Fuite des scientifiques de l’Allemagne nazie

Fuite des scientifiques de l’Allemagne nazie

Attentat de 1939 contre Hitler

Millénarisme nazi

 

VI, 18

 

1938-1939

 

Par les phisiques le grand Roy delaissé,

Par sort non art de l’Ebrieu est en vie,

Luy & son genre au regne hault poussé,

Grace donnee Ă  gent qui Christ envie.

 

Mots catalans

 

En 1286, maître Bernard de Barriach, phisic (médecin) du roi. Sous Sanche, maître Barthélemi Torric, phisic du roi (Pierre Vidal, Histoire de la ville de Perpignan: depuis les origines jusqu'au Traité des Pyrénées, 1897 - books.google.fr).

 

La juive Covinent, veuve de maître Baro, phisic (médecin) (Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Pyrénées-Orientales, Tome 1, 1868 - books.google.fr).

 

La médecine est non pas une science, mais un art ("technè") (Emile Littré, Œuvres complètes d'Hippocrates, Tome 4, 1962 - books.google.fr).

 

"Sort !" veut dire "bonne chance" en catalan (Pierre Pessemesse, Fan de chichourle: et autres injures, 2006 - books.google.fr).

 

"sort"

 

Puissance imaginaire à laquelle est prêtée le pouvoir de présider au destin des hommes et de déterminer le déroulement de leur vie lorsque certains événements semblent dus au hasard. Synon. destin, destinée, hasard. Ou effet de la destinée.

 

Hasard auquel on se remet pour effectuer un choix, pour décider de l'issue d'une affaire.

 

"sortir" : du lat. class. sortiri «tirer au sort, fixer par le sort, obtenir par le sort» en gĂ©nĂ©ral «obtenir du sort, de la destinĂ©e» puis «choisir» (lui-mĂŞme dĂ©r. de sors, v. sort); le dĂ©veloppement du sens de «passer du dedans au dehors», propre au fr. et qui a Ă©vincĂ© Ă  partir du XVIe s. issir*, est difficile Ă  expliquer; un rapprochement sĂ©mantique avec ressortir* au sens ancien de «rebondir», v. ressortir1* Ă©tymol. 1 fait difficultĂ©, Ă  moins d'y voir avec J. Storm ds Romania t. 5, p. 183, suivi par EWFS2, un dĂ©rivĂ© de *surctus, lat. class. surrectus part. passĂ© de surgere «jaillir», hyp. qui convient Ă  l'esp. surtir «jaillir» mais fait difficultĂ© pour le -o- du fr. sortir (www.cnrtl.fr).

 

1811 «objets auxquels on attribue des pouvoirs magiques» des amulettes et des espèces de sorts (Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem, p. 64). (www.cnrtl.fr).

 

Visites faites par messire Anthime-Denys Cohon, Ă©vĂŞque de NĂ®mes. Depuis le 21 septembre 1659, jusqu'au 6 janvier 1664 : ...Vestric et les chapelles de Notre-Dame des Sorts et de Madame... (M. de Lamothe, Inventaire sommaire des archives dĂ©partementales antĂ©rieures Ă  1790: Gard. Archives ecclĂ©siastiques. SĂ©rie G, 1876 - books.google.fr).

 

Il y a incertitude sur ces deux chapelles et leurs noms.

 

Deux autres chapelles avaient été fondées sur le territoire de Vestric. L'une Notre-Dame-de-Portis tenue alors par le sieur Cervel chanoine de la cathédrale, d'un revenu de cent livres; l'autre dite de Sainte-Catherine ou vulgairement de Madame, ainsi nommée dans les cadastres, mais dont les titres étaient perdus (C. Ferry, Visite pastorale de Mgr Cohon dans l'archiprêtré d'Aimargues (1659), Bulletin, Volume 2, Comité de l'art chrétien, 1881 - books.google.fr).

