Fuite des scientifiques de l’Allemagne nazie

Fuite des scientifiques de l’Allemagne nazie

Attentat de 1939 contre Hitler

Millénarisme nazi

 

VI, 18

 

1938-1939

 

Par les phisiques le grand Roy delaissé,

Par sort non art de l’Ebrieu est en vie,

Luy & son genre au regne hault poussé,

Grace donnee à gent qui Christ envie.

 

Le terme « physicien » (« phisiques ») avait pour sens « médecin » du XIIème au XVIème siècles, puis « qui s’occupe des choses naturelles [1] » chez Robert Estienne en 1538. Si l’on prend le mot avec la signification actuelle, proche de celle de R. Estienne, le premier vers du quatrain s’applique à la fuite des cerveaux d’Allemagne, d’Autriche annexée et d’autres pays sous domination nazie qui eut lieu à partir de 1933. Parmi les physiciens qui sont partis pour les Etats-Unis ou l’Angleterre, on compte Otto Stern, Erwin Schrödinger, Albert Einstein, Niels Bohr, James Franck, Max Born, Isaac Rabi.

« l’Ebrieu », du latin « ebrius » « ivre », désigne Hitler, ivre de gloire et de sang à l’idéologie délirante. Il réchappe à un attentat, le 8 février 1939, perpétré par Georg Elser. Même si une bonne partie de la population le suivait, tout le monde n’acceptait pas l’ordre qu’il voulait instaurer, un « Reich de mille ans »[2], à l’exemple de certaines sectes millénaristes chrétiennes qui croyaient à une période idyllique de mille ans avant de grands bouleversement et le retour du Christ (« qui Christ envie »).

 



[1] Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, « Nouveau dictionnaire étymologique », Larousse, 1964

[2] François Delpla, « Hitler », Grasset, 1999, p. 329

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