Notre Dame de Savone

Christopher Marlowe

 

VIII, 53

 

2069

 

Dedans Boulogne voudra laver ses fautes,

Il ne pourra au temple du soleil,

Il volera faisant choses si hautes,

Qu'en hierarchie n'en fut onc un pareil.

 

Tamerlan

 

Si la "cité solaire" (quatrains I, 8 et V, 81) représente Pékin avec son temple du soleil construit en 1531 par l'empereur Kia tsing, mort en 1564, le deuxième vers peut désigner la Chine.

 

Photius nous apprend que l'historien Ctesias, dans sa description de l'Inde fait mention d'une chaîne de montagnes renfermant des mines de sardes, d'onyx , etc. Ces mines, suivant lui, sont sur les limites du grand désert, au milieu duquel se trouve un temple du soleil. Nous pensons que cette chaîne de montagnes est celle du Mustag ou Imaus, située sur les frontières de la petite Bucharie, dont les habitans, ainsi que l'affirme le missionnaire Goez, voyageur du dix-septième siècle, font avec la Chine un grand commerce de pierres précieuses. Il est très-possible que ce commerce eût, déjà lieu dans les temps de l'ancienne monarchie persanne, et que le temple du soleil dont parle Ctesias, eût été bâti à côté d'un grand caravanserai, destiné à servir de rendez-vous aux marchands de la Bucharie et de la Chine (Sur "Ideen über die Politik... de A.H.L. Heeren, 1815, Bibliotheque universelle des sciences, belles-lettres, et arts, 1819 - books.google.fr).

 

Environ 200 ans après Gengiskhan, il s'éleva dans la Bucharie un autre conquérant, nommé Timur ou Tamerlan, qui ne le cédait guère au premier. Ce n'était d'abord qu'un petit prince peu redoutable, mais bientôt, parti de sa capitale Samarcand, il s'empara de la Bucharie, de la Perse, de l'Arménie, de la Géorgie, et pénétra jusqu'à Moscou. Les empereurs grecs, vivement pressés en Europe même par Bajazet I, empereur des Turcs, appelèrent Tamerlan dans l'Asie-Mineure. Il s'y rendit, vainquit les Turcs, fit Bajazet prisonnier, et le fit enfermer dans une cage de fer. Quand Tamerlan montait à cheval, son prisonnier lui servait de tabouret, et quand il était à table, il lui jetait les os de sa viande comme à un chien, jusqu'à ce qu'enfin le malheureux désespéré se brisa la tête contre les barreaux de sa cage (Wilhelm Eisenmann, Morceaux choisis de littérature allemande, Tome 2, traduit par Eugène Borel, 1850 - books.google.fr).

 

En décembre 1404, Tamerlan ou Timour (de fer) Lang (boiteux) entreprit une expédition militaire contre la Chine, mais le vieux guerrier fut attaqué par la fièvre et la peste quand il campa sur la rive la plus éloignée du Sihon (Syr-Daria) et mourut à Atrar (Otrar) à la mi-février 1405 (fr.wikipedia.org - Tamerlan).

 

A l'évidence, l'Europe et le khan de Samarkand avaient des intérêts communs. Qui plus est, les succès de Tamerlan ressuscitaient le souvenir de la fulgurante conquête mongole, cent cinquante ans plus tôt, et, avec lui, la folle espérance d'une alliance entre les peuples des steppes et ceux de la chrétienté pour défaire  non pas l'islam (Tamerlan était musulman) mais la puissance ottomane, la seule à pouvoir concurrencer son hégémonie sur le monde ouralo-altaïque. Et l'Europe de se replonger dans les antiques légendes porteuses d'espoir : celle du «prêtre Jean», des Rois mages et de l'aide providentielle qui viendrait de l'Asie profonde pour sauver les fidèles du Christ. Quant aux marchands européens, ils espéraient une nouvelle «paix mongole», et donc la réouverture de la route caravanière, plus rapide et plus sûre, qui, partant de la mer Noire et de l'Arménie, traverse la Perse pour atteindre l'Asie orientale, celle-là même que tant d'aventuriers, diplomates et missionnaires avaient parcourue au siècle précédent (Franco Cardini, Europe et Islam: histoire d'un malentendu, traduit par Jean-Pierre Bardos, 2000 - books.google.fr).

