Les massacres de Srebrenica

Les massacres de Srebrenica

 

VI, 96

 

1996

 

Grande cité à soldartz abandonnée,

Onc n’y eut mortel tumulte si proche,

O quelle hideuse mortalité s’approche,

Fors une offence n’y sera pardonnee.

 

Conjuration de Catilina (63)

 

La coalition des sénateurs et des chevaliers, qui, malgré leurs haines les uns à l'égard des autres, s'unissaient contre lui pour paralyser systématiquement toute réforme en sa faveur, exaspéra le peuple. Il voulut avoir un chef et prit le premier venu, un homme écrasé de dettes, audacieux, sans préjugés ni scrupules, Catilina. Trois fois il avait essayé en vain de parvenir au consulat. Abolition des dettes, pillage des riches, guerre à la propriété, on redoutait tout, sans trop savoir à quoi s'attendre. On savait qu'à Rome les pauvres, les débiteurs, les gens ruinés, les désœuvrés, trouvaient en Catilina un centre, un chef. Mais on n'avait pas contre lui de preuves suffisantes pour le faire arrêter.

 

On voulut le forcer Ă  se dĂ©clarer avant d'ĂŞtre prĂŞt, le pousser Ă  bout, le chasser de Rome, afin de n'avoir Ă  combattre dans la ville qu'une armĂ©e sans chef, hors de la ville qu'un chef sans armĂ©e. Les grands et les riches, qui voyaient dĂ©jĂ  en imagination leurs maisons envahies, entourèrent CicĂ©ron, firent appel Ă  son honnĂŞtetĂ©, Ă  sa vanitĂ© aussi : il serait le père de la patrie, le sauveur de la RĂ©publique ! CicĂ©ron parla, et si bien, que Catilina sortit de Rome. Les siens, Lentulus et Cethegus, se compromirent maladroitement, furent trahis par les dĂ©putĂ©s des Allobroges, qu'ils avaient voulu gagner, se firent arrĂŞter et furent Ă©tranglĂ©s dans le Tullianum. CĂ©sar, dans la curie, les avait vainement dĂ©fendus en tournant en ridicule l'Ă©loquence du consul, les lieux communs qu'il avait ajoutĂ©s Ă  son discours, et les craintes exagĂ©rĂ©es des sĂ©nateurs. «Mais, comme disait Caton, moins Lentulus et Cethegus inspiraient de dĂ©fiance Ă  CĂ©sar, plus ils devaient en inspirer aux bons citoyens. » Catilina lui-mĂŞme, cernĂ© par deux armĂ©es, pĂ©rit Ă  la tĂŞte d'une poignĂ©e de soldats dĂ©serteurs et d'esclaves fugitifs, dans les montagnes de FĂ©sules (E. MarĂ©chal, Histoire romaine depuis la fondation de Rome jusqu'Ă  l'invasion des barbares, 1881 - books.google.fr).

 

Quand CicĂ©ron attaque Catilina et ses complices, après leur avoir dit les injures les plus violentes avec une vĂ©hĂ©mence inouĂŻe, après les avoir appelĂ©s brigands, joueurs, voleurs, dĂ©bauchĂ©s, adultères, il termine en disant que ce sont des gens qui savent danser et jouer du luth, ce qui paraĂ®t, Ă  ses yeux, suffire pour que ce soient de grands scĂ©lĂ©rats. Ailleurs, dans le De officiis, il proscrit sĂ©vèrement la danse : «On ne doit nullement approuver», dit-il, «tous ces arts qui sont les complices de la dĂ©bauche (ministræ voluptatum)» (CicĂ©ron, De Officiis, 1. XLII, 150); et après avoir nommĂ© les bouchers, les cuisiniers, etc., «tu peux, dit-il encore, y ajouter les danseurs». Lorsque MurĂ©na, ami de CicĂ©ron, se prĂ©sente au consulat, Caton d'Utique ne trouve rien de mieux pour l'accuser que de l'appeler danseur; et, en dĂ©fendant son client, CicĂ©ron s'arrĂŞte Ă  cette Ă©pithète et fait tous ses efforts pour le dĂ©fendre contre cette accusation, car, dit-il, «personne ne danse Ă  jeun, Ă  moins d'ĂŞtre fou; nemo enim saltat sobrius, nisi insanit.» (CicĂ©ron, Pro Murena, VI, 13) (Jules Martha, Progrès de l'esprit littĂ©raire Ă  Rome, depuis les guerres puniques jusqu'Ă  CicĂ©ron, Revue des cours et confĂ©rences, 1893 - books.google.fr).

