Entrée à Rome des alliés

Entrée à Rome des alliés

L’épuration

 

VI, 28

 

1946

 

Le grand Celtique entrera dedans Rome,

Menant amas d’exilĂ©s & bannis :

Le grand pasteur mettra Ă  mort tout homme,

Qui pour le coq estoient aux Alpes unis.

 

A la suite des interprétations des quatrains de la centurie VIII, 4,5, 6 et 9, le "coq" est identifié à Louis XIII.

 

"grand pasteur"

 

Jörg Jenatsch, né 1596 à Lohn (GR) ou en Haute-Engadine, mort le 24/25.1.1639 à Coire, protestant, puis catholique (1635), de Samedan. Fils d'Israel, pasteur et notaire, et d'Ursina Balsamin. Marié avec 1) vers 1619 Katharina Buol, 2) 1627 Anna Buol. Jeunesse à Silvaplana, études de théologie à Zurich (1612-1616) et Bâle (1616-1617). Admis au synode des Grisons en 1617, pasteur de Scharans (1617-1618) et de Berbenno (Valteline, 1618-1620), à la frontière confessionnelle. En 1618, J. fut l'un des promoteurs du tribunal criminel de Thusis, qui rendit des sentences contre le parti espagnol. En 1620, il échappa de justesse, avec sa famille, au massacre des protestants grisons dans la Valteline (Sacro Macello). Il abandonna alors la Bible pour le glaive, s'affilia au parti vénitien des Salis et sur leur ordre participa aux campagnes meurtrières contre Pompée de Planta et d'autres partisans de l'Espagne. Capitaine en 1622 au service du comte Mansfeld en Allemagne, il devint colonel au service de Venise. Il prit part en 1624 et 1635 à la reconquête de la Valteline par les Français. Ceux-ci refusant de rendre aux Grisons les pays sujets et tardant en outre à payer les soldes dues, J. participa à des pourparlers secrets avec les Habsbourg, en dépit de son intimité avec le duc de Rohan. Il se convertit au catholicisme en 1635 (sa famille ne l'imita pas). Il prit la tête du soulèvement de 1637 qui déboucha sur l'expulsion des Français hors de la Valteline et des Grisons. Il fut assassiné en 1639 dans une auberge de Coire, durant une nuit de carnaval, dans des circonstances qui aujourd'hui encore ne sont pas totalement éclaircies, et enseveli le même jour dans la cathédrale. De puissants intérêts s'opposaient à l'identification des meurtriers et surtout des instigateurs du crime; de ce fait, l'enquête resta superficielle (Jörg Jenatsch - hls-dhs-dss.ch).

 

"mettra Ă  mort"

 

La capitulation de Lecques sauva ses troupes d'un irréparable désastre. Communiquée aussitôt à Serbelloni, qui s'engagea à en observer les clauses et à ne pas quitter ses cantonnements, elle fut scrupuleusement quitter ses cantonnements, elle fut scrupuleusement exécutée par celui qui l'avait signée malgré lui. Du même coup les Valtelins touchaient au terme de leurs souffrances. Mais les rancunes qu'ils nourrissaient contre les oppresseurs de leur sol n'étaient pas éteintes, et ce fut de sang-froid qu'ils massacrèrent les hommes isolés du corps d'occupation tombés entre leurs mains (Massacre de soldats français par les Valtelins, 1637). Commencée le 14 avril, l'évacuation de la vallée de l'Adda par les régiments royaux se poursuivit durant plusieurs jours sans incidents notables et permit aux commissaires grisons de prendre successivement possession, à des dates fixées d'avance, des principaux ouvrages fortifiés de la Rhétie d'Outre-Monts. Répartis en deux colonnes, les débris glorieux de ce qui avait été naguère la deuxième armée de Valteline franchirent péniblement les Alpes par la voie du Splügen et celle du Septimer (Édouard Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, de leurs alliés et de leurs confédérés, Tome 5, 1913 - books.google.fr).

 

