Saint Jacques du Haut-Pas

Saint Jacques du Haut-Pas

 

VIII, 21

 

2045-2046

 

Au port de Agde trois fustes entreront,

Portant l'infect, non foy et pestilence,

Passant le pont mil mille embleront,

Et le pont rompre à tierce résistance.

 

"fustes" : trois galères à Agde

 

Fuste : sorte de vaiseau a bas bord, à voiles & à rames (Pierre Richelet, Dictionnaire françois: contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise, 1680 - books.google.fr).

 

A leurs comp√©titions pour la couronne de Naples, Louis XII et Ferdinand le Catholique avaient cru mettre un terme par un partage secret, dont le roi Fr√©d√©ric faisait les frais. L'un prenait l'Abruzze et le Labour, avec le titre de roi de Naples et de J√©rusalem ; Ferdinand le Catholique se contentait du sud de la p√©ninsule. La victime ne s'avisa de son malheur qu'√† l'arriv√©e des troupes d'occupation fran√ßaises et espagnoles : B√©raud Stuart d'Aubigny avan√ßait √† marches forc√©es par le nord, tandis que Gonzalo de Cordova d√©barquait √† Messine. En vain, le roi Fr√©d√©ric, affol√©, fit-il pr√™ter serment de fid√©lit√© √† ses sujets : le 4 ao√Ľt 1501, Naples ouvrait ses portes aux troupes fran√ßaises : la veille, Fr√©d√©ric s'√©tait retir√© avec sept gal√®res √† Ischia, tandis que la reine Jeanne emmenait le reste de la flotte √† Palerme. [‚Ķ]

 

L'accord avait cessé de régner entre les co-partageants du royaume de Naples, dès qu'il s'était agi de délimiter leurs territoires respectifs en Capitanate. […]

 

Nos d√©sastres se succ√©d√®rent avec une rapidit√© foudroyante. Louis XII avait lieu d'√™tre d√©courag√© : il avait tout fait, tout tent√© pour d√©gager, par de multiples contre-attaques, son corps exp√©ditionnaire. Jamais nous n'avions eu tant d'escadres en mer. En dehors des trois divisions envoy√©es au secours de Naples et de Ga√®te, deux autres op√©raient des diversions dans les golfes de Gascogne et de Lion. Une escadre bretonne de dix-sept navires, dont le noyau √©tait constitu√© par la ¬ębande¬Ľ de croiseurs du capitaine Portzmoguer, prot√©geait les convois du Ponant contre l'essor des corsaires basques et rentr√©e en ligne √©ventuelle des Anglais, vivement sollicit√©e par Ferdinand le Catholique. [‚Ķ]

 

Simultan√©ment, le 17 septembre 1503, une escadre marseillaise de quinze b√Ętiments de guerre et douze noies l√©g√®res prenait la route de Collioure, afin de retenir de ce c√īt√© les renforts espagnols destin√©s √† Naples. Coordonnant ses mouvements avec ceux du mar√©chal de Rieux, elle √©tait venue s'embosser au grau de Leucate, sur le flanc gauche de notre arm√©e, qui assi√©geait la place forte de Salses. Ren√©, b√Ętard de Savoie, la commandait; en d√©pit de son titre d'amiral de Provence, il n'entendait rien √† la marine; il eut la candeur de l'avouera ses officiers, en leur demandant conseil, quand il apprit que les troupes de si√®ge, apr√®s trente-six jours de tranch√©es ouvertes, √©taient forc√©es de se retirer devant l'arm√©e du roi Ferdinand le Catholique. Plusieurs parl√®rent de lever l'ancre imm√©diatement. Mais le lieutenant g√©n√©ral de l'escadre, Guyon Mordret de Tours, capitaine de la R√©ale, d√©clara √©nergiquement que le devoir de tous √©tait de prot√©ger la retraite de l'arm√©e, en emp√™chant les Espagnols de passer le long du grau. Son avis l'emporta. Aux premi√®res lueurs de l'aube, les ennemis, d√©valant par milliers de la montagne vers la plage, furent balay√©s par le feu de cent vingt pi√®ces de marine. L'arm√©e √©tait sauv√©e. Mais quand la flotte reprit le large, une violente temp√™te la malmena fort, jetant trois galions en perdition sur les c√ītes de Catalogne, quatre autres sur la plage de S√©rignan, o√Ļ le b√Ętard de Savoie atterrit en naufrag√©; trois gal√®res se r√©fugi√®rent √† Agde, la R√©ale √† Aigues-Mortes. La diversion tent√©e en Roussillon avait compl√®tement √©chou√©; les op√©rations furent suspendues pour cinq mois par l'armistice du 15 novembre 1503, qui laissa aux Espagnols le moyen de concentrer toutes leurs forces contre nos derni√®res positions dans le royaume de Naples (Charles de La Ronci√®re, Histoire de la marine franc√ßaise, 1899 - archive.org, fr.wikipedia.org - Fr√©d√©ric Ier de Naples).

 

Louis Guillem baron de Clermont-Lod√®ve, √©pousa Anne de Lascaris, de la descendance des empereurs d'Orient, fille unique de Jean Antoine et d'Isabelle d'Anglure ; veuve elle se remaria en 1498 √† Ren√© de Savoie grand-ma√ģtre de France, dont une fille Madeleine s'allia √† Anne de Montmorency gouverneur du Languedoc sous Fran√ßois Ier. Ren√© de Savoie (1468-1525) √©tait un fils naturel l√©gitim√© de Philippe II duc de Savoie dit ¬ęsans terre¬Ľ. Fran√ßois Guillem, le deuxi√®me fils, fut le plus important personnage du lignage des Castelnau. Il fut souvent appel√© le cardinal de Clermont. N√© √† Clermont-Lod√®ve, il fut, √† vingt-deux ans, archidiacre de Narbonne, en 1501 √©v√™que de Saint-Pons, Valence et Agde, et cr√©√© cardinal en 1503 par le pape Jules II (Jacques Juillet, Les 38 barons de Castelnau: seconds barons chr√©tiens du royaume et leur baronnie, leur ch√Ęteau, leurs √©glises, 1971 - books.google.fr).

 

"pestilence"

 

En 1505, malgr√© un nombre de nouveaux habitants plus √©lev√©, la population fiscale diminue de 6 %. La peste de 1502 ou 1503, sur laquelle on n'est malheureusement que fort peu renseign√©, en est s√Ľrement la cause. Les troupes qui reviennent du Roussillon en 1503 introduisent la peste √† Montpellier. Les soldats infect√©s la propagent sur leur passage. Les villes aupr√®s desquelles ils s'approchent sont contamin√©es les unes apr√®s les autres. Elle √©tait d√©j√† aux environs de Narbonne au cours de l'√©t√© 1502. Jean Laporte, le 2 septembre, ne put trouver sur place √† Ouveillan, lorsqu'il fit son testament, ni notaire, ni t√©moins. Tout le monde avait fui devant la maladie contagieuse. Les pertes subies par Narbonne sont, tr√®s certainement, sup√©rieures √† 6 % de l'effectif des habitants. Les clavaires pr√©f√©raient conserver les noms propri√©taires d√©c√©d√©s dans l'espoir que les h√©ritiers s'acquitteraient des sommes dues par les d√©funts. Le coup fut rude car la belle remont√©e en cours depuis 1480 se trouva stopp√©e net, malgr√© une nouvelle vague d'inscription de nouveaux habitants, la derni√®re de cette ampleur : 104 en 1507, 134 en 1508, 156 en 1509 110. La marche en avant para√ģt reprendre n√©anmoins ensuite (Gilbert Larguier, Le drap et le grain en Languedoc: Narbonne et Narbonnais 1300-1789, 2014 - books.google.fr).

 

On pense aussi au mal de Naples, qui appara√ģt vers 1493, pendant les guerres d'Italie men√©e par Charles VIII, continu√©es par Louis XII.

