RFA, RDA et OTAN

RFA, RDA et OTAN

 

VI, 32

 

1949

 

Par trahison de verges Ă  mort battu,

Puis surmonté sera par son desordre :

Conseil friuole au grand captif sentu,

Nez par fureur quant Berich viendra mordre.

 

Torné-Chavigny suppose le démon appelé Berich invoqué pour la recherche des trésors cachés (H. Torné-Chavigny, Lettres du grand prophète d'après l'histoire prédite et jugée par Nostradamus et l'Apocalypse interprétée par le même auteur, 1870 - www.google.fr/books/edition).

 

"Nez"

 

D'où vient l'expression populaire : manger le nez à quelqu'un ? Hatzfeld : Ils se sont mangé le nez, ils se sont battus avec acharnement. Cette expression vient du grec. Elle se trouve dans Lucien, Hermotime, 7, où il est parlé de ces gens qui sont fâchés d'être dérangés par leur esclave et qui, peu s'en faut, lui mangeraient le nez (Revue de l'enseignement chrétien, 1906 - www.google.fr/books/edition).

 

Lucien, dans l'Hermotime ou les Sectes, achève de ruiner l'échafaudage de l'orgueil de l'homme. Ainsi se montraient, flétris et vaincus du temps, ces philosophes jadis l'honneur de l'humanité, ces sages qui, au milieu des nations souillées et matérialisées, avaient conservé les vérités de la science, de la morale et de la religion naturelle, jusqu'à ce qu'ils se corrompissent avec la foule, et par l'infirmité même de la sagesse. Voilà la société romaine : ses générations étaient mûres; les Barbares se présentaient comme les faucheurs qui nous viennent des provinces éloignées pour abattre nos foins et nos blés ; les chrétiens et les païens allaient tomber sur les sillons, selon le poids de leur valeur respective. L'homme attaché aux joies de la vie ne voyait approcher le Frank, le Goth, le Vandale, qu'avec les terreurs de la mort, tandis que l'anachorète, le prêtre, l'évêque, cherchaient comment ils adouciraient les vainqueurs, et comment ils feraient des calamités publiques un moyen d'enrôler de nouveaux soldats sous l'étendard du Christ (Oeuvres complètes de Chateaubriand: Études ou discours historiques, Tome 10, 1852 - www.google.fr/books/edition).

 

"Berich" : se manger le nez

 

Le roi des Huns avait envoyé près de Théodose un ambassadeur nommé Édécon. Pulchérie conservait alors peu de crédit à la cour d'Orient. L'eunuque Chrysaphius, depuis quelque temps, gouvernait l'empereur. Ce vil ministre, de concert avec un de ses amis, nommé Vigilius, essaya de corrompre Édécon, pour l'engager à tramer une conspiration contre la vie d'Attila. Édécon feignit d'y consentir. Théodose, malgré sa piété, approuva ce complot meurtrier. Cependant Édécon informa son maître de cette trahison. Attila, plus généreux que les Romains de ce temps, dédaigna d'exercer une facile, mais injuste vengeance sur les ambassadeurs qu'il avait entre ses mains. Cependant Vigilius, qui avait servi d'interprète à ces ambassadeurs, et qui depuis était retourné à Constantinople, revint au camp tila, portant avec lui les trois cents livres d'or promises aux conspirateurs. Attila le fit arrêter, l'obligea de tout avouer, lui laissa la vie, et envoya une nouvelle ambassade á Constantinople. Eslaw et Oreste étaient chargés de cette mission. Lorsqu'ils furent admis à l'audience de l'empereur, Eslaw dit à ce prince : «Voici ce que mon maître m'a chargé de vous faire savoir. Théodose et Attila descendent tous deux de noble race. Attila, par ses exploits, a soutenu la dignité de ses aïeux : Théodose, par sa faiblesse, s'est montré indigne des siens; il s'est dégradé ainsi que son peuple, en consentant à payer au vainqueur un tribut honteux. Par la, il a solennellement consenti à devenir le serf de celui que la gloire et la fortune ont placé au-dessus de lui. Il devrait, comme un sujet fidèle, lui obéir et le respecter, au lieu de conspirer, comme un vil esclave, contre son maître.»

 

Le descendant du grand Théodose, assis sur son trône d'or, et qui n'avait jamais entendu que les accens de la flatterie, se vit forcé d'écouter, avec autant de confusion que de frayeur, les paroles sévères et la juste reprimande que, du haut de sa chaise de bois, le sauvage Attila lui adressait. Il rougit, se déconcerta, trembla, ne put répondre, livra aux ambassadeurs son eunuque Chrysaphius, et, pour apaiser Attila, choisissant les plus grands personnages de sa cour, lui envoya comme ambassadeurs Nommius et Anatolius, tous deux consulaires, l'un grand-trésorier, et l'autre maitre général des armées. Ce qui doit paraître étrange, et ce qu'expliquent cependant les faiblesses de l'amour-propre humain, c'est qu'à cette époque même, où l'empire déchu de sa grandeur se voyait sans défense, livré aux invasions et aux outrages des Barbares, le souvenir de la gloire romaine, le titre de consul, la mémoire de tant de puissance et de tant de triomphes inspiraient encore quelque respect. Le choix des ambassadeurs flatta l'orgueil sauvage du roi des Huns. Radouci par cet hommage, il vint au devant des envoyés de Théodose, lui pardonna, fit grâce même à l'eunuque et à l'interprète, rendit à l'empire plusieurs villes, mit en liberté un grand nombre de captifs, cessa d'exiger qu'on lui livrât les déserteurs, conclut la paix, et reçut, pour prix de la tête d'un vil eunuque, d'énormes tributs qui écrasaient l'empire et qui auraient suffi à l'empereur pour payer une guerre glorieuse, au lieu d'acheter des Barbares une honteuse paix.

