Théodose l’Ancien

Théodose l’Ancien

 

VIII, 50

 

2066-2067

 

La pestilence l'entour de Capadille

Une autre faim près de Sagon s'apreste

Le chevalier bastard de bon senille

Au grand de Thunes fera tracher la teste.

 

Chemin de Compostelle

 

Capadille : Cueza

Sagon : Sahagun

 

Ces étapes du chemin de Compostelle de Burgos à Léon sont issus de la Nouvelle Guide des Chemins édité  par Nicolas Bonfons en 1583 (Xavier de Bonnault d'Houët, Pèlerinage d'un paysan picard à Saint Jacques de Compostelle au commencement du XVIIIe s., 1890 - www.google.fr/books/edition).

 

Carthage

 

On sait que le mot Afrique avait, sur le plan administratif, une extension très variable. La Province d'Afrique n'était que la Proconsulaire. Mais le diocèse d'Afrique  dirigé par le vicaire, comprenait les cinq provinces de Tripolitaine, Byzacène, Numidie, Maurétanie Sitifienne et Maurétanie Césarienne. Dans le domaine militaire, les choses semblent encore plus complexes. L'histoire du comte Romanus dans les années 363-373 nous montre qu'à l'époque le comes Africae avait autorité sur une zone immense, de la Tripolitaine à la Maurétanie Césarienne. On voit en effet les habitants de Lepcis Magna l'appeler à l'aide au moment de la première attaque des Austuriani. Moins de dix ans plus tard, il est évident qu'il est intervenu aussi en Mauretanie Césarienne puisque Sammac était son protégé et que Firmus se plaignit d'avoir été maltraité par lui. Gildon a-t-il disposé des des mêmes pouvoirs ? La Notitia Dignitatum), dont le chapitre sur le comte d'Afrique est daté par É. Demougeot d'entre 401 et 409, semble témoigner d'une réduction des compétences de ce personnage. Elle met en effet sur un strict pied d'égalité le comte d'Afrique et deux nouveaux officiers, le Dux et praeses Provinciae Mauritaniae (Caesariensis) et le Dux Provinciae Tripolitanae. Tous trois sont vir spectabilis, et tous trois ont un officium rigoureusement identique, avec un représentant du magister militum praesentalis des pedites, en alternance avec un représentant du magister militum praesentalis des equites : ce dernier point suggère que chacun commandait à la fois des fantassins et des cavaliers (Yves Modéran, Gildon, les Maures et l'Afrique, MEFRA, Volume 101, Partie 2, 1989 - books.google.fr).

 

Depuis la mort de Julien, l'Afrique était souvent dévastée par les incursions des Maures. A ce fléau s'ajoutait alors la cupidité du comte Romanus, plus désireux de s'enrichir que de défendre le pays qu'il administrait. Les Austuriens ravageaient la Tripolitaine, mettaient Leptis à feu et à sang, sans être inquiétés par le comte. Celui-ci avait refusé aux Leptitains un secours qu'ils n'avaient pas pu lui payer assez cher. Il fut soutenu d'abord, auprès de Valentinien, par le maître des offices, Remigius, son parent, qui cacha la vérité à l'empereur, ou dénatura les rapports transmis par les Africains ; puis on corrompit et on intimida le tribun Palladius chargé d'une enquête, laquelle tourna contre le gouverneur de la Tripolitaine, Ruricius. Ce dernier fut mis à mort à Sitifis, sous le faux prétexte d'avoir transmis à l'empereur des plaintes sans fondement (370). Vers le même temps éclatait la révolte de Firmus, fils de Nubel, chef redouté d'une tribu des Maures. Ayant fait mourir son frère Zamma, cher au comte d'Afrique, Firmus encourut la colère de ce dernier. Comme il désespérait de se justifier auprès de l'empereur et craignait pour ses jours, il se révolta ouvertement et se mit à ravager le pays après avoir été proclamé empereur, selon Zozime, par ses compatriotes, heureux de de secouer le joug des fonctionnaires romains. Valentinien envoya contre lui Théodose, maître de la cavalerie, qui débarqua inopinément à Igilgilis (Djidjelli). A peine arrivé, il fit arrêter Vincentius, lieutenant et complice de Romanus ; il dépêcha celui-ci à Césarée pour une mission militaire qui fut de courte durée ; car, ses supercheries ayant été dévoilées, il fut appelé auprès de l'empereur pour  rendre compte de ses crimes. Quant à Firmus, après avoir été difficilement poursuivi dans un pays hérissé de montagnes et de citadelles, n'ayant plus de confiance dans la tribu à laquelle il avait commis son salut, il évita le glaive de Théodose en se donnant la mort (F. Ferrère, La situation religieuse de l'Afrique romaine depuis la fin du IVe siècle jusqu'à l'invasion des Vandales (429), 1897 - books.google.fr).

