Les Enfants-trouvés VIII, 5 2033-2034 Apparoistra temple luisant orne, La lampe & cierge a Borne &
Breteuil, Pour la Lucerne le canton destorne, Quand on verra le grand coq au cercueil. "temple" : poétiq. Eglise catholique ; "lampe et cierge" :
allusion à la lampe et aux cierges qui sont allumés sur l'autel pendant la
messe (Jean-Charles de Fontbrune, Nostradamus,
historien et prophète, Editions du Rocher, 1980, p. 519). "le grand Coq" Le prétendu coq gaulois ne se voit sur aucune médaille
ancienne de cette contrée. Un jeu de mots qui se trouve dans quelques auteurs
anciens, sur le mot gallus, coq, et Gallus, Gaulois,
a pu suggérer cette idée. Ce jeu de mot fut relevé d'une manière piquante par
Pierre Danès, ambassadeur de France au concile de
Trente. Comme un orateur français déclamait contre les mœurs relâchées des
ecclésiastiques d'Italie, l'évêque d'Orviète dit avec
dédain : Gallus cantat. Danès
reprit vivement : Utinam ad Galli cantum
Petrus resipisceret (Plût au ciel qu'au chant du coq
Pierre vînt à résipiscence) ! Lors de la révolution française, le coq fut placé
sur les drapeaux et sur les enseignes autant comme l'emblème de Mars que comme
le symbole des Français. La première médaille frappée à cette époque où l'on
voie un coq est celle qui fut faite en l'honneur de Louis XVI avec la légende
Vive à jamais le meilleur des rois, et à l'exergue Louis XVI, restaurateur de
la liberté française et le véritable ami de son peuple. Le revers représente la
Liberté ou la France casquée, portant un bouclier couvert de la tête de Méduse,
et tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet de la liberté. Elle
foule aux pieds des chaînes ; devant elle est un obélisque surmonté d'une fleur
de lis, et un coq au-dessus duquel brille un soleil rayonnant. La légende porte
les mots Liberté et sécurité. Salut et régénération de la France par
l'Assemblée nationale en 1789 et 1790. Cependant, avant cette médaille de la
révolution française, nous trouvons un exemple de l'allégorie du coq français,
ou du coq symbole de la France, sur une médaille frappée en Italie, sous le
pape Clément VIII, pour la naissance de Louis XIII en 1601. On voit au revers
de cette médaille un enfant qui tient d'une main un sceptre et de l'autre une
fleur de lis; à ses pieds un coq couronné posant le pied sur un globe. Autour,
la légende REGNIS NATUS ET ORBI (Né pour son royaume et pour l'univers) C'est dans cette symbolique cléricale et christologique
du coq que puisent les auteurs au service des rois de France. Christine de
Pisan, par exemple, compare Charles V à un coq veillant sur ses sujets. Au xve siècle, le surnom de gallus
est tour à tour attribué à Charles VII (1422-1461), à Charles VIII (1483-1498)
et à Louis XII (1498-1515). Enfin, quelques décennies plus tard, l'entourage de
François Ier met en scène un véritable programme politique construit sur la
symbolique du coq : lucide, fier, courageux, attribut du soleil, de Mars et de
Mercure, emblème générique des anciens Gaulois, le coq est l'image même du roi
de France (Lecoq 1987). La mythologie, l'astrologie, l'histoire et
l'archéologie sont alors convoquées pour célébrer cet animal qui, au début du xvie siècle, commence à occuper dans l'emblématique royale
une place importante, aux côtés de la couronne et de la fleur de lis. Au siècle suivant, l'image du coq est définitivement
assumée. Elle fait de plus en plus souvent partie de la propagande monarchique
et renvoie tantôt au roi lui-même, tantôt au royaume dans son ensemble, tantôt
à la nation française. En 1601, par
exemple, à l'occasion de la naissance du futur Louis XIII, son père Henri IV
fait couler une médaille sur laquelle on voit le jeune dauphin tenir un sceptre
et une fleur de lis tandis que, Ã ses pieds, un coq, symbole du royaume, pose
hardiment la patte sur un globe terrestre. Onze ans plus tard, Ã l'occasion
des fêtes qui célèbrent les fiançailles de ce même Louis XIII avec l'infante
Anne d'Autriche, la place Royale à Paris est entièrement décorée de coqs,
emblèmes de la France, et de lions, emblèmes de l'Espagne. Ces deux animaux se
retrouvent au même endroit en 1660 à l'occasion des fêtes offertes par la ville
après le mariage de Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse Acrostiche : ALPQ Ce que l'on appelle le château neuf de Saint Germain, sur le faîte de la montagne plus près de la Seine, fut commencé sous Henri IV et Marie de Médicis, qui n'épargnèrent rien pour la perfection des ouvrages. Il fut embelli par Louis XIII qui y fut élevé; et Louis XIV, qui y naquit le 5 Septembre 1638, en fit sa principale habitation jusqu'à la construction de Versailles. Mais, de tout cet édifice, au bas duquel est le village du Pec, il n'existe plus aujourd'hui que la tour où est né Louis-le-Grand, et qui tombe en ruines. Marie de Médicis aimait tellement ce séjour, un des plus agréables qui soit en France et où l'on a remarqué qu'on vivait long-tems, qu'elle disait au maréchal de Bassompierre : "Je me plais ici, quand j'y suis; j'ai un pied à Saint-Germain, l'autre à Paris." On ne peut douter non plus que Henri IV ne l'aimât aussi, puisque, pour donner aux habitans une marque de l'intérêt qu'il leur portait, il les affranchit de tout impôt, le 10 Juillet 1598, privilège dont ils jouirent jusqu'en 1789. Le Pec devrait s'appeler Aupec, puisque son nom latin est Alpicum, qui vient du mot Alp, qui, en celtique, veut dire montagne. En effet, ce village est situé sur la pente d'une montagne très-escarpée. Il n'est pas douteux que ce lieu ne soit très-ancien, puisque dans des chartes de Childebert III, de 704, on voit que ce roi donna Aupec à l'abbaye de Saint-Vandrille en Normandie; et les moines de cette abbaye en conservèrent la jouissance avec d'autant plus de soin, qu'ils y recueillaient tous les ans environ 350 muids de vin. Charles-le-Chauve confirma la donation de Childebert, en 845, etc. (Voyage aux environs de Paris, Musée des variétés littéraires, Volumes 1 à 2, 1822 - books.google.fr). Louis XIII aime aussi Saint-Germain où il fut particulièrement gâté, et qui reste étroitement lié à ses heureux souvenirs d'enfance. Il n'oublie pas que, du bord de la Fontaine de Mercure, il s'amusait à arroser les personnes de marque qui passaient; qu'il circulait en carrosse sur la côte du Pecq; qu'il grapillait le long des vignes; qu'il aimait séjourner dans la nef royale amarrée au port et passer par le bac pour aller «goûter» à Chatou ou à Croissy, ou même dans la garenne du Vésinet. Il est le seul roi qui ait passé la plus grande partie de sa vie à Saint-Germain, où il mourut en 1643. Très grand chasseur, il trouve insuffisante la garenne du Vésinet telle que le roi Henri IV l'a conçue, et il achète en 1634 au seigneur de Croissy, Jacques Robineau, 444 arpents de terres. Par contre, Louis XIV ne s'attachera jamais complètement à Saint-Germain où il a eu à subir, tout jeune encore, les terreurs de la Fronde. Il était alors âgé de dix ans. Il se souvient avoir vu - alors qu'il était venu se réfugier au château avec sa mère, Anne d'Autriche, après une fuite éperdue, la nuit, à travers bois - les troupes insurgées parcourir le Vésinet, se cantonner à Chatou dans la maison du Maître d'Hôtel de la Reine, Jean Berger - l'actuelle mairie - puis envahir le parc et mettre le feu au pont, le 25 avril 1652 (Jacques Catinat, Grandes heures de Chatou et la naissance du Vésinet, 1967 - books.google.fr). Le canton de Lucerne Il faut attendre le début du XVIIe siècle pour que le royaume de France possède une frontière commune avec les cantons, entre Genève et Vaud, grâce au traité de Lyon (17 janvier 1601). La fin du conflit séculaire entre la France et l’Angleterre en 1453 permet aux Français de s’intéresser davantage à la frontière orientale du royaume et d’exercer, à plus long terme, une forte influence auprès des cantons. Fondées sur la Paix perpétuelle de 1516 signée à Fribourg après la défaite suisse à Marignan et le grand traité d’Alliance défensive de 1521, les relations entre la France et le Corps helvétique des XIII Cantons reposent essentiellement sur un savant système d’alliances que les souverains français prennent beaucoup de soins à renouveler, avec