 

"proche"

 

Faute de pouvoir faire arrêter Catilina, Cicéron, le 8 novembre 63, devant le Sénat et en présence de Catilina en personne, prononce sa première Catilinaire afin de le décider à partir. Le soir même, Catilina quitte Rome et, en rejoignant les rebelles, devient hostis publicus. Les Catilinaires, en latin In Catilinam I-IV, sont une série de quatre discours célèbres de Cicéron, prononcés en 63 av. J. -C.

 

Quid proxima, quid superiore nocte egeris, ubi fueris, quos convocaveris, quid consilii ceperis, quem nostrum ignorare arbitraris ? (Ce que tu as fait la nuit dernière, ce que tu as fait la nuit prĂ©cĂ©dente, oĂą tu as Ă©tĂ©, qui tu as convoquĂ©, quelle dĂ©cision tu as prise, crois-tu que l'un d'entre nous l'ignore ?, 1 Catilinaire, 1).

 

- "Proxima nox" (La nuit dernière, "proxima" : proche) : Il s'agit de la nuit du 7 au 8 novembre 63 av. J.-C., durant laquelle deux complices de Catilina ont tentĂ© de s'introduire chez CicĂ©ron au lever du jour pour l'assassiner. InformĂ© par l'espionne Fulvia, le consul avait doublĂ© sa garde.

 

- "Superior nox" : La nuit d'avant, c'est-Ă -dire l'avant-veille (la nuit de la rĂ©union secrète des conjurĂ©s chez Marcus Laeca) (odysseum.eduscol.education.fr).

 

La menace s'approche dans le quatrain mais il n'y en a aucune réalisation.

 

"offense" : offensio

 

"offensio" : aussi en latin "Ă©chec", "rebuffade" (Gaffiot).

De officiis (Traité des devoirs) de Cicéron évoque la crainte des offenses, des échecs et de l’infamie (offensionum et repulsarum), en particulier dans le livre I, lorsqu’il aborde l’engagement politique et la grandeur d’âme.

 

Quorum iudicium in eo, quod gloriam contemnant, et pro nihilo putent, difficile factu est non probare: sed videntur labores et molestias, tum offensionum et repulsarum quasi quamdam ignominiam timere et infamiam (Ce n'est pas que, dans le fait, on puisse les condamner pour le peu de cas et le mépris qu'ils font de la gloire; mais ils semblent redouter, comme une espèce de honte et d'infamie, tout ce qu'il y a de fâcheux dans les refus, et de pénible dans les rivalités) (Joseph Victor Le Clerc, Oeuvres complètes de M. T. Cicéron, Tomes 33 à 34, 1826 - books.google.fr).

 