 

"décapité"

 

Théodose l'Ancien est exécuté à Carthage au début de l'année 376 pour des raisons inconnues. Cette exécution est peut-être le résultat d'une lutte de pouvoir en Italie après la mort soudaine de l'empereur Valentinien Ier en novembre 375 (fr.wikipedia.org - Théodose l'Ancien).

 

La nouvelle du massacre de Tigavia reprimant la rebellion, parvint à Trèves, grossie encore par l'exagération des récits les plus malveillants pour le comte Théodose. Le conseil impérial expédia l'ordre de décapiter le vainqueur de l'Afrique. L'exécution eut lieu sur la place publique de Carthage, en présence des légions qui assistèrent, l'arme au bras, au supplice du rude mais fidèle général auquel elles devaient leur triomphe. Le comte Théodose n'était encore que catéchumène. Il implora la faveur de recevoir le baptême, demanda à Dieu pardon de ses péchés et mourut en héros, léguant le soin de venger sa mémoire à son fils, le jeune Théodose, lequel recueillit les restes sanglants de son père et les rapporta pieusement sur le sol natal de l'Espagne. Il se tint ensuite à l'écart, pleurant sur les malheurs de sa famille, méditant dans sa disgrâce sur la vanité de la gloire et sur le néant des grandeurs humaines (Joseph-Épiphane Darras, Histoire générale de l'Eglise depuis la création jusqu'à nos jours, Tome 10, 1867 - books.google.fr).

 

On pense aussi à saint Cyprien, évêque de Carthage, qui fut décapité en 258 alors qu’un chevalier perfectissime Marcus Cornelius Octavianus exerçait la fonction de dux per Africam Numidiam Mauretaniamque (Houcine Jaïdi, Le patronat des cités dans les provinces romaines d'Afirque, Être notable au Maghreb, Dynamique des configurations notabiliaires, 2006 - www.google.fr/books/edition).

 

Théodose espagnol

 

La famille de Théodose était espagnole comme celle de Trajan et d'Adrien. Théodose était né en 347 à Cauca de Galice (Coca près de Ségovie). Il possédait dans ce pays de grands biens. Le nom de son père prouve que la famille était depuis assez longtemps chrétienne. On ne sait rien de sa mère, de son oncle Eucherius, qu'il fit consul en 381. Il s'est formé près de son père, qui l'a emmené en Bretagne. Duc de Mésie Première, il s'est distingué en 374 contre les Sarmates. Après la catastrophe de son père, il s'est retiré en Espagne. C'est alors qu'il a épousé, vers 376, la très belle Aelia Flaccilla ; de cette union un fils naquit, vers 377, avant l'avènement. Théodose menait à Cauca la vie d'un grand propriétaire, quand Gratien le manda près de lui. Qui a suggéré son nom ? Antonius est le père de Flaccilla ; or, c'est lui qui devient préfet du prétoire à la place de Maximin en mai 376 ; il sera consul en 382 ; il est permis de penser qu'il n'a pas été étranger au choix fait par Gratien (André Piganiol, André Chastagnol, L'empire chrétien (325-395), 1972 - books.google.fr).