Converti au catholicisme et ayant trahi le parti français pour le parti catholique, Jürg Jenatsch, nommé lieutenant général du pays des Grisons, s'aliéna l'opinion publique et l'exaspéra par ses crimes, son orgueil et sa perfidie. Le 24 janvier 1639, au milieu d'un banquet de carnaval à Coire, il fut assailli par un groupe d'hommes masqués et tué d'un coup de pistolet. Quelques mois après la mort de Jenatsch, les Ligues grisonnes envoyèrent à Madrid une ambassade extraordinaire, qui conclut avec l'Espagne, le 3 septembre 1639, un traité de paix perpétuelle. Elles rentraient en possession de la Valteline, de Bormio et de Chiavenna; mais la religion réformée n'y fut plus tolérée. En 1649 et en 1652, l'archiduc d'Autriche, Charles-Ferdinand, céda pour une somme d'environ cent mille florins, dont il avait «un très pressant besoin», tous les droits de souveraineté que sa maison possédait dans les Dix-Juridictions et dans la Basse-Engadine. L'Autriche ne détenait plus dans les Grisons que la seigneurie de Tarasp et celle de Rhäzüns. Libre et souveraine, la République fédérative des Grisons avait toutes les qualités requises pour devenir un canton suisse. Les Grisons le désiraient vivement. Ils sollicitèrent cet honneur. Ils se heurtèrent, comme les bourgeois de Mulhouse et de Genève, à l'opposition irréductible des cantons catholiques (Paul-Otto Bessire, Histoire du peuple suisse par le texte et par l'image, Tome 2, 1940 - books.google.fr).

 

Ganz besonders war es aber die Ermordung mehrerer hochangesehener Edelleute, wie des Pompejus von Planta, Joseph's von Capol (1621), des Obersten Ruinelli (1627) und des Johann Peter von Stampa (1638), welche Jenatsch der damals in Bünden ganz gewöhnlich gewordenen privaten Blutrache zum Opfer fallen liess. Schon im Jahre 1627 war er dem von der Hand einer Frau, der Schwester des Obersten Ruinelli, vermählten von Rosenroll, gegen ihn geführten Dolche nur wie durch ein Wunder entgangen (Salis-Soglio, Die Familie von Salis: Gedenkblätter aus der Geschichte des ehemaligen Freistaates der drei Bünde in Hohenrhätien (Graubünden), 1891 - books.google.fr).

 

Jakob Ruinelli, dernier des Baldenstein (leur château se trouve dans les Grisons), combattit avec les Français contre les Espagnols de 1624 à 1627 sous François-Annibal d'Estrées (vers 1572/1573 – 5 mai 1670 à Paris), marquis de Cœuvre. Il accompagne Jenatsch dans l'assassinat de Pompée Planta (1621), chef grison du parti pro-espagnol, dans son château de Rietberg (Eugène de Courten, Un Régiment valaisan au service de France dans la Campagne de Valteline de 1624-1627, - books.google.fr, en.wikipedia.org - BaldensteinCastle).

 

Le meurtre de Jean-Pierre Stampa Ă  Chiavenna, le 26 juillet 1638, perpĂ©trĂ© par 6 hommes dans la cave de Jenatsch Ă  Chiavenna :

 

Le colonel Jenatsch est en mauvaise odeur parmi eux (Grisons), entr'autres raisons à cause du meurtre commis en la personne du Sr Juanne Pietro Stampa, natif de Chiavenna (Édouard Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, de leurs alliés et de leurs conféderés, Tome 5, 1913 - books.google.fr).

 

Une année avant sa mort, Jénatsch s'était souillé par un nouveau meurtre, celui de Jean-Pierre Stampa, un ami des Salis, qui avait loué ces chefs aux dépens du fameux colonel. «Il lui en coûtera la vie,» avait dit entre ses dents le terrible capitaine, alors commandant du comté de Clèves, et quelques jours après le malheureux Stampa périssait sous les coups de six bandits dans la cave de Jénatsch où ce dernier l'avait invité à venir boire du vin frais. Ce meurtre, joint à sa conversion au catholicisme, avait excité une telle irritation contre le colonel qu'il s'était vu obligé de faire garder sa famille à Coire par les soldats du régiment de Travers dévoué à sa personne (M. Daguet, Histoire de la Confédération Suisse, Tome 2, 1880 - books.google.fr).

 

"grand Celtique"

 

Plusieurs collèges de Rome ont une origine officielle : un pape est leur crĂ©ateur. C'est le cas du collège anglais, qu'Ă©tablit Ă  Rome GrĂ©goire XIII en 1579; les Ă©lèves, anglais d'origine, propagent la foi romaine en Angleterre. A Valladolid depuis 1592, Ă  Lisbonne depuis 1662, deux autres collèges anglais ont une clientèle et un but analogues. L'Écosse a son collège Ă  Rome, fondĂ© par ClĂ©ment VIII en 1600, et un second Ă  Valladolid, depuis 1627. Le collège irlandais de Rome fut fondĂ©, au dĂ©but du pontificat d'Urbain VIII, par le cardinal Ludovisi; Ă  Paris, dès le seizième siècle, existait un pareil sĂ©minaire, encore très prospère; les Franciscains, en 1625, créèrent Ă  Rome, sous le vocable de saint Isidore, un second collège pour l'Irlande (Le Vatican: les papes et la civilisation, le gouvernement central de l'Ă©glise, 1895 - books.google.fr).