Sergius Catilina, de sang patricien, voulant venger par la violence l'Ă©chec qu'il avait subi dans la candidature au consulat, enrĂ´la secrètement tout ce que le pays contenait d'individus discrĂ©ditĂ©s, endettĂ©s, tarĂ©s. Avec une armĂ©e composĂ©e de pareils Ă©lĂ©ments, il se disposait Ă  faire main basse sur les riches et les puissants, et Ă  saccager la ville. Heureusement pour Rome, cette conspiration fut dĂ©couverte ! Le consul Tullius CicĂ©ron cita Catilina devant le sĂ©nat, dĂ©voila toutes ses perfidies et flĂ©trit d'une voix Ă©loquente la conduite infâme du conspirateur, comme quelque temps auparavant il avait stigmatisĂ© celle de Verrès, prĂ©teur en Sicile. Après avoir ouĂŻ l'accusation de Tullius CicĂ©ron et la dĂ©fense que Catilina prĂ©senta Ă  son tour pour se justifier, le sĂ©nat chargea deux de ses membres les plus Ă©minents, CĂ©sar et Caton, de donner leur avis sur la peine Ă  infliger aux coupables. CĂ©sar opina pour la confiscation des biens et l'emprisonnement, Caton pour la mort.

 

Ces deux hommes 'sans se ressembler ni par leur caractère, ni parleurs actes, avaient acquis une haute renommĂ©e. Quant Ă  l'âge, Ă  la noblesse, Ă  l'Ă©loquence et surtout Ă  l'Ă©lĂ©vation d'âme, ils Ă©taient non pas comparables, mais Ă©gaux. CĂ©sar brillait par ses libĂ©ralitĂ©s et sa munificence, Caton par sa vie irrĂ©prochable. La douceur et l'affabilitĂ© du premier Ă©taient cĂ©lĂ©brĂ©es par tout le monde; chacun admirait la sĂ©vĂ©ritĂ© majestueuse du dernier. On prĂ´nait les dons, les secours, la disposition Ă  pardonner de l'un; on vantait la persĂ©vĂ©rance Ă  ne rien accorder de l'autre. Celui-ci Ă©tait le flĂ©au des coupables, celui-lĂ  le consolateur des malheureux. CĂ©sar Ă©tait heureux de travailler, de veiller, de se sacrifier pour ses amis; il ne pouvait se rĂ©signer Ă  refuser des services de quelque importance; il dĂ©sirait exercer une autoritĂ© Ă©tendue, commander une armĂ©e nombreuse, faire la guerre contre des peuples puissants afin de pouvoir donner carrière Ă  sa valeur. Caton n'aspirait point Ă  la rĂ©putation d'homme riche parmi les riches, de populaire parmi les populaires, mais bien d'homme courageux parmi les courageux, de modeste parmi les modestes, d'incorruptible parmi les incorruptibles : comme il voulait ĂŞtre bon plutĂ´t que de le paraĂ®tre, il s'acquĂ©rait d'autant plus de gloire qu'il semblait moins en chercher. Le sĂ©nat adopta l'avis de Caton et condamna Ă  mort Catilina et tous ses complices (Maurizio Silvin, Aperçus historiques sur l'Italie depuis la fondation de Rome jusqu'au quinzième siècle, Tome 1, 1859 - books.google.fr).

 

"fors un" : qu'un seul (au lieu de sauf un) (Louis Charbonneau-Lassay, Le Bestiaire du Christ, 2014 - books.google.fr).

 

L'"offense" ou l'échec de Catilina à la magistrature est à l'origine de l'événement raconté dans le quatrain mais placée à la fin.

Ce qui permet Ă  Lepelletier de traduire par "aucune" (Anatole Lepelletier, Les Oracles de M. de Nostredame, Tome 1, 1867 - books.google.fr).

 

Lex Gabinia

 

Aulus Gabinius, né vers 101 av. J.-C. et mort à Salone en 48 ou 47 av. J.-C., est un homme politique et général de la fin de la République romaine.

 

En tant que tribun de la plèbe en l'an 67 av. J.-C., il propose la Lex Gabinia, qui donne à Pompée, non nommé au départ, les pouvoirs extraordinaires pour lutter contre les pirates. En effet, par leurs raids incessants, les pirates qui perturbaient considérablement le transport de vivres vers Rome depuis la Sicile et l'Égypte, menacent d'affamer la péninsule italienne. Ce projet créé un dangereux précédent dans le fonctionnement de la République romaine. Le consulaire Quintus Lutatius Catulus, défendant la tradition et soutenu par les optimates et la grande majorité du Sénat, s'oppose à ce projet visant à donner des pouvoirs exorbitants à un seul homme. Le jeune Jules César est le seul à prendre ouvertement la parole pour le projet tandis que Cicéron reste neutre.

