Théodose l’Ancien

Théodose l’Ancien

 

VIII, 50

 

2066-2067

 

La pestilence l'entour de Capadille

Une autre faim près de Sagon s'apreste

Le chevalier bastard de bon senille

Au grand de Thunes fera tracher la teste.

 

Chemin de Compostelle

 

Capadille : Cueza entre Carrion et Sahagun

Sagon : Sahagun

 

Ces √©tapes du chemin de Compostelle de Burgos √† L√©on sont issus de la Nouvelle Guide des Chemins √©dit√©¬† par Nicolas Bonfons en 1583 (Xavier de Bonnault d'Hou√ęt, P√®lerinage d'un paysan picard √† Saint Jacques de Compostelle au commencement du XVIIIe s., 1890 - www.google.fr/books/edition).

 

À Cervatos de la Cueza, trois moulins (à trois roues) sont installés sur le Cueza, mais "leur travail est très hasardeux car s'il ne pleut pas beaucoup, ils ne moulent pas, ledit fleuve ne coulant pas les trois-quarts de l'année" (Francis Brumont, Paysans de Vieille-Castille aux XVIe et XVIIe siècles, 1993 - www.google.fr/books/edition).

 

Calzadilla de la Cueza est une localité (municipalité ou canton) de Cervatos de la Cueza dans la comarca (comté ou pays ou arrondissement) de Tierra de Campos, province de Palencia, communauté autonome de Castille-et-León, en Espagne. La localité est située sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Carrión de los Condes, via l'Abadía de Benevívere. La prochaine halte est Ledigos, via les ruines de l'Antiguo Hospital de Santa María de las Tiendas le long de la N-120 (fr.wikipedia.org - Calzadilla de la Cueza).

 

On attribue g√©n√©ralement aux Clunisiens l'organisation du p√®lerinage de Compostelle au temps o√Ļ fut r√©dig√© le Livre de Saint-Jacques. ¬ęLe Liber Sancti Jacobi, vaste recueil d'√©crits destin√©s √† favoriser le p√®lerinage de Compostelle, et qui comprend, entre autres pi√®ces, un Guide des P√®lerins et une relation fabuleuse des guerre de Charlemagne, la Chronique au Pseudo-Turpin, a √©t√© compos√© entre 1140 et 1150, par des moines de Cluny : c'est l'abbaye de Cluny qui organisait les p√®lerinages vers Compostelle ¬Ľ apr√®s avoir ¬ę commenc√© par organiser des entreprises guerri√®res de lib√©ration de la Catalogne et de l'Aragon¬Ľ. C'est ainsi que Joseph B√©dier, a r√©sum√© lui-m√™me dans ses Commentaires sur la Chanson de Roland les id√©es qu'il avait d√©j√† longuement expos√©es sur ce sujet au tome III de ses L√©gendes Epiques, consacr√© presque en entier aux rapports des chansons de gestes avec le p√®lerinage de Compostelle. Et M. Emile M√Ęle a √©crit de m√™me : ¬ęSur les quatre grandes routes de France qui conduisaient les p√®lerins de Saint-Jacques vers les Pyr√©n√©es, il y avait, aux principales √©tapes, des¬Ľ monast√®res de l'ordre de Cluny : Saint-Gilles, Saint-Pierre de Moissac, la Madeleine de V√©zelay, Saint-Jean d'Ang√©ly, Saint-Eutrope de Saintes. Les voyageurs eussent fort bien pu suivre d'autres routes : c'est de propos d√©lib√©r√© que l'auteur du Guide les dirige vers les grandes abbayes affili√©es √† Cluny. De m√™me, en Espagne, les prieur√©s de l'Ordre de Cluny s'√©chelonnaient sur la route de Compostelle : Saint-Jean de la Pena, pr√®s du col de Somport, Sainte-Colombe de Burgos, Saint-Zo√Įle de Carrion, Sahagun. Il n'y a point l√† de hasard. Nous commen√ßons √† entrevoir que ce sont les grands abb√©s d√© Cluny qui ont organis√© d√®s le XIe si√®cle le P√®lerinage de Saint-Jacques. Ils y ont vu le moyen le plus efficace de secourir les Chr√©tiens d'Espagne dans leur √©ternelle croisade contre les Maures.¬Ľ

 

Il n'est pas douteux, en effet, qu'au, XIe si√®cle et encore au d√©but du XIIe, en ces ann√©es qui marqu√®rent l'apog√©e de la puissance clunisienne et du r√īle de la grande abbaye bourguignonne dans l'histoire de la Chr√©tient√©, ¬ęl'Espagne fut sans cesse pr√©sente √† la pens√©e de Cluny¬Ľ et que ¬ęce sont les abb√©s de Cluny qui firent surgir, sur les routes de France et d'Espagne, les prieur√©s clunisiens, lieux d'asile pour les voyageurs¬Ľ. Comme nous l'avons nous-m√™me indiqu√© apr√®s ces ma√ģtres, ¬ęsous l'impulsion des grands abb√©s clunisiens du XIe et du d√©but du XIIe si√®cle, l'histoire politique, religieuse et artistique de l'Espagne changea de face. Saint Odilon, saint Hugues et Pierre le V√©n√©rable organis√®rent l√† lutte contre l'Islam en envoyant en France les chevaliers √† la guerre sainte et les p√®lerins √† Compostelle; et en m√™me temps les moines fran√ßais . apport√®rent avec eux l'art roman et le d√©velopp√®rent dans tout le Nord de la p√©ninsule¬Ľ.