 

Les missions orientales, avec participation sur le terrain de dominicains et franciscains et le soutien constant de la papauté, n'étaient plus ce qu'elles avaient été dans la deuxième moitié du XIIIe siècle et la première moitié du XIVe. Les principales raisons de ce déclin étaient le petit nombre de missionnaires face à la masse immense des païens, l'affaiblissement démographique de l'Occident chrétien, causé par la peste noire du milieu du XIVe siècle, la chute de l'empire mongol, facteur d'unification de l'Asie et son remplacement, à la tête de la Chine, par la dynastie nationale et xénophobe des Ming (1368), les progrès de l'Islam en Asie Centrale, les destructions occasionnées par la conquête de Tamerlan, à la fin du XIVe siècle, tout comme le repliement sur les problèmes européens qu'entraîna le Grand Schisme  d'Occident à la fin du XIVe siècle (Alain Milhou, Colomb et le messianisme hispanique, 2007 - books.google.fr).

 

Boulogne et Boulogne

 

Ce n'est réellement qu'au XIIIe siècle qu'il fut fort fréquenté : plusieurs de nos chroniqueurs et historiens nous l'affirment. L'un d'eux, Jean d'Ypres, abbé de Saint Bertin, dit qu'en l'an 1244 «les pèlerins venaient à Boulogne de tous les endroits du royaume, excités par le bruit des miracles qui s'y faisaient continuellement, et que ce fameux pèlerinage subsistait encore de son temps», c'est-à-dire à la fin du XIVe siècle. Nous pourrions citer encore deux lettres de nos rois, l'une de Charles V donnée en octobre 1360 où il avance : «qu'entre toutes les villes de France, celle de Boulogne, où il y a une église dédiée à l'honneur de la Vierge, est un des plus beaux théâtres de ses merveilles, ce qui cause ce concours et cette affluence de peuples qui y abordent incessamment; » l'autre de Louis XI, datée de Plessis-lès-Tours, en janvier 1479, dans laquelle il affirme que « Dieu continue de faire éclater les mêmes effets de sa puissance dans l'église de Notre-Bàme de Boulogne, ce qui y attire plusieurs et grande quantité de pèlerins de divers pays et nations.» C'est aussi pendant cette période de recrudescence religieuse que le Pape, le Parlement de Paris et diverses cours prévotales imposèrent ce pèlerinage à de grands criminels en expiation de leurs fautes (Alphonse Lefèbvre, Etude sur les plombs ou enseignes de pèlerinage et en particulier sur ceux de Notre-Dame de Boulogne-s-Mer, 1866 - books.google.fr).

 

Outre ces témoignages, je pourrais produire encore les arrêts des cours souveraines qui, voulant quelquefois commuer la peine de certains criminels, les ont condamnés à faire le pèlerinage de Boulogne. Il y en eut un entre autres, rendu au parlement de Paris, l'an 1290, entre le seigneur de Harcourt et le chambellan de Tancarville, par lequel l'une des parties fut condamnée, entre autres satisfactions, à faire le voyage de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer. Le conseil d'Artois en a usé de même à l'égard de quelques criminels ; et on en a vu de nos jours accomplir le pèlerinage de Boulogne, en exécution des jugements rendus en cette cour. En cela, ces tribunaux séculiers ont imité la sage condescendance de l'Eglise, qui, lorsque l'usage de la pénitence publique vint à se relâcher parmi les chrétiens, jugea à propos de commuer les peines canoniques que méritaient certains pécheurs, en des voyages de Saint-Jean.de Jérusalem, de Saint-Pierre de Rome, de Saint-Jacques en Galice, et quelquefois même de Notre-Dame de Boulogne. Telle fut la pénitence de Guillaume de Nogaret, à qui le pape Clément V ordonna, entre autres pèlerinages, celui de Notre-Dame de Boulogne, en satisfaction des excès qu'il avait commis en la personne de Boniface VIII, son prédécesseur (Antoine Le Roy, Histoire de Notre-Dame de Boulogne, 1839 - books.google.fr).