 

Je cite seulement le témoignage contemporain d'Idatius, lui aussi originaire de la Galice : Theodosius natione Hispanus, de provincia Gallaecia, civitate Cauca. On sait que la Galice avait, au IVe siècle, des limites beaucoup plus étendues que la province proprement dite de ce nom. Elle était limitée au sud par le cours du Duero (Dom M. Férotin, Le véritable auteur de la Peregrinatio Silviae, La vierge espagnole Ethéria, Revue des questions historiques, 1903  - www.google.fr/books/edition).

 

"bastard"

 

Une des étymologies de "bâtard" réfère à bas : de basse extraction, de basse condition (Dictionnaire universel Francois et Latin, Dictionnaire Trevoux, Tome 1, 1752 - www.google.fr/books/edition).

 

Officier supérieur de l'armée, Romanus était devenu sénateur par l'accès au poste de comte d'Afrique, mais il y était entré par la filière militaire et devait être considéré comme un parvenu par les membres de l'aristocratie sénatoriale italienne (Claude Briand-Ponsart, Christophe Hugoniot, L'Afrique romaine, De l'Atlantique à la Tripolitaine - 146 av. J.-C. - 533 ap.J.-C., 2005 - www.google.fr/books/edition).

 

Le bâtard Sammac et son vieux père

 

Le cas le plus exemplaire, qui nous est assez bien connu parce qu'il faillit transformer les conditions politiques de l'Afrique romaine, est celui de la famille de Nubel. Flavius Nubel bâtit à ses frais une église dédiée à la Sainte Croix à Rusguniae. Ce Flavius Nubel ex praepositus equitum armigerorum juniorum est fils de Saturninus vir perfectissimus, ex comitibus. La basilique fut dédiée par Nuvel, sa femme Monnica et tous les siens. Voilà donc un commandant d'un corps de cavalerie mentionné par la Notitia dignitatum, fils d'un chevalier romain dont la famille avait acquis la citoyenneté romaine depuis au moins trois générations et qui porte, contrairement à son père, un nom africain : Nubel. On s'est posé la question de savoir si ce Nubel était bien le même personnage que le père de Firmus, celui dont Ammien Marcellin dit qu'il était aussi puissant qu'un roi, «velut regulus per nationes mauricas potentissimus». La rareté du nom de Nubel, la contemporanéité des deux personnages qui le porteraient, la proximité de Rusguniae et du château de Nubel, père de Firmus, situé au col des Beni Aïcha à Souma, près de Thénia (ex-Ménerville), militent en faveur de l'identification des deux Nubel en une même personne. On sait que Sammac, frère de Firmus, possédait à l'autre extrémité de la Kabylie, le château de Petra dont on a retrouvé la belle dédicace portant en acrostiche le nom du prince. Un autre frère de Firmus, Mazuca, possédait, dans la vallée du Chélif, un fundus qui portait son nom. C'est de la que les troupes des rebelles partirent pour surprendre et incendier Caesarea (Histoire et archéologie de l'Afrique du Nord: actes du IIe Colloque international réuni dans le cadre du 108e Congrès national des Sociétés savantes (Grenoble, 5-9 avril 1983), 1985 - books.google.fr).

 

L'inscription de Sainte Croix était connue par M. Renaudot, ancien officier de la garde du consulat de France à Alger, au commencement du XIXe siècle (Journal La Croix, 4 novembre 1932 - gallica.bnf.fr, M. Renaudot, Gemälde von Algier, Aus dem Französischen, 1830 - books.google.fr).

 

Dans le passage d'Ammien Marcellin : "legitimos et natos e concubinis reliquit filios, e quibus Zammac", la construction de la phrase ne parait pas indifférente. E quibus se rapporte non à tous les filii, mais aux nali e concubinis : Sammac est un bâtard, qui n'a aucun droit à l'héritage paternel. Du coup, désireux de compenser le handicap de sa naissance , il se met sous la protection du Comte Romanus ; Sammac peut alors se tailler impunément un domaine, en soumettant des tribus qui, d'après lui, étaient jusque là engagées dans des conflits. Or ces tribus se rallieront par la suite sans combat à deux de ses frères, Mascizel et Dion, fidèles de Firmus. Si l'on rapproche de ce contraste l'affirmation d'Ammien selon lequel Sammac avait créé des troubles de son vivant - excitavit discordias el bella -, on peut se demander si le chef maure ne se vantait pas avec le plus parfait cynisme d'avoir arrêté des guerres que sa propre usurpation avait provoquées : les Tydenses, les Masinissenses ne lui reconnaissaient pas une légitimité détenue, en fait, par Firmus. L'opposition entre Sammac et Firmus a déchiré durablement la famille de Nubel (Denis Lengrand, L'inscription de Petra et la révolte de Firmus, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques: Afrique du nord, Volume 22, 1987  - books.google.fr).

