Notre Dame de Savone

Vincent Ferrier

 

VIII, 53

 

2069

 

Dedans Boulogne voudra laver ses fautes,

Il ne pourra au temple du soleil,

Il volera faisant choses si hautes,

Qu'en hierarchie n'en fut onc un pareil.

 

Suivant les éditions, on a au vers 1 : "Boulogne" ou "Bonlongne" (Bologne en Italie). On envisage les deux.

 

Tamerlan

 

Si la "cité solaire" (quatrains I, 8 et V, 81) représente Pékin avec son temple du soleil construit en 1531 par l'empereur Kia tsing, mort en 1564, le deuxième vers peut désigner la Chine.

 

Photius nous apprend que l'historien Ctesias, dans sa description de l'Inde fait mention d'une cha√ģne de montagnes renfermant des mines de sardes, d'onyx , etc. Ces mines, suivant lui, sont sur les limites du grand d√©sert, au milieu duquel se trouve un temple du soleil. Nous pensons que cette cha√ģne de montagnes est celle du Mustag ou Imaus, situ√©e sur les fronti√®res de la petite Bucharie, dont les habitans, ainsi que l'affirme le missionnaire Goez, voyageur du dix-septi√®me si√®cle, font avec la Chine un grand commerce de pierres pr√©cieuses. Il est tr√®s-possible que ce commerce e√Ľt, d√©j√† lieu dans les temps de l'ancienne monarchie persanne, et que le temple du soleil dont parle Ctesias, e√Ľt √©t√© b√Ęti √† c√īt√© d'un grand caravanserai, destin√© √† servir de rendez-vous aux marchands de la Bucharie et de la Chine (Sur "Ideen √ľber die Politik... de A.H.L. Heeren, 1815, Bibliotheque universelle des sciences, belles-lettres, et arts, 1819 - books.google.fr).

 

Environ 200 ans apr√®s Gengiskhan, il s'√©leva dans la Bucharie un autre conqu√©rant, nomm√© Timur ou Tamerlan, qui ne le c√©dait gu√®re au premier. Ce n'√©tait d'abord qu'un petit prince peu redoutable, mais bient√īt, parti de sa capitale Samarcand, il s'empara de la Bucharie, de la Perse, de l'Arm√©nie, de la G√©orgie, et p√©n√©tra jusqu'√† Moscou. Les empereurs grecs, vivement press√©s en Europe m√™me par Bajazet I, empereur des Turcs, appel√®rent Tamerlan dans l'Asie-Mineure. Il s'y rendit, vainquit les Turcs, fit Bajazet prisonnier, et le fit enfermer dans une cage de fer. Quand Tamerlan montait √† cheval, son prisonnier lui servait de tabouret, et quand il √©tait √† table, il lui jetait les os de sa viande comme √† un chien, jusqu'√† ce qu'enfin le malheureux d√©sesp√©r√© se brisa la t√™te contre les barreaux de sa cage (Wilhelm Eisenmann, Morceaux choisis de litt√©rature allemande, Tome 2, traduit par Eug√®ne Borel, 1850 - books.google.fr).

 

En décembre 1404, Tamerlan ou Timour (de fer) Lang (boiteux) entreprit une expédition militaire contre la Chine, mais le vieux guerrier fut attaqué par la fièvre et la peste quand il campa sur la rive la plus éloignée du Sihon (Syr-Daria) et mourut à Atrar (Otrar) à la mi-février 1405 (fr.wikipedia.org - Tamerlan).