 

Peu de temps après la signature de ce traité, Théodose, en se promenant, fut renversé par son cheval dans le Lycus, se brisa l'épine du dos, et mourut la quarante-troisième année de son règne, et la cinquante-troisième de son âge (Louis Philippe comte de Ségur, Histoire du Bas-Empire, Tome 1, 1826 - books.google.fr).

 

Priscus est l'auteur d'un ouvrage d'histoire en huit livres (l'Histoire byzantine), probablement de l'avènement d'Attila à celui de Zénon (433-474). Seuls des fragments nous en sont parvenus, en grande partie préservés dans les Getica de Jordanès. La description d'Attila, de sa cour et de la réception des ambassadeurs romains est un aperçu précieux sur l'histoire de l'époque. Le style de Priscus est simple. Son impartialité et sa fidélité l'ont placé parmi les auteurs honorables de son temps. En 449, il accompagne Maximin, ambassadeur de Theodosius II à la cour d'Attila. Maximin et Priscus arrivent à la cour d’Attila à la fin de l’été 449. Leur relation de voyage situe le campement d’Attila à l’est de la Tisza, au nord du Temes et au sud du Körös, c'est-à-dire dans la région d'Arad, dans l'ouest de l'actuelle Roumanie (fr.wikipedia.org - Priscus (historien)).

 

Trois jours après, l'on nous fit des présens et l'on nous congédia; Attila envoya avec nous ce même Berich qui avoit été assis à table au dessus de nous. Il avoit déjà été plusieurs fois en Ambassade chés les Romains et il avoit de grands biens en Scythie. Comme nous passions par un certain Bourg, l'on prit un Scythe qui faisoit l'espion pour les Romains et on le mit en croix par l'ordre d'Attila. Le lendemain nous rencontrâmes deux captifs qui avoient tué leurs maitres. On les trainoit les mains liées derrière le dos et la tête passée dans des cornes de bois. Ils furent aussi mis en croix. Berich alloit toûjours avec nous, et nous traitoit avec amitié; mais lors que nous passâmes l'Ister, nos valets eurent ensemble quelques légers différends, et il les prit si fort à coeur qu'il devint notre ennemi. Il commença par reprendre le cheval qu'il avoit donné à Maximin ; car Attila avoit ordonné à tous les seigneurs de sa cour, de faire des présens à Maximin, et chacun avoit donné un cheval; mais Maximin n'en n'avoit excepté que quelques-uns, et avoit rendu les autres. Berich reprit donc son cheval, et voulut aussi aller de son côté, sans avoir plus aucun commerce avec nous. Nous passâmes par Philippopolis et nous arrivâmes à Andrinople; là nous fimes les premiers pas pour ramener Berich; nous lui demandâmes pourquoi il ne nous parloit pas et nous l'assurâmes, que nous n'avions pas voulu l'offenser, enfin nous l'appaisâmes, et il soupa avec nous. Etant parti d’Andrinople nous rencontrâmes Bigilas, qui retournoit en Scythie; nous l'informâmes de ce qui s'étoit passé à notre égard, et puis nous Continuâmes notre route. Etant arrivés à Constantinople, Berich, que nous croyons réconcilié, recommença à nous donner des marques de malveillance; il répandit que nous avions parlé avec mépris d'Aspar et Ardabure, et que nous avions dit que l'Empereur, ayant reconnu en eux le caractère léger des Barbares, n'en faisoit plus aucun cas (Jan Potocki, Fragments Historiques Et Geographiques Sur La Scythie, La Sarmatie Et Les Slaves, Tome 2, 1796).

 

Frivolité des Grecs

 

Le De prouinciis consularibus oppose en un long parallèle à la leuitas Graeca la grauitas Romana . Pourquoi ce mépris souverain ? Raison d'avocat sans doute qui veut toucher la corde nationale si sensible à l'égard des Gaulois et des Grecs. Raison plus profonde peut-être, en tout cas cent pour cent romaine : un non-citoyen sait-il bien ce que c'est que de témoigner ? (Auguste Haury, ironie et l'humour chez Cicéron, 1955 - www.google.fr/books/edition).

 

"Frivolus sermo". Auct. ad Heren. Poursuivre un accusé sur des choses legeres & frivoles, & la pluspart fausses. Levibus aut frivolis & manifesto falsis reum incessere (Quintilien) (Pierre Danet, Grand dictionnaire francois et latin, 1710 - www.google.fr/books/edition).