 

Me Jacques Cavalezy, diacre à la cathédrale de Nimes, recteur de la chapellenie ou legs pie fondé par Antoine Chabaud en l'église de Vestric et Uchau sous le titre de "Notre-Dame, aliàs Madame, sive de Portis" (Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790: Notaires, 1900 - books.google.fr).

 

Vestric se trouve Ă  5 km de Vauvert. Le lieu dit Madame se trouve aujourd'hui Ă  Vauvert (GĂ©oportail : on n'y retrouve plus ND des Sorts).

 

Guérison d'un roi

 

1259 : Un homme pendu par erreur est sauvĂ© par ND du Valvert. Un autre miracle est rapportĂ© par Raimond Mutaner, chroniqueur du roi Jacques Ier d’Aragon. La conception de ce roi, fils de Pierre II d’Aragon et de Marie de Roquefeuil, serait due Ă  l’intervention de ND de Vauvert. 4 septembre 1269 : Jacques Ier d’Aragon s’étant croisĂ© et voguant vers la terre sainte est pris dans une tempĂŞte peu après son dĂ©part, il arrive Ă  relâcher Ă  Aigues-Mortes et se rend immĂ©diatement Ă  Vauvert pour remercier ND du Valvert. 1er juillet 1270 : La flotte quitte Aigues-Mortes. Jacques Ier d’Aragon règle une facture de 23.000 sous Ă  Raymond Cassilhac pour des travaux Ă  l’église de Vauvert. 1272 : Fin des travaux. Fin 1272 le roi Jacques Ier d’Aragon a 64 ans, il tombe malade et est, miraculeusement, guĂ©ri par Notre Dame du Valvert. Il lui cède alors une rente annuelle de 5000 sols melgoriens jusqu’à la fin des travaux d’agrandissement et d’embellissement (fr.geneawiki.com).

 

Un des plus fidèles et des plus illustres dĂ©vots Ă  Notre-Dame des Tables, c'est le grand roi que les chroniques espagnoles dĂ©signent sous le nom de «el Conquistador» : nous avons nommĂ© Jacques Ier d'Aragon. Fils de Marie de Montpellier et de Pierre II, il avait hĂ©ritĂ© de sa mère, la fille des Guilhems «la Reyna santa», comme l'appelle Beuter, cette tendre dĂ©votion envers la Vierge de Montpellier dont elle donna, entre maintes preuves, une marque certaine, en venant, Ă  la veille de son dĂ©part pour Rome, s'agenouiller devant la statue bĂ©nie. Lui-mĂŞme n'Ă©tait-il pas par sa naissance, Ă  un titre tout particulier, l'enfant de Notre-Dame des Tables, et n'avait-il pas, dès sa venue au monde, Ă©tĂ© apportĂ© dans son sanctuaire, sur l'ordre de sa pieuse mère ? La suite de sa vie rĂ©pondit Ă  de tels commencements. Une première fois dĂ©livrĂ© d'une effroyable tempĂŞte, prĂ©servĂ© une deuxième d'un accident mortel, il fut, dans une troisième occasion, guĂ©ri d'une grave maladie. C'Ă©tait Ă  Montpellier, en 1272, et vers les derniers jours d'aoĂ»t. «La Vierge Ă  laquelle il s'Ă©tait recommandĂ©, rapporte Beuter, lui apparut et, le touchant doucement Ă  la joue (l'endroit malade), le guĂ©rit.» En reconnaissance de tant de grâces, qu'il attribuait Ă  Notre-Dame des Tables, Jacques Ier fit placer un beau tableau votif dans l'Ă©glise de sa bienfaitrice (Louise Guiraud, Histoire du culte et des miracles de N.-D. des Tables, 1885 - books.google.fr).

 

Le terme catalan "sort" (chance) est peu religieux.

