La Ligue de Cambrai

La Ligue de Cambrai

 

VIII, 31

 

2052-2053

 

Premier grand fruict le Prince de Persquiere,

Mais puis viendra bien & cruel malin,

Dedans Venise perdra sa gloire fiere,

Et mis à mal par plus ioyve Celin..

 

Nicaise Ladam dans Le Mémoire de l'Aigle et de la Salamandre de semble faire le jeu de mot entre pesquaire/pesquier (pêcher en rivière) et Pescara à l'occasion de la bataille de Pavie en 1525 où fut fait prisonnier François Ier (Jacques-Charles Lemaire, Le Mémoire de l'Aigle et de la Salamandre de Nicaise Ladam, Liber amicorum Raphaël de Smedt: Litterarum historia, 2001 - books.google.fr).

 

Le marquis de Pescara

 

Ferdinand François d’Avalos (né en 1489 à Naples et mort le 4 novembre 1525 à Milan), marquis de Pescara (ou Pescaire/Pesquaire en français), est l’un des principaux capitaines de Charles Quint au cours des guerres d'Italie. Issu d'une famille d'aristocrates aragonais, il naît à Naples, où son grand-père, Iñigo d'Avalos, commandait les troupes d'Alphonse V. À l'âge de six ans, sa famille le fiance à Vittoria Colonna, fille du général Fabrizio Colonna, et les noces sont célébrées en 1509 à l'île d'Ischia. En tant que membre du parti aragonais de Naples, il apporte son appui à Ferdinand le Catholique pendant les guerres d'Italie. En 1512, il commande un parti d'estradiots à la bataille de Ravenne, lorsqu'il est blessé et fait prisonnier. Dans la détention qui suivit, Fernando d'Avalos compose un Dialogue de l’amour dédié à son épouse Vittoria Colonna. Sur intervention de Jacques de Trivulce, qui lui était lié par sa famille, il put être libéré moyennant versement d'une rançon de 6000 ducats. Dès qu’il eut recouvré sa liberté, il reprend les armes contre la France et participe à la reconquête du duché de Milan par l’Espagne comme commandant de l'infanterie espagnole à la bataille de Vicence, le 7 octobre 1513, puis commandant en second de Prospero Colonna à la Bataille de la Bicoque (29 avril 1522) ; mais après cette victoire, c'est Colonna que Charles Quint nomme général-en-chef des armées d'Italie : la marquis d'Avalos s'estime injustement privé d'un titre qu'il convoitait ardemment, et cela au profit d'un général italien ; il partit pour Valladolid pour plaider sa cause auprès de l'empereur. Charles Quint, qui le reçut plusieurs fois en audience, finit par le convaincre de se remettre sous les ordres de Colonna.

 

D'Avalos bénéficiant à présent d'une reconnaissance personnelle de son souverain, ce fut lui que Charles Quint mit à la tête des armées espagnoles lorsque François Ier envahit l'Italie (1524). La situation était difficile, car les mercenaires avaient un retard de solde, mais d'Avalos sut jouer de son prestige auprès des vétérans espagnols et des lansquenets allemands pour faire front tout au long du siège de Pavie (1524-1525)1.

 

Il défait en 1524 le chevalier Bayard à Rebec. Commandant en chef de l’armée de Charles Quint, il écrase les troupes françaises le 24 février 1525 à Pavie par un coup stratégique réussi : détourner la cavalerie lourde des Français par une manœuvre combinée de cavalerie légère et d’arquebusiers. Victorieux, il reçoit lui-même la reddition de François Ier. Mais une rumeur laisse entendre qu'il s'estime insuffisamment gratifié par l'empereur et très vite, le secrétaire particulier du duc de Milan, Girolamo Morone, lui propose la couronne d'Italie s'il chasse Français et Impériaux. D'Avalos fait arrêter Morone et fait connaître cette tentative à Charles Quint ; mais sa santé, affectée par de multiples blessures, est déjà déclinante, et il meurt à Milan le 3 décembre 1525.

 

Un de ses contemporains, l'historiographe italien Paul Jove, a rédigé sa biographie en latin et l'a placée à la fin de ses Vitæ illustrium virorum. Cet ouvrage sera traduit en toscan et publié par Lodovico Domenichi à Florence en 1551 ; puis en espagnol par Pedro de Vallés en 1553, sous le titre Historia del fortissimo y prudentissimo capitan Don Hernando de Ávalos (fr.wikipedia.org - Fernando de Avalos).

 

Mariage avec Vittoria Colonna

 

Le sphinx de cet amour ardent et trouble, et chaste malgré tout, avait quelque chose d’inquiétant et d’halluciné. À ces amitiés morbides, qui étaient un effort désespéré pour nier le néant de sa vie et pour créer l’amour dont il était affamé, succéda par bonheur l’affection sereine d’une femme, qui sut comprendre ce vieil enfant, seul, perdu dans le monde, et fit rentrer dans son âme meurtrie un peu de paix, de confiance, de raison, et l’acceptation mélancolique de la vie et de la mort.