 

John Gerard, né le 4 octobre 1564 dans le Derbyshire (Angleterre) et décédé le 27 juillet 1637 à Rome, est un prêtre jésuite anglais, qui exerça son ministère sacerdotal clandestinement en Angleterre durant la période élisabéthaine. De 1627 à sa mort, il est directeur spirituel du collège anglais de Rome (fr.wikipedia.org - John Gerard (jésuite)).

 

Le Collège écossais est fondé par Clément VIII, le 5 décembre 1600, grâce aux recettes de l'ancien Hospice des Écossais. De 1615 à 1773, le Collège écossais est confié à compagnie de Jésus (fr.wikipedia.org - Collège pontifical écossais).

 

Peiresc meurt le 24 juin 1637.

 

«C’est à Rome que l’hommage le plus émouvant, et le plus original en même temps, fut rendu à sa mémoire. L’Académie des Humoristes qui y tenait ses assises, et dont Peiresc était membre, tint, à la demande du pape Urbain VIII, une séance exceptionnelle le 21 décembre 1637, qui fut entièrement consacrée à sa mémoire.» (Cahen-Salvador, p. 168-169.)

 

«Pour perpĂ©tuer le souvenir de ce jubilĂ© posthume, l’Oraison de Bouchard fut publiĂ©e, avec les poèmes lus par les acadĂ©miciens. Elle eut un nombre imposant d’éditions, qui se rĂ©pandirent dans toutes les contrĂ©es du monde civilisĂ©. Mais ce ne parut pas suffisant : un recueil d’environ quarante Ă©loges funèbres en quarante langues, c’est-Ă -dire en presque autant de dialectes qu’il y en avait de connus dans les pays policĂ©s, fut spĂ©cialement Ă©ditĂ©, auquel on donna le titre Ă©mouvant de GĂ©missement du genre humain, mais qu’on dĂ©nomma bientĂ´t plus couramment la Panglossie, ou Ouvrage en toutes langues.» (Cahen-Salvador, p. 170.)

 

Le texte breton est de Francisci Kian Britonis. Il faut probablement lire Francisci Kerian (= Ker -f-Yann, nom de famille francisé en Kerjean). On sait en effet que Ker est souvent rendu par un «K barré». L L’imprimeur n’a pas compris cette abréviation.

 

Luc (Luke) Wadding, 1588-1657, est un cĂ©lèbre franciscain irlandais qui a sĂ©journĂ© Ă  Rome Ă  partir de 1618 : il y a fondĂ© le collège Saint-Isidore (1625). On lui doit des Annales Ordinis Minorum (8 vol.) Rome, 1628-1654, et un recueil de Scriptores ordinis Minorum Rome 1650. Son Carmen hibernicum (poème irlandais) Ă  la mĂ©moire de Nicolas Claude Fabri Peiresc, a Ă©tĂ© imprimĂ© en 1638 (GwennolĂ© Le Menn, Eloge funèbre de Peiresc en moyuen-breton tardif, Etudes celtiques, Volumes 16 Ă  17, 1979 - books.google.fr).

 

"amas d'exilés"

 

En gaélique amas se dit "dun" (Emile Littré, Histoire de la langue française: Études sur les origines, l'étymologie, la grammaire, les dialectes, la versification et les lettres au moyen âge, Tome 1, 1886 - books.google.fr).

 

DUNUM, dune, terme de l'ancien Celtique pour signifier un lieu Ă©minent : Plutarque ou l'Auteur du livre des Fleuves parlant des Gaulois : Dunum vocant locum eminentem. Buchanan remarque dans son histoire d'Ecosse, que ces grands amas de sable sur les costes de Flandres, tiroient de lĂ  leur nom de Dunes, & que toutes les villes dont les noms commencent, ou finissent par dunum, tunum, sont placĂ©es sur des lieux Ă©minens; il en rapporte un grand nombre qui sont dans la France, l'Espagne, la Grande Bretagne, l'Ecosse, l'Allemagne, les Alpes, les Grifons, & dans la Sarmatie mesme; ce qui nous montre que dans toutes ces Provinces on parloit la langue Celtique (Louis Thomassin, MĂ©thode d'Ă©tudier et d'enseigner la grammaire ou les langues par rapport Ă  l'Ecriture Sainte, en les rĂ©duisant toutes Ă  l'hĂ©breu, Tome 2, 1693 - books.google.fr).

 

L'anglais "wad" : heap (tas, amas) (Joseph Emerson Worcester, A Dictionary of the English Language, 1884 - books.google.fr).

