La Norvège en 1993

La Norvège en 1993

 

VI, 91

 

1992-1993

 

Du conducteur de la guerre navale,

Rouge effréné, severe, horrible grippe,

Captif eschappé de l'aisné dans la baste,

Quand il naistra du grand un fils Agrippe.

 

"sevère" : Harald le Sévère

 

Harald Hardrada (en norvégien : Harald Hardråde, en vieux norrois : Haraldr harðráði) ou Harald Sigurdsson, né vers 1015 ou 1016, est roi de Norvège de 1046 à sa mort, le 25 septembre 1066. Son surnom signifie «au commandement dur», ce qui est souvent traduit par «l'Impitoyable» ou «le Sévère». D'autres surnoms, plus romantiques, lui ont été donnés, tels que «l'Éclair du Nord» ou «le dernier des Vikings». C'est également un scalde prolifique et réputé.

 

La mort d'Édouard le Confesseur, en janvier 1066, fournit à Harald l'opportunité de revendiquer le trône d'Angleterre. Le roi de Norvège se met à la tête d'une armée de 10000 à 15000 hommes et d'une flotte de 240 à 300 navires. Son armée remporte un victoire à York. Mais l'armée anglaise attaque les envahisseurs à Stamford Bridge. Pris par surprise et en infériorité numérique, les Norvégiens subissent une défaite cinglante. Harald est tué d'une flèche dans la gorge vers le début de l'affrontement (fr.wikipedia.org - Harald Hardrada).

 

Demi-frère de saint Olav, Harald III Hårdråde (dit le Sévère) fonde Oslo, dont il fait son bastion pour lancer des attaques maritimes sur toute la méditerranée. L'ère viking s'achève avec la mort de Harald III (Norvège 3ed, Lonely Planet, 2017 - books.google.fr).

 

Harold II

 

baste : tour de passe-passe, fourberie (Georges MĂ©tivier, Dictionnaire franco-normand; ou, Recueil des mots particuliers au dialecte de Guernesey: faisant voir leurs relations romanes, celtiques et tudesques, 1870 - books.google.fr).

 

La Tapisserie de Bayeux reflète le point de vue normand de l'histoire et constitue une œuvre didactique destinée à légitimer auprès du peuple l'invasion de Guillaume, sa montée sur le trône et la justesse du châtiment infligé à Harold, représenté comme un fourbe, parjure, reniant un serment sacré (scène 23).

 

La première moitié de la broderie relate les aventures du comte Harold Godwinson, beau-frère du roi Édouard le Confesseur, dont le navire débarqua à la suite d'un naufrage ou d'une tempête sur les terres du comte Guy de Ponthieu (dans la Somme actuelle) en 1064. Il fut capturé par Guy, qui envisageait de le libérer contre rançon. Une scène montre Harold en pourparlers avec Guy de Ponthieu. Ils sont observés par un personnage dissimulé derrière un pilier. Selon une interprétation, il pourrait s'agir d'un espion du duc Guillaume. Quoi qu'il en soit, dans la scène suivante, deux Normands se présentent au château de Guy. Guillaume exigea de Guy qu'il lui remît Harold, ce qui fut fait.

 

Après une expédition contre le duc de Bretagne Conon II avec Guillaume, Harold jure, à Bayeux, sur deux reliquaires à Guillaume, de le soutenir pour succéder à Édouard sur le trône d'Angleterre. Il revint sur cette promesse plus tard, ce qui lui valut son excommunication par le pape. La broderie montre ensuite Harold retourner en Angleterre et se faire acclamer roi après la mort d'Édouard.

 

La broderie contient la représentation d'une comète, identifiée à la comète de Halley visible en Angleterre à la fin d'avril 1066 (fr.wikipedia.org - Tapisserie de Bayeux).

 

Gui de Ponthieu, qui à d'autres frères après lui, est comte après son frère aîné Enguerrand II mais est né vers 1035 et donc plus jeune qu'Harold. Guillaume de Normandie est né lui vers 1028. Guillaume n'avait qu'une demi-soeur plus jeune que lui. Aucun des deux n'est l'aîné d'Harold.

 

Harold, né vers 1022 ou 1023, est le deuxième fils de Godwin et de son épouse Gytha Thorkelsdóttir Tostig, son jeune frère, se révolta contre lui et s’allia avec Harald III et mourut avec lui à Stamford Bridge en 1066 (fr.wikipedia.org - Harold Godwinson).

 

Corbeilles et paniers

 

baste : Panier qui s'attache au bât d'une bête de somme ou Récipient de bois servant à transporter la vendange (www.cnrtl.fr).

 

En anglais baste : corde ou natte de tilleul ; basten rope : corde d'Ă©corce de tilleul (Boyer's Royal Dictionary Abridged: In Two Parts, 1814 - books.google.fr).