 

La citation d'Ammien sur Nubel commence par "Nubel uelut regulus per nationes Mauricas potentissimus uita digrediens" (s'écartant de la vie) : on peut envisager qu'il était âgé.

 

Fidèle à l'ambitieuse politique familiale du vieux Nubel, Firmus tenta certainement d'accroître encore le pouvoir de cette «dynastie», dont il était l'aîné, en intégrant à sa principauté les populations maurétaniennes dans leur ensemble (François Decret, Mhamed Fantar, L'Afrique du Nord dans l'antiquité: histoire et civilisation, des origines au Ve siècle, 1981 - books.google.fr).

 

Famine

 

Selon saint Augustin, Virius Nichomachus Flavianus, un des interlocuteurs des Saturnales de Macrobe et ardent défenseur de la tradition païenne, se fit l'écho d'un oracle qui annonçait la fin du christianisme lorsqu'auraient passé autant d'années qu'il y a de jours dans une année, ce qui à partir de la passion du Christ désignait les années 390; une prédiction d'autant plus perfide que les chrétiens attendaient avec angoisse le déclin du monde. La mort de Gratien, assassiné par les sicaires de Maxime, et la grave famine qui désola l'année 383, l'Italie, la Gaule et l'Espagne furent dénoncés comme illustrant la vengeance des dieux. La religion nouvelle était la cause des maux de Rome. Il fallait renouer avec la tradition même si certains n'hésitaient pas à cumuler les dévotions dans un syncrétisme riche d'influences. Tel Vettius Agorius Praetextatus, autre protagoniste des Saturnales qui saluent en lui le «chorège de tous les cultes», sacrorum omnium praesul (Revue historique de droit français et étranger, Volume 77, 1999 - books.google.fr).

 

L'usurpation de Maxime (383-388) n'a pas laissé de souvenir sur les milliaires galiciens ; l'inscription de Siresa dans les Pyrénées semblerait bien indiquer que Maxime était originaire de la province de Tarraconaise. Plusieurs trésors de province de Galice contiennent des monnaies de Maxime : trésors de Gondomar (Porto), Gondiães (Braga), Palmeira (Braga), Aboim das Choças (Viana do Castelo), Sarandon (La Corogne) (Alain Tranoy, La Galice romaine: recherches sur le nord-ouest de la péninsule Ibérique dans l'Antiquité, 1981 - books.google.fr).

 

La crise politique engendrée par l'usurpation de Maxime était en cours de règlement. L'empereur Théodose marche contre lui et remporte à plusieurs reprises des victoires avant de le vaincre définitivement à Aquilée en août 388 (Catherine Salles, Saint Augustin, un destin africain, 2009 - books.google.fr).

 

En 388, Théodose défit le tyran Maxime, lui fit trancher la tête et rétablit Valentinien II. La tête de Maxime fut portée à travers les provinces et finalement exposée à Carthage (André Piganiol, L'empire chrétien (325-395), 1947 - books.google.fr).

 

"pestilence"

 

Priscillien, mort à Trèves en 385, est un évêque d'Ávila et le premier chrétien condamné à mort et exécuté par une autorité chrétienne pour hérésie. Sa doctrine, le priscillianisme, est l'une des premières hérésies condamnées par la jeune Église de Rome. Certains la rapprochent de celle des pauliciens.