quelques adjonctions et modifications, de règne en règne (Guillaume Poisson, 1516 : un traité de paix devenu «pierre angulaire» des relations diplomatiques franco-suisses sous l’Ancien Régime, 1516 - 2016 500e anniversaire de la Paix perpétuelle entre la France et la Suisse, 2016). La France cherche à briser l’encerclement des Habsbourg, présents à Vienne et à Madrid. Presque tout le territoire français est entouré d’une terre espagnole, le sud, la frontière italienne, les frontières de l’Est. Toute la politique internationale de la France depuis François 1er jusqu’à Louis XIV, vise à desserrer cette étreinte (www.contrepoints.org). François Ier sut assurer à sa couronne l'appui que devaient lui donner tout à la fois le libre passage des Alpes et le recrutement avoué des Suisses mercenaires. Si bien qu'avant même de conclure l'alliance de Lucerne, le 5 mai 1521, le roi de France avait en Suisse comme un ambassadeur résident dans la personne d'Antoine de Lamet. L'ambassade de France existera dès lors à titre permanent, avec résidence, pendant plus de deux siècles, à Soleure. En outre des légations, intermittentes il est vrai, vont s'établir aux Grisons, au Valais et ailleurs. A cause de la complication des comptes, notons-le, l'ambassadeur ordinaire sera parfois assisté d'un général des finances. A partir de 1521, il ne s'agit pourtant plus que d'interpréter les clauses du contrat, aux termes duquel les Suisses, en retour des soldes, subventions, pensions tant publiques que privées qu'on leur assure, et des avantages commerciaux qu'on leur laisse, vont verser leur sang au service de la France sur tous les champs de bataille de l'Europe. Henri II renouvelle, en 1549, la précieuse alliance. Sous les successeurs de Henri II, l'histoire des relations de la France avez les treize cantons suisses change pourtant de caractère. De politique qu'elle était d'abord, elle prend un aspect confessionnel. D'un côté le roi perd l'appui des États protestants et l'appoint de leurs troupes au temps des guerres de religion et surtout à partir de la Saint-Barthélemy ; d'autre part la Ligue , en détachant du roi les catholiques exaltés, tendra à lui ramener les contingents protestants. L'alliance de 1587 conclue par l'Espagne avec six des sept cantons catholiques qui subissaient l'influence du nonce. du pape et du colonel lucernois Pfyffer, «le roi des Suisses», gêna considérablement l'effort que devait faire Henri IV pour réunir en un seul faisceau les forces helvétiques. Les Suisses catholiques forment le tiers des troupes royales à Dreux, à Saint-Denis, à Jarnac, à Moncontour ; ils se sont particulièrement distingués lors de la retraite de Meaux. Les protestants paraissent dans les contingents envoyés au secours des Églises réformées du royaume avec le comte palatin Jean-Casimir de Bavière, «le condottière du protestantisme français», et ses successeurs. Mais à Arques et à Ivry, la moitié des Suisses royaux se compose d'évangéliques, tandis que Mayenne a avec lui la majorité des Suisses catholiques. Malgré la paix de Vervins et le renouvellement de l'alliance franco-suisse sous Henri IV, les cantons resteront divisés en deux confédérations, l'une française, l'autre espagnole. Ce ne sera qu'après la guerre de Trente ans que l'unité se refera (Bibliographie : Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des Cantons suisses, de leurs alliés et de leurs confédérés d'Edouard Rott, Revue critique d'histoire et de littérature, Volume 55, 1903 - books.google.fr). En 1634, la lutte d'influence entre la France et l'Espagne se manifestait à Lucerne entre représentations des deux puissances, il s'agissait d'éloigner Lucerne de l'alliance lombarde, Milan étant aux mains des Espagnols (jusqu'en 1714) (Edouard Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, de leurs alliés et de leurs confédérés, Tome 4, 1909 - books.google.fr). Tout parût ainsi balancé entre les deux parties jusqu'à l'Année 1639. lors que la France fit de nouveaux efforts pour gagner la superiorité sur ses Ennemis, en mettant sur pied cinq Armées puissantes, qui fûrent destinées contre les divers Etats de la Maison d'Autriche, dans les Pays-Bas, dans le Duché de Luxembourg, le long de la Meuse, du côté du Roussillon, & sur les frontiéres de l'Italie. Ce fût dans cette occasion que l'on vit reveiller dans les Cantons tout le zéle que des hommes distinguez de cette République trouvérent dans l'exemple de leurs ancestres; On y vit lever successivement, & avec toute la celerité que le demandoient les besoins du Royaume, jusqu'à neuf Regiments complets; Celuy de Zurich en fournit deux sous les Colonels Rahn & Lochmann; Celuy de Berne confia le sien à de Watteville; Lucerne à Pfeiffer; Frybourg les deux siens à de Praroman & de Reynold; Les deux de Soleure arrivérent sous la conduite d'Aregger & de Roll; & de Guy amena celuy de Neufchâtel; Jaques de Caumartin pour lors Ambassadeur en Suisse, n'eût pas lieu de regretter les soins qu'il s'étoit donné pour hâter un armement aussi considerable; ces Troupes se trouvérent à toutes les expeditions qu'entreprirent les Armées du Roy, & dont la plupart fûrent heureuses, sur tout dans la delivrance de Casal par le Comte d'Harcourt, & le combat donné prés de cette Place en 1640. où les deux Régimens de Frybourg se distinguérent d'une maniére à meriter des applaudissements en général, & des honneurs particuliers aux Chefs qui les commandoient; Les secours de ces Alliez continuérent ainsi sans interruption jusqu'à la mort de Louis XIII. qui arriva en 1643. en laissant la Couronne à un Roy mineur (Vogel, Traité historique et politique des alliances entre la France et les XIII. cantons depuis Charles VII. jusqu'à present, 1733 - books.google.fr, Emmanuel May, Histoire militaire de la Suisse et celle des suisses dans les différens services de l'Europe, Tome 8, 1788 - books.google.fr). Du protocole de la conférence prévue en septembre 1651 et tenue à ce sujet par Lucerne, Fribourg et Soleure, les têtes du parti catholique, il résulte que ces Cantons se concertaient déjà tandis qu'on s'occupait du renouvellement de l'alliance, en sorte que, dès l'origine, ils apportèrent dans ces négociations une invincible défiance à l'égard de Zurich et de Berne, chefs de l'autre confession, et les auteurs du projet de pacte général. L'alliance confessionnelle prévalut ainsi, dans l'ancienne Confédération, sur l'alliance politique. (Karl Hilty, Les constitutions fédérales de la Confédération suisse, 1891 - books.google.fr). "lampe... Borne & Breteuil" : le luminaire de Notre Dame du Désert Notre contrée voit s'élever successivement le Bec, Grestain, Ivry, Cormeilles, Couches, Lyre, Bernay, puis, enfin, notre modeste prieuré du Désert, que Robert comte de Leycester et seigneur de Breteuil, fonde en 1125 sur les ruines de l'antique ermitage. "...Je concède à la même église en aumône perpétuelle, aux frères qui y servent Dieu, le Plessis qui est à l'entour de leur clos libre et quitte pour le fortifier et le protéger avec l'étang qui se trouve dans le vallon de Lesme, libre et quitte et de plus les Landes qui se trouvent entre l'é«tang et le Plessis... avec un bigre libre dans la forêt pour le luminaire de l'église et le vif bois sur livraison à l'usage de leur ébergement et le bois-mort pour leur chauffer et celui de leurs hommes sans livraison, de plus je donne le pâturage pour leurs animaux et ceux de leurs hommes, et enfin l'exemption de ton lieu dans tout le fief de Breteuil. Si les susdits frères viennent à essarter, les moines de Lyre auront seuls la dime..." (traduction). (Charpillon, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, Tome 1, 1868 - books.google.fr). Le prieuré de Notre-Dame-du-Désert (qui était aussi connu, alors, sous le nom de Notre-Dame-du-Lesme) eut également des relations suivies, jusqu'au XVIIe siècle, avec la célèbre abbaye de Lyre. Entraînés dans l'orbite de cet illustre monastère, les prieurs du Désert quittent, dès lors, la règle de Fontevrault pour suivre celle de saint Benoit. Il en fut ainsi jusqu'en 1674, date à laquelle l'un des prieurs, nommé Franchomme, se démit de son titre en faveur du Grand Séminaire d'Evreux, après avoir, toutefois, obtenu