 

C’était en 1533 et 1534 que l’amitié de Michel-Ange pour Cavalieri avait atteint son paroxysme. En 1535, il commença à connaître Vittoria Colonna.

 

Elle était de très haute race. Son père était le prince Fabrizio Colonna. Sa mère, Agnès de Montefeltro, était fille du grand Federigo prince d’Urbin. À dix-sept ans, elle avait épousé le marquis de Pescara, Ferrante Francesco d’Avalos, grand général – le vainqueur de Pavie. Elle l’aima; il ne l’aima point. Elle n’était pas belle. Les médailles qu’on connaît d’elle montrent une figure virile, volontaire, et un peu dure : haut front, nez long et droit, lèvre supérieure courte et morose, lèvre inférieure légèrement avançante, bouche serrée, menton accusé. Elle était passionnément intellectuelle. Dans un sonnet, elle dit elle-même que «les sens grossiers, impuissants à former l’harmonie qui produit la beauté et le pur amour des nobles âmes, n’éveillèrent jamais en elle plaisir ni souffrance… Claire flamme – ajoute-t-elle – éleva mon cœur si haut, que de basses pensées l’offensent.» En rien, elle n’était faite pour être aimée du brillant et sensuel Pescara; mais, comme le veut la déraison de l’amour, elle était faite pour l’aimer et pour en souffrir. Elle souffrit cruellement, en effet, des infidélités de son mari, qui la trompait dans sa propre maison, au su et au vu de tout Naples. Cependant, quand il mourut, en 1525, elle ne s’en consola point. Elle se réfugia dans la religion et dans la poésie. Retirée à Ischia, elle écrivit ses sonnets, où elle chantait son amour transfiguré, dans la solitude de la belle île.

 

Depuis 1530, ses poésies se répandirent dans toute l’Italie, et lui conquirent une gloire unique, entre les femmes de son temps. Elle était en relations avec tous les grands écrivains d’Italie, avec l’Arioste, avec Bembo, avec Castiglione, avec Bernardo Tasso. De plus en plus, la religion la prit. L’esprit de réforme catholique, le libre esprit religieux qui tendait alors à régénérer l’Église, en évitant le schisme, s’empara d’elle. Elle fut une des âmes les plus exaltées du petit groupe idéaliste qui rêva l’entente et l’union des catholiques et des protestants. Mais lorsque commença le mouvement de contre-réforme dirigé par Paul IV, elle tomba dans un doute mortel. Elle était, comme Michel-Ange, une âme passionnée, mais faible; elle avait besoin de croire, elle était incapable de résister à l’autorité de l’Église. «Elle se faisait souffrir avec des jeûnes, des haires, tant qu’elle n’avait plus que la peau sur les os.» Son ami le cardinal Reginald Pole lui rendit la paix, en l’obligeant à se soumettre, à humilier l’orgueil de son intelligence, à s’oublier en Dieu. Elle le fit avec une ivresse du sacrifice, appelant la mort comme une délivrance. Elle mourut le 25 février 1547.

 

Cette femme triste et tourmentée, qui avait toujours besoin de quelqu’un sur qui s’appuyer, n’avait pas moins besoin d’un être plus faible et plus malheureux qu’elle, pour dépenser sur lui tout l’amour maternel dont son cœur était plein. Elle s’appliqua à cacher son trouble à Michel-Ange. Sereine en apparence, réservée, un peu froide, elle lui transmit la paix qu’elle demandait à d’autres. Elle avait quarante-six ans, quand elle le connut; il en avait soixante-trois. Elle habitait à Rome, au cloître de S. Silvestro in Capite, au-dessous de Monte Pincio. Michel-Ange habitait près de Monte Cavallo. Ils se réunissaient, le dimanche, dans l’église San Silvestro, au Monte Cavallo. Le frère Ambrogio Caterino Politi leur lisait les épîtres de saint Paul, qu’ils discutaient ensemble. Le peintre portugais François de Hollande nous a conservé le souvenir de ces entretiens dans ses quatre Dialogues sur la peinture. Ils sont le vivant tableau de cette amitié grave et tendre (Romain Rolland, Vie de Michel-Ange, 1908 - agora.qc.ca).

 

"premier grand fruict"

 

La Propaladia, par Barthelemy de Torres Naharro. Romæ, 1517 est un recueil de comédies, le premier qui ait été publié en langue espagnole, de la plus grande rareté, quoiqu'il ait été réimprimé plusieurs fois. L'auteur, Barthelemy de Tores Nabarro, était natif des environs de Badajoz, et fut quelque temps esclave en Afrique. Après avoir été racheté, il vint se fixer à Rome auprès de Fabrice Colonne, son parent, qui était alors général des troupes du pape, et y composa ses comédies. La liberté avec laquelle il y parle des mœurs da clergé l'en ayant fait exiler, il se réfugia à Naples, où il mourut dans un âge avancé (Revue française et étrangère, Volumes 3 à 4, 1837 - books.google.fr).