 

Le mot mande serait un flandricisme utilisé à partir de 1202. La mande serait un panier haut et long, et la manne un panier plat. Mande et manne viendraient tous deux du saxon Mann «panier d'osier, corbeille» (teuton) puis du néerlandais. Mot utilisé en Hollande, Belgique, France (Nord, Franche-Comté, Hainaut, Picardie) et son dérivé en Angleterre mais en Bretagne on dit Banne. Anglais a Maund, un grand panier d'où Maundy Thursday

 

Une théorie veut que le nom anglais Maundy Thursday pour jeudi saint découlait de «maundsor» ou panier (ou maund voir mandelier) dans lequel ce jour-là, le roi d'Angleterre

distribue les aumônes pour certains pauvres à Whitehall : «maund» serait lié au latin mendicare et au français «mendier».

 

Le Mandatum novum fut pratiqué par les rois et reines d'Angleterre : « en 1320, le roi Édouard lava les pieds de cinquante hommes pauvres ; en 1381, Édouard III ajouta des dons en nombre égal à celui des années du souverain ; en 1572, Élisabeth Ire fit organiser une cérémonie compliquée pour trente-neuf femmes pauvres ; en 1616, le roi Jacques, âgé de cinquante-deux ans, essuya et baisa les pieds lavés d'autant d'hommes pauvres. En 1736, la cérémonie fut supprimée à la cour, mais à chaque Maundy Thursday l'abbaye de Westminster continue à distribuer les aumônes prescrites. Marguerite d'Écosse lavait chaque soir les pieds de six pauvres qu'elle nourrissait et vêtait, en entretenait trois cents de ses aumônes (d'après son confesseur Turgot), lavait et embrassait les pieds de lépreux, conviait son mari à en faire de même, et s'occupait de vêtir et nourrir neuf orphelins : ce geste du lavement des pieds, devenait une œuvre de bienfaisance et de miséricorde corporelle quotidienne.(fr.wikipedia.org - Mandé royal).

 

Edmond II, roi d'Angleterre, ayant été assassiné en 1017 par le comte Edric, Canut, roi de Danemark, quien vertu d'un accommodement était déjà maître du pays des Merciens et des provinces septentrionales, ne manqua pas de profiter de cette circonstance : il parvint à se faire reconnaître roi de toute l'Angleterre par les évêques et par les principaux de la nation ; et il se fit aussi déclarer tuteur des deux fils d'Edmond, jusqu'à ce qu'ils fussent en age de succéder à leur père dans le royaume des Saxons occidentaux.

 

Désirant se défaire des jeunes princes, qui se nommaient Edouard et Edmond, il les envoya secrètement au roi de Suède, avec ordre de leur ôter la vie ; mais sa cruelle ambition fut mal servie, et le monarque suédois refusa de tremper ses mains dans un sang innocent. Cette conduite lui fit d'autant plus d'honneur, qu'il avait tout à craindre de la puissance de Canut, qui, par une insigne perfidie, venait de joindre la Norwege au Danemark. Il envoya les deux princes au roi de Hongrie, qui les reçut avec bonté et se chargea du soin de les faire élever d'une manière conforme à leur naissance.

 

Edmond, l'aîné des princes, mourut sans postérité. Edouard, son frère, épousa Agathe, seur de la reine de Hongrie, ou, selon d'autres, nièce de l'empereur Conrad. C'était une princesse vertueuse et douée de toutes les belles qualités de l'esprit et du ceur. Elle devint mère d'Edgard, surnommé Etheling, de Christine, qui se fit religieuse, et de Marguerite, dont nous écrivons la vie.

 

Canut mourut en 1036. Il eut pour successeur Harold Ier (1036-1039); Hardi-Canut ou Hardeknut (1039-1041); Edouard le Confesseur (1041-1066). Ce dernier, lorsqu'il se vit affermi sur le trône, fit inviter Edouard, surnommé Etheling ou d'Outre-Mer, à passer de la Hongrie en Angleterre avec ses trois enfants; et il les reçut à Londres, en 1054, avec toutes les marques possibles d'honneur et d'affection. Edouard d'Outre-Mer mourut en cette ville trois ans après, et fut enterré dans l'église de Saint-Paul. Son fils Edgard devait naturellement succéder à saint Edouard le Confesseur; mais comme il était encore fort jeune, et que d'ailleurs il était né dans un pays étranger, on prit de là occasion de l'exclure de la couronne, et l'on plaça le comte Harold sur le trône en 1066. Celui-ci prétendait qu'Edouard l'avait désigné pour son successeur. Guillaume, duc de Normandie, fit valoir une semblable prétention. En conséquence, il passa la mer, conquit l'Angleterre, et tua Harold dans la fameuse bataille qui se donna près de Hastings, le 14 octobre 1066. Plusieurs anglais se déclarèrent inutilement pour Edgard. Ce prince, étant trop faible pour soutenir ses droits les armes à la main, fut forcé, avec toute la noblesse, de recevoir le vainqueur à Londres.

 

Quelque temps après, il s'enfuit secrètement pour se soustraire à la tyrannie de Guillaume. Le vaisseau, sur lequel il s'embarqua avec sa sœur, fut assailli d'une violente tempête qui le rejeta sur la côte d'Ecosse. Malcolm III, roi de ce pays, les reçut l'un et l'autre, et leur fit un accueil d'autant plus favorable qu'il avait lui-même, dans une circonstance à peu près semblable, trouvé refuge et appui à la cour d'Edouard le Confesseur. Touché du malheureux sort d'Edgard et de Marguerite, il leur procura tous les secours qui dépendaient de lui. Loin de les remettre entre les mains de Guillaume qui les réclamait, il prit les armes en leur faveur et obtint qu’Edgard serait traité comme un ami par le roi normand. Cependant Marguerite (morte en 1093) donnait à l'Ecosse le spectacle de toutes les vertus (Paul Guérin, Les Petits Bollandistes vies des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament des martyrs, des pères, des auteurs sacrés et ecclesiastiques des vénérables et autres personnes mortes en odeur de sainteté, Tome 6, d'après le père Giry, 1872 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Malcolm III).