 

A peine de retour en Italie, de l'avis des principaux religieux, le Général des Franciscains chargea le P. Luc Wadding de préparer la grande édition des œuvres de Scot réclamée par tout le Chapitre. Afin d'assurer plus efficacement la prompte exécution de ses projets, il ordonna au savant religieux de suspendre tous ses autres travaux et de s'occuper uniquement de l'édition corrigée, complète et soigneusement annotée des oeuvres du Docteur subtil. Il lui adjoignit les Pères Antoine Hiquæus et Jean Poncius tous deux Lecteurs de théologie au collège même de Saint-Isidore. Ils furent chargés de compléter les commentaires du Père Lychetus, et ils s'en acquittèrent à la grande satisfaction de tous. En même temps le Général choisit deux autres Pères du même collège pour surveiller à Lyon le travail typographique et il se chargea lui-même de fournir à toutes les dépenses que nécessiterait cette vaste entreprise. Aidé de tous ces secours, le père Wadding se mit résolument à l'œuvre (P. Dominique, Merveilleux épanouissement de l'École Scotiste au XVIIe siècle, Etudes franciscaines, Volume 25, 1911 - books.google.fr).

 

Wadding parcourut les bibliothèques de Rome, de Naples, d'Assise, de PĂ©rouse et de bien d'autres villes italiennes. En 1620, l'ambassadeur espagnol fut rappelĂ© dans son pays, mais Wadding reçut l'ordre de rester Ă  Rome pour assister le nouveau chargĂ© d'affaires. Il avait dĂ©jĂ  commencĂ© ses recherches historiques. Le gĂ©nĂ©ral de l'Ordre, BĂ©nigne de Gènes, avait par lettre du 20 avril 1619 prescrit d'envoyer Ă  Rome copie de tous les documents concernant l'histoire de l'Ordre. Ces documents furent remis Ă  Wadding. Celui-ci, comme première Ĺ“uvre, publia Ă  Anvers en 1623 les Écrits de saint François, faisant paraĂ®tre entre temps une concordance hĂ©braĂŻque du P. Mario de Calasio, avec un traitĂ© de son crĂ» comme prĂ©face. Concurremment il faisait imprimer les Ĺ“uvres d'Angelo del Paz, dont le premier volume vit le jour en 1625. En 1624, il avait Ă©ditĂ© la Concordance de saint Antoine de Padoue et le Promptuarium morale d'un Franciscain irlandais anonyme. La mĂŞme annĂ©e le P. Strasser publia Ă  Vienne sous son nom le rĂ©cit du martyre Ă  Prague de quatorze Frères Mineurs, rĂ©cit que Wadding lui avait communiquĂ©. En 1625 Wadding fit paraĂ®tre Ă  Madrid son Apologeticum de praetenso monachatu augustiniano s. Francisci, pour rĂ©futer ceux qui voulaient que saint François ait Ă©tĂ© dans sa jeunesse ermite de Saint-Augustin. Mais la rĂ©putation de Wadding comme Ă©crivain et comme critique vient surtout de son Ă©dition monumentale des Ĺ“uvres de Duns Scot, de ses Scriptores et enfin de ses Annales Ordinis Minorum. Les OEuvres du Docteur subtil furent publiĂ©es Ă  Lyon en 1637; elles forment 16 volumes; la prĂ©paration de l'Ă©dition avait demandĂ© quatre annĂ©es . La vie de Duns Scot , qui figure en tĂŞte du premier volume ne parut qu'en 1644. Les Scriptores Ordinis Minorum ne forment qu'un volume in-folio (1650). Le travail le plus considĂ©rable de Wadding fut Ă  coup sĂ»r ses Annales, histoire de l'Ordre depuis sa fondation; huit volumes parurent entre 1625 et 1654, menant le lecteur jusqu'en 1540; deux autres volumes Ă©taient sur le point de paraĂ®tre quand Wadding mourut le 18 novembre 1657. Il avait su grouper autour de lui, dans le collège de Saint-Isidore qu'il avait fondĂ© en 1625, toute une Ă©quipe de religieux lettres qui purent l'aider dans la tĂ che Ă©norme qu'il avait entreprise. Le P. Cleary donne les biographies de chacun de ces collaborateurs : Antoine Hickey (mort en 1641), Gaspard de la Fuente, Jean de Riera, Martin Walsh (Valesius, 1634), François Tully (ou de Sainte-Marie), Jacques Miles (Milesius, mort en 1634 ou 1639), Jean Ponce (1603-1672), ThaddĂ©e Daly, Patrice Brennan, Bonaventure Baron (1610-1696), Philippe Roche, Bonaventure Conny (Quinacus), Bernardin Barry, Antoine O'Brien, Bonaventure Condon, François O'Molloy, François Harold, Maur Matthews, François Junius, Jean Heslenan, Paul King, Patrice Tyrell (mort en 1692), François Porter (mort en 1702), Bonaventure de la Hoid, François Tarpy, Diègue Barry, Thomas Lea, Patrice Brenan, Edmond Ponce, Patrice O'Connor, Edmond Bray, Daniel Brouder (mort en 1687), François Verdon, Antoine Comerford, Jerome Herbert, Philippe Roche, Denis O'Donel, François Bermingham, Malachie, Corcoran, Jean Barnevall, Bonaventure Milan (ou Mahony, mort en 1657), Brandon (ou Bonaventure) O'Connor, Bonaventure O'Connor (ou de Saint-Patrice), Antoine Broudin (mort en 1671), François Coppinger, Jacques Darey, Jean Brady, Patrice Fleming, Bernard Conny (ou Mac Giolla Coinne), François O'Sullivan, Eugène O'Cahan, Denis O'Nelan, ThaddĂ©e O'Carraghy (mort en 1651), Richard Synnott (mort en 1649), Bonaventure Bruodin (mort en 1670). Tous n'aidèrent pas Wadding pendant aussi longtemps, quelques-uns ne firent Ă  Saint-Isidore qu'un sĂ©jour de quelques mois, mais on retiendra comme les plus notables et qui se sont d'ailleurs fait un nom par eux-mĂŞmes, Hickey, Baron ou Baronius, et Jean Ponce (Bibliographie : Father Luke Wadding and St Isidore's college de Gregory Cleary, Revue d'histoire franciscaine, Volume 3, 1926 - books.google.fr).