 

Avant Néron, l'empereur qui poussait jusqu'à la manie le philhellénisme, la «frivolité grecque» (leuitas Graeca) suscite la méfiance. Or Antoine, sans garde ni licteurs, se met à hanter les gymnases, vêtu du manteau grec et chaussé de pantoufles. Pendant ce temps, son lieutenant Ventidius obtenait à Rome les honneurs du triomphe (Jean-Marie André, Le siècle d'Auguste, Regard de l'histoire, 1974 - books.google.fr)

 

Les murs de Constantinople, renversés en 447 par un horrible tremblement de terre, furent. promptement rétablis ; mais on l'attribue à l'ardeur dont se piquerent les deux factions verte & bleue , qui divisoient le peuple dans Frivolité les jeux du cirque. Tout portoit l'empreinte de la frivolité ou du fanatisme chez cette nation bizarre (Claude François Xavier Millot, ÉLÉMENS D'HISTOIRE GÉNÉRALE, HISTOIRE ANCIENNE, PREMIERE PARTIE, TOME QUATRIEME, 1775 - books.google.fr).

 

"désordre"

 

Le Trésor public avoit été épuisé par d'inutiles dépenses que Théodofe faisoir en fêtes, en jeux, en specracles, fans s'occuper du soin d'entretenir ses armées & d'y maintenir la discipline. Pour payer les six mille livres d'oril fallut charger de nouvelles impositions les peuples déja ruinés, On doit attribuer le goût de Théodose pour les frivoles divertissemens, aux Eunuques qui l'environnoient ; & surtout à l'un d'eux nommé Chrysaphius,le plus méchant des hommes, qui par ses artifices s'étoit totalement semparé de l'esprit de son maître. [...] L’Eunuque Chrysaphius qui n'avoit plus de concurrent dans la faveur de Théodose, en abusa cruellement, tant par la persecurion qu'il fit souffrir à saint Flavien Patriarche de Constantinople, que par la protection dont il appuya à l'Hérérique Eutychès. Les affaires de l'Empire étoient au dedans & au dehors dans une horrible confusion (Jacques Hardion, Histoire universelle sacree et profane (etc.), 1756 - www.google.fr/books/edition).

 

"battu de verges" : bastonnade

 

Liban : Le vieillard m'a tiré à part aujourd'hui, hors de la maison, et il m'a promis, à moi et à toi, de nous faire périr sous les verges, si Argyrippe n'avait vingt mines aujourd'hui même (Plaute, L'Asinaire, la comédie des ânes - short-edition.com).

 

«Depuis la lettre que j’eus l’honneur de vous écrire le 8 de ce mois, monsieur l’ambassadeur m’a menacé de me faire périr sous le bâton : il m’a envoyé sept ou huit fois son gentilhomme avec le solde du compte, m’intimant l’ordre de partir sur-le-champ de Venise, sous peine d’être assommé de coups de bâton matin et soir.» (Voltaire, Lettre du 15 août 1744 - fr.wikisource.org).

 

Théodose le jeune n'ayant laissé qu'une fille, mariée à l'empereur d'Occident Valentinien, celui-ci sembloit devoir lui succéder. Sa foiblesse le tint en repos. Pulchérie se rendit maîtresse de l'état, fit faire le procès à Chrysaphe ; & après la juste condamnation de cet eunuque, le livra injustement à la vengeance particuliere d'un homme, dont il avoit assassiné le pere plusieurs années auparavant (Claude François Xavier Millot, ÉLÉMENS D?HISTOIRE GÉNÉRALE,HISTOIRE ANCIENNE, PREMIERE PARTIE, TOME QUATRIEME, 1775 - books.google.fr).

 

Aussitôt son frère mort, elle s'était hâtée de faire périr Chrysaphius sous le bâton. Elle et Marcien mirent immédiatement fin à la faveur que la cour avait témoignée au monophysisme (Ernst Stein, Le développement du pouvoir patriarcal du Siège de Constantinople jusqu'au Concile de Chalcédoine, Le Monde slave, 1926 - books.google.fr).

 

Zénon consulta à le sénat sur la politique à suivre à l'égard des deux Théodoric ; on dut constater que les ressources de l'État étaient insuffisantes pour rémunérer à la fois les deux chefs ; par suite , l'empereur décida de rester fidèle à l'Amale et de repousser les réclamations de Strabon. Le gouvernement avait de bonnes raisons pour ne pas se sentir très à l'aise après cette résolution, et il ne s'empressa point de la faire connaître à Strabon. Des amis haut placés que ce dernier avait dans la capitale, voulurent l'informer en secret de ce qui venait de s'y passer ; mais leurs lettres furent interceptées et un tribunal composé du maître des offices Illus et d'une commission sénatoriale de trois membres, les condamna à la bastonnade et à l'exil. C'est le premier cas connu de bastonnade infligée par décision de justice à des personnes de haut rang, événement qui, un siècle plus tard, ne sera plus rare du tout, et qui est sans doute un symptôme du progrès des mæurs orientales. [...] Le témoignage isolé de Théodore le Lecteur dit que Chrysaphius périt par bastonnade (Ernst Stein, Histoire du Bas-Empire: De la disparition de l'Empire d'Occident à la mort de Justinien (476-565), 1968 - books.google.fr).