 

La Propaladia (ou Premiers Fruits de son génie ou Prémisses) est dédiée à un noble espagnol, ami des lettres, Don Fernando Davalos, le mari de Victoria Colonna. Elle se compose de satires, d'épîtres, de ballades, d'une lamentation pour le roi Ferdinand, mort en 1516, de quelques autres poésies et de huit comédies en vers, qui occupent la plus grande partie du volume (Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 37 : Murray-Picolini, 1863 - books.google.fr).

 

On pense aussi au fruit défendu, à son mariage en 1509.

 

Celin : Celina et le Frioul

 

CÉLINA, ville de la Vénitienne et du vicariat italique, qui n'est plus qu'un village nommé Monjago, dans le Frioul, sur la rivière Célina. Cette ville était déjà ruinée du temps de Pline ; cependant elle s'était si bien rétablie, qu'on y érigea un  siége épiscopal. Le cardinal Noris suppose que Concordia et quelques autres villes des environs, ayant beaucoup souffert de la part d'Attila, leurs habitans se retirèrent à Monjago, et y établirent leur domicile : ainsi le siège qui y fut mis pourrait bien être celui de Concordia. Quoi qu'il en soit, en voici trois évêques : 1. Clarissime, assista au concile de Grado. 2. Vatican, au concile, sous Symmaque. - 3. André, souscrivit à la lettre synodale du pape Agathon, rapportée dans le sixième concile général, en 680 (Bibliothèque sacrée, Tome 6, 1822 - books.google.fr).

 

Celina (Cellina) est dans la région de Pordenone aujourd'hui.

 

La Célina est aussi une rivière du Frioul en Italie, qui prend sa source entre celle de Tajamento & la ville de Cadore, baigne Monte-Réale, & le village de Maniago, où etoit l'ancienne Célina, ville des Carniens, & va se décharger dans la riviere de Medune (Charles Maty, Dictionaire geographique universel contenant une description exacte des etats royaumes, villes de l'univers, 1701 - books.google.fr).

 

In 1508, after the failed invasion of the Republic of Venice by Emperor Maximilian, the city of Pordenone was seized by Venice. Despite temporary Austrian occupation during the subsequent War of the League of Cambrai (1509–16), the Venetian sovereignty over Pordenone was confirmed in 1516. Until 1537, the town was ruled by the feudal family d'Alviano, as a reward for Bartolomeo d'Alviano's military service to the Republic. Under Venice a new port was built and the manufacturers improved (en.wikipedia.org - Pordenone).

 

Une campagne franco-allemande s'en prend au Frioul en 1510 (Etienne Vaucheret, Brantôme: mémorialiste et conteur, 2010 - books.google.fr).

 

Eclettico uomo di cultura, Jacopo Valvason di Maniago (1499 - 1570), figlio d'Ippolito di Maniago e da Chiara di Savorgnano, amico di Giovanni da Udine (1487 - 1561), pittore, raccolse durante tutta la sua vita notizie sulla storia, i paesaggi e le genti della Patria del Friuli (Fabio Cavalli, Gli echi della terra, Tome 1, 2002 - books.google.fr).

 

La prima metà del XVI. secolo fu per il Friuli un periodo di relativa calma : era finita la guerra tra Venezia e la Lega di Cambrai (1508 - 1511) ed erano stati soppressi gli ultimi focolai di resistenza contro Venezia sfociati nella sanguinosa rivolta del 1511. Tuttavia era particolarmente sentita l'urgenza di provvedere al miglioramento delle difese contro possibili invasioni esterne, data la pressione esercitata alla presenza di forti insediamenti turchi nei Balcani, al confine della Repubblica di Venezia, ed era ancora vivo il ricordo nella popolazione delle sanguinose e devastanti incursioni degli ottomani del secolo precedente . Il clima di relativa pace di questo periodo era, inoltre, turbato dalle tensioni fra Venezia e l'Austria per il possesso delle coste istriane e dalmate, e per le mire della Repubblica di spostare il confine orientale del Friuli sullo spartiacque naturale delle Alpi Giulie, contrastate dalle rivendicazioni austriache sul Friuli e su parte del Veneto (Nuovo Liruti: dizionario biografico dei Friulani. L'eta veneta, 2009 - books.google.fr).

 

Nella lotta fra Massimiliano di Germania e la Repubblica Veneta, i villani, per odio contro i castellani, guidati da Asquino di Varmo e da Ippolito di Valvasone, il 30 luglio 1509 presero a tradimento, saccheggiarono e distrussero il castello  posseduto da Albertino di Colloredo (Vito Zoratti, Codroipo, Tome 2 : Dalla storia ecclesiastica, 1967 - books.google.fr).