 

Pont Notre Drame

 

Les deux premiers ponts parisiens permettaient d√®s l'Antiquit√© √† l'axe du cardo maximus de franchir la Seine sur son grand bras, dans le prolongement du Petit-Pont. Il occupe l'emplacement de l'un des tout premiers ponts de la capitale : le ¬ęGrand-Pont¬Ľ, remplac√© par les ¬ęplanches de Milbray¬Ľ, puis deux r√©pliques du ¬ępont Notre-Dame¬Ľ, l'une en bois, l'autre en pierre. Le toponyme ¬ęMibray¬Ľ provient vraisemblablement de la contraction de emmi le brai, signifiant ¬ęau milieu du marais¬Ľ, pour indiquer que l'on retirait ces planches de bois jusqu'au milieu du fleuve dans sa partie mar√©cageuse, afin de prot√©ger l'acc√®s √† l'√ģle de la Cit√©. Il tiendra jusqu'aux inondations de 1406.

 

Le 30 mai 1413, Charles VI baptise le nouveau ¬ępont de Notre-Dame¬Ľ, un solide ouvrage de bois reliant l'√ģle de la Cit√© √† la rue de la Planche-Mibray sur dix-sept rang√©es de piles. Les pr√©v√īt des marchands et √©chevins obtinrent au mois de juillet 1414 des lettres du roi qui les autoris√®rent √† faire ex√©cuter ce pont. Il ne fut achev√© qu'en 1421.

 

Le 25 octobre 1499, lors d'une crue de la Seine, le pont Notre-Dame s'entrouvrit et les maisons s'√©croul√®rent avec un fracas horrible. Tenu pour responsable d'avoir n√©glig√© les avertissements sur l'√©tat de d√©labrement du pont, le parlement manda bient√īt √† la barre le pr√©v√īt des marchands et les √©chevins et les fit emprisonner. Par arr√™t du 5 janvier 1500, il destitua Jacques Pi√©defer, pr√©v√īt des marchands, Antoine Malingre, Louis du Harlay, Pierre Turquant et Bernard Ripault, √©chevins, les d√©clara incapables d'exercer √† l'avenir aucune fonction, et les condamna √† de fortes amendes. Ils moururent tous en prison. Le po√®te Pierre Grognet indique ¬ęMil quatre cens quatre-vingtz dix et neuf, tomba le pont Notre-Dame de neuf. Ce cas advint en octobre treizi√®me jour du matin viron l'heure neuvi√®me¬Ľ.

 

Le pont étant d'une grande importance économique pour la cité, il est rapidement décidé de le reconstruire. L'ouvrage, terminé en 1512, sera encore surplombé de demeures et de boutiques et deviendra vite un endroit commerçant très fréquenté et prestigieux : François Ier y fait son entrée triomphale dans Paris en 1515.

 

En 1659, le pont est remis en état et redécoré pour honorer l'arrivée à Paris de la fille du roi d'Espagne Philippe IV, Marie-Thérèse d'Autriche. En 1769, le pont Notre-Dame est le plus ancien des ponts qui existent à Paris. Par lettres patentes du roi, on doit détruire les habitations devenues insalubres qui le surmontent, ce qui sera fait en 1786.

 

Le pont qui lui succ√®de en 1853 sur les m√™mes fondations est construit en ma√ßonnerie d'apr√®s les projets de Lagalisserie et Darcel, dans la lign√©e des transformations haussmanniennes et √† la suite de la d√©cision d'abaisser le niveau de la rue Saint-Martin. √Ä la suite de nombreux accidents fluviaux qui y ont lieu (pas moins de 35 entre 1891 et 1910), il est surnomm√© ¬ę pont du Diable ¬Ľ (fr.wikipedia.org - Pont Notre-Dame).

 

Paris, 20 février 1502. Mandement de Louis XII aux gens du Parlement, de la Chambre des Comptes, des finances et des aides à Paris, pour l'exécution des lettres données le 19 décembre 1499 pour la levée d'une aide nécessaire à la réfection du pont Notre-Dame à Paris (Enreg. le 3 mars 1502) (Inventaire analytique des ordonnances enregistrées qu Parlement de Paris jusqu'à la mort de Louis XII, 1908 - books.google.fr).

 

Pontifex

 

On a gravé sur une des arches du pont Notre Drame ce distique de Sannazar, en l'honneur d'un des architectes Jean Joconde :

 

Jucundus geminum posuit tibi, Sequana, pontem ;

Hunc tu jure potes dicere Pontificem (fr.wikipedia.org - Pont Notre-Dame).

 

Sauval a fort bien remarqué que Sannazar a fait allusion à l'Inscription du Pont de Trajan : Prudentia Augusti verè PONTIFICIS.

 

Joconde fut le ma√ģtre de Jules C√©sar Scaliger, connaissance de Nostradamus √† Agen (Jean-Aimar Piganiol de La Force, Description historique de la ville de Paris et de ses environs, Tome 2, 1765 - books.google.fr).

 

Le jésuite Théophile Reynaud prétend que saint Bénézet fuit l'instituteur de l'ordre des Frères pontifes.

 

Pierre H√©lyot suppose que saint B√©n√©zet a appartenu aux fr√®res de Saint Jacques d'Altopascio - introduits dans l'H√īpital d'Avignon, appel√© H√īpital du Pont -, vers 1180 (Pierre H√©lyot, Histoire des ordres monastiques religieux et militaires, et des congr√©gations s√©culi√©res, Tome 2, 1714 - books.google.fr).

 

Le terme pontif dans le sens de "petit pont" et non comme constructeur de pont appara√ģt selon Godefroy (Dictionnaire de l'ancienne langue fran√ßaise, 1880-1902) en 1564. "pontifex" qualifie saint B√©n√©zet chez Reynaud (Sanctus Joannes Ben√©dictus pastor et pontifex Avenionene, 1643) (Marjorie Nice Boyer, The Bridgebuilding Brotherhoods, Speculum, Vol. 39, No. 4, 1964 - www.jstor.org).

 

Tout au cours du Ve siècle summus pontifex s'emploie pour tous les évêques et plus particulièrement, semble- t-il, pour les métropolitains. Au début du siècle suivant, l'important Concile d'Agde (506) réuni de six provinces, sous a présidence de saint Césaire d'Arles emploie dans son canon xxxv summus pontifex à propos de l'élection de n'importe quel évêque (Yves Congar, La collégialité épiscopale: histoire et théologie, 1965 - books.google.fr).

 

Le titre de pontifex attribué à saint Bénézet l'a parfois fait passer pour évêque (Pierre Hélyot, Histoire des ordres monastiques religieux et militaires, et des congrégations séculiéres, Tome 2, 1714 - books.google.fr).

 

Dans le haut moyen √Ęge, peu ou point d'ouvrages √† la travers√©e des cours d'eau, hormis quelques passerelles rudimentaires en rondins et les ponts des Romains, qui, hardis en toutes choses et bien qu'√©l√©gants constructeurs de vo√Ľtes, n'avaient jamais os√© braver ouvertement les divinit√©s trop imp√©tueuses ; sous Trajan m√™me, le grand pont du Danube √©tait compos√© d'arcs en charpente. Le sentiment religieux allait inspirer la cr√©ation de confr√©ries sp√©ciales vou√©es au service des voyageurs, √† la construction et l'entretien des ponts. O√Ļ commen√ßa le mouvement et vers quelle √©poque ? Quelques auteurs ont fait remonter √† saint Allucio, p√Ętre de Toscane, qui √©tablit un hospice et un pont sur l'Arno au commencement du XIe si√®cle, l'origine de ces b√Ętisseurs assembl√©s sous le signe de la croix. La compagnie d'Allucio prit le nom de Saint-Jacques du Haut-Pas. Elle aurait eu des d√©pendances √† Bonpas, o√Ļ se seraient rattach√©s √† elle les pontifes de Provence, et son action se serait √©tendue jusqu'√† Paris sous Philippe-le-Bel ; on rencontre encore le nom de cet ordre hospitalier dans des Edits de Louis XIV. En r√©alit√©, en plusieurs points de l'Europe, les n√©cessit√©s √©tant les m√™mes partout, en entreprit de construire des ponts comme on √©levait alors des √©glises. C'√©tait l'aboutissement, l'√©panouissement en tous lieux et simultan√©ment, surtout au long des routes des p√®lerinages et des croisades. [‚Ķ]

 

C'est en France, dans la vall√©e du Rh√īne, que ces compagnies furent les plus entreprenantes, les mieux instruites dans leur art. Ils se disaient ¬ęFratres pontis¬Ľ, ¬ęFr√®res du pont¬Ľ, ou ¬ędes ponts¬Ľ, plus simplement ¬ęFaiseurs de ponts¬Ľ ou, plus officiellement, ¬ęFr√®res des oeuvres de l'hospice et du pont de...¬Ľ (Auguste Jouret, Les Fr√®res Pontifes et saint B√©n√©zet, Technica n¬į 89, 1947 - histoire.ec-lyon.fr).