 

Flavien, évêque de Constantinople, condamna Eutychés sans l'entendre ; celui-ci en appela à un concile qui se tint à Ephèse en 449. Ce concile est célèbre sous le nom de Brigandage d'Ephèse. Dioscore, évêque d'Alexandrie, successeur de Cyrille, l'eunuque Chrysaphius, l'impératrice Eudoxie, Barsumias, chef des moines orientaux se liguèrent en faveur d'Eutychés. L'assemblée fut entourée de moines armés de bâtons, qui criaient : "Déchirons en deux tous ceux qui veulent diviser Jésus en deux." Flavien, de Constantinople, ayant voulu se faire entendre, Dioscore, l'ennuque et les moines, selon l'expression de l'historien Zonaras «se ruèrent sur lui comme des ânes sauvages,» et le firent mourir en lui piétinant sur le ventre. Eutychés fut relevé de son excomunication (Abel Deroux, Histoire des Conciles œcuméniques, 1870 - books.google.fr).

 

Théodore le lecteur était chalcédonien ; il composa la Tripartite à l'invitation de l'évêque de Gangres, Procope, celui qui, en 536, signa la condamnation d'Euthyme, le patriarche destitué, et de Sévère d'Antioche (E. Bihain, Le Contre Eunome de Théodore de Mopsueste, source d'un passage de Sozomène et d'un passage de Théodoret concernant Cyrille de Jérusalem, Le Muséon, Volume 75, 1962 - books.google.fr).

 

Thédore le Lecteur n'était donc pas monophysite, ce qui peut faire penser que le supplice de Chrysaphius, selon sa version, est un "retour de bâton" au moins symbolique du "brigandage" d'Ephèse (fr.wikipedia.org - Théodore le Lecteur).

 

Isidore de Séville identifie précisément les Huns avec le « fléau – plus exactement le bâton (virga)– de la colère de dieu» (Edina Bozoky, Attila et les Huns, Vérités et légendes, 2012 - books.google.fr).

 

L'aspect sexuel du quatrain avec des termes "verges" "nez" recontre l'eunuque (Thierry Martin, Poésie homosexuelle en jobelin, de Charles d'Orléans à Rabelais, 2007 - books.google.fr).

 

"conseil", "grand captif"

 

A cause de ces bons rapports, les échanges de personnes étaient fréquents, les jeunes princes romains et barbares servant à la fois de représentants et d'otages. Dans sa jeunesse, Attila, né vers 395, vécut dans l'empire byzantin probablement à Constantinople même. Il y apprit le latin et le grec, observa fort bien les institutions de ceux qu'il combattit plus tard et recruta pour son service des citoyens romains d'Orient et d'Occident. Attila et son frère Bléda accédèrent au pouvoir en 434. En 445, Bléda fut assassiné. Devenu seul roi, Attila lança en 447 une expédition vers les Balkans : une armée s'avança jusqu'aux Thermopyles, une autre menaça Constantinople (Jacques Dubois, Laure Beaumont-Maillet, Sainte Geneviève de Paris, 1982 - books.google.fr).

 

Corneille n'est guère écrivain à appliquer des recettes même éprouvées, même s'il en est le créateur. Chaque roi, conseiller d'Attila, appelé à donner son avis fournit à l'appui de son exposé les meilleures considérations diplomatiques, avec le souci le plus apparemment scrupuleux de peser les forces militaires et politiques en présence, alors que son véritable désir est de détourner le monstre d'épouser sa maitresse. Attila les écoute non pour suivre leurs conseils, mais pour percer leurs intentions, les compromettre, les opposer. Sous les débats politiques et leurs arguments raisonnables et logiques, se poursuit une autre lutte qui met en jeu les craintes et les espoirs des amants, la férocité aux aguets d'Attila. La délibération dans Pompée gardait une manière d'impassibilité : c'était un conseil de cabinet ; chacun tachait de faire prévaloir ses idées et leur donnait toute la force persuasive de la logique et de la rhétorique par désir de bien faire son métier de ministre ; après quoi, quitte avec sa conscience professionnelle, il pouvait ne pas se passionner sur l'issue du conseil. Dans Cinna, la discussion engage plus directement l'avenir personnel des deux conseillers : son issue exposera Maxime, et Cinna aux dangers d'une conspiration ou pourra les leur éviter. Ils ne sont pas pourtant pris dans le cruel dilemne de persuader ou de voir leur maîtresse livrée à Attila. Les deux malheureux, Ardaric et Valamir, font en apparence assaut de logique et de raison ; mais le vrai combat qui les oppose, quoique amis, engage les cours et l'instinct même de conservation. Le barbare va conclure sans s'embarrasser de logique ni de raison, en rejetant les considérations diplomatiques et militaires. Il fait pencher la balance au gré de son caprice, après s'être donné le spectacle de deux rois engageant pour lui plaire un vain assaut d'éloquence. Avec le sort des victimes qu'il détient dans sa suite, le destin du monde est entre ses mains. Un fou sanguinaire, à la croisée des chemins, peut faire bifurquer le cours de l'histoire. Dans Attila en effet reparait un genre d'intérêts qui semblait inséparable de la notion même de tragédie cornélienne et à quoi n'avait pas eu recours Agesilas : le grand tableau historique. Non sans grandeur est exposé l'état d'un monde où le trone impérial n'est rempli «Que d'idoles pompeux, que d'ombres au lieu d'hommes». (I. 2) Ces faux souverains, n'osant se fier à leurs sujets, appellent pour régner à leur place des barbares, d'un côté Gainas, de l'autre Stilicon ; de sorte qu'on volt gouverner « Un goth dans un empire et dans l'autre un barbare» et Pulchérie tenir en tutelle Théodose (Georges Couton, La vieillesse de Corneille (1658-1684), 1949 - books.google.fr).