 

Gabinius est hué et insulté au Sénat lors de débats houleux, et à la suite de menaces envers Gabinius, la foule envahit même la Curie romaine, provoquant la fuite de presque tous les sénateurs. Le consul Caius Calpurnius Piso fait face, mais ne doit la vie sauve qu'à l'intervention de Gabinius. La loi est proposée en plébiscite en présence de Pompée mais un autre tribun de la plèbe y oppose son veto, et devant le début d'émeute, Gabinius réplique en organisant un vote visant à le destituer, et alors qu'on va atteindre la majorité des tribus, le tribun se retire. Un autre tribun propose deux magistrats exceptionnels au lieu d'un seul, mais n'insiste pas devant la pression de la foule. Gabinius, dans un geste d'apaisement, laisse la parole à Catulus dont on respecte le discours, mais qui ne peut infléchir le vote du plébiscite. Le Sénat empêche cependant Gabinius d'être nommé parmi les légats. Pompée s'acquitte de sa fonction méthodiquement et accomplit sa mission en trois mois

 

Cicéron attaque violemment Gabinius dans ses discours, notamment dans Contre Pison en 55 av. J.-C. et dans De provinciis consularibus en 56 av. J.-C., l'accusant de mauvaise gestion de sa province de Syrie (-58 - -54) (fr.wikipedia.org - Aulus Gabinius).

 

Adriatique et Balkans

 

L'érudit romain Varron (Marcus Terentius Varro) parle explicitement de l'année 67 av. J.-C. et de l'Épire dans son traité d'agriculture, le De re rustica (Livre II). Il y évoque également les Gaulois, mais de manière indirecte et spécifique. En 67 av. J.-C., Varron sert comme légat (général) sous les ordres de Pompée lors de la célèbre campagne contre les pirates méditerranéens (liée à la Loi Gabinia). Pompée lui confie le commandement de la flotte grecque chargée de surveiller la mer Ionienne et l'Adriatique, entre Délos et la Sicile. Varron base l'intégralité de son deuxième livre du De re rustica sur des souvenirs de cette époque. L'Épire était alors réputée dans tout le monde romain pour l'excellence de son élevage. Dans ses descriptions de l'élevage extensif (le sujet central de ses discussions en Épire), Varron et les agronomes romains font régulièrement référence au savoir-faire des Gaulois, notamment pour l'élevage des porcs, des chevaux ou pour l'utilisation de charrettes spécifiques. Les Gaulois présents dans la région balkanique étaient les Scordisques.

 

Dans son autre grand ouvrage préservé, De lingua latina, Varron étudie l'origine des mots romains et note les termes que Rome a empruntés aux Gaulois, comme alauda (l'alouette) ou petorritum (un chariot à quatre roues) (A. Deman, Bergers transhumants et mouvements de résistance en Italie depuis les Gracques jusqu'à César, Forms of Control and Subordination in Antiquity, 2023 - books.google.fr).

 

The Scordisci, who ruled the central Balkans during the second century B.C. and were the first tribe there to mint money, are believed to have worked the lead-silver mines at Domavia near Srebrnica (Papazoglu, 1978) (Jerome O. Nriagu, Lead and Lead Poisoning in Antiquity, 1983 - books.google.fr).