 

L'odio dei villani, guidati questa volta da Asquino di Varmo e da suo nipote Federico, da Ippolito Valvason e da altri, complice ed istigatore anche Antonio di Savorgnano, si sfogò il  30 luglio 1509 contro il castello di Sterpo, posseduto da Albertino di Colloredo e dai suoi figli. Fu preso a tradimento, saccheggiato e distrutto. I nobili reagirono, per cui si venne al famoso giovedì grasso del 27 febbraio 1511 nel quale in Udine vi fu la strage dei nobili per opera di feroci contadini, che imputavano i loro mali, subiti dalle guerre, ai signori. Antonio Savorgnano, che era stato capo di questa strage, fu chiamato a rendere conto dalla Repubblica, ma egli disertò e passò nel campo nemico (Pio Paschini, Storia del Friuli: Dalla seconda metà del Duecento alla fine del Settecento, Tome 2, 1954 - books.google.fr).

 

Penetrati con uno stratagemma all'interno del primo circuito difensivo, alcune centinaia di villani erano riusciti ad oltrepassare velocemente fossati e terrapieni, cogliendo di sorpresa e disarmando Nicolò Colloredo e i suoi armigeri mentre stavano parlamentando con un gruppetto di contadini, comandati da Ippolito Valvasone, Francesco Cortona, Asquino e Federico di Varmo cui incautamente avevano abbassato il ponte levatoio concedendo loro di entrare (Furio Bianco, 1511, la "crudel zobia grassa": rivolte contadine e faide nobiliari in Friuli tra '400 e '500, 1995 - books.google.fr).

 

I Savorgnan, famiglia della nobiltà udinese dichiaratamente filoveneziana, cavalcarono il malcontento inasprendo il conflitto sociale, allo scopo di approfittare della situazione per trarne vantaggi personali (it.wikipedia.org - Crudele giovedi grasso, Giuseppe Mazzatinti, Gli archivi della storia d'Italia, 1988 - books.google.fr).

 

"joyve" ou "joyne" ou "joyce" selon les éditions

 

"joyve" est à mettre en rapport avec jove/Jupiter qui a donné son nom au jeudi (cf. "Giovedi grasso" de 1511).

 

"joyne" qui signifie "jeune" (Ivor Arnold, L'apparicion Maistre Jehan de Meun: et le Somnium super materia scismatis d'Honoré Bonet, 1926 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Honorat Bovet).

 

"maniago" en langue d'oc singfie jeune femme, jeune fille affectée, gâtée (Louis Boucoiran, Dictionnaire analogique et étymologique des idiomes méridionaux, 1875 - books.google.fr).

 

On ne sait pas si Ippolito di Valvason était encore jeune en 1509. Mais aussi son rôle historique semble être modeste.

 

"joyce" : "joice", jugement (dans l'ouest de la France) (A. de la Borderie, Ancienne charte française, Revue des provinces de l'ouest, Bretagne et Poitou: histoire, littérature, sciences et arts, Tome 1, 1853 - books.google.fr).

 

Encore l'imprimerie

 

En 1507-1508, la République de Venise se trouve à un moment d’apogée. Puissante thalassocratie, ses prétentions terrestres, c’est-à-dire en Italie, sont de plus en plus hégémoniques. En effet, sa Terre Ferme, comme on l’appelle alors, n’a jamais été aussi vaste. Cet imposant arrière-pays, augmenté au fil du temps de villes et places fortes – ainsi de Padoue, Vérone, Bergame, Trévise ou Trieste – se trouve au cœur même de la discorde. La ligue de Cambrai réunit ainsi des signataires qui voient tous d’un mauvais œil l’expansionnisme vénitien sur la Terre Ferme. Le pape Jules II se considère spolié des diocèses de Crémone et Padoue et se heurte à Venise en Romagne. Louis XII, ayant renoncé à Naples en 1504, entend consolider son pouvoir en Italie du Nord. Maître de Gênes et du Milanais, il a tout intérêt à s’étendre vers l’est, donc sur Venise. Quant à l’empereur Maximilien, ses intérêts résident dans le Frioul et les confins septentrionaux de la Vénétie.

 

L’originalité d’Agnadel est que, de chaque côté, les protagonistes mobilisent avec vigueur la force de l’écrit. Du côté de la ligue de Cambrai, on développe toute une rhétorique qui annonce la défaite à venir de Venise, une réelle «propagande annonciatrice», procédé nouveau au début du XVIe siècle. Agnadel est bien singulière car elle est l’une des premières batailles à mobiliser autant l’imprimé. Lyon, mais aussi Ferrare publient un grand nombre de textes anti-vénitiens. Côté vénitien, on présente la République comme le dernier rempart des libertés italiennes.

