Regiomontanus

Regiomontanus

 

VIII, 47

 

2064-2065

 

Lac Trasmenien portera tesmoignage,

Des coniurez sarez dedans Perouse,

Un despolle contrefera le sage,

Tuant Tedesq de sterne & minuse.

 

"Tedesq" "sterne & minus"

 

"tedesco" (Florence), "todesco" (Rome) : allemand (Gilles Ménage, Observations De Monsieur Ménage Sur La Langue Françoise, Tome 2, 1676 - www.google.fr/books/edition).

 

Puisqu'il est question d'Allemand, l'intérêt se porte sur la langue allemande pour traduire "sterne & minuse" : Sternminute (minute sidérale).

 

Il serait question d'astronomie.

 

De son vrai nom Johannes Müller, astronome, mathématicien et astrologue allemand, le plus important du XVe siècle. Pupille et ami de Peurbach, il découvrit les écrits de Nicolas de Cues, proches de la théorie héliocentrique. Regiomontanus resta cependant partisan du géocentrisme de Ptolémée. Après la mort de Peurbach, il enseigna en Italie, prit la suite de la traduction en latin de l'Almageste de Ptolémée, et acheva son Épitomé, qui influencera Nicolas Copernic. Il construisit à Nuremberg le premier observatoire astronomique d'Europe et y publia de très nombreuses tables astronomiques. En 1475 il retourna à Rome pour travailler, avec le pape Sixte IV, sur la réforme du calendrier. Regiomontanus mourut mystérieusement le 6 juillet 1476, vraisemblablement assassiné par le fils de George de Trébizonde, dont il avait critiqué les traductions ! Regiomontanus est, avec Peurbach, un des rénovateurs de l'astronomie ; tous deux ont reconnu et signalé les invraisemblances du système de Ptolémée (Jean-Pierre Luminet, Les bâtisseurs du ciel, 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

Regiomontanus fit paraître en 1475 des éphémérides pour une période de 31 années : Opus almanach magistri Johanis de monte regio ad annos etc., Erhart Radolt, Augsperg (Nuremberg), non paginé. Ephémérides pour les années 1475 à 1506. Christophe Colomb emporta cette édition lors de ses traversées ; il tenta avec ces éphémérides de trouver la longitude de la Jamaïque lors de l'éclipse de Lune de février 1504 (Olson, 1992; Pickering, 1996). Plusieurs astronomes lui succédèrent dans cet exercice, André Argoli de Venise remportant la palme avec des éphémérides calculées pour 60 années (1641-1700) (Guy Boistel, L’astronomie nautique au XVIIIe siècle en France : tables de la Lune et longitudes en mer, 2016 - halshs.archives-ouvertes.fr).

 

Le jour naturel et la nuit changent de durée au cours de l'année. En divisant le jour naturel en 12 parties, on obtint des heures diurnes d'inégales longueurs suivant la saison. Chez nous, elles étaient plus longues en été qu'en hiver et on les appela heures temporaires. Les heures nocturnes variaient de la même façon; les heures diurnes et nocturnes n'étaient égales qu'aux équinoxes. Les 24 heures égales de ces deux jours s'appelaient heures équinoxiales. La confusion entre les heures temporaires et les heures équinoxiales empoisonna longtemps les mesures astronomiques. Au XVe siècle de notre ère, Regiomontanus annonce encore les phénomènes en heures temporaires (obswww.unige.ch).

 

Si nous ajoutons 16 min à l'année tropique qu'Hipparque et Ptolémée ont conclue de leurs propres observations = 365 jours 5 heures 55 min, nous avons la fameuse année sidérale d'Albategni, de 365 jours 6 heures 11 min. Il est à remarquer que c'est la même opération qui avait donné à Regiomontanus et à Purbach leur année sidérale si exacte de 365 jours 6 heures 9 min 12 s l'ont obtenue, disent-ils, dans l'hypothèse de la trépidation de l'astronome arabe Thebith. Et en effet, si à leur année tropique de 365 jours 5 heures 55 min, qui est trop longue, on ajoute, pour un arc de 45", 18 min de temps, qui représentent la précession d'un degré en 80 ans, on a l'année sidérale de 365 jours 6 heures 9m 12 S, qui est justement celle des modernes (Antoine-Jean Letronne, Nouvelles recherches sur le calendrier des anciens Égyptiens, sa nature, son histoire et son origine. In: Mémoires de l'Institut national de France, tome 24, 2e partie, 1864  - www.persee.fr).