le consentement de l'abbé de Lyre, ce qui ne se passa pas sans de grandes difficultés et de labo- rieuses négociations. L'auteur nous fournit, alors, la liste des prieurs du Désert depuis le XIVe siècle jusqu'au XVIe siècle. On y trouve plusieurs noms qui intéressent particulièrement notre contrée, et, entre autres, ceux de Dom Robert du Bosc, en 1371; Etienne Patry, chanoine d'Evreux, en 1522; Thomas de la Plesse en 1576; Robert de Mallevoue, en 1580; Etienne Le Velu, chanoine d'Evreux, en 1581; Jacques Le Doulx de Melleville, haut-doyen d'Evreux (1655-1660); et, enfin, le plus illustre de tous, le révérend Père Eudes, premier supérieur et instituteur du séminaire d'Evreux, en 1668. Viennent ensuite, réunissant la double qualité de prieurs du Désert et de supérieurs du séminaire d'Evreux : Gédéon de Mauny (en 1690); Charles Bence (en 1704) et Jean Quesnel (en 1780). A côté des prieurs s'était établie, à une époque très reculée, une confrérie de Charité, connue sous la désignation de Confrérie de Sainte-Suzanne et pour laquelle on célébrait une messe, chaque semaine, comme pour les fondateurs. Cette confrérie, ainsi que toutes ses congénères, était, je viens de le dire, fort ancienne et elle possédait plusieurs bulles d'indulgences, une entre autres donnée par le Pape Innocent II. C'est probablement à l'origine de cette confrérie de Charité qu'il faut faire remonter les premiers pèlerinages aux reliques de Sainte Suzanne, dont la tradition pieuse s'est conservée jusqu'à nos jours (Compte rendu par M. le comte de Burey de l'«Histoire de Notre-Dame-du-Désert», par M. le Dr Devoisins, Recueil des travaux, Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, 1902 - books.google.fr). Au début du XVIe siècle le prieuré du Désert, on ignore pour quel motif dit le bon J. A. Avenelle, tomba en main séculière jusqu’à ce que le 21 octobre 1581 frère Adrien Maillard, religieux profès de Lyre, le revendique contre Mathurin Duprey «soi disant moine», qui le conserva jusqu’à sa mort arrivée le 20 août 1587, Aussitôt dom Thomas Le Leu, prieur claustral, nomma Adrien Maillard au bénéfice vacant, mais inutilement, le prieuré resta en mains séculaires jusqu’à son union avec le Grand Séminaire d'Evreux (Charles Guéry, Histoire de l'abbaye de Lyre, 1917 - archive.org). BIGRE, s. m. Terme d'ancienne coutume. Garde forestier spécial pour la conservation des abeilles. Chasseur d'essaims dans les forêts. HIST. XVe s. Avons droit d'avoir et tenir en la dite forest [de Conches] ung bigre, lequel peut prendre mousches, miel et cire pour le luminaire de notre dite eglise, mercher [marquer], couper et abattre les arbres, où elles seront, sans aucun dangier ne reprinse. DU CANGE. Ai droi de trois ans en trois ans, quand on met les mouches en ladite forest [de Breteuil), d'envoyer mon bigre avec les bigres du roi, lequel doit estre juré devant le chastelain de Breteuil, de bien et fidelement querre les abeiles et le miel, pour en faire mon besoing, ID. ib. Et dudit fief d'Auvergny depend ung hostel appellé la Bigrerie, ou l'hostel aux mouches, ID. ib. ÉTYM. Bas-lat. bigrus, bigarus. Etymologie inconnue (Emile Littré, Dictionnaire de la langue française: et supplément, Tome 1, 1863 - books.google.fr). Une autre étymologie indiquée par Chevallet (tome 1er, p. 354), savoir biwart, mot tudesque dont la signification était garde des abeilles (de bia, abeille, et warten, garder) et qui a bien du rapport avec l'une des formes bas-latines mentionnées plus haut, bigarus. On appelait autrefois Bigreries les lieux où il y avait beaucoup de ruches (Paul Eugène Robin, Dictionnaire du patois normand en usage dans le département de l'Eure, 1882 - books.google.fr). Lieux dits "La Borne" à Ambenay, Bois-Arnault (près de Rugles) et à Gueroulde (Breteuil) (Annales de Normandie, Numéros 1 à 3, 2000 - books.google.fr). Le duc de Bouillon, le comté d'Evreux et la Suisse Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne (Sedan, 22 octobre 1605 - Pontoise, 7 novembre 1652), duc de Bouillon, prince de Sedan, comte d'Evreux est un noble et un militaire français. Son frère était le célèbre Turenne (1611-1675), maréchal de France. Le 12 octobre 1635, il prend du service dans l'armée française comme maréchal de camp, commandant la cavalerie de l'armée de Flandres. Il prend alors une grande part aux guerres civiles, et livra, avec le comte de Soissons, la bataille de la Marfée contre les troupes de Richelieu (1641), il se rallie au roi et commandait pendant les combats en Italie. Il est compromis dans la conspiration de Cinq-Mars (1642). Il est arrêté à l'armée d'Italie qu'il commandait et est emprisonné à Pierre-Encise, près de Lyon. Sa femme menace de livrer la principauté et surtout la forteresse de Sedan aux Espagnols ; le prince obtient ainsi des conditions plus avantageuses que prévu après sa double conspiration contre Richelieu et Louis XIII. Par traité du 15 septembre 1642, il cède à la France sa principauté de Sedan et Raucourt. Quand il est relâché en 1644, il se rend à Rome où le pape lui confie le commandement de son armée (fr.wikipedia.org - Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne (1605-1652)). En 1651. le Comté d'Evreux passa dans la Maison de Bouillon. Le premier qui l'ait possedé fut Frederic Maurice de la Tour d'Auvergne, Duc de Bouillon, Prince Souverain de Sedan & de Raucour, Vicomte de Turenne, &c. Il commença ses premiers exploits de guerre sous ses oncles Maurice, & Henry Frederic de Nassau, Princes d'Orange. En peu d'années il profita tellement sous de si habiles Maîtres, qu'il acquit dans la fuite une grande réputation, & se distingua par-dessus ceux de son âge & de son rang, dans toutes les occasions où il fut emploïé. Le Roy Louis XIII. qui avoit déclaré la guerre au Roy d'Espagne en 1635. aïant envoïé une puissante Armée dans le Brabant, donna au Duc de Bouillon le Commandement de toute la Cavalerie, & depuis la Lieutenance générale de l'Armée d'Italie au mois de Janvier 1642. Ce fut en cette année que le Duc de Bouillon étant entré dans un Traité que Gaston Duc d'Orleans avoit fait avec l'Espagne, fut arrêté & obligé de donner Sedan au Roy, qui vouloit par cette Ville mettre à couvert les Frontieres de la Champagne. En échange le Roy Louis XIII. lui accorda le Comté d'Evreux, & plusieurs autres Domaines ; ce Comté tel qu'il étoit alors, consistant aux Vicomtez d'Evreux, Conches, Breteuil, Nonancour, Beaumont-le-Roger, conformément au Traité d'engagement fait auparavant à Messire René de Longüeil, Conseiller Ordinaire de Sa Majesté en ses Conseils, Président en la Cour de Parlement de Paris, & Sur-Intendant des Finances, & au sieur Comte de Maure; compris les bois & forêts des Vicomtez susdites, & ce qui reste de l'engagement de la Vicomté de Pacy, dépendent de la Vicomté d'Evreux, par Lettres patentes du Roy du dixième Mars. Mais Louis XIII. étant mort quelques années après sans avoir fini cette affaire, Loüis XIV. fit exécuter en 1651. le Traité du Roy son Pere, par les Lettres de ratification qu'il donna au mois d'Avril de cette même année. Le tout est rapporté parmi les preuves à la fin de cet Ouvrage. Frederic Maurice ne jouît pas long-temps des fruits de cet échange ; car un an après, & dans le temps qu'on se disposoit à le recevoir à Evreux, il mourut à Pontoise le neuvième d'Août 1652. Il fut porté à Evreux d'abord, dans le Choeur de l'Abbaïe de S. Sauveur, où il fut mis à main droite sous un dais de velours noir, avec une crépine d'argent, tapissé, doublé d'hermines, & garni des armes de cette illustre Maison; puis quelques années après, il fut mis dans le Choeur de l'Eglise Abbatiale de saint Taurin, d'où il fut transporté ensuite avec ceux de sa Famille en l'Abbaïe de Cluny, dans un superbe Mausolée, érigé par le Cardinal de Bouillon son fils. Il avoit épousé Eleonore Catherine Febronie de Bergh, Dame d'une grande piété, morte le quatorziéme de Juillet 1657 (Philippe Le-Brasseur, Histoire civile et ecclesiastique du comte d'Evreux, ou l'on voit tout ce qui s'est depuis la fondation de la monarchie (etc.), Tome 4, 1722 - books.google.fr). Le duc de Bouillon détenait la seigneurie des Baux-de-Breteuil (Joseph Nicolas Guyot, Répertoire