 

Le pont d’Agde

 

Ev√™que et consuls sont associ√©s pour faire construire le pont d'Agde. Ce dernier devait s'√©difier lentement : le 21 novembre 1301, dans une transaction entre les consuls et les nobles d'Agde, ceux-ci s'engagent √† acquitter, avant la mi-ao√Ľt √† venir, les parts de tailles impos√©es par l'universitas √† l'occasion de certaines d√©penses d'int√©r√™t g√©n√©ral ; entre autres frais, figurent ceux qui sont engag√©s pour le pont d'Agde. Le 20 avril 1317 encore, les consuls requi√®rent Bernard¬† Mercadier d'achever le pont d'Agde, dans les d√©lais pour lesquels il s'est engag√©. Mercadier r√©pond qu'il est pr√™t √† faire en sorte que le pont soit achev√© dans le temps pr√©cis√©. Mais il demande √† son tour aux consuls que les piles, qui sont dans l'H√©rault et sur lesquelles le pont doit √™tre construit, soient renforc√©es, afin que le travail en cause ne puisse souffrir √† cause d'elles... Les consuls se disent pr√™ts √† renforcer les piles en question, en tant qu'elles sont √† la charge de l'universitas et qu'ils y sont tenus, mais, renversant le raisonnement de Mercadier, ils le pressent de renforcer le pont, pour qu'√† cause de son travail les piles ne soient pas mises en danger ! Mercadier demande enfin aux consuls de faire giet (?) dans les piles, pour qu'il puisse sindriare (?) le pont... En somme, les parties se renvoient les responsabilit√©s. A part le litige qui oppose, en 1319, les consuls √† Henri de Blanquefort, damoiseau d'Agde, au sujet des tailles impos√©es pour le pont et qu'il refuse de payer, aucun autre texte ne mentionne la construction du pont. Il a donc √©t√© s√Ľrement achev√© au d√©but du XIVe si√®cle : mais les consuls avaient bien raison de surveiller avec attention les travaux, car, malgr√© leurs soins, le pont n'avait peut-√™tre pas √©t√© construit solidement. [...] Le pont d'Agde comme tant d'autres dans la r√©gion, n'est pas enti√®rement construit en pierre : le bois est un mat√©riau tr√®s utilis√©. Ce fait explique l'ampleur des d√©t√©riorations d√Ľes aux crues du fleuve (Andr√© Castaldo, Le consulat m√©di√©val d'Agde: XIIIe-XIVe si√®cles : seigneurs, villes et pouvoir royal en Languedoc, 1974 - books.google.fr).

 

Louis Fouquet, frère de Nicolas, fut évêque d'Agde et partisan du jansénisme dont un des hauts-lieux était l'église Saint Jacques du Haut Pas à Paris.

 

Les Fouquet était une famille très liée à l'Oratoire. Frère de l'ancien surintendant des Finances Nicolas Fouquet, l'évêque d'Agde Louis Fouquet (1633-170), prélat janséniste imprégné de la doctrine de M. d'Alet, se fera le protecteur des établissements oratoriens dans son diocèse. Son neveu Charles-Armand Fouquet (1657-1734), fils du surintendant, entré à l'Oratoire en 1680, janséniste convaincu, exécuteur testamentaire de Nicole, deviendra en 1705 assistant du général de l'Oratoire, le père Pierre-François d'Arères de La Tour, à qui il aurait succéder si son appel de la bulle Unigenitus ne l'avait fait exclure (Charles Frostin, Les Pontchartrain, ministres de Louis XIV: Alliances et réseau d'influence sous l'Ancien Régime, 2015 - books.google.fr).

 

L’église Saint Jacques du Haut-pas à Paris

 

L'√©glise accol√©e au couvent de Saint-Magloire construite en 1584 est rapidement trop petite, et en 1630, Gaston d'Orl√©ans, fr√®re de Louis XIII, d√©cide de faire ex√©cuter d'importants travaux. Le mur du fond de l'√©glise est d√©moli, son orientation est invers√©e et l'entr√©e se fait dor√©navant par la rue Saint-Jacques. Les travaux vont √™tre tr√®s lents par manque d'argent, d√Ľ √† la pauvret√© des paroissiens. La vo√Ľte de style gothique initialement pr√©vue ne sera pas r√©alis√©e. Les ma√ģtres carriers offriront gracieusement le pav√© du chŇďur, et les ouvriers des diff√©rents corps de m√©tier viendront travailler un jour par semaine sans solde. Le 9 avril 1633, le Parlement, par arr√™t, √©rige l'√©glise en paroisse. Comme il existe d√©j√† une √©glise d√©di√©e √† Saint-Jacques le Majeur (de Compostelle), l'√©glise Saint-Jacques-de-la-Boucherie, dont il ne reste plus que le clocher (la tour Saint-Jacques), il est d√©cid√© de d√©dier cette nouvelle √©glise √† saint Jacques le Mineur et √† saint Philippe. Ce sont toujours les deux patrons de l'√©glise Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Ang√©lique Arnauld, abbesse de Port-Royal, foyer du mouvement jans√©niste, d√©cide en 1625, d'installer rue du Faubourg-Saint-Jacques, une annexe du monast√®re de Port-Royal des Champs. Des liens tr√®s √©troits se nouent avec la paroisse de Saint-Jacques-du-Haut-Pas qui jouera un r√īle important dans la diffusion du jans√©nisme. Jean Duvergier de Hauranne, abb√© de Saint-Cyran (1581-1643), y a √©t√© inhum√© et son tombeau devient rapidement un lieu de p√®lerinage important. La duchesse de Longueville (1619-1679), Anne Genevi√®ve de Bourbon-Cond√©, sŇďur du Grand-Cond√© et protectrice de Port-Royal offre des dons substantiels pour l'√©dification du b√Ętiment. Apr√®s sa mort, ses restes seront inhum√©s √† Port-Royal des Champs, et quand l'abbaye sera d√©truite, son cŇďur sera d√©pos√© dans la chapelle de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Les travaux peuvent donc reprendre en 1675 gr√Ęce √† elle. L'architecte s√©lectionn√© Daniel Gittard, qui a entre autres d√©j√† construit le chŇďur de l'√©glise Saint-Sulpice, ex√©cute des plans de la fa√ßade. Mais celle-ci ne sera pas ex√©cut√©e selon ses plans. Des deux tours pr√©vues par Gittard, une seule sera finalement construite, mais de hauteur double par rapport aux plans initiaux. Le 6 mai 1685, les travaux principaux sont achev√©s. Une importante c√©r√©monie de d√©dicace a lieu o√Ļ pr√™cheront F√©nelon et Fl√©chier (fr.wikipedia.org - Eglise Saint-Jacques-du-Haut-Pas).