 

MĂ©decins juifs dans les domaines des rois d'Aragon

 

"ebrieu" pour "hébreu" comme langue dans une lettre de l'Université de Paris en faveur du progesseur "d'Ebrieu et de Caldee", Paul de Bonnefoy en 1350 (Charles-Marie-Gabriel Bréchillet Jourdain, De l'enseignement de l'hébreu dans l'Université de Paris au quinzième siècle, 1863 - books.google.fr).

 

Jeu de mot possible avec le fleuve Ebre qui coule justement en Aragon (Jean Bendor, Nostradamus: Armagueddon 666, 2023 - books.google.fr).

 

Les rois de la couronne d'Aragon demandent ouvertement à leurs médecins juifs de les aider dans leurs relations diplomatiques avec les pays d'Islam; les Alfaqui ou Alfaquim (patronymes et titres tout à la fois, on le sait) sont médecins et traducteurs de l'arabe au catalan, au long des XIII-XIVe siècles, comme le sont les Aben Galell, Aben Nahmias, Aben Menasse. La chancellerie de la couronne d'Aragon a un bureau particulier de rédaction et traduction des lettres arabes; en partent des Truchmans ou Trujamanes, ambassadeurs et traducteurs, spécialisés dans les relations avec Grenade et avec les pays du Maghreb où la couronne d'Aragon a des comptoirs. Ces Truchmans sont presque tous Juifs. Ils négocient les accords commerciaux, mais aussi politiques et militaires, car des mercenaires catalans sont payés par les émirs tunisiens, et le roi peut en être responsable; il faut aussi établir les normes de la guerre de course, au cours de laquelle des prisonniers sont faits de part et d'autre et les Truchmans aident à les racheter. Vers ces pays du sud de la péninsule, où les dominations grenadine, castillane à Murcie, aragonaise, sont juxtaposées, les Juifs polyglottes ou du moins bilingues, et hébergés dans les communautés-sœurs, jouent tous plus ou moins le rôle d'espion quand ce n'est pas de négociateur officiel. Un Juif de Tolède vit à Jativa dans le royaume de Valence en 1268 au moment des grandes révoltes du Maure al-Azrak contre Jacques Ier, de même qu'un Juif de Valence vit à Murcie au moment du soulèvement contre Alfonse X (Béatrice Leroy, L'expulsion des juifs d'Espagne, 1990 - books.google.fr).

 

Une lettre de Jacques Ier en 1271 met en scène l'un d'entre eux, un certain Salomon et prĂ©cise l'Ă©tendue de ses attributions dans ces termes : «[...] nous concĂ©dions Ă  Salomon notre alfaquim [...] le pouvoir de juger, dĂ©cider et faire exĂ©cuter toutes les affaires des juifs de Saragosse et du royaume d'Aragon». Son office est donc comparable Ă  celui de bayle (Claire Soussen Max, Judei Nostri: Juifs et chrĂ©tiens dans la Couronne d’Aragon Ă  la fin du Moyen Ă‚ge, 2020 - books.google.fr).

 