Universel et Raisonné de Jurisprudence, civile, criminelle, canonique et bénéficiale, Tome 18, 1828 - books.google.fr, C. Guéry, Histoire de l'abbaye de Lyre, Revue catholique d'histoire, d'archéologie et litterature de Normandie, Volumes 21 à 22, 1911 - books.google.fr). Sainte Suzanne est une dépendance des Baux-de-Breteuil. Dans la suite des temps, sainte Suzanne a été honorée au prieuré du Désert à cause d'une partie de ses reliques qu'on y conserve en une châsse dorée et un bras aussi doré... c'est pourquoi on s'est habitué à lui donner le nom de chapelle ou prieuré de Sainte-Suzanne. Le pélerinage à Sainte-Suzanne est toujours en grand renom dans le pays, dit M. Vaugeois; il a lieu toute l'année, mais surtout le lundi de la Pentecôte et le jour de l'Ascension. A propos de sainte Suzanne, nièce du pape Caïus, martyrisée à Rome sous Dioclétien, il règne deux croyances populaires qui ne peuvent guère s'accorder avec les actes de la sainte, c'est qu'elle a demeuré dans le souterrain qu'on nomme la cave de Sainte-Suzanne et que la mare portant son nom qui longe les murs de l'église existait déjà de son temps; on ajoute que la sainte importunée par le croassement des grenouilles de la mare leur ordonna de se taire; que depuis ce temps elles sont restées muettes. Cette mare est un reste des fossés qui entouraient l'ermitage; quant à ce qu'on appelle la cave de sainte Suzanne c'est une crypte fort remarquable de 30 pieds de profondeur, ayant la forme d'une croix recroisettée... Les voûtes en plein cintre sont construites en grison ou pouding ferrugineux; chaque pierre a 1 pied de long sur 6 pouces de large, c'est le moyen appareil des Romains encore employé dans la tour grise de Verneuil et la cave du château de Conches (Louis-Étienne Charpillon, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, Tome 1, 1868 - books.google.fr). Ces grenouilles font penser à celle du quatrain II, 32 - 1654-1655 d'époque comparable : "grenouilles escoudre" (on bat - escoudre - les grenouilles pour les faire taire). Sur ce que le duc de Bouillon passe à Rome par les Petis Cantons et le Milanois quelques-uns ont voulu doubter de la paix entre le pape et les colligués, mais l'ambassadeur de France me mande de Venise qu'asseurement elle s'y devoit publier le premier de ce mois selon le nouveau style et qu'au mesme pour le semblable se feroit en toutes les villes des princes interessés, mesmes à Rome. Dieu veuille qu'avec la mesme facilité elle se face à Munster, car pour moy j'en doubte fort que quelque chose de bon s'y face (Hugo Grotius, Briefwisseling van Hugo Grotius: d. januari-september 1644, 1995 - books.google.fr). On désigne collectivement sous le nom de petits Cantons ou de Cantons démocratiques, ceux d'Uri, Suitz, Underwald, Zug, Glaris Appenzel. S'ils font dits petits Cantons, ce n'est point à raison de l'étendue de leur territoire, mais de ce qu'ils n'ont, pour Chef-lieux, que des Bourgs, à la réserve, toutefois, de celui de Zug qui a une petite Ville pour capitale (M. Robert, Voyage dans les 13. Cantons Suisses, Les Grisons, Le Vallais, et autres pays et état alliés, ou sujets des Suisses, Tome 1, 1789 - books.google.fr). En 1644, le duc de Bouillon reçoit à Lucerne la visite du nonce du pape. Inversement, si le voyageur à moins de notoriété que son hôte, c'est à lui de le visiter. C'est pour cette raison que Huguetan va saluer en 1681 Gaspard Jodoc Stockalper en arrivant à Brig; en 1643, Lorenzo Corsi rencontre Charles-Emmanuel II dans sa demeure chambérienne et, plus grand honneur encore, Charles-Maurice Le Tellier obtient même l'autorisation d'assister à son lever le 21 septembre 1667; il est vrai qu'il est porteur de deux lettres de Louis XIV, l'une pour le duc, l'autre pour "Madame de Savoye". Car l'attention n'est évidemment pas la même d'un voyageur à l'autre (Étienne Bourdon, Le voyage et la découverte des Alpes: histoire de la construction d'un savoir, 1492-1713, 2011 - books.google.fr). Bassompierre, la Suisse et Evreux François de Bassompierre, marquis d'Haroué, né le 12 avril 1579, au château d'Haroué en Lorraine et mort le 12 octobre 1646 au château du duc de Vitry, en Brie, est un militaire et diplomate français. Il est fait maréchal de France en 1622 (fr.wikipedia.org - François de Bassompierre). En 1625, le Roi l'envoya en ambassade auprès des Cantons suisses pour les décider à soutenir la politique française dans l'affaire de la Valteline. Quand l'assemblée des Notables se réunit en 1626, Bassompierre fut l'un de ses présidents. Il fut ensuite envoyé en Angleterre, avec M. de Tillières, comme ambassadeur extraordinaire, pour faire exécuter les conditions religieuses du mariage de Madame Henriette de France avec Charles Ier; mais il n'obtint aucun résultat. Louis XIII l'envoya en 1620 en Espagne pour régler avec le cabinet de Madrid l'affaire de la Valteline; mais le traité qui fut alors signé, et par lequel l'Espagne s'engageait à rendre aux Grisons cette vallée, ne fut pas exécuté. La guerre ayant recommencé en Italie, en 1630, Bassompierre fut encore envoyé en Suisse, en qualité d'ambassadeur: il était spécialement chargé d'y lever 6,000 soldats. Sa mission accomplie, il revint en France et prit, sous le Roi, le commandement de l'armée qui fit la conquête de la Savoie, par la prise de Chambéry, Moutiers, Montmélian, etc. Après la journée des Dupes, Louis XIII fit arrêter Bassompierre (25 février 1631) et le mit à la Bastille. Était-il coupable ? Avait-il pris part à la cabale organisée contre le Cardinal par Marie de Médicis ? On ne sait. Dans ses Mémoires, Bassompierre affirme son innocence. Bassompierre resta douze ans à la Bastille; il en sortit après la mort de Richelieu, le 25 janvier 1643, avec l'ordre de se retirer au château de Tillières, chez sa soeur Catherine épouse de Tanneguy Le Veneur, où il s'ennuyait tellement qu'il regrettait la Bastille. Pendant la régence d'Anne d'Autriche, Bassompierre fut rétabli dans sa charge de colonel général des Suisses, dont on l'avait forcé de se démettre (1643). Mais il ne profita pas longtemps de la faveur de la Régente, et il mourut subitement à Provins, le 14 octobre 1646, laissant 1,600,000 liv. de dettes (8 millions de fr.), contractées pour satisfaire à ses prodigalités de toute espèce et aux dépenses nécessitées par les grandes charges dont il était pourvu; car beaucoup de charges de ce temps, au lieu d'être lucratives, étaient presque toujours onéreuses. (Louis Dussieux, Les grands généraux de Louis XIII: notices historiques, 1887 - books.google.fr). Colonel-Général des Suisses & Grisons (création de la charge en 1571, par Charles IX), François de Bassompierre est rétabli en Février 1643 (État general de la France, Tome 1, 1789 - books.google.fr). Arrêté le 25 févr. 1631, à Senlis, où il était allé trouver Louis XIII, Bassompierre fut enfermé à la Bastille, d'où il ne devait sortir qu'après la mort de Richelieu, le 19 janv. 1643 (cf. Gazette de France 1643, p. 72) (La grande encyclopédie, Tome 5, 1885 - books.google.fr). M. Jules Cousin, conservateur du musée Carnavalet, vient de proposer à la sous-commission des inscriptions municipales de faire placer au numéro 6 du quai du Marché-Neuf une plaque de marbre portant une inscription destinée à rappeler la fondation du premier journal parisien. L'inscription proposée est la suivante : Ici s'élevait la maison du Grand Coq Ouvrant rue de la Calandre Et sortant au Marché-Neuf où Theophraste Renaudot Fonda, en 1631, le premier journal parisien (Bulletin de l'imprimerie, Volume 6, 1884 - books.google.fr). Dans son Journal, Lefèvre d'Ormesson note que le 4 février 1643 «Monsieur le Maréchal de Bassompierre était à la maison du comte de Tillières» (Yves Roth, Tanneguy II Le Veneur de Carrouges, comte de Tillières (1585-1652), Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Volume 124,Numéros 1 à 4, 2005 - books.google.fr). BASSOMPIERRE (François de), maréchal de France, renfermé à la Bastille par ordre de Richelieu, auteur de Mémoires estimés. L. aut. sig. au cardinal Mazarin; 3 février 1643, 4 p. in-fol., cachets. A une captivité de 12 ans (qui vient de cesser par suite de la mort de Richelieu), on ajoute l'exil. Assuré que cette nouvelle mesure de rigueur a été prise à son égard contre l'assentiment de Mazarin, il le supplie de la faire cesser, et lui promet de se rendre digne de ce bienfait (Lajariette, Catalogue de la collection de lettres autographes de feu M. de Lajarriette etc., 1860 - books.google.fr). 