 

A l'√©vidence, l'Europe et le khan de Samarkand avaient des int√©r√™ts communs. Qui plus est, les succ√®s de Tamerlan ressuscitaient le souvenir de la fulgurante conqu√™te mongole, cent cinquante ans plus t√īt, et, avec lui, la folle esp√©rance d'une alliance entre les peuples des steppes et ceux de la chr√©tient√© pour d√©faire¬† non pas l'islam (Tamerlan √©tait musulman) mais la puissance ottomane, la seule √† pouvoir concurrencer son h√©g√©monie sur le monde ouralo-alta√Įque. Et l'Europe de se replonger dans les antiques l√©gendes porteuses d'espoir : celle du ¬ępr√™tre Jean¬Ľ, des Rois mages et de l'aide providentielle qui viendrait de l'Asie profonde pour sauver les fid√®les du Christ. Quant aux marchands europ√©ens, ils esp√©raient une nouvelle ¬ępaix mongole¬Ľ, et donc la r√©ouverture de la route caravani√®re, plus rapide et plus s√Ľre, qui, partant de la mer Noire et de l'Arm√©nie, traverse la Perse pour atteindre l'Asie orientale, celle-l√† m√™me que tant d'aventuriers, diplomates et missionnaires avaient parcourue au si√®cle pr√©c√©dent (Franco Cardini, Europe et Islam: histoire d'un malentendu, traduit par Jean-Pierre Bardos, 2000 - books.google.fr).

 

Les missions orientales, avec participation sur le terrain de dominicains et franciscains et le soutien constant de la papaut√©, n'√©taient plus ce qu'elles avaient √©t√© dans la deuxi√®me moiti√© du XIIIe si√®cle et la premi√®re moiti√© du XIVe. Les principales raisons de ce d√©clin √©taient le petit nombre de missionnaires face √† la masse immense des pa√Įens, l'affaiblissement d√©mographique de l'Occident chr√©tien, caus√© par la peste noire du milieu du XIVe si√®cle, la chute de l'empire mongol, facteur d'unification de l'Asie et son remplacement, √† la t√™te de la Chine, par la dynastie nationale et x√©nophobe des Ming (1368), les progr√®s de l'Islam en Asie Centrale, les destructions occasionn√©es par la conqu√™te de Tamerlan, √† la fin du XIVe si√®cle, tout comme le repliement sur les probl√®mes europ√©ens qu'entra√ģna le Grand Schisme¬† d'Occident √† la fin du XIVe si√®cle (Alain Milhou, Colomb et le messianisme hispanique, 2007 - books.google.fr).

 

Boulogne et Boulogne

 

Ce n'est r√©ellement qu'au XIIIe si√®cle qu'il fut fort fr√©quent√© : plusieurs de nos chroniqueurs et historiens nous l'affirment. L'un d'eux, Jean d'Ypres, abb√© de Saint Bertin, dit qu'en l'an 1244 ¬ęles p√®lerins venaient √† Boulogne de tous les endroits du royaume, excit√©s par le bruit des miracles qui s'y faisaient continuellement, et que ce fameux p√®lerinage subsistait encore de son temps¬Ľ, c'est-√†-dire √† la fin du XIVe si√®cle. Nous pourrions citer encore deux lettres de nos rois, l'une de Charles V donn√©e en octobre 1360 o√Ļ il avance : ¬ęqu'entre toutes les villes de France, celle de Boulogne, o√Ļ il y a une √©glise d√©di√©e √† l'honneur de la Vierge, est un des plus beaux th√©√Ętres de ses merveilles, ce qui cause ce concours et cette affluence de peuples qui y abordent incessamment; ¬Ľ l'autre de Louis XI, dat√©e de Plessis-l√®s-Tours, en janvier 1479, dans laquelle il affirme que ¬ę Dieu continue de faire √©clater les m√™mes effets de sa puissance dans l'√©glise de Notre-B√†me de Boulogne, ce qui y attire plusieurs et grande quantit√© de p√®lerins de divers pays et nations.¬Ľ C'est aussi pendant cette p√©riode de recrudescence religieuse que le Pape, le Parlement de Paris et diverses cours pr√©votales impos√®rent ce p√®lerinage √† de grands criminels en expiation de leurs fautes (Alphonse Lef√®bvre, Etude sur les plombs ou enseignes de p√®lerinage et en particulier sur ceux de Notre-Dame de Boulogne-s-Mer, 1866 - books.google.fr).