 

Par les lettres datées du Vivier en Brie au mois de Février 1319, par lesquelles le Roy Philippe le Long donne aux Habitans de Paris et autres qui avoient été en pelerinage à Notre-Dame de Boulogne sur mer, la permission de faire construire une Eglise au village de Menus-lez-Saint-Cloud in villa de Menus prope Sanctum Clodoaldum. [...] Cette Eglise ayant été construite en moins de dix ans, porta le nom de Notre-Dame de Boulogne-sur-Seine, parce qu'elle avoit été bâtie sur le modèle de celle de Boulogne-sur-Mer, et dès l'an 1329 le Pape Jean XXII lui accorda beaucoup d'Indulgences. Les Habitans du village de Menus ayant trouvé leur commodité dans cette nouvelle Eglise, agirent pour la faire ériger en Paroisse. Elle le fut en effet l'an 1343 par Foulques de Chanac Evêque de Paris ; et ce hameau fut ainsi demembré d'Auteuil. [...] Je ne sçai si l'on ne pourroit point entendre de cette Eglise ce qu'a écrit le fameux Nicolas Flamel qui vivoit en 1393 et 1413, sçavoir qu'il a beaucoup dépensé à Boulogne près Paris, ou si cela doit plutôt s'entendre des recherches qu'il y auroit faites de la pierre philosophale. Le nom de la Confrérie qui étoit celui de Notre-Dame de Boulogne l'emporta peu-à-peu sur celui de Menus, et après qu'on eut dit pendant plus d'un siécle Boulogne la petite, on se contenta de dire simplement Boulogne. L'expression de Notre-Dame de Boulogne la petite est usitée dans des lettres de Charles VI du 12 juin 1400 adressées au Prevôt de Paris. Jacques Nivelle Chanoine d'Auxerre est dit en 1407 Curé de Boulogne la petite lez-saint-Cloud. [...] Le nom de Boulogne ne fut point communiqué au Bois voisin aussi promptement qu'il l'avoit été au village de Menus. On l'appelloit en 1358 le Bois de Saint-Cloud. Les Chroniques de Saint-Denis écrites par des auteurs du temps disent à cette année que le 21 Juillet il y eut dans le Bois de Saint-Cloud des Anglois qui s'étant mis en embuscade, en sortirent, coururent sur ceux de Paris et en tuerent plusieurs. Mais en 1417 on voit employé le terme de Bois de Boulogne. Il est marqué dans le Journal de Charles VI, que le Bois de Boulogne fournissoit le may chaque année pour l'Hôtel du Roy (Abbé Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Tome 4, 1870 - books.google.fr).

 

Comme position stratégique, Saint-Cloud était la clef de Paris; aussi le pont qui avait été jeté sur la Seine dès l‘année 1218 fut-il protégé par l’édification d’une tour de pierre, en 1358. Les Anglais, unis aux gens d’armes du roi de Navarre, se rendirent maîtres du pont et de la tour, et massacrèrent une partie des habitants de Saint-Cloud. Cette malheureuse ville souffrit encore des querelles du parti Armagnac et du parti Bourguignon. Un certain Collinet de Pisex ou de Pisieux, capitaine chargé de défendre le pont de Saint-Cloud, le livra aux Armagnacs le 13 octobre 1411. Un grand nombre d’habitants des campagnes voisines s‘étaient réfugiés dans la tour, avec tout ce qu‘ils possédaient; ils perdirent la vie, et leurs biens furent pillés. Mais, le 8 novembre de la même année, quinze cents hommes sortirent silencieusement de Paris sous la conduite du duc de Bourgogne, et attaquèrent le pont de Saint-Cloud, qui leur fut vaillamment disputé et qu’ils emportèrent. Collinet fut décapité le 12 novembre (Émile Gigault de Labédollière, Histoire des Environs de Paris, 1861 - books.google.fr).

 

Charles VI et Tamerlan : le cerf et le boiteux

 

On a une lettre de Tamerlan à Charles VI, roi de France, pour l'engager à envoyer des marchands en Orient. Original en langue persane daté du 30 juillet 1402 (fr.wikipedia.org).

 

En mai 1403, l'archevêque Jean de Soltanieh est reçu à la cour de Charles VI, à qui il remet une lettre l'informant de la victoire de Tamerlan, son souverain, sur le puissant sultan Bajazet (Jean-François Kosta-Théfaine, La vie et la cour de Tamerlan: récit de son ambassadeur auprès de Charles VI en 1403, 2012 - books.google.fr).