 

Construction des ponts par les pontifes

 

Il est un peu os√© de pr√©tendre que le mat√©riel des pontifes √©tait plus perfectionn√© que celui des Romains. Cependant les manuscrits montrent des engins qui paraissent nouveaux. C'est ainsi que l'album de Villard de Honnecourt, architecte du XIIIe si√®cle, fait √©tat d'une scie ¬ęm√©canique¬Ľ actionn√©e par un volant √† main, le mouvement moteur de la lame rigide √©tant obtenu par la d√©tente √©lastique d'une forte branche. Dans ce m√™me manuscrit pr√©cieux on rel√®ve une machine √† couper les pilotis sous l'eau ; c'est une scie √† balanciers et parall√©logramme plaqu√©e contre le pieu par une corde √† contre-poids. Les auteurs qui pr√©tendent que les pilots furent employ√©s pour la premi√®re fois √† Paris, au pont Notre-Dame, par le fr√®re Joconde, vers 1500, sont donc dans l'erreur. Un appareil √©l√©vatoire √† vis et levier pour soulever les lourdes charges est aussi dessin√© dans l'album de Honnecourt : c'est l'anc√™tre des crics, dont le moyen √Ęge faisait usage et qui, au XVIe si√®cle (ou avant), avaient pris leur forme d√©finitive. D'autres engins √©taient en honneur : le fardier, par exemple, avec ses √©normes roues de charronnage et son long levier pour l'accrochage et le levage des fardeaux (d'o√Ļ son nom) et que nous retrouvons aujourd'hui dans l'outillage des forestiers pour le transport des grumes (Auguste Jouret, Les Fr√®res Pontifes et saint B√©n√©zet, Technica n¬į 89, 1947 - histoire.ec-lyon.fr).

 

La structure des ponts en bois que l'on ne sait pas encore calculer, d√©pend √©troitement des assemblages qu'il est possible de r√©aliser. Leur conception est plus affaire de charpentiers que d'ing√©nieurs. C'est l'exp√©rience qui dicte les √©quarrissages √† employer. Ils sont par nature fragiles : les crues les emportent souvent, les assemblages sont des points faibles - les eaux y stagnent, favorisant le pourrissement -, l'incendie les guette. Pour qu'ils durent, il faut les prot√©ger des intemp√©ries par une couverture compl√©t√©e par des bardages lat√©raux. Les ponts suisses pr√©cit√©s sont des ponts couverts . Aux U.S.A., il reste pr√®s de 1000 ponts couverts ayant plus d'un si√®cle. En France il en reste tout de m√™me un : le pont Chr√©tien √† Chabenet (Indre), qui dans son √©tat actuel, ne remonte sans doute pas au - del√† du XIXe si√®cle.

 

S'il n'existe plus en France de ponts de bois anciens, c'est parce qu'ils √©taient consid√©r√©s comme des constructions transitoires, pr√©c√©dant les ponts de pierre d√©finitifs. On peut toutefois en voir ailleurs, notamment en Suisse. Les vieux ponts de bois de Lucerne toujours en service datent respectivement de 1408 et de 1633 ; pr√®s de Berne le Neue Br√ľcke est ouvert au trafic depuis 1535. Bien construits et r√©guli√®rement entretenus ces ouvrages peuvent durer longtemps. La charpente triangul√©e, invention romaine, avait permis tout au long des si√®cles pass√©s une grande diversit√© de structures, les documents d'archives parfois, et plus encore les gravures anciennes le montrent (Guy Lambert, B√©atrice de Andia, Les ponts de Paris, 1999 - books.google.fr).

 

Cf. le pont de planche et la loi salique du quatrain VIII, 23 ‚Äď Les Etats g√©n√©raux de 1484.

 

"résistance"

 

On peut voir r√©sistance comme attitude lors d'un combat autour d'un pont comme celui de Bayard au pont du Garagliano en 1503 justement ou bien comme comportement des √©l√©ments d'un pont en situation de crue, de d√©b√Ęcle, de surcharge (certaines √©ditions ont "trembleront" au lieu de "embleront"), etc.

 

Le pont du Garigliano n'est cependant pas le seul o√Ļ Bayard se soit trouv√© en cette h√©ro√Įque posture, et voil√† qui se comprend de reste, puisque, toujours √† l'extr√™me pointe dans les marches en avant, il se tenait toujours, quand l'arm√©e¬† faisait retraite et qu'il s'agissait de couvrir cette retraite, le dernier de l'arri√®re-garde, et par cons√©quent, s'il y avait un pont √† passer, le dernier √† le passer lui-m√™me, occup√© d'abord √† arr√™ter ou retarder sur l'autre rive la poursuite de l'ennemi. Ainsi devait-on le voir en cette f√Ęcheuse journ√©e que l'on appela la Journ√©e des √Čperons, quand, ayant eu dessein de ravitailler les¬† les assi√©g√©s de Th√©rouanne, dont ils s'√©taient trouv√©s emp√™ch√©s par les troupes du roi d'Angleterre, pr√©venu de leur entreprise, les capitaines du roi de France avec leurs gendarmes avaient d√Ľ, √† force d'√©perons, en effet, rebrousser chemin, et parmi eux, √† grand regret, le capitaine Bayard, lequel, en se retirant, vint √† aviser un petit pont o√Ļ ne pouvaient passer que deux hommes √† cheval de front ; et d√®s qu'il fut sur ce pont, il dit √† ceux qui √©taient avec lui : ¬ęMesseigneurs, arr√™tons-nous ici, car d'une heure nos ennemis ne gagneront ce pont sur nous¬Ľ ; et, vivement, il avait envoy√© pr√©venir le seigneur de la Palisse avec le gros de l'arm√©e d'utiliser cette heure √† se mettre en ordre de bataille, cependant qu'il se faisait fort de retenir les Bourguignons et les Anglais ; et bien les aurait retenus plus longtemps encore, s'ils n'avaient d√©couvert un demiquart de lieue plus bas, un moulin par o√Ļ traversant ils purent des deux c√īt√©s enclore √† plus de deux cents le bon chevalier et l'oblig√®rent √† se rendre... Et quand, apr√®s la bataille de Ravenne, dix-huit mille Suisses, sous la conduite du cardinal de Sion, s'√©tant joints aux troupes v√©nitiennes et pontificales form√®rent une arm√©e de plus de trente mille hommes contre laquelle les Fran√ßais n'√©taient plus en force de r√©sister, qui furent donc contraints de battre en retraite sur Pavie, c'est encore √† la t√™te d'un pont jet√© sur le Tessin pour le passage de l'artillerie, et durant qu'il prot√©geait ce passage, que Bayard fut si cruellement bless√© d'un coup de fauconneau, qui, entre l'√©paule et le cou, lui emporta la chair jusqu'√† l'os ; mais le bon chevalier r√©p√©tait : ¬ęMesseigneurs, ce n'est rien !¬Ľ tandis que ses compagnons et ses soldats √©tanchaient et bandaient de leur mieux la terrible blessure, qu'ils craignaient mortelle, avec la mousse des arbres et des morceaux de leurs chemises... M√™me d√©fense hardie et comme d√©sesp√©r√©e au pont de Mola, pour laisser √©galement d√©filer l'artillerie, lors de la retraite sur Ga√®te, peu apr√®s, justement, l'exploit du pont du Garigliano, qu'avait rendu inutile l'imp√©ritie coupable des deux chefs mis par le roi Louis XII √† la t√™te de l'arm√©e fran√ßaise pour remplacer La Tr√©moille malade, le marquis de Mantoue, puis le marquis de Saluces, tous deux √©trangers (Franc-Nohain, Bayard: ou, La gentillesse fran√ßaise, 1934 - books.google.fr).

 

Mais il faut attendre le d√©but du XVIII√®me si√®cle pour voir cette notion appara√ģtre pour les ponts, selon une recherche sur internet (Henry Gautier, Trait√© des ponts, ou il est parl√© de ceux des Romains & de ceux des modernes, Tome 2, 1717 - books.google.fr).