Les juifs, indiscutablement protĂ©gĂ©s Ă  Montpellier, constituaient une source de revenus pour le seigneur; ils acquittaient un tribut et j'ai citĂ© la charte de 1252 par laquelle Jacques d'Aragon avait confirmĂ© leurs privilèges contre paiement de cet impĂ´t Ă  payer tous les ans, il les protĂ©gerait contre les excès de ses officiers; ce mĂŞme privilège sera renouvelĂ©, en 1258, dans la charte d'amnistie. Mais, comme les rois de France, les seigneurs de Montpellier, se verront dans l'obligation de rĂ©glementer les activitĂ©s des juifs et le concile de Montpellier de 1258 dĂ©cidera que si un juif rĂ©clamait une dette Ă  un chrĂ©tien, ce dernier ne devrait payer que le principal et non l'intĂ©rĂŞt. Le Grand Thalamus prĂ©cisera, pour 1251, qu'il sera fait dĂ©fense Ă  tout chrĂ©tien s'il n'a pas atteint l'âge de vingt-cinq ans de traiter avec un juif, mĂŞme s'il obtenait le consentement de ses parents; tout contrat passĂ© en dehors de ces prescriptions serait annulĂ© d'office. En 1249, le pape Innocent IV avait protestĂ© contre les juifs qui, Ă  Montpellier, s'habillaient comme des ecclĂ©siastiques et avait invitĂ© l'Ă©vĂŞque de Maguelone Ă  imposer Ă  ces derniers de ne plus se vĂŞtir de chapes rondes et larges comme celles des clercs. Il dĂ©sirait voir ces derniers porter un vĂŞtement qui les distinguerait non seulement des clercs mais aussi des laĂŻques; cette mesure fut gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans toute la chrĂ©tientĂ©, et je rappelle que le concile de Latran de 1215, avait, dĂ©jĂ , ordonnĂ© aux juifs d'apposer un signe caractĂ©ristique sur leurs habits. Le 13 avril 1259, Jacques d'Aragon dĂ©fendit aux juifs de prendre un bĂ©nĂ©fice supĂ©rieur Ă  4 deniers par livre et, en 1272, il leur interdira d'exercer la mĂ©decine en ville sans avoir subi un examen prĂ©alable comme tous, et, ce serait la première fois, a soulignĂ© J. Rouquette, que nous trouverions sur un texte montpelliĂ©rain les mots «juif» et «mĂ©decin» accolĂ©s ensemble. Les juifs formaient une sociĂ©tĂ© Ă  part, essayaient de vivre groupĂ©s et y parviendront, Ă  Montpellier, dès le dĂ©but du XIVe siècle (Jean Baumel, Histoire d'une seigneurie du Midi de la France : Montpellier sous la seigneurie de Jacques le ConquĂ©rant et les rois de Majorque, Tome 2, 1971 - books.google.fr).

 

Dès 1239, que l'on soit juif ou chrétien, il fallait, pour pratiquer la médecine à Montpellier, avoir été examiné par l'évêque de Maguelone et deux médecins de l'Université. Privilèges confirmés à l'Université des médecins de Montpellier d'abord par Jacques I d'Aragon en 1272, Jacques II en 1281, Sanche d'Aragon en 1315 (Seigneurs de Montpellier) et plus tard par le duc d'Anjou en 1365. Or, l'examen en question était effectué selon le modèle de la lectio, fondement même de l'enseignement scolastique (Geneviève Dumas, Santé et société à Montpellier à la fin du Moyen Âge, 2014 - books.google.fr).

 

"Christ envie" : millénarisme aragonais

 

Jacques Ier d'Aragon fut un grand roi. Vaillant guerrier il mérita le surnom de Conquérant. Parmi les rois d'Aragon, possesseurs et protecteurs du Roussillon, on peut le considérer comme le véritable fondateur de la nation catalane et l'appeler un roi catalan (Pierre Chevalier, P. Pacouil, S. Dagneau, Petite histoire du Roussillon, 1911 - books.google.fr).

 

Dès le milieu du XIIIe siècle, en effet, Jacques Ier, le conquĂ©rant qui avait arrachĂ© Majorque et Valence Ă  l'Islam, fut le premier souverain espagnol Ă  rĂŞver de la seule reconquĂŞte qui comptait aux yeux des EuropĂ©ens, celle des Lieux saints. Au concile de Lyon, en 1274, il se posa en chef de la croisade que dĂ©cida l'assemblĂ©e, sans qu'elle vĂ®nt Ă  rĂ©alisation. La première manifestation de l'impĂ©rialisme catalano-aragonais fut la conquĂŞte de la Sicile, en 1282. PrĂ©textant l'organisation d'une croisade contre Tunis, Pierre III utilisa la flotte ainsi rassemblĂ©e pour chasser les Français de l'Ă®le. Ainsi commença l'aventure italienne de l'Espagne et sa rivalitĂ© avec la France (Les deux Ă©veils de l'Espagne : 1492-1992, 1992 - books.google.fr).