 

Lien avec les deux quatrains suivants VI, 97 et VI, 98

 

Le pillage du temple de Delphes par les Gaulois dont ces auteurs font mention, n'est point different de celui que firent du même temple environ cent cinquante a ans après les Scordisques, les Mediens & les Dardaniens qu'un habile critique fait descendre des Gaulois qui attaquerent Delphes sous la conduite de Brennus. On ne peut pas douter du moins que les Scordisques qui étoient du nombre, ne fussent Tectosages d'origine. Suivant ce systême, tous les reproches que Ciceron faisoit aux peuples de la province Romaine d'avoir porté leurs mains sacriléges sur les richesses consacrées dans le temple d'Apollon de Delphes, pourroient s'interpréter du pillage fait par les Scordisques leurs compatriotes; mais on ne sçauroit expliquer de même l'autorité de Tite-Live, puisque Manlius, suivant cet historien, faisoit le même reproche aux Gaulois d'Asie avant l'expédition des Scordisques contre le temple de Delphes. Ce consul Romain faisoit d'ailleurs retomber ce reproche sur les premiers comme aiant été de l'expédition de Brennus. Quoi qu'il en soit, le critique que nous venons de citer, convient que cette expédition fut très désavantageuse à ce capitaine, & que les Gaulois ne prirent ni ne pillerent point alors le temple de Delphes (Claude de Vic, Vaissete, Histoire générale de Languedoc: avec des notes et les pièces justificatives, Tolume 1, 1730 - books.google.fr).

 

Acrostiche : GO OF

 

go : ergo; of : officina (Adriano Cappelli, Dizionario di abbreviature latine ed italiane usate nelle carte e codici specialmente nel medio-evo, 1899 - books.google.fr).

 

L'association des mots danse, hĂ©ritage, Catilina et CicĂ©ron fait directement rĂ©fĂ©rence au portrait satirique et moralisateur que l'orateur romain CicĂ©ron dresse des partisans du rĂ©volutionnaire Catilina dans ses cĂ©lèbres Catilinaires (63 av. J.-C.). Dans la rĂ©publique romaine traditionnelle, la danse (en particulier celle pratiquĂ©e de manière exhibitionniste ou effĂ©minĂ©e lors des banquets) Ă©tait considĂ©rĂ©e comme le comble de la dĂ©bauche, du dĂ©shonneur et de la perte de l'hĂ©ritage moral des ancĂŞtres (mos maiorum). Dans sa Deuxième Catilinaire, CicĂ©ron attaque violemment la jeunesse dorĂ©e et ruinĂ©e qui s'est ralliĂ©e Ă  la conjuration de Catilina : CicĂ©ron s'en prend Ă  ces «jolis garçons» voluptueux, habituĂ©s Ă  «chanter et danser nus dans les festins». Il se moque ironiquement de leur capacitĂ© Ă  supporter le froid des camps militaires alors qu'ils ne connaissent que le confort des nuits de dĂ©bauche. Ces conjurĂ©s sont dĂ©crits comme des nobles corrompus qui ont dilapidĂ© leur propre patrimoine (leur hĂ©ritage financier et familial) dans le jeu et le luxe, et qui cherchent dĂ©sormais Ă  renverser la RĂ©publique pour effacer leurs dettes.

 

Un sage a été institué héritier par quelqu'un qui lui laisse cent millions de sesterces, mais à condition qu'avant de les recueillir il dansera en plein midi dans la place publique. Il a promis, et sans cela le testateur ne l'aurait pas fait son héritier. Doit-il tenir ou non sa promesse? Pour moi, j'aimerais mieux qu'il ne s'y fût pas engagé, et je crois que cela eût mieux convenu à sa gravité; mais puisqu'il l'a promis, il ferait mieux de renoncer à cet héritage, s'il trouve de la honte à tenir sa parole, à moins qu'il ne voulût consacrer cette somme à tirer sa patrie de quelque nécessité pressante, car alors il pourrait sans honte danser en pleine place publique (De Officiis Liber III, XXIV) (M. Sommer, Traité des devoirs de Cicéron, 1861 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1995 sur la date pivot -63 donne -2121.

 

Epoque de Sémiramis (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr).