 

Les connaissances techniques se r√©sument d'abord aux "recettes" √©crites ou orales que se transmettent ma√ģtres et compagnons. A cela s'ajoutent l'incontournable De Architectura de Vitruve, le trait√© de Palladio d√©j√† cit√© et enfin le Trait√© des ponts d'Henri Gautier, dont la premi√®re √©dition para√ģt en 1714. C'est √† peu pr√®s tout ce qui est utilisable par les constructeurs, et encore seuls quelques-uns peuvent en tirer profit. Il s'y ajoute en 1695, le Trait√© de M√©canique de La Hire, en 1712 le m√©moire sur la construction des vo√Ľtes du m√™me auteur, en 1730, l'Architecture hydraulique de B√©lidor et enfin en 1773, le c√©l√®bre m√©moire de Coulombs (Guy Lambert, B√©atrice de Andia, Les ponts de Paris, 1999 - books.google.fr).

 

La th√©orie de la r√©sistance des mat√©riaux, comme toute la m√©canique moderne, remonte √† Galil√©e, qui, en 1638, essaya de traiter le probl√®me particulier de la flexion des solides encastr√©s. Outre les principes de la m√©canique sur lesquels elle repose, elle invoque certaines hypoth√®ses qui doivent √™tre confirm√©es apr√®s coup par l'exp√©rience. L'hypoth√®se adopt√©e par Galil√©e ne se trouva pas d'accord avec les observations; aussi les physiciens auxquels il avait ouvert la voie, Mariotte entre autres, essay√®rent de la modifier. Mariotte para√ģt avoir connu d√®s 1680 la v√©ritable loi de flexion des prismes. Enfin c'est √† Jacques Bernoulli qu'on doit l'hypoth√®se fondamentale dont on d√©duit toutes les lois de la flexion des pi√®ces droites ou courbes, et dont l'exp√©rience a fait reconna√ģtre l'exactitude. A partir de cette d√©couverte, qui remonte √† 1705, on peut dire que la th√©orie de la r√©sistance des mat√©riaux est fond√©e; elle n'a cess√© de faire des progr√®s, sous la double influence des analystes, Euler, Lagrange, Navier, et des exp√©rimentateurs, Parent, Coulomb, Barlow, Tredgold, Dupin, etc. (Expos√© de la Situation de la M√©canique appliqu√©e: Par MM. Ch. Combes, Ed. Phillips et Ed. Collignon, 1867 - books.google.fr).

 

Les recherches de Mariotte sur la r√©sistance des solides sont contenues dans un trait√© plus g√©n√©ral consacr√© au mouvement des eaux, r√©dig√© par lui, mais imprim√© apr√®s sa mort √† partir de ses manuscrits par un m√©canicien, son coll√®gue acad√©micien Philippe de La Hire. Celui-ci affirme s'√™tre montr√© fid√®le √† l'ordre voulu par Mariotte. [...] La m√©canique se veut au XVIIe si√®cle une science d√©ductive, dont les propositions sont d√©duites d'axiomes indubitables sur le mod√®le de la g√©om√©trie. Philippe de La Hire d√©finit ainsi sa propre pratique, en exergue de son Trait√© de M√©canique : ¬ęJ'ai t√Ęch√© dans cet ouvrage de d√©montrer toutes les propositions √† la mani√®re des Anciens Geom√®tres, sans me servir d'autre Axiome ou proposition fondamentale que de celles que tout ceux qui ont √©crit de Mecanique ont suppos√©e d'abord.¬Ľ (Christian Licoppe, La formation de la pratique scientifique: Le discours de l'exp√©rience en France et en Angleterre (1630-1820), 2013 - books.google.fr).

 

Dans l'église de Saint-Jacques du Haut-Pas et dans le cimetière qui y était annexé avaient été autrefois inhumés : Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, mort en 1643; Jean-Dominique Cassini, célèbre astronome, mort en 1712; Philippe de La Hire, habile géomètre et fils du peintre de ce nom, mort en 1718 (Amédée Gabourd, Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 3, 1864 - books.google.fr).

 

"Passant" : Saint Jaqcues du Haut-Pas et les ponts de Paris

 

C'est le père du Breul, selon André du Chesne, qui affirme qu'en 1286 les deux ponts de pierre de Paris "tombèrent, & les moulins & maisons qui estoient dessus, & la Tour". Ces deux ponts de pierre étaient l'un, le grand, à l'emplacement du pont aux Meuniers et l'autre, le petit, à celui du pont Saint Michel. Ces ponts furent reconstruits en bois sur pilotis, puis le petit à nouveau en 1314 en pierre (André Du Chesne, Les antiquitez et recherches des villes, chasteaux, et places plus remarquables de France, Tome 1, 1668 - books.google.fr).

 

Les religieux de Saint-Jacques du Haut-Pas, √©taient nomm√©s pontifices ou faiseurs de ponts. Cet Ordre prit naissance en Italie, vers le milieu du douzi√®me si√®cle. Ce ne fut d'abord qu'une soci√©t√© de la√Įques dont le principal but √©tait de faciliter aux p√®lerins le passage des rivi√®res, en faisant euxm√™mes des bacs et des ponts pour cet usage. L'association fut le berceau d'une congr√©gation religieuse, dont le chef-lieu fut l'h√īpital de Saint-Jacques du Haut-Pas, dans le dioc√®se de Lucques, en Italie. Ces religieux tiraient leur nom d'un lieu nomm√© Maupas, malus passus, ou Haut-Pas, altus passus, sur la rivi√®re d'Arno. L'Ordre se multiplia et une colonie vint s'√©tablir √† Paris. Le commandeur g√©n√©ral r√©sidait en Italie, et le commandeur sp√©cial des religieux de France, dans le couvent de Saint-Jacques du Haut-Pas, dont l'√©glise qui a √©t√© reconstruite est aujourd'hui une des paroisses de Paris. Cette derni√®re commanderie avait √©t√© √©rig√©e par Philippe le Bel, en 1286, selon le p√®re du Breul (Origines et raison de la lithurgie catholique en forme de dictionnaire, Tome 8 de Premi√®re encyclop√©die th√©logique, 1863 - books.google.fr).

 

Jacques du Breul est un moine bénédictin français de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, né à Paris (au milieu du Petit-Pont) le 17 septembre 1528, mort à Saint-Germain-des-Prés le 17 juillet 1614, à quatre-vingt-cinq ans (fr.wikipedia.org - Jacques du Breul).

 

Le nom de Petit-Pont lui vient du fait que ce pont franchit le petit bras de la Seine (d'o√Ļ son nom), par opposition au Grand Pont, devenu pont au Change qui franchit le grand bras de la Seine. Le premier pont situ√© √† cet endroit date de la p√©riode romaine de Lut√®ce. Le Petit-Pont √©tait √† l'√©poque gallo-romaine le seul point de passage pour relier la rive gauche, l'√ģle de la Cit√© et, dans le prolongement du cardo maximus, la rive droite. Fait de bois, il √©tait particuli√®rement expos√© aux crues de la Seine et aux incendies. En 1185, qu'un nouvel ouvrage fut construit par d√©cision de l'√©v√™que Maurice de Sully. Ce pont reliait sur moins d'une centaine de m√®tres la rue du March√©-Palu √† la rue Saint-Jacques. Le Petit-Pont fut √† nouveau d√©truit en 1196, par une crue, ce qui sera le sort des cinq ouvrages √©difi√©s entre 1200 et 1375. En 1280, la Seine d√©borde. Gilles Corrozet √©crit : ¬ęL'an mil deux cens quatre vingts, la riui√®re de Seine fut si grande √† Paris, qu'elle rompist la maistresse arche du Grand Pont, vne partie du Petit Pont & encloyt toute la ville, qu'on n'y Pouuiot entrer sans basteau.¬Ľ Entre 1394 et 1406, le roi Charles VI fit construire par l'architecte Raymond du Temple un nouvel ouvrage. Ce pont ayant √©t√© emport√© par la d√©b√Ęcle des glaces du fleuve le 31 janvier 1408 fut r√©tabli en 1409, en pierre cette fois. Cette derni√®re r√©plique subsista jusqu'au XVIIe si√®cle. Sa proximit√© avec l'H√ītel-Dieu favorisa l'implantation de boutiques d'apothicaires sur le pont, aux abords de la rue du March√©-Palu, d√®s 1552. Les maisons y furent √©difi√©es une seconde fois en 1603 et restaur√©es en 1659. Apr√®s plusieurs effondrements, le Petit-Pont et toutes les maisons qui y √©taient construites furent totalement d√©truits par un incendie en 1718, provoqu√© par la pr√©sence de deux bateaux de foin en flammes qui avaient d√©riv√©. Il fut remplac√© un an plus tard par une autre r√©plique de pierre √† trois arches cintr√©es. De 1850 √† 1853, un pont √† une seule arche en ciment et meuli√®re fut construit √† son emplacement, sur les plans de Lagalisserie et Darcel ex√©cut√©s par Alexandre Michal, ing√©nieur en chef. Inaugur√© en d√©cembre 1853, il existe encore de nos jours (fr.wikipedia.org - Petit-Pont-Cardinal-Lustiger).