 

Outre ces t√©moignages, je pourrais produire encore les arr√™ts des cours souveraines qui, voulant quelquefois commuer la peine de certains criminels, les ont condamn√©s √† faire le p√®lerinage de Boulogne. Il y en eut un entre autres, rendu au parlement de Paris, l'an 1290, entre le seigneur de Harcourt et le chambellan de Tancarville, par lequel l'une des parties fut condamn√©e, entre autres satisfactions, √† faire le voyage de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer. Le conseil d'Artois en a us√© de m√™me √† l'√©gard de quelques criminels ; et on en a vu de nos jours accomplir le p√®lerinage de Boulogne, en ex√©cution des jugements rendus en cette cour. En cela, ces tribunaux s√©culiers ont imit√© la sage condescendance de l'Eglise, qui, lorsque l'usage de la p√©nitence publique vint √† se rel√Ęcher parmi les chr√©tiens, jugea √† propos de commuer les peines canoniques que m√©ritaient certains p√©cheurs, en des voyages de Saint-Jean.de J√©rusalem, de Saint-Pierre de Rome, de Saint-Jacques en Galice, et quelquefois m√™me de Notre-Dame de Boulogne. Telle fut la p√©nitence de Guillaume de Nogaret, √† qui le pape Cl√©ment V ordonna, entre autres p√®lerinages, celui de Notre-Dame de Boulogne, en satisfaction des exc√®s qu'il avait commis en la personne de Boniface VIII, son pr√©d√©cesseur (Antoine Le Roy, Histoire de Notre-Dame de Boulogne, 1839 - books.google.fr).

 

Par les lettres dat√©es du Vivier en Brie au mois de F√©vrier 1319, par lesquelles le Roy Philippe le Long donne aux Habitans de Paris et autres qui avoient √©t√© en pelerinage √† Notre-Dame de Boulogne sur mer, la permission de faire construire une Eglise au village de Menus-lez-Saint-Cloud in villa de Menus prope Sanctum Clodoaldum. [...] Cette Eglise ayant √©t√© construite en moins de dix ans, porta le nom de Notre-Dame de Boulogne-sur-Seine, parce qu'elle avoit √©t√© b√Ętie sur le mod√®le de celle de Boulogne-sur-Mer, et d√®s l'an 1329 le Pape Jean XXII lui accorda beaucoup d'Indulgences. Les Habitans du village de Menus ayant trouv√© leur commodit√© dans cette nouvelle Eglise, agirent pour la faire √©riger en Paroisse. Elle le fut en effet l'an 1343 par Foulques de Chanac Ev√™que de Paris ; et ce hameau fut ainsi demembr√© d'Auteuil. [...] Je ne s√ßai si l'on ne pourroit point entendre de cette Eglise ce qu'a √©crit le fameux Nicolas Flamel qui vivoit en 1393 et 1413, s√ßavoir qu'il a beaucoup d√©pens√© √† Boulogne pr√®s Paris, ou si cela doit plut√īt s'entendre des recherches qu'il y auroit faites de la pierre philosophale. Le nom de la Confr√©rie qui √©toit celui de Notre-Dame de Boulogne l'emporta peu-√†-peu sur celui de Menus, et apr√®s qu'on eut dit pendant plus d'un si√©cle Boulogne la petite, on se contenta de dire simplement Boulogne. L'expression de Notre-Dame de Boulogne la petite est usit√©e dans des lettres de Charles VI du 12 juin 1400 adress√©es au Prev√īt de Paris. Jacques Nivelle Chanoine d'Auxerre est dit en 1407 Cur√© de Boulogne la petite lez-saint-Cloud. [...] Le nom de Boulogne ne fut point communiqu√© au Bois voisin aussi promptement qu'il l'avoit √©t√© au village de Menus. On l'appelloit en 1358 le Bois de Saint-Cloud. Les Chroniques de Saint-Denis √©crites par des auteurs du temps disent √† cette ann√©e que le 21 Juillet il y eut dans le Bois de Saint-Cloud des Anglois qui s'√©tant mis en embuscade, en sortirent, coururent sur ceux de Paris et en tuerent plusieurs. Mais en 1417 on voit employ√© le terme de Bois de Boulogne. Il est marqu√© dans le Journal de Charles VI, que le Bois de Boulogne fournissoit le may chaque ann√©e pour l'H√ītel du Roy (Abb√© Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le dioc√®se de Paris, Tome 4, 1870 - books.google.fr).