 

Le roi chassant en la forêt de Senlis, dit Juvénal des Ursins, prit un cerf vivant qui avoit au cou un collier de cuivre doré où estoit cette inscription : Hoc me Coesar donavit. Depuis ce temps là, il prit deux cerfs volans pour supports de ses armes. Froissart dit qu’il prit le cerf volant en sa devise, parce qu’il eut un songe où il lui sembloit qu’il étoit monté sur un cerf volant. L’histoire du cerf trouvé dans la forêt de Senlis a tout l’air d’une vision et d’un conte fait à plaisir » (Les monuments de la monarchie française, par dom Montfaucon, tome III, 1731). (Charles VI adopte les cerfs ailés comme supports de ses armoiries (D’après «Revue des études historiques», paru en 1930) - www.france-pittoresque.com).

 

"On verra les boiteux bondir comme le cerf" (Isa. XXXV, 6.) repris par Matthieu 11,5 dans l'optique messianique christique comparable à la symbolique royale voulue par les Valois et leurs conseillers. Tamerlan serait le représentant de Gog et Magog des Apocalypses.

 

Jeanne II de Boulogne et d'Auvergne, mariée en 1389 à Jean de Berry, aurait sauvé le roi Charles VI lors du bal des Ardents dans la nuit du 27 au 28 janvier 1393 (L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur, Tome III, 1818 - books.google.fr).

 

Vous avez un message

 

Comme les Romains tenaient beaucoup de côtes maritimes, il leur fut nécessaire de communiquer avec leurs navires et l'on en trouve des descriptions, à défaut de retrouver les édifices. Une tour monumentale bâtie par les Romains a orné pendant longtemps la côte septentrionale des Gaules. Il s'agit de la Tour de Boulogne qui s'est définitivement écroulée en 1644. D'après Suétone, cette tour à feu avait été construite sur ordre de Caligula qui avait espéré conduire une expédition chez les Bretons - habitants de l'Angleterre - ; comme le lieu habituel d'embarquement était proche de Gessoriacum, ou Boulogne, c'est là que fut construite cette tour dont le signal devait pouvoir traverser le Pas-de-Calais. Après la fin de l'occupation romaine, la tour fut inemployée par les barbares jusqu'en 810. A cette date, Charlemagne en vit l'intérêt pour lutter contre les Normands et en fit restaurer la partie supérieure effondrée. Vers 1540, les Anglais ayant pris Boulogne y ajoutèrent donjon et créneaux. Mais les Boulonnais exploitèrent la pierre de la falaise qui supportait la tour, tant et si bien que, le flot aidant, la tour fut détruite. Il n'en reste qu'un dessin.

 

Au Portugal, au moyen-âge, on construisit depuis la frontière jusqu'à Barcelone de petites tours de bois appelées " vigies ". Les signaux étaient des étendards pendant le jour et des feux pendant la nuit. Ils annonçaient la présence des bâtiments et si ceux-là étaient de guerre ou marchands. Lorsqu'ils étaient jugés ennemis, on montrait un drapeau rouge. Lorsqu'ils se dirigeaient vers Gibraltar, le signal était accompagné de plusieurs coups de canon. A Constantinople, des feux étaient placés sur huit montagnes pour signaler les mouvements des Sarrasins. Les moyens de transmission de messages en restèrent longtemps à ce point. Tant que n'existèrent pas des appareils permettant la vue à distance, comme les miroirs concaves ou les lunettes d'approche, l'espacement des postes fut réduit, surtout l'espacement de ceux qui devaient transmettre des messages alphabétiques. Au quinzième siècle, l'un des "télégraphes" le plus facile à comprendre était celui de Tamerlan qui s'en servait quand il faisait un siège. Il comportait 3 signaux : - 1° Drapeau blanc - Rendez- vous, Tamerlan usera de clémence. - 2°Drapeau rouge le deuxième jour - Il faut du sang ; le commandant de la place et ses principaux officiers payeront de leur tête le temps qu'ils lui ont fait perdre. - 3°Drapeau noir, noir, le troisième jour - Soit que la place se rende ou qu'elle soit prise d'assaut, tout sera mis à feu et à sang ; la ville sera détruite (Jean-Claude Montagné, Transmissions: l'histoire des moyens de communication à distance à la découverte de l'évolution des moyens de communication à distance au cours des âges, 2008 - books.google.fr).