 

Ces récipients, représentés dès le XIe siècle, notamment sur la Tapisserie de Bayeux, restent en usage durant les XIIe et XIIIe siècles et sont encore largement présents dans les enluminures postérieures, par exemple en Italie au XIVe siècle dans un Officium Beatae Mariae Virginis bolonais ou au XVe siècle, sur un tondo de Luca delia Robbia. Ces semoirs ont la forme d'une corbeille ou d'un panier. Les paniers se retrouvent, dès le XIIe siècle, en particulier sur la mosaïque exécutée vers 1100 à San Michele Maggiore de Pavie ou à San Colombano à Bobbio, un siècle plus tard. De forme cylindrique ou semi-sphérique, de couleur blonde ou brune, ils sont en général en osier clayonné sur des montants en arceaux. Parfois les bords supérieur et inférieur sont consolidés par un bourrelet, lui-même tressé. Le plus souvent, la hauteur et le diamètre du semoir ne dépassent pas 20 cm. Cependant le panier peut atteindre jusqu'à 40 cm de haut, par exemple sur la mosaïque de Pavie ; il est d'ailleurs identique à celui qui sert au vendangeur pour transporter le raisin, en septembre. L'anse de ces divers paniers, toujours en bois, est souvent haute, afin d'être facilement enfilée sur le bras replié. Si le semoir a la forme d'une corbeille, elle est suspendue autour du cou ou portée en bandoulière sur l'épaule droite, plus rarement soutenue par un bras. Le récipient peut être soit semi-sphérique, soit conique ou encore légèrement évasé vers le haut ; dans le Psautier de Luttrell, il est parallélépipédique (Perrine Mane, Le Travail à la campagne au Moyen Âge: étude iconographique, 2006 - books.google.fr).

 

Le panier d'Olaf, demi-frère aîné d'Harald

 

Essayant de reconquérir son trône, il tomba dans une bataille à Stiklestad. Les Norvégiens le considèrent actuellement comme le champion de l'indépendance de leur pays et le représentent en grande armure, avec en outre quelques symboles de la charité, tel qu'un panier de nourriture. Ainsi est présenté au monde le grand saint, le «roi éternel de la Norvège», perpetuus rex Nonvegae selon l'auteur de i'Historia Norwegiae, rédigée en latin au cours de la deuxième moitié du XIIéme siècle. Il devient effectivement le principal saint de la Scandinavie médiévale. Saint Olâf, roi et martyr norvégien, dont la vie guerrière n'avait pas été particulièrement exemplaire, s'était acharné, avec la véhémence d'un roi convaincu de sa mission, à se soumettre la Norvège. Très vite après sa mort, en 1030, alors qu'il y avait eu une éclipse du soleil, signe miraculeux par excellence, parut la Passio sancti Olavi regis attribuée à Oystein Erlendsson. Peu de temps après la mort du roi au combat, la réputation de sa sainteté commença à se répandre, peut-être à l'instigation de l'évêque Grimkell, qui connaissait bien les rois saints en Angleterre. Le défunt roi deviendra ainsi une attraction personnifiée pour des fidèles toujours plus nombreux, comme il deviendra pour ses successeurs  au trône, le symbole du roi chrétien aimant la justice et remplissant les fonctions de Dieu sur terre. Selon Knut Helle, cette image serait davantage due à un besoin religieux et politique de la postérité du roi qu'à la réalité historique du personnage (Guy Philippart, Hagiographies, 2001 - books.google.fr).

 

La bataille de Stiklestad (Stiklarstaðir en vieux norrois), l'une des batailles les plus célèbres de l'histoire de Norvège, prit place le 29 juillet 1030 (fr.wikipedia.org - Bataille de Stiklestad).

 