4 mars 1643, de Saint Germain en Laye, lettre au maréchal de Bassompierre. Mazarin a compati à la disgrâce de Bassompierre. Protestations de service. (P. 118.) (Lettres du cardinal Mazarin, pendant son ministère: Décembre 1642-juin 1644, Tome 1, 1872 - books.google.fr). L'enjeu géopolitique des cols alpins est d'une telle importance qu'ils jouent un rôle essentiel dans les rapports de force en cas de conflit. En mars 1629, la prise du Pas de Suse par Louis XIII, Richelieu et Bassompierre contraint Charles-Emmanuel et les Espagnols à lever le siège de Casal, à évacuer le Montferrat, et à accepter un accord de paix. L'année suivante, doutant de la fidélité du duc de Savoie, Richelieu et Bassompierre préfèrent occuper temporairement le duché pour se garantir le libre passage des cols alpins et ne pas risquer de voir leur approvisionnement en hommes et en armes coupé par une volte-face savoyarde. Les régions alpines constituent aussi en elles-mêmes aux XVI et XVIIe siècles des enjeux géopolitiques. Dès lors, les expéditions militaires ne consistent pas seulement à traverser les Alpes mais à y mener le combat. On le voit très nettement dans les guerres menées d'Henri IV à Louis XIV, notamment en Valteline. Les rivalités entre la France et la Savoie conduisent ainsi à de nombreuses batailles dans les Alpes. Le royaume de France fait même le choix d'occuper la Savoie à plusieurs reprises en 1536-1559, 1600-1601, 1690-1696, et 1703-1713. La Glorieuse Rentrée des Vaudois en 1689 montre un autre aspect des enjeux militaires des vallées alpines (Étienne Bourdon, Le voyage et la découverte des Alpes: histoire de la construction d'un savoir, 1492-1713, 2011 - books.google.fr). Cierge de la Chandeleur Le jour de la Purification (2 février), le seigneur de Tillières et celui de Laigle doivent à l'évêque chacun un cierge de 36 livres de cire, la prévôté de Vernon un autre de dix-huit livres, la prévôté d'Évreux un de 12 livres, le seigneur d'Avrilly et celui du Blanc-Fossé (de Albo Fossato), chacun un de 10 livres ; l'évêque est tenu, s'il est présent, de donner à déjeuner aux serviteurs chargés de lui remettre ces cierges à l'autel, ou, en cas d'absence, de leur donner à chacun 12 deniers (Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Archives départementales de l'Eure, 1886 - books.google.fr). Le vendredy 2 de may 1698, en l'audience de grand'chambre, il se présenta une question fort particulière, de savoir si les possesseurs d'un fief qui, de temps immémorial, présentoient, le jour de la Purification, un cierge du poids de 36 livres en l'église cathédrale d'Evreux, étoient obligés de continuer cette rente, quoiqu'il ne se trouvast aucun titre originaire. Cette question se meut entre l'évesque d'Evreux, d'une part, et les srs barons de Tillières, lesquels estoient appelants d'une sentence qui les avoit condamnés à présenter au jour de la Purification un cierge du poids de 36 l. (Extraits d'un recueil d'arrêts du Parlement de Normandie, Bulletin de la Société de l'histoire de Normandie, Volume 3, 1884 - books.google.fr). Autant dans la province de Québec qu'en Bretagne et en Normandie, on met sa confiance dans la chandelle bénite quand le danger menace de perturber la vie quotidienne. Les demandes de protection étaient formulées dans l'ordre suivant les inquiétudes, les ennuis, le découragement, les dangers, les catastrophes et les malheurs de toutes sortes. Le plus grand des dangers, c'est le démon. La chandelle bénite était allumée pour chasser le mauvais esprit. En Normandie, la chandelle bénite protège contre les sorciers qui allument un cierge en préparant leurs maléfices (Denise Rodrigue, Le cycle de Pâques au Québec et dans l'Ouest de la France, 1983 - books.google.fr). On pense à l'affaire des possédées de Louviers, diocèse d'Evreux, qui éclate en 1643 (fin en 1647) dans un couvent d'Ursulines (non cloîtrées) comme à Aix ou à Loudun (Jean Wirth, La sorcellerie et sa répression en Europe, 2023 - books.google.fr). "canton destorné" : Le
chausse-trappe du canton de Lucerne Vieilli et littér. Certaine
étendue de pays. Endroit, lieu, région : Il y avait un berger qui gardait les
chamelles d'un village aux bords de ce lac, dans un canton désert et inhabité
de cette haute montagne. Lamartine, Voyage en Orient, t. 2, 1835, p. 240. cf.
l'expression pascalienne : (l'homme) égaré dans ce canton détourné de
la nature (Pensées, éd. Brunschwicg, II, 72) Nicolas Mazure fut en 1643 l'un des approbateurs de la
Fréquente Communion d'Arnauld et resta par la suite proche des jansénistes,
dont Blaise Pascal fut le défenseur Mazure est né à Subligny. La
puissante famille de Subligny, qui participe au XIIe
siècle à la fondation de l'abbaye de La Lucerne, et dont on trouve un
représentant aux côtés de Guillaume le Conquérant L'abbaye Sainte-Trinité de La Lucerne est une abbaye prémontrée située dans le département de la Manche sur le
territoire de la commune de La Lucerne-d'Outremer. L'abbaye
a été fondée en 1143 par Hasculphe de Subligny, seigneur de Subligny (Ã
10 km de La Lucerne), et par son frère Richard, évêque d'Avranches Né en Normandie, Nicolas Mazure fut docteur de la maison,
mais non de la société de Sorbonne. Il succède à son oncle Guillaume Mazure Ã
la cure de Saint Paul à Paris. Le 27 avril 1664, il permuta cette cure avec M. Hameau, abbé de Saint-Jean-en-Vallée de
Chartres, ce qui fit dire que les Parisiens de Saint-Paul avaient changé leur
Mazure pour leur Hameau. Il mourut à Chartres en 1685, âgé de
quatre-vingt-dix ans. Il paraît avoir eu l'humeur assez processive, car pendant
qu'il était curé de Saint-Paul, il publia un assez grand nombre de factums :
Pour M. Nicolas Mazure, prestre, docteur en théologie
de la Faculté de Paris et maison de Sorbonne, contre les religieux Minimes de
la place Royale de Paris. In-4. Pour M. Nicolas Mazure.... curé de l'église parochiale de Saint-Paul, contre maistres
James Guillard et Edme Tonnellier, nouveaux
marguilliers d'icelle paroisse, In-4. Factum pour M. Nicolas Mazure, docteur de
Sorbonne et ancien curé de Saint-Paul, contre M. André Hameau, bachelier en
théologie et nouveau curé de Saint-Paul. in-4. On connaît en outre de Nicolas
Mazure : Harangue funèbre de Louis le Juste, treizième du nom, roy de France et de Navarre, prononcée le mercredy 3e jour de juin, au dernier service solennel qui
fut fait en l'église paroissiale de Saint-Paul. Paris, 1643, in-4.
Oraison funèbre de feu messire Jean-François de Gondy,
premier archevesque de Paris, prononcée par
le sieur Mazure au service solennel qui se fist en laditte église le 19 de juin 1651. Paris, 1654, in-4. Harangue de M. Mazure, curé de Saint-Paul, Ã
la reyne de Suède pour MM. les curez de Paris,
in-4. Mazure, ancien curé de Saint-Paul, assure, en 1667, que
Berryer et Hameau, son beau-frère, possèdent pour plus de quarante mille livres
de bénéfices. Lorsque Berryer, à la tète des
secrétaires du Roi, dont il était alors procureur-syndic, alla saluer Le
Tellier récemment nommé chancelier, celui-ci lui répondit : «Monsieur Berryer,
je vous remercie, vous et votre Compagnie; mais, Monsieur Berryer, point de
finesse, point de friponneries !» Cette réponse, dit Mme de Sévigné, fait
plaisir aux gens de bien. Lorsque Berryer mourut, en 1686, sa succession dut
restituer au trésor royal plus de 830 000 livres. En 1671, Berryer avait acheté
la terre de La Ferrière, près de Domfront Dispute sur les
ornements d'église Les textes d'un «Autheur zelé pour l'ancienne Discipline», l'inévitable
Jean-Baptiste Thiers, s'élèvent aussi, au nom du «respect» dû au Saint
Sacrement, contre «l'abus» que représentait sa trop fréquente exposition. On
peut sans doute rapprocher ce type d'attitudes théologiques «séparatistes» des
dispositifs matériels équivalents (jubés, clôtures) qui s'interposent entre fidèles
et Saint Sacrement dans de très nombreuses églises parisiennes du XVIIe siècle.