 

Comme position strat√©gique, Saint-Cloud √©tait la clef de Paris; aussi le pont qui avait √©t√© jet√© sur la Seine d√®s l‚Äėann√©e 1218 fut-il prot√©g√© par l‚Äô√©dification d‚Äôune tour de pierre, en 1358. Les Anglais, unis aux gens d‚Äôarmes du roi de Navarre, se rendirent ma√ģtres du pont et de la tour, et massacr√®rent une partie des habitants de Saint-Cloud. Cette malheureuse ville souffrit encore des querelles du parti Armagnac et du parti Bourguignon. Un certain Collinet de Pisex ou de Pisieux, capitaine charg√© de d√©fendre le pont de Saint-Cloud, le livra aux Armagnacs le 13 octobre 1411. Un grand nombre d‚Äôhabitants des campagnes voisines s‚Äė√©taient r√©fugi√©s dans la tour, avec tout ce qu‚Äėils poss√©daient; ils perdirent la vie, et leurs biens furent pill√©s. Mais, le 8 novembre de la m√™me ann√©e, quinze cents hommes sortirent silencieusement de Paris sous la conduite du duc de Bourgogne, et attaqu√®rent le pont de Saint-Cloud, qui leur fut vaillamment disput√© et qu‚Äôils emport√®rent. Collinet fut d√©capit√© le 12 novembre (√Čmile Gigault de Lab√©dolli√®re, Histoire des Environs de Paris, 1861 - books.google.fr).

 

Charles VI et Tamerlan : le cerf et le boiteux

 

On a une lettre de Tamerlan à Charles VI, roi de France, pour l'engager à envoyer des marchands en Orient. Original en langue persane daté du 30 juillet 1402 (fr.wikipedia.org).

 

En mai 1403, l'archevêque Jean de Soltanieh est reçu à la cour de Charles VI, à qui il remet une lettre l'informant de la victoire de Tamerlan, son souverain, sur le puissant sultan Bajazet (Jean-François Kosta-Théfaine, La vie et la cour de Tamerlan: récit de son ambassadeur auprès de Charles VI en 1403, 2012 - books.google.fr).

 

Le roi chassant en la for√™t de Senlis, dit Juv√©nal des Ursins, prit un cerf vivant qui avoit au cou un collier de cuivre dor√© o√Ļ estoit cette inscription : Hoc me Coesar donavit. Depuis ce temps l√†, il prit deux cerfs volans pour supports de ses armes. Froissart dit qu‚Äôil prit le cerf volant en sa devise, parce qu‚Äôil eut un songe o√Ļ il lui sembloit qu‚Äôil √©toit mont√© sur un cerf volant. L‚Äôhistoire du cerf trouv√© dans la for√™t de Senlis a tout l‚Äôair d‚Äôune vision et d‚Äôun conte fait √† plaisir ¬Ľ (Les monuments de la monarchie fran√ßaise, par dom Montfaucon, tome III, 1731). (Charles VI adopte les cerfs ail√©s comme supports de ses armoiries (D‚Äôapr√®s ¬ęRevue des √©tudes historiques¬Ľ, paru en 1930) - www.france-pittoresque.com).

 

"On verra les boiteux bondir comme le cerf" (Isa. XXXV, 6.) repris par Matthieu 11,5 dans l'optique messianique christique comparable à la symbolique royale voulue par les Valois et leurs conseillers. Tamerlan serait le représentant de Gog et Magog des Apocalypses.

 

Jeanne II de Boulogne et d'Auvergne, mariée en 1389 à Jean de Berry, aurait sauvé le roi Charles VI lors du bal des Ardents dans la nuit du 27 au 28 janvier 1393 (L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur, Tome III, 1818 - books.google.fr).