 

Il convient de remarquer cependant que l'histoire du p√®lerinage de Compostelle a dur√© longtemps, bien plus longtemps que le r√īle de Cluny en Espagne. Elle s'est √©tendue sur plus d'un mill√©naire, en se poursuivant jusqu'√† nos jours depuis qu'au IXe si√®cle l'on commen√ßa de parler de la d√©couverte en Galice du tombeau de l'ap√ītre Jacques le Majeur. Pendant cette longue histoire, d√®s avant la fondation de Cluny et plus encore au cours des si√®cles qui suivirent son d√©clin, des organisations religieuses de toutes sortes ont servi au p√®lerinage de Galice, ou m√™me sont n√©es de lui. A l'√©poque en particulier o√Ļ fut compos√© le Livre de Saint-Jacques, le Guide du p√®lerin qui en constitue la derni√®re partie atteste comment l'organisation routi√®re qui √©tait sans doute due alors pour une bonne part aux moines clunisiens √©tait d√©j√† en train de se transformer (Elie Lambert, Ordres et confr√©ries dans l'histoire du p√©lerinage de Compostelle. In: Annales du Midi : revue arch√©ologique, historique et philologique de la France m√©ridionale, Tome 55, N¬į217-218, 1943 - www.persee.fr).

 

Carthage

 

On sait que le mot Afrique avait, sur le plan administratif, une extension tr√®s variable. La Province d'Afrique n'√©tait que la Proconsulaire. Mais le dioc√®se d'Afrique¬† dirig√© par le vicaire, comprenait les cinq provinces de Tripolitaine, Byzac√®ne, Numidie, Maur√©tanie Sitifienne et Maur√©tanie C√©sarienne. Dans le domaine militaire, les choses semblent encore plus complexes. L'histoire du comte Romanus dans les ann√©es 363-373 nous montre qu'√† l'√©poque le comes Africae avait autorit√© sur une zone immense, de la Tripolitaine √† la Maur√©tanie C√©sarienne. On voit en effet les habitants de Lepcis Magna l'appeler √† l'aide au moment de la premi√®re attaque des Austuriani. Moins de dix ans plus tard, il est √©vident qu'il est intervenu aussi en Mauretanie C√©sarienne puisque Sammac √©tait son prot√©g√© et que Firmus se plaignit d'avoir √©t√© maltrait√© par lui. Gildon a-t-il dispos√© des des m√™mes pouvoirs ? La Notitia Dignitatum), dont le chapitre sur le comte d'Afrique est dat√© par √Č. Demougeot d'entre 401 et 409, semble t√©moigner d'une r√©duction des comp√©tences de ce personnage. Elle met en effet sur un strict pied d'√©galit√© le comte d'Afrique et deux nouveaux officiers, le Dux et praeses Provinciae Mauritaniae (Caesariensis) et le Dux Provinciae Tripolitanae. Tous trois sont vir spectabilis, et tous trois ont un officium rigoureusement identique, avec un repr√©sentant du magister militum praesentalis des pedites, en alternance avec un repr√©sentant du magister militum praesentalis des equites : ce dernier point sugg√®re que chacun commandait √† la fois des fantassins et des cavaliers (Yves Mod√©ran, Gildon, les Maures et l'Afrique, MEFRA, Volume 101, Partie 2, 1989 - books.google.fr).

 

Depuis la mort de Julien, l'Afrique √©tait souvent d√©vast√©e par les incursions des Maures. A ce fl√©au s'ajoutait alors la cupidit√© du comte Romanus, plus d√©sireux de s'enrichir que de d√©fendre le pays qu'il administrait. Les Austuriens ravageaient la Tripolitaine, mettaient Leptis √† feu et √† sang, sans √™tre inqui√©t√©s par le comte. Celui-ci avait refus√© aux Leptitains un secours qu'ils n'avaient pas pu lui payer assez cher. Il fut soutenu d'abord, aupr√®s de Valentinien, par le ma√ģtre des offices, Remigius, son parent, qui cacha la v√©rit√© √† l'empereur, ou d√©natura les rapports transmis par les Africains ; puis on corrompit et on intimida le tribun Palladius charg√© d'une enqu√™te, laquelle tourna contre le gouverneur de la Tripolitaine, Ruricius. Ce dernier fut mis √† mort √† Sitifis, sous le faux pr√©texte d'avoir transmis √† l'empereur des plaintes sans fondement (370). Vers le m√™me temps √©clatait la r√©volte de Firmus, fils de Nubel, chef redout√© d'une tribu des Maures. Ayant fait mourir son fr√®re Zamma, cher au comte d'Afrique, Firmus encourut la col√®re de ce dernier. Comme il d√©sesp√©rait de se justifier aupr√®s de l'empereur et craignait pour ses jours, il se r√©volta ouvertement et se mit √† ravager le pays apr√®s avoir √©t√© proclam√© empereur, selon Zozime, par ses compatriotes, heureux de de secouer le joug des fonctionnaires romains. Valentinien envoya contre lui Th√©odose, ma√ģtre de la cavalerie, qui d√©barqua inopin√©ment √† Igilgilis (Djidjelli). A peine arriv√©, il fit arr√™ter Vincentius, lieutenant et complice de Romanus ; il d√©p√™cha celui-ci √† C√©sar√©e pour une mission militaire qui fut de courte dur√©e ; car, ses supercheries ayant √©t√© d√©voil√©es, il fut appel√© aupr√®s de l'empereur pour¬† rendre compte de ses crimes. Quant √† Firmus, apr√®s avoir √©t√© difficilement poursuivi dans un pays h√©riss√© de montagnes et de citadelles, n'ayant plus de confiance dans la tribu √† laquelle il avait commis son salut, il √©vita le glaive de Th√©odose en se donnant la mort (F. Ferr√®re, La situation religieuse de l'Afrique romaine depuis la fin du IVe si√®cle jusqu'√† l'invasion des Vandales (429), 1897 - books.google.fr).

 

"décapité"

 

Théodose l'Ancien est exécuté à Carthage au début de l'année 376 pour des raisons inconnues. Cette exécution est peut-être le résultat d'une lutte de pouvoir en Italie après la mort soudaine de l'empereur Valentinien Ier en novembre 375 (fr.wikipedia.org - Théodose l'Ancien).