Dans le cas de Thiers notamment, nous le verrons, il y a bien un rapport entre
ses positions théoriques sur l'eucharistie et sa défense des jubés.
Inversement, la «libération» spatiale que l'on observe dans plusieurs églises,
celles justement des Jésuites honnis par les Jansénistes, a bien à voir avec
des conceptions relatives à l'accessibilité de l'eucharistie opposées à celles
des Jansénistes. Dans le cas de ces derniers, la situation est cependant plus
complexe et ambiguë. Les deux églises de Port-Royal adoptent, paradoxalement,
les dispositifs «modernes» que l'on trouve chez les Ordres les plus
«progressistes» de l'époque qui éliminent jubés et clôtures monumentales. À Port-Royal de Paris les religieuses
sont bien séparées et à distance de l'autel (dans le chÅ“ur monastique situé Ã
l'opposé), mais les autels des deux églises sont pour les fidèles, dont on sait
qu'ils étaient aussi invités à lire (en français) la Bible et le Bréviaire,
immédiatement perceptibles et accessibles depuis la nef. Il faut dès lors
supposer que l'accessibilité physique et visuelle ne s'accompagnait pas pour
autant toujours d'un accès plus grand et aisé à l'eucharistie. Au contraire,
cette apparente proximité servait à aviver et à rendre plus douloureuse encore
la distance et la séparation effective des fidèles à l'égard de l'objet de leur
désir. [...] L'argument de Thiers n'était pourtant pas ici celui du
jansénisme et de la légitimité pour des pêcheurs de s'approcher, de voir, et de
recevoir le Saint Sacrement, mais plutôt celui, plus ancien, vague et général,
du «respect» dû au corps du Christ que diminuait, selon l'auteur, cette
exposition : «je produis les raisons qui prouvent
que l'Eucharistie ne doit pas être fréquemment exposée en évidence, & que
la fréquente exposition qui s'en fait ainsi est un abus, & qu'elle diminue
le respect qui est du à un si redoutable Sacrement»
(THIERS, op. cit., Préface). Bon catholique, attaché
à une relative valorisation du sensible, Thiers ne niait pas la nécessité pour
l'Église de cérémonies et de «formalités extérieures» qui correspondent à la
nature humaine, nature corporelle et sensible. En bon traditionaliste, il
mettait par contre en cause ce qui lui paraissait être un «abus» dans les
cérémonies modernes. Sans nier l'utilité de l'exposition et des processions
utiles pour «entretenir» la vénération, Thiers souhaitait en limiter l'usage et
l'encadrer strictement. Il montrait notamment que l'exposition et l'élévation
n'étaient que des usages relativement modernes, et que d'autres notamment celui
des Jésuites, ou de certains monastères supposés laxistes qui avaient également
renouvelé leurs maîtres autels comme les Minimes de de la Place Royale de Paris,
accusés en 1641 par le curé de Saint-Paul de confesser «hors les necessitez [...] donnant absolution
de tous cas Reservez & non Reservez»
(AN, L 952, n° 1, Pièce imprimée du curé Nicolas Mazure, Paris, 1641) Le temple orné est le contraire de la masure (Mazure),
dans le même esprit que masure/hameau. Luisant est une commune au sud de Chartres. Le village est appelé Lucens dans une charte du monastère de Saint Jean en Vallée Il est intéressant de noter que Nostradamus n'hésite pas à convertir des noms de lieux en noms communs : Plaisance devient plaisant (Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France: formation et fortune, Tome 3, 1999 - books.google.fr). Jacques Lescot, né à Saint-Quentin, docteur et professeur de Sorbonne, principal du collége de Dainville, chanoine de Notre-Dame de Paris en 1639 et confesseur de Richelieu, tut sacré évêque de Chartres le 15 novembre 1643 et mourut le 11 août 1656 (Léon Aubineau, Mémoires du P. René Rapin de la Compagnie de Jésus sur l'église et la société, la cour, la ville et le jansénisme: 1644 - 1669, Tome 1, 1865 - books.google.fr). Au mois de mai 1639, Saint-Cyran subit à Vincennes plusieurs interrogatoires qui ont été recueillis avec soin par un écrivain janséniste. Celui qui fut chargé d'examiner sa doctrine et sa conduite étoit Jacques Lescot, docteur de Sorbonne, confesseur du cardinal de Richelieu, et depuis évêque de Chartres, homme distingué par sa modération et ses vastes connoissances en théologie. Il produisit à l'accusé des pièces authentiques, contenant la preuve que, depuis plusieurs années, il cherchoit à établir une nouvelle secte. Saint-Cyran ne répondit le plus souvent que par des dénégations; et, lorsqu'il lui fut impossible de se servir de ce moyen, il mit beaucoup d'adresse à expliquer d'une manière spécieuse ce qui étoit à sa charge. Il se trouva surtout compromis par les motifs de sa rupture avec Vincent de Paul, et par le mystère qu'il avoit mis dans ses correspondances avec des personnes de toutes les classes. Le chancelier Séguier vouloit qu'on lui fît son procès : Richelieu craignit dans ces circonstances un trop grand éclat; et l'on ne sait pas les mesures que le ministre auroit prises, puisqu'il mourut deux ans après, pendant que Saint-Cyran étoit encore à Vincennes (Claude-Bernard Petitot, Notice sur Port-Royal, 1824 - books.google.fr). Antoine Arnauld obtint le titre de « socius sorbonicus », ou « compagnon de la Sorbonne », non en 1641, en raison des interventions hostiles de Jacques Lescot et d'un autre docteur, Jacques Hennequin, mais seulement le 31 octobre 1643. [...] Les curés de Saint-Paul et de Saint-Benoît en ont été, qui avaient été accusés de timidité (au sens de «lâcheté» : il s'agit de Nicolas Mazure, curé de Saint-Paul, et de Claude Grenet, curé de Saint-Benoît), parce que, depuis que M. le chancelier «vient en classe», comme on dit, c'est-à -dire Sorbonne, ils s'étaient absentés. M. Le Verrier, jeune docteur reçu depuis ces assemblées, parla très bien et dit entre autres choses : Quot jesuitœ, tot hostes et adversarii (Jean Lesaulnier, Pol Ernst, Journal d'un Solitaire de Port-Royal: 1655-1656 de Antoine Baudry de Saint-Gilles d'Asson, 2008 - books.google.fr). Au début du XIème siècle, vers 1020, des chanoines
construisent une petite église dans la banlieue de Chartres, dans un lieu nommé
simplement "Vallée" (non loin de l'emplacement de la gare actuelle).
Cette église était dédiée à St Jean Baptiste. [...] Au XIVème siècle, un petit
bourg s'était développé autour du monastère : une petite église paroissiale (la
Madeleine) desservie par les religieux de St Jean fait partie dès cette époque
des 11 paroisses de Chartres. Le 15 mars 1568, après deux semaines de siège et
d'assauts repoussés par la défense chartraine, l'armée du Prince de Condé leva
le siège de Chartres, ayant reçu la nouvelle d'un cessez-le-feu immédiat, et se
dirigea, pour partie vers Bonneval, pour partie vers Illiers.