 

Un rôle messianique accordé aux rois d'Aragon apparaît pour la première fois à l'époque de la conquête de la Sicile.

 

Célébré en 1262 le mariage entre Pierre III dit le Grand, fils de Jacques Ier, et Constance associant la maison Aragon à la destinée apocalyptique des Hohenstaufen est central dans ces oracles. Grâce cette union les Barcelonais s'approprient les attributs messianiques de Frédéric II. Ils deviennent la race maudite des gibelins, élément central du système eschatologique des pseudo-joachimites de la fin du 13e siècle. Dans la littérature prophétique le souvenir de ces épousailles franchit aisément le cap des années 1300. Parce qu'elle a lancé l'expansion catalane en Méditerranée orientale, cette union matrimoniale, jetant les bases du messianisme des princes de la maison de Barcelone descendants uniques de Frédéric II et ennemis de la papauté, attire l'attention de nos visionnaires. Facile à assimiler au bestiaire apocalyptique, l'effrayant belliqueux et destructeur aigle des Hohenstaufen que les rois Aragon incarnent par le sang de leur aïeule aiglonne Constance, est largement employé dans leur emblématique.

 

Dès la fin du 13e siècle les Barcelonais apparaissaient en Italie comme les seuls héritiers des Hohenstaufen. Salimbene Adam (1221-1288) franciscain de Parme est le premier qui se fait écho de leur nouveau rôle messianique copiant dans sa chronique une longue prophétie qu'il attribue la sybille. Il est question d'un aigle au dur visage Pierre III réclamant le royaume de Trinacrie la Sicile) unissant une poule orientale Constance et combattant le lion Charles Ier. Des prophéties semblables circulent vers 1300 en Catalogne où Constance apparaît plus logiquement en tant aiglonne. Le Breviloquium mentionne le mariage entre Pierre III insigne corne du bouc et Constance unique petite de aigle est dans leur descendance que surgira le onzième roi destructeur. Le transfert de l'aigle des Souabes aux Barcelonais n'est pas seulement héraldique mais eschatologique. Cette translation prophétique de la Sicile vers la Catalogne est souvent évoquée dans l'oeuvre de Jean de Roquetaillade. Dans le Livre révélateur, le franciscain auvergnat attribue à Merlin une prophétie répertoriée en Aragon en 1285 au moment où Philippe III battait en retraite de sa croisade catalane.

 

L'oeuvre d'Arnaud de Villeneuve (1238-1311) détermine plusieurs décennies durant l'avenir du franciscanisme de la confédération catalano-aragonaise. Ce médecin le plus prestigieux de son temps originaire de Valence était le familier de Jacques II (1291-1327) d'Aragon et de son frère Frédéric III (1296-1337) de Sicile. Membre du tiers ordre franciscain et défenseur outrancier de la pauvreté évangélique, il rédige côté de ses ouvrages médicaux et alchimiques de nombreux opuscules eschatologiques prédisant la naissance de antéchrist autour de 1368-1378. Son joachimisme, ses diatribes anti-scolastiques et ses critiques contre le clergé séculier lui attirent la méfiance des autorités ecclésiastiques. Ses écrits et ses doctrines sont solennellement condamnés titre posthume par l'archevêché de Tarragone en 1316.

 