En 1028, Olaf est chassé de son royaume par une révolte, et Knut le Grand, déjà roi de Danemark et d'Angleterre, ceint la couronne de Norvège. Olaf rentre en Norvège en 1030 afin de reconquérir le trône. En apprenant l'arrivée de son demi-frère, Harald, alors âgé de quinze ans, rassemble six cents hommes et se porte à sa rencontre. Le 29 juillet 1030, l'armée d'Olaf affronte celle des nobles et paysans norvégiens fidèles à Knut à la bataille de Stiklestad, dans le Trøndelag. Harald se distingue sur le champ de bataille, mais il est grièvement blessé, tandis que son frère trouve la mort, ce qui permet à Knut de conserver le trône norvégien. Après la défaite de Stiklestad, Harald parvient à s'enfuir jusqu'à une ferme isolée de l'Est de la Norvège avec l'aide de Rognvald Brusason. Il y séjourne le temps de soigner ses blessures, puis repart vers le nord et entre en Suède. En 1031, il arrive en Rus' de Kiev. C'est probablement en 1033 ou 1034 que Harald et ses hommes se rendent à Constantinople, la capitale de l'Empire byzantin, pour rejoindre la garde varangienne. Harald quitte Novgorod au début de l'année 1045. Son objectif est de reconquérir le royaume perdu par son demi-frère Olaf quinze ans plus tôt.  En son absence, le trône de Norvège est passé à Magnus le Bon, un fils illégitime d'Olaf, après la mort de Knut le Grand en 1035. Un compromis est atteint en 1046 : Harald devient roi de Norvège (mais pas de Danemark) conjointement avec Magnus, qui conserve la préséance. Magnus meurt sans laisser d'héritier en 1047. Avant de mourir, il décide que la Norvège doit revenir à Harald et le Danemark à Sven, neveu de Knut le Grand. Tout au long de son règne, Harald mène des campagnes contre le Danemark afin d'en devenir le roi. Un traité de paix inconditionnel est finalement conclu entre les deux rois en 1064, ou 1065 selon la Morkinskinna. Chacun conserve son royaume dans ses frontières d'origine, sans avoir à verser de réparations à l'autre (fr.wikipedia.org - Harald Hardrada).

 

"agrippe"

 

Agrippa ou AEgrippa, aegro partu ou "agra pous" ou ab ægritudine ex pedibus, nom que les Romains donnaient aux enfants qui étaient venus au monde dans une attitude différente de celle qui est ordinaire et naturelle, et spécialement à ceux qui naissaient par les pieds. Ce surnom fut commun à plusieurs hommes célèbres à Rome et dans la Judée dont Hérode Agrippa, roi de Judée élevé uprès de l'empereur Claude à Rome, qui fit tuer saint Jacques le Majeur à Jérusalem, frère de saint Jean, et commanda l'emprisonnement de saint Pierre (Dictionnaire encyclopédique usuel, publié sous la direction de C. Saint-Laurent, 1843 - books.google.fr).

 

Voici, d'ailleurs, un tableau généalogique assez éloquent : M. V. Agrippa (né par les pieds); 1° Agrippine (femme de Germanicus); 2° Agrippine (femme de Domitius); Caligula; Néron (né par les pieds.) Puis, c'est Marie de Médicis, dont les six grossesses furent terminées par des présentations plus ou moins anormales (Revue scientifique, Volume 68, 1901 - books.google.fr).

 

Richard III et Henri VI seraient né les pieds en avant (Anne-Laure Bucher-Chapelat, La femme et la mort: de l'anthropologie à la littérature, 1998 , Clements R. Markham, Richard III: His Life & Character, 1906  - www.gutenberg.org).

 

Robert de Bellême épouse Agnès la fille de Gui de Ponthieu et de sa première femme Ade (Annuaire historique pour l'année, Volume 20, 1855 - books.google.fr).

 

Le père de Robert de Bellême est Roger de Montgommery (ou Montgoméri, Montgomery) dit Roger le Grand (décédé le 27 juillet 1094), seigneur de Montgommery, vicomte de l'Hiémois, et sire d'Alençon, fut l'un des seigneurs les plus riches de l'Angleterre nouvellement conquise par Guillaume le Conquérant. Il créa l'une des seigneuries les plus puissantes et stratégiquement importantes apparues après la conquête normande. Il fut 1er comte de Shrewsbury à partir de 1074 (fr.wikipedia.org - Roger II de Montgommery).

 

Robert II de Bellême (de Montgommery) est né vers 1057.

 

Cf. l'interprétation du quatrain IX, 53 - Robert le Diable - 2142-2143 qui présente Robert comme "jeune Néron", né "agrippa" et fils d'Agrippine. Rien ne dit qu'il soit né les pieds en premier.

 

Agravain, Chevalier de la Table ronde, fils de Loth et de Morcadès (ou Morgause, alias Morgane), petit-fils d'Uterpendragon et d'Ygerne, neveu d'Arthur et frère de Gauvain, de Gaheriet, de Guerrehet et de Mordred ainsi que de Clarissant. Il succombe à un accès passager de folie mélancolique en se rendant au Mont Douloureux (Continuation de Gerbert de Montreuil). Le Lancelot en prose dresse de lui un portrait négatif bien qu'il soit un bon chevalier, il se montre souvent envieux, cruel et peu porté à la pitié. Ce tempérament se déduit de la première partie du nom Agr-(«aigre» au sens de l'acrimonie). Son nom a quelque rapport avec Agrève, du latin Agripanus et Agrippa «celui qui est né par les pieds». Ce mode de naissance, considéré par Pline comme une «naissance difficile», pourrait expliquer le tempérament agité d'Agravain. En outre Agrippa suggère le verbe agripper et vérifie le surnom d'Agravain («l'orgueilleux aux dures mains»). Dans une légende hagiographique, Agrève est lié à la mythologie de l'ours, ce qui rattache clairement son nom au clan de «l'ours» Arthur. Avec Gauvain et ses frères, Agravain prend fait et cause pour le roi dans le conflit né de l'amour de Lancelot pour la reine Guenièvre. Ennemi acharné de Lancelot, il fait tout pour le dénoncer au roi. Il monte un piège pour surprendre Guenièvre et son ornant en flagrant délit d'adultère mais Lancelot lui échappe toujours (Lancelot en prose). Agravain s'en prend alors à la reine elle-même et parvient à la faire condamner au bûcher. Lancelot libère Guenièvre et tue Agravain ainsi que son frère Gaheriet. Cette lutte sans merci met fin à l'idéal chevaleresque de la Table ronde (La Mort du roi Arthur) (Philippe Walter, Dictionnaire de mythologie arthurienne, 2015 - books.google.fr).