 

Les deux grands textes imprimés à l’été 1509, celui de Claude de Seyssel et celui de Jean Lemaire de Belges, légitiment l’action de Louis XII, véritable figure paternelle pour le royaume. Sans s’attarder sur la bataille elle-même, Seyssel redéfinit ce qu’est la guerre juste. Ainsi s’opère une différenciation de la bataille et de la guerre. La bataille n’est pas une fin en soi et l’objectif est bien Venise elle-même. Dans le même temps, le thème du Lamento de Venise s’impose dans les discours imprimés anti-vénitiens, surtout issus des presses de Ferrare, avec qui la République est aux prises. À Venise, c’est un tout autre registre qui mobilise les esprits, celui des écrits prophétiques et eschatologiques. Retenons, en 1517 – c’est-à-dire huit ans après la bataille ! – l’apparition d’une armée fantôme non loin d’Agnadel, épisode qui doit rappeler à Venise «combien sa domination est fragile» (Rivault Antoine, "La bataille oubliée. Agnadel, 1509 : Louis XII contre les Vénitiens, Rennes, Presses universitaires de Rennes" de Florence Alazard, 2017, - www.cairn.info).

 

Cf. VIII, 26 - Incunables espagnols et politique - 2049.

 

Gloire

 

Dubos traduit la harangue, dont les Vénitiens contestent l'authenticité, que l'ambassadeur de Venise, Antoine Justiniani, prononça devant Maximilien :

 

Les trésors de gloire qu'elle avoit amassez par tant de Victoires se font dissipez en un moment. Elle est devenuë un objet de mépris aux Nations (Jean Baptiste Dubos, Histoire de la ligue faite a Cambray, contre la republique de Venise, Tome 1, 1710 - books.google.fr).

 

Le château de Pescara

 

Comme à l'ordinaire, lors de ces campagnes d'Italie, les capitaines des armées royales ne songeaient qu'à l'emporter par la terreur en pillant, incendiant, et tuant sans discernement les habitants du premier château ou de la première cité qui faisait seulement mine de leur résister. Plusieurs places tenues par des garnisons vénitiennes ouvrirent leurs portes les unes après les autres, par peur d'être dévastées ou détruites, leurs chefs et les notables pendus haut et court. En 1509, tout près d'Agnadel, le château de Cazaves, défendu par une poignée d'hommes, ne tint que peu d'heures, ses murs battus par de puissants tirs d'artillerie ; on ne fit point de quartier et l'on pendit un bon nombre d'habitants aux murs de l'enceinte. Deux chroniqueurs de ce temps, nostalgiques de la «bonne guerre» et des «bons chevaliers», s'attardent, honteux, à décrire les «grandes cruautés» de cette guerre terrible sans honneur : «Y eut quelques rustres dedans pris, lesquels essayèrent si leur col pourroit par force emporter le poids d'un créneau». Et, de poursuivre : «cela espouvanta ceulx qui estoient aux aultres places, de sorte que ne se trouva ville ni aucune forteresse qui voulust combattre, excepté le château de Pescara, dont mal en prist à ceulx dedans, car tous moururent, ou peu en réchappa qui furent faits prisonniers» (Jacques Heers, L'histoire oubliée des guerres d'Italie (1250-1550), 2009 - books.google.fr).

 

La pièce la plus intéressante des papiers en "possession de Mademoiselle Acarie, à présent vefve de feu Monsieur Courtin, enquesteur, demeurant à Chartres" relatifs à la famille Acarie et à ses alliances avec les familles Arroust, Michel, d'Anjou, Plumé, des Hayes, Breteau et Percheron, dont plusieurs membres ont occupé des fonctions judiciaires ou administratives à Chartres pendant les XIVe et XVe siècles et au commencement du XVIe, est un extrait des lettres de Louis XII, datées du camp de Pescaire, le dernier jour de mai 1509, par lesquelles il fait chevalier Jacques Acarie, son serviteur et le trésorier de ses aumônes, seigneur de Noisement au pays de Dunois, en récompense des services qu'il lui a rendus en la journée de Saint-Aubin, en celle de Baylète (Vaila ou Agnadel) contre les Vénitiens et au camp devant Pescaire (E. de Lépinois, Mémoires de Guillaume Laisné, Mémoires de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir, Volume 4, 1867 - books.google.fr).

 

Ravenne 1512

 

Après Agnadel, Venise était perdue si l'accord eût pu subsister entre ses ennemis ; mais trop d'intérêts les divisaient pour qu'il ne fût pas facile de les désunir. La république exploita avec habileté la haine du pape contre les Français, et, en lui cédant toutes les places qu'elle conservait dans la Romagne, elle obtint la levée de l'excommunication lancée contre elle, et détacha Jules II de la ligue de Cambrai (Jean Georges Ozaneaux, Histoire de France depuis l'origine de la nation jusq'à nos jours, Tome 2, 1850 - books.google.fr).

 

La Ligue catholique ou Sainte Ligue est une coalition ouvertement dirigée contre la France de Louis XII, alors duc de Milan en titre, qui montrait d'importants appétits territoriaux en Italie du Nord en cherchant à étendre ses possessions italiennes en direction de la Vénétie. Elle fut constituée le 4 octobre 1511 par le pape Jules II. Elle regroupait, outre le Saint-Siège, la Couronne d'Aragon de Ferdinand II concerné par le biais de son royaume de Naples, la République de Venise et les cantons suisses (fr.wikipedia.org - Ligue catholique (Italie)).