Ils incendièrent sur leur passage les faubourgs, et ce qui restait des villages
de Luisant et Mainvilliers. Comme beaucoup d'autres bâtiments, le monastère de
Saint-Jean-en-Vallée fut détruit, à l'exception de l'église paroissiale de la
Madeleine et de l'hôpital paroissial. Les religieux se replièrent donc sur leur
prieuré de Sainte-Foy, mais les lieux étant beaucoup trop petits, ils
décidèrent de s'installer rue Saint-Eman, au prieuré
Saint-Etienne qu'ils agrandirent. Ils continuèrent cependant d'assurer les
offices dans l'église paroissiale de la Madeleine. Quand leur nouvelle église
fut construite, dans leur nouveau monastère rue St Eman,
la ville de Chartres fit détruire la Madeleine, dont les paroissiens furent
attachés à l'église Sainte-Foy "Borne &
Breteuil" BORNE, vfr. bonne,
bonne, bousne, bodne. Ces
vocables procèdent d'une forme plus ancienne bodina, bodena. Bonne est donc une contraction de bodina, et borne une modification euphonique pour bodne ou bosne, que'les principes phonologiques permettent parfaitement
d'admettre (cp. d'une part Rhône, Rhosne,
de Rhodanus, et d'autre part pour la substitution de
r à s, varlet" de vaslet). Mais d'où vient bodina et la forme variée bodula,
d'où le prov. bozola (=
borne) ? Ils appartiennent, selon Diez, à la même racine bod,
enfler, qui a donné bouder, boudin (voy. ces mots);
et la borne serait donc qqch. en relief, en saillie, une butte de terre cfr. l'ail, schwelte,
seuil, de schwellen, s'enfler). Pour bodina, le latin du moyen âge présente aussi bunda, bonda, c'est de là que vient l'anglais bound, limite. Bonna a en outre
donné bonnarium, mesure agraire, d'où le fr. bonnier Bonnières - de Boneriis 1058 ; Boniras 1079 - cn
de Marseille-en-Beauvaisis. Nous avons probablement un dérivé du nom d'homme
latin Bonus avec le suffixe féminin -aria. Cf. DR. p.95 ; M. III 40 a.
L'anthroponyme Bonus et ses dérivés sont bien attestés (comme surnoms et noms
chrétiens) : cf. M. II 28 a. Le suffixe latin - aria (féminin de - arius), fréquent après les noms de végétaux du début du
second millénaire est très peu utilisé dans l'Oise pour former des dérivés de
noms de personnes (seul cas avec Francières). Le
village étant situé sur une voie ancienne, M. Roblin
(op. cité p. 157) et E. Lambert (ms. p. 323) pensent à une éventuelle station
routière et suggèrent l'hypothèse d'un latin *bodinarias
(< celtique, puis bas latin, bodina, «borne» +
suffixe -aria). Or, si bodina aboutit, localement, Ã
bonde, bon-ne, l'anc. picard bodne aboutit lui à la
forme borne qui l'emportera d'ailleurs au XVIe s. en français (cf. P. Fouché, Phon. historique p.862). Néanmoins, cette explication n'est
pas à écarter ; on la placera en second Christophe-Auguste de Harlay,seigneur de Cély et
Bonneuil épouse 24/09/1642 sa cousine Françoise-Charlotte de Thou, dame de
Bonneuil, Fille d’honneurde la Reine Anne d’Autriche
(1622-1640) née vers 1612, morte après 1647 (fille de René, seigneur de
Bonneuil, Introducteur des Ambassadeurs, et de Marie Faye d’Espeisses) De la station de Breteuil (Oise), on peut aller visiter
l'église et le château de Folleville (Somme), village de 194 habitants, éloigné de 6
km environ. La terre de Folleville était passée en
1604 en la possession de Philippe Emmanuel de Gondi, comte de Joigny, général
des Galères de France, par son mariage avec Françoise-Marguerite de Silly, arrière petite-fille et héritière, par sa mère, de Raoul de
Lannoy et de Jeanne de Poix. Ce fut dans
l'église de Folleville que saint Vincent de Paul,
alors précepteur des enfants d'Emmanuel de Gondi, propriétaire du château,
prêcha en 1617 (dans la petite chaire encore existante) la mission à la suite
de laquelle il résolut de fonder la congrégation des Pères de la Mission ou Lazaristes,
pour l'instruction religieuse des gens du peuple en France Françoise-Marguerite de Silly, qui, par l'entremise de
Bérulle, s'était mise sous la direction de «Monsieur Vincent», confia Ã
celui-ci la prédication de «missions» pour les paysans de leurs terres et c'est
là que se précisa peu à la vocation de ce dernier, qui, grâce aux ressources
des Gondi, put fonder pour des œuvres semblables les «Prêtres de la Mission» ou
lazaristes. Le troisième fils de Philippe-Emmanuel, Jean-François-Paul
(1613-79), devint à son tour archevêque de Paris, après la mort de son oncle
(1654) qui le fut le premier de l'histoire en 1622, et fut célèbre à l'époque
de la Fronde sous le nom de Cardinal de Retz Depaul et les ornements d'église Mais qui pourroit dire quelle étoit la consolation que recevoit
Vincent, quand il lisait dans les lettres qui lui étoient
ecrites par ses prêtres qui demeuroient
à Tunis et à Alger, que le service divin s'y faisoit
avec autant de solennité que dans les paroisses de Paris ; [...] que dans les
églises des missionnaires il y avoit des tabernacles
où le saint Sacrement étoit gardé jour et nuit, avec
des lampes toujours allumées; que lorsqu'on le portoit
aux malades dans les bagnes, c'étoit avec les torches
et cierges en main, et les autres marques extérieures du respect qui se doit
rendre à un si grand sacrement; et que tous les ans, le jour de la Fête-Dieu et
durant toute l'octave, le saint Sacrement y étoit
exposé, et même porté en procession dans ces chapelles et églises, les
assistants ayant chacun un cierge à la main Mazure et Depaul À Paris, les confréries gagnent peu à peu l'ensemble des
paroisses. La collaboration des curés, qui les réclament, est indispensable
pour autoriser les quêtes, organiser une prédication, encourager les dames Ã
rejoindre la confrérie. [...] Les curés, maîtres chez eux, ne se satisfont pas
toujours de la place seconde que leur abandonnent les règlements de confrérie.
Ils s'étonnent aussi de ne pas avoir toute autorité sur les filles. Nicolas
Mazure, à Saint-Paul, demande à l'une demande à l'une des sœurs «comment elles
vivent, quels sont leurs exercices, qui les conduit, qu'il veut les conduire,
et désire qu'elles dépendent de lui entièrement» (Lettre n° 372 de Depaul à Louis e de Marillac, entre 1636 et 1639) Borne, coin,
canton Le mot "canton" est venu de l'Italie du Nord où
cantone est passé du sens de « coin » à celui de «
portion de territoire », dès l'an 1000; le nom de canton aurait été employé
pour désigner les États de l'ancienne Confédération suisse, par des marchands
et ambassadeurs italiens venus à Fribourg, puis aurait été adopté par les
chancelleries fribourgeoises En 1633, Vincent de Paul fonde l'Ordre des Filles de la
Charité pour aider les pauvres malades. D'importants dons financiers
charitables, provenant de la haute société permettent financer l'institution.
En 1638, est fondée l'institution des Enfants-Trouvés. Elle s'installe tout
d'abord près de la porte Saint-Victor. Elle est transférée au château de
Bicêtre en 1648, puis vers l'enclos Saint-Lazare. Elle est ensuite fixée rue du
Faubourg Saint-Antoine. Aux Enfants-trouvés-de-Paris en face Notre-Dame, on
recueille 312 enfants en 1670 et 1676 en 1772. La bonne réputation des hospices
et l’anonymat de leur accueil ont dû encourager certains parents à y confier
leur progéniture. Pourtant, le destin des petits y est souvent tragique :
entassés, un tiers d’entre eux meurent le temps de trouver une nourrice Péguy est ainsi le dernier à employer couramment une
expression comme «le coin de la borne», qui désignait, avant les trottoirs,
dans les rues tapissées de bornes le long des murs, un espace mythique : ce
lieu, où l'on déposait les ordures et où les chiffonniers s'activaient, se
prêtait à de nombreuses interprétations. Dans toute la littérature du XIXe
siècle, «le coin de la borne» est un espace symbolique capital, celui de
l'ivresse, de la prostitution, de l'abandon des enfants. Or, après la guerre,
plus personne n'a su ce qu'était «le coin de la borne», ni dans les rues de la
ville ni dans les mentalités. Péguy en 1914 emploie encore cette expression et
bien d'autres qui vivent alors leur dernier moment. Pour lui, la ville est
encore vue à travers des images du XIXe siècle. Par exemple, dans Ève, il
recourt à ce grand cliché poétique qui traverse tout le XIXe siècle, celui des
enfants abandonnés au «coin de la borne». On y abandonnait traditionnellement
les enfants depuis le Moyen Âge ; ils étaient donc trouvés par le chiffonnier,
qui les emmenait à l'hôpital des Enfants trouvés, aujourd'hui
Saint-Vincent-de-Paul. Après Péguy, aucun écrivain ne fera plus référence Ã
cette représentation légendaire des enfants abandonnés, ni au fait que, dans
l'imaginaire social, les chiffonniers étaient préposés à leur découverte On retrouve sur internet une référence de 1825 relative Ã
une lithographie de Pierre Roch Vigneron avec une borne et un enfant abandonné.