 

"entrera"

 

On parle le plus souvent d'"entrée" pour des rois, reines, princes, ambassadeurs pénétrant dans des villes.

 

Dans son très prĂ©cieux panĂ©gyrique de saint Bernardin de Sienne, Roberto da Lecce raconte de la sorte la joie des ennemis du frère Mineur : «ante vero quam se contulisset ad Urbem (Urbem, c'est-Ă -dire Rome) sonabant undique falsi rumores de s. Bernardino. Dicebant enim populi : «veniet, veniet ille hæreticus»; alii: «comburetur ille hæreticus» et similia. Dum vero Urbem intravit, ostendebatur digito et unus alteri cachinando dicebat: «hic, hic est ille». Ipse vero hæc omnia pro Dei amore æquanimiter portabat», Roberti Caracioli de Licio ord. Min. opus de laudibus sanctorum, Venetiis, 1489, ad calcem operis (au 3e folio du panĂ©gyrique; l'ouvrage est dĂ©pourvu de numĂ©rotation de page ou de folio) (FĂ©lix Vernet, Bernardin de Sienne et Martin V, L'UniversitĂ© catholique, Volume 4, 1890 - books.google.fr).

 

Bernardin de Sienne, mort en 1444, était franciscain comme Wadding et fut le propagateur de la dévotion du Nom de Jésus.

 

Dans les nombreux portraits qui ont Ă©tĂ© faits de lui au quinzième et au seizième siècle, et qu'on voit partout en Italie, il porte presque toujours, de ses deux mains, une tablette, le plus souvent carrĂ©e, quelquefois ronde, encadrĂ©e d'or, au milieu de laquelle sont les trois lettres I H S entourĂ©es de rayons en haut du portrait, quelque exergue comme celui-ci: «Manifestavi nomen tuum hominibus.» De ces peintures, on peut rapprocher deux belles mĂ©dailles de Bernardin, gravĂ©es, peu après sa mort, par Antonio Marescotti, sculpteur ferrarais toutes deux ont d'un cĂ´tĂ© le buste du saint, de l'autre le trigramme entourĂ© de rayons; l'une a pour devise: «Manifestavi nomen tuum hominibus»; l'autre, ces mots : «In nomine The omne genu flectatur celestium. terrestriv. inferno.» (Paul Thureau-Dangin, Saint Bernardin de Sienne : 1382-1444, 1896 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain I, 48 avec Henri Suso, qui se grava le monogramme IHS sur la poitrine.

 

Notons Bonaventure Tusch, protestant des Grisons, compagnon de Jenatsch (Jules Gourdault, La Suisse: Ă©tudes et voyages Ă  travers les 22 cantons, Tome 2, 1880 - books.google.fr).

 

"tout homme"

 

Hoc quidem verum est, quod non totus homo, sed pars melior hominis anima est; nec totus homo corpus, sed inferior hominis pars est: sed cum est utrumque conjunctum simul, habet hominis nomen; quod tamen et singula non amittunt, etiam cum de singulis loquimur (Livre XIII, Chapitre XXIV).

