En Camargue

En Camargue

 

VIII, 91

 

2097

 

Frymy [Parmi] les champs des Rodanes entrees

Ou les croysez seront presques unis,

Les deux brassieres en pisees rencontrees

Et un grand nombre par deluge punis.

 

- Rodanes : les Rhodaniens, riverains du Rhône – ou Rhodiens, gens de Rhodes

- croysez : Croisés

- brassieres : (prov.) bras d'un fleuve (les bouches du Rhône) (entrée des champs rhodaniens ?)

- pisees : en pisé, briques de terre séchée, dont on faisait des digues pour retenir les eaux de ces brassières rencontrees : pour en-contrées, bâties contre; élevées

- deluge : inondation (Jean-Paul Clébert, Nostradamus, mode d'emploi: la clé des prophéties, 1981 - www.google.fr/books/edition).

 

Brassière

 

Pris alternativement dans le sens de canal (brassière de Fourques) ou bras de fleuve (les brassières du Rhône), Certaines brassières sont aussi appelées lônes. (Dans ce sens, rapport du cadastre des marais d'Arles de 1685.) (Louis Édouard Marie Hippolyte de Dienne, Histoire du desséchement des lacs et marais en France avant 1789, 1891 - www.google.fr/books/edition).

 

"pisées" : pisé

 

Au Grand Parc, les murs en terre crue sont élevés sur des solins de pierres. Cette technique permet d'isoler les superstructures en terre des remontées d'humidité par capillarité Seuls les murs périmétraux (porteurs) possèdent une véritable fondation en tranchée (De Chazelles-Gazzal, 1997). Les moellons sont liés par du limon durant toute l'occupation du site. Il n'est pas possible de déterminer avec certitude le mode de construction de l'élévation en terre. Les solins paraissant trop étroits pour supposer une en pisé, il s'agissait plutôt de briques d'adobe. Les briques ayant probablement été fabriquées avec le sédiment local, il est difficile de séparer les dépôts limoneux qui pourraient appartenir aux élévations en terre détruites ou résulter des crues du Rhône. La couverture devait être en matériaux périssables, aucune tuile n'a été retrouvée en fouille.

 

Les habitats de la Capelière et du Grand Parc occupent des positions géographiques similaires, dans la partie orientale de la Camargue, à proximité du Rhône d'Ulmet Le choix du lieu d'implantation résulte probablement de plusieurs facteurs : les abords du fleuve, non endigué, enrichis par les limons de crue sont des lieux propices à l'agriculture dont la pratique est attestée par nos recherches; la position légèrement surélevée des levées de berges et des cordons littoraux fossiles constitue une protection naturelle contre les crues du Rhône; la proximité du fleuve permet l'existence d'une nappe d'eau douce et rend possible le creusement de puits, particulièrement utiles dans cette zone de faibles précipitations; la voie fluviale facilitait l'approvisionnement en matériaux et en produits de tous ordres, ainsi que le transport des éventuels surplus agricoles produits sur place (Philippe Leveau, Joëlle Burnouf, Fleuves et marais, une histoire au croisement de la nature et de la culture, 2004 - www.google.fr/books/edition).

 

"croisez"

 

Les ordres militaires du Temple et de l'Hôpital établirent un dense réseau de maisons rassemblant autour d'elles un important patrimoine foncier, dans la basse vallée du Rhône au début du XIIe siècle. Ils tissèrent des liens étroits avec la société laïque environnante, notamment avec l'aristocratie (Damien Carraz, L'Ordre du Temple dans la basse vallée du Rhône: 1124-1312 : ordres militaires, croisades et sociétés méridionales, 2005 - www.google.fr/books/edition).

 

"presque unis"

 

Certains historiens prêtent une part de responsabilité dans la perte de l'Ordre à Jacques de Molay, maître du Temple élu en 1293 à Chypre après la perte de Saint-Jean-d'Acre. En effet, à la suite de cette défaite, un projet de croisade germa de nouveau dans l'esprit de certains rois chrétiens, mais aussi et surtout dans celui du pape Clément V. Le pape désirait également une fusion des deux ordres militaires les plus puissants de Terre sainte et le fit savoir dans une lettre qu'il envoya à Jacques de Molay en 1306. Le maître y répondit qu'il s'opposait à cette idée, craignant que l'ordre du Temple soit fondu dans celui des Hospitaliers, sans pour autant être catégorique. Cependant, les arguments qu'il avança pour étayer ses propres vues étaient bien minces. Enfin, Jacques de Molay manqua de diplomatie en refusant au roi d'être fait chevalier du Temple à titre honorifique (fr.wikipedia.org - Ordre du Temple).