Tout au long des 14e et 15e siècles un discours utopique est diffusĂ© par la propagande du roi d'Aragon, Dragon ailĂ© effrayant ses adversaires, chauve-souris dĂ©vorant les musulmans, aigle châtiant les mauvais clercs, bâton rĂ©formant les moeurs ecclĂ©siastiques, nouveau David rebâtissant le Temple, lion rugissant. Si le monarque se trouve au centre d'un combat apocalyptique, AntĂ©-Christ plutĂ´t qu'Anti-Christ, ange exterminateur exĂ©cutant les punitions prĂ©vues par la Providence, Empereur des derniers temps prĂ©parant la Parousie, il est vouĂ© Ă  la monarchie universelle, Ă  la domination de la terre tout entière. Il instaurera bientĂ´t le millenium une pĂ©riode heureuse de paix et de prospĂ©ritĂ© se substituant au monde ancien et dĂ©cadent aboli Ă  jamais. Cette abondance de mĂ©taphores vise exalter la toute-puissance d'un roi dont le pouvoir n'a cessĂ© de grandir depuis le 12e siècle. Au fil des annĂ©es son impĂ©rialisme le rend maĂ®tre de la MĂ©diterranĂ©e occidentale. Les efforts de la papautĂ© et de la maison de France pour arrĂŞter son expansion sont vains, ils le jettent dans une dissidence institutionnalisĂ©e autant plus justifiable elle est voulue par la divinitĂ© qui fait du monarque son agent eschatologique. Les marchands catalans et majorquins appuient ce programme thalassocratique, le joachimisme des franciscains spirituels qu'ils frĂ©quentent donne un rassurant aval Ă  cette aventure, l'incertaine hĂ©tĂ©rodoxie de leurs prises de position sur la pauvretĂ© et la persĂ©cution qu'elle entraĂ®ne, scellent leur alliance avec une dynastie qui, descendant de FrĂ©dĂ©ric II n'est autre que celle des Hohenstaufen excommuniĂ©s. La croissance quantitative de la puissance aragonaise par annexion de principautĂ©s accompagne une augmentation qualitative de la nature du pouvoir rĂ©galien. Rien n'Ă©tanche la soif de domination du roi et de son entourage rĂ©tifs Ă  tout contre-pouvoir. Le monarque jadis respectueux d'un ordre prĂ©Ă©tabli engageant par serment Ă  veiller sur les privilèges de ses sujets est devenu la source première unique et suprĂŞme de la loi. Prophète et astrologue, il dispose dĂ©sormais un savoir Ă©sotĂ©rique lui permettant de gouverner sans partage en pleine connaissance de cause. SupĂ©rieur, il annule les libertĂ©s ecclĂ©siastiques municipales et nobiliaires, image de Pierre IV dĂ©chirant de ses propres mains dans un accès de colère les chartes des privilèges jadis octroyĂ©s aux nobles en rĂ©volte. Les guerres civiles qui s'ensuivent empĂŞchent cependant la confĂ©dĂ©ration catalano-aragonaise de sombrer dans absolutisme La propagande royale entend pas moins abandonner la partie et diffuse abondamment des thèmes messianiques. L'impĂ©rialisme mĂ©diterranĂ©en, l'intĂ©gration territoriale de principautĂ©s lointaines et la lutte contre les corps intermĂ©diaires de gouvernement, entraĂ®nent ainsi d'âpres combats. Les figures Ă©voquant la destruction militaire et la dĂ©vastation par les armes abondent dans nos oracles : feu et fumĂ©e liĂ©s au nom du roi Alphonse, creuset fondant le mĂ©tal mixte dont dĂ©rive le nom de Ferdinand, autel de la bataille, etymologie de Aragon, Mars devenu astre belliqueux de Pierre IV ,sang montant aux croupes des chevaux des soldats de Salses, autant d'allĂ©gories renvoyant aux horreurs de la guerre omniprĂ©sente en Catalogne. Autour de la figure un roi dĂ©ifiĂ©, une conscience nationale est en train de naĂ®tre, les symboles identitaires qu'elle emprunte sont trop souvent nĂ©gatifs, hostiles au clergĂ© aux Angevins et Islam. Ils tĂ©moignent de toute la violence de la genèse de Ă©tat moderne (Martin Aurell, Messianisme royal de la Couronne d'Aragon. In: Annales. Histoire, Sciences Sociales. 52? annĂ©e, N. 1, 1997 - www.persee.fr).