 

"sentu" : senti, instinct

 

"sentement" : sentiment, instinct ; "sentu" : senti (Viollet Le Duc, Ancien théâtre françois, ou Collection des ouvrages dramatiques les plus remarquables depuis les mystères jusqu'à Corneille, Tome 10 : Glossaire, 1857 - books.google.fr).

 

Le personnage d'Attila est issu du roman de l'Histoire plus que de cette discipline. Chez lui aussi, l'instinct brutal et la dĂ©raison pèsent gravement. Et pourtant, Corneille avait modifiĂ© le Hun de la lĂ©gende pour faire de lui un «homme de tĂŞte» plus que «de main», un tyran qui consulte, dĂ©libère et raisonne. LĂ  dĂ©jĂ  il y avait gageure ! Si Attila, cependant, semble plus raisonnable que le conquĂ©rant brutal dont la lĂ©gende nous a transmis la hideuse silhouette, c'est en rĂ©alitĂ© pour montrer qu'il savoure davantage sa vengeance et la ruine de ses conseillers (Carlo Roger François, Raison et dĂ©raison dans le théâtre de Pierre Corneille, 1979 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1949 sur la date pivot 449 (ambassade de Maximin et de Bigilas, la mort de Chrysaphius serait en 450) donne -1051.

 

Epoque de Saül et David, roi d'Israël (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusq'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr).

 

La nuit descend sur les deux armées, où tant de milliers d'hommes rejetaient les douceurs du repos. Attila, ne pouvant supporter plus long-temps l'inquiétude qui le dévore, s'enveloppe dans un manteau et s'avance à pas lents et sans escorte vers un endroit écarté, pour consulter les magiciennes, qui étaient en grande vénération chez les Huus et les Goths, dont elles suivaient les armées. Selon Bartholin, dont les ouvrages sont pleins de choses curieuses sur les peuples du nord, ces devineresses, qu'il appelle visinda-kona, femmes aux oracles, étaient vêtues de robes bleues étoilées de pierreries ; un large baudrier suspendait à leur côté une poche remplie d'instruments magiques ; leur bonnet était une toison noire roulée autour de leur front; elles s'appuyaient sur un long bâton de cuivre doré surmonté d'une boule brillante. Attila les aborde, semblable au roi Saül lorsque, frappé de crainte, parce que Dieu l'avait abandonné, il se rendit au milieu de la nuit vers la pithonisse d'Endor, qui lui montra l'ombre menaçante de Samuel. Ces magiciennes se livrent à une oeuvre pleine d'horreur ; un rire bizarre, errant sur leurs lèvres tremblantes , donne à leurs traits un air indéfinissable. Pour toute réponse elles évoquent le fantôme du vieil Hermanaric, qui, après avoir régné près de cent ans sur les Goths, et étendu son empire depuis la Baltique jusqu'au Danube, et depuis la Vistule jusqu'au Borysthène, fut défait par les aïeux d'Attila, et se tua lui-même en appelant la vengeance sur la race de ses vainqueurs. Selon Jornandès les prophétesses Ini annoncèrent qu'il perdrait la bataille, mais que le plusbrave de l'armée ennemie périrait.

 

A cette apparition, Attila se trouble et chancèle comme un homme ivre , qui voit les objets autrement qu'ils ne sont. Il revient dans son camp à la lueur des sapins allumés, et retrouve ses malheureux guerriers, que son ambition va peut-être condamner à pèrir: déjà il ne voit de toutes parts que des spectres irrités qui lui montrent leurs plaies. Bientôt, indigné de sa crainte, il la surmonte, et, plus audacieux que l'avenir n'est menaçant, il dit en brandissant son épée: «Demain je serai Attila !» Mais il attend que le soleil penche vers l'horizon pour engager le combat; il veut, s'il est défait, que la nuit, abrégeant la victoire de ses ennemis, puisse cacher les vaincus et les sauver dans ses ombres (Louis Antoine François de Marchangy, La Gaule poetique ou l'histoire de France consideree dans ses rapports avec la poesie, l'eloquence et les beaux-arts, Tome 1, 1819 - books.google.fr).

