seconde moitié du XIVe siècle. De lui on a L'Histoire du pape Alexandre III, dans le Palazzo Pubblico de Sienne (1407-1408) dont L'Empereur Frédéric Barberousse se soumet à Alexandre III (fr.wikipedia.org - Spinello Aretino). Cf. le quatrain VIII, 41 - Episcopat - 2060 ("pied des plus grands sur la gorge"). 1968 L’éclipse du 22 septembre 1968 « est partielle en France (grandeur 0,383 à Strasbourg), totale dans une partie de la Sibérie où se rend une équipe française dirigée par Marius Laffineur [1] » (« Sol par Selin clair perdue » : le soleil perdant sa luminosité par la lune). Elle a lieu un mois après l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie (21 août), et alors que la guerre du Viêt-Nam fait rage. Le contingent américain est au plus haut en décembre 1968 et se monte à 580 000 hommes. La rivalité (« Simulté » du latin « simultas ») entre les deux grands, Etats-Unis et URSS (« deux monarques esloignez » : Washington et Moscou sont éloignés de plusieurs milliers de kilomètres), s’illustre aussi par la course aux armements. Ainsi de 1960 à 1975, le nombre des missiles ICBM passe de 18 à 1054 pour les Etats-Unis et de 35 à 1618 pour l’URSS. Il faudra attendre 1972 pour que accords SALT 1, signés par Brejnev et Nixon, fixent des plafonds [2]. En Italie, le gouvernement de centre gauche au pouvoir de 1962 à 1971 mit en œuvre un programme en 7 points dont la réforme régionale est le point central. « Des mesures importantes furent prises dans le domaine économique… L’autre grand train de réformes fut d’ordre politique : une première offensive anti-mafia fut lancée en 1963, mais le point le plus important du programme restait la réforme régionale. Celle-ci fut progressivement mise en place de 1968 à 1970 [3] ». S’il y a un acte initial de la régionalisation, c’est bien en effet l’opération Mains propres de 1992. Certes, peu de temps avant cet événement politico-judiciaire, le processus de décentralisation avait connu une première relance, qui était dans la continuité directe du système de l’après-guerre : la loi 142 de 1990, qui redéfinit les compétences des pouvoirs locaux, est l’application ultime de la réforme régionale de 1968, qui renvoie elle-même à la Constitution de 1948 (Merloni, 2002). Mais c’est bien la crise politique générée par l’opération Mains propres qui déclenche une reconfiguration plus globale du pouvoir en Italie. Lorsque l’idée d’une réforme fédérale de l’Etat a émergé, le pays était au coeur d’une crise à la fois politique, économique et morale, il s’agissait donc, en puisant dans les forces locales et régionales, de ressourcer l’Etat central, discrédité par les scandales, critiqué pour ses « gaspillages » réels ou supposés, et mis en cause frontalement par la Ligue du Nord, parti de type poujadiste apparu en 1989. L’Italie entreprend dès lors une reconstruction globale de sa représentation politique : en symétrique du nouveau mode d’élection du Parlement (1993), l’élection directe des maires (1993) puis celle des gouverneurs régionaux (1999) introduit une présidentialisation du pouvoir local-régional (Magnier, 2003), qui aurait eu sans doute un impact moindre sur la vie publique italienne, si au même moment celle-ci n’avait pas connu une crise au niveau national. En tout état de cause, le «bon gouvernement du territoire» prend dans les années 1990 une importance nouvelle pour la construction d’une nouvelle classe politique (Franco Rutelli à Rome, Antonio Bassolino à Naples, etc.), qui passe par la construction d’une « gouvernance locale » ou régionale – mais aussi, le cas échéant, par une dérégulation affichée comme en Lombardie ou en Sicile. Ce contexte initial de crise de l’Etat a donc donné une dynamique forte au débat sur les Régions mais il lui définit aussi des limites. D’une part, ce n’est pas dans les Régions elles-mêmes que se trouvait initialement le ressort de la décentralisation, mais bien dans un désaveu de l’Etat central. Les Régions, telles qu’elles avaient été mises en place entre 1948 (la Sicile, la Sardaigne et les provinces à minorité linguistique du Nord) et 1968 (création des autres Régions), étaient loin de susciter l’enthousiasme au début des années 1990 car elles offraient alors un bilan plutôt mitigé, du fait en particulier des nombreux conflits de compétences qui les opposaient à l’Etat (Dominique Rivière, Les Régions entre Nations et Europe : l’Italie, Rives nord-méditerranéennes N° 25, 2006 - journals.openedition.org). |