 

La nouvelle du massacre de Tigavia reprimant la rebellion, parvint √† Tr√®ves, grossie encore par l'exag√©ration des r√©cits les plus malveillants pour le comte Th√©odose. Le conseil imp√©rial exp√©dia l'ordre de d√©capiter le vainqueur de l'Afrique. L'ex√©cution eut lieu sur la place publique de Carthage, en pr√©sence des l√©gions qui assist√®rent, l'arme au bras, au supplice du rude mais fid√®le g√©n√©ral auquel elles devaient leur triomphe. Le comte Th√©odose n'√©tait encore que cat√©chum√®ne. Il implora la faveur de recevoir le bapt√™me, demanda √† Dieu pardon de ses p√©ch√©s et mourut en h√©ros, l√©guant le soin de venger sa m√©moire √† son fils, le jeune Th√©odose, lequel recueillit les restes sanglants de son p√®re et les rapporta pieusement sur le sol natal de l'Espagne. Il se tint ensuite √† l'√©cart, pleurant sur les malheurs de sa famille, m√©ditant dans sa disgr√Ęce sur la vanit√© de la gloire et sur le n√©ant des grandeurs humaines (Joseph-√Čpiphane Darras, Histoire g√©n√©rale de l'Eglise depuis la cr√©ation jusqu'√† nos jours, Tome 10, 1867 - books.google.fr).

 

On pense aussi √† saint Cyprien, √©v√™que de Carthage, qui fut d√©capit√© en 258 alors qu‚Äôun chevalier perfectissime Marcus Cornelius Octavianus exer√ßait la fonction de dux per Africam Numidiam Mauretaniamque (Houcine Ja√Įdi, Le patronat des cit√©s dans les provinces romaines d'Afirque, √ätre notable au Maghreb, Dynamique des configurations notabiliaires, 2006 - www.google.fr/books/edition).

 

Théodose espagnol

 

La famille de Th√©odose √©tait espagnole comme celle de Trajan et d'Adrien. Th√©odose √©tait n√© en 347 √† Cauca de Galice (Coca pr√®s de S√©govie). Il poss√©dait dans ce pays de grands biens. Le nom de son p√®re prouve que la famille √©tait depuis assez longtemps chr√©tienne. On ne sait rien de sa m√®re, de son oncle Eucherius, qu'il fit consul en 381. Il s'est form√© pr√®s de son p√®re, qui l'a emmen√© en Bretagne. Duc de M√©sie Premi√®re, il s'est distingu√© en 374 contre les Sarmates. Apr√®s la catastrophe de son p√®re, il s'est retir√© en Espagne. C'est alors qu'il a √©pous√©, vers 376, la tr√®s belle Aelia Flaccilla ; de cette union un fils naquit, vers 377, avant l'av√®nement. Th√©odose menait √† Cauca la vie d'un grand propri√©taire, quand Gratien le manda pr√®s de lui. Qui a sugg√©r√© son nom ? Antonius est le p√®re de Flaccilla ; or, c'est lui qui devient pr√©fet du pr√©toire √† la place de Maximin en mai 376 ; il sera consul en 382 ; il est permis de penser qu'il n'a pas √©t√© √©tranger au choix fait par Gratien (Andr√© Piganiol, Andr√© Chastagnol, L'empire chr√©tien (325-395), 1972 - books.google.fr).

 

Je cite seulement le t√©moignage contemporain d'Idatius, lui aussi originaire de la Galice : Theodosius natione Hispanus, de provincia Gallaecia, civitate Cauca. On sait que la Galice avait, au IVe si√®cle, des limites beaucoup plus √©tendues que la province proprement dite de ce nom. Elle √©tait limit√©e au sud par le cours du Duero (Dom M. F√©rotin, Le v√©ritable auteur de la Peregrinatio Silviae, La vierge espagnole Eth√©ria, Revue des questions historiques, 1903¬† - www.google.fr/books/edition).

 

Z√≥simo e Idacio dicen que naci√≥ en ¬ęCauca¬Ľ, en la provincia ¬ęGalecia¬Ľ. La ¬ęCauca¬Ľ romana se dice corresponder a Coca, a orillas del Eresma, del convento de Clunia, y por lo tanto fuera de Galicia. Hay que buscar otra reducci√≥n para conformarse a las noticias de aquellos historiadores. Se aducen una Coca entre Braga y Valen√ßa, y otra en Castro de Rey, a orillas del Mi√Īo y a 4 leguas de Lugo. Tambi√©n se pretende haber nacido en Galicia su esposa Elia Flacilla Augusta y su hijo Arcadio, despu√©s emperador de Oriente. La virgen Etheria (que algunos han supuesto hija de Teodosio), ¬ęnacida en las extremas orillas del Oc√©ano Occidental¬Ľ, parece ser la primera escritora gallega conocida. Emprendi√≥ un famoso viaje por todo el mundo cristiano de Oriente : el Sina√≠ y el Egipto, la Tierra Santa con Jerusal√©n, Idumea, Edesa, Antioqu√≠a, Asia Menor, Constantinopla (Vicente Risco, Historia de Galicia, 1978 - www.google.fr/books/edition).

 

Le fleuve Eresma descend de la sierra Guadarrama, pr√®s de Saint-Ildefonse, et traverse S√©govie (Louis √Čtienne Dussieux, Cours Classique de G√©ographie, 1862 - www.google.fr/books/edition).