 

"deluge" : inondation de 1308

 

«Par ceste pièce, à la requisition des Levadiers d'Arles, l'abbé de Mont-Majour, et les possesseurs de la Visclède sont condampnés à la Levaderie de Lansac par le lieutenant de viguier de Tarascon commis par M. le seneschal de Provence, parties ouyes.»

 

Telle est la mention sommaire par laquelle a été postérieurement coté le verso de la charte du XIVe siècle dont nous donnons la transcription. Une «levaderie» était une organisation spéciale à la construction et à l'entretien des levées destinées à protéger un territoire contre les incursions d'un fleuve; c'était ce que nous appelons aujourd'hui un syndicat des chaussées. Les chaussées elles-mêmes étaient nommées Levatæ dans la basse latinité en usage dans les chartes; nom qui est resté dans le provençal Levada. La physionomie de ce terme peut nous indiquer, jusqu'à un certain point, par l'époque où il a pris naissance, celle où les digues insubmersibles ont dû commencer à être élevées sur les bords du Rhône. Les Romains ne connaissaient pas ce mot, et se seraient plutôt servis, dans le sens que nous indiquons, du mot agger. Ce n'est donc qu'après eux que l'on dût songer à défendre les territoires riverains du Rhône contre ses inondations. D'ailleurs, les Romains, avec leur esprit pratique, se seraient gardés d'adopter un système qui, s'il défendait un territoire, l'appauvrissait en le privant des apports fécondants dont les inondations couvrent le sol. [...]

 

Cette charte, écrite en 1345, contient principalement les pièces d'un procès survenu en 1308, à l'occasion de la réfection et fermeture des levées du Trébon, entre Tarascon et Arles. Nous y trouvons la mention d'une autre réparation des mêmes chaussées qui aurait été faite en 1294 ou 1295. Notre charte nous donne ainsi la date précise de trois inondations du Rhône qui probablement ne sont pas connues.

 

M. Charles Lenthéric, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, La région du Bas-Rhône, donne la liste des principales inondations du Rhône. La première est celle de 1226. Vient ensuite celle de 1345, celle-là même qui a donné lieu à notre charte. Mais cette nomenclature ne contient pas les inondations de 1294 et de 1308 qui, grâce à notre document, nous semblent désormais acquises à l'histoire (M. Domergue, Les levadiers de Tarascon, Bulletin historique et archéologique de Vaucluse et des départements limitrophes, 1881 - www.google.fr/books/edition).

 

Les conséquences concrètes des inondations occupent peu de place dans les sources. Les procès-verbaux des délibérations communales sont très pauvres sur ce sujet. Une lettre de Charles II de 1308, évoque les cultures détruites, les ponts emportés, le bétail noyé (Provence historique: revue trimestrielle, Volumes 32 à 33, 1982 - www.google.fr/books/edition).

 

Le Temple était implanté à Lanzac qu'il partageait avec les Albe de Tarascon sous la suzeraineté des Baux. En 1308, un différend opposa les possesseurs de Lanzac et de La Visclède avec les autorités au sujet des levades - ou digues - destinées à protéger les terres entre Arles et Tarascon contre les crues du Rhône ou de certains marais (Robert Bailly, Les Templiers : réalités et mythes: Comtat Venaissin, campagne de Provence, Languedoc rhodanien, principauté d'Orange, Tricastin, baronnies, comté de Forcalquier, 1987 - www.google.fr/books/edition).

 

"Fyrmy"

 

Cf. le latin "firmus", ferme (Gaffiot), pour "terre ferme" ?

 

Acrostiche : FOLE

 