 

Les troupes des confédérés, commandées par Raymond de Cardone, se répandirent dans le nord de l'Italie. Le Milanais, investi de tous côtés, mal défendu par Trivulzio, qui avait succédé à Charles d'Amboise, allait tomber au pouvoir de la ligue, lorsqu'un jeune héros vint prendre le commandement des troupes françaises. C'était le neveu de Louis XII, Gaston de Foix, duc de Nemours, âgé de vingt-deux ans (Jean Georges Ozaneaux, Histoire de France depuis l'origine de la nation jusq'à nos jours, Tome 2, 1850 - books.google.fr).

 

Gaston de Foix, né à Mazères le 10 décembre 1489 et mort à Ravenne le 11 avril 1512, est duc de Nemours, comte d'Étampes et vicomte de Narbonne. Il est général des armées de son oncle le roi Louis XII dans son armée en Italie. Il est le fils de Jean de Foix et de marie d'Orléans, soeur du roi Louis XII, et frère de Germaine de Foix, seconde épouse de Ferdiand Ier, roi d'Espagne. Surnommé le Foudre d'Italie, il meurt à la bataille de Ravenne gagnée par ses armées (fr.wikipedia.org - Gaston de Foix-Nemours).

 

Cf. quatrain VIII, 27 - La mort de Ferdinand le Cacatholique - 2049-2050.

 

Ravenne ouvrit ses portes aux Français : toutes les villes de la Romagne se soumirent. Mais Gaston n'était plus, et avec lui disparaissait la fortune de la France. Louis XII pleura son neveu et les braves tués à Ravenne, bien que Pierre de Navarre et beaucoup de capitaines ennemis, et le cardinal Jean de Médicis (depuis Léon X) fussent prisonniers. «Dieu nous garde, dit le roi, de remporter de telles victoires !» Cette gloire passagère fut suivie de longs revers : Jacques de Chabannes, seigneur de La Palisse, qui prit le commandement des troupes, au lieu de marcher sur Rome, que la victoire de Ravenne avait consternée, se replia sur Milan. Pour comble d'embarras, Ferdinand attaquait la Navarre, et une armée anglaise, débarquée en Espagne, menaçait Bayonne. Il fallut dégarnir l'Italie pour protéger la France (Jean Georges Ozaneaux, Histoire de France depuis l'origine de la nation jusq'à nos jours, Tome 2, 1850 - books.google.fr).

 

"bien & cruel, malin"

 

En 1509, naît Jean Calvin.

 

Jérôme Hermès Bolsec publie en 1577 à Lyon une Histoire de la vie, mœurs, doctrine, constance et mort de Jean Calvin, où il est décrit comme cupide, amateur de bonne chère, coureur de jupons, sodomite, marqué au fer rouge à Noyon, imposteur qui prétendait avoir ressuscité les morts, mort en jurant et blasphémant dans le désespoir. C'est un tissu de calomnies dans lesquelles Bolsec déverse sa haine contre Calvin, dont il veut décrire «les très énormes vices». Il le présente comme un homme «orgueilleux, arrogant, cruel, malin, vindicatif et surtout ignorant».

 

On trouve encore chez Jacques Desmay, en 1610, l'idée que Calvin est l'«auteur d'une religion de table de ventre, de graisse, de chair, de cuisine (faite pour) établir le règne de Bacchus, de beuverie et de chère». Et dans la vie de Calvin par Florimond de Raemond encore, il est accusé d'aimer le bon vin, la bonne chère, l'argent, etc. Enfin, «c'est à Angoulême où Calvin ourdit premièrement pour surprendre la chrétienté la toile de son Institution qu'on peut appeler l'Alcoran ou plutôt le Talmud de l'hérésie, étant un ramas de toutes les erreurs du passé».

 

L'astrologie, parcontre, fournit ultérieurement à Florimond de Raemond, un argument de poids lorsqu'il tente d'expliquer, au début du XVIIe siècle, la «naissance de l'hérésie» : «Cet homme, qui fut auteur de tant de tant de maux, naquit à Noyon en Picardie le 10 juillet 1509, jour infortuné pour être le jour dela nativité de nos longues misères.»

 

Raemond décrivait ainsi la carte du ciel de l'infortuné Calvin : «Premièrement, Saturne au siège de la Vierge montre qu'il serait homme d'un éminent savoir, savoir pourtant mal assis [...].