 

Vous avez un message

 

Comme les Romains tenaient beaucoup de c√ītes maritimes, il leur fut n√©cessaire de communiquer avec leurs navires et l'on en trouve des descriptions, √† d√©faut de retrouver les √©difices. Une tour monumentale b√Ętie par les Romains a orn√© pendant longtemps la c√īte septentrionale des Gaules. Il s'agit de la Tour de Boulogne qui s'est d√©finitivement √©croul√©e en 1644. D'apr√®s Su√©tone, cette tour √† feu avait √©t√© construite sur ordre de Caligula qui avait esp√©r√© conduire une exp√©dition chez les Bretons - habitants de l'Angleterre - ; comme le lieu habituel d'embarquement √©tait proche de Gessoriacum, ou Boulogne, c'est l√† que fut construite cette tour dont le signal devait pouvoir traverser le Pas-de-Calais. Apr√®s la fin de l'occupation romaine, la tour fut inemploy√©e par les barbares jusqu'en 810. A cette date, Charlemagne en vit l'int√©r√™t pour lutter contre les Normands et en fit restaurer la partie sup√©rieure effondr√©e. Vers 1540, les Anglais ayant pris Boulogne y ajout√®rent donjon et cr√©neaux. Mais les Boulonnais exploit√®rent la pierre de la falaise qui supportait la tour, tant et si bien que, le flot aidant, la tour fut d√©truite. Il n'en reste qu'un dessin.

 

Au Portugal, au moyen-√Ęge, on construisit depuis la fronti√®re jusqu'√† Barcelone de petites tours de bois appel√©es " vigies ". Les signaux √©taient des √©tendards pendant le jour et des feux pendant la nuit. Ils annon√ßaient la pr√©sence des b√Ętiments et si ceux-l√† √©taient de guerre ou marchands. Lorsqu'ils √©taient jug√©s ennemis, on montrait un drapeau rouge. Lorsqu'ils se dirigeaient vers Gibraltar, le signal √©tait accompagn√© de plusieurs coups de canon. A Constantinople, des feux √©taient plac√©s sur huit montagnes pour signaler les mouvements des Sarrasins. Les moyens de transmission de messages en rest√®rent longtemps √† ce point. Tant que n'exist√®rent pas des appareils permettant la vue √† distance, comme les miroirs concaves ou les lunettes d'approche, l'espacement des postes fut r√©duit, surtout l'espacement de ceux qui devaient transmettre des messages alphab√©tiques. Au quinzi√®me si√®cle, l'un des "t√©l√©graphes" le plus facile √† comprendre √©tait celui de Tamerlan qui s'en servait quand il faisait un si√®ge. Il comportait 3 signaux : - 1¬į Drapeau blanc - Rendez- vous, Tamerlan usera de cl√©mence. - 2¬įDrapeau rouge le deuxi√®me jour - Il faut du sang ; le commandant de la place et ses principaux officiers payeront de leur t√™te le temps qu'ils lui ont fait perdre. - 3¬įDrapeau noir, noir, le troisi√®me jour - Soit que la place se rende ou qu'elle soit prise d'assaut, tout sera mis √† feu et √† sang ; la ville sera d√©truite (Jean-Claude Montagn√©, Transmissions: l'histoire des moyens de communication √† distance √† la d√©couverte de l'√©volution des moyens de communication √† distance au cours des √Ęges, 2008 - books.google.fr).

 

"Il volera" "hiérarchie" : canonisation

 

Par contamination temporelle des quatrains précédent et suivant, l'interprétation présente se focalise sur la période fin XIVe début XVe siècles.

 

Parmi les saints qui lévitent on compte Vincent Ferrier (M. A. de Rochas, La lévitation, Revue scientifique, 1885 - books.google.fr).

 

D'apr√®s les Bollandistes, Saint Vincent Ferrier prit un jour dans ses mains et pla√ßa sur un char une pi√®ce de bois que six hommes auraient eu de la peine √† soulever. Une autre fois, il fit porter au couvent par un √©clop√© et sans fatigue une poutre qu‚Äôune paire de bŇďufs n‚Äôaurait pu tra√ģner.