 

Priscillien est condamné une première fois au concile de Saragosse, le 4 octobre 3801. Deux évêques, Ithace, évêque d’Ossonuba, et Hydace, évêque de Mérida, en émettant une suite d'accusations au caractère sans doute en partie calomnieux (magie noire, débauches...), demandent à l’empereur Gratien de sévir, ce qui constitue une première intervention du pouvoir séculier dans les affaires de l’Église. Priscillien et ses disciples sont exilés ; ils se rendent à Rome pour obtenir une grâce du pape Damase Ier, qui la refuse. Un fonctionnaire impérial les dispense de leur exil par un rescrit. Priscillien revient triomphalement en Espagne fin 382. Finalement Priscillien est exécuté en 385 à Trêves capitale de Maxime (fr.wikipedia.org - Priscillien).

 

Saint Jérôme, écrivant en 392 (Commentaire sur Isaïe), qualifiait le priscillianisme de "peste & contagion" (Louis Sébastien Le Nain de Tillemont, Memoires pour servir a l'histoire ecclesiastique des six premiers siecles, Tome 8, 1702 - books.google.fr).

 

Saint Jacques et les Maures

 

On invoqua, pour exterminer les Maures, la protection de saint Jacques de Compostelle, le grand matamoros, le tueur de Maures. On salua Ferdinand et Isabelle, qui achevèrent la grande lutte, du titre presque triomphal de catholiques (Romolo Federici, Les lois du progrès, Tome 1, 1888 - books.google.fr).

 

Les Maures désignent à l'origine et durant l'Antiquité les populations berbères d'Afrique du Nord, tout particulièrement celles vivant le plus à l'ouest. Ils ne furent clairement distingués des Numides que lorsque les Romains eurent connaissance de l'existence de royaumes berbères à l'extrême-ouest. Peuples vivant dans les deux provinces de Maurétanie sous l'Empire romain, la Maurétanie Tingitane et la Maurétanie Césarienne. Pline l'Ancien écrit que, parmi les tribus de Maurétanie Tingitane, la plus célèbre était jadis celle des Mauri.

 

Après la conquête musulmane du Maghreb, au VIIIe siècle les armées du califat omeyyade, sous le commandement du général Tariq ibn Ziyad, conquièrent la péninsule Ibérique, sous le nom d'Al-Andalus. C'est le début de l'Ibérie musulmane. À partir de cette époque, le terme «maure» va désigner les «musulmans», plus particulièrement ceux vivant en Al-Andalus, qu'ils soient d'origine berbère ou non. Ces populations s'installeront essentiellement en Tunisie, au Maroc et en Algérie après l'expulsion de tous les musulmans ordonnée par la monarchie catholique espagnole au XVIe siècle, à la suite de la Reconquista (fr.wikipedia.org - Maures).

 

Typologie

 

Le report de 2067 sur la date pivot 383 donne -1301.

 

Epoque du règne d'Eurysthée, et d'Hercule (Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'hist. univers., sacrée et proph., ecclésiast. et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1762, 1763 - books.google.fr).

 

On pense au Jardin des Hespérides, à Géryon : Espagne et Afrique du Nord (Michel Udiany, L'histoire des mondes imaginaires, De la Tour de Babel à l'Atlantide, 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

Un passage d'Ammien Marcellin (Histoire XV, 9) fait mention des aventures d'Hercule en Espagne et en Gaule. L'historien parle de deux tyrans cruels qui furent mis à mort par le héros; l'un se nommait Géryon, et il désolait l'Espagne; l'autre portait le nom de Tauriscus, et faisait peser sa tyrannie sur les Gaules (Un dieu à trois tête, Bulletin monumental, Volume 42, 1876 - books.google.fr).

 

Sur la coupe de Canino, aujourd'hui à la Pinacothèque de Munich, les dessinateurs Chachrylion et Euphronius retracèrent l'un des plus curieux travaux d'Hercule, celui dans lequel le justicier légendaire dépouille Géryon de ses troupeaux de génisses à robe fauve. Ils rappellent par un palmier le souvenir des fondateurs de la ville de Gadès (Gabbia) (Oswald comte de Kerchove de Denterghem, Les palmiers, 1878 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LULA, lula(v)

 

Souccot est l'une des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Torah, au cours de laquelle on célèbre dans la joie l'assistance divine reçue par les enfants d'Israël lors de l'Exode et la récolte qui marque la fin du cycle agricole annuel.