 

Espagne comme mère d'empereurs

 

Une vieille tradition, qui vient peut-√™tre du pan√©gyrique de Th√©odose par Pacatus, pr√©sentait l'Espagne comme m√®re d'empereurs. Ce th√®me, qui s'ins√©rait dans celui plus g√©n√©ral des Laudes Hispaniae auquel saint Isidore avait donn√© ses lettres de noblesse, allait appara√ģtre comme une constante de l'historiographie espagnole. D√©j√†, au d√©but du XIIe si√®cle, Lucas de Tuy, dans son Chronicon Mundi, √©crivait : ¬ęHispania Romae dedit Imperatores strenuos¬Ľ et vers la fin de ce m√™me si√®cle, dans la Primera cr√≥nica general de Espa√Īa, r√©dig√©e sous la direction d'Alphonse X, l'Espagne √©tait unie √† la Rome imp√©riale et celle-ci √©tait √©voqu√©e d'une fa√ßon assez d√©taill√©e. En sautant les si√®cles, et en arrivant √† l'√©poque du franciscain Guevara (mort en 1545), c'est toujours √† la m√™me tradition que se r√©f√©rait l'√©v√™que de Badajoz don Pedro Ruiz de la Mota qui, au nom du jeune roi Charles √©lu empereur du Saint Empire Romain Germanique, disait, le 31 mars 1520, dans son c√©l√®bre discours prononc√© devant les d√©put√©s aux cort√®s r√©unis √† Saint-Jacques-de-Compostelle :

 

Agora es vuelta a Espa√Īa la gloria de Spa√Īa que a√Īos pasados estovo adormida ; dicen los que escribieron en loor della que cuando las otras naciones en- viaban tributos a Roma, Espa√Īa enviaba enperadores; envi√≥ a Trajano, a Adriano y Teodosio, de quyen subcedieron Arcadio y Onorio, y agora vino el inperio a buscar el Enperador a Espa√Īa... [...]

 

Le go√Ľt de l'humanisme qui se d√©veloppait en ce d√©but de XVIe si√®cle, l'attrait de l'Antiquit√© et de la grandeur romaine √† l'√©poque classique ont pouss√© Guevara √† s'int√©resser √† un Marc Aur√®le, d'origine espagnole n√© √† Rome, et non √† un non √† un Th√©odose, protecteur pourtant de l'√Čglise. Par ailleurs, Marc Aur√®le avait une autre stature morale que Trajan et Hadrien; il √©tait le sage, le philosophe (Augustin Redondo, Antonio de Guevara (1480?-1545) et l'Espagne de son temps: de la carri√®re officielle aux Ňďuvres politico-morales, 1976 - www.google.fr/books/edition).

 

Dynastie théodosienne

 

La dynastie dite des Théodosiens est une dynastie d'empereurs romains ayant régné sur l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, de 379 à 457 en Orient et de 392 à 455 en Occident (fr.wikipedia.org - Dynastie théodosienne).

 

Alors que les conditions d'une existence juridique des √©glises et d'un clerg√© organis√© en grande partie de fa√ßon hi√©rarchique sont pos√©es au IVe si√®cle, le pas d√©cisif vers une soci√©t√© chr√©tienne est accompli sous l'empereur Th√©odose Ier (379-395). En liant ses int√©r√™ts √† ceux de l'√Čtat, la religion imposa sa vis√©e exclusive : les pa√Įens, les h√©r√©tiques et les juifs √©taient pers√©cut√©s par l'√Čtat et frapp√©s de l'interdiction d'acc√©der aux emplois dans l'administration et dans l'arm√©e. Le conflit entre saint Ambroise, √©v√™que de Milan (374-397) et l'empereur eut pour cons√©quence qu'en d√©pit de la souverainet√© illimit√©e que celui-ci exer√ßait sur le clerg√© et sur les biens de l'√Čglise, le domaine du dogme pouvait lui √™tre soustraite (Ludovicus Milis, La chr√©tient√© des origines √† la fin du Moyen √āge, 1998 - www.google.fr/books/edition).

 

Le texte le plus important, quant √† la conception chrysostomienne du r√īle de l'√Čglise dans la cit√©, est certainement √† chercher au d√©but de la sixi√®me hom√©lie qui fait la th√©orie d'une v√©ritable r√©partition des r√īles entre instance civile et instance eccl√©siastique. Ce passage, √† valeur de programme, d√©finit de fa√ßon remarquable la place et la remarquable la place et la fonction de l'institution eccl√©siale au sein de la soci√©t√© en cette fin du IVe si√®cle et, pour autant, l√©gitime un establishment dont Th√©odose est le ma√ģtre d'Ňďuvre. Car, tandis qu'il console le peuple d'Antioche pour cette affaire de statues renvers√©es, Jean s'emploie constamment‚Äďon aura grand soin de le remarquer sous la discr√©tion des proc√©d√©s rh√©toriques ‚Äď √† restaurer, ou plut√īt √† maintenir l'image - l'ic√īne de l'empereur dans les consciences, moins par fid√©lit√© √† un principe diplomatique dont les circonstances imposent le respect que, beaucoup plus fondamentalement sans doute, par principe cosmo-politico-th√©ologique En effet, dans la vision √©minemment ¬ęprovidentielle¬Ľ que Jean se fait alors (avec bien d'autres) du monde et de l'histoire, au point qu'elle est capable d'int√©grer non seulement la trag√©die de la cit√©, mais, plus tard, sa propre trag√©die de proscrit, le monde visible ne peut atteindre ni manifester sa coh√©rence sans un pantocrator temporel qui y exerce sa fonction symbolique en demeurant, bien entendu, dans l'ordre qui est le sien, celui-l√† m√™me que sauront lui rappeler √† trois ans d'intervalle, encore que dans des postures diplomatiques diff√©rentes, Flavien d'Antioche et Ambroise de Milan (Fran√ßois Cassingena-Trevedy, Le minist√®re et les m√©diations de la paracl√®se dans les Hom√©lies ¬ęsur les statues¬Ľ de Jean Chrysostome, Revue d'√©tudes augustiniennes et patristiques, Volume 54, 2008 - www.google.fr/books/edition).

 

Le droit d'asile dans les églises et les monastères fut consacré par les lois de Théodose (J.-Henri Pignot, Histoire de l'ordre de Cluny: depuis la fondation de l'abbaye jusqu'a la mort de Pierre-le-vénérable (909-1157), Tome 1, 1868 - www.google.fr/books/edition).

 

Cf. le quatrain I, 80 - Les Condés en Bourgogne - 1616-1617.

 

Il s'agit ici de Théodose II, arrière petit-fils de Théodose Ier, fils de Théodose l'Ancien (fr.wikipedia.org - Théodose II).