 

Thomas Bartholin, né le 20 octobre 1616 à Copenhague et mort le 4 décembre 1680, est un médecin, mathématicien et théologien danois. Par ses recherches sur le système lymphatique, il occupe une place importante dans l'histoire de l’anatomie (fr.wikipedia.org - Thomas Bartholin).

 

Pour parvenir à l'autorité politique en y accédant au champ et au jeu politiques, «il faut faire la cour aux Grands : danser devant le «Patron» comme David devant Saül, Nikita devant Staline en attendant de danser devant l'Arche, en faisant la cour à l'électeur». C'est ce que nous enseigne Gaston Bouthoul dans son célèbre livre «L'Art de la politique» (Oumar Aba Traoré, Mon combat pour le Mali, un enfant de Korientzé-Korombana, un citoyen de la République du Mali, 2005 - books.google.fr).

 

Frivole

 

Voltaire assurait que, si l'on n'était un peu frivole, on se pendrait tous les matins (Les Annales politiques et littéraires, revue universelle , Tome 54, 1910 - books.google.fr).

 

Dans son «Dictionnaire des synonymes» Condillac renvoie de «frivole» à «inutile» et explique là que, si l’utilité des choses « ne porte que sur des objets de peu de considération, de peu de prix, elles sont frivoles,» ce qui lui vaut une préface à l'Essai, intitulée «L’archéologie du frivole» de M. Derrida. Vu les honoraires qu’on verse aux traducteurs, vu leur image sociale, il ne reste qu’une conclusion à tirer, c’est que la traduction est une chose frivole. D’en parler semble encore plus frivole, d’autant qu’il s’agit de la traduction d’un philosophe mort depuis deux cents ans à un instant même ou la vision du monde dont il est un des auteurs paraît avoir lamentablement échoué. L’expérience à grande échelle est terminée, on doit donc arrêter toute recherche sur les matérialistes. Les institutions et organismes de la vie intellectuelle ne peuvent plus se payer des études qui risquent d’ébranler les acquis récents concernant le «socialisme réel». Etienne Bonnot de Condillac est un des coupables traditionnels. Déjà rendu responsable de la terreur révolutionnaire, pourquoi alors réinsuffler de la vie à ce «chien mort» si l’on sait de surcroît que sa philosophie a servi de prétexte aux crimes de Staline et de tous les autres comme Honnecker ? Mais on peut présumer que la pluralité des approches scientifiques mène à la connaissance de la vérité et que la concurrence de l’économie de marché aboutit à la félicité publique (Angelika Mensching-Oppenheimer, Quelques remarques «frivoles» à propos de la traduction de l’«Essai sur l’origine des connaissances humaines» de Condillac In : Traduire les philosophes, 2000 - books.google.fr).

 

Beria

 

Le roi légendaire des Goths Berich (ou Berig), d'après les Getica de Jordanès (IV, XVII), est noté "Beria" par ailleurs. Il conduit la migration des Goths de l'île de Scandie au trois navires pour débarquer sur une terre à laquelle ils donnèrent le nom de Gothiscandza (région dans l'est de la Pologne) (MAGNI AVRELII CASSIODORI SENATORIS V.C. Variarum libri XII. & Chronicon, ad Theodericum Regem, 1583 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Berig).

 

Lavrenti Pavlovitch Beria, né le 29 mars 1899 à Merkheoul (Empire russe, actuelle république séparatiste auto-proclamée géorgienne d'Abkhazie), occupée par la Russie, et mort exécuté le 23 décembre 1953 à Moscou, est un homme politique soviétique. Bras droit de Staline, il est une figure-clé du pouvoir soviétique de 1938 à 1953. Chef du NKVD en premier lieu, il est à ce titre l'un des responsables du massacre de Katy?. Il est par la suite membre du Politburo de 1946 à sa mort, et contrôle l'ensemble de la sécurité intérieure et extérieure de l'Union soviétique (fr.wikipedia.org - Lavrenti Beria).

 

RFA, DDR et OTAN

 

Le 6 avril 1949, deux jours après la signature du Traité de Washington, Hubert Beuve-Méry écrit dans Le Monde ces lignes restées célèbres : «Qu'on en convienne ou non, le réarmement de l'Allemagne est contenu dans le Pacte Atlantique omme le germe dans l'œuf» (Jenny Raflik-Grenouilleau, La Quatrième République et l'Alliance atlantique, Influence et dépendance, 1945-1958, 2019 - books.google.fr).

 

La guerre froide qui s'installe en Europe en juin 1947, remet en cause le statut d'occupation de l'Allemagne décidé par les vainqueurs à la fin de la guerre. La mise en circulation du Deutsch Mark dans les trois zones occidentales provoque en réaction le blocus de Berlin (juin 1948-mai 1949) par les Soviétiques. La rupture et l'affrontement entre les deux blocs se traduit en Allemagne par la formation de deux entités géographiques qui progressivement se dotent d'attributs étatiques. L'ouest commence en mai 1949 en adoptant une constitution démocratique. La République Fédérale (RFA) était née. Les Soviétiques répliquent en octobre 1949, en transformant leur zone d'occupation en une République Démocratique (RDA). La RFA, qui dispose d'une large autonomie politique, reste occupée et n'a qu'une souveraineté limitée qui lui interdit, entre autre, de disposer d'une armée (enseignants.lumni.fr).