 

(Il est bien vrai, l'âme, quoique la partie la plus noble de l'homme, n'est pas tout l'homme; le corps n'est pas non plus tout l'homme, c'est même la moindre partie de l'homme: mais ces deux parties réunies prennent le nom d'homme que chacune d'elles conserve, même quand on parle de l'une ou de l'autre en particulier) (Aurelius Augustinus, Œuvres complètes, Tome 24 : La cité de dieu, 1873 - books.google.fr).

 

L’homme n’est, selon Descartes (Discours de la mĂ©thode, cinquième partie, AT, VI, 1973, p. 59., 1637), un «vrai homme» qu’à la condition d’être indissociablement âme et corps. On trouvait dĂ©jĂ  chez Erasme la notion proche de totus homo, «l’homme tout entier» : les âmes bienheureuses ne parviendront Ă  la vĂ©ritable bĂ©atitude qu’à la rĂ©surrection de la chair, quand le corps redevenu glorieux sera «absorbé» par l’esprit : «Quelle sera donc cette vie du ciel, Ă  laquelle aspirent si ardemment les âmes pieuses ? L’esprit Ă©tant victorieux et plus fort absorbera le corps (absorbebit corpus); et ce sera d’autant plus facile qu’il l’aura prĂ©parĂ© Ă  cette transformation en le purifiant et l’épuisant pendant la vie. A son tour, l’esprit sera absorbĂ© (spiritus a mente absorbebitur) par la suprĂŞme Intelligence (a mente illa summa), dont toutes les puissances sont infinies. Ainsi se trouvera hors de lui-mĂŞme l’homme tout entier (totus homo)» (Eloge de la Folie, § 67) (Jacques darriulat, Descartes et la mĂ©lancholie, Revue philosophique, octobre-dĂ©cembre 1996 - www.jdarriulat.net).

 

Ulrich Zwingli dès l'an 1519 avoit prêché la réforme à Zurich. [...] Le 3 Octobre 1551, 8000 Catholiques attaquèrent près de Cappel la petite armée Zuricoise, forte seulement de 2000 hommes qu'ils mirent en fuite. Quelques-uns de ces derniers se défendirent toutefois longtemps avec une grande valeur, et ne voulurent pas survivre à la défaite de leurs concitoyens; c'est parmi ces braves que l'on trouva le corps de Zwingli percé de plusieurs coups. Le Réformateur mourut en prononçant ces mots: s'ils tuent te corps, ils ne peuvent point tuer l'âme. Son cadavre fut mis en pièces et jeté dans les flammes. Thomas Plater sauva son cœur du milieu des Hammes et Myconius le jeta dans le Rhin, de peur qu'il ne vint dans l'esprit à quelqu'un d'en faire l'objet d'une nouvelle superstition (Johann Gottfried Ebel, Manuel du voyageur en Suisse, Tome 2, 1810 - books.google.fr).

 

Les missionnaires capucins qui Ĺ“uvrèrent en Basse Engadine, dans le canton des Grisons, entre 1629 et 1639, sont Ă©galement intarissables sur les difficultĂ©s qu'ils rencontrèrent et sur les menaces et injures qu'ils recevaient quotidiennement. [...] Ils firent preuve d'une tĂ©nacitĂ© Ă  toute Ă©preuve : «si on les chassoit par une porte, ils entroyent par un autre», Ă©crit le père Charles de Genève Ă  propos des capucins en Valais. Les capucins en poste en Basse Engadine ne furent pas moins entĂŞtĂ©s. StoĂŻques devant des menaces qui devenaient pourtant très sĂ©rieuses, les missionnaires rĂ©pondaient : «Nous ne craignons pas ceux qui peuvent tuer le corps [...] et qui ne peuvent tuer l'âme» (Mt 10, 28) (Chantal Gauthier, La mission en frontière de catholicitĂ© au XVIIe siècle. Les capucins dans les Alpes suisses, L'espace missionnaire: lieu d'innovations et de rencontres interculturelles, 2002 - books.google.fr).

 

Les Frères mineurs capucins (en latin : Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum, abrĂ©gĂ© en O.F.M. Cap.) forment l'une des trois branches masculines du premier ordre religieux de la famille franciscaine, approuvĂ© comme institut religieux de droit pontifical en 1528 par le pape ClĂ©ment VII (fr.wikipedia.org - Frères mineurs capucins).

 

A l'exemple de Wadding et par mission officielle du Chapitre général des Capucins, Zacharie Boverio de Saluces écrivit ses Annales fratrum minorum capuccinorum dont le premier volume fut publié en 1632; en raison de son contenu excessivement polémique envers les Observants, l'ouvrage fut mis à l'index en 1651 donec corrigatur (Lazaro Iriarte, Histoire du franciscanisme, traduit par Marcel Durrer, 2004 - books.google.fr).