Dès le prologue de Cligès, oĂą ChrĂ©tien de Troyes Ă©voque la double translatio de chevalerie et de clergie, son texte est dĂ©diĂ©, de façon merveilleuse et subtile, aux mystères des moines guerriers dont l'ordre reprĂ©sentait justement une telle belle conjointure au douzième siècle. Dans ce chapitre , on mettra en relief toute une sĂ©rie de rapports entre l'histoire des Templiers et la matière de Cligès. A la surface du roman, bien sĂ»r, il s'agit de la fin'amors de deux couples, l'un Ă©tant les parents de Cligès, l'autre Cligès et FĂ©nice. Pourtant le point culminant de la trame est le mariage mystique souterrain de FĂ©nice, Christe, Mère, et Saint-Esprit personnifiĂ©, avec Cligès, chevalier bĂ©ni de lignage binaire qui reprĂ©sente une Ă©glise syncrĂ©tique comme l'Ordre du Temple de Salomon. Le texte cache des sĂ©nĂ©fiances en filigrane qui ne se rĂ©vèlent guère qu'Ă  travers des rapports avec des oeuvres plus tardives : Yvain et Perceval de ChrĂ©tien et puis le Parzival de Wolfram von Eschenbach. C'est un sentier littĂ©raire historique qui mène au carrefour mystique du Temple oĂą se fondent, en accord avec les recherches de Marion Melville, les quĂŞtes de FĂ©nice, du phĂ©nix, du Graal, et de la pierre philosophale. Comme leur protectrice, les Templiers ont Ă©lu «la douce Mère de Dieu» (Addison 143), soulignant l'importance spirituelle de l'Ă©lĂ©ment fĂ©minin pour leur ordre. C'Ă©tait tout Ă  fait logique, puisque c'Ă©tait grâce Ă  l'intervention de saint Bernard que cet ordre controversĂ© avait Ă©tĂ© formalisĂ© par le Concile de Troyes le 13 ou le 14 janvier de 1128 (Pernoud 7, Serbanesco 217). L'appui des Templiers a intensifiĂ© l'influence de Marie, car au douzième siècle «saint Bernard lança le premier culte Ă  la vierge, culte adoptĂ© par les Templiers» (Serbanesco 213). ConformĂ©ment Ă  leur nature cosmopolite, les Templiers savaient reconnaĂ®tre l'Ă©lĂ©ment spirituel fĂ©minin sous plus d'un seul aspect, un fait dĂ©montrĂ© par l'existence d'une gravure de Sophia, dĂ©esse occulte de la sagesse, dans leur maison Ă  JĂ©rusalem (Serbanesco 204). L'un de leurs deux sceaux Ă©tait cette mĂŞme maison, construite sur le site du Temple de Salomon (Serbanesco 209, 221). Autant que cet endroit si spĂ©cial, c'Ă©tait la reconnaissance des qualitĂ©s spirituelles fĂ©minines qui liait les Templiers au roi juif Salomon. Conway nous rappelle que Salomon lui aussi a prĂ©fĂ©rĂ© la Dame/Mère/DĂ©esse Sagesse au pouvoir terrestre (Conway 68, 125, 189 qui cite I Rois 3). Pareil aux frères de l'Ordre qui se sont dĂ©diĂ©s Ă  la Vierge, Cligès et son père sont les vassaux du principe fĂ©minin, que ce soit de Soredamors, de Guenièvre, de FĂ©nice, ou mĂŞme de Thessala, sorcière grecque de pouvoir nocturne. On a dĂ©jĂ  soulignĂ© la mise en question du vieux pouvoir patriarcal suggĂ©rĂ©e par la matière du roman, mais c'est paradoxalement le sort d'un double patriarcat qui rĂ©vèle la nature cyclique, c'est-Ă -dire l'essence fĂ©minine, de la translatio (Mayr 50). Dans le prologue, ChrĂ©tien nous a Ă©voquĂ© la translatio de chevalerie et de clergie, issues de la Grèce, arrivĂ©es Ă  Rome et puis reçues en France. De plus, ce sont des voyages chevaleresques de la part d'Alexandre et de Cligès qui complètent le cycle : ils finissent par ramener la courtoisie, la chevalerie, en Orient. En accord avec la nature binaire de cette belle conjointure, de tels voyages chevaleresques sont en mĂŞme temps une sĂ©rie de voyages religieux, c'est-Ă -dire une sĂ©rie de pèlerinages. Bien qu'ils retournent en Grèce, j'espère montrer que selon les mystères templiers au douzième siècle, la terre dont Cligès hĂ©rite pourrait aussi reprĂ©senter JĂ©rusalem ou peut-ĂŞtre l'Espagne, creusets des religions, des polaritĂ©s, et en mĂŞme temps terres de croisades, les terres des exploits les plus glorieux des Templiers (MartĂ­nez Bermejo 418-427, Pernoud 489).