 

Pourvue de ces trois fonctions nécessaires à l'exercice de la souveraineté, la figure ducale rejoint, dans nos textes, la figure héroïque et royale. Dans le Roman de Rou, l'illustration la plus frappante en est celle du Conquérant dont Wace fait, à l'image d'Arthur, un héros exemplaire. Le rapprochement entre Arthur et Guillaume conforte alors l'idée d'un vaste projet qui, du Roman de Brut au Roman de Rou, édifie une sorte de préhistoire générale des Plantagenêt, habilement reliée à un passé mythique glorieux. Avec ces deux modèles de souveraineté héroïque, l'un breton (Arthur) et l'autre normand (Guillaume), Wace offre à Henri II une galerie d'ancêtres exceptionnels. La démarche du chroniqueur semble bien guidée par un souci de glorification, sinon de propagande (Laurence Mathey-Maille, Écritures du passé. De l'histoire des rois de Bretagne à l'histoire des ducs de Normandie, Perspectives médiévales, Volume 31, 2007) : cf. quatrain II, 70 - La comète de 1682 - 1682 qui est celle d'Halley.

 

Théobald de Vismes, décédé en 1084, seigneur de Vismes, réputé compagnon de Guillaume le Conquérant en 1066. En est issu Hugues-Agravin de Vismes, ecuyer, né en 1220, décédé en 1260, Sire de Vismes et d’Humbercourt Fils de Robert de Vismes, décédé en 1229 (vismes.unblog.fr).

 

Le fils de Geoffroi, Guillaume II de La Ferté, troisième baron de notre cité, pendant que son père, comme son grand-père, s'en allaient combattre, outre-Pyrénées, le Sarrasin, quant à lui, se couvrit de gloire, à Hastings, auprès de Guillaume le Conquérant. Le trouvère-historien, Robert Wace, chanoine de Bayeux a chanté, à cette occasion, son ardeur guerrière et victorieuse : Cil de Monbrai et de Saie Et li Sire de la ferté Maint Engleiz ont accraventé. Guillaume II de La Ferté tenait de fort près, par sa femme Adeline, à la famille des ducs de Normandie. Il avait épousé une demi-sœur de Guillaume le Conquérant, une des filles de la belle Arlette de Falaise et d'Herluin de Conteville. Comme tel, il était devenu non seulement le beau-frère du Conquérant de l'Angleterre, mais encore celui du tout puissant évêque Odon de Bayeux (qui fut comte de Kent et archevêque de Canterbury) et du comte Guillaume de Mortain. Ce dernier et Odon figurent sur la Tapisserie de Bayeux, aux côtés du prestigieux duc normand. Le fils de Guillaume II et de dame Adeline, qui fut une grande baronne du fief fertois qu'elle régenta de «main de maître», après la mort prématurée de son époux en 1070 - naquit l'année même d'Hastings. Son parrain fut son oncle, Guillaume le Conquérant.

 

Aussi s'appela-t-il Guillaume III. Comme son aïeul, Geoffroi, il fit le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ayant alors appris que le roi de Navarre et d'Aragon Sanche Rominez, qui assiégeait la ville d'Huesca, avait été tué par les Maures occupant cette cité d'Espagne, située dans la plaine de l'Isuela, sous affluent de l'Ebre, il accourut au secours de son successeur, le nouveau roi Pierre 1er. A eux deux ils reprirent Huesca, en 1095. L'affaire d'Huesca a coïncidé avec le concile de Clermont, où le pape Urbain II - un Français d'origine champenoise, Eudes de Lagny - fit décider la croisade de Jérusalem : Dieu le veut ! Selon Augustin Fliche, dans son Histoire du Moyen Âge, la décision pontificale aurait été déterminée par la reprise chrétienne d'Huesca. [...]

 

Saint-Jacques-de-Compostelle était un des hauts lieux de la chrétienté, au même titre que Rome, Jérusalem et le Mont-Saint-Michel. Y toucher, c'était commettre un sacrilège inoui, inqualifiable, inexpiable ! On comprend le remous dans tout évêché, toute abbaye, toute paroisse, toute seigneurie ! Le prestige de saint Jacques était alors immense pour un chrétien. Né à Bethsaïde, en Galilée, cet apôtre de Jésus était le frère aîné de saint Jean l'Evangéliste. Seul, avec lui et saint Pierre, il avait été jugé digne d'assister à la Transfiguration du Christ. En outre, on le considérait comme le premier apôtre martyr. En 44, il avait péri par le glaive, sur l'ordre du roi juif Hérode Agrippa. Auparavant, saint Jacques, selon une pieuse tradition, serait parti prêcher l'Évangile en Espagne. Aussi, après son supplice, ses disciples auraient, pour les soustraire à la profanation juive, réussi à transporter ses restes en terre espagnole (André-Edgar Poëssel, La Ferté-Macé: histoire et anecdotes, 2004 - books.google.fr).