 

1587 : Tamberlaine

 

Si l'on fait commencer la période élisabéthaine en 1587, avec le Tamerlan de Marlowe, il est aisé de constater que cette pièce ouvre une période de violences et de meurtres, après les jeux élégants de la période précédente. Le jeune étudiant de Cambridge était sans doute intoxiqué par sa lecture de La vie du Grand Tamerlan, empereur des Scythes, publiée par Pétrus Perondinus, à Florence, en 1553 ; mais le  fils du maître cordonnier se trouve avec le fils du du berger devenu maître de l'Asie, dans une entente profonde. Il ne sait pas encore que l'image du souverain criminel va, jusqu'à la victoire puritaine, constituer un des foyers d'attraction et de regroupement quasi journalier pour un public urbain. Mais il écrit sa pièce et le crime s'installe sur une scène qu'il n'abandonne jamais plus. On pourrait donner une sorte de nomenclature des crimes qui déclenchent et supportent l'action dramatique de la plupart des pièces anglaises : crimes de la puissance qui trouve son moteur dans l'avidité du pouvoir et de la domination (Jean Duvigaud, Sociologie du théâtre: Essai sur les ombres collectives, 1965 - books.google.fr).

 

Not a whit intimidated by this vision of utter servitude, the people clamour for a king and thus it is that Samuel afterwards anoints Saul as the first king of Israel. It is in fact clear from the context that the institution of monarchy involves a loss of the direct contact between God and his chosen people. They cry out for a king because they are themselves degenerate, and so God grants their request through his servant Samuel.

 

The Geneva commentators, clearly made uneasy by the perspective of a king who is apparently legitimised as a tyrant, gloss this passage with the marginal comment: "Not that kings have this autoritie by their office, but that such as reigne in Gods wrath shulde usurpe this over their brethren contrary to the Law." This is the Augustinian view of the king who is from time to time sent as a scourge of the people for their sins, and is very close to the Tamburlaine that Marlowe was to set strutting the stage in the late 1580s. Picking up on a marginal reference to Deuteronomy in Tyndale's Bible, the final word of the marginal note by the Geneva translators sends us to the following passage that makes it clear that such behaviour is not part of the normal contract between prince and people: "He [the king] may learne to feare the Lord his God, and to kepe all the wordes of this Lawe... That his heart be not lifted up above his brethren, and that he turne not from the commandement" (Deut. 17.20). [...]

 

Catholic Cardinal William Allen's vision of Elizabeth's tyranny, aggressive as it is, is restrained compared to the League literature that was unleashed after the murder of the Guise brothers at Blois, only a few months after a significant proportion of the Spanish fleet had come to a watery grave off the rocky coasts of Ireland. The League pamphlets, as if in riposte to the heretic storms which had destroyed the Enterprise, came crashing like waves around the throne and shook it at its very foundations, well into the reign of Henry IV. They also attained an almost rabid level of vituperation that aimed at Elizabeth as a secondary target after Henry El himself. Two examples will suffice to illustrate this point. The first comes from an anonymous tract in which, as the title states, Henry is accused of having sold Boulogne to "Jezabel, Royne d'Angle terre." The latter has sent gold and silver - the levers of corruption - to Henry, in order to encourage him to persecute the Catholics. The two are intimate partners in crime. As for Elizabeth, her malice has a gratuitous inventiveness to it. She is the supervisor of a theatre of cruelty:

 

Elle persecute si sévèrement les bons Catholiques, sans avoir esgard à la qualité, que seroit chose pitoyable d'en parler: car elle cloue les uns aux roues des charrettes, les autres les brusle, leur tire le cœur hors le ventre, leur met de la poudre de canon dedans les oreilles, narinnes, bouche, yeux, & autres pertuis du corps des hommes & femmes & puis après allume du feu dedans.