 

Le groupe des clercs, qualifi√© d'¬ęordre eccl√©siastique¬Ľ dans le Code th√©odosien (16, 26), acquiert au Bas-Empire des privil√®ges qui en d√©finissent les contours juridiques : l'exemption du service militaire, l'affranchissement du droit civil et surtout l'immunit√©, c'est-√†-dire l'exemption de charges publiques, permettant la constitution d'enclos eccl√©siastiques qui sont autant d'espaces symboliquement consacr√©s au divin. Un peu plus tard, dans le contexte romain d'affirmation des pouvoirs du successeur de Pierre face √† l'empereur, le pape G√©lase Ier (492-496) donne √† la batterie de distinctions d√©finissant d√©sormais le clerg√© le ciment d'une th√©orie politique. Deux ordres (uterque potestas, uterque ordo) r√©gissent le monde; l'un, celui des clercs, poss√®de l'autorit√© (auctoritas), l'autre, celui des souverains, le pouvoir (potestas). D√®s lors, le probl√®me est de savoir qui, de l'autorit√© ou du pouvoir, a la pr√©rogative. G√©lase instaure une ¬ędyarchie hi√©rarchique¬Ľ, suivant laquelle le pouvoir est subordonn√© √† l'autorit√© en mati√®re spirituelle et l'autorit√© au pouvoir dans la sph√®re temporelle. Au cours du haut Moyen √āge, le d√©cret g√©lasien est re√ßu dans les collections canoniques qui organisent le droit de l'√Čglise. Mais, entre 1050 et 1150, √† l'√Ęge de la prolif√©ration de ces collections, qui sont autant de marques d'affirmation des pr√©rogatives de l'institution eccl√©siale au sein de la soci√©t√© chr√©tienne, la distinction g√©lasienne fait l'objet de r√©am√©nagements significatifs dans le sens d'un abandon de la notion de compl√©mentarit√© hi√©rarchique. Les ordres r√©gissent non plus le monde, mais l'√Čglise, le pouvoir √©tant subordonn√© √† l'autorit√©. ¬ęLes pr√™tres du Christ doivent √™tre consid√©r√©s comme les p√®res et les ma√ģtres des rois, des princes et de tous les fid√®les¬Ľ, d√©clare Gratien, reproduisant un passage de la Gr√©goire VII √† Hermann de Metz. Cette √©volution est li√©e √† la lente affirmation d'une monarchie papale, d√®s le milieu du VIIIe si√®cle ‚Äď avec la forgerie de la Donation de Constantin, par laquelle le premier empereur chr√©tien est cens√© avoir abandonn√© au pape Sylvestre Ier l'usage exclusif des insignes imp√©riaux ‚Äď et √† l'√©mergence, au cours du IXe si√®cle, de la notion englobante de chr√©tient√©. [...]

 

L'√Čglise, comme une montagne destin√©e √† remplir l'univers, ne cesse de grignoter le monde pour le confondre avec elle - m√™me. La caract√©ristique du ¬ęsyst√®me eccl√©sial¬Ľ clunisien est d'identifier un membre √† la t√™te, de faire passer une simple √Čglise monastique, fille de Rome, pour Rome m√™me. Au XIIe si√®cle, le modeste √©tablissement des origines, fond√© en 910 par Guillaume III, duc d'Aquitaine et comte de M√Ęcon, est devenu un puissant √©seau de maisons se dilatant dans toute la latinit√© et s'√©tendant jusqu'aux avant-postes de la chr√©tient√©, face √† l'Islam, dans la p√©ninsule ib√©rique et en Terre sainte. Ce formidable destin am√®ne les Clunisiens √† confondre leur √Čglise et l'√Čglise universelle (Dominique Iogna-Prat, Ordonner et exclure: Cluny et la soci√©t√© chr√©tienne face √† l'h√©r√©sie, au juda√Įsme et √† l'islam, 1000-1150, 1998 - www.google.fr/books/edition).

 

"bastard"

 

Une des √©tymologies de "b√Ętard" r√©f√®re √† bas : de basse extraction, de basse condition (Dictionnaire universel Francois et Latin, Dictionnaire Trevoux, Tome 1, 1752 - www.google.fr/books/edition).

 

Officier supérieur de l'armée, Romanus était devenu sénateur par l'accès au poste de comte d'Afrique, mais il y était entré par la filière militaire et devait être considéré comme un parvenu par les membres de l'aristocratie sénatoriale italienne (Claude Briand-Ponsart, Christophe Hugoniot, L'Afrique romaine, De l'Atlantique à la Tripolitaine - 146 av. J.-C. - 533 ap.J.-C., 2005 - www.google.fr/books/edition).

 

Le b√Ętard Sammac et son vieux p√®re

 

Le cas le plus exemplaire, qui nous est assez bien connu parce qu'il faillit transformer les conditions politiques de l'Afrique romaine, est celui de la famille de Nubel. Flavius Nubel b√Ętit √† ses frais une √©glise d√©di√©e √† la Sainte Croix √† Rusguniae. Ce Flavius Nubel ex praepositus equitum armigerorum juniorum est fils de Saturninus vir perfectissimus, ex comitibus. La basilique fut d√©di√©e par Nuvel, sa femme Monnica et tous les siens. Voil√† donc un commandant d'un corps de cavalerie mentionn√© par la Notitia dignitatum, fils d'un chevalier romain dont la famille avait acquis la citoyennet√© romaine depuis au moins trois g√©n√©rations et qui porte, contrairement √† son p√®re, un nom africain : Nubel. On s'est pos√© la question de savoir si ce Nubel √©tait bien le m√™me personnage que le p√®re de Firmus, celui dont Ammien Marcellin dit qu'il √©tait aussi puissant qu'un roi, ¬ęvelut regulus per nationes mauricas potentissimus¬Ľ. La raret√© du nom de Nubel, la contemporan√©it√© des deux personnages qui le porteraient, la proximit√© de Rusguniae et du ch√Ęteau de Nubel, p√®re de Firmus, situ√© au col des Beni A√Įcha √† Souma, pr√®s de Th√©nia (ex-M√©nerville), militent en faveur de l'identification des deux Nubel en une m√™me personne. On sait que Sammac, fr√®re de Firmus, poss√©dait √† l'autre extr√©mit√© de la Kabylie, le ch√Ęteau de Petra dont on a retrouv√© la belle d√©dicace portant en acrostiche le nom du prince. Un autre fr√®re de Firmus, Mazuca, poss√©dait, dans la vall√©e du Ch√©lif, un fundus qui portait son nom. C'est de la que les troupes des rebelles partirent pour surprendre et incendier Caesarea (Histoire et arch√©ologie de l'Afrique du Nord: actes du IIe Colloque international r√©uni dans le cadre du 108e Congr√®s national des Soci√©t√©s savantes (Grenoble, 5-9 avril 1983), 1985 - books.google.fr).