Mercure, en la maison du soleil,lui promettait une grande mémoire, et la grâce de bien mettre par écrit [...] car jaçoit que Mercure soit brûlé et rôti, cela n'empêche pas qu'il n'ait eu cette belle partie, laquelle lui était aussi promise par le cœur du Lion, logé au point du midi, étant le cœur siège de l'entendement et prudence...» Ces immenses qualités sont malheureusement gâchées. Si, en effet, ses coreligionnaires voient en lui, selon Raemond, un «second saint Paul», le «Scorpion ascendant» décide qu'il ne peut «tenir rang et dignité en la vraie Église». C'est bien dommage. Le saint et l'hérétique entretiennent un rapport de parenté sous la plume de Raemond : le défenseur de Satan et l'ami de Dieu, le bien et le mal s'attirent et se repoussent à la fois parleur complémentarité et ce secret réseau de convergences que tracent les étoiles (Olivier Abel, Jean Calvin, 2009 - books.google.fr, Jean Cadier, Calvin : l'homme que Dieu a dompté, 1958 - books.google.fr, Bernard Cottret, Calvin, 2014 - books.google.fr).

 

Jérome-Hermès Bolsec (né à Paris et mort en à Lyon en 1585), est un théologien français. Religieux carmélite, ses opinions semi-pélagianistes le rendirent suspect d'hérésie et il dut s'enfuir de Paris. Converti vers 1545 à la foi réformée, ses idées sur la part de libre-arbitre dans le salut du pécheur en firent l'ennemi personnel de Calvin. Il retourna en France, professa des opinions conformes à la doctrine au synode d'Orléans, puis repartit pour Lausanne dont il devint citoyen. À nouveau mis en accusation par Théodore de Bèze, il repartit en Franche-Comté puis à Lyon où, ayant abjuré la foi réformée, il s'établit définitivement comme médecin (fr.wikipedia.org - Jérome-Hermes Bolsec).

 

Typologie

 

Le report de 2053 sur la date pivot 1509 donne 965.

 

Wibold (ou Wibald), vingt-sixième évêque de Cambrai, appartenait à la famille des Levin, qui possédait, dans le onzième et le douzième siècle, la vidamie de Cambrai, et qui perdit cette charge vers l'an 1150, époque où Foulque de Levin en fit l'abandon au chapitre de la cathédrale. Il paraît même que cette puissante maison avait des prétentions fondées à la souveraineté absolue, puisqu'en 1007, lorsque l'empereur saint Henri donna ce comté à l'évêque Herluin, on exigea du vidame une renonciation aux droits qu'il aurait pu y faire valoir. Quoi qu'il en soit, Wibold, né à Cambrai, vers le commencement du dixième siècle, était versé, dit Balderic, dans les lettres divines et humaines. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il devint archidiacre de Noyon, Les suffrages réunis du peuple et du clergé l'appelèrent, en 965, sur le siège épiscopal de Cambrai et d'Arras, vacant par la mort d’Ansbert. On obtint sans peine l'agrément de l'empereur Othon, qui se trouvait alors en Italie ; mais Wibold crut devoir se rendre auprès de ce monarque, pour recevoir de lui une sorte d'investiture. Il fit ce voyage pendant les plus grandes chaleurs de l'été. L'empereur le reçut gracieusement, lui donna même la souveraineté du Cambrésis, et confirma ainsi les droits de la famille de Wibold. A son retour, ce prélat se trouva tellement épuisé et exténué, qu'à sa prise de possession, voulant, selon l'usage, sonner une des cloches de sa cathédrale, il ne put la mettre en mouvement. Cet état de langueur se termina par la mort, avant que l'année fût révolue. On l'inhuma dans l'église cathédrale, à laquelle il avait laissé un texte d'évangiles enrichi d'or et de pierres précieuses, ainsi qu'un certain nombre de livres recueillis pendant son voyage en Italie. Wibold est auteur d'un monument singulier de littérature, intitulé : Ludus regularis seu clericaris, que notre prélat avait imaginé cet amusement pour détourner ses clercs des jeux profanes de hasard, et les conduire par le plaisir à la pratique des vertus. Le texte explicatif qu'il a joint à son jeu n'est guère propre à en faciliter l'intelligence. George Colvener, éditeur de Balderic, et Boece Epo, tous deux professeurs à l'université de Douai, se sont efforcés d'en donner une idée un peu plus nette; mais il faut convenir que leur commentaire n'a pas jeté beaucoup de lumière sur le texte. La pièce essentielle du jeu est une table ou carte offrant les noms de cinquante-six vertus rangées à-peu-près comme les figures du jeu de l'oie. Les vertus théologales, à commencer par la charité, occupent les premières places; viennent ensuite les vertus cardinales, etc. Chaque vertu est précédée de trois nombres, dont le plus haut ne s'élève jamais au-dessus de six. A la suite du nom de chaque vertu se trouve un autre nombre, formant le total des trois qui précèdent. On jette le dé trois fois, et le joueur qui amène les trois nombres correspondants à telle vertu est obligé de travailler spécialement à l'acquérir. Du reste, pour accorder aussi quelque chose aux avantages temporels, celui à qui le sort faisait échoir les vertus les plus éminentes, jouissait pendant la journée d'une certaine supériorité sur ses confrères. Ce jeu offrait encore d'autres combinaisons soumises aux lettres de l'alphabet. On s'aperçoit dans cet ouvrage que Wibold était imbu des idées de Pythagore, et que, comme ce philosophe grec, il attachait aux nombres une signification mystérieuse. Le jeu qu'il a inventé a même des rapports évidents avec la Rythmomachie, ou jeu philosophique de Pythagore, sur lequel Claude Boissières a publié un traité, in-8°., 1556. Les termes grecs que Wibold affecte d'employer dans l'explication de son jeu, donnent lieu de croire qu'il avait quelque connaissance de la langue d'Homère, ce qui était fort rare au dixième siècle (Dr Le Glay, Chronique d'Arras et de Cambrai, par Balderic, chantre de Térouane au XIe siècle, 1834 - books.google.fr).