 

Faithfully following the biblical precedent according to which Jezebel exercised a pernicious influence over Ahab rather than the contrary, Elizabeth is presented as Henry's tutor. The second pamphlet, which is also anonymous, creates its effect through a syntax which is all but incoherent, but which is, precisely for that reason, closer to the urgency of the spoken word:

 

Appellerez vous celuy la bon Catholique qui s'allie à l'heretique ? Car n'est il pas cheualier de laitière de Iesabel d'Angleterre, qui est vne vraye boucherie & escorcherie de tous nos frères, ceste chaste putain en fait à son plaisir, veu qu'il est garoté & attaché à sa iartiere, ô bon Dieu qui a veu pratiquer à Prince Chrestien, mesmement au premier fils de l'Eglise vne alliance auec l'ennemy de Dieu & de tous bons Catholiques, & mesmement auec celle qui detenoit prisonnière sa seur, où en est la pratique ?  (Nick Myers, Figures of the Tyrant : The Context to Shakespeare's Richard III. In: XVII-XVIII. Bulletin de la société d'études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles. N°49, 1999 - www.persee.fr).

 

Henri III fut donc accusé par les Ligueurs d'avoir voulu vendre Boulogne à l'Angleterre. Le ligueur Pierre Vitus, prévôt général de la maréchaussée de Picardie, soutenu par le duc d'Aumale,  avait cherché à prendre la ville en 1587 mais en avaient été empêché par du Bernet, fidèle du Duc d'Epernon, favori de Henri III. Ce sont les Ligueurs qui auraient souhaité livrer Boulogne aux Espagnols (Henri Roussel, Henri III a-t-il vendu la ville de Boulogne aux Anglais ?. In: Revue du Nord, tome 36, n°142, Avril-juin 1954 - www.persee.fr).

 

Boulogne ("Bullen" en anglais) avait été occupé par les Anglais de 1544 à 1550 date à laquelle le roi d'Angleterre la rend à la France moyennant 400 000 écus d'or.

 

Le siège de Boulogne (du 19 juillet au 18 septembre 1544) est une victoire d'Henri VIII sur François Ier. Cette conquête s'inscrit dans l'ouverture d'un deuxième front sur le territoire français au cours de la neuvième guerre d'Italie, et empêche les Français de reprendre le Milanais. Dans les trois années qui suivirent, ni l'Angleterre ni la France ne purent disposer de suffisamment d'argent pour reprendre une guerre ouverte. Les Français ne parvinrent pas à reprendre Boulogne, et Henri VIII passa les dernières années de son règne à combattre la rébellion écossaise dans le Nord de la Grande-Bretagne. Le 7 juin 1546, François Ier se décide finalement par le traité d'Ardres à racheter Boulogne aux Anglais. Mais ce traité va rester sans effet, et c'est celui d'Outreau, en 1550, qui va rendre Boulogne à la France (fr.wikipedia.org - Siège de Boulogne-sur-Mer (1544)).

 

Marlowe espion

 

Boulogne est un lieu de passage entre la France et l'Angleterre et on voit Sir Francis Walsingham y débarquer en 1581, le 27 juillet, pour aller rencontrer en août Henri III et Catherine de Médicis (Park Honan, Christopher Marlowe: Poet & Spy, 2007 - books.google.fr).

 

En 1587, l'université dont il suit les cours - le Corpus Christi College de Cambridge - hésite à lui accorder son diplôme de Master of Arts à cause d'une rumeur selon laquelle il se serait converti au catholicisme romain, et aurait essayé de s'inscrire au lycée anglais de Reims, pour y suivre des études de théologie en vue de devenir prêtre. Il faut que le Conseil privé de la reine intervienne en sa faveur, pour que ce diplôme lui soit finalement remis.

 

Les registres de l'époque indiquent effectivement que Marlowe avait à son actif plusieurs séries d'absences de l'université sur des périodes étonnamment longues - plus longues que ce que le règlement de l'université permettait - à partir de l'année académique 1584-1585. Les registres du restaurant scolaire de l'école indiquent qu'il commençait à dépenser des sommes considérables en nourriture et en boisson - plus que les dispositions financières de sa bourse n'autorisaient.

 

Fernand Danchin évoque soit l'accompagnement comme secrétaire d'un haut personnage, soit le port d'un message important, soit son appartenance au réseau d'espionnage de Sir Francis Walsingham, «maître-espion» d'Élisabeth Ière, ou du Conseil privé, favorable à la paix et antagoniste des plans de Walsingham. Vu le jeune âge de Marlowe à cette époque, Danchin privilégie dans ses hypothèses plutôt un rôle mineur.