 

L'inscription de Sainte Croix était connue par M. Renaudot, ancien officier de la garde du consulat de France à Alger, au commencement du XIXe siècle (Journal La Croix, 4 novembre 1932 - gallica.bnf.fr, M. Renaudot, Gemälde von Algier, Aus dem Französischen, 1830 - books.google.fr).

 

Dans le passage d'Ammien Marcellin : "legitimos et natos e concubinis reliquit filios, e quibus Zammac", la construction de la phrase ne parait pas indiff√©rente. E quibus se rapporte non √† tous les filii, mais aux nali e concubinis : Sammac est un b√Ętard, qui n'a aucun droit √† l'h√©ritage paternel. Du coup, d√©sireux de compenser le handicap de sa naissance, il se met sous la protection du Comte Romanus; Sammac peut alors se tailler impun√©ment un domaine, en soumettant des tribus qui, d'apr√®s lui, √©taient jusque l√† engag√©es dans des conflits. Or ces tribus se rallieront par la suite sans combat √† deux de ses fr√®res, Mascizel et Dion, fid√®les de Firmus. Si l'on rapproche de ce contraste l'affirmation d'Ammien selon lequel Sammac avait cr√©√© des troubles de son vivant - excitavit discordias el bella -, on peut se demander si le chef maure ne se vantait pas avec le plus parfait cynisme d'avoir arr√™t√© des guerres que sa propre usurpation avait provoqu√©es : les Tydenses, les Masinissenses ne lui reconnaissaient pas une l√©gitimit√© d√©tenue, en fait, par Firmus. L'opposition entre Sammac et Firmus a d√©chir√© durablement la famille de Nubel (Denis Lengrand, L'inscription de Petra et la r√©volte de Firmus, Bulletin arch√©ologique du Comit√© des travaux historiques et scientifiques: Afrique du nord, Volume 22, 1987¬† - books.google.fr).

 

La citation d'Ammien sur Nubel commence par "Nubel uelut regulus per nationes Mauricas potentissimus uita digrediens" (s'√©cartant de la vie) : on peut envisager qu'il √©tait √Ęg√©.

 

Fid√®le √† l'ambitieuse politique familiale du vieux Nubel, Firmus tenta certainement d'accro√ģtre encore le pouvoir de cette ¬ędynastie¬Ľ, dont il √©tait l'a√ģn√©, en int√©grant √† sa principaut√© les populations maur√©taniennes dans leur ensemble (Fran√ßois Decret, Mhamed Fantar, L'Afrique du Nord dans l'antiquit√©: histoire et civilisation, des origines au Ve si√®cle, 1981 - books.google.fr).

 

Famine

 

Selon saint Augustin, Virius Nichomachus Flavianus, un des interlocuteurs des Saturnales de Macrobe et ardent d√©fenseur de la tradition pa√Įenne, se fit l'√©cho d'un oracle qui annon√ßait la fin du christianisme lorsqu'auraient pass√© autant d'ann√©es qu'il y a de jours dans une ann√©e, ce qui √† partir de la passion du Christ d√©signait les ann√©es 390; une pr√©diction d'autant plus perfide que les chr√©tiens attendaient avec angoisse le d√©clin du monde. La mort de Gratien, assassin√© par les sicaires de Maxime, et la grave famine qui d√©sola l'ann√©e 383, l'Italie, la Gaule et l'Espagne furent d√©nonc√©s comme illustrant la vengeance des dieux. La religion nouvelle √©tait la cause des maux de Rome. Il fallait renouer avec la tradition m√™me si certains n'h√©sitaient pas √† cumuler les d√©votions dans un syncr√©tisme riche d'influences. Tel Vettius Agorius Praetextatus, autre protagoniste des Saturnales qui saluent en lui le ¬ęchor√®ge de tous les cultes¬Ľ, sacrorum omnium praesul (Revue historique de droit fran√ßais et √©tranger, Volume 77, 1999 - books.google.fr).

 

L'usurpation de Maxime (383-388) n'a pas laiss√© de souvenir sur les milliaires galiciens ; l'inscription de Siresa dans les Pyr√©n√©es semblerait bien indiquer que Maxime √©tait originaire de la province de Tarraconaise. Plusieurs tr√©sors de province de Galice contiennent des monnaies de Maxime : tr√©sors de Gondomar (Porto), Gondi√£es (Braga), Palmeira (Braga), Aboim das Cho√ßas (Viana do Castelo), Sarandon (La Corogne) (Alain Tranoy, La Galice romaine: recherches sur le nord-ouest de la p√©ninsule Ib√©rique dans l'Antiquit√©, 1981 - books.google.fr).

 

La crise politique engendr√©e par l'usurpation de Maxime √©tait en cours de r√®glement. L'empereur Th√©odose marche contre lui et remporte √† plusieurs reprises des victoires avant de le vaincre d√©finitivement √† Aquil√©e en ao√Ľt 388 (Catherine Salles, Saint Augustin, un destin africain, 2009 - books.google.fr).