 

Les erreurs de Georges de Trébizonde

 

Autour de Muller étaient venus se grouper de nombreux disciples, notamment le singulier personnage dont nous avons raconté l'histoire ailleurs, Martin Behaïm, de Nuremberg, le marchand de toile qui, tout en faisant le commerce, cultivait les sciences, introduisit la science allemande en Portugal, sinon même en Belgique. Le Pape Sixte IV (1471) pour rendre hommage au savoir de Régiomontanus, l'éleva à l'évêché de Ratisbonne, puis l'appela à Rome pour y travailler à la réforme du calendrier. Il y trouva une fin tragique.

 

Georges de Trébizonde (né à Chardale, île de Crête, en 1396 et mort en 1486), dont Purbach et Muller avaient rectifié la traduction de l'Almageste, était en ce moment à Rome. C'était un réfugié grec, personnage bizarre, présomptueux, ardent, colère, querelleur, qui bientôt entra en discussion avec Régiomontanus, l'accusant de vouloir lui ravir sa gloire et le déshonorer en lui reprochant des erreurs dans sa traduction. A la suite d'une de ces discussions, il poignarda Régiomontanus (en 1476); d'autres affirment que l'assassinat fut perpétré par son fils. Comme tous les astronomes de son temps, Régiomontanus visait quelque peu à l'astrologie, et dans son livre Les Prédictions, imprimé à Wurtemberg, il fit celle-ci, que les évènements subséquents ont rendue fort extraordinaire : «Après qu'il se sera écoulé 1788 années depuis la naissance du fils de la Vierge, il s'en produira une remarquable, entraînant avec elle, comme un torrent, les destinées les plus funestes. Si dans cette année, l'Univers entier ne périt pas, si la Terre et l'Océan ne retombent pas dans le néant, du moins les empires les plus puissants seront bouleversés de fond en comble.» Le fait de cette prédiction est sans doute digne d'attention; sans qu'on doive y attacher trop d'importance, il mériterait d'être vérifié. Durant son séjour en Italie, Régiomontanus fut en relation avec tous les savants italiens et notamment avec Paolo Toscanelli de Florence, (né en 1397 et mort en 1497) que le roi de Portugal consulta en 1474, par l'intermédiaire du chanoine Martinez, sur les projets de Christophe Colomb (Henri Emmanuel Wauwermans, Histoire de l'école cartographique belge et anversoise du XVIe siècle, Tome 1, 1895 - books.google.fr).

 

La conjuration des Pazzi, en relation avec l'époque de la mort de Regiomontanus

 

En 1478, un fait grave menaça le régime des Médicis : le pape Sixte IV, mécontent de voir Florence s'opposer à ses ambitions sur les États Pontificaux, conspira avec les ennemis locaux des Médicis, dont la famille Pazzi, pour assassiner Laurent et Julien de Médicis.

 

1478 : Conjuration des «Pazzi» qui tue Julien de Médicis, Laurent en réchappe. Sixte IV lance l'interdit contre Florence.

 

1479 : Guerre contre le pape et Ferdinand d'Aragon, roi de Naples. Victoire des Florentins au lac Trasimène, mais défaite à Poggibonsi. Laurent de Médicis se rend à Naples pour pour convaincre Ferdinand de faire la paix. Elle sera signée en 1480, Naples ayant à subir des attaques turques (Georges Dumon, Les Albizzi: histoire et généalogie d'une famille à Florence et en Provence du onzième siècle à nos jours, 1977 - books.google.fr).