 

En Italie, dit M. l'abb√© Gaume dans son int√©ressant ouvrage intitul√© : Histoire de la soci√©t√© domestique, saint Vincent Ferrier n'est repr√©sent√© que sous la forme d'un ange volant par les atrs et pour couronner tous les t√©moignages qui abondent pour √©tablir la saintet√© et la r√©alit√© de la mission, le pape Pie II, dans la bulle de canonisation du saint, reconnait le thaumaturge pour l'ange de l'Apocalypse ! Car il y est dit : ¬ę√Üterni Evangelii in se documenta habentem... ad extremi tremendique judicii diem quasi angelum volantem per C√¶li medium, pronuntiandum, evangelizandumque sedentibus super terram... ut in omnes gentes, tribus et linguas, populos et nationes... regnum Dei, diemque judicii appropinquare ostenderet.¬Ľ Ce qui signifie en fran√ßais : ¬ęIl cite les paroles de l'√Čvangile √©ternel pour annoncer comme l'ange qui volait par le milieu du ciel le r√®gne de Dieu √† toute langue, √† toute tribu, √† toute nation, et pour d√©montrer l'approche du jugement dernier.¬Ľ Cet ange, qui volait par le milieu du ciel, fait allusion au verset 6e du chap. XIV de l‚ÄôApocalypse, et confirme ce que nous disions plus haut de sa mission (Leon de Joannis, Les tapisseries de l'apocalypse de la cathedrale d'Angers: dites tapisseries du roi Rene, 1864 - books.google.fr).

 

"temple du soleil"

 

Il parcourt la Savoie, le Dauphin√©, la Tarentaise, la Maurienne. Ce sont des pays dangereux : sous le nom de Saint-Orient on y adore m√™me le Soleil et malheur √† qui se dispenserait de son culte ! Fr√®re Vincent tombe l√† comme le tonnerre, agenouille les ouailles et confond les pasteurs, renverse leurs idoles et dresse la Croix en leur place, soit qu'il passe √† Grenoble, √† Sion, √† Lausanne, soit qu'il descende sur Turin, car il ne craint pas d'entamer, aux fronti√®res de l'anti-pape, le Pi√©mont et la Lombardie. Il ne triomphe point si ais√©ment partout et il lui faut compter avec des ruses infernales (Henri Gh√©on, Saint Vincent Ferrier, 1939 - books.google.fr).

 

Blavignac a encore mentionn√© une lettre de Saint Vincent Ferrier, √©crite en 1404 au g√©n√©ral de son ordre pour lui signaler la continuation de c√©r√©monies solaires √† Gen√®ve et √† Lausanne. M. E. Ritter a rappel√© ces survivances solaires dans le pays de Vaud, et M. Reber, qui songe au culte du soleil chez les Ph√©niciens, les √Čthiopiens, les Perses, et invoque indiff√©remment H√©lios, Bel, Apollon, Mithra, trouve dans l'existence de cette confr√©rie du Saint-Orient √† Gen√®ve au d√©but du xve si√®cle un s√©rieux argument en faveur de la th√®se qu'il soutient (Revue de l'histoire des religions, Volumes 72 √† 73, 1915 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DIIE

 

DI : deo invicto

IE : id est

 

C'est à dire le dieu invincible : le Soleil, Hélios, Mithra.