 

Le Père Joseph, capucin

 

Le chapitre général des Capucins se réunissait à Rome. En qualité de Provincial, le Père Joseph était venu pour y assister. Le Père Joseph, auteur d'un Discours sur les affaites de la Valteline et des Grisons, revint en France dans le courant de 1623, et nous savons la part considérable qu'il prit aux affaires de la Valteline.

 

Le Père Joseph s'opposait à l'intervention de Gustave Adolphe et de Rohan en Valteline, tout deux étant protestants ce qui aurait pu nuire à la religion catholique.

 

Louis XIII n'ignorait pas les services des Capucins; aussi s'était-il empressé de leur donner l'hôtel que la duchesse de Rohan possédait à la Rochelle, et en même temps il leur permettait de choisir l'emplacement qu'ils jugeraient le plus convenable pour y bâtir un couvent. Le Père Joseph transforma en hôpital l'hôtel de la duchesse de Rohan, et des Capucins vinrent s'établir dans la cité de Guitton.

 

En ce qui concerne les illuminés, cette secte dont l'origine est assez obscure a fait son apparition en France dans le courant de 1634; depuis longtemps, elle existait en Allemagne et ses adhérents portaient le nom de Frères de la rose-croix; ses doctrines étaient aussi dangereuses au point de vue civil qu'au point de vue religieux, elles recrutaient de nombreux adeptes dans les couvents et trouvaient un accueil favorable parmi la population. Plusieurs Capucins, principalement en Picardie et à Chartres y avaient adhéré et se faisaient les apôtres de cette nouvelle croyance. Le Père Joseph montra une activité incroyable et son énergie fut telle que nous la connaissons. Les illuminés avaient trouvé en lui un adversaire redoutable et si leurs progrès furent désormais insignifiants.

 

Le père Joseph, éminence grise de Richelieu, meurt en 1638 après avoir obtenu le chapeau de cardinal (Louis Dedouvres, Le Pere Joseph polemiste. Ses premiers ecrits 1623-1626. Portrait en heliogravure, 1895 - books.google.fr, Gustave Fagniez, Le pére Joseph et Richelieu (1577-1638), Tome 2, 1894 - books.google.fr).

 

Malgré ses nombreuses occupations, il avait trouvé le temps de composer un poème latin, la Turciade, dans le but d'animer les princes de l'Europe à faire la guerre aux Turcs et le présenta au pape Urbain VIII. Ce dernier apprécia fort ce poème, en l'appelant l'Énéide chrétienne et ne dédaigna pas d'adresser quelques vers à l'auteur où il le louait de son enthousiasme et de son érudition. (Gustave Fagniez, Le pére Joseph et Richelieu (1577-1638), Tome 2, 1894 - books.google.fr).

 

Le mot "troyen" que l'on trouve dans les quatrains comme le I, 19 (Lépante) pourrait ainsi désigné les Turcs.

 

Comme cela apparaît chez Jean Lemaire (Jean Le Maire ou Jehan Le Maire, 1473-1524) qui les faits descendre de Troïlus fils de Priam, comme le doge Dandolo au XIVe siècle. D'autres les originent de Teucer comme le pape Pie II, Leonardus Chiensis (Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman depuis son origine jusqu'à nos jours, Tome 1, traduit par J.-J. Hellert, 1835 - books.google.fr).

(fr.wikipedia.org - Jean Lemaire de Belges).

 

Acrostiche : LM LQ, Legenda Major et Lecques

 

Les Français capitulèrent, et le 20 avril commença leur retraite, laquelle s'effectua jusqu'au 5 mai; l'infortunĂ© duc de Rohan, demeurĂ© le dernier, se prĂ©para Ă  dire un Ă©ternel adieu au sol de la RhĂ©tie. Il prit Ă  la barrière du Rhin les 300 hommes du rĂ©giment zurichois et rejoignit Ă  la frontière les Français qui l'y avaient prĂ©cĂ©dĂ©. Sur tout ce trajet, Jenatsch et les principaux bourgeois firent Ă  cheval escorte au duc; Ă  plusieurs reprises Lecques, l'un des colonels français, furieux d'avoir dĂ» Ă©vacuer la Valteline, mit la main sur ses pistolets, se disposant Ă  tirer sur Jenatsch; le duc le pria pour l'amour de Dieu de se modĂ©rer. Le cortège arrivĂ© Ă  la frontière s'arrĂŞta ; un des bourgeois s'avança et, s'approchant du duc, remercia Rohan de l'amour qu'il n'avait cessĂ© de tĂ©moigner aux Ligues. Rohan rĂ©pondit en termes Ă©mus : "J'aime le peuple des Grisons, et si je dĂ©sire une chose, c'est que Dieu ne vous châtie pas Ă  cause de votre ingratitude et de votre imprudence, car je mettrais ma tĂŞte en gage que les Espagnols ne vous laisseront pas la Valteline." Sur quoi Rohan donna honorablement la main Ă  chacun de ses adversaires; Lecques en fit autant, mais quand il arriva Ă  Jenatsch, il retira sa main en disant : "Je ne touche pas dans la main d'un traĂ®tre !" D'après une autre version, Lecques, Ă  ce moment, tira son pistolet et essaya de le dĂ©charger sur Jenatsch : "C'est ainsi qu'on prend congĂ© d'un traĂ®tre." Le coup ne partit pas; la dernière heure de Jenatsch n'avait pas encore sonnĂ© (Eugène Secretan, Galerie Suisse - Biographies nationales : Georges Jenatsch (1596 - 1639), 1873-1880 - doi.org).