 

Agde 1286

 

En 1285 avait eu lieu l'invasion du royaume d'Aragon par Philippe-le-Hardi, qui se termina si fatalement pour lui et pour son arm√©e. Apr√®s avoir r√©ussi √† grand peine √† repasser les Pyr√©n√©es, il mourut √† Perpignan d'une maladie contract√©e au si√©ge de Gironne. Cette guerre n'avait eu d'autre motif que les comp√©titions des maisons de France et d'Aragon, relativement au royaume des Deux-Siciles. [...] Par repr√©sailles, Roger de Lauria, amiral d'Aragon, organisa, en 1286, une descente sur les c√ītes ouvertes du Languedoc. Il d√©barque nuitamment √† l'embouchure de l'Orb, pr√®s de S√©rignan, que ses almogavares surprennent et mettent √† sac. Ils marchent ensuite sur B√©ziers et, suivant l'historien Muntaner, rencontrent une al'm√©e de trente mille hommes, dont trois cents cavaliers, qu'ils mettent dans une d√©route compl√®te. Apr√®s en avoir fait un carnage effroyable, ils se rembarquent le soir m√™me sur leurs gal√®res. Cette immense armada biterroise d√©truite aussi prestement au prix de sept Aragonais seulement laiss√©s sur le champ de bataille, nous para√ģt un exploit vraiment fabuleux. Aucune d√©signation comm√©morative, aucune tradition locale n'indiquent le lieu pr√©cis de ce combat qui se serait livr√© √† michemin de S√©rignan √† B√©ziers. Je crois que l'emphase du chroniqueur aragonais fait bien pendant √† la jactance gasconne de Bernard d'Auriac. Beaucoup plus certains sont, malheureusement, les massacres et pillages commis quelques jours apr√®s par le terrible Roger de Lauria, √† Agde, √† Vias, au grau de S√©rignan, √† Narbonne, √† Leucate (Louis Noguier, Bulletin de la Soci√©t√© Arch√©ologique, Scientifique et Litt√©raire de B√©ziers, Volume 6, 1871 - books.google.fr).

 

D√®s l'aube du jour il se trouva au Grau d'Agde; l√†, il d√©barqua son monde ; les gal√®res l√©g√®res et les lins arm√©s remont√®rent par le chenal de Vias, et les grosses gal√®res se rendirent √† la cit√© d'Agde. Dans chacun de ces lieux ils s'empar√®rent de tous les lins et barques qu'ils y trouv√®rent. L'amiral, avec la moiti√© de sa cavalerie, la moiti√© des almogavares, et une bonne partie des chiourmes des gal√®res, marcha sur la cit√© d'Agde, la prit et la saccagea enti√®rement. Il ne voulut pas souffrir qu'on y tu√Ęt femme ni enfant; mais tous les hommes de quinze √† soixante ans furent massacr√©s, et tous les autres √©pargn√©s. Il mit √† feu et √† sang toute la ville, √† l'exception de l'√©v√™ch√©, car il ne permit jamais qu'on f√ģt aucun dommage aux √©glises ni qu'on d√©shonor√Ęt aucune femme. Sur ces deux points l'amiral montra toujours une grande s√©v√©rit√© et ne permit jamais qu'on fit le moindre dommage √† une √©glise, ni qu'on y enlev√Ęt la valeur d'un bouton. Il ne voulut jamais non plus qu'aucune femme f√Ľt d√©shonor√©e, d√©pouill√©e, ni touch√©e dans sa personne. Aussi Dieu lui en rendit-il bonne r√©compense, car il lui accorda des victoires pendant sa vie, et une bonne fin √† l'heure de sa mort. L'autre portion des troupes marcha sur Vias, les uns par terre, les autres par le chenal en amont. Ils saccag√®rent √©galement tout Vias et prirent tout ce qui s'y trouvait, lins et barques, et il y en avait bon nombre en amont du chenal. L'alarme se r√©pandit bien vite aussi dans tout le pays. Les gens de Saint-Thibery, de Loupian et de Gigean y arriv√®rent par mer; mais arriv√©s pr√®s d'Agde, les nouvelles leur vinrent comment, la veille, avaient √©t√© trait√©s ceux de B√©ziers, et l√†-dessus ils song√®rent √† s'en retourner; mais ils ne se h√Ęt√®rent pas assez pour que les hommes √† cheval et les almogavares n'en atteignissent plus de quatre mille, qu'ils firent p√©rir √† coups de lance, puis ils retourn√®rent √† Agde, o√Ļ ils rest√®rent quatre jours, mettant tout √† feu et √† sang. Cela fait, l'amiral fit rembarquer ses troupes et se dirigea vers Aigues-Mortes; l√† il trouva des nefs, lins et gal√®res, qu'il prit et envoya √† Barcelonne. Il se rendit ensuite au cap de la Spiguera. Arriv√© √† cette hauteur, il les avait mis hors d'√©tat de savoir de ses nouvelles, mais chacun dans le pays pensa qu'il √©tait retourn√© en Sicile. A la nuit, √† la faveur du vent de terre, il se mit en mer en naviguant aussi rapidement que possible, mais de mani√®re √† ce qu'on ne p√Ľt l'apercevoir pendant le jour, et le lendemain, aussit√īt que la brise de mer eut souffl√©, il s'approcha du cap de Leucate, y aborda de nuit, y trouva, entre barques et lins, plus de vingt b√Ętiments tous charg√©s de bonnes marchandises, et il les prit tous et les envoya √† Barcelonne. A la pointe du jour il entra par le Grau de Narbonne; et il y trouva aussi des lins et gal√®res, et les mit tous en mer. Que vous dirai-je ? Le butin que firent lui et tous ceux qui l'accompagnaient fut vraiment sans bornes; et ils en auraient bien plus fait encore, s'il n'e√Ľt eu h√Ęte de retourner en Catalogne pour se trouver √† temps au couronnement du roi. Il sortit donc du Grau de Narbonne avec tous les b√Ętiments qu'il avait pris et fit route pour Barcelonne. Mais laissons ici l'amiral En Roger de Loria (Chronique de Ramon de Montaner, CLII) (Jean Alexandre C. Buchon, Choix de chroniques et m√©moires sur l'histoire, Tome 3, 1841 - books.google.fr).