 

Sol Invictus (latin pour ¬ęSoleil invaincu¬Ľ) est une divinit√© solaire apparue dans l'Empire romain au IIIe si√®cle. Elle reprend des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, connaissant une grande popularit√© dans l'arm√©e romaine. L'empereur Aur√©lien (270-275) lui assure une place officielle √† Rome en proclamant que le Soleil invaincu est le patron principal de l‚ÄôEmpire romain et en faisant du 25 d√©cembre (le solstice d'hiver tombait alors le 25 d√©cembre, l'√©quinoxe de printemps ayant √©t√© fix√© au 25 mars avant la modification du concile de Nic√©e) une f√™te officielle appel√©e le ¬ęjour de naissance du Soleil¬Ľ (du latin dies natalis solis invicti). Cette f√™te vient alors se placer dans le prolongement des Saturnales, une p√©riode de f√™te ancienne et la plus importante de Rome. Un temple est d√©di√© au Soleil au Champ de Mars, et orn√© du butin rapport√© de Palmyre ; ce temple est servi par un nouveau coll√®ge de pr√™tres, les pontifices Solis (fr.wikipedia.org - Sol Invictus (religion)).

 

Les termes communément employés par la superstition romaine, lorsqu'elle s'adressait au dieu Mithra, étaient : Sancto ou Sanctissimo soli Mithra, Soli invicto Mithra, Deo invicto Mithra, etc. (Abbé Rouchier, Histoire religieuse, civile et politique du Vivarais, Volume 1, 1861 - books.google.fr).

 

Le dimanche (dominicus dies) était le jour du soleil (soli dies).

 

Bologne

 

A Bologne, sous l'église Sainte Apollonie (cf. Apollon) de Mezzaretta se trouve un mithraeum. Il y en avait aussi à Rome, sous la basilique de saint Clément du Latran, sous l'église Sainte Prisque, entre autres.

 

Saint Dominique, fondateur de l'ordre des fr√®res pr√™cheurs (dominicains),¬† est mort √† Bologne o√Ļ il a son tombeau. Vincent Ferrier y passe en particulier en 1416.

 

Les registres du couvent de Bologne portaient, √† la date du 15 avril 1481, la mention suivante : ¬ęPrise d'habit du Fr. Vincent, de Bologne, celui-l√† m√™me qui fut ressuscit√© par les m√©rites de saint Vincent Ferrier, confesseur

 

Saint Vincent Ferrier, qui vint à Bologne, en 1416, visiter le corps de saint Dominique, exhorta Pierre de Palerme vivement à continuer, l'assurant que ses travaux étaient agréables à Dieu. En effet, le saint religieux n'omettait rien de ce qui pouvait attirer la bénédiction du ciel sur ses prédications. Prières ferventes, mortifications assidues, humilité profonde, tels sont les moyens par lesquels il cherchait surtout à convertir les pécheurs (René François Rohrbacher, Histoire Universelle de l'Esglise Catholique, Tome 21, 1858 - books.google.fr).

 

"fautes"

 

Une lettre nous montre quelle estime professait Gerson pour saint Vincent, avec quelle ardeur il d√©sirait l'attirer au concile de Constance, et quelle √©tait sa pieuse inqui√©tude √† l'occasion de ces p√©nitents publics qui suivaient partout le serviteur de Dieu. Le chancelier de Paris, dont la sinc√®re pi√©t√© √©galait les lumi√®res, craignait que l'autorit√© d'un si grand homme ne serv√ģt peut-√™tre, contre son intention, √† renouveler la secte des flagellants qui venait de para√ģtre en Allemagne, et qui avait √©t√© aussit√īt proscrite par le z√®le vigilant des pasteurs. Mais entre ces h√©r√©tiques, appel√©s les fr√®res de la croix, et les p√©nitents form√©s par les soins de saint Vincent, il ne pouvait y avoir rien de commun, ni dans la croyance, ni dans la pratique (Antoine Bayle, Vie de S. Vincent Ferrier, de l'Ordre des Fr√®res-Pr√™cheurs (1350-1419), 1835).

 

Moine dominicain, Vincent Ferrier parcourait l'Espagne et la France au d√©but du XV√®me si√®cle, accompagn√© d'un groupe de flagellants. Vincent Ferrier √©tait persuad√© que l'ant√©christ √©tait d√©j√† n√©, et que la conversion des Juifs au catholicisme devait pr√©c√©der l'imminente Apocalypse, et le Jugement Dernier. Il s'occupait particuli√®rement de h√Ęter cette conversion (Jean-Yves Camus, Ren√© Monzat, Les droites nationales et radicales en France: r√©pertoire critique, 1992) (www.nonagones.info - Autour de Rennes - Eglise Saint Sulpice - Aude : correspondance).