 

Acrostig : PPLG, PoPLiG

 

"pĂ´plig" : "ärmlich", pauvre (Frischbier, Preussisches Wörterbuch: ost- und westpreussische Provinzialismen in alphabetischer Folge, Tome 2, 1883 - books.google.fr).

 

Jacques II est l'un des fils de Pierre III et de Constance de Hohenstaufen. Deux autres de ses frères ont dû combattre la papauté et les Angevins. En mai 1290, l'aîné, Alphonse III (1285-1291), roi d'Aragon, rédige une lettre au maître du Temple pour se plaindre de la perte de Tripoli. Il remarque que, en l'agressant, les papes «détournent la prédication de la croix qui servait jadis à aider la Terre sainte, ainsi que le trésor de l'Église, collecté partout pour sa libération» (t.3, n° 5). Son frère Frédéric III (1295-1337), roi de Sicile, travaille au renouveau religieux de son royaume en marge de l'Église. Il adhère à la pauvreté des franciscains de tendance spirituelle et au millénarisme joachimite. Il accueille dans son royaume les fraticelles, persécutés par Jean XXII (1316-1334), le deuxième pape d'Avignon. Ces mineurs préconisent le retour au détachement absolu des biens, tel que l'enseignait leur fondateur François d'Assise (Martin Aurell, Des Chrétiens contre les croisades: XIIe-XIIIe siècles, 2013 - books.google.fr).

 

Un mot allemand pour un descendant de l'empereur du Saint Empire germanique Frédéric II.

 

Typologie

 

Le report de 1938 sur la date pivot 1272 donne 606.

 

Et ceux-cy l'exposent d'vn nombre d'annees qui leur est si incogneu, qu'ils nous disent : Beze, que l'Antechrist est venu au monde au temps des Apostres; Bulinger In Bulinger, qu'il s'est manifestĂ© en l'an 763. Luther (Apoc. Lu) tantost en l'an 606. au temps de Phocas, tantost au vnziesme fiecle : Muscule, autemps de sainct Bernard (JĂ©rĂ©mie Ferrier, De l'AntĂ©christ et de ses marques, contre les calomnies des ennemis de l'Ă©glise catholique, 1614 - books.google.fr).

 

L'édit de Phocas en faveur de la primauté spirituelle de Rome, la donation du Panthéon aux papes, la paix définitive conclue avec les Lombards, sont trois épisodes glorieux d'un règne qui ne fut malheureusement pour Constantinople qu'une série de calamités et de désastres. Soldat parvenu, issu d'une révolution sanglante qui l'avait, du grade infime de centurion, porté d'un seul bond au trône impérial, Phocas, dès les premiers jours de son règne improvisé, se vit en butte à toutes les conspirations. Il crut que la terreur consoliderait son pouvoir, que la cruauté du maître suppléerait à l'amour absent du cœur des sujets (Darras, Histoire générale de l'Eglise, depuis la création jusqu'à nos jours, Tome 15, 1871 - books.google.fr).

 

Voilà quelle espèce d'individu reconnaît l'autorité des papes.

 

In the Magdeburg Centuries, Matthias Flacius defends the Apocalypse, and applies 2 Thessalonians 2 explicitly to the Roman bishop. He endorses the year-day principle, as recognized by Joachim, Cusa, and De Lyra, and contends for the 1260 years of papal spiritual rule from 606 (Phocas and Gregory), in contrast to 666 years of worldly supremacy. In fact, Flacius applied the term Antichrist to both the Pope and Mohammed—the one inside the church, and the other outside. The first he dated from 606; the second, a few years later (Le Roy Edwin Froom, The prophetic faith of our fathers, Tome 2, 1948 - documents.adventistarchives.org).

 

Le Centuries de Magdebourg est un ouvrage sur l'histoire de la religion chrétienne publié à Bâle de 1559 à 1574. Il a été entrepris par des protestants de Magdebourg et est divisé en centuries ou siècles (fr.wikipedia.org - Centuries de Magdebourg).