 

Les hommes de ce temps semblent avoir vu la main de Dieu dans les calamit√©s et les catastrophes, mais √©tant donn√© la nature de nos sources l'enlumineur les montre rarement, ou jamais comme pour les disettes et les famines qui concernent peu le public des chroniques. Par contre, la destruction d'un ou plusieurs ponts par les eaux est volontiers repr√©sent√©e par les miniaturistes, car le pont est un √©l√©ment vital qui prouve la puissance financi√®re et commerciale d'une ville, comme ses murailles sont le symbole de sa force et de sa richesse. Ainsi l'effondrement de deux ponts de Paris en 1286 est un signe du m√©contentement et de la col√®re de Dieu qui s'inscrit parmi d'autres calamit√©s dues √† la folie des hommes : la trahison de Pierre de la Broce, conseiller de Philippe¬† III, supplici√© sur le m√™me folio et le massacre des Fran√ßais √† Bruges qui est en vis-√†-vis. L'eau est ici symbole de mort. D'ailleurs l'enlumineur rappelle le r√īle meurtrier des flots d√©cha√ģn√©s lors du naufrage des Anglais de Jean d'Arondel. Le ch√Ętiment divin para√ģt grave car les noy√©s meurent en √©tat de p√©ch√© mortel (Christiane Raynaud, La violence au Moyen Age: XIIIe-XVe si√®cle : d'apr√®s les livres d'histoire en fran√ßais, 1990 - books.google.fr).

 

"mille... embleront" : ambler ?

 

Le verbe "ambler" vient du latin "ambulare", marcher, qui, en Gaule, concernait les chevaux (marcher à l'amble) (Dictionnaire étymoligque, Larousse, 1969).

 

"mil mille" pourrait √™tre une distance plut√īt qu'un nombre de personnes dont le pids aurait fait c√©der le pont.

 

Le "millier" signifie aussi "mille livres pesant" (Dictionnaire de l'Académie française, Tome 1, 1841 - books.google.fr).

 

Cf. la "resistance" du pont due peut-être à une surcharge.

 

L'Ospedale di Altopascio (Lucca), lungo la via Francigena, fu fondato intorno alla fine del Mille e divenne uno dei punti principali di raccordo lungo la via che portava i pellegrini a Roma (Nuova rivista storica, Volume 95 ,Numéro 1, Società editrice Dante Alighieri di Albrighi, Segati, 2011 - books.google.fr).

 

Le chemin de Saint-Jacques rejoignait par la via tolosana la via francigena italienne dans le trajet Saint-Gilles/Vercelli qui menait √† Plaisance, Lucca, Sienne et Rome (Manuel Antonio Castineiras Gonzalez, Topographie sacr√©e, liturgie pascale et reliques dans les grands centres de p√®lerinage : Saint-Jacques-de-Compostelle, Saint-Isidore-de-Le√≥n et Saint-√Čtienne-de-Ribas-de-Sil, Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, 2003 - books.google.fr).

 

C'est √† l'Autrichien Julius Jung que revient sans conteste le m√©rite de l'¬ę invention ¬Ľ de la via francigena pour la recherche moderne. Au cours de ses recherches sur l'Italie centrale et l'√©poque lombarde, il a d√©couvert dans des √©ditions de sources anglaises un itin√©raire datant de 990. Il a publi√© en 1904 un article √† ce sujet, ¬ęL'itin√©raire de l'archev√™que Sigeric de Cantorb√©ry et la route de Rome √† Lucques par Sienne¬Ľ. Comme l'indique d√©j√† le titre, la description du trajet correspondait au retour du dignitaire anglo-saxon de Rome, o√Ļ il √©tait all√© recevoir le pallium. L'itin√©raire consistait en une liste introduite par le titre Iste sunt submansiones de Roma usque ad mare et comportant les noms de 79 lieux dans lesquels l'archev√™que avait pass√© la nuit au cours de son voyage. A la suite d'une mention siennoise de 1216, Jung d√©signa cette portion de route viafrancesca.

 

Dans les ann√©es 20 et 30, deux historiens locaux siennois ont repris ce sujet, et ce sont leurs travaux qui ont donn√© au trajet son nom d√©finitif - en partie justifi√© comme - de via francigena. Chez le premier des deux, Mattone-Vezzi, la nomenclature de la route √©tait encore changeante : le titre de l'article - dans lequel il pr√©sentait deux t√©moignages du XIe si√®cle d√©signant la route comme strata romea et lui ayant permis d'en pr√©ciser le trajet en deux points - √©tait en effet ¬ęLa portion de la route romaine ou franque dans le Val d'Eisa¬Ľ. Le second auteur, Venerosi-Pesciolini, s'est quant √† lui attach√© au nom de via francigena, a trouv√© d'autres indications sur la route et lui a ensuite consacr√© un opuscule intitul√© ¬ęLa route franque dans le contado de Sienne aux XIIIe-XIVe si√®cles¬Ľ

 

Cette √©tude de Venerosi-Pesciolini parue en 1933 a conf√©r√© pour la premi√®re fois la densit√© du r√©el √† une route connue jusqu'alors seulement par une liste d'√©tapes et quelques informations √©parses. Le chercheur siennois a attir√© l'attention sur d'autres trajets confirmant l'existence de la route, comme celui de l'abb√© islandais Nikul√Ęs de Munkathver√Ę en 11547, celui de l'abb√© Adalbert de Stade au milieu du XIIIe si√®cle, et encore deux autres descriptions de chemins, qu'il a tous ensemble utilis√©s pour reconstituer le tron√ßon siennois de la route.

 

L'int√©r√™t de la recherche, qui √©tait jusqu'alors enti√®rement concentr√© sur le tron√ßon toscan, a √©t√© pour la premi√®re fois √©largi √† tout le trajet de la route par le chercheur am√©ricain Francis Peabody Magoun, dans les ann√©es 40. Magoun a publi√© trois articles les uns √† la suite des autres, dans lesquels il identifiait les 79 √©tapes de l'itin√©raire de Sigeric et les 88 √©tapes du voyage que l'abb√© islandais Nikul√Ęs avait effectu√© en 1154 √† travers le Danemark, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie. En 1950, Otto Springer a signal√© un itin√©raire islandais du d√©but du XIVe si√®cle, figurant dans ce qu'on appelle le Hauksb√īk et d√©crivant le chemin de la Norv√®ge √† Rome en passant par le Danemark, l'Allemagne et le Brenner. En 1957, Albert d'Haenens a √©tudi√© un cinqui√®me itin√©raire, figurant dans les textes de l'abb√© de Saint-Martin de Tournai, Gilles li Muisis, qui √©tait all√© √† Rome √† la suite de la proclamation de l'ann√©e sainte de 1300. Enfin, il nous faut encore √©voquer ici Yves Renouard, qui avait d√©crit dans les ann√©es 60 le chemin de Rome √† partir de la France sur la base de deux autres relations de voyage : celui de l'archev√™que de Rouen Eudes Rigaud, en 1254, et celui du marchand Barth√©l√©my Bonis de Montauban √† l'occasion de la deuxi√®me ann√©e sainte en 1350. [...]

 

Les itin√©raires de p√®lerins ne signalent pas seulement une succession de lieux qui s'ordonnent ainsi en une route et font appara√ģtre des grandes liaisons m√©di√©vales, mais ils apportent encore bien d'autres informations. L'itin√©raire de Sigeric de Cantorb√©ry, le plus ancien relev√© d'√©tapes, au sens propre du terme, du Moyen Age, a √©t√© √©tabli lors d'un voyage √† Rome. La particularit√© de cet itin√©raire, qui n'enregistre pas le trajet de Cantorb√©ry √† Rome mais celui du retour - en fait de Rome jusqu'aux c√ītes de la Manche -, semble indiquer que l'archev√™que nouvellement √©lu voulait fixer une fois pour toutes la succession exacte des √©tapes de ce chemin que ses pr√©d√©cesseurs avaient d√©j√† suivi et que ses successeurs emprunteraient encore. Les 78 lieux que la liste note sommairement ne correspondent pas au premier chef aux principales agglom√©rations que le m√©tropolite de Cantorb√©ry avait rencontr√©es sur sa route, mais aux submansiones, c'est-√†-dire les endroits o√Ļ il a pass√© la nuit. Outre la description du chemin de Rome et l'indication de ce que le trajet demande 79 jours, l'itin√©raire √©tait √©galement un guide de voyage pour les principales √©glises de Rome que chaque p√®lerin voulait avoir vues. Avant la description du chemin de retour, il proposait ainsi un circuit raffin√© de visite en deux jours, le premier menant de Saint-Pierre au nord de la ville et √† l'ext√©rieur, o√Ļ l'on suivait le pourtour de la ville le long de l'enceinte d'Aur√©lien, et le second conduisant le visiteur aux principales √©glises intra-muros.