 

Typologie

 

Le report de 2069 sur la date 1416 donne 763.

 

Sous P√©pin le Bref, le ¬ępacte de la loi salique¬Ľ fut compl√©t√© et refondu en 763 et 764, appel√©e Lex salica √† proprement parler (fr.wikipedia.org - Loi salique).

 

Don Jacques II, gendre de Sibille de Fortia, est qualifi√© roi d'Aragon; il √©tait seulement prince de la maison royale et comte d'Urgel, lorsqu'il se maria , √©tant fils de Pierre d'Aragon, comte d'Urgel, et de Marguerite de Montferrat ; √† la v√©rit√©, apr√®s la mort de son beau-fr√®re Martin, roi d'Aragon , arriv√©e le 31 mai 1410, sans que ce prince e√Ľt laiss√© d'enfants, le comte d'Urgel pr√©tendit √† la couronne, et en France o√Ļ la loi salique est admise, il y aurait eu r√©ellement un droit incontestable. Il pouvait encore r√©gner du chef de sa femme, sŇďur de Martin, quoique d'un autre lit; mais ce double titre ne causa que de grands troubles, guerre sanglante entre divers pr√©tendants, et une anarchie de deux ans. La fille de Sibille de Fortia avait une sŇďur a√ģn√©e d'un autre lit, qui se nommait L√©onore, et qui avait √©pous√© Jean Ier, roi de Castille. Le 24 juin 1412, Ferdinand, second fils issu de ce mariage, fut reconnu l√©gitime h√©ritier de la couronne par les juges assembl√©s √† Casp√© pour d√©cider cette grande question. Sur neuf qu'ils √©taient, Ferdinand en eut pour lui six, √† la t√™te desquels √©tait saint Vincent Ferrier, qui publia solennellement la sentence le 28. Le comte d'Urgel, soutenu par son oncle Bernard de Fortia, et les parents de sa belle-m√®re, refusa de s'y soumettre. Ferdinand marcha contre lui, l'an 1413, l'assi√©gea dans Balaguier, l'obligea de se rendre √† discr√©tion, confisqua tous ses biens, et le constitua prisonnier √† perp√©tuit√© dans le ch√Ęteau d'Ucu√©na. L'infortun√© comte d'Urgel y mourut le 1er juin 1433, apr√®s treize ans de captivit√©. Mais on voit qu'il avait port√© v√©ritablement le titre de roi d'Aragon, et que la famille de Fortia fut envelopp√©e dans sa ruine. Bernard II de Fortia et son fils Jean durent alors perdre toutes les propri√©t√©s qui avaient pu leur rester en Aragon, et cette seconde catastrophe, plus funeste pour eux que la premi√®re, fut ce qui les r√©duisit √† quelque obscurit√©, √† Montpellier, o√Ļ ils se retir√®rent alors enti√®rement (Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France: ou Recueil g√©n√©ral des g√©n√©alogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Tome 9, 1875 - books.google.fr).

 

Fran√ßois Hotman (1524 - vers 1590) aurait pu citer Balde, source classique de la science juridique sur l'extension √† l'infini du droit du sang, mais il pr√©f√©ra une analogie cosmique : ¬ęCar comme les astres n'ont lumiere que celle qui procede des rayons du Soleil, qui sont infinis, aussi les honneurs des Princes proviennent principalement de la proximit√© des Roys, quae in infinitum extenditur¬Ľ [Franco-Gallia, 1574, o√Ļ il propose un gouvernement repr√©sentatif et une monarchie √©lective. Il affirme que la couronne de France n'est pas h√©r√©ditaire mais √©lective et que les gens ont le droit de d√©poser et de cr√©er des rois] (Ralph E. Giesey, Le r√īle m√©connu de la loi salique: La succession royale, XIVe-XVIe si√®cles, traduit par Franz Regnot, 2007 - books.google.fr).

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