 

Comète de Halley

 

La comète de Halley (désignation officielle 1P/Halley) est la plus connue de toutes les comètes. Son demi grand axe est de 17,9 unités astronomiques (soit environ 2,7 milliards de kilomètres), son excentricité est de 0,97 et sa période est de 76 ans. Sa distance au périhélie est de 0,59 unité astronomique et sa distance à l'aphélie est de 35,3 unités astronomiques. Il s'agit d'une comète à courte période.

 

Le passage de 12 av. J.-C. est décrit dans le Livre des Han par les astronomes chinois de la dynastie des Han qui l'ont suivi d'août à octobre. Elle a pu être observée en l'an 1066. Une comète attira en effet l'attention de l'armée de Guillaume le Conquérant et on la retrouve sur la célèbre Tapisserie de Bayeux, qui illustre la conquête normande de l'Angleterre. Elle a été décrite comme ayant quatre fois la taille de Vénus et brillant d'une lumière égale à un quart de celle de la Lune. Ce passage est également mentionné dans la Chronique anglo-saxonne. Les Annales des quatre maîtres irlandaises ont enregistré la comète comme une étoile apparue au septième jour des calendes de mai, le mardi après Pâques, dont l'éclat n'était pas plus grand que celui de la Lune et qui fut visible de tous pendant quatre nuits ensuite (fr.wikipedia.org - 1P/Halley).

 

«Sous le consulat de M. Valerius Messala Barbatus et de P. Sulpicius Quirinus, avant la mort d'Agrippa, on vit durant plusieurs jours une Comète: elle était comme suspendue sur la ville de Rome; elle parut ensuite se résoudre en plusieurs petits flambeaux.» (Dionis Cassii Cocceiani, dans Historiae Romanae libri, 1606). Alexandre Guy Pingré (1711-1796), qui cite ce passage, ne croit pas au morcellement de la comète, qui n'a pas été observé par d'autres; il fait beaucoup plus confiance aux observations faites en Chine, où elle parut pendant soixante-trois jours, de la fin août à la fin octobre (J. Sauval, Histoire de la comète de Halley, Ciel et terre, Volume 101, 1985 - books.google.fr, pg-astro.fr).

 

Marcus Vipsanius Agrippa (né vers 63 av. J.-C. - mort en mars de l'année 12 av. J.-C.), francisé en Marc Agrippe, est un homme politique romain du Ier siècle av. J.-C. qui met ses qualités d'homme de guerre au service de son ami Octave, le futur empereur Auguste (fr.wikipedia.org - Marcus Vipsanius Agrippa).

 

Damas

 

Corbeille. Récipient tressé en matières légères, osier ou jonc et destiné à contenir des objets non liquides. Cf. Le panetier du Pharaon (Gn. 40, 16-18). Les gâteaux et les pains présentés à l'autel (Ex. 29, 3 ss; Lv. 6, 15-19) étaient présentes dans des « sal ». Dûd est une corbeille à porter les fruits; Jehu fait porter dedans à Jizéêl les têtes des fils d'Achab (2 R. 10, 7). Téné est la corbeille dans laquelle on présente les prémices des fruits au Seigneur (Dt. 26, 2-4). Kelûb est une corbeille pour les fruits (Am. 8, 1-2). Dans le N. T. sporta est la corbeille qui figure dans la seconde multiplication des pains (Mt. 15, 37; Mc. 8, 20). Saint Paul fut descendu du haut des murs de Damas dans une sporta (Ac. 9, 27). Le cophinus a servi dans la première multiplication des pains (Mt. I4, 2o; Mc. 6, 43; Lc. 9, 17; Jn. 6, 13, etc.) (Albert Vincent, Lexique biblique, 1961 - books.google.fr).

 

Après le chemin de Damas, saint Paul se fait imposer les mains par Ananie et puis baptiser, à Damas, il prêche et doit s'enfuir de la ville à l'aide d'une corbeille treuillée depuis le haut des murailles.

 

La dynastie chiite des Fatimides étend son autorité sur Damas en 970, provoquant l'hostilité de la population sunnite locale qui se révoltait souvent. Le turc Alptekin reprit la ville aux Fatimides cinq ans plus tard et usa de diplomatie pour contenir la menace byzantine. Mais en 977, les Fatimides revinrent conquérir la ville sous le calife al-Aziz et réprimèrent les opposants sunnites. Le géographe arabe al-Muqaddasi, visita Damas en 985, remarquant l'architecture et les infrastructures "magnifiques" de la ville, mais des conditions de vie déplorables. Sous le calife al-Aziz, la cité connut une certaine stabilité qui prit fin avec le règne d'al-Hakim (996-1021). En 998 il ordonna que des centaines de personnalités damassines soient exécutées pour incitation à la rébellion. Trois années après la mystérieuse disparition d'al-Hakim, des tribus du sud syrien se liguèrent pour se libérer des Fatimides, mais ils furent battus en 1029 par le général turc Anushtakin al-Duzbari, gouverneur fatimide de Syrie et de Palestine. Sa victoire lui permit de devenir le maître de toute la Syrie, déplaisant au pouvoir central fatimide, mais gagnant l'admiration du peuple de Damas. Il fut exilé par le pouvoir fatimide à Alep où il mourut en 1041. Après cette date et jusqu'en 1063, il n'y a pas de chroniques historiques connues de la ville. En ce temps-là, Damas s'était appauvrie, s'était vidée de sa population et n'avait plus d'administration civile.