 

Son Master of Arts en poche, il se rend à Londres, où il intègre la troupe de l'amiral, pour laquelle il écrit la plupart de ses pièces. Il bénéficie de la protection et de l'amitié de Thomas Walsingham, fils ou cousin de Francis Walsingham, et de sir Walter Raleigh, et il fréquente avec panache le milieu brillant des poètes élisabéthains de Londres (fr.wikipedia.org - Christopher Marlowe).

 

Tamberlaine et la hiérarchie

 

Zenocrate addresses him as "shepherd". Then, after Tamburlaine's second speech to Zenocrate, in which, as I have noted, he quietly raises himself above the "puissant Cham," Zenocrate addresses him as "my lord," adding significantly "for so you do import. Tamburlaine accepts the title, adding the characteristically Marlovian remark that it is his deeds rather than his birth that will prove him so. It should be noted, in passing, that Marlowe was a rebel against a hereditary social hierarchy, and though his imagination revelled in all the ritual of power and rank - he several times makes great play, for example, with subordinate kings receiving their crowns from the chief of them all - he accepted it only when it was the reward of achievement rather than merely of birth (David Daiches, More Literary Essays, 1968 - books.google.fr).

 

Like other plays of Marlowe, both parts of Tamburlaine are obsessed with the overturning of hierarchies - social, cosmic, ethical. The hero is an uproarious, anarchic figure. Emerging from a country backwater, the 'Scythian shepherd' turns social and political hierarchies upside down, becoming in short time a 'great ... conqueror' and 'mighty ... monarch' (Peter Holbrook, English Renaissance Tragedy: Ideas of Freedom, 2015 - books.google.fr).

 

Tamburlaine models himself, not on the creative act of God, but on the act "when Jove did thrust Old Saturn down" (II. VII. 36) (William West, Marlovian Rhetoric: Neoclassic Aspiration as Discursive Determinism, Tome 1, 1996 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Si on prend la date de naissance de Marlowe, 1564, et que l'on en reporte 2069 alors on obtient 1059.

 

Eustache II, surnommé aux Grenous, parce qu’il portait de grandes moustaches, aîné de Godefroy et de Lambert, illustre par ses qualités et son mérite personnel et plus encore par celui de ses enfans, hérita du comté de Boulogne. Il épousa, en 1050, Goda ou Godoya, sœur d’Édouard, roi d’Angleterre, surnommé le confesseur, de laquelle il n’eut point d‘enfans. Elle était morte lorsqu'Eustache, accompagné de plusieurs princes, reconduisit jusqu’à Rome le pape Victor qui venait de tenir un concile à Cologne en 1056. Eustache, revenant d’Italie, épousa à Cambrai, en 1059, Ide, fille de Godefioy-le-Barbu, son parent, qui résidait à Bouillon. Il l'emmena à Boulogne, et en eut plusieurs enfans, dont Godefroy, ce fameux Godefroy de Bouillon, comte de Marchis en 1076, duc de la Basse-Lorraine en 1089, et roi de Jérusalem en 1100, mort en 1118 (M. Abot de Bazinghen, Recherches historiques sur la ville de Boulogne-sur-Mer, et sur l'ancienne province du Boulonnais, 1822 - books.google.fr).

 

The influence of and contemporary response to Marlowe's Tamburlaine is legendary. Peter Berek calculates that no fewer than ten of the thirty-eight plays first performed on the public stage between 1587 and 1593 “show clear debts to Tamburlaine.” As Berek demonstrates, characters of many ethnicities, including Britons, mimic the rhetoric and aspiring mind of Marlowe's hero. In Heywood's Four Prentices of London (1594), Mark Thornton Burnett finds that both Christian characters (such as Guy, the son of the Duke of Boulogne) and the Soldan of Babylon echo Tamburlaine, and Tamburlaine's influence on Shakespeare's early English history plays has also been extensively noted. The aspiring mind and bloody poetry of Tamburlaine were bequeathed to characters of many different religions and ethnicities (L. McJannet, The Sultan Speaks: Dialogue in English Plays and Histories about the Ottoman Turks, 2006 - books.google.fr).

 

Marlovian echoes are heard when Guy, the apprentice son of the Earl of Boulogne, is wooed by the French princess. He claims he loves To ride a horse as well as any man; To make him mount, curvet, to leape, and spring; To chide the bit, to gallop, trot the ring (Cahiers élisabéthains, Numéros 31 à 34, 1987 - books.google.fr).

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