 

En 388, Théodose défit le tyran Maxime, lui fit trancher la tête et rétablit Valentinien II. La tête de Maxime fut portée à travers les provinces et finalement exposée à Carthage (André Piganiol, L'empire chrétien (325-395), 1947 - books.google.fr).

 

"pestilence"

 

Priscillien, mort √† Tr√®ves en 385, est un √©v√™que d'√Āvila et le premier chr√©tien condamn√© √† mort et ex√©cut√© par une autorit√© chr√©tienne pour h√©r√©sie. Sa doctrine, le priscillianisme, est l'une des premi√®res h√©r√©sies condamn√©es par la jeune √Čglise de Rome. Certains la rapprochent de celle des pauliciens.

 

Priscillien est condamn√© une premi√®re fois au concile de Saragosse, le 4 octobre 3801. Deux √©v√™ques, Ithace, √©v√™que d‚ÄôOssonuba, et Hydace, √©v√™que de M√©rida, en √©mettant une suite d'accusations au caract√®re sans doute en partie calomnieux (magie noire, d√©bauches...), demandent √† l‚Äôempereur Gratien de s√©vir, ce qui constitue une premi√®re intervention du pouvoir s√©culier dans les affaires de l‚Äô√Čglise. Priscillien et ses disciples sont exil√©s ; ils se rendent √† Rome pour obtenir une gr√Ęce du pape Damase Ier, qui la refuse. Un fonctionnaire imp√©rial les dispense de leur exil par un rescrit. Priscillien revient triomphalement en Espagne fin 382. Finalement Priscillien est ex√©cut√© en 385 √† Tr√™ves capitale de Maxime (fr.wikipedia.org - Priscillien).

 

Saint J√©r√īme, √©crivant en 392 (Commentaire sur Isa√Įe), qualifiait le priscillianisme de "peste & contagion" (Louis S√©bastien Le Nain de Tillemont, Memoires pour servir a l'histoire ecclesiastique des six premiers siecles, Tome 8, 1702 - books.google.fr).

 

Une question qui a suscit√© un grand int√©r√™t, tant dans le cadre de la recherche hormis le tombeau lui-m√™me, est l‚Äôendroit o√Ļ gisent les restes de Priscillien et de ceux qui p√©rirent √† ses c√īt√©s √† Tr√®ves. L‚Äô hypoth√®se la plus tentante jusqu‚Äô√† aujourd‚Äôhui est sans doute celle d‚ÄôHenry Chadwick reprenant les id√©es de Louis Duchesne. Cet auteur √©nonce la possibilit√© que les restes de Priscillien puissent se trouver dans le s√©pulcre de l‚Äôap√ītre Jacques. L‚Äôhypoth√®se repose, principalement, sur les doutes que suscitent l‚Äôapparition du corps de l‚Äôap√ītre, et la d√©couverte d‚Äôune n√©cropole rassemblant des tombeaux du IVe et Ve si√®cle sous la cath√©drale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Par ailleurs, il existe d‚Äôinnombrables exemples de grands centres orthodoxes de p√®lerinage install√©s sur des sites ant√©rieurement associ√©s au schisme et √† l‚Äôh√©r√©sie. Nous pourrions ajouter √† cela que les p√®lerinages provenant d‚ÄôAquitaine vers le tombeau de l‚Äôap√ītre, pourraient √™tre li√©s au voyage des priscillianistes √† Rome, ou m√™me au retour des reliques de Priscillien en Gallaecia (Augusto Diego Play, Le lieu d‚Äôenterrement de Priscillien. In: Dialogues d'histoire ancienne, vol. 42, n¬į2, 2016 - www.persee.fr).

 

Saint Jacques et les Maures

 

On invoqua, pour exterminer les Maures, la protection de saint Jacques de Compostelle, le grand matamoros, le tueur de Maures. On salua Ferdinand et Isabelle, qui achevèrent la grande lutte, du titre presque triomphal de catholiques (Romolo Federici, Les lois du progrès, Tome 1, 1888 - books.google.fr).

 

Les Maures désignent à l'origine et durant l'Antiquité les populations berbères d'Afrique du Nord, tout particulièrement celles vivant le plus à l'ouest. Ils ne furent clairement distingués des Numides que lorsque les Romains eurent connaissance de l'existence de royaumes berbères à l'extrême-ouest. Peuples vivant dans les deux provinces de Maurétanie sous l'Empire romain, la Maurétanie Tingitane et la Maurétanie Césarienne. Pline l'Ancien écrit que, parmi les tribus de Maurétanie Tingitane, la plus célèbre était jadis celle des Mauri.

 

Apr√®s la conqu√™te musulmane du Maghreb, au VIIIe si√®cle les arm√©es du califat omeyyade, sous le commandement du g√©n√©ral Tariq ibn Ziyad, conqui√®rent la p√©ninsule Ib√©rique, sous le nom d'Al-Andalus. C'est le d√©but de l'Ib√©rie musulmane. √Ä partir de cette √©poque, le terme ¬ęmaure¬Ľ va d√©signer les ¬ęmusulmans¬Ľ, plus particuli√®rement ceux vivant en Al-Andalus, qu'ils soient d'origine berb√®re ou non. Ces populations s'installeront essentiellement en Tunisie, au Maroc et en Alg√©rie apr√®s l'expulsion de tous les musulmans ordonn√©e par la monarchie catholique espagnole au XVIe si√®cle, √† la suite de la Reconquista (fr.wikipedia.org - Maures).

 

Typologie

 

Le report de 2067 sur la date pivot 383 donne -1301.

 

Epoque du règne d'Eurysthée, et d'Hercule (Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'hist. univers., sacrée et proph., ecclésiast. et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1762, 1763 - books.google.fr).