 

La Legenda major est un récit de la vie de saint François d'Assise, rédigé à la demande du chapitre général de l'Ordre, en 1260 par Bonaventura da Bagnoregio (1221-1274). Approuvé par le chapitre de 1263 puis déclaré comme texte officiel de la vie de saint François par celui de 1266, les ms des Vies rédigées par d'autres auteurs devant être détruits (portail.biblissima.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1946 sur la date pivot 1637 donne 1328.

 

En 1335, Azzone Visconti, seigneur de Milan, obtint les droits de seigneurie sur le territoire du diocèse de Côme, incluant la V. et le val Chiavenna, mais à l'exclusion de Bormio qui demeura dans le giron de l'évêque de Coire pour une quinzaine d'années encore.

 

Au Moyen Age, Sondrio releva des Capitanei di Vizzola, établis au château fort de Masegra, puis de Côme et dès 1335 de Milan. (Valteline - hls-dhs-dss.ch).

 

Franchino Rusca, seigneur de Côme, étant posté à Trifisio, les habitans de Sondrio répartirent entr'eux la tâche des constructions de telle sorte, que celui qui payait une livre de contribution devait bâtir une portion de mur de huit aunes de long sur douze de haut. 1325. Trois ans après, pour observer l'ennemi, ils fortifièrent la tour sur le Mont Cucco.

 

Rusca assiégea Sondrio en 1328. Lazzarino de Lucino, petit de stature, mais grand en courage, repoussa vigoureusement tous les assauts (Histoire de la Confédération Suisse, Tome 2, 1837 - books.google.fr).

 

Fin de la guerre mondiale

 

Combien de temps la Suisse pourrait-elle rĂ©sister Ă  une agression allemande ? La question Ă©tait d'autant plus obsĂ©dante que le IIIe Reich avait acculĂ© la grande puissance militaire qu'Ă©tait jusqu'alors la France Ă  la dĂ©faite en un mois et demi Ă  peine. Certains voyaient les dangers Ă  venir dans le domaine politique plutĂ´t que dans le domaine militaire. E. Wehrli n'avait pas tort de penser en mai 1940 que si l'Allemagne remportait la victoire, la Suisse aurait alors besoin d'un JĂĽrg Jenatsch qui soit assez retors pour mener Ă  bien les destinĂ©es du pays (Willi Gautschi, Le GĂ©nĂ©ral Guisan: le commandement de l'ArmĂ©e suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, traduit par Corinne Giroud, 1991 - books.google.fr).

 

Avec deux ans de retard, le quatrain est situĂ© Ă  la date de l’entrĂ©e dans Rome des AlliĂ©s desquels font partie les Français qui s’étaient exilĂ©s de leur pays envahi. Le « grand Celtique Â» peut ĂŞtre le gĂ©nĂ©ral anglais Bernard Law Montgomery (1887-1975).

 

Les Celtes occupèrent en effet les Îles Britanniques jusqu'à l'Europe centrale et même la Galatie (en Turquie).

 

Après les dĂ©barquements de Normandie et de Provence, le territoire français sera libĂ©rĂ©. Les autoritĂ©s provisoires, sous le commandement du gĂ©nĂ©ral de Gaulle (« Le grand pasteur Â» : celui qui guide et protège) engageront une Ă©puration judiciaire qui succède aux exĂ©cutions sommaires de collaborateurs (« pour le coq Â» : trahison, en rĂ©fĂ©rence au reniement de Saint Pierre (Luc 13, 38)) qui auront trahi la France au profit, en particulier, des Italiens dont la zone d’occupation s’étendait sur une partie sud-est du pays dans les Alpes (« aux Alpes unis Â»).

 

En tout il y eut plusieurs dizaines de milliers d’exécutions et près de 100.000 affaires furent instruites par les cours de justice et chambres civiques[1].



[1] D. et M. Frémy, Quid 1997, Robert Laffont, p. 807

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