Au delà plus rien Les enfants étaient
abandonnés sous le porche des églises, sous le portail des hôtels, à l'angle des rues fréquentées, dans
les jardins publics et sur les ponts A l'angle des rues, on trouvait des pierres d'encoignure
ou bornes, en italien "cantonata" Les Enfants-trouvés de Depaul
est une fondation réalisée avec le concours des Filles de la Charité du même Pendant le règne de Louis XIII, Vincent de Paul n'eut de communications avec la cour que pour remplir le saint ministère de défenseur des pauvres, et pour assister à ce moment solennel où l'âme de Louis XIII monta vers son Créateur. Un historien rapporte qu'à son agonie, le roi envoya chercher Vincent de Paul à Saint-Germain-en-Laye, pour en recevoir de salutaires avis et pour lui communiquer quelques desseins de piété. La première parole que prononça le serviteur de Dieu, en s'approchant du lit de douleur où reposait le successeur de tant de rois, fut cette belle sentence de l'Écriture : Timenti Deum benè erit in extremis; à quoi le prince répondit, en achevant le verset : El in die defunctionis benedicetur. Le roi daigna s'entretenir avec lui de la direction des évêchés. «O monsieur Vincent ! lui dit-il, si je retournais en santé, les évêques demeureraient trois ans en retraite chez vous. Je fais bien cas de votre institut, et je juge vos moyens très-propres et très-convenables pour préparer les ecclésiastiques à soutenir la charge très-pesante de ces dignités.» Saint Vincent demeura auprès du roi jusqu'au 14 mai 1643, jour où ce monarque expira. Après quelques consolations versées sur la douleur de la reine, Vincent de Paul s'en revint bientôt à Saint-Lazare offrir à Dieu des prières et célébrer l'office des morts, afin d'honorer, pour la dernière fois, la majesté royale au tombeau. Ce fut sous l'administration d'Anne d'Autriche, régente du royaume, que Vincent de Paul commença à se trouver lié à l'administration de l'État. La reine-mère avait jugé à propos d'établir un conseil pour les affaires ecclésiastiques; il fut composé du cardinal Mazarin, du chancelier, de M. Charton et de Vincent de Paul (Isidore Mullois, Vie de Saint Vincent de Paul, 1859 - books.google.fr). Du XVIIe au XVIIIe siècle, l'homme s'est senti peu à peu comme isolé au milieu des choses, en état de « déréliction ». Pascal, déjà , voyait l'homme «égaré dans un canton détourné de la nature»; et seulement capable «d'apercevoir quelque chose du milieu des choses». Mais, pour Pascal, le Christ est venu en médiateur; pour empêcher que cet isolement ne se creuse en abîme, il est venu combler l'abîme. On assiste au XVIIIe siècle à une réduction de l'angoisse et du pathos. Cette situation nouvelle d'isolement est progressivement acceptée. Locke, déjà , la comparait à celle des marins qui naviguent à la sonde. La sonde n'explore pas l'abîme, elle ne touche pas le fond des mers; il suffit qu'elle permette de repérer les hauts-fonds, et le navire est sauf, il trouve son chemin. On ne va plus s'attarder désormais à la recherche des causes premières, ni à celle des causes finales. On estime que la quête du pourquoi est vaine, et condamnée à l'échee. En revanche, celle du comment est possible; elle est utile; elle offre à l'homme le moyen de poser les principes d'une praxis, d'une action efficace. Savoir comment les choses se passent, autour de l'homme, comment elles se sont passées pour aboutir à l'homme, comment s'est constituée peu à peu, dans un monde soumis à la durée, la « grande chaîne des êtres », voilà ce qui est exaltant, et de plus à la portée de l'homme (Marcel Raymond Saint-Martin et l'Illuminisme contre l'"Illuminismo", Lettere italiane, Volume 19, 1967 - books.google.fr). Jésus est mort, et en mourant n'a point laissé les siens orphelins, mais leur a envoyé son Saint-Esprit, qui est son divin amour, pour les assister, et lui-même y demeure invisiblement jusqu'à la fin du monde (Lettre 1646-1652) (Jacqueline Pascal, Littérature par Victor Cousin, 1849 - books.google.fr). En 1661, les persécutions contre Port-Royal reprennent. On exige des religieuses qu'elles signent un « formulaire » condamnant les propositions de Jansénius. Contre Arnauld et Nicole, partisans d'un compromis, Pascal se montre inflexible. Sa sœur Jacqueline, bouleversée d'avoir dû signer, meurt le 4 octobre. Accablé, isolé, Pascal choisit alors de s'éloigner définitivement des querelles théologiques. Malgré son état de faiblesse, il visite toutes les églises de Paris. Pèlerinage si épuisant qu'une idée lui vient au détour d'une prière : il faut à Paris des omnibus. Ce sera chose faite quelques mois plus tard avec l'inauguration de la ligne Porte Saint- Antoine - Palais du Luxembourg. Carrosses à 5 sous la place, dont l'entrée sera interdite aux domestiques et aux ouvriers. Comme par hasard c'est le chemin qui relie son domicile à celui de son ami le duc de Roannez. Il héberge des pauvres et soutient des orphelins. Cédant sa maison à un enfant malade, il se fait porter chez sa sœur Gilberte Périer. Le 19 août 1662, pourvu des derniers sacrements, il meurt (Romain Chabert, Lire, Numéros 196 à 201, 1992 - books.google.fr). Le report de 2034 sur la date pivot 1643 donne 1252. La paroisse des Baux-de-Breteuil ne date que de 1253 créée par Jean de la Cour d'Aubergenville, évêque d'Evreux. C'était primitivement une chapelle de Saint-Christophe nommée de Longuemare, à l'usage des bûcherons, construite sur les dépendances de la cure de Saint-Pierre de la Vieille-Lyre, du consentement de l'abbaye qui en eut le patronage. Le village primitif se nommait le Champ Motteux, et Robert, fils de Pétronille, comte de Leicester en fit don aux religieux de Lyre avec les maisons qui s'y trouvent édifiées, tout l'approvisionnement du même lieu et toutes ses dépendances. Après la conquête de Philippe-Auguste le Champ-Moteux fut enlevé à Lyre et donné à Barthélemy de Dreux, bailli royal. Sur cette paroisse se trouvait le prieuré du Désert ou de Sainte-Suzanne (Charles Guéry, Histoire de l'abbaye de Lyre, 1917 - archive.org). Une Suzanne, veuve dès son plus jeune âge ou vierge consacrée, s'occupe d'une orpheline dans la Byzance du Ve siècle selon la Vita Sanctae Matronae. Au IVe siècle il est question de Febronia (Vita Febroniae monachae) en Syrie martyrisé sous Dioclétien, entrée orpheline dans un couvent (Timothy S. Miller, The Orphans of Byzantium: Child Welfare in the Christian Empire, 2003 - books.google.fr). Éléonore Catherine Fébronie de Wassenaer de Bergh, née le 6 mai 1613 à Bruxelles et morte le 14 juillet 1657 à Paris, à 44 ans, est duchesse de Bouillon et la dernière princesse de Sedan. Elle a contribué fortement à la conversion de son époux, Frédéric Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, prince de Sedan, à la religion catholique. Elle lui sauva également la vie à la suite de son arrestation pour sa participation à la conspiration de Cinq-Mars, mais elle ne put empêcher l’annexion du territoire de Sedan par le roi de France. Elle joua enfin un rôle essentiel dans la Fronde (fr.wikipedia.org - Eléonore de Bergh). On trouve la mention du titre d'orphanotrophe dans une loi promulguée en 469 par Léon Ier (Code Justinien, I, 3, 30), ainsi que l'allusion fréquente à l'orphanotrophe et aux orphelinats dans le Code et les Novelles de Justinien Ier (527-565). La fondation de l'orphelinat Saint-Paul remonte au temps de Justin II (565-578) et de sa femme Sophia ; cf. Patria, éd. Th. PREGER, Scriptores Originum Constantinopolitanarum, III, p. 235. Une église, désignée sous le double vocable des Saints-Apôtres Pierre-et-Paul, fut construite postérieurement par Justin II là où se trouvait déjà l'orphelinat; sa construction commença en 571/2 (Revue des études byzantines, Volumes 49 à 50n 1991 - books.google.fr). Cf. quatrain II, 7 et son "nay à deux dents en la gorge" déporté aux îles qui pourraient être des îles où se trouvent des orphelinats près de Byzance. Et cf. quatrain II, 28 pour Justin II et l'année 571. |