 

On pense au Jardin des Hespérides, à Géryon : Espagne et Afrique du Nord (Michel Udiany, L'histoire des mondes imaginaires, De la Tour de Babel à l'Atlantide, 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

Un passage d'Ammien Marcellin (Histoire XV, 9) fait mention des aventures d'Hercule en Espagne et en Gaule. L'historien parle de deux tyrans cruels qui furent mis à mort par le héros; l'un se nommait Géryon, et il désolait l'Espagne; l'autre portait le nom de Tauriscus, et faisait peser sa tyrannie sur les Gaules (Un dieu à trois tête, Bulletin monumental, Volume 42, 1876 - books.google.fr).

 

Sur la coupe de Canino, aujourd'hui à la Pinacothèque de Munich, les dessinateurs Chachrylion et Euphronius retracèrent l'un des plus curieux travaux d'Hercule, celui dans lequel le justicier légendaire dépouille Géryon de ses troupeaux de génisses à robe fauve. Ils rappellent par un palmier le souvenir des fondateurs de la ville de Gadès (Gabbia) (Oswald comte de Kerchove de Denterghem, Les palmiers, 1878 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LULA, lula(v)

 

Souccot est l'une des trois f√™tes de p√®lerinage prescrites par la Torah, au cours de laquelle on c√©l√®bre dans la joie l'assistance divine re√ßue par les enfants d'Isra√ęl lors de l'Exode et la r√©colte qui marque la fin du cycle agricole annuel.

 

Il est prescrit dans la Torah de prendre le premier jour de Souccot quatre esp√®ces, ¬ędu fruit de l'arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l'arbre-avoth et des saules de rivi√®re¬Ľ, ce que la tradition rabbinique a interpr√©t√© comme une injonction √† r√©aliser des processions en transportant ces esp√®ces, qu'elle identifie respectivement √† l‚Äôetrog (c√©drat), au loulav (palme de dattier), au hadass (branche de myrte), et √† l‚Äôarava (branche de saule), vers le Temple de J√©rusalem (actuellement, vers la synagogue). Cette prescription est appel√©e netilat loulav (¬ęport du loulav¬Ľ) car le loulav est l‚Äôesp√®ce la plus voyante et d√©signe donc les quatre esp√®ces dans leur ensemble (fr.wikipedia.org - Souccot).

 

Le palmier croit sur le sol de la P√©ninsule hispanique depuis un temps imm√©morial. On le trouve aujourd'hui dans l'Espagne m√©ridionale et dans le Portugal. Si l'esp√®ce (le palmier Phoenix), qui est la m√™me que celle de l'Afrique septentrionale, n'est point indig√®ne, on peut faire remonter da moins jusqu'au temps de la domination des Carthaginois en Espagne l'introduction de cet arbre dans la B√©tique. Ainsi le palmier devait y prosp√©rer √† l'√©poque des colonies et des √©tablissements grecs. Toutefois, ce n'est qu'√† dater de la conqu√™te romaine que nous avons des donn√©es positives sur l'existence du palmier dans l'Ib√©rie et notamment dans la B√©tique. Avant la bataille de Munda, C√©sar ayant fait couper le bois n√©cessaire √† la construction des baraques de son camp, parmi les autres arbres on trouva un palmier, que le dictateur ordonna de conserver comme un pr√©sage de la victoire. (Sueton. in August. XCIV, 19. Cf. Dion. Cass. XLIII, 41.) Il est probable que les Romains auraient rencontr√© un plus grand nombre de palmiers, si le jeune Pomp√©e, pour assurer la d√©fense de la ville d'Ursao, n'avait pas fait couper et transporter dans la place tout le bois des environs (C√¶sar, de Bello Hispan., 41) (Jean Joseph Antoine Marie de Witte, √Čtude du mythe de G√©ryon, 1841 - books.google.fr).

 

Quand, √† l'√Ęge de vingt-cinq ans, Jean de Lycopolis √©tait venu pour la premi√®re fois au d√©sert, o√Ļ il resta 60 ans, il s'√©tait mis sous la direction d'un ancien anachor√®te, qui soumit son jeune disciple √† une s√©rie d'√©preuves capables de d√©courager la foi la plus robuste. Ainsi le vieillard planta un b√Ęton dans le sable et commanda √† Jean de venir deux fois par jour arroser ce morceau de bois sec. Durant une ann√©e enti√®re, cet ordre en apparence si d√©raisonnable fut ponctuellement ex√©cut√©. L'ob√©issance du disciple fut r√©compens√©e par un miracle; le rameau prit s√®ve, refleurit et devint un palmier vigoureux (Cassien, Insitutions). Th√©odose fit demander √† Jean de Lycopolis quel serait le sort de l'exp√©dition contre Maxime. ¬ęAllez sans crainte, r√©pondit l'homme de Dieu. La victoire vous est assur√©e. Il n'y aura presque pas d'effusion de sang; l'Orient reverra Th√©odose vainqueur.¬Ľ (Joseph √Čpiphane Darras, Histoire g√©n√©rale de l'√Čglise depuis la Cr√©ation jusqu'√† nos jours, Tome 10, 1867 - books.google.fr, Jacques Halbronn, Le texte proph√©tique en France: formation et fortune, Tome 3, 1999 - books.google.fr).

 

Le palmier ou paumier (cf. pommier), le porteur de palmes, est par d√©finition le p√®lerin de J√©rusalem, et non le jacquaire. Mais le terme se trouve dans des chansons de geste (Ronsasvals 1746) en lien avec Compostelle et pour r√©f√©rer √† J√©rusalem et aux martyrs (Val√©rie Galent-Fasseur, L'√Čpop√©e des p√®lerins: Motifs eschatologiques et mutations de la chanson de geste, 1997 - books.google.fr).

 

Dans les monuments les plus anciens, saint Jacques est repr√©sent√© en ap√ītre; drap√© dans une toge, les pieds nus, portant le rouleau (volumen) de la Nouvelle Loi. Il se pr√©sente parfois entre deux troncs d'arbre √©cot√©s (Toulouse, Compostelle) ou deux palmiers (Heures du mar√©chal de Boucicaut) (Louis R√©au, Iconographie de l'art chr√©tien, Tome 3, Num√©ro 2, 1958 - books.google.fr).

 

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