 

Il est prescrit dans la Torah de prendre le premier jour de Souccot quatre espèces, «du fruit de l'arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l'arbre-avoth et des saules de rivière», ce que la tradition rabbinique a interprété comme une injonction à réaliser des processions en transportant ces espèces, qu'elle identifie respectivement à l’etrog (cédrat), au loulav (palme de dattier), au hadass (branche de myrte), et à l’arava (branche de saule), vers le Temple de Jérusalem (actuellement, vers la synagogue). Cette prescription est appelée netilat loulav («port du loulav») car le loulav est l’espèce la plus voyante et désigne donc les quatre espèces dans leur ensemble (fr.wikipedia.org - Souccot).

 

Le palmier croit sur le sol de la Péninsule hispanique depuis un temps immémorial. On le trouve aujourd'hui dans l'Espagne méridionale et dans le Portugal. Si l'espèce (le palmier Phoenix), qui est la même que celle de l'Afrique septentrionale, n'est point indigène, on peut faire remonter da moins jusqu'au temps de la domination des Carthaginois en Espagne l'introduction de cet arbre dans la Bétique. Ainsi le palmier devait y prospérer à l'époque des colonies et des établissements grecs. Toutefois, ce n'est qu'à dater de la conquête romaine que nous avons des données positives sur l'existence du palmier dans l'Ibérie et notamment dans la Bétique. Avant la bataille de Munda, César ayant fait couper le bois nécessaire à la construction des baraques de son camp, parmi les autres arbres on trouva un palmier, que le dictateur ordonna de conserver comme un présage de la victoire. (Sueton. in August. XCIV, 19. Cf. Dion. Cass. XLIII, 41.) Il est probable que les Romains auraient rencontré un plus grand nombre de palmiers, si le jeune Pompée, pour assurer la défense de la ville d'Ursao, n'avait pas fait couper et transporter dans la place tout le bois des environs (Cæsar, de Bello Hispan., 41) (Jean Joseph Antoine Marie de Witte, Étude du mythe de Géryon, 1841 - books.google.fr).

 

Quand, à l'âge de vingt-cinq ans, Jean de Lycopolis était venu pour la première fois au désert, où il resta 60 ans, il s'était mis sous la direction d'un ancien anachorète, qui soumit son jeune disciple à une série d'épreuves capables de décourager la foi la plus robuste. Ainsi le vieillard planta un bâton dans le sable et commanda à Jean de venir deux fois par jour arroser ce morceau de bois sec. Durant une année entière, cet ordre en apparence si déraisonnable fut ponctuellement exécuté. L'obéissance du disciple fut récompensée par un miracle; le rameau prit sève, refleurit et devint un palmier vigoureux (Cassien, Insitutions). Théodose fit demander à Jean de Lycopolis quel serait le sort de l'expédition contre Maxime. «Allez sans crainte, répondit l'homme de Dieu. La victoire vous est assurée. Il n'y aura presque pas d'effusion de sang; l'Orient reverra Théodose vainqueur.» (Joseph Épiphane Darras, Histoire générale de l'Église depuis la Création jusqu'à nos jours, Tome 10, 1867 - books.google.fr, Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France: formation et fortune, Tome 3, 1999 - books.google.fr).

 

Le palmier ou paumier (cf. pommier), le porteur de palmes, est par définition le pèlerin de Jérusalem, et non le jacquaire. Mais le terme se trouve dans des chansons de geste (Ronsasvals 1746) en lien avec Compostelle et pour référer à Jérusalem et aux martyrs (Valérie Galent-Fasseur, L'Épopée des pèlerins: Motifs eschatologiques et mutations de la chanson de geste, 1997 - books.google.fr).

 

Dans les monuments les plus anciens, saint Jacques est représenté en apôtre ; drapé dans une toge, les pieds nus, portant le rouleau (volumen) de la Nouvelle Loi. Il se présente parfois entre deux troncs d'arbre écotés (Toulouse, Compostelle) ou deux palmiers (Heures du maréchal de Boucicaut) (Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien, Tome 3, Numéro 2, 1958 - books.google.fr).

 

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