 

Pérouse

 

Les esprits étoient déjà aigris par des offenses mutuelles, et les ennemis des Médicis se préparoient déjà à une conjuration, lorsque de nouvelles injures leur procurèrent des alliés inespérés. D'une part, Philippe de Médicis, archevêque de Pise, étant mort, Sixte IV lui donna pour successeur François Salviati, parent d'un Jacob Salviati que les Médicis avoient fait déclarer rebelle. Ils ne voulurent pas reconnoître ce nouveau prélat, et ils lui refusèrent la possession de son archevêché. D'autre part, Charles de Montone, fils de Braccio, l'un des restaurateurs de l'art militaire en Italie, ayant acquis lui-même quelque réputation dans les armes, voulut tenter de recouvrer l'autorité que son père avoit exercée sur Pérouse. Il étoit venu à Florence, après avoir terminé le temps de service pour lequel il s'étoit engagé avec les Vénitiens, et il y avoit rassemblé quelques compagnies d'hommes d'armes. Cependant, comme il avoit appris que les Florentins venoient de renouveler leur alliance avec Pérouse, il avoit renoncé à son entreprise contre cette ville, et il avoit tourné ses armes contre la république de Sienne, avec laquelle Florence n'étoit point en guerre, mais qu'elle n'étoit pas fâchée de voir humiliée. Charles de Montone, pendant l'été de 1477, enleva un grand nombre de châteaux aux Siennois, de qui il réclamoit le payement d'une dette contractée envers son père; et comme il les trouva mal préparés à se défendre, il se flattoit déjà de soumettre cette république; mais les Florentins avoient consenti à causer quelque dommage à des voisins qu'ils n'aimoient pas, sans vouloir pour cela laisser allumer une guerre sur leurs frontières. Ils forcèrent Montone à abandonner son entreprise; la république de Sienne n'en garda pas moins un profond ressentiment de ce que l'armée qui avoit envahi son territoire étoit partie des états florentins. Pour s'en venger, elle contracta une étroite alliance avec le pape et le roi de Naples, tandis que Sixte IV de son côté, rassembla une petite armée sur les frontières florentines, sous prétexte d'assiéger le château de Montone, et de punir ainsi le capitaine qui venoit de troubler la paix. Sur ces entrefaites, le projet de changer le gouvernement de Florence par le meurtre des Médicis, fut arrêté entre François des Pazzi et Jérôme Riario; ils le communiquèrent à l'archevêque François Salviati, qu'ils savoient irrité par des injures récentes, et en effet il y entra avec ardeur. François Pazzi vint ensuite à Florence, pour associer à la conjuration son oncle Jacob, le chef de la famille; mais il y trouva plus de difficultés qu'il n'en avoit attendu. Jean-Baptiste de Montesecco, condottière assez accrédité au service du pape, et confident de Jérome Riario, fut dépêché à son tour auprès de ce vieux magistrat, pour le persuader. Montesecco s'étoit rendu en Toscane, chargé d'une feinte négociation avec Laurent de Médicis, et avant son départ il avoit eu une audience du pape, qui avoit offert toutes ses forces pour appuyer la conjuration. Ce fut cette accession du pape au complot, qui entraîna enfin Jacob des Pazzi ; il consentit alors à s'en rapporter à ce que son neveu feroit pour lui à Rome. En effet, François y étoit retourné pour mûrir ses projets, de concert avec le pape, le comte Riario, et l'ambassadeur de Ferdinand, qui de son côté promettoit une puissante coopération. Il fut convenu que, sous prétexte d'attaquer Montone, une armée pontificale s'assembleroit dans l'état de Pérouse ; que Lorenzo Giustini de Città di Castello, le rival de Nicolas Vitelli, lèveroit des soldats, comme pour suivre sa querelle; que Jean-François de Tolentino, un des condottieri du pape, passeroit avec sa troupe en Romagne, et que François des Pazzi, l'archevêque Salviati et Jean-Baptiste de Montesecco reviendroient à Florence, pour augmenter le nombre des conjurés, et trouver le moment d'accabler en même temps les deux frères. [...] L'archevêque de Pise étoit accompagné de Jacques Bracciolini, et d'une troupe de conjurés d'un ordre inférieur, troupe composée surtout d'habitans de Pérouse (Jean Charles Léonard Simonde de Sismondi, Histoire des républiques italiennes du Moyen Age, Tome 11, 1815 - books.google.fr).