 

Les turcs Seljoukides arrivent vers la fin du XIe siècle, Damas retrouva son rôle de capitale. La dynastie qui régna à Damas a été fondée par Abu Said Taj-ad-Dawla Tutush Ier en 1079

et son fils Abu Nasr Duqaq lui succéda en 1095. Les Seljoukides installèrent une cour à Damas et effacèrent tous les symboles chiites dans la cité (fr.wikipedia.org - Histoire de Damas).

 

Abû al-Qâsim al-Afdhal Shâhânshâh ou Al-Afdhal ("le meilleur, l'excellent") est né en 1066 et mort en 1121. Il est le fils de Badr al-Djamali, vizir tout puissant du calife fatimide d'Égypte Al-Mustansir (1029-1094). En 1089, Badr associera à sa fonction Al-Afdal (fr.wikipedia.org - Al-Afdal).

 

Rien ne dit que Al-Afdhal soit "agrippa".

 

Typologie

 

Le report de 1992 sur la date pivot 1066 donne 140.

 

Les astronomes chinois avaient enregistré au préalable les passages de la comète de Halley en 141, 374, 530 et surtout 837. Elle reviendra d'abord en 1910 puis en 1986, où elle fut l'objectif de plusieurs missions spatiales : la sonde Vega soviétique, les sondes japonaises Sakigake et Suisei, mais surtout le satellite européen Giotto qui s'en approcha à 600 kilomètres et qui fut en mesure de photographier son noyau, une très grosse amande de 16 × 8 × 7 kilomètres (Jean Audouze, Les 100 mots de l'astronomie, Que sais-je, 2020 - books.google.fr).

 

Un nouveau passage de la comète de Halley eut lieu en 141 sous le règne d'Antonin ; l'Histoire Auguste (Anton. Pius 9, 2) la signale parmi d'autres prodiges et calamitĂ©s : tremblements de terre, inondations et naissance d'un enfant Ă  deux tĂŞtes... Son passage suivant", en 218, annĂ©e de la mort de l'empereur Macrin, est relevĂ© par Dion Cassius (78, 30, 1) : « Un astre Ă©tendant plusieurs nuits sa queue de l'Occident Ă  l'Orient, nous  jeta dans un trouble si terrible qu'Ă  chaque instant nous avions Ă  la bouche ce vers d'Homère : Le ciel immense a retenti tout Ă  l'entour avec fracas ; Zeus l'a entendu» (Iliade 21, 388) (AndrĂ© Le BĹ“uffle, Le ciel des romains, 1989 - books.google.fr).

 

La sonde Giotto est une sonde de l'Agence Spatiale Européenne (ESA). C'est aussi sa première sonde interplanétaire. Elle a été exclusivement conçue pour être dédiée à l'observation de la comète de Halley lors de son passage de 1986. Son nom, Giotto, est en référence avec celui du peintre italien du 14ème siècle Giotto Di Bondone (1267-1331) qui a représenté l'étoile de Bethléem sous forme de comète dans un de ses tableaux "L'Adoration des Mages". On sait que c'est une représentation de la comète de 1301, qui était la comète de Halley. La sonde Giotto est lancée le 2 juillet 1985 par une fusée Ariane 1 depuis Kourou. La sonde Giotto devait permettre de répondre à plusieurs questions sur les comètes. Après 150 millions de km, Giotto survole la comète dans la nuit du 13 au 14 mars 1986, à 596 km de son noyau. Plus de 12000 impacts sont enregistrés, lui faisant perdre momentanément ses communications avec la Terre. Après ce passage, la sonde va pouvoir entrer dans la deuxième partie de sa mission, à savoir survoler une autre comète - la comète Grigg-Skjellerup. Pour ce faire, Giotto va entrer en hibernation le 2 avril 1986 et elle le restera jusqu'au 19 février 1990 lorsqu'elle est réactivée et se réveille - c'est la première fois que l'on utilise cette procédure hibernation-réveil. Elle passe près de la Terre le 2 juillet 1990 à une distance de 22730 km pour un changement de trajectoire et profiter de l'assistance gravitationnelle pour se mettre sur le bon chemin pour croiser sa deuxième comète. Elle est remise en hibernation avant d'être de nouveau réveillée puis elle survolera la comète Grigg-Skjellerup le 9-10 juillet 1992  à 200 km du noyau - elle se trouvait à 215 millions de km  de la Terre. La fin de mission de Giotto est annoncée le 23 juillet 1992 (spacerelics.blogspot.com).