 

Tamerlan, dans la pièce Ă©ponyme de Marlowe (1590), Partie II, Acte I, Scène V, dit : "Aujourd'hui Ă  l'endroit oĂą la belle SĂ©miramis, courtisĂ©e par les rois et les grands de l'Asie, a dansĂ© des pas solennels, marchent mes soldats" (Christopher Marlowe, Tamerlan, Théâtre, Tome 1, traduit par FĂ©lix Rabbe, 1889 - books.google.fr).

 

Cicéron qualifie ironiquement le général et homme politique romain Aulus Gabinius de «nouvelle Sémiramis» dans son célèbre discours Sur les provinces consulaires (De Provinciis Consularibus, prononcé en 56 av. J.-C.). Gabinius était alors le proconsul (gouverneur) de la province de Syrie, Sémiramis étant la reine légendaire de l'Empire assyrien (qui englobait cette région). Fidèle à ses habitudes d'invective, Cicéron accuse Gabinius d'efféminement, de luxure et de mollesse (parfums, danses, débauche). Comparer un magistrat romain à une femme — qui plus est orientale — est l'insulte suprême pour contester sa virilité politique et son autorité. À travers la figure de la souveraine absolue Sémiramis, Cicéron dénonce un mode de gouvernement jugé despotique, cupide et destructeur pour les intérêts de Rome et des compagnies de publicains (percepteurs d'impôts) locaux (Auguste Bouché-Leclercq, La question d'Orient au temps de Cicéron, Revue historique, 1903 - books.google.fr).

 

CicĂ©ron fustige l'enfance impudique de Gabinius et ses rapports avec Catilina, «dont les premières annĂ©es avaient Ă©tĂ© livrĂ©es sans vergogne aux dĂ©sirs de tous» et, faute plus grave, «qui n'avait pu tenir mĂŞme la partie la plus sacrĂ©e du corps Ă  l'abri des souillures de la dĂ©bauche» : Ă  Rome la fellation est considĂ©rĂ©e comme le plus infâme des rĂ´les passifs. CicĂ©ron insiste surtout sur sa soumission sexuelle Ă  Catilina «son amant, son mari» : il est tour Ă  tour «le danseur, le mignon, le porte-lanterne de Catilina» (Françoise Gonfroy, HomosexualitĂ© et idĂ©ologie esclavagiste chez CicĂ©ron. In: Dialogues d'histoire ancienne, vol. 4, 1978 - www.persee.fr).

 

Danses balkaniques

 

The beginning of World War II triggered a reign of terror in much of what is now ex-Yugoslavia. The war had an especially strong impact in Bosnia as its mountainous terrain was especially amenable to small-unit, guerrilla-type tactics. Bosnia thus took on a central role in the communist-named National Liberation Struggle (NOB). Bosnia was in fact so central to Yugoslav identity that it was from the Bosnian town of Jajce in 1942 that the country's new existence was proclaimed in a meeting of the Anti-Fascist Council for the Liberation of Yugoslavia, or AVNOJ. Despite its centrality to the Yugoslav concept, Bosnia's unique multi-ethnic composition allowed for continued creation and exploitation of grievances, both perceived and actual. Thus, much of the slaughter in Bosnia took on an inter-communal aspect. Ramet (1992, 255) notes, for example, that approximately 328,000 people lost their lives in Bosnia in the NOB. This inter-communal violence has come back to haunt Bosnia. World War II grievances are still fresh enough in memory to be exploited for ethno-nationalist purposes. The National Liberation Struggle also marked the beginning of the use of cultural performances by the socialist Yugoslav proto-state as an aid in nation building. The 1942 statutes of the Proletarian National Liberation Brigades required every Partizan unit to have a culture team (Dedic 1981, 123). Along with agitprop theater, members of these cultural teams were responsible for the creation of an invented tradition of "Partizan Kolos." These circle dances were either choreographed de novo or transformed from an existing ethnic-associated dance into non- or multi-ethnic "Yugoslav" forms of folk dance. Until the breakup of modern Yugoslavia, festivals where these wartime Partizan dances and their post-war descendants were performed were a regular feature of the choreographer's calendar. At the same time that Partizan kolos were being created as a step to defuse ethnic differences, the choreographed "folk" dances of the urban bourgeois, known as "Ballroom Kolos" (Radikal, Salonsko Kolo, Trgovacko Kolo, etc.), popular in the interwar period, disappeared from the repertoire of both quotidian and symbolic performance. This resulted from a coordinated state campaign to erase class distinctions. [...]