 

Thomas Murner imagine, en 1507, un jeu de cinquante-et-une cartes à jouer servant à enseigner la logique à ses étudiants tout en les détournant de la distraction des jeux de hasard. Les cartes ne sont donc plus que des objets infâmes, mais deviennent de véritables supports d'apprentissage. Murner s'inspire néanmoins d'une idée énoncée quelques décennies auparavant par Vittorino da Feltre, humaniste qui dirigeait la célèbre école de Mantoue, qui conseillait à ses élèves d'apprendre l'alphabet grâce à un jeu de carte créé spécialement à cet effet.

 

Au XVe siècle, de véritables croisades étaient menées contre les jeux, quels qu'ils soient. Bernardin de Sienne, dans son prêche de 1423, est beaucoup plus radical que Louis IX puisqu'il condamne tous les jeux, et invite même la population à brûler leurs échiquiers, pions, ou encore cartes à jouer, ce qu'elle fait. De grands autodafés ont lieu partout en Europe. [...] Mais on peut dater la diffusion des manuels de règles de jeux à partir de la fin du XVe siècle, les jeux alors présents dans ce type d'ouvrage étant essentiellement des jeux de table (échecs bien sûr, mais aussi dames et rithmomachie). [...]

 

Les XVIIe et XVIIIe siècles seront l'âge d'or des livres de règles de jeux, avec notamment les éditions successives des Maison académique des jeux et Académie universelle des jeux (Claire Sanchez, Les livres de jeux aux XVIIe et XVIIIe siècles : une typologie des lecteurs-joueurs, 2014 - core.ac.uk).

 

Les dés entrent enfin dans plusieurs jeux savants qui descendent du ludus regularis seu clericalis médiéval, lequel se proposait de concilier morale, hasard et combinaisons numériques. Si le ludus disparaît en tant que tel, laissant certains éléments de sa structure numérique au tarot, il annonce surtout le Livre de passetemps de la fortune de dez de Lorenzo Spirito et, après lui, tous les jeux de sort et de paris avec trois dés, comme ceux qui sont exposés dans Le Palais des jeux de l'amour et de la fortune de F. Colletet, édité à Paris en 1663 (Elisabeth Belmas, Jouer autrefois: Essai sur le jeu dans la france moderne (XVIe-XVIIIe siècle), 2006 - books.google.fr).

 

La littérature du XVIe siècle emprunte souvent la métaphore du jeu des tarots sous l’image de la primiera, pour mettre en scène les conjonctures politiques du moment ou pour dénoncer les abus des institutions au pouvoir. Le texte en question porte le titre Italia a primiera in gioco sta. L’empereur distribue les cartes, c’est lui qui mène le jeu. Le pape, qui a obtenu la confiance de Charles, tient en main le tarot de la Fortune et, avec son jeu, oblige  François Ier à baisser ses cartes et à se découvrir. Bien que le destin du Duché soit encore incertain (v. 13-14) et que le roi français se fasse bien des illusions (v. 4), on prévoit déjà la défaite de François Ier et le renversement du pouvoir à Milan. Celui-ci représente la mise de la partie. Gênes et Venise, pourtant présentes, ne jouent pas, elles restent à observer (c’est là une remarque, celle de l’inaction, qui revient souvent dans les récits de ces événements, notamment concernant Venise) ; elles ont parié sur la victoire de la France et sombreront avec elle. On annonce à Ferrare qu’elle sera ramenée sous le joug du Saint-Siège. Et on termine avec Naples, car son destin dépend également de ce jeu. Elle découvrira bientôt qui a mieux su voir, entre le roi, l’empereur et le pontife, quel est le sort qui lui est réservé. [...] Dans ce jeu meurtrier qu’est la guerre, le destin de l’Italie est dans les mains de France, Espagne et papauté qui, comme des joueurs presque insouciants, jettent et découvrent leurs cartes (Valeria Allaire, Les images ”italiennes” de François Ier entre 1515 et 1530 : l’attente, la crainte, la célébration et la déception chez les hommes de culture de la péninsule, 2018 - tel.archives-ouvertes.fr).

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