 

La République démocratique allemande (RDA) ; en allemand : Deutsche Demokratische Republik ou DDR, parfois traduit par République démocratique d'Allemagne), également appelée Allemagne de l'Est, est un ancien État communiste européen qui a existé durant la seconde moitié du XXe siècle. La RDA a été créée le 7 octobre 1949 par le Parti socialiste unifié d'Allemagne allié de l’URSS à partir de la zone occupée par l'Armée rouge. Cet événement intervient après la fondation de la République fédérale d’Allemagne précédée par la trizone des puissances occupantes occidentales. Berlin-Est, le secteur soviétique de la ville, était la capitale de la RDA (fr.wikipedia.org - République démocratique allemande).

 

A l'intégration de la RFA à l'OTAN en 1955 répondra la création du Pacte de Varsovie par le bloc de l'Est.

 

L'URSS est l'héritière des Scythes et des Tartares.

 

Acrostiche : PPCN

 

PPCN : patri patriae Civitas Nemetum (Bericht des Historischen Vereins der Pfalz, Tome 2, 1847 - books.google.fr).

 

La civitas Nemetum désigne la ville de Spire en Allemagne de l'Ouest.

 

Spire (en allemand : Speyer) est une ville portuaire fluviale située sur le Rhin au sud du Land de Rhénanie-Palatinat (fr.wikipedia.org - Spire (ville)).

 

Voici les Huns d'Attila, en mouvement à la suite de quelque inimaginable bouleversement. Cette race hardie, dont on a sans doute exagéré le nombre, franchit le Rhin entre Worms et Bingen, puis se met à piller Worms, Trèves, Strasbourg et Spire. Attila veut gagner la Loire et, le 8 avril 451, il force les remparts de Metz et réduit la ville en cendres. Pour de longues années ses ruines se revêtent de silence et d'oubli (Jean Colin, Les antiquités romaines de la Rhénanie, 1927 - books.google.fr).

 

La carte de Peutinger, connue aussi sous le nom de Table Théodosienne, fut, à ce que l'on croit, exécutée à Constantinople vers 393, sous Théodose-le-Grand, ou, selon d'autres, vers 435, sous Théodose II. Découverte à Spire vers 1500, par Conrad Celtes, léguée par celui-ci à Peutinger, savant antiquaire né à Augsbourg, mort en 1547 à 82 ans, sans avoir eu le temps de la publier; elle fut imprimée en 1598 par les soins de Balthasar Morétus. Elle a été réimprimée plusieurs fois, et notamment en 1845, par Fortia d'Urban, Par. C'est un des monuments les plus précieux de l'antiquité (A. Noget-Lacoudre, Mémoire sur le lieu du martyre et sur les actes de saint Floxel, Vingt-septième session tenue a Cherbourg au mois de septembre 1860, 1861 - books.google.fr).

 

La France vaincue de 1940 se retrouve à la table des vainqueurs en 1945. Le principe de la participation française à l'occupation de l'Allemagne avait bien été accepté et proclamé solennellement par les trois « Grands » lors de leur rencontre en Crimée, à Yalta en février 1945. Depuis quelques mois la France avait même acquis la certitude qu'elle obtiendrait effectivement une zone d'occupation. Churchill l'avait fait savoir à de Gaulle lors de sa venue à Paris le 11 novembre 1944. Trois jours plus tard, la France était devenue membre à part entière de la Commission consultative européenne chargée de préparer l'après-guerre. C'était à vrai dire plus à l'initiative de Staline que de Roosevelt ou de Churchill que la France devait cette reconnaissance de sa fonction internationale. Mais au delà de la certitude que de Gaulle avait de voir «les troupes françaises occuper le territoire allemand qu'elles auront pris aux armées allemandes», il n'y avait rien de précis, rien de réglé. Aucun accord entre la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne disait alors quelles seraient les limites définitives de la zone française d'occupation en Allemagne — puisqu'il était entendu que celle-ci ne pourrait être prise sur la zone soviétique. Ce n'est que le 27 juillet 1945 qu'un tel accord intervint, les autres zones s 'étant constituées dès la fin du mois de juin (retrait des troupes américaines en deçà de l'Elbe).

 

Ce qui comptait donc pour la France, c'était de ne pas faire partie des laissés pour compte afin d'avoir son mot à dire dans le règlement de la paix, son but étant d'établir en Europe un système de sécurité qui empêche à jamais toute nouvelle agression allemande. Par ailleurs, l'obtention d'une zone d'occupation devait lui permettre de récupérer plus aisément les biens dont elle avait été spoliée pendant l'occupation allemande et d'exploiter à son tour les ressources allemandes disponibles pour faciliter sa propre œuvre de reconstruction. Un tiers de la fortune française avait été anéantie et si la France survivait, c'était au ralenti. Le reste pouvait paraître accessoire.