 

In the fall of 1987, in the seemingly innocuous confines of the performance space of KUD Slobodan Princip-Seljo in Sarajevo, I witnessed a moment of parakrousis into which then-Yugoslavia was falling. Parakrousis, as the Greeks defined it, is that one discordant element in an otherwise harmonious presentation which may reveal its underlying conflict. In this case, that discordant, telling note came not from the performers or their performance, but from the audience, the consumers of this manifestation of the state's ideology (Lynn D. Maners, Nationalism and Performance in Bosnia and Herzegovina, Clapping for Serbs, Balkan Dance, Essays on Characteristics, Performance and Teaching, 2008 - books.google.fr).

 

Every year at the begining of August, people in the village Osmace in Srebrenica area organize raditional outdoor parties. In fact, this manifestation is the connection of mass harvest and outdoor party; through the day wheat is reaped and by night they have outdoor parties somewhere on a field. Of the musical instruments only drum is used so that boys and girls dance to the accompaniment of its rhytm. During the drummer's resting time only girls, ready for marriage, lead the dance. While dancing without musical accompaniment they surpass in singing with the boys standing around the dance. The most recent socio-economic changes greatly influenced on the lasting moment and the contents of the Osmace outdoor parties; nowdays they are shortened in duration, drum is replaced by other instruments, and the traditional peasant costume disappeared completely (Salih Kulenovic, Etnologija sjeveroistocne Bosne rasprave, studije, clanci, 1995 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Osmace).

 

Srebrenica

 

Les accords de Dayton (Ohio) signĂ©s en novembre 1995 par Aliha Izetbegobic, Slobodan Milosevic et Franjo Tudjman et entĂ©rinĂ©s Ă  Paris en dĂ©cembre mettent fin Ă  la guerre de Bosnie. « Les nĂ©gociations fixèrent pour objectifs un cessez-le-feu, sous contrĂ´le de l’Ifor (force d’application des accords, sous commandement de l’OTAN, rĂ©duite par la suite en devenant Sfor), mais aussi le retour des rĂ©fugiĂ©s et personnes dĂ©placĂ©es, enfin, la reconstruction d’un pays unifiĂ© dans le cadre de la nouvelle Constitution Ă©tabli Ă  Dayton. [1] Â»

 

L’épisode le plus douloureux dela guerre de Bosnie est sans doute la prise de Srebrenica (« Grande citĂ© Â» : 40 000 bosniaques s’étaient rĂ©fugiĂ©s dans l’enclave), le 11 juillet 1995, par les forces serbes après qu’elles eurent attaquĂ© les postes de casques bleus chargĂ©s de protĂ©ger les 5 zones de sĂ©curitĂ©s constituĂ©es par les Nations Unies. Les Serbes procèdent Ă  une Ă©puration Ă©thnique en envoyant femmes et enfants vers les lignes bosniaques tandis queles hommes de plus de 16 ans sont fusillĂ©s. « Des sites de fosses communes ont Ă©tĂ© trouvĂ©s aussi loin qu’à Zvornik Ă  une cinquantaine de kilomètres de Srebrenica. Les autoritĂ©s bosniaques avancent le chiffre de 12 000 victimes tandis quela Croix-rouge retient le chiffre d’un peu plus de 7000 personnes [2] Â».

 



[1] Jean-Arnault DĂ©rens et Catherine Sanary, « Les conflits yougoslaves de A Ă  Z Â», Les Ă©ditions de l’atelier, 2000, p. 99

[2] ibid., p. 362

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