 

«Les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon» Ă©tait le nom officiel des Templiers (Serbanesco 209), frères d'un ordre religieux Ă©tabli pour protĂ©ger les pèlerins chrĂ©tiens en Terre Sainte. L'Ordre Ă©tait tout Ă  fait controversĂ© parce qu'il s'agissait justement d'une combinaison du religieux avec le militaire. En effet, «L'ordre du temple... concilie donc deux occupations qui semblent incompatibles : la vie militaire et la vie religieuse» (Pernoud 7). Quant Ă  la fondation de l'Ordre, tout avait commencĂ© avec la victoire des CroisĂ©s. En 1099, ils avaient capturĂ© JĂ©rusalem Ă  l'ennemi paĂŻen, Ă©gyptien, en face de qui s'attĂ©nuaient les diffĂ©rences schismatiques entre les deux hĂ©misphères de la ChrĂ©tientĂ©, Rome et Constantinople (Pernoud 5). Bien que la plupart des CroisĂ©s soient retournĂ©s en Europe après leur victoire, quelques-uns avaient dĂ©cidĂ© de prolonger leur sĂ©jour guerrier en Terre Sainte pour dĂ©fendre les pèlerins (Pernoud 5-6). L'Ordre du Temple avait Ă©tĂ© fondĂ© par neuf hommes qui avaient renoncĂ© Ă  leurs richesses et Ă  leur pouvoir politique, pour rester en Terre Sainte (Pernoud 5-6). Pareillement, dans Cligès, c'est par neuf (quatre, trois, et deux) que les compagnons d'Alexandre commencent leur «pèlerinage» :

 

Alixandres toz premerains,

Qant de son pere fu partiz,

Au congié de l'empereriz,

Qui le cuer ot dolant el ventre,

De la nef el batel s'an antre ;

Et si conpaignon avuec lui,

Ansanble quatre, troi, et dui... (242, 246-8)

 

Ces hommes laissent derrière eux leur vie aisée :

 

Li vaslet, qui n'orent apris

A sofrir meseise ne painne... (272-3)

 

Et ils semblent porter tous le mĂŞme habit, semblables aux frères d'un seul ordre :

 

Et les robes que il vestoient

D'un drap et d'une taille estoient,

D'un sanblant et d'une color. (321-3) (Ross Sutherland, Cligès et le mystère de Terre Sainte du templier: l'hérésie sacrée du sépulcre de la Christe, 1995 - www.google.fr/books/edition, Jean Flori, Pour une histoire de la chevalerie. L'adoubement dans les romans de chrétien de Troyes. In: Romania, tome 100 n°397, 1979 - www.persee.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2097 sur la date pivot 1308 donne 519.

 

Nouvelles inquiétudes pour Rome, donc, et vers la fin du siècle, le pape Gélase dut s'assurer de l'orthodoxie de l'évêque de Marseille et de son prêtre Gennade. Après une nouvelle alerte en 519, quand des moines scythes [des Goths] reprirent contre les Provençaux les accusations habituelles des tenants de l'augustinisme, l'affaire ne fut tranchée qu'en 529 au concile d'Orange mais cette fois définitivement. Le compromis alors élaboré fut d'ailleurs repris à son compte bien plus tard par le concile de Trente qui avait à connaître, lui, de l'augustinisme de la Réforme. Les temps ne sont plus où comme aux débuts de la crise arienne, l'Eglise provençale pouvait paraître à l'écart des conflits théologiques : bien plus encore que jadis avec Saturninus d'Arles, elle est désormais au centre du débat. Ce n'est donc pas un hasard si au plus gros du conflit sur la grâce, nous surprenons un autre provençal, Vincent de Lérins, soucieux de noter dans son Commonitorium (un titre qui évoque surtout un aide-mémoire) le critère même d'une foi droite : la foi de l'Eglise est le passage «ce qui a été cru partout, toujours et par tous», quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est. Parce que Vincent a été beaucoup lu, au Moyen Age et même plus tard, la maxime est passée en proverbe chez les ecclésiastiques. Mais elle a rarement été suivie, ne fût-ce que par les contemporains. Vincent n'est pourtant qu'un nom de plus sur cette longue liste d'écrivains et de penseurs auxquels, faute de place, nous n'avons pu consacrer que quelques lignes, qu'il s'agisse des plus grands — Cassien, Salvien, Fauste peut-être ou d'autres qui ont aussi leur valeur, comme Prosper d'Aquitaine ou Paulin de Pella. Tous donnent au Ve siècle provençal un éclat singulier. Jamais la Provence n'avait connu un débat intellectuel de cette ampleur et de cette qualité; jamais non plus sans doute elle ne connaîtra un tel rayonnement (Paul-Albert Février, La Provence des origines à l'an mil: histoire et archéologie, Tome 1, 1989 - www.google.fr/books/edition).