 

Restait à trouver ou à faire naître l'occasion. Un jeune Raffaello Sansoni, fils d'une soeur de Girolamo Riario, et à peine âgé de vingt ans, fréquentait alors, pour ses études, l'université de Pise. Fut-ce hasard ou calcul ? Il y recevait tout ensemble le chapeau de cardinal et la commission de légat à Pérouse. Pour se rendre à son poste, il devait naturellement passer par Florence, et son passage ne pouvait manquer d'y être l'occasion de fêtes, de banquets où assisteraient sans doute les deux Medici (François-Tommy Perrens, Histoire de Florence depuis la domination des Médicis jusqu'à la chute de la république (1434-1531), Tome 1, 1888 - books.google.fr).

 

"sarez"

 

SARER : fermer. Continuateur du patois sara «fermer» dont l'aire dialectale couvre les Hautes-Alpes, l'Isère, la Drôme, l'Ardèche, la Loire et l'Allier. Du latin serare : "verrouiller", "fermer" (Claudette Germi, Vincent Lucci, Mots de Gap, les régionalismes du français parlé dans le Gapençais, 1985 - www.google.fr/books/edition).

 

En 1479, dans leur guerre contre le pape et Naples, "les Florentins prirent à leur solde le Marquis de Mantoue, & obtinrent avec beaucoup de peine des Venitiens le Comte Charles fils de Braccio , & Deisebe fils du Comte Jacques Piccinino qui vinrent avec un grand nombre de troupes. Ce nouveau secours joint à celui que le Marquis de Ferrare amena, mir les Florentins en état de partager leur armée. Ils en firent marcher une partie du côté de Pise pour attaquer Saint-Severin qui étoit près du Serquio. Ce Géneral ne jugeant pas à propos d'attendre l'ennemi, se retira dans son camp de Lunigiane. Le Comte Charles profitant de la retraite de Saint-Severin, reprit toutes les places du Pisantin, & après ces conquêtes toutes les forces de la République de Florence se réunirent entre Colle & Saint Giminien. On les partagea de nouveau en deux, & un corps sous les ordres du Comte Charles, alla du côté de Perouse, tandis que le reste de l'armée resta à Poggibonzi, afin d'empêcher les ennemis de pénetrer dans le Florentin. On le fattoit aussi que cette manouvre obligeroit le Pape à faire marcher une partie de ses troupes du côté de Perouse. Le Comte Charles y remporta des avantages considérables ; mais les Florentins eurent le malheur de le perdre au milieu de ses victoires. Sa mort sembla relever le courage des ennemis, & ils s'avancerent dans l'esperance de battre les Florentins. Robert Rimini qui commandoit alors depuis la mort du Comte Charles, accepta le combat & défit entierement les troupes du Pape. Cette bataille se donna près du Lac nommé Lago-di-Perugia, autrefois le Lac Thrasymene où Annibal vainquit Titus Flaminius Consul Romain. La nouvelle de cette victoire causa une grande joye à Florence, & on en auroit pu tirer un grand avantage, si la division arrivée entre le Marquis de Ferrare & de Mantoue au sujet du butin fait sur les Siennois, n'eût obligé la République à consentir à la retraite du premier. L'armée se trouvant alors sans Chefs & mal disciplinée, n'osa résister à la premiere attaque des troupes Napolitaines, & prit honteusement la fuite ; de sorte que ce fut plutôt une déroute qu'un combat. Les ennemis firent un grand butin; car les Florentins avoient abandonné leurs munitions, leurs chariots & leur artillerie. Florence étoit alors affligée de la peste, & la plupart des habitans s'étoient retirés dans la campagne ; mais le bruit qui se répandit de la défaite des troupes Florentines, leur inspira tant de terreur, qu'ils rentrerent promptement dans la ville comme dans un asyle assuré. Les Magistrats qui étoient chargés du soin de la guerre, ordonnerent à l'armée qui étoit auprès de Perouse de s'approcher de Florence, afin d'empêcher l'ennemi de profiter de la victoire, & de donner le temps à la République de rassembler un nouveau corps de troupes. Les ennemis qui étoient à Perouse se voyant délivrés de la présence des Florentins, firent des courses dans le pays d'Arezzo & dans celui de Cortone : ils s'emparerent même de quelques châteaux. Ils trouverent une grande résistance de la part de la garnison de Colle, qui soutint leurs efforts allez long-temps pour mettre la République en état de marcher à son secours. Mais comme elle manquoit de vivres, l'armée ne se trouvoit pas assez forte pour livrer combat au Duc de Calabre, elle fut contrainte de capituler. La rigueur de la saison ou d'autres motifs, porterent le Pape à proposer une treve de trois mois, qui fut acceptée avec joye des Florentins. Ce fut pendant cette espéce de tranquillité, qu'ils ressentirent tous les maux que cette guerre leur avoit causés. Chacun rejetta les fautes qu’on avoit faites sur les autres; on se plaignit des impôts excessifs dont le peuple étoit accablé, & des dépenses faites mal à propos : enfin tout le monde desiroit la paix. Laurent de Medicis après avoir pris conseil de ses amis, se détermina à traiter avec le Roi de Naples plutôt qu'avec le Pape. La seigneurie lui donna le titre d'Ambassadeur du peuple Florentin, & plein pouvoir d'agir comme il le jugeroit à propos pour le bien de l'Etat" (Samuel von Pufendorf, Introduction A L'Histoire Moderne, Generale Et Politique De L'Univers, augmentee par M. Bruzen De La Martiniere, Tome 2, 1754 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2064 sur la date pivot 1478 donne 892.