 

Le refus tempéré de la Norvège à l'union de l'Europe

 

Par deux fois, en 1972 et en 1994, la Norvège refuse d'adhĂ©rer Ă  la CommunautĂ© europĂ©enne. Membre de l'Association europĂ©enne de libre-Ă©change depuis sa fondation en 1960, elle dĂ©pose sa candidature Ă  la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne (CEE) dès 1962, un an après celles de la Grande-Bretagne, de l'Irlande et du Danemark. Toutefois, en raison du veto du gĂ©nĂ©ral de Gaulle Ă  l'entrĂ©e des Britanniques dans la CEE en 1963 et en 1967, la candidature norvĂ©gienne se voit elle aussi gelĂ©e. Ce n'est qu'avec l'arrivĂ©e de Georges Pompidou Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique française qu'elle est relancĂ©e, comme les trois autres. Les nĂ©gociations pour l'adhĂ©sion de la Norvège dĂ©butent le 21 septembre 1970. Le royaume obtient des dĂ©rogations pour protĂ©ger son agriculture et sa pĂŞche, aux caractĂ©ristiques très spĂ©cifiques. La première, surtout localisĂ©e dans les rĂ©gions arctiques, a en effet besoin de temps pour s'adapter Ă  la Politique agricole commune. Les pĂŞcheurs norvĂ©giens, qui redoutent la concurrence des chalutiers des pays membres de la CEE, se voient quant Ă  eux rĂ©server la pĂŞche dans les bandes cĂ´tières jusqu'Ă  six milles pendant dix ans. Au terme de ces nĂ©gociations, la Norvège signe le 22 janvier 1972 le traitĂ© d'adhĂ©sion Ă  Bruxelles, Ă  l'instar de la Grande-Bretagne, de l'Irlande et du Danemark. Cependant, alors que ce traitĂ© est ratifiĂ© par les six États membres et par les trois autres pays candidats, il est rejetĂ© par le peuple norvĂ©gien : le « non » l'emporte au rĂ©fĂ©rendum des 24 et 25 septembre 1972 avec 53,5 % des suffrages exprimĂ©s et un taux de participation Ă©levĂ© de 77,7 %. Ce rejet surprend. L'entrĂ©e du royaume dans la CommunautĂ© Ă©tait en effet soutenue par les deux grands partis travailliste et conservateur. En fait, l'opposition Ă  l'adhĂ©sion est très majoritaire dans les rĂ©gions rurales du Nord et de l'Ouest, chez les agriculteurs et les pĂŞcheurs qui craignent la concurrence et la politique commune europĂ©enne, tandis que les nationalistes redoutent une perte d'indĂ©pendance. Ă€ la suite de ce rĂ©sultat, le gouvernement travailliste de Tryggve Bratteli dĂ©missionne. Seul des quatre pays candidats Ă  avoir refusĂ© l'adhĂ©sion Ă  la CEE, la Norvège signe malgrĂ© tout un traitĂ© de libre-Ă©change avec la CommunautĂ© le 16 avril 1973. Elle se porte toutefois une deuxième fois candidate Ă  la CommunautĂ© europĂ©enne, devenue Union europĂ©enne (UE), en novembre 1992. Cette candidature rĂ©pond Ă  un souci d'Ă©viter l'isolement : ses voisins scandinaves, la Suède et la Finlande, ainsi que l'Autriche, sont candidats. Ouvertes le 5 avril 1993, les nĂ©gociations d'adhĂ©sion portent essentiellement sur l'agriculture et la pĂŞche, comme la première fois : le royaume obtient l'exclusivitĂ© de la pĂŞche dans ses eaux au nord du 62e parallèle pendant trois ans et les agriculteurs des rĂ©gions arctiques peuvent continuer Ă  recevoir des subventions importantes de l'État. Le traitĂ© d'adhĂ©sion est ensuite signĂ© Ă  Corfou le 25 juin 1994. Après la victoire du «oui» aux rĂ©fĂ©rendums en Autriche, en Finlande et en Suède, la Norvège est la dernière Ă  devoir se prononcer sur son adhĂ©sion. MalgrĂ© l'investissement du Premier ministre travailliste Gro Harlem Brundtland, le pays confirme son rejet de l'Europe lors du rĂ©fĂ©rendum des 27 et 28 novembre 1994 : le «non» l'emporte par 52,2 % avec une participation massive de 88,4 %, la plus Ă©levĂ©e jamais enregistrĂ©e. Le clivage apparu en 1972 se retrouve. L'intĂ©gration dans l'UE reçoit en effet le soutien des villes et des rĂ©gions riches, notamment autour d'Oslo, alors qu'elle est rejetĂ©e par les rĂ©gions rurales, les pĂŞcheurs et les agriculteurs. Les NorvĂ©giens ont Ă©galement refusĂ© l'adhĂ©sion en arguant de leur bonne situation Ă©conomique, assise sur les immenses ressources du pĂ©trole et du gaz de la mer du Nord, exploitĂ©es depuis les annĂ©es 1970. Après l'entrĂ©e de la Suède et la Finlande dans l'UE le 1er janvier 1995, la Norvège demeure le seul des pays nordiques Ă  ne pas y appartenir (Christophe Gracieux,  Le second refus de la Norvège Ă  l'adhĂ©sion Ă  l'Union europĂ©enne - enseignants.lumni.fr).

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