 

L'itin√©raire de Munkathver√Ę est lui aussi plus qu'un simple guide routier. Il est aussi un petit journal de voyage o√Ļ sont consign√©es de courtes annotations pouvant √™tre d'un quelconque int√©r√™t, voire m√™me utiles, √† un voyageur prochain. L'abb√© fait ainsi noter par exemple que le dialecte change entre Verden et Minden, qu'√† B√Ęle on quitte le Rhin - que le voyageur avait suivi sur plus de 300 km depuis Mayence -, qu'√† Vevey, au bord du Lac L√©man, se rejoignent les chemins des p√®lerins venant du Nord et du Sud de la France, mais aussi d'Angleterre et des Flandres, que l'on peut rencontrer de la neige m√™me en juillet au Col du Grand Saint-Bernard, que le P√ī doit √™tre franchi entre Pavie et Plaisance, que l'h√īpital d'Altopascio doit accueillir tout voyageur, que les femmes de Sienne seraient particuli√®rement belles et bien d'autres choses encore (Thomas Szabo, Routes de p√®lerinages, routes commerciales et itin√©raires en Italie centrale. In: Actes des congr√®s de la Soci√©t√© des historiens m√©di√©vistes de l'enseignement sup√©rieur public, 26e congr√®s, Aubazine, 1996. Voyages et voyageurs au Moyen Age - www.persee.fr).

 

Sigerico racconto tappa per tappa del suo viaggio, però, ha permesso di ricostruire l'itinerario della via Francigena, un percorso lungo mille miglia (1600 chilometri) che traversava l'Europa medievale da Canterbury a Roma toccando Arras e Reims, Besançon e Losanna, Aosta e Parma, Lucca e Siena (Stefano Ardito, Cammini e sentieri nascosti d'Italia da percorrere almeno una volta nella vita, 2017 - books.google.fr).

 

Acrostiche : APPE

 

Dans ¬ę Appe ¬Ľ on pourrait reconna√ģtre un Appia, tel qu'on en trouve sur des inscriptions √† Rome du Ier si√®cle, pour Apphia. Il ne faut pas confondre la transcription latine des noms de racine grecque "apph" (en rapport avec "p√®re") et la transcription grecque du nom latin Appius et de ses d√©riv√©s (G. Purnelle, Les usages des graveurs dans la notation d'upsilon et des phon√®mes aspir√©s: le cas des anthroponymes grecs dans les inscriptions latines de Rome, 1995 - books.google.fr).

 

Cependant "au Moyen √āge, la voie Appia √©tait surnomm√©e la Francigena del Sud - c'est parfois encore le cas aujourd'hui -, car, une fois arriv√©s √† Rome, les p√®lerins, puis les crois√©s, l'empruntaient pour se rendre √† J√©rusalem par le port de Brindisi" (Jacques de Saint Victor, Via Appia, 2016 - books.google.fr).

 

En qualité de roi des Lombards et de patrice de Rome, Charlemagne gouvernait la plus grande partie de l'Italie, formant, depuis les Alpes jusqu'aux frontières de la Calabre, une étendue de mille milles (Edward Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, Tome 9, traduit par François Pierre G. Guizot, 1828 - books.google.fr).

 

Comme dit Lao Tzu, philosophe chinois : ¬ęun voyage de mille lieues commence toujours par le premier pas¬Ľ (www.viefrancigene.org).

 

Typologie

 

Le report de 2046 sur la date pivot 1503 donne 960.

 

Au d√©clin de la seconde race des rois de France et au commencement de la troisi√®me race, l'√Čtat tomba dans une sorte d'anarchie, les grands s'√©rig√®rent en souverains occup√©s √† se faire la guerre les uns aux autres ; puis survinrent les invasions des Sarrasins, et il n'y eut plus de s√Ľret√© pour les voyageurs, surtout au passage des rivi√®res. Gomme les ponts √©taient rares et la surveillance nulle, les bateliers purent exercer leur brigandage sur la plus large √©chelle. L'Italie et le reste de l'Europe n'√©taient pas dans une situation moins d√©plorable. [‚Ķ]

 

Les Sarrasins avaient le centre de leurs forces en Provence, et les Hongrois arrivant par l'Alsace et la Franche-Comt√©, il est √† croire que cette rencontre eut lieu en Savoie. M√©nabr√©a pense que ce fut pr√®s de Montm√©lian et que Conrad √©tait post√© dans les Bauges. Une ancienne tradition la place en Maurienne, dans la plaine d'Aiton. Ce fut le premier coup port√© √† la puissance des Sarrasins dans nos contr√©es et ils ne s'en relev√®rent pas. En 960, ils furent chass√©s du Mont-Saint-Bernard. En 965, Isarn, √©v√©que de Grenoble, ayant fait appel aux nobles, aux guerriers et aux paysans de son dioc√®se, refoula ces barbares vers Saint-Jean de Maurienne et Suse. L'arrestation de saint Mayeul au pont d'Orci√®res, entre Embrun et Gap (972), excita l'indignation g√©n√©rale; car il √©tait √©galement v√©n√©r√© des peuples et des rois. Pour le tirer, lui et ses compagnons, des mains des Arabes, il fallut payer une ran√ßon de mille livres d'argent. Le monast√®re de Cluny, dont il √©tait abb√©, ne put r√©unir une pareille somme l qu'en vendant les ornements de l'√©glise et en recourant √† la g√©n√©rosit√© des personnes pieuses. De toutes parts on courut aux armes : Guillaume, comte de Provence, fut mis par le roi Conrad √† la t√®te de l'exp√©dition. G√©n√©ral aussi vaillant que pieux, il expulsa les Sarrasins du Dauphin√© et de la Provence et enfin s'empara, en 975, de la forteresse de Fraissinet. [...]

 

Alors, des hommes pieux se r√©unirent en corporations religieuses, et s'engag√®rent par vŇďu √† se tenir toujours en √©tat, pour le service des voyageurs, sur les grandes routes et particuli√®rement au bord des rivi√®res, tant pour leur faciliter le passage par le moyen des ponts, des chauss√©es et des bacs, que pour les d√©fendre contre toute sorte d'insultes et leur donner m√™me le couvert dans les h√īpitaux. Le peuple les appela Fr√®res Pontifes ou faiseurs de ponts; Rome pa√Įenne avait d√©j√† donn√© ce titre aux chefs du culte qui, sous le r√®gne d'Ancus Marcius, construisirent le pont Sublicius. C'est ainsi que, vers le commencement du XIe si√®cle, douze nobles Florentins, renon√ßant √† leurs richesses et √† l'√©l√©vation de leur rang, se vou√®rent, pour l'amour de Dieu, au service des voyageurs sur un pont et dans un hospice qu'ils avaient b√Ętis eux-m√™mes pr√®s de San Miniato, entre les confins de Lucques et les confins de Florence. Leur Ňďuvre prit le nom de Saint-Jacques du Haut-Pas (de alto passo ou de alto pascio), √† cause de l'√©l√©vation du lieu o√Ļ ils s'√©taient √©tablis... (Abb√© Truchet, Histoire hagiologique du dioc√®se de Maurienne, 1867 - archive.org).

 

L‚Äėitin√©raire de Sig√©ric √† l‚Äôorigine de la Via Francigena passe par le Grand Saint Bernard (Joseph B√©dier, Les chansons de geste et les routes d'Italie (1er article). In: Romania, tome 36 n¬į142, 1907 - www.persee.fr).

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