 

"genre", "gent"

 

"genre" et "gent" ont la même origine latine "geno", ancienne forme de "gigno" engendrer. "gent" de "gens" race, peuple, souche, famille et"genre" de "genus", origine, naissance, race, famille, catégorie (Gaffiot).

 

Ces termes, en ajoutant "Ebrieu" (hĂ©breu), ont une certaine rĂ©sonance avec la datation du quatrain selon la mĂ©thode de ce site : 1938-1939.

 

En plaçant la couronne impĂ©riale sur la tĂŞte de Charlemagne, le Souverain Pontife avait Ă©tabli l'empereur chef temporel de toute la sociĂ©tĂ© chrĂ©tienne, comme il en Ă©tait lui-mĂŞme le chef spirituel. Après la chute des Carolingiens, Othon le Grand, de la maison de Saxe, rattacha l'Italie Ă  l'Allemagne en crĂ©ant (962) le Saint-Empire romain de la Nation allemande. Ii plaça ainsi l'Allemagne Ă  la tĂŞte de l'Europe chrĂ©tienne, et lui assura une prĂ©pondĂ©rance qui dura près de huit siècles. Trois princes de la maison de Saxe : Othon II, Othon III et Henri II, le Saint, succĂ©dèrent au fondateur de cet empire, et, sans l'Ă©galer, ils continuèrent cependant sa politique (CĂ©lestin-Joseph Mathieu, Les grands faits de l'histoire gĂ©nĂ©rale, Tome 1 : L'histoire ancienne, 1896 - books.google.fr).

 

En Espagne

 

On désigne par offensive de Catalogne l'ensemble des opérations militaires menées en Catalogne entre le 23 décembre 1938 et le 10 février 1939, à la fin de la guerre d'Espagne. Elles se soldèrent par la victoire des troupes franquistes sur l'armée populaire espagnole, et la réduction du bastion républicain de Catalogne, resté loyaliste depuis le début de la guerre. L'offensive de Catalogne permit au camp nationaliste d'achever sa prise en main de l'Espagne (fr.wikipedia.org - Offensive de Catalogne).

 

Cf. le quatrain suivant VI, 19 sur la guerre d'Espagne.

 

En Allemagne

 

Le terme « physicien Â» (« phisiques Â») avait pour sens « mĂ©decin Â» du XIIème au XVIème siècles, puis « qui s’occupe des choses naturelles [1] » chez Robert Estienne en 1538. Si l’on prend le mot avec la signification actuelle, proche de celle de R. Estienne, le premier vers du quatrain s’applique Ă  la fuite des cerveaux d’Allemagne, d’Autriche annexĂ©e et d’autres pays sous domination nazie qui eut lieu Ă  partir de 1933. Parmi les physiciens qui sont partis pour les Etats-Unis ou l’Angleterre, on compte Otto Stern, Erwin Schrödinger, Albert Einstein, Niels Bohr, James Franck, Max Born, Isaac Rabi.

 

« l’Ebrieu Â», du latin « ebrius Â» « ivre Â», dĂ©signe Hitler, ivre de gloire et de sang Ă  l’idĂ©ologie dĂ©lirante. Il rĂ©chappe Ă  un attentat, le 8 fĂ©vrier 1939, perpĂ©trĂ© par Georg Elser. MĂŞme si une bonne partie de la population le suivait, tout le monde n’acceptait pas l’ordre qu’il voulait instaurer, un « Reich de mille ans Â»[2], Ă  l’exemple de certaines sectes millĂ©naristes chrĂ©tiennes qui croyaient Ă  une pĂ©riode idyllique de mille ans avant de grands bouleversement et le retour du Christ (« qui Christ envie Â»).

 



[1] Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, « Nouveau dictionnaire Ă©tymologique Â», Larousse, 1964

[2] François Delpla, « Hitler Â», Grasset, 1999, p. 329

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