 

Né en 824 (ou 836), mort en 901, membre de la secte des Sabéens de Harran, Thlbit ibn Qurra est l'auteur d'une œuvre immense et diverse : mathématiques, mécanique, physique, médecine, philosophie, astronomie, etc. De langue maternelle syriaque — langue dans laquelle nombre d'œuvres grecques avaient été transcrites à partir du Ve siècle — connaissant le grec et l'arabe et lui-même traducteur de talent, Thibit déploie son activité dans le contexte du grand mouvement scientifique impulsé par le calife al-Mâmûn qui régna de 813 à 833. Carrefour culturel, la Bagdad des VIII-IXe siècle introduites (qui possédera un observatoire) fut un lieu de rencontre particulièrement fécond pour les études astronomiques puisque l'astronomie indienne, les tables d'origine persane et enfin l'astronomie grecque y furent successivement. La Grande Syntaxe de Ptolémée, rendue célèbre sous son nom arabe d'Almageste, y fut traduite deux fois, vers 827 puis 892, et Thibit lui-même révisa cette seconde traduction. C'est dire qu'il avait une connaissance de première main de l'œuvre de Ptolémée (dont il cite aussi le Livre des Hypothèses des planètes et le Phaseis), qu'il ne se borna pas à exploiter mais qu'il saura dépasser pour proposer des solutions originales à des problèmes mal résolus ou non abordés par l'astronome alexandrin.

 

Sur l'année solaire (traité 3) — qu'une longue tradition attribua à Thibit — est d'une importance capitale pour l'histoire de l'astronomie, ce qui justifie sa présence ici. L'auteur s'y montre très critique vis-à-vis de Ptolémée qui prenait pour base de calcul des mouvements célestes la valeur de l'année tropique tenue pour constante, et établit qu'il faut considérer comme fixe la longueur de l'année sidérale et donc en faire la base des mesures. Justifiée par l'erreur ptoléméenne relative à la valeur de la constante de précession, cette conclusion a pu être établie grâce à une série d'observations systématiques conduites entre 830 et 832 sous l'impulsion d'al-Mâmûn en vue de tester la validité des données de l'Almageste qui venait d'être traduit pour la première fois. Cette «vérification expérimentale» des paramètres ptoléméens, qui devait conduire l'auteur à remettre en cause un point essentiel de doctrine, constitue sans doute un fait assez exceptionnel pour être noté, car il semble ne pas avoir eu de parallèle en Occident jusqu'à Tycho Brahé (Michel Pierre Lerner, Thâbit ibn Qurra, Œuvres d'astronomie. In: Revue d'histoire des sciences, tome 43, n°4, 1990. L'enseignement scientifique au tournant des XIXe et XXe siècles - www.persee.fr).

 

Cf. VII, 3 - La salière - 2001-2002.

 

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