 

Sans attendre la fondation de la R.F.A., l'administration allemande des Lànder pratiqua l'obstruction, se fit sourde aux exigences françaises, sachant bien que le temps travaillait pour elle. Il n'est même pas jusqu'à l'école d'administration de Spire créée en 1947 que l'on a dit longtemps avoir été copiée sur le modèle de l'E.N.A., qui puisse passer pour une réalisation durablement française. Les statuts mis au point par les services de l'Education publique n'ont jamais été appliqués et le corps enseignant allemand a tout de suite cherché à renouer avec la tradition allemande.

 

La France, comme les autres puissances d'occupation et malgré les différences que l'on peut constater de l'une à l'autre, a péché par présomption, trop convaincue qu'elle était, que la meilleure façon de dénazifier et de démocratiser l'Allemagne, c'était encore d'amener les Allemands à penser et à vivre comme les Français (Jérôme Vaillant, La portée de l'action culturelle française en Allemagne de 1945 à 1949. In: Revue du Nord, tome 65, n°259, Octobre-décembre 1983 - books.google.fr).

 

Autour de Pâques 1949, profitant du rapprochement franco-allemand de l'immédiat après-guerre, opéré dans le cadre du Haut-commissariat de la République française en Allemagne, une première rencontre internationale se tient à Spire, au Centre d'échanges culturels, sur le thème des problèmes de l'éducation des jeunes socialement inadaptés. Cette rencontre bénéficie alors des énormes moyens dont dispose l'action culturelle en Allemagne, dirigée par Joseph Rovan. La délégation française compte une vingtaine de participants, dont une moitié vient de l'École Théophile Roussel de Montesson. ils sont accompagnés de plusieurs directeurs, dont Jacques Guyomarc'h et Paul Lelièvre. Henri Joubrel y présente une conférence sur l'éducateur spécialisé. Cette rencontre doit beaucoup aussi à Henry Van Etten, qui dirige alors le centre de rééducation de Gau-Algesheim pour de jeunes Allemands condamnés (Samuel Boussion, Les éducateurs spécialisés : naissance d'une profession, Le rôle de l'Association Nationale des éducateurs de jeunes inadaptés (1947-1959), 2019 - books.google.fr).

 

La section culturelle du Haut-Commissariat de la République française en Allemagne organisa dans ce pays, à Bad Durckheim, en 1948, sous la responsabilité de MM. H. VAN ETTEN et H. JOUBREL, une rencontre internationale sur «Les problèmes de l'éducation des jeunes inadaptés», Le but en était de favoriser, au lendemain de la guerre, une meilleure compréhension entre Allemands et Français s'occupant de ces problèmes. La portée de cette réunion se trouva élargie par la suite grâce à la venue de représentants de plusieurs autres pays, également invités. Une deuxième rencontre eut lieu en effet en 1949, à Spire, une troisième en 1950, également à Spire, et une quatrième en 1951, cette fois à Fribourgen-Brisgau. C'est surtout grâce à l'impulsion vigoureuse de l'Association française des éducateurs de jeunes inadaptés que les participants étrangers aux réunions en Allemagne furent amenés à fonder dans leur propre pays une association semblable (Rééducation, Numéros 228-238, 1971 - books.google.fr).

 

Les contacts entre historiens français et allemands avaient repris à Spire dès 1948, renouant une une ancienne tradition que le régime hitlérien , puis la guerre avaient interrompue Dès ces premières rencontres se forgea l'idée de créer un institut international d'histoire européenne. Fritz Kern, futur directeur de la section d'histoire universelle de l'Institut et fervent animateur des rencontres de Spire, s'engagea dès le début en faveur du projet. Il écrivit à Wilhelm Wühr, le 24 mai 1949 : «Sofort nach Speyer, also vor zwei Monaten haben Vorberatungen begonnen, wo in Deutschland man den Fußpunkt, das Büro oder Institut dafür schaffen könne». Cet enthousiasme résultait de la très large mission qu'il proposait à l'Institut : «Das Institut für europäische Geschichte soll der übernationalen und überkonfessionellen Zusammenarbeit von Historikern im Sinne des werdenden Europas dienen» (Corine Defrance, La politique culturelle de la France sur la rive gauche du Rhin, 1945-1955, 1994 - books.google.fr).

 

Des traits communs marquent les villes des deux pays, mais R.F.A. ou France tout en ayant une profonde originalité en matière urbaine. Dès Rome, la ville se multiplie dans ce qui deviendra les deux nations selon le modèle apporté par la civilisation méditerranéenne essentiellement urbaine. La ville remplit de nombreuses fonctions : Worms ou Bourges sont chefs-lieux de tribus, Chartres ou Spire lieux de culte, Manching ou Orléans points de trafic. Au Moyen Âge, le relais est assuré avec les créations ou promotions de villes épiscopales (Cologne ou Reims, Mayence ou Sens, Trèves ou Autun) ou abbatiales (Bonn ou Saint-Claude, mieux encore Moutiers ou Münster, son homonyme). Mais la laïcisation du pouvoir crée dès le Moyen Âge une nouvelle génération de villes, places fortes ou places de commerce, mais avant tout pions avancés du souverain (Deutschland und Frankreich, Raum und Zeitgeschichte, 1988 - books.google.fr).

 

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