 

Dans les Ă©crits de Fauste de Riez, en mĂŞme temps que certaines idĂ©es fausses sur la nature corporelle de l'âme, on voit que la grâce a un rĂ´le subalterne et que comme chez Cassien elle n'a pas l'efficacitĂ© salvatrice comme chez saint Augustin. Rome pourtant mĂ©nagea le saint homme. Le pape Gelase, en 494, qualifia bien de suspects les Ă©crits de Fauste et de Cassien, sans cependant les condamner. Et quand, en 520, les moines Scythes interrogèrent le pape Hormisdas sur la doctrine de Fauste, il rĂ©pondit que ses livres, sans faire autoritĂ©, pouvaient ĂŞtre lus mais avec une prudente rĂ©serve. Presque un siècle de dĂ©bats ! Et la querelle n'Ă©tait toujours pas terminĂ©e. Elle recommençait sans arrĂŞt, presque sans trĂŞve, dans l'axe de la doctrine augustinienne et selon les deux interprĂ©tations opposĂ©es que reprĂ©sentaient les tendances de Lucidus et celles de Fauste. Il en fut ainsi jusqu'Ă  la paix qu'apporta la lumière d'un autre Concile - Ă  savoir le second d'Orange en 529. Lors de ce Concile, saint CĂ©saire, Ă©vĂŞque d'Arles, prĂ©senta Ă  dix-huit Ă©vĂŞques l'orthodoxie qu'il avait rĂ©sumĂ©e sous la forme de dix-neuf projets de formules dogmatiques, qui avaient Ă©tĂ© auparavant soumises par l'intermĂ©diaire du clerc romain Boniface, Ă  l'approbation du Pape FĂ©lix IV qui d'ailleurs les remania quelque peu. Un an et demi plus tard, quand Boniface devint pape, il donna aux dĂ©crets du IIe Concile d'Orange la portĂ©e d'un acte doctrinal de l'Eglise universelle. Ces dĂ©crets proclament la Grâce indispensable Ă  l'effacement du pĂ©chĂ© originel au secours de notre volontĂ©, Ă  la prière, au salut comme aux dĂ©buts de l'acte de foi... et qu'il est hĂ©rĂ©tique par contre de dire que Dieu prĂ©destine les hommes au mal. Ils affirment que tous les baptisĂ©s ont la possibilitĂ© d'accomplir leur salut avec la Grâce de Dieu. C'est donc bien pourquoi M. Henri Marrou peut Ă©crire : «La position alors arrĂŞtĂ©e – celle que l'orthodoxie catholique n'a pas cessĂ© de tenir - a Ă©tĂ© dĂ©finie comme un augustinisme modĂ©rĂ© : on signifie par lĂ  qu'elle s'Ă©tablit notablement en retrait par rapport aux conclusions Ă  la fois logiques et implacables oĂą saint Augustin lui-mĂŞme avait fini par se laisser entraĂ®ner : ce n'est donc pas en vain (si maladroits qu'aient pu ĂŞtre Ă  leur tour leurs efforts) qu'avaient tant combattu les partisans d'un sens plus authentique de la bontĂ© de Dieu et de sa volontĂ© de sauver tous les hommes» (Jacques François Thomas, Le problème moral Ă  Port-Royal, 1963 - www.google.fr/books/edition, fr.wikipedia.org - Fauste de Riez).

 

Jean Cassien, né vers 360 en Scythie mineure (actuelle Dobrogée roumaine), et mort en 435 à Marseille, est un moine chrétien qui a marqué profondément les débuts de l’Église en Provence au ve siècle. Il est le fondateur de l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Il est considéré en Occident comme étant à l'origine du semi-pélagianisme, doctrine condamnée lors du concile d'Orange, en 529 (fr.wikipedia.org - Jean Cassien).

 

Les Templiers ont, entre autres, été accusés d'apostasie, pour avoir en Orient renié le Christ et adoré «Baphomet». Le nom de l'idole supposément adorée par les Templiers apparaît à la fois dans l'accusation et dans certains aveux obtenus lors des interrogatoires menés par l'Inquisition (fr.wikipedia.org - Baphomet).

 

Au sujet des Templiers, on pense à ce Maître Roncelin qui aurait introduit des modifications dans la règle de l'ordre dont le nom se rapporche de Roscelin, et aux têtes baffométiques à trois visages.

 

Nous avons le droit de dire que le trithĂ©isme de Roscelin, candomanĂ© par le synode de Soissons en 1093) fut la critique de la formule augustinienne : un Dieu en trois personnes; car cette substance qui n'est ni une des trois personnes, ni toutes les trois ensemble, se transforme en effet Ă  la rĂ©flexion en un pur concept, ne laissant Ă  sa place que trois substances distinctes et isolĂ©es (Augustin Gretillat, ExposĂ© de thĂ©ologie systĂ©matique, Tome 3, 1888 - www.google.fr/books/edition).

 

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